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Christoblog

Articles avec #leonardo dicaprio

The revenant

Iñárritu est doué, quand il s'agit d'emballer une scène sur un tempo d'enfer en immergeant le spectateur dans ce qui ressemble vraiment beaucoup à la réalité.

A ce titre, l'attaque initiale du camp, la rencontre avec l'ours et quelques autres scènes sont de véritables morceaux de bravoure.

Si le film s'était cantonné à un manuel de survie en milieu hostile, sec et précis, il aurait probablement plus captivé. L'ajout inutile du personnage du fils (qui n'existe pas dans le livre) et le salmigondis pseudo mystique que constituent les visions du héros tendent à dévaloriser le film, qui ne sait plus trop où se situer : à mi-chemin entre un documentaire aux belles images type National Geographic et une errance spirituelle à la Malick des mauvais jours.

Du coup, l'épreuve est beaucoup trop longue (2h40 qui durent, qui durent), d'autant plus que The revenant se résume à son contenu programmatique, qu'on connaît en entrant dans la salle : un homme survit et se venge.

DiCaprio ne m'a pas fait forte impression : porter un maquillage de scarifié et rouler des yeux en mangeant du foie cru ne fait pas un grand acteur. J'ai trouvé par contre les autres personnages de trappeurs excellents, notamment le méchant, parfaitement joué par Tom Hardy.

Le cinéma d'Iñárritu ne se réalise au final peut-être que dans la performance ébouriffante, comme c'était le cas dans Birdman. La demi-mesure semble lui être interdite.

Iñárritu sur Christoblog : Birdman (****)

 

2e

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Le loup de Wall Street

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/611/21061133_20131126165415897.jpgBien sûr, il y a des airs de déjà vu dans Le loup de Wall Street qui empêchent de considérer le film comme une réussite absolue.

La fantaisie débordante de Di Caprio rappelle celle qui était la sienne dans Catch me if you can, son ascension rappelle celle des mafiosi des Affranchis, ses addictions maladives celles d'Aviator, etc. Les bimbos renvoient à Springbreakers, la nébulosité des transactions financières à Margin call, la bêtise de certains protagonistes et l'argent facile allié à la critique d'une certaine Amérique à No pain no gain : le dernier Scorsese est une somme qui récapitule une année - et peut-être même une décennie - de cinéma américain.

Tout y est assez merveilleusement agencé. Leonardo Di Caprio est a proprement parler étourdissant, utilisant tous les registres possible de l'acteur, et multipliant les morceaux de bravoures (les harangues à ses troupes sont toutes des séquences d'anthologie), tandis que Scorsese semble au sommet de sa forme, utilisant tous les procédés connus de mise en scène et se permettant quelques fantaisies (la Ferrari qui change de couleur parce que la voix off avoue s'être trompé).

Les sous-textes du film sont riches et complexes, et pourraient donner lieu à de multiples digressions : rêve américain dévoyé, bulle financière, libre entreprise contre mépris du consommateur, hédonisme contre sobriété, drogue comme dopant de la créativité, place des femmes aux USA, etc...

Le film est monté superbement, nous entraînant dans un tourbillon qui fait paraître les trois heures bien courtes même si le film connaît un tout petit coup de mou vers le milieu, et une fin légèrement décevante.

Un excellent moment de cinéma au final.

 

4e

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Django unchained

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/19/54/20376343.jpgIl m'est arrivé d'avoir la dent dure envers Tarantino, dont les premiers films m'avaient enthousiasmé, mais dont les derniers m'avaient plutôt déçu.

C'est donc avec une sorte de placide jubilation, si je peux me permettre cet oxymore, que je conseille Django à tous les amateurs de bon cinéma ET de divertissement haut de gamme.

Il n'y a en effet rien à jeter dans les 2h44 que propose Tarantino. Le scénario (à mon avis un des gros points faibles d'Inglorious Basterds), est ici parfaitement maîtrisé sur la durée : à la fois simple (une histoire de vengeance, comme d'habitude) et en même temps assez subtil, par les différentes pistes ouvertes et par ses ultimes rebondissements. Le film dresse un tableau glaçant et complexe de la condition des Noirs dans le Sud des Etats-Unis, à la veille de la Guerre de Sécession. Tarantino y va tellement fort dans ses scènes d'action et ses caricatures, que certains (Spike Lee par exemple) ont jugé le film raciste. Il me semble pour ma part que ce qui est montré est souvent ambigu (les relations du maître et de son viel esclave par exemple) et jamais complaisant, sauf peut-être dans la scène du combat de mandingues, qui m'a un peu troublé.

Deuxième point d'excellence du film, ses acteurs, tous prodigieux, avec une mention spéciale à Christoph Waltz, dont les phrases à la fois précieuses et précises sont autant de friandises à déguster. DiCaprio s'affirme excellent acteur, Jamie Foxx montre une vraie personnalité et fait évoluer son personnage tout au long du film, Samuel L.Jackson est époustouflant. Seul bémol : j'ai trouvé Tarantino acteur un ton en-dessous de ses collègues.

