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Christoblog

Bir Başkadır

A force d'entendre du bien de cette série turque (qui est parfois connue sous le nom de Ethos, son titre en anglais), j'ai fini par la regarder, avec, je dois l'avouer, un oeil plutôt sceptique au début. Et, comme beaucoup d'autres, je vais maintenant chaudement la recommander à mon tour.

Parmi les nombreuses qualités qu'ont peut attribuer à ces huit épisodes très prenants, j'en vois trois principales.

Tout d'abord, la construction de Bir Başkadır est très originale, et je ne lui vois pas d'équivalent dans aucune autre série, sauf peut-être dans The wire (Sur écoute) : une absence de véritable intrigue, un récit qui semble suivre les personnages au hasard, qui introduit en pratique un nouvel entrant à chaque épisode, une absence relative de résolution finale. C'est de ce point de vue, une réussite totale : le sentiment de la vie, du destin et du hasard irrigue le récit.

Le deuxième grand intérêt de cette série est évidemment la plongée en apnée dans la Turquie contemporaine. Les différents milieux sont parfaitement scrutés, et la façon dont les sujets qui fâchent sont subtilement abordés (la place de la femme, celle de la religion) ne peut qu'entraîner notre adhésion et concomitamment le réprobation du gouvernement Erdogan. Dans ses parties rurales, magnifiquement filmées, des relents de Nuri Bilge Ceylan viennent nous chatouiller les yeux, et ceux qui me connaissent apprécieront la hauteur du compliment.

Enfin, les actrices et acteurs brillent de mille feux. Rarement j'aurai autant vu une actrice imprimer l'écran comme Öykü Karayel, absolument sublime.  Les hommes sont moins aimables mais leur prestation est impressionnante, à l'image de Fatih Artman, qui jour le personnage de Yasin, et qui, bien qu'on ait envie de le baffer en permanence, est formidable.

Il subsiste bien ici ou là quelques partis-pris un peu datés dans la mise en scène (ces zooms immenses à l'échelle d'une ville) et quelques baisses de rythme dans l'intensité, mais le résultat est tout de même très intéressant, et parfois d'une beauté ensorcelante.  

 

4e

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Concours De sang-froid : Gagnez 2 mediabook

l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 2 exemplaires du mediabook du chef d'oeuvre de Richard Brooks, De sang-froid.

Un objet magnifique (DVD, Blu-ray, Livret) proposé par Wild Side.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : Quel est le titre original du film 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 8 mai 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite ce bel objet envoyé par le distributeur. NB : un des deux lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Merci pour le chocolat

Ce Chabrol commence très bien, installant un trouble diffus dont on peine à saisir l'essence, dans un style on ne peut plus hitchcockien.

J'ai été charmé par le jeu à la fois pesant et précis d'Isabelle Huppert, par la goujaterie élégante de Dutronc et la jeunesse éclatante d'Anna Mouglalis. La première partie du film laisse deviner de multiples interprétations possibles de la réalité, et tous les évènements peuvent signifier plusieurs choses.

Malheureusement, Merci pour le chocolat abandonne tout à coup son ambiguïté initiale pour finalement dévoiler le coeur de son intrigue. Sa légèreté froide et distinguée disparaît brutalement, et le film devient subitement plus lourd, didactique et pour tout dire moins intéressant. 

La mise en scène, au diapason de son scénario, évolue d'une sobre virtuosité (pas courante chez Chabrol qui ne se distingue pas habituellement par ses cadres et ses mouvements de caméra) à une démonstrativité qu'on aurait aimé éviter (à l'image de la dernière sortie nocturne en voiture, filmée et écrite avec des gants de boxe).

Un bon cru au total tout de même, notamment grâce à la performance d'Isabelle Huppert.

Claude Chabrol sur Christoblog : Bellamy - 2009 (*)

 

2e

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Les garçons sauvages

Le projet de Bertrand Mandico dans ce film est une sorte de manifeste : s'inspirer d'un tas de références prestigieuses et gentiment subversives (Herzog, Fassbinder), questionner la question du genre (attention spoiler : les personnages de garçons sont en fait joués par des filles), ériger le factice en parangon du bon goût et redonner au film d'aventure façon L'île au trésor un vernis à la foi mauvais genre et non genré.

