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Christoblog

Festival des 3 continents 2012

AfficheF3C2012-.jpgC'est reparti pour l'institution nantaise que représente le Festival des 3 continents. Vous trouverez tous les détails sur le site officiel du Festival.

Parmi la plantureuse programmation, voici quelques films qui m'attirent :

- dans la sélection officielle, les deux films de mes pays fétiches, Sleepless Night du coréen Jang Kun-Jae et It's a dream de l'iranien Mahmoud Ghaffari, ainsi que le dernier documentaire de Wang Bing : Three sisters, très bien accueilli à la dernière Mostra

- la rétrospective Shinji Sômai, réalisateur japonais majeur et quasiment inconnu en France

- la rétrospective de films produits par la Milkyway Image, compagnie fondée par Johnnie To, qui sera présent à Nantes

- la mini-série Shokuzai de Kiyoshi Kurosawa projetée en sa présence et dans son intégralité (5 heures)

Mes aventures à suivre dans une gazette, bien entendu.

 

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Après mai

Un film vaut pour trois choses : ce qu'il raconte, la façon dont il le raconte et l'adéquation entre les deux.

Ce que raconte Après mai est fondamentalement inintéressant. D'un côté, Assayas nous conte les émois sentimentaux de jeunes ados (la belle affaire !), de l'autre il nous délivre quelques infos concernant les groupuscules gauchistes ayant sévi dans les années 70, sans qu'on y comprenne grand-chose. En réalité, et cela a été dit ailleurs, il réalise une autobiographie à peine déguisée : le film est une sorte de longue soirée diapo nous contant la jeunesse d'Assayas, à l'image des images super 8 d'Afghanistan qu'on voit projetées sur un vieux drap dans le film.

Donc, intérêt du contenu : nul.

Assayas tourne platement. Lorsqu'il emporte sa caméra dans de beaux mouvements (cela arrive), on se demande pourquoi il le fait et l'effet tombe un peu à plat. C'est d'ailleurs tout le film qui sonne faux. Les dialogues sont absolument artificiels et quand Lola Creton dit "C'est tendu et très passionnant. J'apprends beaucoup" elle le fait sur le même ton qu'utiliserait ma boulangère si je lui faisait dire : "La transsubstantation : réalité ou allégorie mystique ?". 

Donc, intérêt du contenant : voisin de zéro.

Pour reboucler avec le début de ma chronique, je dois dire que j'ai trouvé un certain plaisir à regarder Après mai, logé perversement dans le petit nid douillet que constituait la parfaite harmonie entre un propos inconséquent et une mise en scène lénifiante. On trouve son plaisir où on peut.

 

1e

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La chasse

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/74/11/20271614.jpgDifficile d’imaginer que le cinéaste du prodigieux Festen (un de mes films préférés des années 90) soit le même qui ait commis l’indigeste La Chasse.

Dans le tourbillon cannois de cette année, le film de Vinterberg avait grandement contribué, avec Des hommes sans loi, Sur la route et quelques autres, à me faire considérer la sélection 2012 comme plate et académique.

L’idée développée par le film est rebattue : un innocent instituteur (Mon Dieu, quel beau métier que se dévouer pour l’éducation de la petite enfance !) se voit accusé injustement par une petite fille d’attouchements.

Celle dernière est tout simplement jalouse et aimerait plus d’attention de la part de son maître, la petite garce. Elle connait les détails de l’anatomie masculine par la faute de son grand frère qui mate des films porno, le pervers. Tous les habitants vont progressivement prendre leur distance avec l’innocent, méprisant par là-même la présomption du même nom, les salauds.

Les méchants voisins iront même jusqu’à exécuter le chien de l’accusé, sous la pluie, ce qui s’avèrera particulièrement cruel puisque l’infortuné devra enterrer la pauvre bestiole sous un déluge, et sous les yeux de son fils. Bouh, c'est trop triste.

Le film accumule les poncifs en tout genre comme vous pouvez vous en rendre compte en lisant les quelques lignes précédentes, sans jamais arriver à faire naître la tension, ni causer un trouble moral qui irait au-delà de « des quidams peuvent devenir méchants et injustes quand ils sont cons et nombreux», ce qui n’est ni nouveau ni passionnant.

Il manque au scénario un peu de méchanceté, un soupçon de violence ou de perversité (il aurait été à l’évidence bien plus efficace de faire douter le spectateur de l’innocence de l’instituteur, et de ne révéler celle-ci qu’à la fin).

Le jury cannois, pas à une aberration près cette année, accorda le prix d’interprétation masculine à Mads Mikkelsen. On se demande bien pourquoi, tant l’envie de botter le cul de ce dernier en lui hurlant de se révolter (ce que chacun ferait bien naturellement dans sa situation) vous étreint tout au long de ce pensum laborieux.

 

1e

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RA. One

http://images.allocine.fr/medias/nmedia/18/89/09/32/20095849.jpgVu aux Utopiales 2012

RA. One, un des plus gros succès au box-office indien (et mondial) s'inspire clairement de nombreuses références : Terminator, Matrix et, en ce qui concerne les films indiens, Endhiran que j'ai vu l'année dernière aux Utopiales également.

