Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 10:01

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/52/86/20052374.jpgChercher le garçon est un film assez déconcertant.

 

Vu sous un angle purement objectif il faut bien reconnaître qu'il apparaît plutôt comme une petite chose bricolée à la va-vite, sans moyen et aussi sans grande ambition. D'un format plus proche du moyen-métrage que du long (le film dure 1h10), Chercher le garçon est un objet non identifié, guilty pleasure de samedi soir, dont la vision est à la fois agréable et sans conséquence.

 

Le personnage principal, jouée par Sophie Cattani (la mère de la petite fille dans Tomboy), a 35 ans, et cherche l'homme de sa vie sur Meet Me. S'en suit une dizaine de rencontres qui réserveront chacune surprises ... et déceptions.

 

Les comédiens n'avaient aucune ligne de texte pour ces rencontres. Ils disposaient seulement de leur "profil" et ensuite devaient improviser, un peu comme lors d'une vraie rencontre. A l'écran, cette improvision se ressent nettement, avec des phrases qui se superposent, des regards vraiment étonnés, des mimiques de protection. C'est suprenant.

 

Le film gagne de cette façon une fraîcheur assez étonnante, bien servie par une utilisation optimale des décors naturels de Marseille et de ses environs, et de son folklore (Aurélie Vaneck, actrice dans Plus belle la vie, joue son propre rôle). La morale de l'histoire est un peu (beaucoup) bateau : finalement les deux rencontres que fait Emilie (un ami et un amoureux) seront dues au hasard et pas à Meet Me, évidemment !

 

Le film est toutefois à conseiller, pour ses airs de Rohmer méridional. A noter qu'Emmanuel Mouret est crédité au générique de fin, en rapport avec le scénario. Le film ne ressemble pourtant pas à du Mouret, sauf parfois par le côté incisif de certaines répliques.

 

2e

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Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 00:00

http://a2.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash3/p480x480/554838_374442749280485_258488247542603_1052870_54323063_n.jpghttp://a6.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash3/p480x480/525862_373297519395008_258488247542603_1050105_1294201829_n.jpghttp://distilleryimage11.s3.amazonaws.com/521f0adca24f11e1abb01231382049c1_6.jpghttp://distilleryimage6.s3.amazonaws.com/404ea58aa63511e18cf91231380fd29b_6.jpghttp://distilleryimage5.s3.amazonaws.com/06b72cc0a63511e1b2fe1231380205bf_6.jpghttp://distilleryimage7.s3.amazonaws.com/b2bc4ad8a68e11e1989612313815112c_6.jpghttp://distilleryimage6.s3.amazonaws.com/a0982aaea4fc11e1b10e123138105d6b_6.jpghttp://distilleryimage3.s3.amazonaws.com/d0234626a5c111e1b2fe1231380205bf_6.jpghttp://distilleryimage5.s3.amazonaws.com/5bb82e6ca63111e1a92a1231381b6f02_6.jpghttp://distilleryimage7.s3.amazonaws.com/06b36f6ca63111e19dc71231380fe523_6.jpghttp://distilleryimage8.s3.amazonaws.com/d7604460a63511e1a9f71231382044a1_6.jpghttp://distilleryimage3.s3.amazonaws.com/47e841e2a37511e1b9f1123138140926_6.jpghttp://distilleryimage1.s3.amazonaws.com/f26aa5bca7c411e1aebc1231381b647a_6.jpghttp://distilleryimage5.s3.amazonaws.com/ba594ff0a63111e1af7612313813f8e8_6.jpg

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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 22:48

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/84/19/20069453.jpgQuel bonheur de voir enfin un film qui raconte une histoire complexe, et qui le fait bien. Quel plaisir de voir de bons acteurs qui émeuvent, un scénario malin et cohérent qui évite d'être simpliste, et un réalisateur qui utilise sa caméra au service de l'histoire qu'il raconte et non pour flatter son égo.

 

Ca fait du bien. Que ce bonheur nous vienne d'un des plus grands pays de cinéma au monde, l'Egypte, me ravit.

 

Les femmes du bus 678 sont trois. Fayza, Seba et Nelly ont toutes les trois subi des violences sexuelles. Elles sont issues de milieux très différents, mais vont être confrontées à des réactions terribles de la part de leurs proches : rejet du mari suite à un viol, pression pour ne pas porter plainte des parents, réactions négatives de l'opinion publique dans un pays où celle qui se fait harceler semble plus coupable que son agresseur... Un tableau glaçant de la condition de la femme en Egypte, mais qui évite le manichéisme et présente une richesse narrative qui empêche le film d'être sèchement didactique.

 

Mohamed Diab parvient à nous passionner à travers les portraits qu'il dessine habilement, dont celui du commissaire de police, bonne pâte pagnolesque absolument délicieux. C'est fort, brillant, généreux, habile. Je pourrais trouver au film quelques menus défauts, mais pour une fois, je n'en ai pas envie.

 

Le cinéma égyptien sur Christoblog, c'est aussi l'excellent Femmes du Caire, dans lequel vous retrouverez la belle actrice qui joue Nelly dans Les femmes du bus 678, Nahed El Seba.

 

3e

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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 23:59

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/66/95/20076212.jpgComme beaucoup de films très attendus, Prometheus déçoit beaucoup.