Le résultat est un gloubi-boulga qui ne m'a pas convaincu. Le succédané de trame narrative n'assume pas ses manquements : il faut le génie d'un Weerasethakul pour que la magie intrinsèque de la nature sauvage prenne le pas sur les exigences de la fiction. Les différents épisodes s'enchaînent sans vraiment de continuité, et notre intérêt s'étiole petit à petit, la curiosité se trouvant rapidement vaincue par l'irritation que le côté hyper-formaliste du film nous impose.

Finalement, j'ai l'impression d'avoir assisté à un Koh-Lanta queer tourné en roue libre dans un décor de carton-pâte, à l'imagination chétive et au style ampoulé.

 

1e

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Concours Famille tu me hais : Gagnez 3 DVD (Terminé)

l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 3 exemplaires du DVD du film de Gaël Morel, Famille tu me hais.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : Quelle est la durée du film 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 29 avril 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Succession

C'est sans nul doute une des toutes meilleures séries de ce début des années 2020, si ce n'est la meilleure. Elle vient d'ailleurs de gagner l'Emmy Award de meilleure série dramatique, succédant ainsi à Games of thrones,  Breaking bad et autres Mad men.

Conduite de main de maître par le britannique Jesse Amstrong, Succession est passionnante. On suit le destin d'un vieil homme à la tête d'un empire dans le domaine du divertissement, magnifiquement joué par Brian Cox, et de ces quatre enfants. Entre ces cinq là, il n'y a pas de cadeau, et la moralité est bien la dernière des préoccupations des protagonistes de Succession.

Les deux saisons disponibles pour l'instant égrènent une série assez incroyable de coups de théâtres, de trahisons, de promesses non tenues, de coups bas, et d'humiliations en tout genre. Comme les quatre enfants ont chacun leurs défauts et addictions diverses, on ne s'ennuie pas une seconde.

La mise en scène peut troubler légèrement au début de la première saison (rythme épileptique, cadrages alambiqués, effets de zoom bien visible), mais elle s'assagit vite, à moins qu'on ne s'y habitue.

L'évolution des personnage est un des grands points forts de la série. Jeremy Strong (Kendall) et Sarah Snook (Shiv) sortent du lot, parmi un casting haut de gamme d'une dizaine d'acteurs principaux tous formidables.

Outre la mise en scène captivante des manoeuvres financières qui se trament au plus haut niveau du monde des affaires US, Succession se distingue également par un génie du lieu que je n'ai trouvé dans aucune autre série : certains épisodes sont entièrement tournés dans un seul endroit spécifique, et chacun de ces épisodes laisse une trace mémorable dans l'esprit du spectateur (un yacht en mer Egée, une fête underground à New York, un hôtel de luxe dans une station de montagne, un mariage à Londres, une villa dans le désert, un week-end en Hongrie, une ville en Ecosse). 

Bref, encore un chef d'oeuvre produit par HBO, visible sur OCS. A ne rater sous aucun prétexte.

 

4e

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Peppermint candy

Ce deuxième film de Lee Chang-Dong est un bijou.

Il commence comme une énigme : un jeune homme rejoint un groupe d'anciens amis qui pique-niquent au bord d'une rivière, avant d'adopter un comportement incohérent et de monter sur un pont de chemin de fer au moment où un train arrive. 

Le film va ensuite reculer dans le temps, exposant des scènes séparées à chaque fois par plusieurs années, et dévoilant ainsi progressivement ce qui a conduit le personnage de Yongho à agir comme il le fait.

Cette progression à rebours, qui avance dans l'éclaircissement à mesure qu'elle recule dans le temps (comme le train qui sépare chaque séance et avance alors qu'il recule, parce que la pellicule défile dans le mauvais sens) est une superbe trouvaille, utilisée la même année - curieuse coïncidence - par Irréversible. Elle donne une tonalité étrange au film, pesante et mystérieuse : tout semble la conséquence d'un évènement initial qui nous manque, mais dont on voit les multiples conséquences (la méchanceté de Yongho, les bonbons, la jambe abîmée).

Une ambiance teintée de douleur et d'une sourde nostalgie baigne l'ensemble du film, qui peut être parfois d'une grande brutalité, toute coréenne.