Le pitch est assez simple : pour faire plaisir à son fils qui aime les méchants invincibles, un créateur de jeu vidéo en crée un, qui sort évidemment de l'univers virtuel pour tuer son créateur. Un clone de ce dernier reviendra faire justice, tout en réveillant chez le fils (et la mère !) des sentiments oubliés.

Le film multiplie les effets spéciaux spectaculaires (réalisés par des équipes d'Hollywood), mais ces derniers ressemblent à mon goût trop aux productions US. Ce sentiment est renforcé par le fait que toute la première partie se déroule à Londres, donnant au film une tonalité très occidentale qui s'éloigne des kitsheries indiennes si agréables dans les productions de ce genre.

Shah Rukh Khan a son abattage habituel, mais en le regardant de film en film présenter le même visage juvénile et un corps de plus en plus body-buildé, je ne peux m'empêcher de penser aux fortunes probablement dépensées pour entretenir tout ça. Il a quand même 47 ans. Sa partenaire Kareena Kapoor, qui n'en a que 33, fait le job, sans plus. Elle n'a pas le charisme (ni le charme) d'une Aishwarya Rai par exemple.

Les passages chantés et dansés ne sont ni très nombreux, ni particulièrement originaux, ni très réussis. 

Une déception donc.

 

1e

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Endhiran

Vu aux Utopiales 2011

Dans le cinéma indien populaire, Mumbai n'est pas seule. Il faut aussi compter avec les films tamouls (dits de Kollywood, en référence à un quartier de Madras / Chennai, où ils sont produits), dont les qualités et la démesure n'ont rien à envier à leurs homologues de Bollywood.

En 2010, au moment de sa sortie, Endhiran était le film le plus cher de l'histoire du cinéma indien, et on comprend pourquoi en jetant un coup d'oeil à cette bande-annonce, renversante.

L'histoire est classique : un homme crée un robot qui devient amoureux de la fiancée de son créateur. Ce type d'intrigue permet de décliner toutes sortes de situations cocasses et parfois émouvantes, dans lesquelles les deux mégastars (Rajni et la somptueuse Aishwarya Rai) peuvent cabotiner à loisir.

Si la première partie déroule les schémas classiques de la comédie sentimentale appliquée ici à l'apprentissage amoureux par une machine (mais avec A Rai on comprend que même un robot craque), la seconde devient complètement folle avec des effets spéciaux qui dépassent même ce que fait Hollywood.

Les intermèdes chantés et dansés sont encore plus kitschs et improbables que dans les films de Bollywood puisqu'ils  ne s'embarassent même pas ici d'établir un lien avec l'histoire. On se retrouve donc en décors naturel dans le désert ou à Macchu Pichu (pour un morceau appelé contre tout bon sens Kilimanjaro !), et dans bien d'autres endroits encore. La musique de AR Rahman, tamoul lui aussi, et connu en occident pour son travail sur Slumdog Millionaire, est comme toujours excellente.

Mauvais goût assumé, rires, morceaux de bravoure, kitscherie à tous les étages : un beau moment pour les amateurs.

 

2e

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Utopiales 2012

http://cgmultimedia.files.wordpress.com/2010/04/picture-1.jpg9 novembre

Première incursion aux Utopiales 2012.

En attendant la séance d'Antiviral à 21h30, je parcours les expos et je découvre les illustrations magnifiques du graphiste / photographe / illustrateur / auteur de BD Dave McKean (cf ci-contre). Je suis vraiment enthousiasmé par son travail, et demain je vais peut-être craquer pour une de ses BD.

D'autres expos intéressantes : des dessins intéressants du génial Mervyn Peake (auteur du cultissime Gormenghast, souvent comparé à Tolkien) et des photo-montages gracieux de Nicolas Fructus, directement inspirés de l'univers de Lovecraft.

Beaucoup de monde dans la salle pour le film Antiviral, du fils Cronenberg, sur lequel je reviendrai dans une chronique détaillée : une première oeuvre qui se veut un brillant exercice de style, et qui n'y parvient que partiellement.

 

10 novembre

Deuxième et dernier jour pour moi aux Utopiales.

Enthousiasmé l'année dernière par le film indien Endirhan (Robot), je tente à nouveau un film de Bollywood avec RA. One, énorme succès au box office mondial et film indien ayant atteint la plus grosse somme pour la vente des droits à la télévision (9 millions de $). Je suis déçu et je dirai pourquoi dans ma critique. Le jury est assis devant moi, je reconnais Philippe Decouflé et Christophe Salengro. Ce dernier, qui ne paraît pas au mieux de sa forme, quitte la salle au bout de 30 minutes, pour ne plus revenir : un peu bizarre pour un membre du jury qui assiste à la seule projection d'un des films en compétition...

En sortant j'hésite à aller voir d'autres films, mais les 2h 36 minutes du film indien m'ont donné un peu mal à la tête.