 

Le début du film est pourtant assez réussi, avec un très beau et mystérieux pré-générique, qui n'a malheureusement aucun rapport avec la suite du film, puis une introduction dans laquelle Michael Fassbender est assez intrigant. Les décors sont jusque là assez plaisants à regarder.

 

Les choses se gâtent ensuite assez vite, le film présentant une propension assez étonnante à passer de l'objet arty à la série Z la plus nulle.

 

Cette glissade vers la médiocrité commence avec des peintures rupestres assez ridicules et grossières, puis continue avec des scènes d'une bêtise crasse (la découverte du pourquoi de la mission après deux ans de sommeil, l'accouchement par césarienne), des personnages annonant des répliques qu'on a entendu 1000 fois, les bégaiements séniles du scénario qui répète son Alien, des caricatures de scènes d'action (oh, qu'ils sont contents de se suicider pour sauver l'humanité, nos trois valeureux pilotes : ils font même des blagues avant de mourir !). Les décors prennent progressivement l'allure d'égypto-visco-barocco-machins en carton pâte. On n'évitera même pas la bondieuserie new-age, ni le truc du robot dont la tête est coupée et qui continue à parler, ni les masques pré-colombiens et africains qui donnent une touche so chic and so world au voyage interstellaire.

 

La fin est bâclée, comme si Ridley Scott souhaitait en finir au plus vite. Bonne nouvelle - attention spoiler : on expédie le décollage du vaisseau de secours en 30 secondes. Mauvaise nouvelle : il y aura une suite.

 

1e

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Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 19:52

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/04/97/20094642.jpgWalter Salles s'égare en route.

 

Son adaptation du livre de Kerouac est platement illustrative. Les paysages sont beaux, le trois acteurs/trices principaux ont de belles gueules, les voitures sont visiblement d'époque, la machine à écrire est sûrement estampillée "véritable modèle utilisée par notre génie", mais l'ensemble distille un ennui profond.

 

Jusqu'au premier voyage, un intérêt poli arrive à surnager. Mais lorsqu'on comprend que le héros va revenir, puis repartir, puis revenir, puis repartir, puis... une sourde terreur nous envahit, nous spectateurs : peut-être le film va-t-il durer 6 heures ? Son émoliente monotonie nous terrasse.

 

Une des caractéristique étonnante et paradoxale du film, c'est qu'il ne parvient pas à nous faire ressentir les grands espaces américains, ce que réussissait bien mieux Into the wild, par exemple.

 

Le film est vraiment bien propre, et même s'il s'essaye à quelques allusions salaces, il s'arrête aux portes du politiquement correct : le récit de la partouze par Dean est soigneusement édulcorée, les relations entre hommes semblent moins explicites que dans les souvenirs d'autres protagonistes (la longue et intense relation homosexuelle entre Carlo / Ginzberg et Dean est ainsi occultée) , etc. Les aventures de Kerouac et de ses compagnons étaient à coup sûr plus trash que ce que veut bien nous montrer le film.

 

Ce ripolinage prudent empêche finalement l'empathie avec la brochette de loustics, qui semblent avoir pris plus de plaisir à tourner le film que nous n'en prenons à le regarder.

 

1e  Palme

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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 20:52

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/59/53/20089910.jpgL'écriture de Don DeLillo est particulièrement hermétique. Dans son roman Cosmopolis, cela donne des choses du genre : "C'étaient des scènes qui l'exaltaient habituellement, cet immense flux rapace où la volonté physique de la ville, les fièvres de l'égo, les affirmations de l'industrie, du commerce et des foules façonnent l'anecdotique dans chacun de ses moments

 

Vous voyez le genre.

 

Et bien le film de Cronenberg est parfaitement conforme au style abscons de DeLillo : il est parfaitement incompréhensible au commun des mortels, et autant vous le dire si vous ne l'avez pas vu, vous ne comprendrez guère qu'une phrase sur deux. En plus, parmi celles qu'on comprend, il y a des répétitions, comme le déjà tristement célèbre "I want a haircut".

 

Que dire de plus ?

 

Pattinson joue avec la conviction d'un mollusque par temps chaud. La mise en scène se résume au défi de tourner à l'intérieur d'une limousine, comme Buried le faisait dans un cercueil. Les scènes fantastiques ou oniriques, qui sont généralement un des points forts de Cronenberg, paraissent ici un peu ridicules et cheaps (les adeptes du rat). L'apparition successive des différents interlocuteurs sous forme de vignettes caricaturales est vaine et lassante. Juliette Binoche fait une apparition qui n'est pas à son avantage.

 

Difficile de faire plus mauvais, d'ailleurs à Cannes les gens partaient nombreux avant la fin de la séance. Amusant : le premier plan de Cosmopolis montre une limousine, le dernier du Carax en montre plusieurs, et les deux se déroulent en grande partie dans un de ces engins. Le navet et le chef d'oeuvre.

 

Un autre extrait pour rire ? "Il voulait être enterré dans son bombardier nucléaire, son Blackjack A. Il voulait être solarisé"

 

Cronenberg sur Christoblog : Les promesses de l'ombre / A dangerous method

 

1e Palme

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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 18:52

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/59/31/20103741.jpgJ'ai la larme très facile au cinéma, ce qui m'oblige souvent à inventer de subtiles manigances au moment où les lumières reviennent dans la salle, pour masquer mon humidité oculaire. Mais en regardant Amour, de Michael Haneke, qui a reçu hier soir la Palme d'Or à Cannes, je n'ai absolument rien ressenti d'émouvant : même pas une goutelette au coin de l'oeil. Rien, nada, que dalle.

