Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Christoblog

Articles avec #je n'aime pas

BAC Nord

Le problème de Bac Nord ne réside pas dans la polémique qui a accompagné sa sortie. Après tout, le tableau qu'il dresse des quartiers Nord de Marseille n'est qu'une toile de fond, dont on se doute bien qu'elle est à la fois représentative d'une certaine réalité et probablement caricaturale.

Non, le problème de Bac Nord réside dans l'incurie de son scénario, le manque de caractérisation de ses personnages, la maladresse de sa construction et le mauvais goût intrinsèque qui semble présider à tout ce que l'on voit à l'écran : comment peut on oser choisir comme musique Le pénitencier (même dans sa version originale) pour une scène de sortie de prison ? 

Gilles Lellouche n'est pas pour rien dans la faillite du film. Il joue comme une enclume le rôle d'un policier tellement bête qu'on n'arrive jamais à avoir de l'empathie pour lui et ses collègues. Les scènes d'action ne sont que correctes et ne parviennent pas à faire surnager le film : en matière de western urbain le film danois Shorta, sorti l'année dernière, est bien meilleur.

C'est donc raté de bout en bout.

 

1e

Voir les commentaires

L'origine du monde

L'origine du monde est une comédie qui n'est pas très drôle, construite sur un pitch qui se veut à la fois transgressif et bizarre (attention, spoil à suivre) : pour faire rebattre son coeur, Jean-Louis doit donner une photo du sexe de sa mère à une guérisseuse.

Toutes les péripéties qu'on voit à l'écran ne sont que des saynètes qui progressent lourdement vers le but ultime que j'ai énoncé en introduction.

Le film est globalement indigeste dans son intention et pataud dans sa réalisation, alternant maladroitement des styles différents, de l'introspection inquiète (les scènes d'introduction et leurs gros plans signifiants) au burlesque débridé (les acteurs qui se déshabillent), sans que l'amalgame ne prenne jamais vraiment.

Si l'ensemble ne tient que moyennement la route, il subsiste tout de même ici où là quelques éclairs drôles et une curiosité : voir pour une fois Vincent Macaigne en autre chose qu'en bobo barbu aux yeux de cocker. Quant à Laurent Lafitte, j'espère qu'il est dans la vie moins hautain et désagréable que son personnage : sa prestation le soir de l'avant-première à l'UGC de Lille permet d'en douter.

 

2e

Voir les commentaires

Serre-moi fort

Comme souvent chez Amalric, on ne comprend d'abord rien à ce qu'on voit.

Si on ne connait pas le synopsis du film, ce qui était mon cas, il faut attendre une petite heure pour commencer à saisir de quoi il est question. Amalric malaxe dans son creuset poétique sons, images, temporalités, vivants et morts, souvenirs et rêves. C'est le plus souvent exaspérant, et parfois beau.

De cette sophistication inutile, on ne retient au final pas grand-chose, si ce n'est quelques éclairs lancés à travers le jeu de Vicky Krieps, malheureusement un peu bridée dans un rôle dans lequel elle ne peut pas faire grand-chose d'autre que la "veuve éplorée qui rêvasse en triant les photos". Quand les acteurs peuvent se lâcher un peu (la scène de la boîte de nuit et quelques autres), Serre-moi fort prend une toute autre dimension, moins doloriste et plus sensible. Ces moments sont malheureusement trop rares.

Beau, mais froid.

 

2e

Voir les commentaires

Bergman Island

Je ne sais pas trop quoi penser de ce nouveau film de Mia Hansen-Love, pas désagréable, mais qui respire l'entre-soi chichiteux. Malgré ses qualités (bonne photo, bons acteurs, mise en scène correcte), c'est le sujet du film qui ne me semble pas mériter l'honneur d'un long-métrage.

Un vieux réalisateur en couple avec une jeune : classique. Ils discutent, échangent des idées de films, lisent leurs notes tout en parlant de Bergman, dont il occupent la maison sur l'île de Fårö, où ils sont en résidence. 

L'idée de scénario de la réalisatrice se transforme sous nos yeux en film dans le film, puis en tournage de film dans le film. Même lieux, sujet différent, mais tout aussi anecdotique : tout cela est peu intéressant, et sent le film "meta" à plein nez, bourré de référence et d'allusions pour initiés.

