Christoblog

Another earth

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/01/04/19656180.jpgUne bonne idée pas complètement exploitée, et un vrai talent pour la mise en scène, voilà ce qu'on peut retenir de ce petit film américain indépendant, distribué dans très peu de salles.

 

Le sujet : un jeune fille tue une famille lors d'un accident de voiture, alors qu'une planète Terre N°2 apparaît dans le ciel. Cette planète semble être une planète "Miroir" comme on s'en rend compte lors d'une conversation improbable qu'une scientifique de la NASA a avec ... elle-même, située sur l'autre planète.

 

Le scénario du film effleure à peine le thème des univers parallèles, très à la mode en ce moment (cf la série Fringe et le roman de Murakami 1Q84), et explore plutôt le trauma d'avoir tué des innocents dans un accident de la circulation.

 

Les deux acteurs sont superbement dirigés : la jeune Brit Marling  est très émouvante (elle rappelle le jeu de Jennifer Lawrence dans Winter's bone) et William Mapother a une tronche incroyable (on l'a vu dans Lost).

 

J'ai trouvé la mise en scène de Mike Cahill absolument convaincante dans toute la première partie. Constituée d'éléments très disparates et parfois un peu tape à l'oeil, elle fonctionne pourtant parfaitement bien, instillant une ambiance très particulière et dessinant un portrait psychologiquement vraisemblables des différents personnages.

 

Malheureusement, le film ne tient pas la distance, la faute à un scénario qui devient petit à petit convenu, puis franchement irréaliste. La trame s'effiloche jusqu'à un dernier plan parachuté là on ne sait comment, tout à fait style "je ne sais pas comment finir mon machin, hummm, tiens je vais faire un truc de ouf qui va clore l'histoire sans vraiment la clore, mais en ouvrant de nouvelles perspectives".

 

Au final une soirée tout de même intéressante : une actrice et un réalisateur à suivre.

 

2e

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Grease

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/65/15/39/19001320.jpgL'impayable mymp publie sur son blog une série d'articles intitulée les "Inavouables", pour laquelle il a sollicité "la vieille crème des ex-blogueurs d'Allociné" (sic).

 

Il s'agit de rédiger une critique d'un film qu'on a honte d'aimer. Pour un blogueur acerbe et sûr de lui, peu d'exercices peuvent être plus difficiles, puisque par définition, le critique a raison d'aimer ce qu'il aime, et de détester ce qu'il déteste.

 

J'ai donc dû fouiller mes souvenirs d'enfance et re-visionner Grease pour m'assurer que le film était vraiment mauvais et qu'il ne me laissait pourtant pas insensible.

 

L'analyse du pourquoi du comment de cet étrange état de fait se trouve ici.

 

2e

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Mafrouza 1

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/85/78/19736060.jpgTout est parti d'un article enflammé du Monde qui donnait la note maximale à ce documentaire de plus de 12 heures, tourné par une Française, dans un bidonville d'Alexandrie voué à la destruction.

 

C'est bien le style d'expérience radicale qui me plait, dans le style d'A l'ouest des rails, le film culte de Wang Bing.

 

J'ai donc profité de mon séjour parisien au festival Paris Cinéma pour faire un détour par le premier volet de Mafrouza (le film est découpé en 5 parties), diffusé dans un seul cinéma parisien.

 

Le principe du film est simple : on suit plusieurs personnages du quartier dans leur vie quotidienne, sur une période de deux années.

 

Les premières séquences du film nous font pénétrer très intelligemment dans le quartier à la suite d'un archéologue qui cherche les vestiges d'une nécropole gréco-romaine. C'est déjà passionnant, mais on pressent rapidement que le potentiel émotif du film est énorme : on a à peine pénétré dans la maison d'un habitant qu'on a envie d'y rester. Et c'est exactement ce que fait Emmanuelle Demoris, la réalisatrice. Elle reste.

 

On fait alors connaissance avec une série de personnages très différents : poète, épicier, chiffonnier... Chacun est extraordinairement attachant. Parfois le film prend une dimension mythologique, comme par exemple dans le cas de ce vieil homme dont l'habitation est perpétuellement inondée, et qui fait irrésistiblement songer à Sisyphe. Au-delà des personnages, Mafrouza propose de façon indirecte une réflexion sur le cinéma. Où mettre sa caméra (qui est la question fondamentale du 7ème art) se double ici d'une problématique complexe : quelle influence ma caméra a-t-elle sur ce qu'elle filme ? Le film n'est donc pas simplement beau et intéressant, il est aussi diablement intelligent.

 

Le film interpelle enfin chacun sous un angle plus politique et sociétal. Les conceptions qu'a le spectateur de la pauvreté, de la religion et de l'islam seront fortement impactées par cette aventure fascinante.

 

Les 2h18 filent donc à toute allure, sans qu'on s'ennuie une seule seconde. Comme pour une série télé de qualité, on a à la fin qu'une envie, savoir ce que sont devenus Adel et Ghada, Mohammed et Hassan.

 

La suite de Mafrouza sur Christoblog quand sortira le DVD...

 

4e

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The unjust

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/09/81/19665351.jpgA force de voir des thrillers coréens, on finit par devenir exigeant. Celui-ci n'a pas de date de sortie en France et je doute qu'il en ait une, car il est particulièrement confus et complexe à suivre.

Pour faire simple, il entrecroise (à un rythme tout coréen qui fait ressembler Tarantino à Refn) les destinées d'un flic ambitieux et prêt à tout, d'un procureur ambitieux et prêt à tout, d'un journaliste prêt à tout, de 2 truands par définition prêts à ..., d'un autre flic, d'un tueur en série, des supérieurs du flic et du procureur (prêt à ...), d'un autre tueur, des familles des uns et des autres, etc...

Inutile de dire que pour s'y retrouver c'est coton, à tel point que le réalisateur éprouve le besoin de mettre au début de son film des incrustations pour nous indiquer qui est qui. Le scénario est alambiqué à l'extrême (le mieux est d'imaginer un hamburger dans lequel on aurait mis 12 steacks, 5 tranches de fromage et 17 sauces différentes) et totalement irréaliste (le rebondissement concernant le tueur en série est un des trucs les plus improbables qu'il m'ait été donné de voir au cinéma).