 

Ma critique va être donc en complet déphasage avec les avis de la quasi totalité des critiques présents à Cannes, qui se déclarent (presque) tous irrémédiablement touchés par le film.

 

Suis-je donc à ce point insensible ? J'espère que non.

Ce qui s'est passé, c'est que dès le début du film, les grosses ficelles qu'utilise habituellement Haneke m'ont sauté aux yeux, et du coup, l'artificialité glaçante du film a empêché pour moi toute forme d'empathie.

 

Prenons par exemple le parti-pris de réalisme absolu dont beaucoup parlent. Haneke, en montrant un couple d'octagénaires dont la femme sombre dans la déchéance physique suite à une attaque, montrerait "pour de vrai" une agonie. C'est faux ! Ce que montre Haneke reste bien en-dessous de ce qu'est réellement la fin de vie. Le maquillage de l'actrice Emmanuelle Riva est réussi, mais manquent (heureusement ou malheureusement) les rictus horribles, les sécrétions diverses et beaucoup des horreurs réelles qui accompagnent ces moments. Les draps et la chemise de nuit de la malade sont toujours immaculés, et la couche ... ne déborde pas.

 

Le scénario, qui file tout droit comme un clip de promotion de l'euthanasie, ne laisse place qu'à un nombre réduit d'états d'âme chez les différents protagonistes, le père comme la fille, ce qui est aussi très peu réaliste. La machine Haneke, artificielle, compassée et finalement aussi peu dramaturgique que possible, passe évidemment ici beaucoup mieux auprès des spectateurs que quand elle était mise au service des sadiques de Funny Games, mais c'est la même. Que dit finalement le film ? Que voir quelqu'un qu'on aime sombrer dans la déchéance physique est insupportable. Belle découverte ! Et finalement quoi d'autre ? Rien.

 

La mise en scène est à l'image du jeu des acteurs (le phrasé de Trintignant est toujours aussi peu naturel), des décors (très froids, les vues de Paris par les fenêtres sont toutes fausses et cela se voit), de la lumière (trop belle pour être vraie, comme dans la scène du pigeon) : maniérée et désincarnée. Composer de jolis plans fixes de portes, de couloirs et de tableaux aux murs ne suffit pas à faire un film.

 

Au final, et je sais que le terme pourra être mal interprété, Amour me semble être le prototype du film bourgeois. Bourgeois, pas seulement parce qu'il montre (quoique le petit personnel y est caricaturé d'une façon presque insultante) mais aussi par la façon dont il est fait : sagement, académiquement et sans trop fouiller dans les coins.

 

On aimerait un jour voir Haneke plonger un peu plus dans la mêlée, se frotter à d'autres milieux et se mettre plus en danger. On pourrait alors juger plus clairement de ses réelles qualités.

 

Michaele Hanek sur Christoblog : Le ruban blanc

 

2e Palme

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Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 14:51

long4.jpg

 

Premier constat, les 5 premiers films de mon classement (cf ci-dessous) sont réalisés par des Français. Tant mieux, d'autant que je parie sur un gros succès en salle de Camille redouble, tant le film est à la fois émouvant et drôle, un peu à l'image de La guerre est déclarée. L'accueil du public cannois semble d'ailleurs avoir été le même dans les deux cas.

 

Deuxième évidence, la sélection officielle était d'un faible niveau cette année. Trop de films US mainstream et peu originaux (Lawless en est l'exemple type, et sa présence en compétition est même choquante). Trop de ratages pour ceux qui tentent (Reygadas, Cronenberg, Kiarostami). Toute la sélection semble d'ailleurs marquée par un manque évident d'originalité (dans les scénarios, les sujets traités, la mise en scène), dont le symbole pourrait être La chasse, un film dont chaque plan annonce le suivant. Pas d'humour non plus, ni de films de genre. Tout cela fait à dire vrai un peu vieillot et triste. Le joyau Holy motors heureusement a sauvé la semaine, comme l'intelligence et l'audace du jeune Resnais (90 ans !). Mungiu et Losnitza sont deux grands réalisateurs, et leur propos, presque métaphysiques, ont une profondeur qui les démarquent des autres concurrents. Leur deux films, bien que trop longs, resteront dans les mémoires. 

 

Troisième point : les sections parallèles sont apparues du coup comme des réservoirs d'excitation et de découvertes. La Quinzaine des réalisateurs en particulier a joué avec un franc succès la carte de l'humour avec des films à la fois amusants et profonds. Camille redouble, The we and the I, Rengaine, Sightseers et No font rire, sourire, et réfléchir à des degrés divers. De même, les films qui ont fait le buzz sur la Croisette se trouvaient plutôt à Un certain regard qu'en sélection (Les bêtes du Sud sauvage de Benth Zeitlin, Antiviral de Brandon Cronenberg, Laurence anyways de Xavier Dolan, Le grand soir de Délépine / Kervern). Si Thierry Frémeaux avaient mis ces quatre là en sélection, cette dernière aurait pris un bon coup de jeune.