Tout est donc fin et maîtrisé, sans provoquer chez moi un véritable intérêt, si ce n'est celui de découvrir les jolis paysages de l'île, et le culte de Bergman qui y règne.

 

2e

Voir les commentaires

Irma

Ce premier film brésilien de Vinicius Lopes et Luciana Mazeto se situe dans la continuité de ceux de Kleber Mendonça Filho (Les bruits de Recife, Aquarius, Bacurau), Juliana Rojas et Marco Dutra (Les bonnes manières), qui réinventent un nouveau cinéma dans leur pays, profondément marqué par le cinéma d'auteur européen.

Ainsi avons-nous ici tous les tics du cinéma "de festival" : progression lente, moyens pauvres, idées de réalisation injectées dans l'histoire au petit bonheur la chance, parti-pris parfois horripilants (la caméra qui sautille perpétuellement dans la première scène du bus), projet global légèrement fumeux.

Il s'agit de suivre deux jeunes filles en route vers le Sud du pays alors que leur mère est décédée d'une grave maladie. Pour corser le récit, il faut préciser que la fin du monde approche peut-être, puisqu'un météorite menace, et que des femmes se promènent toutes nues dans les bus et les rues, du fait de la fin du monde. 

Les deux jeunes filles retrouvent leur père qui les a abandonnées, subissent les affres du passage à l'âge adulte pour la plus grande, et effleurent dans leur road trip immobile une bonne dizaine de thématiques d'égale importance, de la préhistoire jusqu'à la condition de la femme dans le Brésil contemporain, en passant par la toute-puissance magique de Dame Nature.

Le film est inégal, globalement plutôt ennuyeux, mais tellement sincère qu'on répugne à en dire vraiment du mal. Je conclurai en disant d'une façon positive qu'il comprend une scène magnifique : la plus petite des deux soeurs revit en rêve la séparation de ses parents par le truchement d'une télénovela diffusée dans la pièce où elle dort. C'est splendide. 

A noter que film a eu les honneurs d'une projection à la Berlinale 2020. A conseiller aux aventuriers, amateurs de cinéma sud-américain. 

 

2e

Voir les commentaires

La nuée

Le problème du film de Just Philippot, c'est de vouloir mélanger plusieurs genres sans vraiment exceller dans aucun, et sans que le mélange ne prenne vraiment.

La nuée commence comme le tableau d'une ruralité menacée par la précarité, un sujet commun dans le cinéma français récent (Petit paysan, Au nom de la terre). Son ancrage dans le sud de la France, sa maîtrise technique, la prestation de Suliane Brahim (pensionnaire de la Comédie Française), rendent le début du film plutôt plaisant.

Le propos du film change ensuite assez vite de nature : on s'intéresse de plus en plus à l'état mental du personnage principal, qui se dégrade rapidement, au fur et à mesure qu'un élément fantastique (que je ne dévoilerai pas) entre en jeu.

Ce glissement n'est pas très réussi. Les ficelles du scénario sont un peu grosses, et les traits appuyés. Je me suis désintéressé d'une histoire qui devient de plus en plus prévisible, jusqu'à une fin spectaculaire et horifique, qui respire plus la performance numérique que l'émotion.

 

2e

Voir les commentaires

Petite maman

Quelque chose ne fonctionne pas dans Petite maman.

Dès les premiers plans, le film se place dans une position un peu surplombante : la petite fille joue de façon froide et désincarnée, alors que la caméra louvoie un peu artificiellement dans un couloir. Quelques instants plus tard, dans un plan tourné à l'extérieur, la mère adopte une posture qui m'a semblé complètement anti-naturelle.

La suite du film se situe dans la continuité de ce début. A la fois un peu laborieux, manquant de grâce et au final très anecdotique. Sciamma ne creuse pas le vertige métaphysique qu'aurait pu générer son idée originelle : soit la mère pose des questions accessoires à la fille ("tu m'auras à quel âge ?"), soit les deux sont montrées dans des moments d'innocence (le bateau, les crêpes) qui sont comme déconnectés du sujet du film.

Le résultat est un peu froid, par moment assez beau, et globalement insipide et pesant.

