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Christoblog

Lupin

Lupin, la nouvelle production Netflix au casting d'enfer (Omar Sy, Ludivine Sagnier, Clotilde Hesme, Nicole Garcia), se regarde avec plaisir, comme on lit une BD d'aventure ou on mange un paquet de Haribo.

L'écriture de la série, qu'on doit au britannique George Kay, est assez élégante. L'idée du fan d'Arsène Lupin qui s'inspire des aventures de son héros pour concevoir ses propres actions est bien vue, et les trois premiers épisodes de la première saison se dévorent. Chacun de ses trois épisodes adopte un style dans lequel Omar Sy se glisse  avec délectation (film de casse, de prison, de séquestration), sur un ton léger et enlevé, qui parvient à être agréable sans être parodique.

Le quatrième épisode est superflu et franchement mièvre, et le cinquième est un épisode de transition qui nous laisse sur notre faim. J'attends la suite avec impatience : la question principale est de savoir si Kay va parvenir à maintenir le délicat équilibre que cette première partie propose, entre spectaculaire et intime, nostalgie et modernité. Je suis curieux de voir également comment certains personnages vont se développer ou non (Claire, Juliette, Benjamin).

La mise en scène est typique des productions Netflix : efficace, balisée, tape à l'oeil et utilisant plus de drones que nécessaire. A noter que Marcela Said (Mariana, L'été des poissons volants) a réalisé deux épisodes, ce qui est très étonnant. 

Lupin est un divertissement sans prétention, dans lequel Omar Sy fait merveille. La série est parfois gentillette, voire simpliste. Elle use de ficelles parfois grossières, mais il s'en dégage une atmosphère rétro et bon enfant qui n'est pas désagréable, et procure un plaisir régressif. 

 

2e

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Aline

Sortie le 10 novembre 2021

Je ne me suis jamais intéressé à Céline Dion, ce qui est peut-être un tort. Je suis donc arrivé complètement vierge, et à vrai dire assez dubitatif, devant le film de Valérie Lemercier. 

Une des qualités d'Aline, c'est de commencer par un savoureux tableau de famille québécoise. Cette première partie est jouissive et extrêmement drôle. Elle met le spectateur dans d'excellentes dispositions, même s'il est circonspect, comme je l'étais.

Lorsque le talent de la petite fille commence à vraiment se manifester, le film prend un tour plus classique, commun à tous les biopics musicaux récents : premiers exploits, détection par un mentor, bifurcations hasardeuses, puis explosion progressive et son cortège d'interrogations et de risques. 

La particularité d'Aline, c'est qu'il n'est pas question ici d'addictions ou de déviances diverses, mais d'un autre type de problème : le curieux isolement dans lequel Aline se cloître plus ou moins volontairement. La description des relations entre Aline / Céline et Guy-Claude / René est aussi très belle, et pour tout dire émouvante.

Le film se concentre sur la personnalité et les relations de Céline Dion. Il ne s'intéresse que de très loin à son art et pas du tout au processus créatif qui aboutit aux fabuleux spectacles qui la rendront célèbre : autant le savoir avant d'entrer dans la salle si on est fan.

La performance de Valérie Lemercier est confondante. L'utilisation du deep fake pour plaquer son visage sur un corps d'enfant est bluffante. Tout le casting est formidable et la prestation de la doublure voix, Victoria Sio, est remarquable.

Je vous conseille ce bon film, à regarder au premier degré, qui vous intéressera, vous fera rire, et vous émouvra à coup sûr.


3e

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Les derniers jours d'une ville

Sorti en 2017, ce film de l'Egyptien Tamer El Saïd est une curiosité a bien des égards. Il est passé par la Berlinale et a remporté la récompense suprême au Festival des 3 Continents de Nantes.

Sa première particularité est de présenter tous les atours d'un documentaire, ou du moins d'une auto-fiction, alors qu'il est entièrement scénarisé.

On suit un cinéaste qui cherche à changer d'appartement dans une ville du Caire pré-inserructionnelle. On croise sa mère gravement malade, sa copine qui part à l'étranger et des copains qui vivent dans d'autres villes (Berlin, Beyrouth, Bagdad). 

Le film est déroutant dans le rapport ambigu à la réalité qu'il entretient. Il n'est pas facile par exemple dans un premier temps de démêler ce qu'on voit à l'écran : le film lui-même ou les images du film autobiographique que le cinéaste est en train de tourner ?

Après une demi-heure, on a compris le principe du film, et on peut alors apprécier pleinement ce beau portrait du Caire, à la fois sous l'angle de la vie quotidienne (les cafés, les mendiants, les immeubles) et sous l'angle de la prémonition politique (la répression policière, l'islamisme qui s'infiltre partout, y compris dans les ascenseurs...). Les derniers jours d'une ville fourmille également de multiples détails qui intriguent et interpellent (une femme récurrente avec des fleurs blanche comme chez Kieslowski, l'aspect kafkaïen des visites d'appartement). 

Il se dégage de ce joli film ambitieux une douce mélancolie parfois un peu apprêtée, mais au final plutôt agréable.

 

2e

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Soul

Fut un temps où chaque nouveau Pixar parvenait à nous surprendre. 

Ce n'est plus réellement le cas aujourd'hui.

Même si Soul est agréable, il suit un chemin désormais bien balisé et facilement attribuable à la "patte" Pixar : une animation irréprochable à la pointe de la technique numérique (certains objets ont une apparence de réalité totale), une intrigue qui mêle habilement humour et considérations métaphysiques, et enfin une tentative de faire surgir en nous de profondes émotions liées à l'enfance. 

Les aspects métaphysiques sont ici assez limités. Il est vaguement question de ce qu'est l'âme, mais le sujet n'est qu'effleuré pour être rapidement remplacé par un ressort plus classique de changement de corps.  Quant aux émotions, qui faisaient tout le sel de Vice versa ou de Toy story par exemple, elles se résument à des poncifs assez éculés : l'amour d'une mère, le don de soi, la peur de mourir. 

La philosophie générale du film se résume à un banal (et un peu niais) "C'est beau la vie, profitons-en", énième revisitation du carpe diem, ce qui est un peu court.

Ces réserves étant faites, le savoir-faire est toujours là. Certaines scènes sont très réussies (celle du coiffeur par exemple), l'animation de l'au-delà est assez originale et les personnages sont globalement sympathiques. Les scènes de musique sont jolies (mais moins réussies que dans Coco), la construction du film habile. L'atmosphère new-yorkaise est particulièrement bien rendue.