Pour le reste, c'est l'efficacité coréenne dans toute sa splendeur, décors étonnants et scènes d'actions efficaces. Comme d'habitude les subalternes sont humilés (la pratique atteint ici des sommets, avec la généralisation du coup de pied dans le tibia) et les flics de base sont ridicules.

Si vous l'avez vu, faites moi signe...

 

2e

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Résultats du festival d'été

fest eteD'abord un grand merci aux votants. Les festivals sur Christoblog n'existent que pour et par eux :  ffred, neil, Bob Morane, Squizz, Gagor, pierreAfeu, heavenlycreature, MarcozeblogHallyne, Robin et Fabien

Merci aussi à mymp qui refuse obstinément de participer pour des raisons bien étranges, tout en fournissant un superbe habillage visuel à l'évènement. 

We need to talk about mymp.

Merci à ceux qui ont essayé et qui ne peuvent participer au vote, parfois à un film près, pour cause d'examen ou de déménagement : Anna, Claire, Laetitia, Keira, Luocine. Nous les attendons de pied ferme pour le festival d'automne 2, auquel de petits nouveaux devraient participer : n'est ce pas Jujulcactus ?

 

http://images.allocine.fr/r_160_214/b_1_cfd7e1/medias/nmedia/18/81/53/04/19791384.jpgLe soleil d'or du meilleur film est attribué à : Restless (91 pts), devant La piel que habito (88 pts), Melancholia (86 pts) et La guerre est déclarée (80 pts)

Meilleur acteur : Michel Piccoli, devant Antonio Banderas

Meilleure actrice : Chiara Mastroianni, devant Tilda Swinton

Meilleur scénario : We need to talk about Kevin, La piel que habito et Melancholia

Meilleur réalisateur : Pedro Almodovar, devant Gus van Sant et Lars von Trier

Beaucoup de films cités pour le prix spécial qui revient finalement à This must be the place

Et pour la première fois, puisque Overblog permet (assez) facilement de copier un document Excel, le tableau détaillé des votes de chacun :

 

1/ffred 2/neil 3/Bob Morane 4/Chris 5/Squizz 6/Gagor 7/pierreAfeu 8/heavenlycreature 9/Marco ze blog 10/Hallyne 11/Fabien 12/Robin 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Tot
We need to talk about Kevin 10 4 7 2 9 9 1 1 3 3 5 1 55
La guerre est déclarée 9 7 6 9 10 6 6 3 10 4 8 2 80
La piel que habito 8 9 9 6 4 10 4 5 6 10 10 7 88
Restless 7 8 10 10 8 5 9 8 7 8 2 9 91
Melancholia 6 10 8 4 3 3 10 9 9 7 7 10 86
Habemus papam 5 5 5 1 1 8 8 6 4 5 4 4 56
Les bien-aimés 4 6 3 7 7 1 7 7 2 2 6 3 55
L'Apollonide 3 2 4 8 5 7 5 10 8 1 9 8 70
La fée 2 1 1 5 2 2 3 2 1 9 1 6 35
Crazy, stupid, love 1 3 2 3 6 4 2 4 5 6 3 5 44
                           
Prix spécial                          
This must be the place 1           1           2
Notre paradis   1                     1
Au revoir       1                 1
Submarine     1                   1
Présumé coupable         1               1
Et maintenant, on va où ?           1             1
La planète des singes, les origines               1         1
Mes meilleures amies                 1       1
Warrior                   1     1
Blackthorn                       1 1
Un été brulant                     1   1
Meilleur actrice                          
Tilda Swinton 1 1     1 1         1   5
Chiara Mastroianni 1 1   1     1 1 1   1   7
Mia Wasikoswska     1 1           1     3
Elena Anaya     1                 1 2
Kristen Dunst         1               1
Charlotte Gainsbourg             1   1     1 3
Collectif pour l'Apollonide           1   1         2
Fiona Gordon                   1     1
Meilleur acteur                          
Ezra Miller 1   1                   2
Antonio Banderas 1 1       1         1 1 5
Michel Piccoli   1     1 1 1   1     1 6
Henry Hopper     1 1 1           1   4
Nanni Moretti             1           1
Ryan Gosling               1   1     2
Paul Schneider               1         1
Jérémie Elkaïm                 1       1
Jan Cornet                   1     1
Meilleur réalisateur                          
Pedro Almodovar 1   1     1       1 1 1 6
Lynne Ramsay 1       1 1             3
Gus van Sant   1 1 1 1   1           5
Valérie Donzelli   1             1       2
Bertrand Bonello       1       1     1   3
Lars von Trier             1 1 1     1 4
Nanni Moretti                   1       1
Meilleur scénario                          
La guerre est déclarée 1     1 1               3
We need to talk about Kevin 1   1   1       1       4
La piel que habito   1       1   1   1     4
Crazy, Stupid, Love   1                     1
Les bien-aimés       1             1   2
Habemus papam           1 1           2
Melancholia             1 1   1   1 4
L'Apollonide                 1   1   2
Restless     1                 1 2

 

FA2small.jpgRendez-vous pour FA2, le festival d'automne 2 (dont l'identité visuelle est conçue par le talentueux pierreAfeu ) et pour lequel les inscriptions sont désormais ouvertes (il suffit de déposer un commentaire sur cet article) :

9 novembre : Contagion de Steven Soderbergh

16 novembre : 50/50 de Jonathan Levine

23 novembre : L'art d'aimer d'Emmanuel Mouret

7 décembre : Carnage de Roman Polanski

7 décembre : Shame de Steve McQueen

14 décembre : 17 filles de Delphine et Muriel Coulin

21 décembre : A dangerous method de David Cronenberg

 

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Drive

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/85/83/31/19814326.jpg

Avertissement : L'article que vous allez lire ne reflète que l'avis de son auteur. Il est parfaitement subjectif. Il comprend des phrases assez dures, susceptibles de heurter la sensibilité de jeunes lecteurs admiratifs du film.

