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Christoblog

Un peu de vacances

Christoblog va marquer une pause de 4 semaines le temps d'un périple japonnais. Le 30 juillet est programmé la visite du musée Ghibli à Mitaka, à l'ouest de Tokyo : comptez sur moi pour un article à la rentrée qui vous racontera ma visite chez Chihiro, Princesse Mononoké et Tortoro !

En attendant vous pouvez :
- picorer dans ma liste de 200 et quelques critiques et me laisser des commentaires qui me montreront que Christoblog n'a pas été laissé tout seul pendant le mois d'août
- noter ce blog en cochant le maximum d'étoiles, là, à droite

A bientôt à la rentrée pour les critiques d'Uncle Boonme, de Des dieux et des hommes, du dernier Woody Allen, de The Housemaid, et bien d'autres....


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Punch-drunk love

Punch drunk love est un objet boursouflé, sans âme, sans souffle, qui ne tient pas dans la durée. Une sorte d'exercice de style qui sert principalement son auteur, par ailleurs réputé colérique et égocentrique.

Le pauvre Adam Sandler essaye de composer un personnage à la croisée de Ben Stiller et de Mr Bean, sorte de sous-monsieur Hulot coincé et caricatural (avec le même costume bleu durant tout le film). Il essaye désespérément de paraître poétique mais l'indigence de l'intrigue et les tics du réalisateur le rendent plutôt ridicule.

Le film n'est donc qu'une succession de saynètes qui constituent autant de courts métrages plus ou moins réussis (l'harmonium, le supermarché, les méchants pas très dangereux, les effets de couleurs, la collection de bons de réduction donnant droit à des miles) mais en aucun cas un long métrage qui se tient.

A la vue de ce très surestimé Punch-drunk love, je comprends mieux pourquoi j'ai été si déçu par There will be blood : on n'y retrouve, bien que très atténués, les mêmes défauts : une afféterie bien prétentieuse dans la mise en scène, une superficialité tape-à-l'oeil, des scènes franchement ratées et des personnages transparents.

Paul Thomas Anderson devrait être plus modeste et penser plus à ses films qu'à lui-même, il deviendrait alors peut-être un peu plus cinéaste.

 

1e

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Les derniers jours du monde

Mathieu Amalric. Wild Bunch DistributionLe voyage que propose Les derniers jours du monde est une expérience qui dépasse celles que procurent la plupart des films.

La fin du monde est là. Sans l'être. Dans la tête du personnage principal (exceptionnel Mathieu Amalric, une fois de plus), c'est comme si elle n'existait pas. Son amour pour Lae, la mort de ses parents, sa femme (excellente Karin Viard), sa fille et son écharpe : tout cela compte plus pour lui que l'apocalypse. Peut-être est ce pour cela qu'il traverse les villes et les pays sans succomber à l'hécatombe générale.

Discrètement, l'ambiance d'apocalypse est pourtant installée avec un brio assez exceptionnel par les frères Larrieu : un vol d'hélicoptère, une patrouille sur le Lot d'encagoulés sur zodiac, une eau jaune qui sort du robinet, des explosions, une pénurie de papier, des vautours, une chouette, un hôtel rempli de cadavres.... tout cela est à la fois brillant et distant.

Le film ressemble à une fusion Dardenne-Desplechin  / Kubrick-Lynch. Il doit sa sourde et profonde vitalité à une brochette d'acteurs/actrices exceptionnelle.

Dépaysant, comme un mauvais rêve dont on aime se souvenir.

 

4e

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Toy story 3

Walt Disney Studios Motion Pictures France15 ans déjà !

C'est bizarre de penser qu'en 1995 Toy story constituait une sorte d'innovation ultime : film d'animation entièrement numérique. On était globalement surpris que cette modernité extrême puisse susciter autant d'émotion que les bons vieux Disney .... En 2010, c'est presque l'inverse : on est surpris de voir apparaître dans le paysage numérique un dessin animé à l'ancienne, comme L'illusionniste.

Toy story 1 (et 2 aussi) avaient impressionné par leur qualité d'émotion, de second degré, d'intelligence... L'opus 3 réunit les mêmes qualités, avec en plus, ce sentiment diffus et profond que provoque la nostalgie et la claire perception du temps qui passe. Ce qu'ont raté dans les grandes largeurs les Bronzés, Pixar le réussit à la perfection : comment jouer avec les sentiments de ceux qui ont vu en 1995 l'original et combler en même temps les nouveaux venus ?