Céline Sciamma sur Christoblog : Tomboy - 2011 (****) / Bande de filles - 2015 (*) / Portrait de la jeune fille en feu - 2019 (*)

 

2e

Voir les commentaires

The father

Difficile pour moi de comprendre l'engouement que suscite ce film, que je trouve compassé, trop long et peu original.

Son principe tient en une phrase : ce que l'on voit à l'écran n'est pas la réalité, mais le fruit de l'imagination d'Anthony, qui souffre de la maladie d'Alzheimer. 

Une fois ce postulat découvert, quelques minutes après le début du film, The father va tourner en boucle autour de quelques objets et thèmes : la fille disparue, la montre, l'appartement, le poulet.

C'est beaucoup trop peu pour maintenir l'attention du spectateur pendant 1h et 38 minutes, d'autant plus que cette proprette imagerie de chaos mental ne possède pas d'unité stylistique marquante (ou alors on la résumera au travelling arrière) ni de puissance évocatrice. La réalisation, qui manque absolument d'idées de cinéma, est d'une neutralité aseptisée qui n'entraîne pas le vertige que la situation devrait générer. Florian Zeller, dont je ne connais pas le travail d'écrivain, s'avère ici être un bien piètre cinéaste, assez pataud dans ses intentions (le dernier plan sur les arbres !) et dans sa pratique.

The father est tout juste sauvé par l'interprétation d'Anthony Hopkins, qui sort le grand jeu, alors qu'Olivia Colman use un peu trop de son air d'ahurie résolument optimiste.

Une déception.

 

2e

Voir les commentaires

Falling

Le premier film de Viggo Mortensen est pétri d'intentions louables : dresser le portrait d'un père qui approche de la fin, montrer le rapprochement de celui-ci et de son fils qui a évolué dans un milieu totalement différent, donner à voir la beauté de la nature américaine, faire ressentir au spectateur la fine trame du temps. 

Bien sûr, rien de bien nouveau dans ces objets déjà largement abordés, mais Mortensen parvient à y apporter une petite touche personnelle qui rend le film aimable au premier abord, et qui tient principalement dans sa placidité d'adulte gay, résigné face aux attaques homophobes de son facho de père. 

On est donc d'abord plutôt séduit par Falling, même si la multiplicité syncopée des flash-backs donnent un peu le tournis. Malheureusement, le film stagne assez vite : son propos ne progresse plus vraiment, la trame temporelle nous égare un peu plus, et surtout le personnage du père devient tellement détestable que l'amour de son fils finit par nous échapper. Même si on déteste le personnage, il faut reconnaître que la performance de l'acteur Lance Henriksen est incroyablement forte dans le registre sexiste, machiste, violent, raciste et réac.

Un film à connotation autobiographique, honnête et parfois touchant, mais dont la longueur et le manque d'originalité érodent à la longue notre curiosité. A noter un cameo amusant de David Cronenberg en médecin proctologue.

 

2e

Voir les commentaires

Night in paradise

Disponible sur Netflix, ce film coréen est un polar ultra-stylisé. Son réalisateur, Park Hoon-Jung, est principalement connu pour être le scénariste du très surestimé J'ai rencontré le diable.

Night in paradise oscille continuellement entre une violence typiquement coréenne à la limite du sadisme, et la chronique d'une triste romance entre deux êtres condamnés à mourir.

D'un côté un jeune truand dont on a tué la soeur et qui s'est vengé en agressant un boss de la pègre, de l'autre une jeune fille atteinte d'une maladie incurable. Ces deux-là vont se rapprocher dans l'atmosphère élégiaque de l'île de Jeju, au fil de scènes marquées par l'omniprésence de la mort.

Tout cela n'est pas follement joyeux, on en conviendra, mais n'est pas non plus bouleversant. On est ballotté entre le grand-guignol des scènes de violences (lors desquelles un homme peut se relever après avoir été tabassé à mort et reçu dix coups de couteau) et le charme éthéré et peu amène de l'excellent duo Eom Tae-Go (lui) / Jeon Yeo-Bin (elle).

Je ne peux pas dire que j'ai vraiment apprécié cet exercice de style un peu tape-à-l'oeil, qui a pourtant eu l'honneur d'une sélection à Venise. A réservé donc aux fans de polars coréens.

 

2e

Voir les commentaires

Unorthodox

Voici un nouvel exemple de la "fausse bonne série" à la Netflix, qui rejoint une catégorie déjà bien fournie.