Je m'achète deux albums du merveilleux Dave McKean, et je rentre les lire à la maison.

 

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Looper

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/22/96/20177081.jpgLe pitch de Looper n'est pas simple, comme souvent lorsqu'un film traite du sujet intrinséquement paradoxal des voyages dans le temps.

J'essaye quand même de vous expliquer en deux mots au moins le début : dans un avenir très lointain dans lequel il n'est plus possible de liquider tranquillement ses ennemis (la faute à cette satanée traçabilité), la Mafia contrôle les voyages dans le temps et expédie ses victimes dans le passé pour qu'elle soient dégommées illico par des tueurs qui les attendent à l'arrivée.

De temps en temps, ces coquins de mafiosi envoie le tueur lui-même dans le passé, et il doit alors se supprimer lui-même, fermant ainsi la boucle (Loop en anglais). Il touche alors une grosse somme d'argent et peut vivre à fond le temps qui lui reste, jusqu'au jour où on l'enverra dans le passé se faire tuer par ... lui-même.

Présenté comme cela, c'est limpide.

Les choses se compliquent un peu quand le tueur rate son propre assassinat. Vous imaginez le travail : deux versions du même gugus qui se balladent dans le présent ... ça peut devenir franchement rigolo, surtout si la version "vieux" décide par ses actions de changer le futur d'où il vient.

Le film est très agréable, car il est humblement rigoureux et efficace. Dans ce type de scénario alambiqué, le plus important est d'éviter les incohérences énormes et de s'en tenir à des lignes directrices dictées par la narration, et non par une propension à faire dans le philosophique ou l'onirique.

Looper réussit parfaitement cela, en construisant simplement de très beaux contrastes (enfant/monstre, ferme/ville, jeune/vieux) qu'il exploite à fond et sans sentimentalisme. Les rebondissements sont variés et cohérents, la psychologie des personnages est plus importante que les scènes d'action, pourtant parfaitement réussies par ailleurs.

Le réalisateur concepteur Rian Johnson évite aussi les effets de style trop appuyé au niveau de la mise en scène pour se concentrer sur la création d'ambiances épurées très efficaces : les dix premières minutes sont à ce titre superbement réussies.

Le film est plaisant parce qu'il réussit à nous surprendre sans esbrouffe.

 

2e

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Sharqiya

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/64/85/20254630.jpgLe cinéma israelien est très prolifique et nous fournit régulièrement des films intéressants et très diversifiés. Avec Sharqiya, c'est à ma connaissance la première fois qu'il nous emmène à la découverte des bédouins arabes.

 

Kamel travaille comme agent de sécurité à la gare routière de Beer-Sheva. Il vit dans une misérable baraque en tôle aux côtés de son frère Khaled et de sa femme Nadia.

 

Un jour les autorités viennent annoncer que les baraques doivent être rasées.

 

Le film, lent et beau, ne manque pas de qualités. La personnalité effacée de Kamel, et celle plus violente de son frère, sont bien dessinées. On se demande où le réalisateur Ami Livne veut nous mener : le métier de Kamel va-t-il l'amener à commettre un attentat à la gare routière par vengeance ? Va-t-il se rapprocher de Nadia, sa belle-soeur, qui souhaite étudier et en est empêchée par son mari ? La famille va-t-elle résister armes à la main à la destruction des baraques ?

 

Malheureusement, le film se cantonne dans le registre de la litote narrative, et la plupart des questions restent suspendues dans l'atmosphère un peu cotonneuse et soporifique du film, sans qu'un lien logique apparaisse nettement dans la succession des scènes. Tourné en cinq jours dans des conditions difficiles (les autorités ayant refusé les autorisations nécessaires), sa nature se rapproche de celle d'un documentaire, sans en posséder la force.

 

La mis en scène d'Ami Livne est toutefois suffisamment intéressante pour qu'on s'intéresse à la suite de son parcours.

 

2e

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Into the abyss

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/56/41/20055192.jpgDisons-le d'entrée, Into the abyss est un film magistral, et sa diffusion confidentielle (une salle seulement à Paris) est autant un scandale qu'un mystère insondable.

Werner Herzog nous plonge au coeur d'un drame texan : un jeune homme attend dans le couloir de la mort d'être exécuté. Il y a 10 ans, en compagnie d'un ami, il a froidement abattu une femme et deux jeunes gens pour voler ... une voiture rouge.

Herzog, dont on ne verra jamais le visage, interroge de sa voix si particulière tous les protagonistes de cette sale affaire : les deux accusés, le père de l'un deux, les familles et amis des victimes, l'aumonier, le bourreau, le policier qui a mené l'enquête, une serveuse, une femme qui est tombée amoureuse d'un des deux accusés. Il parvient, par la grâce de sa sensibilité extrême et un peu rustique, à extraire la profonde part d'humanité de chacun de ses personnages. Ce faisant, il se garde de tout manichéisme : les accusés qui nous semble au début du film des victimes (les témoignages sur le protocole de l'injection et les images tournées dans le couloir de la mort sont à ce titre terrifiantes) deviennent brusquement d'ignobles assassins à la faveur de reconstitutions macabres.

