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Christoblog

Articles avec #je n'aime pas

Murina

Tout dans Marina est estampillé "film d'auteur" destiné à être remarqué : une unité de lieu remarquable, une réalisatrice déjà récompensée pour un court-métrage sur le même sujet, une jeune actrice charismatique, des thèmes à fort potentiel dramatique.

Mais d'une certaine façon, cette qualité programmatique joue contre le film, qui ne ménage pas beaucoup de surprises : le père possessif et violent n'est pas très sympa, l'ami visiteur et riche va séduire la jeune Julija dont les désirs d'émancipation vont se heurter à la dure réalité.

Se succèdent donc différentes scènes très signifiantes et filmées de façon conventionnelle (et parfois un peu maladroite), sans que l'intérêt pour ce que raconte Murina ne grandisse beaucoup : une petite déception, pour cette Caméra d'Or du festival de Cannes 2021.

 

2e

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Apples

Apples est le premier film de Christos Nikou, qui fut assistant de Yorghos Lanthimos pour le film Canine. On retrouve dans le film des idées que ne renierait certainement pas l'auteur de The lobster : une partie de la population d'Athènes est atteinte d'une amnésie soudaine, le "programme" de soin consiste a effectuer des tâches élémentaires, dans la thérapie figure le fait de prendre des photos de ses activités avec un polaroid.

Mais autant les films de Lanthimos sont vifs, décapants et souvent intrigants, Apples est lui tristounet, presque métaphysique et minimaliste. Le format carré, la photographie éteinte, la morne mise en scène et le jeu neurasthénique des acteurs n'aide pas à ce qu'on entre vraiment dans le film, même si le mystère planant sur le film (qui était le personnage principal avant l'épidémie ?) maintient un intérêt minimal.

J'ai regardé ce film comme on lit un pensum appliqué et très cohérent stylistiquement, attendant à être surpris, et ne l'étant jamais vraiment, malgré un ultime twist peu frappant. Il a bénéficié d'une sortie en salle très limitée, on comprend pourquoi.

 

2e

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L'affaire Collini

Il y a dix bonnes minutes dans L'affaire Collini, vers la fin.

Pour le reste, ce film très scolaire de l'allemand Kreuzpaintner ne génère pas beaucoup d'enthousiasme.

Nous sommes ici dans le genre très classique du film de procès, mâtiné d'une énigme psycho-historique... dont la solution est révélée dans l'affiche du film, qui expose bien visiblement une croix gammée !

La première heure est globalement de trop. Un faux suspense est installé laborieusement, le film est extrêmement maladroit à la fois dans sa narration (les romances superficielles) et ses idées de mise en scène (éclairages et musiques trop démonstratifs). Tout est trop long et trop appuyé.

Les choses s'améliorent ensuite un peu lors du procès, même si la façon dont les différents personnages sont dessinés reste très balourde. Malheureusement les derniers plans sont à nouveau très mauvais, et le dernier est véritablement catastrophique, d'une niaiserie abyssale.

Dommage, car le fond est intéressant. Il aurait mérité un traitement moins clinquant et plus profond.

 

2e

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Mamá, Mamá, Mamá

Ce film argentin découvert à la Berlinale 2020, serait sorti en France le 13 avril 2022, mais je ne l'ai vu au programme d'aucun cinéma... ce qui ne me semble pas très dérangeant.

En effet le film de Sol Berruezo Pichon-Rivière est un exercice de style assez plombant, qui rappelle le cinéma européen d'auteur dans son expression la moins attrayante. Il rencontre pourtant un succès certain partout où il est présenté.

Le sujet du film n'est pas inintéressant (le deuil d'une soeur vécue par une petite fille et sa cousinade féminine), la mise en scène ne manque pas d'idées, mais la narration évanescente, les effets appuyés et l'abus d'ellipses énervent le spectateur : on ne comprend que très lentement ce qu'on voit.

Certains voit dans le film un cousinage avec la Sofia Coppola de Virgin suicides, j'ai pour ma part plutôt pensé au mélange de délicatesse et d'afféteries grossières qui caractérise le cinéma d'Alice Rochwacher (Les merveilles). Je n'ai pas vraiment accroché à cette chronique, certes homogène stylistiquement, mais que j'ai trouvé vaguement insipide, et pour tout dire, assez inconsistante.  