 

Et maintenant mon classement, en attendant la Palme ce soir (qui devrait en toute logique aller à Carax, mais dont je crains qu'elle ne soit attribuée au clip promotionnel pour l'euthanasie d'Haneke) :

 

4e

 

 

Holy motors, de Léos Carax

Camille redouble, de Noémie Lvovsky (QR)

The we and the I, de Michel Gondry (QR)

Vous n'avez encore rien vu, d'Alain Resnais

 

3e

 

 

Rengaine, de Rachid Djaïdani (QR)

Au-delà des collines, de Christian Mungiu (prix du scénario et double prix d'interprétation féminine)

Dans la brume, de Serguei Losnitza

In another country, de Hong Sang-Soo

La part des anges, de Ken Loach (prix du jury)

The paperboy, de Lee Daniels

Sightseers, de Ben Wheatley (QR)

No, de Pablo Larrain (QR)

 

2e

 

Io e te, de Bernardo Bertolucci (HC)

Le repenti, de Merzak Allouache (QR)

Gimme the loot, d'Adam Leon (UCR)

Gangs of Wasseypur, de Anurag Kashyap (QR)

For love's sake, de Takashi Miike (HC)

Noor, de Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti (ACID)

Mud, de Jeff Nichols

Trois mondes, de Catherine Corsini (UCR)

Amour, de Michael Haneke (Palme d'or)

Lawless, de John Hillcoat

 

1e

 

Cosmopolis de David Cronenberg

Le goût de l'argent, de Im Sang-Soo

La chasse, de Thomas Vinterberg (prix d'interprétation masculine)

La Sirga, de William Vega (QR)

Sur la route, de Walter Salles

Miss lovely, de Ashim Ahluwalia (UCR)

3, de Pablo Stoll Ward (QR)

Post tenebras lux, de Carlos Reygadas (prix de la mise en scène)

Like someone in love, d'Abbas Kiarostami

 

HC : Hors compétition

UCR : Un certain regard

QR : Quinzaine des réalisateurs

 

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 20:44

http://www.festival-cannes.fr/assets/Image/2012/Affiche_2012/AFF_web.png

Jour 8 - 26 mai

 

Déception de tôt matin avec Mud, de Jeff Nichols (Take shelter). Le film est classique, trop classique, ce qui constitue un défaut un peu général de la sélection 2012, qui manque d'étincelles. Le film n'est pas affligeant, il est simplement convenu, à l'image de son happy end à l'eau de rose. Il constitue tout de même une belle plongée dans le Sud des USA et dans le monde de l'enfance.

 

Pas grand-chose à dire du dernier film en compétition, Le goût de l'argent, de Im Sang-Soo, dont on se demande ce qu'il fait en compétition. Il s'agit d'une variation un peu vaine sur les mêmes éléments que The housemaid : sexe sur fond de lutte des classes entre domestiques et maîtres, intérieurs design. Là aussi, une fin stupide.

 

Comme c'est un peu l'habitude cette année, c'est dans les compétitions parallèles que je trouve mon bonheur. A Un certain regard d'abord, avec Gimme the loot, un petit film qui fait respirer l'air de New-York, dans le sillage d'un couple d'ados noirs. Nos deux compères (un gars et une fille) se sont mis en tête de tager la célèbre pomme dans le stade des Mets (une des deux équipe de base-ball de NY). Problème : il faut réunir 500 $ pour soudoyer le portier. Un courant d'air frais circule dans ce film.

 

31ème - et dernier -  film de mon périple cannois à la Quinzaine : No, film chilien de Pablo Larrain. Au début très suprenant (écran carré, image un peu trash) le film devient progressivement palpitant. Il montre comment lors d'un référendum organisé par Pinochet en 1988 un jeune publicitaire va changer la donne en orchestrant la campagne du NON. C'est du Mad Men low-fi, avec Gabriel Garcia Bernal dans le rôle principal.

 

En sortant de ce film un peu pointu, je tombe sur une Lamborghini orange V12 immatriculée au Koweit. Salut la Croisette, à la prochaine !

 

 

Jour 7 - 25 mai

 

Début de journée dans un grand éclat de rire avec l'euphorique Camille redouble de Noémie Lvovsky, à la Quinzaine. La salle a réservé une longue ovation pour ce film qui est promis à un grand succès en salle. Il s'agit d'une histoire fantastique, sentimentale et rigolote : foncez-y dès que ça sort.

 

Le retour à la compétition est rude avec le beau et dur Dans la brume du russe Sergei Loznitsa (My joy). Le film est d'une beauté formelle incroyable, et il soulève des questions très profondes sur le sacrifice et le devoir, dans le contexte de la seconde guerre mondiale en Biélorrussie. C'est dommage qu'il soit trop long. Très peu de photographes lors de la montée des marches (une dizaine) et une salle pas complète, mais qui a applaudi longuement le cinéaste et son équipe, visiblement très émue.

 

Contraste saisissant avec ce qui a suivi : une cohue indescriptible pour la montée des marches du Cronenberg à 19h, Pattinson qui roucoule avec Juliette Binoche, 400 invités laissés sur le carreau, des robes de soirée à foison, BHL qui fait son cinéma, le crépitement de milliers de flash, les tops modèles qui défilent ... et un film qui fait flop. Nombreux départs pendant la séance, applaudissements à peine polis et commentaires acerbes des spectateurs à la sortie. Cosmopolis est effroyablement raté, il faut bien le reconnaître.