Résumons le schéma.

Le début est très prenant, intrigant, intéressant. On pénètre dans le milieu des juifs orthodoxes de New-York. Notre curiosité est piquée et on découvre, pour peu qu'on soit novice dans le domaine, les schtreimels, les mikvés et autres mezouzas. L'actrice qui joue la jeune fille en voie d'émancipation (Shira Haas) est magnétique. On mesure parfaitement l'incroyable pression qu'exerce la religion sur le corps et l'esprit des femmes.

Après ce bon début, la série flotte un peu en fin de premier épisode et au début du deuxième. De captivante, l'intrigue passe à intéressante lorsque l'action se déplace à Berlin. Les personnages virent doucement à la caricature, les effets de surprise s'estompent et l'intérêt faiblit.

La série s'enlise ensuite dans une longue phase de désintérêt croissant (du milieu du deuxième épisode à la fin), lors de laquelle ses défauts s'aggravent : péripéties de plus en plus téléphonées, manque cruel d'imagination (les personnages tournent en rond en attendant l'audition), invraisemblances éhontées (être acceptée sans aucune référence pour une audition de cette importance, entrer dans une boîte de nuit habillé en Juif orthodoxe en grillant la queue), seconds rôles diaphanes (la mère), stéréotypes en tout genre (qu'ils sont gentils et accueillants ces allemands, les filles prêtent même leur rouge à lèvre dans les toilettes), angélisme sirupeux (ce dernier plan du groupe de beaux gosses plein de diversité qui ouvrent une nouvelle vie). 

Comme ici la série ne compte que quatre épisodes, on va quand même jusqu'au bout, pour assister à une fin ratée, dans laquelle chaque personnage pousse le curseur de ses caractéristiques binaires au maximum, alors que le dernier plan offre une happy end typiquement netflixienne.

Bref, loin de la réussite annoncée ici ou là, Unorthodox est surtout intéressante par son aspect documentaire.

 

2e

Voir les commentaires

Les garçons sauvages

Le projet de Bertrand Mandico dans ce film est une sorte de manifeste : s'inspirer d'un tas de références prestigieuses et gentiment subversives (Herzog, Fassbinder), questionner la question du genre (attention spoiler : les personnages de garçons sont en fait joués par des filles), ériger le factice en parangon du bon goût et redonner au film d'aventure façon L'île au trésor un vernis à la foi mauvais genre et non genré.

Le résultat est un gloubi-boulga qui ne m'a pas convaincu. Le succédané de trame narrative n'assume pas ses manquements : il faut le génie d'un Weerasethakul pour que la magie intrinsèque de la nature sauvage prenne le pas sur les exigences de la fiction. Les différents épisodes s'enchaînent sans vraiment de continuité, et notre intérêt s'étiole petit à petit, la curiosité se trouvant rapidement vaincue par l'irritation que le côté hyper-formaliste du film nous impose.

Finalement, j'ai l'impression d'avoir assisté à un Koh-Lanta queer tourné en roue libre dans un décor de carton-pâte, à l'imagination chétive et au style ampoulé.

 

1e

Voir les commentaires

Angel

Rarement le projet d'un réalisateur m'aura autant échappé. Je n'ai en effet rien compris à ce que voulait faire Ozon dans Angel.

Un mélodrame ? Le film ne passionne pas par son propos, tout à fait inintéressant : histoire pâlote, personnages inconsistants, rebondissements erratiques.

Une ode au kitsch ? Angel est certes une sucrerie dégoulinante de couleurs et de musiques à haute teneur en mauvais goût, mais l'accumulation provoque ici l'indigestion.

Un hommage aux standards d'Hollywood, et notamment à Gone with the wind ? Je l'ai lu dans la presse, mais comment comparer le puissant contexte historique des films de cette époque au portrait compassé d'une Barbara Cartland de pacotille ?

Bref, je me suis ennuyé ferme devant cet exercice de style désincarné, mal servi par un casting sans charisme.

 

1e

Voir les commentaires

Un été violent

Ce film de Zurlini présente deux intérêts principaux : une jolie photographie admirablement mise en valeur par la restauration du film et un contexte inusité mais très bien rendu (la chute du fascisme et la fin de la guerre en Italie).