Le film possède cependant une grande qualité : il ne dure qu'une heure et cinq minutes.

 

2e

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La colline où rugissent les lionnes

Quel intérêt de faire le voyage au Kosovo pour filmer avec autant de platitude une montagne de clichés déjà vus mille fois : des jeunes qui glandent, qui voudraient s'en sortir et quitter leur trou pourri, qui traînent en bande, finissent par faire des conneries et explorent leur orientation sexuelle ? 

L'apparition de l'actrice réalisatrice française d'origine kosovarde Luana Bajarami dans son propre film est assez ridicule. Elle observe les trois jeunes filles comme des animaux, et ne dit que des banalités. On peut se demander si ce n'est pas sa notoriété récente (on l'a vue dans L'évènement, Les 2 Alfred...) qui lui a permis de réaliser ce film médiocre aux relents autobiographiques, de plus sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs 2021.

Les évènements sont invraisemblables, les personnages stéréotypés. Tout n'est qu'esquissé, ou parfois surligné (on court toutes habillées dans le lac au ralenti ? allez !).

Bref, rien ne va dans ce film, qui n'est même pas sauvé par un pittoresque mariage local, assez mal filmé.

 

1e

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Vortex

Je n'ai rien aimé dans le dernier Gaspar Noé. Au vu de son sujet, le film devrait être dérangeant, oppressant, déstabilisant, mais il est simplement chiant.

Lui (Dario Argento) écrit un livre sur le cinéma, et dit parfois de jolies phrases. Elle (Françoise Lebrun) perd la boule. Alex Lutz est leur fils, ex-drogué. 

Et ? Rien du tout. Vortex ne raconte rien et la seule idée de mise en scène qu'il propose est le split screen, par ailleurs bien mieux utilisé dans Lux Aeterna. Certains diront qu'il n'a pas besoin de raconter puisqu'il montre : les deux acteurs pissent, se lavent, s'habillent, fréquentent les épiceries de quartier, errent dans un logement tellement envahi de souvenirs et de livres qu'il en devient un cauchemar de claustrophobe. Mais cette absence de point de vue lasse vite, après avoir brièvement intrigué.

Il y a dans le film une complaisance benoîte à filmer la décrépitude, bien éloignée de l'exaltation des corps qui sublimait Climax. Le cinéma de Noé est avant tout sensoriel : quand il échoue à faire sentir, il apparaît comme une terrible et cruelle coquille vide.

Gaspar Noé sur Christoblog : Irréversible - 2002 (***) / Enter the void - 2009 (*) / Love - 2015 (*) / Climax - 2019 (****) / Lux Aeterna - 2019 (***)

 

1e

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Caché

Caché est peut-être le film le plus abordable d'Haneke. Le pitch ressemble en effet à un thriller psychologique, comme aurait pu en tourner Chabrol, par exemple : une famille aisée reçoit des cassettes vidéo montrant que quelqu'un la filme en secret.

Il apparaît assez vite (et par le biais d'inserts sous forme de flashbacks pas toujours très élégants) que ce harcèlement à un rapport avec un événement se situant dans l'enfance du personnage joué par Daniel Auteuil.

Parmi les points positifs de Caché, il faut noter le jeu constant sur l'image : au début d'un nouveau plan, on ne sait jamais par avance si ce qu'on voit est le contenu de la prochaine cassette (car le visionnage de celles-ci n'est presque jamais annoncé), ou le film en lui-même. La confusion est amplifiée par la vision à l'écran d'autres écrans : journal télévisé, montage d'une émission de télé (car le personnage de Daniel Auteuil est présentateur télé).

Le jeu des acteurs est aussi un des points forts du film. Juliette Binoche est impressionnante de réalisme pragmatique.

Les points négatifs sont ceux qu'on trouve habituellement chez le réalisateur autrichien : une froideur clinique qui empêche le film de prendre son envol (sur un sujet comme celui-ci, on aurait aimé que certaines scènes de nature onirique soient plus enlevées), un manque de naturel dans certaines scènes (dans les dialogues notamment) et un aspect mécaniste dans l'avancée du scénario. 