 

Avant le dodo, petit détour au cinéma de la plage. Un écran géant, des centaines de transats, et une distribution de plaids. J'ai regardé 30 minutes de Red tails, un film américain qui décrit la vie d'un groupe d'aviateurs noirs pendant la seconde guerre mondiale. Un gros machin pyrotechnique sans grand intérêt, mais quel plaisir d'être au cinéma face à la mer, en regardant les mouettes voler et les doigts de pied dans le sable. Georges Lucas himself nous accueillait sur la plage, en tant que producteur. Cannes, c'est ça.

 

Jour 6 - 24 mai

 

Comme c'est maintenant l'habitude je commence la journée avec un film en compétition : The paperboy, de Lee Daniels. Quelques sifflets à la fin et un début de polémique sur la toile que je ne m'explique pas, car il s'agit d'un produit somme toute classique, que j'ai plutôt aimé pour son scénario complexe, la qualité de ses interprètes et le dynamisme de sa mise en scène (Daniels s'est assagi depuis Precious). Pour moi le meilleur film US en compétition. Les puritains seront peut-être choqués d'y voir Nicole Kidman uriner sur Zac Efron. J'embraye ensuite avec ma première séance dans la belle salle Debussy (Un certain regard) : Miss Lovely. Un film qui tente de tracer une voie réaliste dans le paysage du cinéma indien. Pas facile. C'est appliqué, scolaire et raté, sans être honteux. Retour à la compétition avec le pire film vu dans ce cadre : Post Tenebras Lux du sulfureux mexicain Carlos Reygadas, qui joue trop au rugby et à la prétention de faire du Malick sans être Malick, ce qui constitue une grave erreur. Faites moi confiance et n'allez jamais voir ce film, sinon vous le regretterez, je vous le promets.

 

Changement total de décors pour une autre première : un film dans le cadre de la sélection ACID, qui accueille des films sans distributeurs (Les vieux chats y avaient été présentés en 2011). Noor dure 1h18 (ça fait du bien,un film court) et raconte l'histoire d'un transgenre qui ressemble à une femme mais veut devenir un homme. Tourné au Pakistan le film est très plaisant et donne à voir des paysages à couper le souffle.

 

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/56/81/20106605.jpgA la fin de cette journée marathon je tente vaguement ma chance, sans y croire,  pour le nouveau Catherine Corsini, Trois mondes. Et en quelques minutes de patience j'obtiens une invit ... pour le carré VIP. Me voici assis à 1 siège de Pierre Salvadori, et quelques uns  de Catherine Corsini, Clothilde Hesme, Raphaël Personnaz et un peu plus loin Emmanuel Carrère, présenté par Thierry Frémeau comme "le plus grand écrivain français vivant". Le film est un thriller psychologique et sentimental sur le thème bien connu de l'accident-de-voiture-avec-délit-de-fuite-et-culpabilité-du-conducteur. Le film se laisse regarder sans déplaisir même si j'ai trouvé la véracité psychologique des personnages un peu flottante sur la durée.

 

Jour 5 - 23 mai

 

Début de journée réservé à la compétition avec Sur la route dès 8h30. Le film n'est que joliement illustratif (beaux paysages, belles gueules des personnages). Pour le reste, il est monotone, plat et trop long. Je n'ai pas accroché du tout. A midi, un des moments que j'attendais le plus dans ce festival : la projection de Holy Motors, premier film de Leos Carax depuis une dizaine d'année. Holy http://images.allocine.fr/c_100_100/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/19/04/20085102.jpgmotors est une ode au pouvoir du cinéma, une expérience sensuelle et onirique hors du commun. Je suppose qu'il va diviser, mais il peut sans aucun doute prétendre à la Palme d'Or, comme Lynch le pouvait avec Mulholland Drive.

 

A 16h, séance spéciale avec la projection de Io e te, le dernier film de Bernardo Bertolucci, toujours alerte malgré son fauteuil roulant (montée des marches par l'ascenseur de service) et ses 71 ans.  Longue standing ovation à la fin de la projection. Le film est étonamment modeste et frais. On dirait un premier film. Une réussite. Fin de journée détente avec une amusante comédie anglaise à la Quinzaine, noire et décapante, Sightseers, où un couple de trentenaires qui découvre le tourisme en caravane s'avèrent être des monstres de beaufitude, puis des monstres tout court. Eclats de rire garantis.

 

Jour 4 - 22 mai

 

Grasse matinée... jusqu'à 9h. Premier film de la journée en compétition : La part des anges, de Ken Loach. Un bon cru, réaliste et optimiste. Toujours ancré solidement dans les problèmes de la société britannique, mais résolument joyeux. A la Quinzaine, je tente, après la séance de minuit hier soir, un autre défi d'importance : voir le film indien Gangs of Wasseypur qui dure ... 5h20. Le film est assez plaisant et on ne s'ennuie pas. Il faut imaginer un film de mafia type Les affranchis avec un petit côté Bollywood. C'est du mainstream indien, non destiné à l'exportation et donc rarement visible en Europe. Pléthorique équipe du film dans la salle, visiblement ravie d'être à Cannes.

 

Fin de journée encore à la Quinzaine avec 3, de Pablo Stoll Ward. Scénario évanescent, mise en scène quelconque, enjeux anodins, ce film restera uniquement dans les annales de Christoblog comme le premier film uruguayen chroniqué.