Le film est bien plus qu'un documentaire. Herzog y déploie des talents de pur cinéaste et donne ainsi une magistrale leçon de cinéma. Cadrer, éclairer, monter : en maîtrisant à la perfection ces trois composantes, il parvient à nous transporter au coeur du drame, comme s'il s'agissait d'un thriller - et après tout, c'en est un, d'une certaine façon.

Que l'on se comprenne bien : il ne s'agit pas ici d'un plaidoyer contre la peine de mort. Herzog affiche dès le début son opinion sur le sujet et la ré-affirme une ou deux fois, mais sans ostension. Le film dépasse cette problématique et nous emporte beaucoup plus loin : A quoi bon vivre ? Quel est le rôle d'un père ? Qu'est-ce que l'amour ? La vie mérite-t-elle d'être respectée ? Quel sens donner à sa vie ? Toutes ces questions traversent le film de part en part comme les sabres traversent la boîte d'un magicien : il y a à l'intérieur de la boîte un mystère que le film cerne mais ne décrit pas, celui de la vie et de la mort.

A la marge, et comme dans toute oeuvre majeure, Into the abyss nous emmène sur de nombreux chemins de traverse, dont le principal est la description d'une Amérique rurale désespérément peu éduquée, gangrenée par la violence, la drogue, l'analphabétisme et l'absence de sens. Sur ces chemins tortueux, on rencontrera aussi bien la poésie (les écureuils de l'aumonier), le grotesque (l'ami analphabète content de la prison où il a appris à écrire), le sublime (la réaction du bourreau), la profondeur insondable des sentiments (le père), le ridicule (l'arc-en-ciel) et l'absurde (les morts en chaîne dans la famille de la fille de la victime).

Pour résumer, ce film DOIT absolument être mieux distribué  et il est IMPERATIF que vous alliez le voir si vous le pouvez, il en va de votre intégrité intellectuelle, de votre santé mentale et de votre complétude d'être humain. A minima.

 

4e

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Utopiales 2012

http://www.animeland.com/files/news/4347/Utopiales-2012-276.jpgChristoblog sera présent et accrédité pour la troisième fois aux Utopiales, du 8 au 11 novembre, le plus grand festival européen consacré à la SF.

Le programme est copieux dans tous les domaines (et surtout en littérature), mais je me concentrerai surtout comme vous l'imaginez sur la programmation cinéma.

Je serai FORCEMENT à la projection d'Antiviral de Brandon Cronenberg, le 9 novembre à 21h15.

Parmi mes autres cibles potentielles, je lorgne sur l'OVNI Iron Sky, du finlandais Timo Vuorensola (les nazis reviennent en 2018 fonder le quatrième reich sur Terre), et sur le déjà culte The human race, présenté comme puissant et profondément déstabilisant.

Après l'expérience exceptionnelle d'avoir vu Robot l'année dernière, je pourrais être tenté par une deuxième expérience de Bollywood SF : Eega (une histoire de jeune homme qui se réincarne en ... mouche) ou RA.One d'Anubhav Sinha avec la méga star Shah Rukh Kahn. Après tout, on ne voit jamais de Bollywood en salle, sauf dans ce genre d'occasion.

Possible aussi : Room 237 de Rodney Ascher, présenté à Cannes l'année dernière, documentaire entièrement consacré à l'exégèse du Shining de Kubrick, et de multiples pépites en provenance du Japon, dont le Voyage vers Agharta de Makoto Shinkai ou A letter to Momo de Hiroyuki Okiura.

A bientôt en direct de Nantes.

 

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Skyfall

15 raisons d'être déçu par ce James Bond

1/ Le film manque cruellement d'imagination et accumule les poncifs de film d'action : je me bats sur le toit d'un train et il y a des tunnels (!), je tiens mon ennemi par la main au-dessus du vide et zut je le lâche, j'élimine le méchant en lui lançant un couteau dans le dos et le bougre se retourne et avance vers moi, etc.

2/ Craig arbore toujours le même masque crispé (cf photo)

3/ Le générique est très laid, dans un genre psychédélique revisité du plus mauvais effet

4/ Les James Bond Girl sont ridicules (pauvre Berenice Marlohe, réduite à une pauvre petite chose tremblante)

5/ Le film manque de rythme, les scènes d'exposition sont interminables (l'attente à Shanghai, l'arrivée en Ecosse)

6/ L'exhumation des vieilleries (l'Aston Martin, la tombe des parents, le fusil de chasse du papa) tombe à plat

7/ Plus grand-chose ne différencie aujourd'hui un Bond d'un autre film d'action US, et la noirceur en est la trame commune (cf les Batman)

8/ L'envahissement du film par les marques devient ridicule : Audi, VW, Heineken, Sony... Que Bond ne boive plus de Dom Perignon est déjà triste, mais qu'il sirote de la bière au goulot en permanence est décevant.