Carey Mulligan fait la lessive. Carey Mulligan descend les poubelles. Carey Mulligan fait les courses. Quand elle rencontre Ryan Gosling, elle est heureuse et pose sa main sur la sienne. Cela pourrait être beau comme du James Gray, mais c'est profond comme La Boum. Notre couple de tourtereaux transis fait une virée bucolique dans les égouts à ciel ouvert - ou les réseaux de collecte d'eaux de pluie -  de LA (comme dans Grease). Ils échouent au bord d'une rivière où le soleil brille. Andrea Arnold ou Terence Malick ont récemment tourné des scènes de bord de l'eau intenses : ici on est plutôt dans un reportage réalisé par un stagiaire de France 3 Meuse. Ryan Gosling est content. Il regarde la télé avec le petit Benicio. C'est mimi tout plein.

Carey Mulligan est donc la potiche domestique. Elle regarde le bon Ryan défoncer le crâne d'un méchant à coup de talons avec un air un peu bovin, mais qui semble pétri d'intelligence à côté de celui d'autres potiches : celles, complètement dénudées dans le club, qui regardent sans un frémissement une autre scène de violence. La première scène fait bien sûr penser à Gaspar Noé, la seconde à Tarantino. Le problème est que Refn n'a pas le courage jusqu'au-boutiste du premier, ni la verve nerveuse du second.

Soit, si ce film n'est pas celui des femmes, alors peut-être est-ce celui des hommes ? Ryan Gosling hausse une première fois le sourcil après 45 minutes de film, alors qu'il est sur le point d'être tué. A ce stade du film il a dit 17 mots et exprimé 3 sentiments différents : le néant, l'ennui, la surprise amusée. Exactement comme Mads Mikkelsen dans Le guerrier silencieux. L'impassibilité de commande semble donc être la marque de fabrique de notre ami Refn. Les autres acteurs sont des parodies de malfrats, cruels et bêtes, montrés déjà mille fois par Scorsese et tout le cinéma de Hong Kong. Les soudaines explosions de violence ont été vues et revues cent mille fois depuis le choc de Reservoir dogs et la découverte du cinéma coréen. Drive n'apporte strictement rien de neuf de ce côté là. La fourchette plantée dans l'oeil n'impressionne plus personne.

Alors peut-être un peu de mise en scène, qui justifierait le prix du même nom donné à Cannes ? Et bien non, les efforts de Refn se résument à : filmer les visages décadrés, multiplier les ralentis sur les battements de paupières de Gosling et filmer des ombres sur le sol (procédé utilisé de façon autrement plus convaincante dans The Tree of life). La bande son (hors musique) ressemble au bruit d'une scie mal réglée et essaye de faire naître une tension que l'intrigue n'arrive pas à produire elle-même. Ce sont jusqu'au générique de début (très moche) et aux plans de fin qui sont effroyablement quelconques.

Qu'est ce que le film présente d'original ou de digne d'être noté ? A part la séance d'ouverture, superbe d'intensité, je ne vois pas. Le film est empesé, pesant et poseur. C'est donc sans discussion que je décerne le prix de film le plus surestimé de l'année à ce Drive pas du tout in.

Nicolas Winding Refn sur Christoblog : Le guerrier silencieux

 

Vincent Malausa dans les Cahiers du cinéma : " A jouer sur tous les tableaux - hommage, ironie ou pure fascination - Drive multiplie les effets de saute qui menacent sa belle ligne d'intensité. Lorsque cette instabilité affecte la forme même du film - autrement dit son Graal : la question du style - dans la dernière partie, un certain pompiérisme menace même le travail maniériste de l'auteur. "

Jean Baptiste Thoret dans Charlie Hebdo : "... du style mais aucune vision, de belles idées de plans et un sens incontestable de l'épate mais aucune idée de fond, un sens de la surface et du design mais aucune densité. "

La blogosphère est toute acquise à la cause de Refn, sauf Gagor et pierreAfeu, grâce auxquels je ne me sens pas complètement seul.

 

1e

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Triangle

Dans la série Les distributeurs français sont vraiment des cons, je vous présente aujourd'hui un film très amusant, sorti directement en DVD, comme cela arrive maintenant de plus en plus souvent.

Triangle est un film à twist. Comme Sixième sens ou Les autres. Donc il est évidemment très difficile d'en parler sans spoiler, ce que je vais pourtant faire : vous pouvez donc tranquillement continuer à lire, cela ne vous gâchera pas la vision de ce petit bijou.

Durant ses 40 premières minutes, le film parcourt benoitement les sentiers très balisés du film fantastique maritime, façon "paquebot fantôme dans le triangle des Bermudes". Confusément, vous sentez toutefois que quelque chose cloche. Le scénario égrène au passage quelques subtiles fausses pistes qui vous égarent.

Toute cette partie est trop nette, les évènements semblent s'y dérouler comme une sorte de jeu mathématique dont le sens vous échappe. Puis en plein milieu du film, le twist se révèle, ce qui est déjà assez original. Et, si vous êtes d'un tempérament joueur, l'énigme devient alors absolument passionnante : comment l'auteur peut-il se sortir de cet embrouillamini d'une façon raisonnable ? Telle est la question que vous allez alors vous poser constamment jusqu'à la fin.

Comme beaucoup je suppose, je n'ai pas pu résister à re-visionner toute la première partie dans la foulée de la fin. Le jeu de la mignonne et australienne Melissa Georges est parfait, la mise en scène de l'anglais Christopher Smith (Creep, Severance), que je connaissais pas, est élégante et solide.

Je mets une note un poil généreuse (le film a tout de même des défauts, comme les effets spéciaux, un peu sommaires), pour le plaisir ludique éprouvé, le plus grand de ce type depuis belle lurette.