 

Jour 3  - 21 mai

 

Grosse journée, qui commence à 8h30 bien plus gaiment que hier, avec Vous n'avez encore rien vu, d'Alain Resnais, que je me suis surpris a beaucoup http://images.allocine.fr/c_100_100/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/64/60/20110419.jpgaimer. Le film est brillant, et même magistral par moment. Petit détour ensuite par la Quinzaine. Je me trompe de file et je vais voir un film que je n'avais pas prévu dans mon programme et qui s'avère très bon : Rengaine de Rachid Djaïdani. Une jeune femme musulmane qui a 40 frères veut se marier avec un jeune homme noir et chrétien. Problèmes en perspective... Rengaine est une comédie fraîche et énergique qui rappelle Donoma, sans avoir le souffle de ce dernier.

 

Retour à la compétition pour In another country de mon chouchou Hong San Soo, servi cette fois-ci par une Isabelle Huppert au mieux de sa forme. J'aime toujours la petite musique du coréen, mélange de Rohmer et de Woody Allen. Il nous propose ici 3 histoires pour le prix d'une.

 

En soirée, le Kiarostami de service tourné au Japon, m'ennuie au plus haut point. En réalité je n'ai rien compris à ce que propose Like someone in love, il faudrait que l'iranien se remette au cinéma et laisse les oeuvres conceptuelles pour les musées.

 

Clou de la soirée : la fameuse séance de minuit (en réalité 0h30) pour le nouveau Miike : For love's sake. Comme d'habitude c'est super déjanté, cette fois-ci dans le registre de la comédie musicale mélodramatique burlesque et grotesque. Indescriptible. La salle applaudit, siffle et s'esclaffe pendant le film. Réjouissant, bien que trop long (2h14).

 

Jour 2 - 20 mai

 

Début de journée en sélection officielle avec La chasse, le nouveau film de Thomas Vinterberg (Festen). On est ici à mille lieues de ce dernier. La chasse est en effet très sage, très prévisible, et ... très peu intéressant. En matière de rumeur http://s.excessif.com/mmdia/i/86/7/la-chasse-de-thomas-vinterberg-10694867eitkb.jpg?v=1destructrice de pédophilie, Outrault est malheureusement bien plus fort, et en vrai.

 

Suite avec Amour, le nouvel Haneke. On suit un couple de vieillards qui s'aiment, alors qu'elle s'enfonce dans la déchéance. Je n'aime pas le cinéma de Hanneke, et ce n'est pas avec celui-ci que ça va s'arranger. C'est affecté, poseur, artificiel et froid. On dirait un long clip médical pour la promotion de l'euthanasie.

 

Il se met ensuite à pleuvoir des trombes d'eau, dans un froid automnal. Drôle d'ambiance.

 

Du coup je passe la soirée au Studio 13, petite salle un peu miteuse et à l'écart, pour voir deux films dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs. D'abord Le repenti de Merzak Allouache, qui traite de la réinsertion des terroristes islamiques repentis suite à la Concorde Nationale algérienne. Le film est imparfait, comporte des longueurs, mais mon sentiment est plutôt positif, grâce à un scénario intelligent et à un beau final. Pour finir la journée, direction un lac assez exceptionnel en Colombie, pour La Sirga. Je suis beaucoup plus réservé sur ce film, qui est une sorte de désert des Tartares humide et lacustre. Pas nul, mais à 22h en quatrième film de la journée, un peu raide. Dans les deux cas, les équipes complètes des films étaient là, dans une ambiance MJC étonnante qui contraste avec le strass de la Croisette.

 

Jour 1 - 19 mai

 

Débuts un peu difficiles. Je cherche pendant plus d'une heure des invitations sans succés. Je fais la queue pour Antiviral, le film de fiston Cronenberg, sans pouvoir entrer. Et puis, alors que le découragement allait me gagner, un gentil monsieur me donne une place pour le dernier Mungiu : Au-delà des collines. C'http://www.lefigaro.fr/medias/2012/05/19/812ceed2-a19d-11e1-821f-68a64c57ee6f-493x328.jpgest peu de dire que le film du réalisateur de 4 mois, 3 semaines, 2 jours est une oeuvre ambigue et potentiellement polémique. Il est question de religion, de superstition, du malin et d'amour. C'est long (2h30), bavard, parfois énervant, souvent sublime, lassant et génial. Un prix à l'horizon (mise en scène, prix du jury ?).

 

Dans la foulée, je mets mon noeud papillon et coup de bol, j'obtiens quasi instantanément une invitation pour Lawless, en compétition offcielle également. Le film se déroule lors de la prohibition, dans la campagne américaine. De facture très classique, il n'est pas désagréable à regarder. Le rythme molasson est t zébré de séquences de violence quasi insoutenables, ce qui lui aliénera peut-être une partie du public. Sa sélection détonne quand même un peu.

 

Et pour finir séquence de rattrapage à la Quinzaine à 22h30 avec The we and the I, le dernier Gondry, que j'ai adoré. On suit des lycéens du Bronx dans le bus qui les ramène chez eux le dernier jour d'école. C'est vif, touchant, inventif. Du Gondry en grande forme.

 

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 19:22

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/84/98/20086124.jpgDeuxième film vu de la sélection officielle (après le délectable Moonrise kingdom) et deuxième coup de coeur : on peut dire que Cannes 2012 commence fort.