Un divertissement honorable, pour moi toutefois en retrait de la moyenne des productions Pixar. 

 

2e

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Les affameurs

Deuxième des cinq westerns ayant réuni James Stewart et Anthony Mann, Les affameurs est une réussite. 

Il faut tout d'abord signaler le formidable décor que constitue l'Oregon, dans lequel est tourné une majorité du film, et en particulier le mont Hood, autour duquel les protagonistes semblent tourner, comme s'il y avait un esprit tutélaire dans cette montagne à la silhouette très particulière de petit mont Fuji.

Le rôle de méchant, joué par l'excellent Arthur Kennedy, est l'autre point fort de ce western rigoureusement classique. Il présente la particularité d'être pendant toute la première moitié du film absolument adorable, alter ego séduisant du gentil joué comme d'habitude par le gracile James Stewart. Les points communs entre ces deux personnages "miroirs"  (un passé identique, un amour partagé, un courage équivalent) donne beaucoup d'intérêt au début du film, et l'intérêt dramatique de l'intrigue est renforcé par le fait qu'ils se sauvent la vie mutuellement plusieurs fois. 

Les affameurs a donc une structure de drame épuré : décors signifiants dans lesquels on sent viscéralement les difficultés rencontrées par le convoi de pionniers, personnages complexes qui finissent par s'opposer dans un conflit fratricide, mise en scène inspirée (quelle séquence époustouflante dans la ville en proie à la fièvre de la ruée vers l'or !).

La deuxième partie, plus conventionnelle, m'a un peu moins plu, même si la poursuite invisible qu'effectue le personnage joué par Stewart a un aspect résolument moderne, et presque fantastique.

Un beau western.


3e

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Le jeu de la dame

Sensation surprise de l'année 2020, la mini-série Netflix consacrée à une jeune prodige des échecs dans les années 50 permet de passer un bon moment.

L'histoire est sympathique, bien qu'archi-rebattue (une vocation et une faiblesse, des apprentissages, des échecs, puis l'atteinte du graal). L'écriture ne brille pas par son originalité, et la réalisation est très sage, avec cet aspect propret et académique qui caractérise les produits Netflix.

Ce qui explique probablement le succès de la série, au-delà de l'aspect exotique du jeu d'échecs, c'est l'incroyable prestation de la jeune actrice Anya Taylor-Joy, qui crève l'écran. C'est peu dire que l'intérêt qu'on éprouve à regarder Le jeu de la dame réside principalement dans sa frimousse d'écureuil, son étude résolue et son allure déliée.

Les scénaristes ont bien aidé Anya Taylor-Joy en affublant son personnage d'une faiblesse qui la rend plus humaine, en développant son personnage dans une optique résolument féministe et en l'entourant d'un casting de seconds rôles exceptionnels, dont l'excellente Chloe Pirrie. Il faut également reconnaître que les décors sont magnifiques, et que les péripéties échiquéennes sont assez bien rendues à l'écran.

Un divertissement sans aspérité.

 

3e

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Hill of freedom

Hill of freedom marque dans la filmographie de Hong Sang-Soo le début d'un travail intense sur la destruction de la trame logique et temporelle de la narration, qui culminera dans ses deux films suivants, Un jour avec, un jour sans, puis plus encore Yourself and yours.

Ici, le montage obéit à un concept ludique assez bien trouvé  : une femme lit une longue lettre, les feuilles tombent dans un escalier et les scènes vont être assemblées dans cet ordre aléatoire. 

Le résultat est stimulant intellectuellement. S'il n'est pas très difficile de "recoller" les différents éléments de l'histoire pour en faire un tout cohérent, le procédé apporte au film une coloration légèrement décalée, qui est très agréable, renforcée par le caractère étrange de certains dialogues métaphysiques (sur le temps par exemple). L'aspect ludique de la construction du film va jusqu'à inclure (si je puis dire) des scènes "manquantes" (comme la bagarre), ou des rêves, pour mieux nous égarer.

Le sujet du film est probablement l'incommunicabilité entre les êtres humains (et surtout entre les hommes et les femmes), comme souvent chez HSS. Tout amène ici les protagonistes à mal se comprendre : le problème de la langue (le personnage principal est japonais et ne parle pas coréen), les malentendus, les occasions manquées, les histoires avortées.

Le cinéma du coréen trouve ici une expression quasiment parfaite dans sa forme : légère comme une fugue de Bach, ne s'encombrant d'aucun effet accessoire, parfaitement maîtrisée dans sa structure dépouillée. Les personnages du film semblent être des mouches se heurtant obstinément à une vitre, et une sorte de nihilisme forcené émane de Hill of freedom

 

3e

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The crown

On peut s'intéresser à la série The crown à trois niveaux différents.

Le premier est le contexte historique de l'Angleterre, et de sa place dans le monde, au fil des années. On découvre ainsi, si on est comme moi assez ignorant sur le sujet, les subtilités de la crise du canal de Suez, la valse des premiers ministres ou le fonctionnement étrange du Commonwealth.

Le deuxième niveau, ce sont bien sûr les anecdotes à propos de la famille royale. La découverte dans ce domaine, c'est que l'histoire des Windsor est plus proche de Détective que de Point de vue. En vrac, dans ce cercle familial élargi, on découvre des cousins nazis, une mère schizofrène nonne dans un monastère orthodoxe, des handicapés mentaux déclarés morts, des alcooliques, des pulsions de mésalliance, des abdications mal digérées, des pervers malfaisants, des troubles psychologiques de différente nature, des intrusions nocturnes, des morts violentes, des adultères en tout genre.

Enfin, le troisième niveau, qui est bien sûr le sujet principal de la série, ce sombre coeur qui palpite en son centre, c'est la royauté, qui justifie tout et n'excuse rien. La série réalise ce prodige de nous faire croire que quelque chose de spécial émane de ce ramassis d'idiots méprisants et d'incapables congénitaux, un mélange d'honneur dont on ne connaît plus le sens, et d'impassibilité éternelle (la reine ne subsiste qu'en en faisant le moins possible).

La réalisation de The crown est typique des productions Netflix : un peu engoncée, très formatée et pour tout dire parfois de mauvais goût. Alors que le plus souvent ces défauts nuisent aux séries concernées (Stranger things, La casa de papel), ils l'enrichissent plutôt ici : les moeurs sont ici immorales, mais elles sont filmées avec une solennité qui colle parfaitement à l'image de la famille royale, mais non à ses pratiques dissolues.