A noter qu'aucune explication totalement satisfaisante ne vient éclaircir l'intrigue à la fin du film, ce qui peut générer de la frustration, et causer chez le spectateur cette petite pointe de rancoeur qu'on ressent souvent envers Haneke, pourtant un peu moins manipulateur et surplombant dans ce film que dans les autres. A noter tout de même que le dernier plan est une sorte de coup de pied de l'âne qui en énervera plus d'un : un long plan fixe qui semble contenir des informations essentielles - mais en fait, non. 

Caché est donc intéressant, mais je n'ai pas été complètement convaincu, comme souvent avec Haneke.

 

2e

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Le monde d'hier

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la date de sortie de ce film est subtilement choisie : il raconte en effet des événements se déroulant les trois derniers jours avant le premier tour d'une élection présidentielle !

Le pitch du film est plutôt sympa : alors qu'il est certain que le second tour opposera un candidat de la droite républicaine à un représentant de l'extrême droite, la présidente en exercice apprend qu'une vidéo compromettante pour le candidat républicain sortira entre les deux tours, à l'initiative de la Russie, garantissant ainsi la victoire finale du candidat extrémiste. Que faire ?

Cela  aurait pu donner un thriller très intéressant, et les trente premières minutes laissent d'ailleurs espérer cela. 

Malheureusement, le réalisateur Diastème choisi une autre voie : celle d'une opaque marche funèbre, dans laquelle tous les personnages semblent seuls et impuissants, évoluant dans des décors et des ambiances lugubres, et par ailleurs assez peu réalistes (comment peut on imaginer une présidente si isolée à deux jours d'une présidentielle ?). Il pense également bon de parsemer le scénario de digressions aussi inutiles que maladroites (la maladie, la fille, l'ex-mari).

Léa Drucker et Denis Podalylidès sont très bien dans leur rôle, mais les personnages secondaires sont à peine dessinés, et je n'ai pas vraiment compris la fin du film, ce qui laisse au final une impression de scénario un peu bâclé.

En ce qui concerne le monde politique, Les promesses était bien plus convaincant. Je déconseille.

 

2e

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El buen patron

Sortie le 22 juin

Le nouveau film de Fernando Leon de Aranoa a triomphé lors de la dernière cérémonie des Goya (l'équivalent de nos César), puisqu'il a remporté six statuettes, dont celle de meilleur film 2021.

El buen patron est une farce caustique, dans laquelle le patron d'une petite entreprise manoeuvre pour obtenir un prix d'excellence régionale, n'hésitant pas à prendre les décisions les plus cruelles.

L'usine fabrique des balances (ce qui donne lieu à plusieurs variations évidentes autour de l'équilibre et de l'équité). Elle est filmée un peu comme dans un Wes Anderson, à coup de travelings de toutes formes. La décoration artistique du film accentue son aspect un peu factice : costumes très expressifs, décors top much, personnages parfois réduit à des silhouettes caricaturales.

Le résultat n'est pas déplaisant à regarder, Javier Bardem étant comme souvent assez convaincant dans son rôle de jovial salaud. J'ai eu toutefois un peu de mal à saisir les raisons du phénoménal succès du film en Espagne, ses enjeux narratifs étant à mon sens trop éloignés de la réalité pour vraiment interpeller (la violence du capitalisme outrancier sont autrement plus réalistes dans le récent Un autre monde). 

L'aspect le plus réjouissant du film réside sûrement dans l'invention de deux personnages secondaires encore plus ambitieux et sans scrupule que le patron : le caractère décidément très noir de la pochade y gagne encore quelques degrés de méchanceté.

Le film est épisodiquement drôle, il peut donc être distrayant si vous n'avez rien de mieux à vous mettre sous les yeux.

Fernando Leon de Aranoa sur Christoblog : Amador - 2010 (****) / A perfect day - 2015 (***)

 

2e

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De nos frères blessés

L'histoire que raconte De nos frères blessés est édifiante. Fernand Iveton (Vincent Lacoste) est né en Algérie. Il est communiste et soutient le FLN dans la guerre qui ne dit pas encore son nom, ce qui lui vaudra un procès inique.

L'intérêt du scénario, co-écrit par Hélier Cisterne, sa compagne Katell Quillévéré et Antoine Barraud (à qui on doit le récent Madeleine Collins) réside principalement dans cet éclairage historique sur une période sombre, peu fréquent dans le cinéma français. On découvre ici les exécutions arbitraires et la torture : des méthodes de dictature appliquées par la république française.