 

Dès les premiers plans, il apparaît clairement qu'Audiard fait désormais partie des plus grands réalisateurs actuels. Il compose des images de générique absolument éblouissantes, mixant plusieurs thèmes du film comme dans un rêve. C'est de toute beauté.

 

Le récit embraye ensuite avec une belle efficacité, et nous happe rapidement, donnant une impression de réalité extrêmement intense. Audiard excelle dans la reconstitution d'un milieu, d'un évènement, d'une ambiance (le parc marin, l'appartement d'Anna et de son mari, la salle de sport...). On est tellement ébloui par la beauté des images qu'on tarde un peu à se rendre compte de la qualité de jeu des interprètes : Marion Cotillard, qui signe son plus grand rôle (j'ai envie de dire son premier vrai rôle), Matthias Schoenaerts, Marlon Brando belge et Corinne Louise Wimmer Masiero

 

Le film enfin n'est pas qu'un mélo de haute volée, il est aussi un puissant révélateur de l'état de la société, et il donne à voir un renversant tableau de la façon dont le système amène aujourd'hui les pauvres à surveiller les pauvres (étonnant écho dans l'actualité du jour avec l'affaire Ikea).

 

La bande-son est osée et bourrée de références : les plus anciens apprécieront de voir Stéphanie se déchaîner en fauteuil sur le toujours énergisant Love Shack des B-52. Pour ma part, j'ai particulièrement aimé le remix ébourriffant du State trooper de Springsteen par Trentemoller (écoutez), dont les paroles entrent parfaitement en résonance avec le film. Un grand moment de cinéma.

 

Seul petit bémol : la toute dernière partie dans la neige m'a semblé ne pas éviter complètement le piège de la sensiblerie. Mais c'est un détail au regard de la puissance de cette oeuvre, qui en fait - évidemment - une Palme d'or en puissance.

 

Audiard sur Christoblog : Un prophète

 

4e  Palme

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 22:13

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/63/68/20081694.JPGCela commence comme beaucoup d'autres films de Wes Anderson : une démonstration de virtuosité en forme de revue de toutes les sortes de travellings et de panoramiques (horizontal, vertical, avant, circulaire...).

 

Mais il apparaît en quelques instants que cette virtuosité ne sera pas gratuite : elle est mise au service de l'histoire et des personnages. On est immédiatement happé par la narration très alerte et inventive.

 

Le film suit deux enfants qui tombent amoureux l'un de l'autre et fuguent ensemble, sur une île d'opérette, au cours de l'année 1965. Lui est orphelin, binoclard et scout. Elle est un peu folle, incomprise et violente. Leur amour est pur, calme, adulte.

 

Wes Anderson filme magnifiquement ces deux enfants, dont la composition est saisissante. Par un art consommé de l'effet comique et du contrepoint, les adultes semblent enfantins, perdus dans leur déprime et leur mesquinerie. Il est donc question d'abandon, de famille dysfonctionnelle, mais aussi d'espoir, de courage et de rédemption. 

 

Cette très belle aventure est traversée d'une douce nostalgie (de la nature, de l'enfance, du passé, de cinéma) qui fait baigner l'ensemble dans une teinte ocre et une athmosphère brumeuse, parfaitement adaptées au propos du film. Il faut noter tous les détails qui contribuent sa parfaite réussite, comme la bande-son ou les multiples artifices et effets (ralentis, split screens) toujours utilisés exactement au bon moment. Anderson offre en passant des scènes d'anthologie comme la danse sur la plage au son de Françoise Hardy : je m'en souviendrai longtemps.

 

Un plaisir acidulé et craquant, pour tous les âges - parfaite ouverture, optimiste sans être frivole, du Festival de Cannes 2012.

 

Wes Anderson sur Christoblog : La vie aquatique / A bord du Darjeeling limited / Fantastic Mr. Fox

 

4e Palme.jpg

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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 17:00

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/11/67/19733082.jpgCe qu'il y a de bien avec Hong Sangsoo, c'est qu'on se retrouve à chaque film entre copains, autour d'un verre d'une oeuvre qui semble être une nouvelle facette du même objet.

 

Le héros marche dans la rue, il est l'éternel alter ego de Hong Sangsoo lui-même, cinéaste raté. Ou presque. Tout le monde boit (et accessoirement mange et fume) dans des proportions déraisonnables. Les femmes y sont moins lâches et moins idiotes que les hommes. On se dit des demi-mensonges et des fausses vérités, les sentiments restent emmurés derrière la façade des conventions coréennes, toujours aussi lourdes.

 

Le destin, comme cela arrive souvent avec ce cinéaste, joue des petits tours aux personnages : les rencontres se répètent, les prémonitions se réalisent (4 rencontres de personnes touchant le cinéma), les mêmes dialogues réapparaissent presqu'à l'identique dans plusieurs scènes.

 

Le film est donc très bavard, que dis-je, il n'est QUE bavardage, mais on aime toujours ça.

 

La particularité de ce court épisode (1h19 seulement) est de se dérouler dans une atmosphère ouatée et neigeuse, magnifiée par un beau noir et blanc. Cet ensemble confère au film un surcroît de mélancolie et permet à Hong Sangsoo de nous offrir une magnifique scène de baiser. Une oeuvre mineure dans la filmo du Woody Allen coréen, mais une oeuvre délicate et sensible.