Chaque épisode est centré sur une thématique ou une anecdote et se concentre pratiquement sur ce seul sujet. C'est une écriture très spéciale, qui a peu d'équivalent à ma connaissance dans les séries modernes, et qui donne ce résultat rare de produire des épisodes ennuyeux dont on pourrait se passer, et des chefs-d'oeuvres comme ce sublime épisode 3 de la saison 3, centré sur la catastrophe d'Aberfan au Pays de Galles, digne d'un grand film.

C'est sûrement ce mélange étonnant de profondeur historique, de roman-photo, de film noir et de belles images (les voyages de Philip sont en particulier magnifiquement filmés) qui rend la série si addictive. Le casting est également impérial, Claire Foy et Olivia Coleman en tête. Les spécificités de la saison 4, avec l'introduction de deux personnages majeurs (Margaret Thatcher et Lady Diana), ne modifient en rien ce que je pense de la série.

Un régal.

 

4e

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Concours Un printemps à Hong-Kong : Gagnez 5x2 places

A l'occasion de la sortie en salle de Un printemps à Hong-Kong le 13 janvier, je vous propose de gagner 5 x 2 invitations valables partout en France. 

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : combien de long-métrages le réalisateur a t il rélaisé avant celui-ci ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 8 janvier 20 h.
 
Un tirage au sort départagera les gagnants.

NB : un des cinq lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Gazette du Festival des Arcs 2020

Le Festival des Arcs m'a gentiment donné la possibilité de voir l'intégralité de son programme en ligne, je vais donc me faire une orgie de films jusqu'au 26 décembre. Vous pouvez vous-même regarder des films en ligne, soit en les payant à l'unité (4€), soit en achetant un pass intégral (25€). Pour cela allez sur le site du Festival. A noter que vous pouvez accéder à l'excellente sélection de courts-métrages gratuitement.

Beaucoup de promesses alléchantes dans les différentes section. J'essaierai de voir tous les films en compétition, dont le très attendu Quo vadis, Aida ?, qui a déjà triomphé à Arras.

Allez, c'est parti.

 

12 décembre

Le film d'ouverture, Slalom (4/5), qui devait sortir le 16 décembre, est un premier film au contenu très balisé et linéaire, mais dont la force tient dans l'interprétation de Noé Abita (l'inoubliable Ava, du film éponyme) et de Jérémie Renier, formidables tous les deux. Ce premier film de Charlène Favier, à la mise en scène fluide et acérée, est une franche réussite.  

After love (4/5), premier film du britannique Aleem Khan, est également une oeuvre très solide, qui ouvre dignement la compétition. Sur un sujet un peu rebattu (la découverte de la double vie d'un homme par sa veuve), il réussit à être profondément émouvant, grâce à une interprétation exceptionnelle de l'actrice Joanna Scanlan et à une photographie lumineuse qui magnifie les décors naturels de part et d'autre du Channel. Le film était dans la sélection de la Semaine de la Critique 2020, et on comprend pourquoi.

 

13 décembre

Grosse journée aujourd'hui qui commence avec (encore) un premier film : Preparations to be together for unknown period of time (3/5) de la hongroise Lili Horvat, qu'on a vu actrice dans White god, de Kornell Mundruczo. Une histoire d'amour originale, réalisée classiquement et solidement, servie par une bonne actrice qui est pratiquement de tous les plans : Natasa Stork. La réalisatrice parvient à maintenir son récit tout au long du film sur une étroite ligne de crête, située entre la romance et le suspense psychologique. Une curiosité à découvrir.

J'enchaîne avec The whaler boy (4/5) de Philipp Yuryev. Ce film nous entraîne vers le détroit de Bering, juste en face de l'Alaska. On suit la vie quotidienne d'un adolescent de l'extrême-orient russe, qui fantasme sur une jeune femme qui vend ses charmes sur internet. Sans être révolutionnaire, le film propose une immersion tout à fait dépaysante et pleine de charme dans un endroit du monde qu'on ne voit pas si souvent au cinéma.

Nightlife (3/5) est une comédie allemande de Simon Verhoeven, déjantée et sympathique, qui mêle avec vivacité romance, buddy movie, mafia russe et tableau de la vie nocturne berlinoise, passablement agitée, comme chacun sait. Plaisant, le film change radicalement ma vision du cinéma allemand !

Enfin pour clore cette riche journée Cigare au miel (1/5), de Kamir Aïnouz, est ma première vraie déception. A travers ce portrait d'une jeune fille issue d'une famille bourgeoise, d'origine berbère et laïque, la réalisatrice essaye d'embrasser trop de thématiques : l'éveil à la sexualité, la nostalgie du bled, un tableau des écoles de commerce, le poids des traditions qui justifie un viol. La mayonnaise ne prend pas, et les personnages ne sont ni sympathiques, ni intéressants. Une réalisation insipide au service d'enjeux insignifiants.

14 décembre

Last days of spring (3/5), de Isabel Lamberti, est une fiction tournée dans un bidonville de Madrid, avec des acteurs non professionnels. Ce film attachant nous fait découvrir la vie d'une famille pauvre qui vit dans ce quartier, alors que la maison qu'elle occupe va être démolie. Il se situe à mi-chemin entre fiction et documentaire, et l'intérêt ténu qu'il présente est tout entier contenu dans cette ambiguïté.

Hors compétition, Gaza mon amour (2/5), présenté à Toronto et à Venise, m'a déçu. Il juxtapose deux histoires sans grand rapport (un pêcheur d'un certain âge trouve un bronze antique, et il cherche à se marier avec une femme de son âge qui travaille dans un magasin de vêtement). Le film, plan-plan, est assez roublard pour passer pour le film "qui montre Gaza sous un autre jour", avec tous les attributs du film d'auteur pour festival. Mais aucune émotion n'y circule. 

 

15 décembre

L'affaire collective (4/5) est un formidable documentaire roumain sur le tragique incendie du Colectiv Club, discothèque de Bucarest, et sur la gestion calamiteuse des suites de cet évènement par le gouvernement roumain, qui entraîna sa chute. Même si le sujet peut paraître rébarbatif, le film est passionnant et donne à voir de véritables "justes", politiques et journalistes, filmés au plus près de leur action. Les rebondissements sont dignes d'un synopsis de film de fiction.  