Comme toujours chez le grand Lee Chang-Dong, la mise en scène est souveraine et élégante. Le montage est d'une efficacité exemplaire, la narration d'une rare ampleur et la direction d'acteur incroyablement précise. C'est avec une grande admiration pour l'art du maître coréen que j'ai laissé ma curiosité progresser jusqu'aux derniers plans, d'une grande beauté.

Lee Chang Dong sur Christoblog : Secret Sunshine - 2007 (***) / Poetry - 2010 (***) / Burning - 2018 (****)

 

4e

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En thérapie

La série phénomène d'Arte, succès public lancé à grand renfort de publicité, me laisse perplexe.

Elle est certes agréable à regarder, son dispositif étant structurellement addictif. On a forcément envie de savoir ce qu'il y a de caché dans l'esprit des patients, et le travail du psy s'apparente finalement à celui de l'enquêteur. De plus, si une des histoires vous plait moins qu'une autre, ce n'est pas grave, les épisodes ne durent que 20 minutes.

Mais aujourd'hui, plus de trois semaines après l'avoir terminée, je me rends compte qu'il ne m'en reste pas vraiment de souvenirs marquants. L'histoire entre Frédéric Pierrot et Mélanie Thierry ne m'a pas passionné, pas plus que celle du couple joué par Pio Marmai et Clémence Poesy. Ce sont les personnage joués par Reda Kateb et Céleste Brunnquell qui sont les plus riches, même si leur développement n'est pas à mon sens convaincant sur toute la durée de la série. J'ai trouvé Carole Bouquet particulièrement mauvaise.

L'impression générale est donc celle d'une relative déception, d'un potentiel qui n'a pas réussi à se concrétiser complètement, ni par le scénario, ni par la mise en scène, ni par le jeu des acteurs.

Au final, une friandise de début de soirée qu'on peut savourer en pensant à autre chose.

 

2e

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Un baiser s'il vous plait

Dans la filmographie d'Emmanuel Mouret, Un baiser s'il vous plait marque un tournant important, qui confirme les infléchissements de son film précédent, Changement d'adresse. Après la fantaisie verbeuse et parfois presque burlesque de ses débuts, le réalisateur confirme ici son talent à aborder des thématiques plus graves. 

Ce film peut être vu comme un précurseur de Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait. On y trouve en effet une structure semblable de récits enchâssés les uns dans les autres à la façon des Mille et une nuits, la naissance de relations amoureuses nouées dans les confidences, une tonalité introspective et enfin des thématiques proches (par exemple : jusqu'où peut aller le sacrifice pour celui ou celle qu'on aime). 

Un baiser s'il vous plait est une comédie sentimentale à la fois légère et profonde, dialoguée magnifiquement, intrigante et séduisante. Pour la première fois Mouret s'appuie sur des acteurs et actrices de très haut niveau : Julie Gayet et Virginie Ledoyen sont excellentes.

Un bijou donc, peut-être plus fluide et aérien encore que ceux de Rohmer, qui questionne de façon originale la nature même de l'amour. Un film parfaitement hors mode, totalement anti conformiste, que je conseille comme la meilleure introduction possible au Mouret "première manière".

Emmanuel Mouret sur Christoblog  : Promène toi donc tout nu ! - 1999 (**) / Laissons Lucie faire ! - 1999 (**) / Vénus et Fleur - 2003 (**) / Changement d'adresse - 2006 (***) /  Un baiser s'il vous plait  - 2007 (****) / Fais moi plaisir - 2008 (**) / L'art d'aimer - 2011 (**) / Caprice - 2014 (**) / Mademoiselle de Jonquières - 2018 (***) / Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait - 2020 (****)

 

4e

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Concours : gagnez un DVD Capricci (Terminé)

Du 7 au 11 avril les DVD Capricci sont à 50 % : site Capricci.

Et vous le savez il n'y a que du bon au catalogue de Capricci : Hong Sang-Soo, Abel Ferrara, Hu Bo, Porumboiou, Ossang, Nolot, Bi Gan, et beaucoup d'autres...

Christoblog vous propose de gagner un de ces DVD. 

Pour ce faire :

- dites moi quel DVD du catalogue Capricci vous aimeriez, et pourquoi ?
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 11 avril minuit.
Celui ou celle qui m'aura envoyé la réponse la plus convaincante gagnera le DVD en question.
A vos claviers !
 