9/ Les décors sont laids (l'île désertée est complètement artificielle), mal exploités (Istanbul) ou réduits à de simples cartes postales (Shanghai, Macao)

10/ Sam Mendes (Les noces rebelles) confirme être le réalisateur d'un académisme glacial et coincé aux entournures

11/ Les scènes d'actions dites spectaculaires se résument au tropisme "je vais envoyer un gros engin défoncer un bâtiment". Exemple : "Une rame de métro défonce les égouts" ou "Un hélicoptère défonce un manoir"

12/ Le méchant joué par Javier Bardem est sous-exploité, sa première apparition est fantastique (à tel point qu'il éclipse instantanément le pâle Daniel Craig), mais les suivantes le ramène à une figure de psychopathe névrosé

13/ Daniel Craig est trop musclé, c'est dégoutant, il a tellement abusé de la musculation qu'on a peur que la peau éclate sous la pression des pectoraux, trapèzes et autres biceps

14/ La vision que donne le film du hacking, de l'informatique et de la technologie en général est ridicule

15/ L'humour est presque absent du film, on sourit deux fois.

 

2e

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César doit mourir

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/14/13/20131226.jpgContre tout attente, j'ai pris un énorme plaisir à regarder le nouveau film des frères Taviani, cinéastes cultes rescapés du siècle dernier.

 

Je  m'attendais à un documentaire sur des prisonniers jouant Shakespeare en prison, mais le film est bien plus que ça.

 

Il nous plonge dans la trame même de la pièce (c'est à dire qu'on est passionné par l'histoire de Brutus, Antoine, Cassius et des autres) tout en y insérant constamment des éléments du making of : casting préliminaires, états d'âmes des acteurs (vrais ou faux ?), engueulades, répétitions dans les cellules...

 

Le film parvient de cette façon à restituer toute la magie du cinéma et du théâtre, sur un mode qui rappelle les jeux de miroirs de Vous n'avez encore rien vu. S'il y parvient si bien, c'est aussi grâce aux acteurs, incroyables tronches, mais aussi formidables interprètes, complètement habités par leur rôle.

 

Le film est brillant jusque dans sa sublime photographie en noir et blanc (le présent de la représentation est filmé en couleur alors que le long flash black qui constitue la majeure partie du film est en noir et blanc).

 

Si ce n'étaient quelques maladresses un peu lourdes, comme les derniers plans par exemple (qui rappellent bizarement les fautes de goût qui émaillent également le Resnais), l'oeuvre des Taviani serait parfaite, associant la force brute des amateurs (on songe aussi aux danseurs des Rêves dansants) au génie du dramaturge anglais et au savoir-faire des réalisateurs.

 

Un Ours d'or mérité à la Berlinale 2012.

 

3e

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Amour

J'ai la larme très facile au cinéma, ce qui m'oblige souvent à inventer de subtiles manigances au moment où les lumières reviennent dans la salle, pour masquer mon humidité oculaire. Mais en regardant Amour, de Michael Haneke, qui a reçu hier soir la Palme d'Or à Cannes, je n'ai absolument rien ressenti d'émouvant : même pas une goutelette au coin de l'oeil.

Rien, nada, que dalle.

Ma critique va être donc en complet déphasage avec les avis de la quasi totalité des critiques présents à Cannes, qui se déclarent (presque) tous irrémédiablement touchés par le film.

Suis-je donc à ce point insensible ? J'espère que non.

Dès le début du film, les grosses ficelles qu'utilise habituellement Haneke m'ont sauté comme d'habitude aux yeux, et du coup, l'artificialité glaçante du film a empêché pour moi toute forme d'empathie.

Prenons par exemple le parti-pris de réalisme absolu dont beaucoup parlent. Haneke, en montrant un couple d'octagénaires dont la femme sombre dans la déchéance physique suite à une attaque, montrerait "pour de vrai" une agonie. C'est faux ! Ce que montre Haneke reste bien en-dessous de ce qu'est réellement la fin de vie. Le maquillage de l'actrice Emmanuelle Riva est réussi, mais manquent (heureusement ou malheureusement) les rictus horribles, les sécrétions diverses et beaucoup des horreurs réelles qui accompagnent ces moments. Les draps et la chemise de nuit de la malade sont toujours immaculés, et la couche ... ne déborde pas.

Le scénario, qui file tout droit comme un clip de promotion de l'euthanasie, ne laisse place qu'à un nombre réduit d'états d'âme chez les différents protagonistes, le père comme la fille, ce qui est aussi très peu réaliste. La machine Haneke, artificielle, compassée et finalement aussi peu dramaturgique que possible, passe évidemment ici beaucoup mieux auprès des spectateurs que quand elle était mise au service des sadiques de Funny Games, mais c'est la même. Que dit finalement le film ? Que voir quelqu'un qu'on aime sombrer dans la déchéance physique est insupportable. Belle découverte ! Et finalement quoi d'autre ? Rien.