Pour le reste, pas grand-chose de palpitant à signaler. Le film traite du thème archi-rebattu de l'histoire d'amour entre un jeune homme et une femme (à peine) plus mûre, sans originalité particulière.

L'interprétation est moyenne : Trintignant est monolithique et Eleonora Rossi Drago un peu opaque. J'ai eu personnellement du mal à adhérer à leur histoire d'amour.

Restent quelques scène sublimes (la soirée de la rencontre, hors du temps), et une mise en scène peu visible mais élégante. L'ensemble parvient difficilement à maintenir un haut degré d'intérêt.

 

2e

Voir les commentaires

Motherland

Couronné dans le cadre du festival en ligne organisé chaque décembre par Arte (ArteKino festival) et visible en ce moment sur ArteTV, Motherland est un pensum d'auteur comme on en voit de moins en moins.

Tout y est scolairement programmé et appliqué en suivant des recettes éculées : scènes sur-signifiantes, bande-son insupportable, ambiance "ce que je vous montre n'a aucune importance, mais représente les états d'âmes des protagonistes", rythme très lent, synopsis squelettique.

Les acteurs n'étant pas très bons, on n'a pas beaucoup de points d'accroche pour trouver un intérêt à cette soupe sans saveur qui n'exploite pas le potentiel de son pitch (une jeune femme qui a quitté la Lituanie y retourne en 1992, juste après le départ des Russes, pour y retrouver sa maison d'enfance... occupée par des intrus).

La mise en scène de Tomas Vengris fait penser à un film de fin d'étude d'école de cinéma plutôt qu'à un véritable long-métrage. Le réalisateur lituanien ne parvient jamais à rendre cohérents les multiples thèmes qu'il parcourt superficiellement (passage à l'âge adulte d'un pré-ado, réflexion historique, thriller psychologique, portrait de femme).

C'est raté !

 

1e

Voir les commentaires

Days

Le dernier opus de Tsai Ming-Liang, présenté à Berlin, n'est pas sorti dans les salles françaises, et je comprends pourquoi.

Difficile en effet d'imaginer film plus exigeant : quasiment muet, comportant des plans d'une longueur infinie, montrant la plupart du temps des évènements insignifiants de la vie quotidienne.

Il faut vraiment être un grand fan du réalisateur malaisien pour trouver son plaisir dans cette oeuvre qui s'approche plus de l'art contemporain que du cinéma, aussi bien par ses intentions (donner à sentir l'écoulement du temps et de la vie) que par sa réalisation (je me suis souvent dit que l'enjeu principal de chaque plan était de déterminer à quel moment il s'arrêtait).

Le propos du film tient sur un timbre poste : un homme mûr souffre du cou, il rencontre un jeune réfugié laotien pour un rapport sexuel tarifé. Comme souvent pour les oeuvres conceptuelles, il y a beaucoup d'éléments inaccessibles au spectateur lambda qui peuvent enrichir la vision (par exemple l'acteur, véritable alter ego du réalisateur, souffre réellement du mal terrible qu'on voit dans le film), mais malheureusement ces éléments ne seront accessibles qu'à quelques happy few.

A voir si vous êtes prêts à observer la confection muette d'une soupe asiatique dans un appartement miteux pendant 16 minutes.

Tsai Ming-Liang sur Christoblog : The hole - 1999 (**)

 

2e

Voir les commentaires

Voyage à deux

Sur le papier, ce film de Stanley Donen (1966) a tout pour plaire. Un couple réalisateur / actrice qui reste sur un succès majeur (Charade), une Audrey Hepburn malicieuse, un scénario ambitieux. Le synopsis est en effet complexe et intrigant : un couple se fait et se défait lors de plusieurs voyages du nord au sud de la France, dans un montage qui suit la progression géographique tout en entremêlant les époques.

Le travail du scénariste Frederic Raphael (Eyes wide shut), comme il l'explique très bien dans le bonus du DVD, est extrêmement recherché et ... directement inspiré de son histoire personnelle.

Malheureusement, le résultat à l'écran est globalement décevant, notamment par la faute d'Albert Finney, qui se révèle ici être un bien piètre acteur. Il joue avec des gants de boxe et des chaussures de ski un personnage qui devrait être aérien. Le film serait bien meilleur si Paul Newman avait pu jouer ce rôle, comme l'évoque Raphael.