Autre film en compétition, Shorta (3/5) est un film danois qui lorgne du côté de La haine ou des Misérables. On suit un duo de policiers pris dans le piège d'une cité, sans véhicule et sans aide, lors d'un épisode insurrectionnel. C'est prenant, efficace, un poil maladroit par moment mais globalement plutôt réussi. 

 

16 décembre

On pourra reprocher beaucoup de chose au film bosniaque Quo vadis, Aida ? (5/5) : son aspect rouleau compresseur qui ne s'embarrasse pas de fioritures, sa sécheresse accusatrice, sa progression accablante, ses maladresses scénaristiques. Il n'en demeure pas moins que le résultat est d'une efficacité rare et qu'on ne peut qu'être emporté par cette expérience de cinéma, dont le réalisme intransigeant frappe au coeur. 

Avant-dernier film en compétition, Vaurien (4/5), premier film de Peter Dourountzis, montre comment on peut tomber amoureux du pire criminel. Son ton décalé, ses ellipses subtiles, son ambiance agréable et son casting impeccable rendent le film très sympathique, même si son synopsis peine un peu à tenir la distance d'un long-métrage. Pierre Deladonchamps est fantastique et c'est un énorme plaisir de retrouver Ophélie Bau aussi rayonnante que dans Mektoub, my love. Le film fait partie de la sélection Cannes 2020 et sort en janvier.

 

17 décembre

Le dernier film de la compétition est pour moi un pensum un peu barbant. Apples (2/5) est le prototype du film mené par l'intellect plutôt que par le coeur ou les yeux. On y suit l'itinéraire d'un homme touché par une mystérieuse maladie épidémique qui rend ses victimes amnésiques. Dans un décor grisâtre, notre homme, qui ne sourit jamais, suit un traitement expérimental qui consiste à vivre sa vie... en la prenant en photo.

Le réalisateur, Christos Nikou, fait partie de la nouvelle vague du cinéma grec ayant émergé dans les années 2010. Il a été assistant réalisateur sur Canine de Lanthimos, mais il n'a pas la nervosité joueuse de ce dernier, et on s'ennuie beaucoup en regardant son premier film, par ailleurs intéressant dans sa conception et sa réalisation. Encore un film de festival typique (Telluride, Venise, Toronto). 

Le dernier film vu ne marquera pas les esprits. Thou shalt not hate (2/5) de l'italien Mauro Mancini est fondé sur une fausse bonne idée : un médecin juif ne fait pas les gestes qui sauvent quand il découvre que son patient a une croix gammée tatouée sur la poitrine. Le film est fastidieux, multiplie les pistes sans en choisir aucune, et au final est assez ennuyant. Cela m'étonnerait qu'il soit diffusé en France.

 

Palmarès

Le palmarès me convient parfaitement, les films qui m'ont le plus plu sont récompensés (à l'exception de Vaurien) :

Flèche de cristal et Prix du public : Quo vadis, Aida ?
Grand prix du jury : The whaler boy
Prix d'interprétation : Natasa Stork dans Preparations to be together for an unknown period of time et toute la famille Gabarre Mendoza dans Last days of spring
Prix de la meilleure musique : Chris Roe pour After love
Prix de la meilleure photographie : Alexander Nanau pour L'affaire collective

 

A l'année prochaine !

 

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Concours Antigone : Gagnez 2 DVD (Terminé)

A l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 2 exemplaires du DVD du film de Sophie Deraspe, Antigone.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : de quelle nationalité est la réalisatrice 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 18 décembre 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des deux DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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La femme est l'avenir de l'homme

La femme est l'avenir de l'homme suit dans la filmographie de Hong Sang-Soo son manifeste de jeunesse, Turning gate.

Il reprend une partie des thèmes du film précédent (trio amoureux, femmes très entreprenantes sur le plan sexuel, spleen généralisé chez les hommes), sur un mode un peu moins dense et poétique.

La femme est l'avenir de l'homme est un Hong Sang-Soo très léger dans sa structure. Le film est court, avance rapidement et parfois même abruptement, ose des flashbacks qui éclairent brillamment le présent, et propose mêmes des scènes imaginées par les personnages. Il annonce ainsi nombre des films suivants, dans lesquels la trame temporelle sera malmenée avec une apparente désinvolture par le cinéaste.

Le film est aussi un des plus pessimiste de HSS. Pas beaucoup d'espoir dans la quête minable menée par ces deux hommes amoureux de la même femme, qui vivent nombre de situations embarrassantes tout au long du film.  Une fois retrouvée, la dite femme s'avère à la fois charmante et insaisissable, s'offrant curieusement et sans engagement aux deux jeunes hommes. La narration du film est d'une grande liberté, et le décor romantique de Séoul enneigé (qui sera magnifié plus tard dans Matins calmes à Séoul) forme un écrin parfait à ce film d'une grande noirceur.

Un bon cru.

 

3e

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Turning gate

Ce quatrième film de Hong Sang-Soo suit la trilogie initiale qui fit connaître le cinéaste coréen en France, et marque la mise en place des grands thèmes que HSS va ensuite développer durant toute sa carrière.

Nous avons donc ici des hommes qui cherchent l'amour, des femmes séduisantes et insaisissables, un simulacre d'amitié, des phrases qui se répètent dans la bouche de plusieurs personnages, des scènes de beuverie et de restaurant, des allusions sexuelles directes, des artistes plus ou moins ratés, des coïncidences, des situations qui rendent mal à l'aise, des défauts de mémoire, des objets symboles et un récit en deux parties.

Les seuls éléments vraiment nouveaux qui apparaîtront dans la suite de la filmographie de Hong Sang-Soo seront les déformations de la trame temporelle de la narration, complètement inexistantes ici.

Dans ce film fondateur de la grande période classique du coréen, on suit la trajectoire d'un beau personnage masculin, Gyung-Soo, qui promène sa grande carcasse dans la campagne coréenne : une vraie curiosité pour le coup, puisque Séoul est le théâtre habituel utilisé par HSS. Il rend visite à un ex-ami, couche avec la petite copine de celui-ci qui le manipule, rencontre ensuite une fille avec qui il était au collège et dont il ne souvient plus, en tombe amoureux, et se fait larguer.

On voit que tout cela n'est pas très gai, et l'acteur Kim Sang-Kyung interprète à merveille ce pauvre gars à la fois maladroit et poète (très jolie scène où il écrit une déclaration posée dans la rue à l'aide d'un kaki).