La mise en scène est à l'image du jeu des acteurs (le phrasé de Trintignant est toujours aussi peu naturel, et celui d'Emmanuelle Riva est pire), des décors (très froids, les vues de Paris par les fenêtres sont toutes fausses et cela se voit), de la lumière (trop belle pour être vraie, comme dans la scène du pigeon) : maniérée et désincarnée. Composer de jolis plans fixes de portes, de couloirs et de tableaux aux murs ne suffit pas à faire un film.

Au final, et je sais que le terme pourra être mal interprété, Amour me semble être le prototype du film bourgeois. Bourgeois, pas seulement parce qu'il montre (quoique le petit personnel y soit caricaturé d'une façon presque odieuse) mais aussi par la façon dont il est fait : sagement, académiquement et sans trop fouiller dans les coins.

On aimerait un jour voir Haneke plonger un peu plus dans la mêlée, se frotter à d'autres milieux et se mettre plus en danger. On pourrait alors juger plus clairement de ses réelles qualités.

Michael Haneke sur Christoblog : Le ruban blanc - 2009 (**)

 

2e 

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The hole

Vu au festival de La Roche sur Yon 2012.

The hole est un film apocalyptique lent et humide.

Nous approchons de l'an 2000 et un virus étrange se développe à Taipei. Les personnes touchées adoptent un comportement proche de celui du cafard : elles rampent, cherchent à se terrer dans les endroits humides et sombres.

L'eau potable manque, mais des trombes de pluie s'abattent sans discontinuer à l'extérieur.

Un homme dans son appartement, une femme dans celui d'en-dessous et un trou entre les deux, produit par un plombier peu scrupuleux : voilà les éléments autour desquels Tsai Ming-Liang construit son oeuvre. C'est lent, un peu ennuyeux par moment, mais globalement puissamment évocateur et complètement maîtrisé. Le film est parsemé de scénettes de comédie musicale kitsch, qui tranchent incroyablement avec l'atmosphère mortifère du film : un bel exemple de l'effet de contraste produit (patientez 44 secondes SVP) : Achoo-Cha-Cha

Le film est très intéressant, s'appuyant sur une bande-son remarquable et un sens des décors très sûr (magasins déserts, murs suintants). La copie projetée à La Roche m'a semblé très abîmée et cela m'a un peu gâché le plaisir, mais du coup j'ai très envie de voir La saveur de la pastèque, du même Tsai Ming-Liang. A suivre...

 

2e

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Festival de la Roche sur Yon 2012

http://www.fif-85.com/ckfinder/userfiles/images/2012/Visuel/FIF2012_Paysage.jpgPour la première fois je suis accrédité et présent au Festival International du Film de la Roche sur Yon, qui propose cette année, entre autres choses, un cycle sur l'Apocalypse au cinéma, une compétition officielle, une rétrospective Nobuhiro Suwa, un hommage à Jean-Pierre Léaud et une carte blanche Delépine / Kervern.

 

20 octobre

 

Après-midi glaciale ce samedi dans le théâtre de La Roche sur Yon, curieusement non chauffé. Je vois d'abord un des films en compétition : Pincus, de David Fenster. Drôle de film dans lequel le jeune réalisateur américain met en scène son propre père atteint de la maladie de Parkinson. Dans le film, le fils de celui-ci (un alter ego du cinéaste ?) est un gros glandeur, fumeur de shit, inapte à effectuer un quelconque travail, attiré par une prof de yoga spécialiste de thérapies alternatives (en réalité just to have sex, comme il l'avouera à sa voyante). On croise aussi un ouvrier allemand qui disparait dans un trou... bref, le film ne sortira jamais en France, c'est certain, et globalement il est d'un niveau assez faible, du sous-sous-sous-Caouette. Comme il est court (1h18) et monté de façon assez vive, l'ennui ne se transforme pas en torture.

Le plus drôle fut certainement la goujaterie d'une spectatrice n'ayant visiblement pas aimé le film, qui n'hésita pas à demander au réalisateur s'il aimait son propre film (sous-entendu : "moi pas"), ce qui constitue la question la plus bête que j'ai jamais entendu poser dans une salle de cinéma.

 

Dans la foulée, je persiste à rester dans le théâtre, emmitoufflé dans mon manteau et mon écharpe, pour voir Ini Avan, du réalisateur sri lankais Asoka Handagama, qui est beaucoup plus intéressant. Je reviendrai dans un article dédié en détail sur ce film d'une beauté plastique étourdissante et que j'avais manqué à Cannes, où il était présenté dans la délicieuse sélection aCid, qui présente des films d'auteur en attente de distributeurs.

 

21 octobre

 

Je rejoins de tôt matin le théâtre pour assister à la table ronde réunissant des représentants de sites non-professionnels de critiques cinéma : Accreds, Débordements, Zinzolin et Ceci dit (au bas mot). Pas inintéressant, mais une chose m'a étonné, c'est l'aspect auto-centré des débats, chacun expliquant sa ligne éditoriale (en général il n'y en a d'ailleurs pas), sa trajectoire (universitaire pour la plupart), et finalement personne ne parlant pendant 1h30 ... de cinéma ! Nous autres, pauvres blogueurs ayant une activité professionnelle différente (et accessoirement ayant plus de 40 ans) paraissons instantanément à la fois moins précoces, et plus féroces.