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Concours Un soupçon d'amour : Gagnez 3 DVD (Terminé)

l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 3 exemplaires du DVD du film de Paul Vecchiali, Un soupçon d'amour.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : De quelle nationalité est l'actrice principale, Marianne Basler 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 17 avril 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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101 films à voir

4e 4e 4e 4e 4e 4e 4e 4e 4e 4e 4e 4e

Mode d'emploi : la plupart des films cités ci-dessous sont disponibles en DVD ou en achat VOD. Les indications entre parenthèses indiquent les possibilités de voir ces films gratuitement ou en location pour un prix généralement inférieur à 3 euros. Les films ne sont pas classés par ordre de préférence. Il y a une seule entrée par réalisateur.

Un simple clic sur le titre vous amène à la critique du film sur Christoblog.

1 - Moonlight / Barry Jenkins - 2016 (Netflix, Orange VOD)
2 - Ajami / Scandar Copti et Yaron Shani - 2010 (Canal VOD
3 - Leviathan / Andrey Zvyagintsev  - 2014 (Orange VOD, Canal VOD)
4 - Les chansons que mes frères m'ont apprises / Chloé Zao - 2015 (Orange VOD et d'autres)
5 - Toni Erdmann / Maren Ade - 2016 (Rakuten TV)
6 - Whiplash / Damien Chazelle - 2014 (Netflix, Orange VOD et beaucoup d'autres)
7 - La vie d'Adèle / Abdellatif Kechiche - 2013 (Netflix, Orange VOD et beaucoup d'autres)
8 - Holy motors / Leos Carax - 2012 (Orange VOD et Rakuten TV)
9 - Burning / Lee Chang-Dong - 2018 (FilmoTV et Canal VOD)
10 - Les chansons d'amour / Christophe Honoré - 2007  (MyTF1 VOD et Bbox VOD)
11 - Winter sleep / Nuri Bilge Ceylan - 2014 (Orange VOD et MyTF1 VOD)  
12 - Parasite / Bong Joon-Ho - 2019 (sur toutes les plateformes, ou presque)
13 - Portrait au crépuscule / Anguelina Nikolova - 2012 (Orange VOD)
14 - Une séparation / Asghar Farhadi - 2011 (Prime Video)
15 - Mommy / Xavier Dolan - 2014 (Orange VOD, MyTF1 VOD et beaucoup d'autres)
16 - Bright star / Jane Campion - 2010 (Orange VOD, MyTF1 VOD et beaucoup d'autres)
17 - Boyhood / Richard Linklater - 2014 (Orange VOD, MyTF1 VOD)
18 - Fish Tank / Andrea Arnold - 2009 (Prime Video)
19 - Un conte de Noël / Arnaud Despleschin - 2008 (Netflix, MyTF1 VOD)
20 - Vincere / Marco Bellochio - 2009 (FilmoTV)
21 - Au-delà des montagnes / Jia Zhangke - 2015 (Orange VOD, FilmoTV)
22 - Julieta  / Pedro Almodovar - 2016 (Prime Video)
23 - 4 mois, 3 semaines, 2 jours / Cristian Mungiu - 2007 (Netflix)
24 - Detroit / Kathryn Bigelow - 2017 (Apple TV)
25 - A la folie / Wang Bing - 2015 (Orange VOD)
26 - Une affaire de famille / Hirokazu Kore-Eda - 2018 (sur toutes les plateformes, ou presque)
27 - Paradis : amour / Ulrich Seidl - 2013 (Orange VOD)
28 - Oslo, 31 août / Joachim Trier - 2012 (Orange VOD, Canal VOD, Rakuten TV)
29 - La vie moderne / Raymond Depardon - 2008 (Orange VOD)
30 - Le décalogue / Krzystof Kieslowski - 1988 (Tu ne tueras point est visible sur Orange VOD)
31 - Mysterious skin / Gregg Araki - 2005 (Prime Video)
32 - Une femme coréenne / Im Sang-Soo - 2005 (pas de possibilité de le voir en VOD...)
33 - So long, my son / Wang Xiaoshuai - 2019 (sur toutes les plateformes, ou presque)
34 - Le fils de Saul / Laszlo Nemes - 2015 (Orange VOD, MyTF1 VOD et beaucoup d'autres)  
35 - Harmonium / Koji Fukada - 2017 (Orange VOD, FilmoTV)
36 - Mia miadre / Nanni Moretti - 2015 (Orange VOD, MyTF1 VOD)
37 - Wadjda / Haifaa Al-Mansour - 2013 (Arte)
38 - Moonrise kingdom / Wes Anderson - 2012 (Orange VOD, MyTF1 VOD)
39 - Her / Spike Jonze - 2014 (OCS)
40 - Lenny / Bob Fosse - 1975 (Apple)
41 - Pieta / Kim Ki-Duk - 2013 (Filmo TV)
42 - Pelo melo / Mariana Rondon - 2014 (Orange VOD, Rakuten TV)