Turning Gate est une très bonne introduction à l'univers de Hong Sang-Soo, donnant à voir à la fois l'incroyable habileté du réalisateur à saisir les plus petits mouvements de l'âme, et sa capacité à parfois égarer le spectateur dans les méandres de plans plus ou moins utiles. Le film est à cet égard remarquablement long pour un HSS (1h55) : il semble rempli à ras bord des intentions de son réalisateur.

 

3e

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Mank

Mank souffre d'un trop-plein.

Trop de plans, trop de dialogues, trop de sous-entendus, trop d'intentions.

Quand le personnage de Mank cite approximativement Blaise Pascal : "Je n'ai fait cette lettre-ci plus longue que parce que je n'ai pas le loisir de la faire plus courte " (Les Provinciales) on a vraiment envie de dire à Fincher qu'il pourrait pu lui-même abréger. Après tout, il a eu six ans depuis Gone girl pour préparer ce film.

Certes, comme d'habitude, la mise en scène est propre, voir virtuose. Fincher essaye de retrouver la qualité des films hollywoodiens du passé : on a donc le droit à des trucages à l'ancienne, une musique et un générique rétros, un noir et blanc de circonstance (un peu sombre à mon goût) et divers tics qui démontrent l'inutile méticulosité du réalisateur (des défauts qui singent l'ancien usage des bobines de pellicule par exemple).

Les dialogues fusent, les plans aussi, les flashbacks se multiplient dans une intrication parfois néfaste à la dramaturgie du film, et les références se multiplient. A moins d'être un fin connaisseur de la vie politique américaine et du Hollywood des années 40, on est souvent un peu perdu, par exemple dans la constitution de l'actionnariat de la MGM.

Bien sûr, les à-côtés du film ravissent les critiques : les différents parallèles qu'on peut faire (ou pas) entre la situation de Fincher père / Fincher fils et Fincher / Welles sont intéressants pour la petite histoire du cinéma, mais ne rendent pas le film plus agréable ou plus profond.

Si finalement le dernier film de David Fincher n'est pas complètement ennuyeux, c'est principalement grâce à l'interprétation de Gary Oldman, bien que ce dernier me paraisse nettement trop vieux pour son personnage.

Le film est impressionnant techniquement et suffisamment bien fabriqué pour générer un minimum d'intérêt, mais aucune véritable émotion n'affleure à sa vision. 

David Fincher sur Christoblog : The game  - 1997 (**) / Panic room - 2002 (***) / L'étrange histoire de Benjamin Button - 2008 (***) / The social network -2010 (**) / Millenium - 2011 (**) / Gone girl - 2014 (**) / Mindhunter - 2017 2019 (***)

 

2e

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Petite fille

A voir sur Arte.tv

Comme dans ses films précédents, Sébastien Lifshitz déploie ici ses incroyables qualités de documentariste, qui lui permettent de s'immiscer avec une facilité fascinante dans l'intimité de ses sujets. 

Petite fille n'a certes pas l'ampleur d'Adolescentes qui s'étendait sur plusieurs années et s'infiltrait dans plusieurs milieux, mais il constitue une sorte de perle qui synthétise l'art de Lifshitz : de la patience, du respect, un sens affirmé du montage, un talent aigu pour concentrer les émotions dans les caractéristiques d'un plan (choix du cadre, de la durée, de la focale, des lieux et des objets filmés).

Le propos de Petite fille n'est pas militant. Il expose une situation particulière, sur laquelle la pédo-psychiatre pose d'ailleurs des mots simples et éclairants, avec un tact renversant. La vie de Sasha est simplement montrée, et ne peut entraîner aucun débat tellement l'exposition des faits est objective et factuelle. 

On mesure pleinement la souffrance de Sasha, au travers certaines scènes bouleversantes, alors que sa famille est une merveille de bienveillance et d'équilibre : Petite fille nous fait ainsi mesurer avec éclat quel enfer ce serait pour elle de grandir dans un milieu qui la rejetterait, ce qui doit malheureusement arriver bien souvent.

A voir absolument. 

Sébastien Lifshitz sur Christoblog : : Les invisibles - 2012 (***) / Adolescentes - 2020 (****)

 

3e

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Spécial confinement : les films qui ont obtenu la note maximale sur Christoblog (et comment les voir)

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Mode d'emploi : la plupart des films cités ci-dessous sont disponibles en DVD ou en achat VOD. Les indications entre parenthèses indiquent les possibilités de voir ces films gratuitement ou en location pour un prix généralement inférieur à 3 euros. Les films ne sont pas classés par ordre de préférence. Il y a une seule entrée par réalisateur.

Un simple clic sur le titre vous amène à la critique du film sur Christoblog.

Premier confinement (17 mars / 11 mai 2020)