D'autres bons Direct to DVD : Moon / Slice

 

3e

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Ceci n'est pas un film

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/84/36/39/19814584.jpgDifficile de parler de Ceci n'est pas un film sous le seul angle du cinéma.

Rappelons en effet le contexte : le réalisateur, Jafar Panahi, a été condamné en décembre 2010 à 6 ans de prison, et 20 ans d'interdiction de pratiquer son métier et de sortir du pays.

En attendant de connaître le résultat de l'appel, le voici donc cloitré chez lui. Que faire ? Déprimer ? Faire une grève de la faim (comme il l'a fait en 2010) ? Non, prendre sa caméra, et être intelligent. Faire du cinéma.

Bien que réalisé avec trois bouts de ficelle dans une seule pièce, Ceci n'est pas un film parvient à nous faire sentir cette incroyable puissance créatrice qu'ont en eux les réalisateurs. Un tapis, du ruban adhésif et un coussin, et le décor du film rêvé est en place. Panahi raconte le scénario et progressivement l'histoire apparaît. Quelques mouvements décidés de la main, et on voit littéralement le cadre se dessiner devant nous.

A plusieurs moment, Panahi passe des extraits de ses propres films et les commente brillamment. A d'autres, l'émotion, parfaitement maîtrisée la plupart du temps, le submerge : "A quoi bon réaliser un film si on peut le raconter ?" s'exclame-t-il au bord des larmes.

Dans sa deuxième partie, le film prend son envol dans une scène d'anthologie qui débute par un filmage face à face de Panahi (avec son téléphone portable) et de son co-réalisateur Mojtaba Mirtahmasb, lui équipé d'une vraie caméra. Quand Mirtamasb s'en va, Panahi l'accompagne, et tout à coup l'inconnu survient par le biais d'un jeune homme qui sort de l'ascenseur et ramasse les poubelles. Panahi va chercher sa caméra (qui continuait à tourner, car tant que les caméras tournent les cinéastes respirent) et suit le jeune homme en l'interviewant, jusqu'à l'extérieur, où se déroule la fête du feu. Magnifique scène dans laquelle Panahi joue lui-même l'allégorie de sa libération.

Le film est encore plus émouvant lorsqu'on sait qu'il est parvenu au festival de Cannes sur une clé USB, et que sa réalisation fait courir un grave risque aux deux réalisateurs. Résistance de l'artiste contre une bêtise éternelle qu'il tourne en ridicule, et magie éternelle du cinéma : voici le programme de ce courageux moyen métrage (1h15).

Mojtaba Mirtahmasb est emprisonné depuis le 18 septembre. Vous pouvez signer une pétition pour exiger sa libération, ainsi que celle de 4 autres cinéastes iraniens.

 

3e

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Gazette du festival d'été

fest-ete-petit-visuel.jpgComme pour le festival de printemps je vais tenir une gazette pour vous informer des tendances qui se dégagent chez les festivaliers :  ffred, Christophe, Anna, Gagor, Laetitia, pierreAfeu, Robin, Bob Morane, Keira, Luocine, heavenlycreature, Jérémy, Ben, Squizz, Hallyne, Claire, Fabien, Kev44600, Tching, Marcozeblog,

Le règlement complet est ,  et il est toujours possible de s'inscrire en cours de festival. Je rappelle le contenu de la sélection :

10 août : Melancholia de Lars Von Trier
17 août : La piel que habito de Pedro Almodovar
24 août : Les Bien-aimés de Christophe Honoré
31 août : La guerre est déclarée de Valérie Donzelli
7 septembre : Habemus papam de Nanni Moretti
14 septembre : La fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et et Bruno Romy
14 septembre : Crazy, stupid, love de John Requa et Glenn Ficcara

21 septembre : L'Apollonide, souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello
21 septembre : Restless de Gus Van Sant
28 septembre : We need to talk about Kevin de Lynne Ramsay

Bon festival à tous, c'est parti.

4 octobre

Hallyne a voté, provoquant de nouveaux bouleversements en haut du classement. Pour donner une idée, le deuxième à 71 points, le troisième 70 et le quatrième 69 !

J'ai travaillé toute la soirée sur le programme du festival d'automne, lisant a peu près tout ce qui est trouvable sur les films en lice sur internet et visionnant tous les trailers.

Faites moi confiance (vous ai-je déçu pour ce festival d'été ?), le bon équilibre entre les styles, les nationalités et les dates de sortie est le suivant :

9 novembre : Contagion de Steven Soderbergh

  16 novembre : 50/50 de Jonathan Levine

23 novembre : L'art d'aimer d'Emmanuel Mouret

7 décembre : Carnage de Roman Polanski

7 décembre : Shame de Steve McQueen

  14 décembre : 17 filles de Delphine et Muriel Coulin

  21 décembre : A dangerous method de David Cronenberg

3 octobre

Suite aux votes de pierreAfeu, heavenlycreature, et Marcozeblog, Melancholia effectue une incroyable remontée et pointe désormais non loin de la tête de la course (28 points amassés avec ces trois votes).

Certains participants ont abandonné en cours de route, mais j'attends encore au moins encore 3 votants... quel suspense ! Quatre films peuvent l'emporter désormais.

2 octobre (suite)

Ont voté : ffred, neil, Bob Morane, myself, Squizz, Gagor,

Je n'ai jamais vu de festival aussi serré ! Un trio de films se dégage : 48, 47 et 46 points. Hum, les prochains votants vont-ils faire évoluer la situation ? Pierre ? Fabrice ?

Les 6 votants ont désigné 5 premiers différents : Melancholia, La guerre est déclarée, We need to talk about Kevin, Restless et La piel que habito.

Dans les autres catégories les votes sont aussi très dispersés, par exemple 6 films différents sont cités pour le prix spécial. Il y a des ex aequo pour les scénario, les acteurs, les réalisateurs.

Je signale que j'accepte par ailleurs la nomination collective des actrices de l'Apollonide.

2 octobre

Deux votes sont arrivés cet après-midi, mais pour que tout le monde puisse voir tous les films, y compris We need to talk about Kevin, je prolonge la date limite d'envoi des résultats à dimanche 9 octobre, midi.