43 - Elle / Paul Verhoeven - 2016 (Orange VOD et beaucoup d'autres)
44 - Nebraska / Alexander Payne - 2014 (Filmo TV, Orange VOD)
45 - Béliers / Grimur Hakonarson - 2015 (Orange VOD)
46 - Le temps d'aimer et le temps de mourir / Douglas Sirk - 1959 (Pas d'offre en streaming)
47 - Blade runner / Ridley Scott - 1982 (OCS, Canal+)
48 - Tesnota / Kantemir Balagov - 2018 (Orange VOD, Canal VOD)
49 - Ma vie de courgette / Claude Barras - 2016 (MyTF1 VOD, Filmo TV)
50 - Snow therapy / Ruben Ostlund - 2015 (Prime Video)
51 - Summer wars / Mamoru Hosoda - 2010 (Canal+)
52 - Head on / Fatih Akin - 2004 (Orange VOD)
53 - Shokuzai / Kiyoshi Kurosawa - 2012 (MyTF1 VOD, Filmo TV)
54 - Mystères de Lisbonne / Raoul Ruiz  - 2010 (Orange VOD)
55 - Amador / Fernando Leon de Aranoa - 2012 (Orange VOD)
56 - Taxi Téhéran / Jafar Panahi - 2015 (Prime Video)
57 - 9 mois ferme / Albert Dupontel - 2012 (Orange VOD et beaucoup d'autres)
58 - Les nouveaux sauvages / Damian Szifron - 2014 (Orange VOD, Filmo TV et d'autres)
59 - Into the abyss / Werner Herzog - 2011 (Orange VOD)
60 - Heimat / Edgar Reitz - 2013 (Mubi)
61 - Une chambre en ville / Jacques Demy - 1982 (Netflix, La Cinetek)
62 - Sur mes lèvres / Jacques Audiard - 2001 (Prime Video)
63 - L'homme qui tua Liberty Valance / John Ford - 1962 (Orange VOD)
64 - Premier contact / Denis Villeneuve - 2016 (Netflix)
65 - Chat noir, chat blanc / Emir Kusturica - 1998 (Netflix)
66 - Birdman / Alejandro Gonzalez Iñarritu - 2015 (Netflix)
67 - La terre et l'ombre / César Acevedo - 2015 (Orange VOD)
68 - Diamond island / Davy Chou - 2016 (en DVD uniquement)
69 - A beautiful day / Lynne Ramsay - 2017 (Canal+)
70 - Le lac aux oies sauvages / Diao Yinan - 2019 (Canal+)
71 - Suzanne / Katell Quillévéré - 2013 (Orange VOD)
72 - Fighter / David O. Russel - 2010 ( Orange VOD et d'autres)
73 - Cold war / Pawel Pawlikowski - 2018 (Arte)
74 - 3 billboards, les panneaux de la vengeance / Martin McDonagh - 2017 (Orange VOD)
75 - Polisse / Maïwenn - 2011 (Filmo TV)
76 - Django unchained / Quentin Tarantino - 2012 (Netflix)
77 - Visages, villages / Agnès Varda et JR - 2016 (Filmo TV et d'autres)
78 - Rebelle / Kim Nguyen - 2012 (Orange VOD)
79 - Grâce à Dieu / François Ozon - 2019 (Rakuten TV et d'autres)
80 - La grande belleza / Paolo Sorrentino - 2013 (Prime Video et Filmo TV)
81 - L'épouvantail / Jerry Schatzberg - 1973 ( Filmo TV et La Cinetek)
82 - L'exercice de l'état / Pierre Schoeller - 2011 (Orange VOD)
83 - Sils Maria / Olivier Assayas - 2014 (OCS, Canal+ et Prime Video)
84 - Mademoiselle / Park Chan-Wook - 2016 (Orange VOD et beaucoup d'autres)
85 - Restless / Gus Van Sant - 2011 (Orange VOD et beaucoup d'autres)
86 - Violeta / Andrés Wood - 2012 (Orange VOD et UniversCiné)
87 - Winter's bone / Debra Granik - 2011 (Orange VOD et beaucoup d'autres)
88 - Climax / Gaspar Noé - 2018 (Orange VOD, Filmo TV et d'autres)
89 - A ciambra / Jonas Carpignano - 2017 (Canal VOD et d'autres)
90 - Control / Anton Corbijn - 2007 (Apple TV)
91 - Charlie et la chocolaterie / Tim Burton - 2005 (Netflix et beaucoup d'autres)
92 - Tomboy / Céline Sciamma - 2011 (Orange VOD et d'autres)
93 - Femmes du Caire / Yousry Nasrallah - 2010 (Orange VOD)
94 - A most violent year / JC Chandor - 2014 (Canal+)
95 - Gloria mundi / Robert Guédiguian - 2019 (Orange VOD et beaucoup d'autres)
96 - Un grand voyage vers la nuit / Bi Gan - 2018 (Orange VOD, Filmo TV et d'autres)
97 - La reine Margot / Patrice Chéreau - 1993 (UniversCiné et d'autres)
98 - Morse / Tomas Alfredson - 2008 (Orange VOD)
99 - Bethléem / Yuval Adler - 2013 (Google play et d'autres)
100 - Dogman / Matteo Garrone - 2018 (Google play, Orange VOD et beaucoup d'autres)
101 - La communion / Jan Komasa - 2020 (Orange VOD et beaucoup d'autres)
 
