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Christoblog

Bons baisers de Bruges

Brendan Gleeson. SNDRégulièrement arrivent ces derniers temps de très bonnes comédies anglo-saxones. L'année dernière dans la veine comédie dramatique (et grinçante), c'était Little Miss Sunshine. En début de cette année, en tant que comédie sentimentale, c'était Juno.

Et cette fois-ci c'est dans le genre comédie policière anglaise que se distingue Bon baisers de Bruges (Le titre original In Bruges est bien meilleur).

Le scénario est particulièrement bien ficelé. Le contraste entre nos deux acolytes et la merveilleuse cité médiévale, filmée à la fois comme un endroit rêvé et un lieu touristique à consommer, est en soi porteur de multiples ressorts Jordan Prentice. SNDdramatiques et comiques.

Les acteurs sont fameux, Colin Farrell en multipliant les mimiques infantiles est irrésistible, Brendan Gleeson, autre acteur irlandais dégage une force tranquille et son jeu nuancé est un parfait contrepoint aux accès juvéniles de Farrell, irlandais lui aussi. Enfin Ralph Fiennes est parfait en Harry (un ami qui vous veut du mal) sec, impitoyable et ne rigolant pas avec l'honneur (y compris pour lui même).

Le film au final ne ressemble à rien de connu. Le caractère totalement imprévisible de l'histoire et les situations burlesques - voir surréalistes - font penser à Tarantino (dans les face à face, impossible de dire à l'avance qui va tuer qui), mais la patine anglaise donne un film très européen, et aussi très anti-américain.

Une excellente soirée.

 

3e

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Be happy

Eddie Marsan et Sally Hawkins. MK2 DiffusionPoppy est merveilleuse, pleine de vie et de fantaisie, rayon de soleil dans la grisaille de Londres, toujours enthousiaste, altruiste, voulant le bonheur de tous.

Souriante, gaie, voyant le bon côté des choses, patiente avec les enfants. Que des qualités ! (sauf les fringues, mais elle anglaise, donc à moitié pardonnée).


Poppy est chiante, factice, maniérée. Poppy est aveugle à ce qui l'entoure, elle veut être dans l'empathie mais n'y est jamais vraiment. Poppy n'écoute pas les autres. Sa bonne humeur chronique est un danger public, un pousse au meurtre, ou au viol. Elle porte sur les nerfs. Ses amis en ont marre, les mecs la fuient (qui aurait envie de vivre avec une Chantal Goya hystérique ?).

Mike Leigh est un cinéaste subtil, qui peint un Londres attendrissant, qui dirige ses acteurs à la perfection (extraordinaire Scott !), qui arrive à montrer comment l'enfer est pavé de bonnes intentions.


Mike Leigh est un cinéaste opportuniste qui a perdu la force sèche de ses premiers longs métrages et qui se fourvoie dans une comédie sentimentale qui commence comme un Woody Allen, se finit comme un Amélie Poulain et a essayé entre temps de se prendre pour l'Almodovar des débuts (Pepi..).

Faites votre choix. En ce qui me concerne je me suis ennuyé pendant de longs moments et Poppy m'a plus énervé qu'amusé, mais je comprends que l'inverse soit vrai.


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Gomorra

Le PacteQuand on a lu le livre avant de voir le film, on est toujours déçu. Ce vieil adage de lecteur cinéphile se vérifie une fois de plus avec Gomorra.

Le livre de Roberto Saviano est une bombe documento-romanesque. Tout y est : des visions d'apocalypse (comme le premier chapître, qui donnerait une scène d'ouverture au film beaucoup plus forte que la vraie, déjà vue cent fois chez Scorsese et d'autres), des histoires romanesques, de la profondeur psychologique et sociologique. Le livre est à la fois un brûlot politique et un écrit plein de suspense (l'écrivain est infiltré). Bref de la matière à cinéma.

Le résultat filmé est décevant. Face à la richesse surabondante du livre, Matteo Garrone a sélectionné quelques destins individuels. Mais sans le background explicatif et journalistique du livre, les maigres intrigues du film deviennent presque incompréhensibles (qui comprendra pourquoi Maria est tuée ? comment fonctionne le marché de la contrefaçon et à quoi correspondent les enchères que montre le film ?), et on a beaucoup de difficultés à s'attacher aux personnages.

L'ennui n'est pas loin, surtout dans la première partie du film.

Reste une mise en scène assez élégante, mélangeant avec bonheur le style "caméra à l'épaule" et une recherche esthétique et mélancolique dans les tons et les ambiances (la voiture accidentée parmi les fausses statues, le buldozzer sur la plage...).

La récompense cannoise semble un peu généreuse, c'est probablement le caractère social du film qui l'explique. Un conseil : lisez le livre.

 

2e

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Scoop

Je profite de l'été et des soldes sur les DVD pour voir des films que j'ai raté à leur sortie.

Ainsi, j'attendais beaucoup de Scoop. Trop sûrement.

J'ai adoré Match Point, trouvant que Woody Allen revenait en pleine forme après toute une série de film mineurs et presque auto parodiques.

Si Scoop n'est pas nul, il n'est pas réussi non plus. Le scénario, beaucoup plus prévisible et moins retors que celui de Match Point, ne vaut pas grand chose. L'idée du bateau de la mort est une belle idée, qui rappelle la fantaisie du Woody du tout début, mais elle n'est pas vraiment exploitée.

Woody lui même, en tant qu'acteur, en fait beaucoup trop, même si l'idée du magicien / metteur en scène est intéressante. Il finit par être ridicule, on dirait du Luchini sous amphétamine. Hugh Jackman est transparent. Scarlett Johansson est par contre absolument craquante et on voit bien que notre tombeur de Woody est tombé amoureux d'elle et lui offre ce film comme un écrin. Il faut dire qu'avec ses lunettes et ses moues de fille un peu bêtasse elle est vraiment renversante.

 

2e

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