Jour 1 - Moonlight / Barry Jenkins - 2016 (Netflix, Orange VOD)
Jour 2 - Ajami / Scandar Copti et Yaron Shani - 2010 (Canal VOD)
Jour 3 - Leviathan / Andrey Zvyagintsev  - 2014 (Orange VOD, Canal VOD)
Jour 4 - Les chansons que mes frères m'ont apprises / Chloé Zao - 2015 (Orange VOD, MyTF1 VOD et FilmoTV)
Jour 5 - Toni Erdmann / Maren Ade - 2016 (Rakuten TV)
Jour 6 - Whiplash / Damien Chazelle - 2014 (Netflix, Orange VOD et beaucoup d'autres)
Jour 7 - La vie d'Adèle / Abdellatif Kechiche - 2013 (Netflix, Orange VOD et beaucoup d'autres)
Jour 8 - Holy motors / Leos Carax - 2012 (Orange VOD et Rakuten TV)
Jour 9 - Burning / Lee Chang-Dong - 2018 (FilmoTV et Canal VOD)
Jour 10 - Les chansons d'amour / Christophe Honoré - 2007  (MyTF1 VOD et Bbox VOD)
Jour 11 - Winter sleep / Nuri Bilge Ceylan - 2014 (Orange VOD et MyTF1 VOD)  
Jour 12 - Parasite / Bong Joon-Ho - 2019 (sur toutes les plateformes, ou presque)
Jour 13 - Portrait au crépuscule / Anguelina Nikolova - 2012 (Orange VOD)
Jour 14 - Une séparation / Asghar Farhadi - 2011 (Prime Video)
Jour 15 - Mommy / Xavier Dolan - 2014 (Orange VOD, MyTF1 VOD et beaucoup d'autres)
Jour 16 - Bright star / Jane Campion - 2010 (Orange VOD, MyTF1 VOD et beaucoup d'autres)
Jour 17 - Boyhood / Richard Linklater - 2014 (Orange VOD, MyTF1 VOD)
Jour 18 - Fish Tank / Andrea Arnold - 2009 (Prime Video)
Jour 19 - Un conte de Noël / Arnaud Despleschin - 2008 (Netflix, MyTF1 VOD)
Jour 20 - Vincere / Marco Bellochio - 2009 (FilmoTV)
Jour 21 - Au-delà des montagnes / Jia Zhangke - 2015 (Orange VOD, FilmoTV)
Jour 22 - Julieta  / Pedro Almodovar - 2016 (Prime Video)
Jour 23 - 4 mois, 3 semaines, 2 jours / Cristian Mungiu - 2007 (Netflix)
Jour 24 - Detroit / Kathryn Bigelow - 2017 (Apple TV)
Jour 25 - A la folie / Wang Bing - 2015 (Orange VOD)
Jour 26 - Une affaire de famille / Hirokazu Kore-Eda - 2018 (sur toutes les plateformes, ou presque)
Jour 27 - Paradis : amour / Ulrich Seidl - 2013 (Orange VOD)
Jour 28 - Oslo, 31 août / Joachim Trier - 2012 (Orange VOD, Canal VOD, Rakuten TV)
Jour 29 - La vie moderne / Raymond Depardon - 2008 (Orange VOD)
Jour 30 - Le décalogue / Krzystof Kieslowski - 1988 (Tu ne tueras point est visible sur Orange VOD)
Jour 31 - Mysterious skin / Gregg Araki - 2005 (Prime Video)
Jour 32 - Une femme coréenne / Im Sang-Soo - 2005 (pas de possibilité de le voir en VOD...)
Jour 33 - So long, my son / Wang Xiaoshuai - 2019 (sur toutes les plateformes, ou presque)
Jour 34 - Le fils de Saul / Laszlo Nemes - 2015 (Orange VOD, MyTF1 VOD et beaucoup d'autres)  
Jour 35 - Harmonium / Koji Fukada - 2017 (Orange VOD, FilmoTV)
Jour 36 - Mia miadre / Nanni Moretti - 2015 (Orange VOD, MyTF1 VOD)
Jour 37 - Wadjda / Haifaa Al-Mansour - 2013 (Arte)
Jour 38 - Moonrise kingdom / Wes Anderson - 2012 (Orange VOD, MyTF1 VOD)
Jour 39 - Her / Spike Jonze - 2014 (OCS)
Jour 40 - Lenny / Bob Fosse - 1975 (Apple)
Jour 41 - Pieta / Kim Ki-Duk - 2013 (Filmo TV)
Jour 42 - Pelo melo / Mariana Rondon - 2014 (Orange VOD, Rakuten TV)
Jour 43 - Elle / Paul Verhoeven - 2016 (Orange VOD et beaucoup d'autres)
Jour 44 - Nebraska / Alexander Payne - 2014 (Filmo TV, Orange VOD)
Jour 45 - Béliers / Grimur Hakonarson - 2015 (Orange VOD)
Jour 46 - Le temps d'aimer et le temps de mourir / Douglas Sirk - 1959 (Pas d'offre en streaming)
Jour 47 - Blade runner / Ridley Scott - 1982 (OCS, Canal+)
Jour 48 - Tesnota / Kantemir Balagov - 2018 (Orange VOD, Canal VOD)
Jour 49 - Ma vie de courgette / Claude Barras - 2016 (MyTF1 VOD, Filmo TV)
Jour 50 - Snow therapy / Ruben Ostlund - 2015 (Prime Video)
Jour 51 - Summer wars / Mamoru Hosoda - 2010 (Canal+)
Jour 52 - Head on / Fatih Akin - 2004 (Orange VOD)
Jour 53 - Shokuzai / Kiyoshi Kurosawa - 2012 (MyTF1 VOD, Filmo TV)
Jour 54 - Mystères de Lisbonne / Raoul Ruiz  - 2010 (Orange VOD)
Jour 55 - Amador / Fernando Leon de Aranoa - 2012 (Orange VOD)
 
Second confinement (30 octobre 2020 / 14 décembre 2020)
 