A bientôt dans les salles...

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Coup de torchon

Autant le dire tout de suite, je ne partage pas l'enthousiasme collectif autour de ce film de Bertrand Tavernier.

Bien entendu, Coup de torchon n'est pas sans intérêt. La prestation hallucinée de Philippe Noiret restera un de ses rôles les plus forts, mélange parfois irrésistible de bêtise benoîte et de méchanceté candide. 

Au chapitre des incontestables points forts du film, il faut également signaler l'incroyable "génie du lieu", qui permet à Tavernier de proposer ici des décors naturels qui sont aussi importants (voire plus) que les personnages du film. Le scénario, adapté de Jim Thompson, est également très plaisant : tordu, complexe et ample. 

Mes réserves maintenant. Si Noiret est incontestablement bon, je trouve que les autres personnages, réduits à de simples caricatures grimaçantes, nuisent à la densité dramatique du film. Eddy Mitchel, Jean-Pierre Marielle, Guy Marchand, Stéphane Audran sont volontairement dans l'excès et donnent au film, au travers de scènes qui sont elle-mêmes sur-écrites, une connotation de parodie cartoonesque qui dénote avec la prestation de Noiret.

La mise en scène de Tavernier ne me convainc pas non plus dans le film : désordonnée, redondante, parfois maladroite et globalement assez datée. Le montage enfin m'a semblé lâche, et le film un peu long.

Coup de torchon brille par sa noirceur et sa singularité dans le cinéma français : c'est une curiosité qui mérite d'être vue et permet tout de même de passer un bon moment.

 

2e

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La fille aux allumettes

La fille aux allumettes, c'est le cinéma de Kaurismaki réduit à son essence la plus pure.

Dans ce film très court (1h10 seulement), tous les plans semblent millimétrés, dans leur durée comme dans leur composition. Ils s'enchaînent avec une rigueur quasi mathématique, dans le style si reconnaissable du réalisateur finlandais, mélange d'attention formelle extrême et d'émotions souterraines très intenses.

Le film, qui vaut presque comme un manifeste, est remarquable de plusieurs points de vue : sa photographie froide et expressionniste est somptueuse, la progression de la narration stupéfiante et le montage au cordeau. Il doit beaucoup également à la prestation de Kati Outinen, qu'on reverra dans presque tous les films suivants de Kaurismaki, et qui irradie le film de l'intensité de son jeu.

Si on n'est pas rebuté par la froideur apparente de la mise en scène et la dureté du propos, La fille aux allumettes fait partie des films scandinaves qu'il faut avoir vu.