Le scénario, aussi brillant soit-il, est parfois tellement sophistiqué qu'il peine à générer une véritable émotion, et d'un point de vue formel, le film a assez mal vieilli (couleurs ternes ou trop vives, effets de mis en scène lourdingues, dialogues appuyés).

 

2e

Voir les commentaires

ADN

ADN commence plutôt bien.

Maïwenn confirme dans le premier tiers du film son talent pour filmer les scènes de groupe (comme dans Polisse). Chaque personnage parvient à exister avec l'expression d'une belle personnalité, et les interactions lors des regroupements sont tour à tour émouvantes ou drôles.

On se prend d'affection pour le grand-père. Sa relation avec le jeune Kevin (joué par Dylan Robert, la révélation de Shéhérazade) est un moteur inter-générationnel efficace et positif. On aime détester le personnage joué par Fanny Ardant, insupportable comme d'habitude, et on aime aimer celui joué par Caroline Chaniolleau, éminemment sympathique.

Bref, tout se présente plutôt bien, jusqu'au moment où le film devient centré sur la petite personne de la réalisatrice et sa quête des origines. Epaulé par des alter ego sans consistance (Louis Garrel en roue libre, Marine Vacth transparente), Maïwenn est de tous les plans, et tous sont mauvais.

On suit sa demande de test d'ADN sans intérêt, ses minauderies lors de la lecture des résultats, ses lectures et sa pseudo-prise de conscience politique (avec pélérinage esthétique sur le pont de Neuilly), ses démêlés avec un employé d'ambassade caricatural fort sympathique, et enfin, cerise sur le gâteau, son shooting dans les rues d'Alger, filmé comme un défilé de mode au milieu d'une révolution. 

Où comment une chronique familiale intéressante se termine en ridicule ego-trip.

Maïwenn sur Christoblog : Polisse - 2011 (****) / Mon roi - 2015 (*)

 

2e

Voir les commentaires

Kajillionaire

Kajillionaire est un objet étrange, à la fois film indépendant US typique, comédie gentiment déjantée façon Little miss sunshine, récit d'émancipation, thriller psychologique et romance amoureuse.

Le résultat est mitigé. Le début du film est plutôt plaisant, le temps qu'on découvre avec curiosité chacun des personnages. 

Le jeu stéréotypé d'Evan Rachel Wood agace toutefois rapidement, d'autant plus que le scénario tourne au ralenti au coeur du film, avant de se dynamiser à nouveau sur la fin. 

Personnellement, j'ai décroché vers le premier tiers du film sans jamais vraiment recoller tout au long des longues minutes suivantes (le film dure 1h43). Je n'ai pas vraiment ressenti l'histoire d'amour, ni été convaincu par l'arnaque finale. La mise en scène de Miranda July m'a enfin semblé poussive et terne.

Une déception.

 

2e

Voir les commentaires

Ondine

Ondine est une créature mythologique, présente à la fois dans les mythologies gréco-romaines et germaniques. Elle revêt ici les traits plutôt agréable de l'actrice Paula Beer, découverte dans le formidable film d'Ozon, Frantz

Le cinéma de Christian Petzold, froid et théâtral, s'adapte assez mal à l'histoire que raconte maladroitement Ondine

Là où il aurait fallu de la poésie et du mystère, il propose des métaphores maladroites (l'aquarium, le scaphandrier, la tâche de vin sur le mur) et des personnages secondaires grossièrement dessinés. Ondine elle-même mime son caractère divin en prenant une moue inexpressive qui est plus ennuyeuse que mystérieuse. Quant aux longs développements sur la ville de Berlin, on se demande bien en quoi ils servent le propos.

Le film échoue également à faire ressentir la passion qui unit Christoph et Ondine. Pour ce qui se veut le tableau d'un amour qui s'étend au-delà de la mort, c'est dommageable.

Comme dans les deux autres films que j'ai vu de cet auteur allemand, j'ai trouvé que le scénario ne tenait pas la distance d'un long-métrage. Sa mise en scène, parfois élégante à force de distanciation, est ici simplement quelconque.

Christian Petzold sur Christoblog : Barbara - 2012 (**) / Phoenix - 2014 (**)

 

1e

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>