Réponse :
- en recyclant habilement le meilleur des origines : un Buzz l'éclair version hispanique irrésistible
- en innovant brillamment dans le sadique : l'ours qui sent la fraise, vrai/faux méchant tout à fait machiavélique et déstabilisant
- en maniant le second degré avec brio : l'idée fabuleuse d'une Barbie et d'un Ken plus vrais que nature, dans des camps opposés
- en jouant juste ce qu'il faut avec les émotions : la dernière scène de la transmission des jouets, qui arrive à être profondément touchante sans être larmoyante

Toy Story 3 ne bouleverse pas le monde l'animation, comme a pu le faire le génial Fantastic Mr Fox en ce début 2010, mais il constitue une incontestable réussite pour Pixar, semblant décidément condamné à éviter l'échec.

 

3e

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Tamara Drewe

Charlotte Christie et Jessica Barden. Diaphana DistributionJe n'étais que moyennement enthousiaste à l'idée d'aller voir le dernier Stephen Frears : et j'avais tout faux. Tamara Drewe est en effet un film tout à fait plaisant.

Nous sommes à la campagne, dans une drôle de chambre d'hôtes n'abritant que des écrivains en train d'essayer d'écrire (et n'y arrivant que très partiellement). Le mari de la tenancière, très (trop) dévouée, est lui au contraire un écrivain à succès, adultère et cynique à souhait.

Dans ce petit monde rance et rural, une jeune femme sexy originaire du village et qui s'est fait refaire le nez vient semer la zizanie (et un peu plus) : Tamara Drewe.

A travers 4 saisons les couples vont se former, puis se défaire, chacun des protagonistes semblant subir plus ou moins directement les conséquences des actions d'autres, en particulier celles de l'amour juvénile et effréné d'une jeune collégienne (cf photo) du village pour une star de rock. S'en suit une sorte de carrousel sentimental qui donne au film des airs de Songes d'une nuit d'été.

Oh, bien sûr, Tamara Drewe ne marquera pas l'histoire du cinéma, mais on passe franchement un bon moment car le talent de Frears est celui d'un vieux routard efficace, le scénario est millimétré et le casting franchement réussi, du rock star (une sorte de Prince blanc) aux vaches noires et blanches qui jouent un rôle déterminant dans cette histoire, en passant par les collégiennes, très ... anglaises.

Le contentement ne serait que superficiel si la fin ne venait mettre une touche de comédie noire, à travers une accumulation de circonstances aussi drôles qu'inattendues : une spécialité anglaise de surprendre tout le monde par une péripétie dramatique et pourtant drôle, se concluant en l'occurrence par un nez cassé.

Un bon film pour l'été.

 

3e

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Flandres

Tadrart FilmsVoilà un film dans lequel on a beaucoup de mal à entrer, et ... duquel on sort difficilement.

Cela commence dans le Nord, dans les Flandres. Les hommes, les femmes, les moeurs sont rudes. Demester est amoureux de Barbe, qui est amoureuse de plusieurs garçons. Tout cela est filmé d'une façon très abrupte, les dialogues sont parfois difficilement audibles, les rapports sexuels expéditifs et les sentiments à peine esquissés. Les Dardenne, en comparaison, semblent tourner des comédies tellement Flandres est dur, froid, triste.

Puis les quelques jeunes hommes que l'on vient de suivre partent en guerre dans une métaphore de pays désertique et semble-t-il plutôt arabe (l'Algérie, le Moyen Orient...). Il vivent là des expériences déjà montrées dans d'autres films (tuer des innocents, violer des femmes, perdre des amis au combat, être perdus, avoir peur, voir des hommes torturés...) comme Full Metal Jacket, par exemple. Dumont filme ces parties un peu maladroitement, même si certaines scènes sont très efficaces, abordées absolument frontalement, avec la volonté manifeste d'éviter toute fioriture.

Le film alterne alors des scènes de guerre dans le désert et des scènes dans les Flandres autour de la très belle actrice Adelaide Leroux, trouvant dans cette alternance un équilibre fragile, intriguant et finalement assez séduisant. Il y a dans la façon de filmer de Dumont un petit quelque chose qui rappelle Terrence Malick.

Flandres n'est pas un film à regarder pour se remonter le moral un dimanche après-midi pluvieux de novembre (sauf avant une pendaison programmée, peut-être), mais c'est un film qui peut difficilement laisser indifférent.  Grand Prix du jury, Cannes 2006.

Bruno Dumont sur Christoblog : Hors Satan

 

3e

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Année bissextile

Pyramide Distribution Laura est seule. Désespérément seule. De temps à autre, elle sort et ramasse un mec, qui la baise vite fait. Elle raconte des bobards à sa mère, son employeur, son frère. Elle se masturbe en regardant le couple de voisins, heureux.

Nous sommes fin janvier. Une page du calendrier se tourne, Laura coche en rouge la date du 29 février. Chaque jour qui passe est marqué d'une croix noire. Le film avance, comme un train lancé lentement et inéluctablement contre un mur, vers cette date fatidique.