 

3e

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Gazette de cinélatino 2021

Cinélatino m'ayant gentiment accrédité pour sa version en ligne, voici mon journal du festival 2021.

23 mars 

Le premier film que je vois est le seul de la compétition d'un réalisateur que je connais déjà. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les autres films que j'ai vu de Michel Franco (Despues de Lucia, Chronic) m'avaient laissé perplexe. Nouvel ordre (3/5) me semble l'oeuvre la plus ambitieuse de son auteur : conte dystopique cruel, voire sadique, le film marque par son ampleur, son pouvoir d'évocation et la subtilité de sa première partie. Le Haneke mexicain signe ici une oeuvre qui ne laisse pas indifférent (Grand prix à Venise), même si son propos est comme d'habitude un peu difficile à saisir.

 

3 avril

Je vois aujourd'hui le grand gagnant de cette édition, La chica nueva (2/5) de la jeune réalisatrice argentine Micaela Gonzalo. Difficile de comprendre pourquoi le jury de cette année a récompensé ce film, certes sensible, mais dont le manque d'originalité est total. La chica nueva oscille entre chronique d'un paupérisme austral et glacial (il se déroule en Terre de feu), portait d'une jeune fille en construction et thriller social. On a l'impression d'avoir déjà vu cela mille fois, en particulier dans le cinéma d'Europe de l'Est, ici en mode bleuté et peu lumineux. Décevant.

 

4 avril

Cette année le jury a accordé une mention spéciale à l'immense acteur chilien Alfredo Castro (qu'on a l'habitude de voir chez Pablo Larrain) pour ses interprétations dans deux films en compétition.

Le premier d'entre eux, Tengo miedo torero (5/5), qui sortira peut-être en France sous le nom de My tender matador, est un véritable coup de coeur. J'ai adoré le scénario brillant, l'acuité et la simplicité de la mise en scène de Rodrigo Sepulveda, la beauté plastique du film, le jeu incroyable de Castro, la façon dont le contexte est parfaitement rendu, la photographie poétique et somptueuse. Le film est d'une facture très classique, mais il représente pour moi ce que le cinéma peut produire de meilleur : une histoire intéressante et émouvante, servie par des acteurs au top et une mise en scène intelligente.

Le second, Karnawal (3/5) de l'argentin Juan Pablo Felix, est une chronique sympathique autour du personnage de Cabra, jeune adolescent mutique qui pratique une danse traditionnelle à base de claquette, le malongo. Si le synopsis se perd un peu au fil du film, j'ai apprécié son aspect quasi documentaire qui permet de découvrir cette magnifique région du nord de l'Argentine, à la frontière bolivienne. Castro est très bon, dans un rôle viril à l'opposé du travesti de Tengo miedo torero.

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Eva en août

Voici un film espagnol très curieux dont on peut légitimement se demander à quel courant créatif on pourrait le rattacher. 

Eva, jeune actrice trentenaire, sans logement, emprunte l'appartement d'une connaissance et sillonne un Madrid déserté du 1er au 15 août. 

Le film excelle à saisir la texture du temps qui s'écoule comme de la glu dans la chaleur estivale,  les ondoiements sensuels de la lumière et le léger spleen qui semble consubstantiel à tous les personnages de son âge qu'Eva rencontre.

La mise en scène de Jonas Trueba possède une touche légère et délicate. Elle sert admirablement le propos du film (co-écrit par l'actrice Itsaso Arana, dont on ne peut s'empêcher de penser qu'elle est le double de son personnage).

Les décors nocturne, l'ambiance de fête larvée, les vigoureuses ellipses, les fausses impasses du récit, la qualité éblouissante de la direction d'acteurs : beaucoup d'éléments dans ce film le rendent extrêmement attachant.

Une belle découverte.

 

3e

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Angel

Rarement le projet d'un réalisateur m'aura autant échappé. Je n'ai en effet rien compris à ce que voulait faire Ozon dans Angel.

Un mélodrame ? Le film ne passionne pas par son propos, tout à fait inintéressant : histoire pâlote, personnages inconsistants, rebondissements erratiques.

Une ode au kitsch ? Angel est certes une sucrerie dégoulinante de couleurs et de musiques à haute teneur en mauvais goût, mais l'accumulation provoque ici l'indigestion.