30 septembre

Il vous reste tout le week-end pour compléter votre programme ! Dommage qu'il fasse beau....

Ont rendu leur copie, dans l'ordre d'arrivée dans ma boite mail : ffred, neil, Bob Morane, myself,

J'ai en effet vu hier soir le dernier opus de la sélection, We need to talk about Kevin, qui m'a passablement énervé, comme vous pourrez le lire dans ma critique à venir. Si certains veulent négocier un petit délai supplémentaire, il faut m'écrire. Vous pouvez aussi contester ou approuver la sélection du futur festival d'automne, cf ci-dessous.

22 septembre

Une fois de plus c'est ffred qui a fini le premier, et je sens qu'il va me rendre sa copie en primeur, donnant tout de suite une tonalité aux résultats. Un jour, je l'aurai, je l'aurai.

21 septembre

Suspense intégral pour les 15 derniers jours du festival, qui s'avère être pour moi d'un niveau jamais atteint ! Je pensais être clair dans mon classement avant d'avoir vu Restless, qui a tout (moi et mon classement) bouleversé. Je suis tenté de dresser un parallèle osé entre ce dernier et La guerre est déclarée : même lutte de la vie contre la mort, et d''ailleurs, leur titre ne sont-ils pas synonymes ? Parmi les blogueurs, plusieurs ne sont plus qu'à un film de la fin : c'est mon cas, mais aussi celui de neil et de  ffred. Encore un effort, amis cinéphages !

Et je travaille sur le programme du festival d'automne, vous ne vous en sortirez pas comme ça.

13 septembre

Pour ma part j'ai vu les 6 premiers films et je peux vous révéler le premier (pour l'instant) : La guerre est déclarée. Et le dernier : Habemus papam. Sinon, la compétition va être extrêmement serrée, vous pouvez vous en rendre compte en lisant les artcicles des uns et des autres. Voici un décompte des articles publiés sur chaque blog (avec mes excuses pour les erreurs éventuelles) : neil (7),  ffred (5), Christophe (4), Anna (2), Gagor, Laetitia (5), pierreAfeu (5), Robin (2), Bob Morane (6), Keira (5), Luocine (3), heavenlycreature (5), Jérémy, Ben (1), Squizz (4), Hallyne (1), Claire (1), Fabien (1), Kev44600 (2), Tching (3), Marcozeblog (4)

2 septembre

Le plus avancé en matière de billets est neil, qui a vu presque tous les films ! La compétition s'annonce très ouverte puisque de façon curieuse et inhabituelle les films sortis (Melancholia, Les bien-aimés, La guerre est déclarée) sont appréciés de 1 à 4 **** suivant les blogueurs. La piel que habito est en moyenne apprécié, mais sans plus. Bien malin qui pourrait dire le gagnant si l'on votait aujourd'hui.  Pour l'interprétation féminine je me permets de suggérer une favorite, Chiara Mastroianni, rayonnante dans le film de Honoré.

28 août

C'est sûrement à cause des vacances, mais on attend toujours la première critique concernant le festival sur plusieurs blogs de participants :  Christophe, Anna, Gagor, Robin, Hallyne, Claire, Kev44600, Tching, mais ça ne saurait tarder j'en suis sûr. Parmi les nouveaux participants, vous pouvez lire des avis sur Melancholia chez Keira, Luocine et Laetitia. Les premiers articles sur Les biens-aimés sont plutôt bons, et confirment que la compétition va être très serrée. Sur Christophe Honoré, je vous conseille une série d'article passionante chez Phil Siné.

25 août

Les allocinéens se débattent avec leur transfert vers Overblog. Von Trier et Almodovar semblent au coude à coude pour ce début de festival, avec une légère avance pour ce dernier. Les autres films, sortis ou non (Les biens aimés, La guerre est déclarée, Habemus papam) arrivent avec des avis très élogieux (au moins 1 blogueur a donné la note maximale à chacun d'entre eux) - ou moins. Cf ci-dessous, et les blogs de  ffred, heavenlycreature, neil, pierreAfeu. Les débats risquent d'être d'agités...

20 août

Et voilà. Première ligne de fracture autour de Melancholia. D'un côté, ceux qui ont aimé, c'est à dire presque tout le monde, de l'autre ... moi ... et qui ? Je me sens un peu seul sur ce coup là. Heureusement que Pierre Murat dit (un peu) ce que je pense dans Télérama : "Melancholia marque un retour à un dandysme pompier, factice et vain". Je vous conseille aussi la longue, précise et remarquable critique de Rémi.

 

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We need to talk about Kevin

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/94/48/19736304.jpgLe problème avec les films comme We need to talk about Kevin, c'est que leur scénario est tellement fort qu'il vampirise le film.

 

Autrement dit, l'histoire garde sa force que le film soit un chef d'oeuvre, ou qu'il soit tourné avec les pieds, ce qui est plutôt le cas ici.

 

Rappelons brièvement le pitch : les relations amour / haine d'une mère et de son fils, conduisant (ou pas ?) ce dernier à tuer quelques uns de ses camarades de classe, dans la plus pure tradition Columbine.

 

Ce que je reproche au film tient principalement en deux points : il n'a pas de style, et il est beaucoup trop explicatif.

 

Sur le style, pas la peine de s'étendre, il ne ressemble à rien. Les flashbacks sont placés au petit bonheur, Lynne Ramsay semble toujours expérimenter de nouveaux trucs sans en fixer un en particulier, et sa direction d'acteur est très sommaire. Tilda Swinton joue sur un seul registre : bouche mi-ouverte, regard égaré. Ezra Miller a invariablement l'air de celui qui sait des choses que les autres ne savent pas, habité à l'évidence par des forces malfaisantes.