Malheureusement, j'ai trouvé le film assez inintéressant pour le reste. Le style de mise en scène est peu affirmé, oscillant entre happening efficace (la scène d'ouverture) et scènes de drame sentimental filmées comme un épisode de Plus belle la vie. Le montage alterné mêlant plusieurs époques ne m'a pas convaincu non plus de son utilité. Enfin, Vincent Lacoste et Vicky Krieps ne sont pas les meilleurs interprètes pour ces personnages très politiques, dont j'aurais préféré qu'ils soient incarnés par des visages moins "à la mode".

De nos frères blessés dégage un doux parfum d'ennui vintage, pas vraiment désagréable mais un peu factice, à l'image de la petite moustache qu'arbore Vincent Lacoste dans le film. La guerre d'Algérie attend toujours son grand film.

 

2e

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L'histoire de ma femme

Comment un film avec autant de qualités sur le papier (une histoire au long cours passionnante tirée de l'oeuvre du Hongrois Milan Fust, des acteurs de haut niveau, une réalisatrice subtile et douée) peut-il au final être aussi décevant ?

Probablement pour trois raisons principales : un montage calamiteux, un mille-feuilles incohérent dans le pudding européen que semblent être la production et la direction artistique du film (le film est "germano-italo-hongrois"), une longueur totalement inappropriée qui rend le film indigeste (2h49).

Des les premiers plans, on sent qu'on va s'ennuyer comme jamais : les images s'enchaînent sans unité narrative ou esthétique (des cachalots, une mer démontée, des bateaux). Au final, le film est un fiasco du début à la fin, trop lent, lourd, mal maîtrisé, parfois vulgaire (je pense à des images de couchers de soleil d'une niaiserie abyssale). Léa Seydoux n'est pas formidable, et l'acteur Gijs Naber est un peu monolithique.

Enorme déception de la part de la réalisatrice hongroise Ildiko Enyedi, dont le film précédent, Corps et âme, Ors d'or à Berlin, était très beau.

Ildiko Enyedi sur Christoblog : Corps et âme - 2017 (***)

 

1e

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Belfast

Comme dans le beau Hope et glory, Kenneth Branagh nous propose ici un film nostalgique et autobiographique, entre moments magiques liés à l'enfance et tragédie historique (ici les conflits entre protestants et catholiques en 1969 à Belfast).

Mais le réalisateur nord irlandais est bien loin d'avoir le talent de John Boorman. Ici, la nostalgie n'est pas touchante, elle est lourdingue et sirupeuse. Le contraste entre les regards de l'enfance et la violence des adultes n'est pas génératrice de poésie, mais elle donne lieu à un mille-feuille indigeste qui juxtapose les thèmes sans les unifier.

Tout est mauvais, ou presque, dans ce film : le clip d'ouverture sur l'actuel Belfast est un monstre de laideur, l'utilisation du noir et blanc (et de la couleur pour les fictions) d'un mauvais goût absolu, les décors et la photographie sont laids et factices, la direction du jeune acteur approximative.

Seul point positif que j'ai vu dans le film, c'est la prestation des deux grands-parents (joués par Judi Dench et Ciaran Hinds, le formidable César de la série Rome), délicieux tous les deux.

A éviter.

 

1e

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The souvenir - Part II

J'ai dit tout le mal que je pensais de l'épisode I dans un article précédent

Force est de constater que ce deuxième opus évite les principaux écueils de son prédécesseur. Il est moins poseur, moins apprêté et globalement plus émouvant.

Le sujet du film se prête à cette simplification : il s'agit de montrer l'héroïne de l'épisode précédent en train de tourner un film sur l'histoire d'amour toxique qu'elle a vécu. Les évènements sont donc moins déjantés et l'émotion plus palpable.

On est plus enclin à s'attacher à la personnalité de Julie et à son approche sensible du travail de deuil. Les rencontres avec sa mère et avec les parents d'Anthony sont particulièrement touchantes.

Toutefois, je ne peux m'empêcher de trouver le projet de la réalisatrice un peu léger et nombriliste, à l'image de cette longue séquence onirique ou de ce dernier plan sous forme de mise en abîme élégante, mais sans beaucoup de sens.