Jour 1 - Taxi Téhéran / Jafar Panahi - 2015 (Prime Video)
Jour 2 - 9 mois ferme / Albert Dupontel - 2012 (Orange VOD et beaucoup d'autres)
Jour 3 - Les nouveaux sauvages / Damian Szifron - 2014 (Orange VOD, Filmo TV et d'autres)
Jour 4 - Into the abyss / Werner Herzog - 2011 (Orange VOD)
Jour 5 - Heimat / Edgar Reitz - 2013 (Mubi)
Jour 6 - Une chambre en ville / Jacques Demy - 1982 (Netflix, La Cinetek)
Jour 7 - Sur mes lèvres / Jacques Audiard - 2001 (Prime Video)
Jour 8 - L'homme qui tua Liberty Valance / John Ford - 1962 (Orange VOD)
Jour 9 - Premier contact / Denis Villeneuve - 2016 (Netflix)
Jour 10 - Chat noir, chat blanc / Emir Kusturica - 1998 (Netflix)
Jour 11 - Birdman / Alejandro Gonzalez Iñarritu - 2015 (Netflix)
Jour 12 - La terre et l'ombre / César Acevedo - 2015 (Orange VOD)
Jour 13 - Diamond island / Davy Chou - 2016 (en DVD uniquement)
Jour 14 - A beautiful day / Lynne Ramsay - 2017 (Canal+)
Jour 15 - Le lac aux oies sauvages / Diao Yinan - 2019 (Canal+)
Jour 16 - Suzanne / Katell Quillévéré - 2013 (Orange VOD)
Jour 17 - Fighter / David O. Russel - 2010 ( Orange VOD et d'autres)
Jour 18 - Cold war / Pawel Pawlikowski - 2018 (Arte)
Jour 19 - 3 billboards, les panneaux de la vengeance / Martin McDonagh - 2017 (Orange VOD et d'autres)
Jour 20 - Polisse / Maïwenn - 2011 (Filmo TV)
Jour 21 - Django unchained / Quentin Tarantino - 2012 (Netflix)
Jour 22 - Visages, villages / Agnès Varda et JR - 2016 (Filmo TV et d'autres)
Jour 23 - Rebelle / Kim Nguyen - 2012 (Orange VOD)
Jour 24 - Grâce à Dieu / François Ozon - 2019 (Rakuten TV et d'autres)
Jour 25 - La grande belleza / Paolo Sorrentino - 2013 (Prime Video et Filmo TV)
Jour 26 - L'épouvantail / Jerry Schatzberg - 1973 ( Filmo TV et La Cinetek)
Jour 27 - L'exercice de l'état / Pierre Schoeller - 2011 (Orange VOD)
Jour 28 - Sils Maria / Olivier Assayas - 2014 (OCS, Canal+ et Prime Video)
Jour 29 - Mademoiselle / Park Chan-Wook - 2016 (Orange VOD et beaucoup d'autres)
Jour 30 - Restless / Gus Van Sant - 2011 (Orange VOD et beaucoup d'autres)
Jour 31 - Violeta / Andrés Wood - 2012 (Orange VOD et UniversCiné)
Jour 32 - Winter's bone / Debra Granik - 2011 (Orange VOD et beaucoup d'autres)
Jour 33 - Climax / Gaspar Noé - 2018 (Orange VOD, Filmo TV et d'autres)
Jour 34 - A ciambra / Jonas Carpignano - 2017 (Canal VOD et d'autres)
Jour 35 - Control / Anton Corbijn - 2007 (Apple TV)
Jour 36 - Charlie et la chocolaterie / Tim Burton - 2005 (Netflix et beaucoup d'autres)
Jour 37 - Tomboy / Céline Sciamma - 2011 (Orange VOD et d'autres)
Jour 38 - Femmes du Caire / Yousry Nasrallah - 2010 (Orange VOD)
Jour 39 - A most violent year / JC Chandor - 2014 (Canal+)
Jour 40 - Gloria mundi / Robert Guédiguian - 2019 (Orange VOD et beaucoup d'autres)
Jour 41 - Un grand voyage vers la nuit / Bi Gan - 2018 (Orange VOD, Filmo TV et d'autres)
Jour 42 - Charlie et la chocolaterie / Tim Burton - 2005 (Netflix, Apple TV et d'autres)
Jour 43 - Morse / Tomas Alfredson - 2008 (Orange VOD)
Jour 44 - Bethléem / Yuval Adler - 2013 (Google play et d'autres)
Jour 45 - Dogman / Matteo Garrone - 2018 (Google play, Orange VOD et beaucoup d'autres)
Jour 46 - La communion / Jan Komasa - 2020 (Orange VOD et beaucoup d'autres)
 
 
A bientôt dans les salles...
 

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Poitiers Film Festival 2020

Cette année, Covid oblige, le sympathique Poitiers Film Festival, consacré à la jeune création, se déroule en ligne. Vous pouvez voir tous les films gratuitement en vous connectant sur le site du Festival.  

Au programme, comme chaque année, une ribambelle de courts-métrages de fin d'études, documentaire ou fiction, dans lesquelles se cachent peut-être un futur grand réalisateur. Le Festival a ainsi découvert Asif Kapadia, Franco Lolli ou Léo Karman, auteur du très bon La dernière vie de Simon

Il est toujours agréable de voyager à travers le monde et les genres, au travers les petites capsules de 3 à 30 minutes qui sont proposées. Vous passerez ainsi potentiellement d'un joli film d'animation français tendrement agité (A l'Ouest / Jérémie Cousin / La poudrière / 4 minutes) à un scène de vie dans un bus qui rend très mal à l'aise (22:47 Linie 34 / Michael Karrer / Zurich University / 10 minutes).

Le Festival propose également cinq longs-métrages.

J'ai pu visionner le film de l'uruguayen Alex Piperno, Chico ventana tambien quisiera tener un submarino (3/5). Ce film, présenté à la dernière Berlinale dans la section Forum, est aussi bizarre que son nom à rallonge, dont on imagine qu'il a du rendre fous les producteurs et distributeurs du film.

Le principe est aussi vieux que le fantastique. Des portes relient magiquement des endroits différents : une cabane qui apparaît soudainement près d'un petit village aux Philippines, un appartement où se trouve une jeune fille dans une grande ville sud-américaine et la soute d'un paquebot en croisière en Patagonie.

L'approche est ici à la fois naturaliste et minimaliste. Le film n'explique rien, ne détaille pas le passé ou les sentiments des protagonistes, étonnamment peu curieux, qui franchissent ces portes. C'est un peu figé et conceptuel, mais Piperno arrive pourtant à générer dans ses plans une ambiance poétique dotée d'un charme certain, et même par instant captivante. Original et prometteur.

 

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Kaili blues

Acclamé par le Festival de Locarno où il a reçu en 2015 le Léopard d'or, puis à Nantes, où le Festival des 3 continents lui décerna la Montgolfière d'or, le premier film de Bi Gan est une oeuvre de première importance.

Avant d'en dire plus, il faut évoquer la structure très particulière du film : 1h de plans réalistes zébrés de flashbacks intrigants et de plans oniriques, puis un long plan séquence comme en apesanteur, dans lequel la réalité semble irriguée par le rêve, avant une conclusion plus traditionnelle.

Kaili blues est un sujet de réflexion inépuisable, et on peut revoir le film plusieurs fois, tellement l'intrication magique des trajectoires et des thèmes est complexe. La construction du film est brillante à un point qui force le respect. Quant au plan séquence, qui mêle le passé, le présent et le futur, il nous emmène en moto, en voiture, chez le coiffeur, en bateau, sur un pont, dans un magasin, chez une tailleuse et à concert de rock avec la même maestria souveraine. C'est une capsule de temps et d'émotion enchâssée dans le film. Le tout est magnifié par une belle photographie et comprend plusieurs plans d'anthologie, dont le dernier du film, saisissant.

Tout ce que j'écris à propos du premier film de Bi Gan, je l'ai écrit avec encore plus de force à propos de son deuxième film, construit exactement sur les mêmes principes, le sublime Un grand voyage vers la nuit.