Un hommage aux standards d'Hollywood, et notamment à Gone with the wind ? Je l'ai lu dans la presse, mais comment comparer le puissant contexte historique des films de cette époque au portrait compassé d'une Barbara Cartland de pacotille ?

Bref, je me suis ennuyé ferme devant cet exercice de style désincarné, mal servi par un casting sans charisme.

 

1e

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Mon inconnue

Pas beaucoup d'esbroufe dans ce film modeste d'Hugo Gélin, mais de réelles qualités : un casting et une direction d'acteur parfaits, et une légèreté dynamique assez rare dans la comédie française.

Du point de vue casting, François Civil est vraiment très bon, parvenant à la fois à nous faire croire à la situation absurde qui fonde le film, et à réagir avec un certain pragmatisme aux évènements. Joséphine Japy est formidable de délicatesse et de charme. Benjamin Lavernhe enfin crève l'écran en copain complice.

L'autre grande qualité du film est une façon de marier comédie, fantastique et romance comme peu ont réussi à la faire. Mon inconnue a ainsi des petits airs de comédie classique américaine à la Capra : il déroule son synopsis avec légèreté, souplesse et élégance. Il parvient à nous faire considérer le prétexte abracadabrant du film (des mondes parallèles pour faire simple) comme un cadre au final crédible, dans lequel le trio d'acteurs déploie leur talent avec agilité et conviction.

La réalisation et la direction artistique (un Paris de carte postale) contribuent également au plaisir simple ressenti à la vision du film.

Un divertissement de très bonne tenue.

 

2e

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Changement d'adresse

Changement d'adresse marque dans l'oeuvre d'Emmanuel Mouret de nombreux changements : pour la première fois, il quitte la région marseillaise pour tourner à Paris, et il fait tourner des acteurs assez connus (Ariane Ascaride, Dany Brillant, Frédérique Bel).

Le résultat est en nette progression par rapport aux premiers long-métrages de Mouret. La composition du film se simplifie. Si la personnalité naïve et franche du "personnage" Mouret est toujours présente, les deux actrices qui lui donnent la répartie apportent un supplément d'âme au film, débarrassé des scories narratives qui encombraient parfois ses premiers films "marseillais".

Changement d'adresse prend ainsi des allures de comédie romantique à la française, et le personnage que campe à la perfection Frédérique Bel apporte dans la filmographie de Mouret une véritable part d'émotion, comparable à l'impact de la composition d'Emilie Dequenne dans Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait

A partir de ce film, il devient évident que Mouret dépasse les références auxquelles son cinéma pouvait faire penser (Rohmer, Allen) pour trouver une voie plus profonde et plus personnelle.

 

3e

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Mon nom est clitoris

Sortie DVD

Rien de bien original dans ce premier film des jeunes cinéastes Daphné Leblond et Lisa Billuart Monet : une dizaine de jeunes filles, filmées dans l'intimité de leur chambre, parlent de leur sexualité. On se dit que l'idée est à ce point simple qu'il n'est pas possible que quelqu'un ne l'ait pas déjà eue. 

Si le procédé est pour le moins basique, le résultat est frappant. Les témoignages face caméra sont à la fois légers, profonds et émouvants. Bien qu'il n'y soit révélé aucun élément vraiment renversant, la fraîcheur et la spontanéité de chacun des entretiens rendent le film très attachant : on y mesure instantanément l'étendue des progrès qu'il reste à faire sur la connaissance qu'ont les filles de leur sexe, sur le consentement ou sur le rôle de l'école.

L'intérêt de Mon nom est clitoris ne résulte donc pas des quelques séquences qui ponctuent les séquences de témoignages, assez convenues même si certaines sont utilement pédagogiques, mais bien dans le discours sans fard et la personnalité des jeunes interviewées. Certaines sont incroyables de perspicacité et de maturité.

Une des forces du film est aussi de mettre en évidence les points communs entre les différentes expériences, au-delà des spécificités de parcours. Le montage, qui montre les différentes réponses à la même question, est de ce point de vue très habile.

Un travail indispensable qui gagnerait à être largement montré dans les écoles. A noter dans les bonus du DVD une belle séquence sur les retrouvailles de six des interprètes, quatre ans après le tournage.

 

3e

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