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Le bon, la brute et le cinglé

On ne pourrait voir dans Le bon, la brute et le cinglé qu'un remake du dernier volet de la trilogie eastwoodienne de Sergio Leone : Le bon, la brute, le truand. En fait le film n'a pas grand chose à voir avec l'original. Il est beaucoup plus vif, déjanté, explosif.

Pour ceux qui ne le savent pas (et j'en étais il y a peu) la tradition du western coréen est très ancienne (au moins autant que celle du western italien, semble-t'il). Ce qui explique peut-être la grande maestria technique dont fait preuve Kim Jee-Won, décidément très à l'aise dans le film de genre puisque ces premiers films étaient un film fantastique (Deux Soeurs) et un thriller (A bittersweet life).

Le bon, la brute et le cinglé est délibérément cartoonesque et ne prétend ni à l'analyse psychologique, ni à la profondeur scénaristique. Si on le prend pour ce qu'il est, il atteint son but de divertissement pur centré sur l'action, souvent spectaculaire et violente, agrémentée d'une touche de burlesque bien amenée par le cinglé qui apporte son lot de situations cocasses (il conduit un side-car coiffé d'un casque d'aviateur, il glisse dans les escaliers au plus mauvais moment, il sodomise ses ennemis avec des bâtons sans le vouloir, il participe à un gunfight avec un casque de scaphandrier, etc...).

Le bon est lisse comme un bon, il a une Winchester et un stetson, et apporte donc la touche western classique qui convient. La brute a un look de rock star avec mèche de cheveux dissymétrique qui rappelle un peu Prince, ou les personnages de certains mangas. Le tout ne s'embarrasse pas de vraisemblance : l'action se déroule en théorie pendant les années 30, dans de superbes paysages mandchous, mais je suppose qu'un oeil exercé y découvrira de nombreux anachronismes.

La fusion occident orient a rarement été aussi forte dans l'interpénétration des styles, des psychés et des thèmes, ici sur un mode joyeusement foutraque qui n'est pas déplaisant. La toute fin est un peu ratée, comme si cela n'avait pas réellement d'importance, ce qui est le cas. 

A voir si vous avez un peu de temps, ou si vous êtes en manque de cinéma tarantinesque.


2e

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