 

Je retrouve PierreAfeu et heavenlycreature pour écumer les salles du festival, sillonnant la mégapole vendéenne.

Premier arrêt pour redécouvrir un des premiers films de Tsaï Ming-Liang, The hole, sorte de conte apocalytique et très, très humide, émaillé d'apparitions acidulées et délectables de l'incomparable Grace Chang. J'y reviendrai.

 

Le temps de boire un coup au Clémenceau, et nous voilà devant le Concorde (alors que Melville Poupaud, membre du jury, se fait interviewer sur le trottoir d'en face), pour voir Sharqiya, un film israélien en compétition officielle (présent lui aussi à la sélection aCid du dernier festival de Cannes, décidément). Le scénario du film est complètement inconsistant et c'est bien dommage, car le réalisateur Ami Livne semble assez doué. Plutôt décevant.

 

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Paperboy

Dans la morosité de la sélection officielle cannoise 2012, le deuxième film de Lee Daniels (Precious) a apporté une touche de folie et de moiteur.

L'intrigue est tirée d'un roman de l'excellentissime Pete Dexter, dont je recommande les livres, et nous entraîne dans une sordide histoire de criminel défendu par une équipe constituée de journalistes en quête de succès et d'une nymphomane passionnée par les prisonniers.

Le premier plaisir que donne le film est celui d'un scénario complexe, non prévisible et centré sur les relations entre les personnages et les questions de société (le racisme surtout).

J'ai été complètement bluffé par la performance des acteurs. Nicole Kidman, vulgaire à en crever, bimbo nympho, est tout simplement brillante. C'est un plaisir (coupable) de la voir uriner sur le mignon Zac Efron, de mimer une fellation, de décroiser les jambes de façon suggestive et de mâcher son chewing-gum avec un air de bêtise insondable. Matthew McConaughey confirme être l'acteur le plus passionnant du moment. Quant à John Cusack, il joue avec une perversité diabolique le plus beau méchant vu récemment.

La réalisation de Lee Daniels est brillante, moite, vive, plus sage que dans Precious mais tout aussi dynamique. Le film est parsemé d'éclairs trash du plus bel effet.

Une réussite.

 

3e

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In another country

Les fidèles lecteurs de Christoblog savent combien j'apprécie le petite musique de Hong Sang-Soo.

C'est donc avec une émotion particulière que j'attendais à Cannes la projection d'In another country en sélection officielle, en me demandant si la greffe Isabelle Huppert allait fonctionner

Et la réponse est oui, l'actrice française s'intègre parfaitement à l'univers si particulier du Woody Allen coréen.

Le principe du film frôle le génie : trois histoires différentes, un même lieu, des anecdotes similaires (l'héroïne cherche toujours un phare), des bouts de dialogues identiques. Isabelle Huppert joue avec beaucoup de talent successivement une réalisatrice de cinéma, une européenne qui attend son amant coréen et une femme qui voyage avec son amie.

Si les péripéties de chacun des tryptiques sont somme toute négligeables, c'est que pour une fois la forme prévaut sur le fond. La mise en parallèle de ces trois histoires réinterroge brillament les thèmes chers au réalisateur : les relations hommes / femmes, les diverses façons de se ridiculiser, les petites mesquineries, les occasions ratées, le poids du destin, l'indécision, l'alcool. Ces thématiques trouvent dans le décalage culturel entre la Française et ses partenaires coréens un nouvel espace à investir. Il ressort de tout cela le fort sentiment que les hommes coréens sont ... des obsédés sexuels de premier ordre.

Fascinant à regarder, comme un kaléidoscope de la condition humaine amoureuse, le film est également extrêmement drôle grâce au personnage du maître nageur joué par Yu Yung-San, présent dans les trois derniers films de Hong Sang-Soo. Son apparition dans la première histoire donne lieu à une scène d'anthologie, sous forme d'une chanson improvisée sous une tente, probablement le moment le plus drôle de tout le Festival de Cannes. On retiendra une autre scène hilarante dans laquelle un moine zen, sensé être détaché de tout, se voit demander son stylo Mont-Blanc par une Isabelle Huppert sans aucune gêne.

Comme dans d'autres films de HSS, on peut s'amuser à remarquer mille détails, comme par exemple ces objets qui voyagent d'une histoire à l'autre (une bouteille de bière abandonnée sur la plage, un parapluie dissimulé).

C'est drôle, brillant, pétillant, modeste et par moment franchement génial.

 

3e

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Ted

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/62/03/20141182.JPGAmateurs de pets, réjouissez-vous.