 

Hong Sangsoo sur Christoblog : HA HA HA.

 

3e

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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 22:53

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/72/18/20057652.jpgBurton fait du Burton.

 

Il prend ses acteurs fétiches (Johnny Depp, Helena Bonham Carter) et leur fait faire les mimiques habituelles. Depp reprend donc sans efforts une partie de sa composition du Chapelier Fou dans le désastreux Alice. Le reste est à l'avenant, dans un registre qui flirte contamment avec l'auto-citation : gargouilles en carton pâte, fantômes transparents, plans de coupe sur les vagues déchaînées, enfance brisée et incomprise, filtres colorés, etc.

 

Le ton du film a la prétention d'être léger, il ne parvient qu'à être inconsistant.

 

Le contraste entre le XVIIIème siècle et les années 70 aurait pu être beaucoup plus habilement développé qu'il ne l'est ici, réduit tristement à des clichés et à un concert .... d'Alice Cooper (!?!).

 

Le scénario est flasque et personne n'y prêtera attention probablement. On vient maintenant dans les films de Burton un peu comme on visite la maison hantée de la fête du village : on ne sait pas trop pourquoi on y va (rire, avoir peur ?), on trouve ça de plus en plus kitsch en vieillissant, on est toujours décu, mais on y retourne.

 

Le plus triste est le manque d'imagination qui semble avoir atteint Burton : aucune fulgurance, aucun éclat brillant d'imagination. La scène - très physique - d'amour entre Barnabas et Angélique n'exploite qu'une idée, en la répétant une vingtaine de fois. C'en est presque pitoyable.

 

Au final j'ai eu l'impression de voir un long clip paresseux. A éviter donc, même si une seule raison peut (peut-être) justifier de voir le film : les robes d'Eva Green (et surtout la rouge).

 

1e

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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 15:46

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/85/09/19865494.jpgAllemagne de l'Est, 1980. Barbara, médecin à Berlin, est soupçonnée de vouloir passer à l'Ouest. Elle est exilée dans un hôpital de province, et surveillée par la Stasi. Alors qu'elle prépare effectivement son départ, André, le chirurgien qui l'accueille dans son nouvel hôpital semble tomber amoureux d'elle...

 

Dans ce film de Christian Petzold, jeune prodige du cinéma allemand, rien ne dépasse. Tout est programmé pour faire "auteur" : une certaine lenteur, un jeu assez hermétique de l'actrice principale, de jolis cadres, une ambiance un peu curieuse qui fait ressembler cette ville du passé à celle de la série Le prisonnier.

 

Du coup, je me suis passablement ennuyé, d'autant plus que le film ne réserve aucune surprise (mais c'est peut-être là que réside sa force, me direz-vous) : le gentil est très gentil, le méchant est méchant, les malades sont très malades, la malheureuse jeune fille est très malheureuse, les Trabants roulent comme des Trabants, etc...Tout est assez convenu, prévisible, et parfois un peu lourd, voire hasardeux (les raccords de la balade à vélo, lors de laquelle le vent violent s'arrête brusquement au changement de plan).

 

Il y a une application scolaire dans la mise en scène qui empêche d'adhérer complètement au propos du film, qui ne captive pas, mais n'est pas non plus à fuir.

 

2e

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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 11:00

http://www.festival-cannes.fr/assets/Image/2012/Affiche_2012/AFF_web.pngPour la première fois, Christoblog va traîner du côté de la Croisette, du 19 au 27 mai, muni de la modeste accréditation Cannes Cinéphiles.

 

Je ne désespère pas de voir quelques films de la compétition officielle, moyennant (si je suis les conseils de blogueurs plus expérimentés) une bonne dose de patience et d'humilité.

 

En tout cas, pour suivre mes (més)aventures au coeur du plus grand festival du monde rien ne vaudra la page :

 

 

ou pour être encore plus réactif :

 

 

Si vous aussi prévoyez d'être à Cannes, vous pouvez m'envoyer un message privé pour échanger N° de portables.

 

La sélection de 2012 a une sacrée gueule avec les habitués (Audiard, Cronenberg, Haneke, Im Sang-soo, Kiarostami, Ken Loach, Resnais), la jeune garde (Wes Anderson, Lee Daniels, Matteo Garrone, Hong Sang-soo, Jeff Nichols, Reygadas, Walter Salles, Dominik), et 3 de mes réalisateurs fétiches (Mungiu, Vinterberg, Nasrallah). Sans compter l'énigme Carax et les inconnus, en tout cas de moi (John Hillcoat, Ulrich Seidl, Sergei Loznitsa). Tous les grands pays européens sont représentés (sauf l'Espagne), et l'Afrique, l'Asie et l'Amérique du Sud également. Il ne manque qu'un petit film iranien pour que le panorama soit complet.

 

Les à-côtés sont particulièrement alléchants avec le duo Delépine/Kervern, Xavier Dolan, Omirbayev, Trapero, Wakamatsu et Lou Ye dans Un certain regard, et Dario Argento, Miike, Fatih Akin et Weerasethakul hors compétition.

 

Si j'arrive à voir qu'un quart de tout ça, j'aurai réussi ma semaine.

 

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Les notes

1e : Non, et non, et non !

2e : Mouais, pourquoi pas

3e : A découvrir

4e : Dans le top 20 annuel

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