La bande-son est parfaite (comme toujours chez Tarantino), les décors à la fois somptueux et réalistes, et le film dispense quelques scènes qui deviennent instantatément cultes, comme l'attaque façon Ku Klux Klan, hilarante, et qui retrouve la verve non-sensique des Monty Python.

Tarantino distille enfin tout au long du film quelques variations sur des thèmes que les cinéphiles acharnés pourront commenter à l'infini : le rouge et le blanc, voir et être vu, croire et tromper.

Au final, avouons-le, un moment  de plaisir quasiment irrésisitible.

Quentin Tarantino sur Christoblog : Inglorious basterds

 

4e 

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Inception

Joseph Gordon-Levitt. Warner Bros. FranceDifficile pour moi de me faire une idée bien arrêtée sur ce film.

Le début est intéressant, exposant une idée assez stimulante : il est possible de pénétrer dans l'esprit des gens lors de leur rêve, et d'y voler des secrets. Il est également possible, bien que beaucoup plus difficile, d'y déposer des idées. Les scènes de rêve sont filmées comme dans la réalité, et les personnages y jouent leur propre rôle, procédé qui permet quelques retournements intéressants du genre : "ce que vous voyez n'est pas ce que vous croyez".

A partir de ce schéma, Christopher Nolan bâtit une oeuvre volontairement complexe en y insérant :

- une histoire d'amour compliquée entre son héros et sa femme qui ont partagé des moments intenses dans un monde de rêve, jusqu'à une tragédie dont je ne parlerai pas

- une escalade dans les rêves "emboités" (je rêve que je rêve que je rêve...) vertigineuse : jusqu'à 4 niveaux

- le concept assez nébuleux de Limbes (quand on meurt dans un rêve, mais seulement dans certaines conditions, on erre dans une zone indécise pendant un temps ... incertain)

L'impression est que la machine s'emballe dans une explosion de créativité non maîtrisée, un peu comme dans Lost par exemple, ou dans la série des Matrix. Nolan semble rêver pouvoir donner son 2001, l'Odyssée de l'Espace ET son Eyes wide shut EN MEME TEMPS, ce qui n'est évidemment pas possible.

Di Caprio peut enchaîner pépère des mimiques déjà exploitées dans Shutter Island : amour tragique, remords éternels, culpabilité, doute sur la réalité qui l'entoure...

On ne peut que relever la grosse balourdise de l'approche typiquement US de la psychanalyse et de l'inconscient : les secrets y sont enfermés dans des coffres (!) les réactions de défense de l'inconscient se matérialisent dans les rêves sous forme d'armée, de milice et de tueurs (cf le niveau dans la neige, on dirait du James Bond cheap), et le sexe en est complètement absent. Les lois de la physique ne sont pas mieux traitées : dans un monde en apesanteur, débloquer le frein de sécurité d'un ascenseur ne fera pas chuter celui-ci.

La fin est un peu à l'image des hésitations, et de la sophistication alambiquée du film : on n'est pas bien sûr d'en comprendre le sens, et peut-être d'ailleurs n'y en a t-il pas, Nolan étant peut-être aussi perdu - et épuisé - que nous (cela fait longtemps qu'on est perdu avec cette histoire de totems, mais je ne vais pas développer mes arguments, sinon on y passera la nuit).

Je précise pour ceux que cette timide histoire d'amour par delà le temps et l'espace intéresse qu'ils devraient lire Hypérion de Dan Simmons, ouvrage dans lequel figure un exemple parfait de ce type d'histoire.

 

2e

 

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Shutter island

Quelque chose cloche dans le scénario que Laeta Kalogridis (plutôt habituée à travailler sur les scénarios de Terminator Genisys ou de la série Altered Carbon), a élaboré à partir du roman de Dennis Lehane.

Ce dernier, que j'ai lu avant de voir le film, ne laissait rien deviner du retournement final. Dans le film, au contraire, les visions du héros donnent très vite des pistes sur sa santé mentale.

C'est un parti-pris osé, qui tente de se démarquer du procédé du "twist final qu'on a vraiment pas pu venir", utilisé abondamment par Le sixième sens et tous ses dérivés.

L'effort est louable. Pourtant, cela ne fonctionne pas. Le film parait boursoufflé, lourd, artificiel, parfois grand-guignolesque, et même mièvre. Scorsese a beau épuiser toute la panoplie de parfait metteur en scène, la mayonnaise ne prend pas. Prenez un dictionnaire concernant les techniques de prise de vue, et cochez au fur et à mesure, je pense que vous constaterez que Scorsese utilise tout  : du très gros plan au plan le plus général, de la contre plongée intégrale à la plongée verticale, toutes les sortes de travelling possibles, etc.

Mais la virtuosité n'entraîne pas forcément l'émotion. Au contraire ?


2e

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