 

Le film nous assène ensuite tous les clichés imaginables dans ce type de situtation, dont le plus énorme : si Kevin a fait ça, c'est à cause d'Oedipe bien sûr. Et pour qu'on comprenne bien, le film accumule les scènes édifiantes : petit Kevin assiste à une fellation de maman sur papa, grand Kevin est surpris par maman en train de se masturber. Bref, c'est lourd, c'est surligné au fluo, c'est léger comme un char d'assaut. De plus Lynne Ramsay évite de nous montrer les scènes charnières du film (ce qui concerne la petite fille, le massacre lui-même). Vous allez me dire que c'est plein de délicatesse, mais je pense que c'est plutôt un évitement. Je trouve enfin que tout le film baigne dans une atmosphère non réaliste qui est assez gênante.

 

Si We need to talk about Kevin laisse tout de même une "impression durable de malaise", suivant l'expression consacrée, c'est donc presque à son insu.

 

2e

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Carte postale de New York

CP1NewYork

  L'AMC / New York

Par Amélie

 

Après de nombreuses années à Paris et quelques mois à Washington DC, je suis désormais installée à New York depuis début 2011. Dans cette « carte postale » commandée par Chris, je vous parlerai de l’accessibilité des salles de cinéma aux États-Unis.

Compte tenu de la puissance de l’industrie cinématographique américaine, on pourrait s’attendre a ce que le cinéma soit omniprésent dans la vie des Américains. Et pourtant, il occupe un rôle moins important que dans la vie des Français.

Ce qui m’a tout de suite frappé en découvrant les grandes villes américaines, c’est la difficulté à trouver une salle de cinéma. Manhattan et San Francisco ne comptent qu’une quinzaine de salles chacune, en incluant les petits cinémas indépendants (mais en excluant les institutions telles que le MoMA projetant occasionnellement), et on peut marcher longtemps sans en croiser une. Prenez Times Square : il n’y a que 2 complexes de cinéma, alors que l’on en compte 8 autour des Champs Élysées.

Une fois la salle de cinéma identifiée, une autre mauvaise surprise vous attend : les places coûtent 12 à 14 dollars, et les tarifs étudiants n’existent pas. A ce prix-là, on croise les doigts pour que le film soit réussi ! Beaucoup d’Américains choisissent de surcroit de s’arrêter au stand popcorn-boisson, ce qui fait vite monter l’addition.

Certaines personnes autour de moi ont décidé de rayer les salles de cinéma de leur vie, lorsque la peur des punaises de lit est devenue trop forte ou que la naissance d’un bébé impose de prendre une baby-sitter pour sortir. Au-delà de ces problèmes, la télévision est de plus en plus omniprésente avec le développement de séries de haute qualité. Avant les bandes-annonces, les cinémas AMC Loews font désormais 15 minutes de « previews » consacrées aux nouvelles séries télévisées. Enfin, tous les cinéphiles ont un abonnement à Netflix, qui offre un streaming illimité de films et séries pour 7,99 dollars par mois.

Pour ma part, je résiste autant que possible aux contraintes locales, y compris de bruyants spectateurs, car rien ne remplace l’expérience du grand écran. J’ai la chance d’habiter dans l’unique triangle d’or du cinéma new-yorkais : dans un rayon de 5 minutes de marche, j’ai accès à un multiplexe AMC, un cinéma indépendant, et à la Film Society du Lincoln Center. Ce dernier m’offre l’opportunité d’assister à des festivals en présences des acteurs et réalisateurs, ce qui fait oublier le coût élevé de la séance (parfois plus de 20 dollars).

Car oui, c’est ça la magie de New York : les films ne sont que modérément accessibles, mais les stars sont là ! Depuis janvier, j’ai eu la chance de voir entre autres Martin Scorsese, Robert De Niro, Oliver Stone, Cédric Klapisch, Mike Nichols, Jason Reitman et Alba Rohrwacher. Toutes les semaines, je lis dans la presse que Robin Williams, Sandra Bullock, Jennifer Lopez ou encore Bradley Cooper sont en balade ou en tournage à côté de chez moi, et telle une groupie, j’espère bien les croiser dans la rue un de ces jours !

 

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Le cochon de Gaza

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/78/66/19760245.jpgJe craignais le pire en allant voir ce film. Le pire étant une pochade lourde et surtout illégitime. Rappelons que le film est tourné par un écrivain français, Sylvain Estibal,  et traite de l'irruption d'un cochon du Vietman dans la vie d'un pauvre pêcheur palestinien.

 

Si le film fonctionne, c'est principalement grâce à deux choses.

 

La première est la performance assez sidérante de l'acteur Sason Gabai, qu'on avait vu former un couple exceptionnel avec Ronit Elkabetz dans La visite de la fanfare. J'avais lu qu'il évoquait lui-même Chaplin dans son approche du personnage, et cela m'avait paru très prétentieux, mais force est de reconnaître qu'il y a un peu de ça. A la fois, lunaire, décidé et pauvre, il arrive à composer un personnage crédible et attachant.

 

La seconde, c'est la faculté du scénario à nous contredire à chaque fois que l'on pense savoir où il va nous entraîner. Si le commencement laisse présager une fable, on comprend vite que le conflit israelo-palestinien n'est finalement que l'arrière-plan d'une entreprise de démolition qui relève plus de la farce universelle. Puis, un retournement de situation dont je ne peux parler nous entraîne carrément ailleurs, dans un registre beaucoup plus grave. Les scènes de fin décollent vers un n'importe quoi qu'on jugera salutaire si on est gentil, et foutraque si on l'est moins. En tout cas, une fois de plus, elles sont inatendues.

 

J'ai passé un bon moment devant ce film bizarre, mal fagotté, beaucoup moins drôle et beaucoup plus intrigant que la bande-annonce le laisse présager.

 

3e

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Blackthorn

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/85/30/86/19782243.jpgEntraîné par un bouche à oreille assez enthousiaste, et ne détestant pas, finalement, me frotter à ce vieux genre jamais mort qu'est le western, me voilà parti pour voir le film que personne n'attendait.