Joanna Hogg sur Christoblog : The souvenir - Part I - 2022 (*) 

 

2e

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The innocents

Cela commence comme un thriller d'épouvante classique : musique bien inquiétante, mouvements de caméra sur-signifiants, bruits qui font sursauter, décor à l'unisson.

On est dans le style "pour bien comprendre que la petite fille est méchante on va la montrer en train d'écraser un ver de terre".

Et finalement, il se terminera de la même façon : parcourant les chemins bien balisés du film qui cherche à faire peur. Entre temps, il y aura eu un frémissement, quelques passages lors desquels on aura été étonné par un plan, ou intrigué par un changement de perspective... mais au final, rien de bien enthousiasmant, ou novateur.

On songe à Morse, qui était infiniment plus déstabilisant et profond. Ici, les astuces et les procédés sont bien trop évidents pour ne pas gêner la catharsis. The innocents est une oeuvre formatée et un peu froide, qui ne parvient qu'épisodiquement à dépasser son statut d'exercice de style.

Eskil Vogt sur Christoblog : Blind - 2015 (*)  

 

2e

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The lost daughter

Tout sonne faux dans le film de Maggie Gyllenhaal. 

Leda (Olivia Colman) regarde une jeune mère sur une plage et revit un passé qu'on devine tragique. La mise en scène est lourde et sur-signifiante, essayant d'installer une ambiance de suspense mafieux qui fait pschitt.

La maison vide, le personnage mystérieux et séduisant joué par Ed Harris, la dissimulation de la poupée : tout est cousu de fil blanc pour nous amener à nous inquiéter, un peu à la manière qu'affectionne François Ozon, mais avec beaucoup moins de subtilité.

Lorsque les flash-backs arrivent, le manque de légèreté de The lost daughter devient lourdeur gênante. Le grain de l'image et la vacuité des images de ces sirupeuses parenthèses plombent totalement la deuxième partie du film. Ces allers-retours temporels l'entraîne progressivement dans un tourbillon d'insignifiance jusqu'à un happy end ridicule.

Creux et vain.

 

1e

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Un autre monde

Stéphane Brizé conclut avec Un autre monde sa trilogie du travail, commencée par La loi du marché, puis poursuivie par En guerre, et le moins que l'on puisse dire, c'est que la profondeur du propos s'est dégradée au fil des trois films.

Dans son dernier opus, Brizé dresse le tableau d'un patron d'usine obligé par son méchant actionnaire américain de licencier 10% de ses effectifs. Et c'est pratiquement tout.

Evidemment, cela ne suffit pas à remplir tout un film. Il faut donc ajouter un peu de drama familial à travers le tableau touchant (même si pas très bien dessiné) d'un fils qui pète les plombs sous la pression d'une école de commerce.

Si les acteurs sont formidables (Lindon, Kiberlain, Bajon) et certaines situations criantes de vérité (la scène formidable du divorce), le film pêche tout de même par un manque de densité et de vraisemblance. Les passages en entreprise sont particulièrement peu convaincants. Un seul exemple : le travail du personnage joué par Lindon semble consister à annoter des papiers devant un ordinateur allumé. Une petite dizaine de plans de ce genre ponctuent le film, comme si Brizé était incapable d'inventer une autre activité pour un directeur d'usine.

Quant à la fin pontifiante et sentimentale, elle couronne le contenu programmatique d'un film malheureusement très balisé.

Stéphane Brizé sur Christoblog : Quelques heures de printemps - 2012 (****) / La loi du marché - 2015 (****) / Une vie - 2016 (***) / En guerre - 2018 (**)

 

2e

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The souvenir - Part I

Quel film froid et compassé que celui-ci !

Joanna Hogg nous propose un condensé de cinéma d'auteur prétentieux : auto-portrait en creux, rythme indolent, longueurs inutiles, images dans le film illustrant le film en devenir du personnage / réalisatrice, intérêt dramatique inexistant, confusion volontaire de la réalité et des songes, cadres savants mais dépourvus de sens, regards caméras sur-signifiants, photographie éteinte, plans fixes sur la nature accompagnés d'une voix off pontifiante, temporalité bousculée, ruptures de ton incessantes, etc.