Bi Gan sur Christoblog : Un grand voyage vers la nuit - 2018 (****)

 

3e

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Gazette du Festival des 3 continents 2020

 

21 novembre

Premier jour du Festival en direct de mon canapé, via le site Festival Scope. Mon voyage commence à Lagos, avec le joli film Eyimofe (This is my desire) (4/5) de Arie et Chuko Esiri. On suit un homme qui veut partir en Espagne, et une jeune femme, qui souhaite rejoindre l'Italie avec sa soeur enceinte. Le film est sobre et convaincant, doté d'une photographie qui magnifie les couleurs africaines. Le tableau de la vie dans la capitale nigériane est prenant. Une réussite qui a écumé les festivals du monde entier cette année (Berlin, Londres, Vienne, Sao Paulo) et marque sans conteste l'avènement de deux réalisateurs d'importance.

Le Festival propose, lors de séances publiques sur Festival Scope, une rétrospective de plusieurs films qui ont marqué son histoire en remportant la plus haute récompense. J'enchaîne donc avec Les derniers jours d'une ville (3/5) de l'égyptien Tamer El Saïd, Montgolfière d'Or 2016. Il s'agit d'une fiction qui se donne tous les aspects de l'auto-fiction. On suit un cinéaste qui ne parvient pas à terminer un film, alors que sa mère se meurt et que sa copine quitte l'Egypte. Très construit, ce film élégiaque et mélancolique, dont la fabrication s'est étendue sur dix ans, est un beau portrait du Caire, saisi juste avant le printemps arabe.

En soirée, je retrouve le prolifique Hong Sang-Soo,pour la Montgolfière d'Or 2014, Hill of freedom (4/5).  Le film est de l'essence de HSS à l'état pur : 66 minutes de marivaudages rohmérien teintés de métaphysique et générant une infinité de réflexion sur la vie et le cinéma, le tout dans un style hyper-minimaliste. 

 

22 novembre

Direction l'Argentine pour le premier film de la journée, en compétition. Le documentaire Las ranas (1/5) nous fait découvrir le quotidien d'une jeune femme qui rend visite à son gars en prison. C'est glauque et très cru, assez pauvrement mis en scène, et sans grand intérêt. Le réalisateur, Edgardo Castro, est un des acteurs du film fleuve La flor.

Fin du week-end en Azerbaïdjian, avec un autre des films en compétition : Bilesuvar (2/5) d'Elvin Adiguzel. On suit successivement l'itinéraire de cinq personnes qui n'intéragissent pas entre elles. Cette succession de vignettes dessine un tableau de la vie dans ce district reculé d'Asie Centrale, à travers les rêves et les difficultés rencontrés par chacun. Le film, sans démériter (belle image et acteurs attachants), ne parvient toutefois pas à captiver, du fait du caractère anecdotique de ces tranches de vie.

 

23 novembre

Montgolfière d'or (et Léopard d'or à Locarno) 2015, Kaili blues (4/5) mérite sans conteste son statut de film culte.

Le premier film de Bi Gan commence comme beaucoup de films chinois contemporains : un réalisme grisâtre, une narration assez peu alerte et légèrement déstructurée. La première partie est donc est assez quelconque, même si l'intérêt est maintenu par des plans intrigants (qu'on comprendra plus tard être des flashbacks) et certaines incises poétiques foudroyantes de beauté (un train qui surgit dans un appartement miteux, une horloge dessinée dont les aiguilles se mettent à tourner). Et tout à coup, un plan séquence de 41 minutes surgit, incroyable voyage initiatique dans le temps et l'espace, préparé par la première heure du film. Ce procédé, d'une beauté sidérante, sera repris avec encore plus de maestria dans son deuxième film, le splendide Un long voyage vers la nuit. Il est rare d'avoir aussi nettement la sensation d'assister à la naissance d'un cinéaste majeur.

 

25 novembre

Ce soir j'ai regardé Days (2/5) de Tsai Ming-Liang, qui n'est pas sorti en salle (on comprend pourquoi) et n'a été visible que sur Arte.

Le cinéaste taïwanais pousse ici à ses extrémités son cinéma, de plus en plus en intellectuel. Days est une succession de très longs plans fixes montrant souvent des personnages immobiles, dépouillé de tout enjeu narratif, totalement muet, exposant deux solitudes qui vont se croiser le temps d'un rapport sexuel tarifé. Le film durerait probablement de l'ordre de dix minutes, si chacun de ses plans était "normal" : il constitue donc un exercice (un peu vain) d'étirement d'une durée aléatoire. Le résultat n'est pas totalement inintéressant, mais relève plus de l'art contemporain que du cinéma. Contrairement à nombre de critiques, je n'ai ressenti aucune émotion en le regardant et si certains plans sont très beaux, je trouve que c'est loin d'être le cas de tous. Une expérience qui nécessite patience et sous-textes.

28 novembre

Très joli documentaire vu aujourd'hui : Makongo (4/5), d'Elvis Sabin Ngaibino. Le film, très doux, suit deux pygmées de République Centrafricaine, André et Albert, qui vendent des chenilles comestibles au marché de Bangui pour financer l'inscription à l'école d'enfants de leur village.

Tout est agréable dans ce film : le découpage resserré, la mise en valeur de la personnalité si attachante des deux personnages principaux, la beauté des images, l'intensité de certaines scènes (le décès du bébé, les premières leçons, le tirage au sort final), la violence du racisme dont semblent victimes les pygmées. Il faut espérer que le film trouve le chemin des salles, ce qui n'est pas certain. 

 

29 novembre

Découverte d'un futur grand réalisateur, le mongol Byamba Sakhya, dont j'ai pu voir aujourd'hui le très bon Bedridden (4/5), en compétition.

Le film est d'abord d'une beauté époustouflante, avec son noir et blanc très contrasté, sa mise en scène maîtrisée, et ses acteurs et actrices très cinégéniques. Le propos du film, dans ses dialogues comme dans l'entrelacement des histoires, rappelle la distanciation de Hong Sang-Soo, avec ici en plus un talent spécifique à créer des ambiances très différentes suivant les époques et les milieux sociaux.

Une réussite majeure qui en appelle d'autres. 

 

Palmarès 2020

Deux montgolfières d'or ex-aequo décernées cette année. La première décernée au film coréen Moving on, de la coréenne Yoon Dan-Bi, précédé d'une très flatteuse réputation depuis sa projection au festival de Busan. La seconde au documentaire Zero, de Kazuhiro Soda, un documentaire sur le départ en retraite d'un psychanalyste.

Une mention spéciale a été attribuée à l'affreux Las ranas, dont je disais le pire ci-dessus. 

 

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