 

Le début est assez intéressant. L'action se déroule en Amérique du Sud, dans une vallée montagneuse et humide, ce qui provoque un plaisant dépaysement. Et puis Sam Shepard est joli à regarder, comme le paysage, et comme sa gentille employée - et amante, l'Empire américain sachant toujours féconder les indigènes pour leur bonheur.

 

Les premiers flashbacks, très mauvais (genre Les mystères de l'Ouest racontés aux enfants), m'inquiètent un peu. Et c'est progressivement le film qui s'écroule progressivement, à leur suite. L'intrigue est assez basique, les personnages sont dessinés à la hache, et surtout les décors sont trop beaux, trop tape-à-l'oeil, pas assez au service de l'histoire. Le sommet de cette veine Butch Cassidy rend visite au  National Geographic est atteint dans ce fameux désert blanc, lors de confrontations sans réalisme et sans enjeux psychologiques.

 

Le film accumule alors tous les clichés possibles, ne renouvelant absolument pas le genre, mais le parodiant, le faisant sonner creux et vide. Plus l'histoire avance, plus la qualité des flashbacks empire, et plus les personnages s'engluent dans des poncifs ridicules, finissant par nous faire regretter de ne pas être aller voir Warrior ou La guerre des boutons à la place, c'est dire.

 

C'est beau comme un livre sur papier glacé, et raté dans les grandes largeurs.

 

Nouveau western sur Christoblog : La dernière piste

 

1e

 

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Attenberg

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/79/63/12/19655898.jpgDrôle de film, vu lors du festival Paris Cinéma, et qui sort aujourd'hui.

 

On parle à propos de sa réalisatrice Athina Rachel Tsangari et de Giorgos Lanthinos (Canine), d'une nouvelle vague grecque. D'ailleurs, Rachel Tsangari à fondé la société de production qui produit les films de Lanthinos (dont le dernier long-métrage, Alps, est en post-production).

 

Et c'est vrai qu'il y a quelque chose d'intéressant dans Attenberg, intéressant mais un peu trop intellectuel. Pour donner une idée, je dirais qu'on a peu l'impression de voir un "Godard aux Balkans".

 

La Grèce que montre Rachel Tsangari est celle des environs d'une usine d'aluminium Péchiney, auprès de laquelle les Français ont construit une citée blanche façon Le Corbusier, et qui semble abandonnée. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'on est très loin des clichés touristiques. Ici, il fait gris, il pleut, et les jeunes gens s'ennuient.

 

Le personnage de Marina vit auprès de son père, qui meurt d'un cancer. Ce n'est donc pas gai, gai. Elle a une copine qui lui apprend à embrasser (est-elle imaginaire, est-elle réelle, on peut s'interroger). Elle rencontre un ingénieur (Lanthinos lui-même) et découvre l'amour physique. Mort du père vs apprentissage du sexe : bonjour la psychanalyse. Elle est passionnée par les documentaires animaliers de Sir David Attenborough (d'où le titre).

 

Le film fonctionne donc sur la base des couples Marina/son père, Marina/Bellla, Marina/l'ingénieur dont le plus intéressant est pour moi le premier, et de loin. Le vieil architecte un peu anarchiste compose en effet un personnage troublant et attendrissant, lui qui veut quitter un XXème siècle qu'il juge "très surestimé", et qui le fait, avec beaucoup de classe. L'actrice française Ariane Labed, qui a grandi en Grèce, est une révélation (prix d'interprétation féminine à Venise et Angers).

 

Pour le reste on pourra être énervé par une image un peu sale, des gimmicks auteurisants, comme les intermèdes durant lesquels les deux amies singent des animaux, comme ce ralenti sur une chanson de Françoise Hardy ou comme ce très long plan fixe qui clot le film sur une ronde de camion.

 

La renaissance d'un cinéma, à suivre.

 

2e

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Restless

RestlessQue ce soit bien clair : Restless est magnifique, automnal, tendre, lumineux, amusant, intrigant, délicat, frais, modeste, mystérieux, céleste, impeccable, raffiné, ambitieux, habité, aérien, subtil, dense, émouvant, surprenant, hanté, génial, intelligent, doux, romantique, et malicieux.

Mia Wasikowska est fantastique, Henry Hopper remarquable, la caméra semble déplacée par un ange, et la nature elle-même se met à l'unisson d'un film qui fait rire et pleurer d'un même allant.

La mort est partout, mais l'amour aussi, et le film trace sa route délicate et légère comme une plume, entre les deux.

Un chef d'oeuvre triste et joyeux, funèbre et amoureux.

 

4e

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1 article = 1 film

Vous qui visitez régulièrement Christoblog, je vous conseille (mais bon, vous faites ce que voulez, hein) de mettre un lien dans vos favoris vers la communauté Overblog 1 article = 1 film.

 

Si vous cherchez un avis sur un film récent, vous le trouverez probablement sur 1 article = 1 film, qui regroupe au fil de l'eau les billets d'une vingtaine de blogueurs cinéphiles. Et de temps en temps, vous pourrez réviser vos classiques en parcourant la critique d'un film plus ancien...

 

Pour les blogueurs d'Overblog, la communauté vous est évidemment ouverte, à condition de n'y proposer que des articles qui respectent la règle de base : "1 article = 1 avis sur un seul film". C'est facile, vous n'avez qu'à cliquer sur "Rejoindre cette communauté".

 

Les blogs participants :


Le Ciné de Fred

Les films de Fab

Le cinéma de Platinoch

Le ciné de neil

Persistance Rétinienne

Le blog de l'évolution

The Screen Addict

Le blog cinéma de Phil Siné 

The Chippily Show

Le blog de Jul

A Life at the Movies

The Season of Margaux

Un cactus au ciné

En Salles

Laetitia Beranger

Critiques cinéma

Claire dans les salles obscures

Fragments d'âme

Seuil critique(s)

Ptit'ciné, le blog

Le blog du 7e art

Tching's Ciné

Viva el cinema

Cinépolis

Mon humble avis

Goin' to the movies

Deuxième Séance...

Ciné-Fri

 

A bientôt.