 

Les frères Farrelly vous ennuyaient ? Vous trouviez Jude Apatow apathique ? Seth MacFarlane vous propose mieux (ou pire ?) : un ours en peluche qui pète, qui baise les caissières de supermarché dans les remises (mais il a aussi sauté Norah Jones...), qui conduit comme un manche en tweetant, qui sniffe de la coke à s'en blanchir le museau, qui jure à tous les bouts de phrases, qui manipule le politiquement non-correct à un rythme de mitraillette, etc.

 

C'est complètement bluffant, bourré de références qui m'ont pour 95 % d'entre elles échappé, et au final assez marrant.

 

Fi du scénario idiot et d'un Mark Wahlberg transparent, le film ne vaut que par le jeu de l'ourson en peluche et d'une pléiade de seconds rôles tordants. On n'oubliera pas de sitôt, entre autres, le déhanchement ahurissant de Giovanni Ribisi.

 

Pour ce qui est du film culte d'une génération Star Wars, je ne suis pas très bien placé pour en parler, ayant en gros une décennie de plus, mais je suis preneur de compléments d'information sur le nombre incalculable d'allusions via name dropping, sonneries de téléphone portable, extraits de show télé.

 

On rit modestement mais souvent, tellement le flow de Ted l'ourson est plein de trouvailles et de saillies qui portent presque toutes.

 

2e

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Almanya

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/09/80/19665339.jpg

Almanya est une comédie qui raconte le destin d'une famille d'immigrés turcs arrivant en Allemagne dans les années 1960. On suit avec un grand plaisir l'odyssée de Huseyn et de ses 4 enfants, du départ de Turquie aux surprises réservées par l'installation en Allemagne, puis au retour de toute la famille en Anatolie, suite à l'idée improbable du grand-père d'acheter là-bas une maison.

La réalisatrice Yasemin Samdereli choisit un ton délibérément léger, à mille lieues de la critique sociale, et son talent consiste à maîtriser parfaitement toutes les ficelles du feel-good movie : personnages très attachants, changement de rythme incessant, anecdotes bien trouvée, intrigues secondaires, trame narrative (à base de flash-backs) habilement tissée. Le scénario, très fouillé, aurait été travaillé pendant 7 ans.

Le film n'hésite pas à solliciter les glandes lacrymales de multiples façons, mais il le fait en évitant les pièges d'une sensiblerie trop envahissante, et en maintenant toujours une distance amusée mais empathique avec ses personnages.

Immense succès en Allemagne (Almanya y fut le 4ème succès au box-office 2012), le film vient compléter dans le registre de la comédie les beaux films d'autres enfants allemands ou autrichiens de l'immigration turque : les drames Une autre femme d'Umut Dag et L'étrangère de Feo Aladag, ainsi que les films de Fatih Akin.

Un excellent film de dimanche après-midi pluvieux.

 

3e

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Dans la maison

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/17/25/20254556.jpgDans la maison n'est pas un film infâme. Il bénéficie d'un scénario intéressant, et la réalisation de François Ozon est comme toujours très maîtrisée, et même parfois brillante.

Il y a pourtant des éléments dans le film qui m'ont empêché d'y adhérer vraiment.

Je trouve d'abord que tous les personnages sont hyper-caricaturaux, rabaissés en quelque sorte à leur simple silhouette. Prenons la famille Rapha : le père est ridicule avec son goût pour le basket (il ne joue même pas correctement), la mère réduite à son tropisme pour la décoration et le fils à une vague entité quasi décérébrée. Le tout ne fonctionne tout simplement pas, à tel point que j'ai cru pendant toute une partie de film que toute cette famille allait s'avérer n'être qu'une oeuvre d'imagination.

Luchini est artificiel (pléonasme ?), Kristin Scott-Thomas l'est encore plus, les enseignants et proviseurs ne sont absolument pas réalistes, les jumelles jouées par Yolande Moreau n'existent par vraiment, etc... Même les décors semblent surjouer ! Quant au personnage de Claude, sensé être diabolique, il se résume tristement à un petit rictus qu'on ne qualifiera même pas de pervers.

L'univers usuellement fantaisiste d'Ozon, avec son côté dessiné à gros traits, s'adaptait bien aux trames de 8 femmes et de Potiche. Ici le mélange ne prend pas, par manque de réalisme. Pour que l'histoire fonctionne parfaitement, il faudrait que nous croyions à la vérité des situations, et ce n'est pas le cas.

Le film est enfin franchement mou du genou dans ses parti-pris : j'attendais plus de transgressions, plus d'audace, à la fois dans la matière narrative du film (on est loin des relations sulfureuses du modèle revendiqué, le Théorème de Pasolini), et aussi dans son jeu autour de l'imagination (les scènes rejouées pourraient être beaucoup plus stimulantes).

Dans la dernière partie, Ozon utilise carrément le bulldozer à symboles (Germain assommé par une lourde version du Voyage au bout de la nuit ?!?). Le film se finit en capilotade, accumulant raccourcis et ellipses improbables.

Prometteur sur le papier, Dans la maison accouche d'une souris en pleine cure de Xanax.

François Ozon sur Christoblog.

 

2e

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