Un jour de janvier, Laura rencontre Arturo, avec qui elle débute un jeu sadique. Arturo se présente le soir, elle se livre à lui et à ses caprices sexuels. A chaque fois, il vont plus loin. Un peu dans la scatologie, puis dans la violence. Pourquoi ? Pour exister ? Peut-être vaut-il mieux être la victime consentante d'un sadique que de ne rien être du tout ? Laura est elle plus masochiste, tendance suicidaire, qu'Arturo est sadique ? Ou est ce que le but du film est de faire converger la violence vers cette date du 29 février, et pourquoi ?

Année bissextile est un très beau thriller psychologique. Tourné quasiment en plans fixes et dans le huis clos d'une chambre, il trouve un souffle qui nous scotche jusqu'à la fin. Bien que bien moins impressionnant au niveau de la mise en scène, il me rappelle l'excellent Fausta : même maîtrise du récit, même talent de l'actrice principale. Cette dernière rend le film crédible et émouvant, elle crépite comme un éclat d'humanité au milieu de la solitude.

 

3e

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Tournée

Miranda Colclasure. Le PacteJe ne suis pas objectif quand je parle de ce film pour plusieurs raisons :

1 - j'adore Mathieu Amalric

2 - je fais partie de ceux qui ont vu (en vrai) le spectacle New Burlesque, à Nantes, au hangar à bananes, en 2007

A ceux qui ne savent pas ce qu'est ce spectacle, il faut imaginer un strip tease trash, les Folies Bergères à la sauce Cramps, une Yvette Horner shootée aux amphets, quelque chose de complètement ahurissant, provocateur et tendre à la fois, maniant le xième degré à la perfection. Mimi Le Meaux, Kitten on the Keys... elles sont toutes superbes, plantureuses et attendrissantes à la fois. Roky Roulette, sorte de Iggy Pop sur ressort, seul homme de la troupe, assure comme une bête.

Bon, et le film alors ? La tentation serait grande de répondre : on s'en fout, tellement le portrait collectif de notre bande de strip-teaseuse post ringardes se suffit à lui-même. Oui, un simple documentaire aurait déjà suffit à notre bonheur : pleines d'énergies, tellement américaines par leur positivisme béat, insouciant et pragmatique (cf la scène de l'amant éjaculateur précoce). Quelles personnalités ! Quel beau tableau de la vie On the road !

Amalric souhaite ajouter un prétexte personnel en présentant son propre personnage comme un producteur déchu, devant rallier nuitamment Paris pour (à la fois) récupérer ses 2 garçons pour le week end et trouver une salle à Paris pour sa troupe. Le prétexte, s'il paraît accessoire au début, finit par trouver sa justification dans la juxtaposition de ce groupe de femmes décidées, enjouées, et de ce cérébral ironique - si vieille Europe.

Ainsi, est ce finalement le contact de 2 mondes que le film donne à voir, toujours à la bordure ouest du plus ancien des deux, comme longeant la frontière invisible, qui ne pourra être dépassée que lors d'un passage dans une île de l'Atlantique.

Sur cette île, les deux mondes peuvent enfin converger, charnellement du moins, dans l'ambiance délétère (et un peu facile) d'un vieil hôtel abandonné.

Tournée est - décidément - une expérience avant d'être un film (de la colle sur un téton, le bruit d'un flipper dans un bar, une chanson à la guitare quand tout le monde devrait dormir, un livreur de pizza au coucher du soleil à St Nazaire...).  Allez-y.

 

3e

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Romance

Sexe et cinéma / 1

Cet été, Christoblog adopte la stratégie marketing des magazines féminins : mettre du sexe en couverture (si je puis dire, car de couvertures, il ne sera guère question dans cette série).

Et avant d'aller au cinéma ce week-end, on commence par un petit DVD.

Le film de Catherine Breillat avait fait un petit scandale à l'époque. Marie aime son mec, qui ne lui fait pas l'amour, mais qui drague d'autres filles en boite. Marie a quand même besoin de sexe : elle se laisse donc baiser par Rocco Siffredi (pas si impressionnant que ça au passage), un inconnu dans une cage d'escalier qui la viole, et un François Berléand qui l'initie à l'art subtil du bondage et des pratiques SM.

Tout ça est très intellectuel, surligné par une voix off qui balance des platitudes éculées ou absconses. Le film n'est ni sulfureux, ni sensuel, ni brillant, ni excitant.

L'effet scandale parait bien inexplicable aujourd'hui, le fait qu'on aperçoive 3 ou 4 fois un sexe masculin ne le rend pas pornographique. Il est vrai que 12 ans ont passé...

Le film inspire une sensation de froid (à l'image de l'appartement qu'habite Marie, blanc et propre comme un magasin Lacoste) et de jeu intellectuel. Je m'attendais à une bombe incontrôlable : je ne savais pas que la bombe était glaçée.

 

1e

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