 

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La grotte des rêves perdus

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/09/79/19665320.jpgJe voudrais commencer par m'adresser à mes ancêtres d'il y a 32 000 ans qui ont peint les chefs-d'oeuvre que montre le film : la frise des chevaux et le panneau des lions, en particulier. Je voudrais leur dire (et je pense tout spécialement à celui qui a un petit doigt tordu, et qui s'amusait à imprimer une trace de sa main sur un gros rocher) que leur travail m'a absolument sidéré, et que je leur donne un millier d'étoiles : 4e4e...

 

Penser à eux m'emplit d'une sorte de nostalgie liquide, je m'enfonce dans des rêveries qui aboutissent toujours à la même conclusion : nous avons réalisé si peu de progrès depuis trente siècles. Je pense par exemple à un rhinocéros figuré avec plusieurs pattes, en mouvement, comme une préfiguration du cinéma.

 

Bon, enfin, on n'est pas là pour parler préhistoire, mais cinéma. Notre ami Werner Herzog sabote totalement son sujet en hésitant dans son choix de point de vue. Parfois grandiloquent, toujours égocentrique, et dérapant de temps en temps vers le n'importe quoi (il y a des crocodiles albinos de centrales nucléaires), il ne convainc pas du tout. C'est plat, sans intérêt (autre que celui de son sujet) et parfois même pataud.

 

On aurait aimé plus d'apports scientifiques et/ou plus d'émotions partagées. Au lieu de quoi, Herzog nous impose sa vision auto-centrée, à tel point que lui et son équipe figurent sur toutes les photos du film sur internet.

 

En bref, économisez 5 à 7 euros : faites un tour sur le beau site officiel de la grotte Chauvet.

 

1e

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Crazy, Stupid, Love

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/82/68/61/19793413.jpgCe qu'il y a de mieux dans Crazy, Stupid, Love c'est l'affiche.

Elle est vraiment jolie avec ses trois photos, ses trois mots qui lui font écho, et son fond noir. Ensuite bien sûr, il y a Ryan Gosling, l'acteur qui monte, qui monte (et c'est le cas de le dire dans ce film si je peux me permettre !!). Certain(e)s l'apprécieront pour ... humm, disons, enfin vous voyez ... et d'autres, comme moi, pour son jeu très attachant, sa façon de froncer les sourcils en accent circonflexe l'air de ne pas y toucher.

Sinon, le film ne présente pas beaucoup d'autres caractéristiques enthousiasmantes. On peut porter à son crédit ce qu'il n'est pas : pas vulgaire comme la plupart des comédies US actuelles, pas complètement dénué de scénario (les rebondissements de la deuxième partie sont plaisants), pas mal réalisé, n'usant pas de ficelles trop grossières.

Il reste cependant un produit très formaté (beaucoup plus que le précédent opus du tandem Requa / Ficarra, I love you Phillip Morris), dont pas grand-chose ne dépasse et qui se termine par un classique happy-end larmoyant. 

Le point fort du film est sans nul doute son casting, assez convaincant.

Ah oui, il faut dire qu'on ne rit pas, ou si peu, ce qui est étrange pour une comédie sentimentale, qui en réalité est ici beaucoup plus sentimentale que comique.

 

2e

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L'Apollonide, souvenirs de la maison close

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/94/26/19813240.jpgHier au Katorza, à Nantes, Bertrand Bonello était tout de noir vêtu. Il a très bien parlé de son film, pendant près d'une heure, sur un ton à la fois persuasif et humble, répondant avec patience au flot de questions d'une salle sous le charme de son film.

Avant de donner mon avis personnel, quelques anecdotes glanées lors de cette heure d'échange : l'Apollonide est le nom de la maison de son grand-père, le casting a été la partie la plus ardue du film (mélange d'actrices renommées et de non-professionnelles), Bertrand Bonello s'est souvenu d'une vision d'un film qui l'a marqué dans son enfance (L'homme qui rit) pour créer son personnage de la femme qui rit, et le rêve raconté dans le film lui a été donné par une femme de sa connaisance qui l'a vraiment fait. Comme quoi, mieux vaut faire gaffe quand on cause à un réalisateur.

Le film maintenant. Probablement un des plus beaux, des plus complexes, et des plus construits de l'année. Il regorge tellement d'idées de mise en scène différentes et contrastées (split screen, musique soul sur une histoire se déroulant au début du XXème siècle, glissements temporels, bande-son destructurée) qu'il paraît bien difficile qu'un spectateur adhère à toutes. Pour ma part, la fin m'a par exemple déçu (je ne peux en dire plus sans spoiler horriblement).

D'un point de vue cinématographique le film est cependant (et objectivement, vous me connaissez) une merveille. La photographie est splendide, les lumières exceptionnelles. On a plusieurs fois l'impression de voir un tableau vivant. Les mouvements de caméra sont parfois stupéfiants (le panoramique vertical de 360 d°). 

Le choeur des 12 actrices est remarquable et mérite à lui seul qu'on aille voir le film. Jamais, je pense, je n'ai vu au cinéma un groupe aussi homogène d'actrices, en terme de style, comme en terme de qualité de leur performance. Enfin, et c'est là que le film se distingue le plus, il faut attirer l'attention sur le montage, prodigieux. Bonello réussit à jouer avec le temps (à défaut de pouvoir agir sur l'espace, la maison close étant un espace confiné par définition) d'une façon qui emporte l'admiration, en jouant le plus souvent simplement sur une certaine façon d'interrompre brutalement des scènes par ailleurs assez lentes, voire languides. Cet art du montage entraîne le film dans une sorte de spirale ascentionnelle sans fin, qui entre en écho avec les étages de la maison, toujours devinés mais jamais clairement définis.

Il y a beaucoup, beaucoup à dire sur ce film sous d'autres angles encore, politique, féministe, érotique (mais comment peut-il l'être si peu ?), mais je vais m'arrêter là pour laisser à d'autres le plaisir de compléter mon approche.

Un film puissant, à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui laisse une impression de poésie et de mélancolie durable.

 

4e                                       

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