Difficile d'imaginer un cinéma plus intellectuel, plus poseur et moins sensuel : on est quelque part entre Chris Maker et Kelly Reichardt, mais sur un mode "film de fin d'étude" bricolé dans sa chambre d'étudiante.

C'est peu dire qu'on se contrefout de cette histoire d'amour à la sensualité de hareng saur, et à laquelle on ne croit pas un seul instant.

L'actrice principale, Honor Swinton-Byrne, tourne aux côtés de sa maman, Tilda Swinton. Les deux ne sont pas mauvaises, mais ne sont pas aidées par le charisme d'épagneul breton de l'acteur Tom Burke.

Une expérience de la fadeur la plus extrême, qui ne m'encourage pas à aller voir la deuxième partie.

 

1e

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Enquête sur un scandale d'état

Thierry de Peretti est un cinéaste vraiment étonnant, qui semble capable de rater l'inratable.

Enquête sur un scandale d'état possède en effet tout pour réussir, en particulier une histoire passionnante et un Roschdy Zem aussi charismatique que d'habitude.

Malheureusement l'écriture du film est d'une bizarrerie déroutante : de nombreuses scènes semblent sortir de nulle part, d'autres s'étirent sans intérêt, de curieuses ellipses apparaissent, des morceaux d'intrigues semblent manquer alors que certains passages au contraire paraissent appartenir à un autre récit. La mise en scène et certains choix artistiques n'éclaircissent pas l'obscure construction du film : le générique de fin qui double celui du début, le résumé final en voix off (comme si le film devait être expliqué), la prise de son parfois à la limite de l'inaudible, les plans très lointains de ville ou de paysages.

Ce troisième film de Thierry de Peretti est donc une curiosité assez désagréable à regarder, même si ses partis-pris (une réalité mise à plat avec le minimum d'artifice, chaque élément potentiellement dramatique comme désamorcé) sont intellectuellement stimulants.

Thierry de Peretti sur Christoblog : Les Apaches - 2013 (**)

 

2e

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Don't look up : déni cosmique

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'Adam McKay ne fait pas ici dans la dentelle.

Rien n'est subtil dans Don't look up, tout est surligné, et même parfois burlesque. Si les deux scientifiques (DiCaprio et Jennifer Lawrence) se maintiennent juste en-dessous du niveau de la caricature excessive, pratiquement tous les autres acteurs et actrices ressemblent plus à des bouffons qu'à de véritables personnages.

Votre appréciation du film dépendra donc de votre goût pour le gros jeu qui tâche. Pour ma part j'ai trouvé Meryl Streep insupportable, Jonah Hill excellent, Mark Rylance étonnant, Ariana Grande réjouissante.

Sur le sujet du film, il n'y a pas grand-chose à dire : le parallèle entre la comète tueuse et le réchauffement climatique est évident, mais finalement pas très intéressant. Le scénario est à la fois invraisemblable et prévisible. Il part tellement dans tous les sens qu'il fait parfois mouche, comme pour la scène finale, assez drôle, mais tape aussi souvent à côté de sa cible (la prestation insignifiante de Thimotée Chalamet).

Un divertissement qu'il faut apprécier pour ce qu'il est, une loufoquerie plus clinquante que politique. 

Adam McKay sur Christoblog : Vice - 2018 (**)

 

2e

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La panthère des neiges

Commençons par les points forts du film de Marie Amiguet et Vincent Munier : les paysages du Tibet et les magnifiques images d'animaux.

Ce n'est pas rien de voir les renards, panthères, chats, ours et oiseaux évoluer dans le camaïeu de beiges, de gris et de rouges des incroyables paysages des hauts plateaux tibétains.

Pour tout le reste, j'ai trouvé que les idées qui nourrissaient le film n'étaient pas convaincantes. La voix off de Sylvain Tesson annonant des banalités fumeuses, les chuchotements sans contextualisation, le manque d'informations sur ce qu'on voit, le mélange aléatoire de photo et d'images filmées, la niaiserie des séquences dans les familles tibétaines, la chronologie erratique du montage : tous ces éléments m'ont progressivement amené à rejeter le film, à chaque fois que les animaux n'en étaient plus les vedettes.

 

2e

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