Christoblog

Atlantique

J'avais vraiment envie d'aimer Atlantique : de brillantes intentions, une première réalisatrice noire en compétition à Cannes, de la douceur, des bons sentiments, une originalité de ton, le sujet des migrants... mais malheureusement je ne suis jamais entré dans le film. 

La première demi-heure est quelconque : mise en scène et photographie terne, plans de remplissage à foison (l'océan filmé de trente-six façon différentes).  Une fois l'intrigue principale lancée, le film se teinte d'une tonalité irréelle assez belle et intrigante, assez vite gâchée par des choix de scénario vraiment douteux (la réincarnation de Souleymane dans le corps du policier, la différence entre ceux qui reviennent et ceux qui se réincarnent, etc). 

Le film manque de limpidité et de cohérence, il s'égare dans une rêverie dont Mati Diop espère qu'elle se suffira à elle-même, ce qui n'est au final pas le cas, même si on apprécie au passage quelques belles ambiances nocturnes et nonchalantes.

Un film plein de promesses, mais qui n'en finalise vraiment aucune.

 

2e

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Autoportrait #1 / Frida Kahlo

Autoportrait dédié à Trotski - 1937
National Museum of Women in the Arts, Washington

 

En janvier 1937, Léon Trotski se voit accorder l'asile politique par le Mexique, grâce à l'intervention de Diego Rivera auprès du président mexicain. Le révolutionnaire russe et sa femme sont accueillis par Frida Kahlo et son mari, fervents communistes, à Coyoacan, en banlieue de Mexico. Sur la photo ci-dessous, prise au moment de l'arrivée, Trotski semble déjà sous le charme de Frida Kahlo.

Une liaison passionnée se développe entre Frida et Trotski, d'une trentaine d'années son aîné. À la fin de cette aventure, l'artiste offre à son ex-amant, pour son cinquante-huitème anniversaire, cet Autoportrait dédié à Léon Trotski, qui sera renommé ultérieurement Entre les rideaux.

Frida se présente ici sous ses plus beaux atours : des fleurs dans les cheveux et à la main, parée de somptueux bijoux en or, revêtant une jolie robe tehuane, une belle écharpe traditionnelle (un rebozo). Sur le papier qu'elle tient à la main on peut lire : "Je dédie ce portrait à Léon Trotski, avec tout mon amour, le 7 novembre 1937. Frida Kahlo à San Angel, Mexico".

Le style du tableau est étonnamment naïf, un peu à la manière d'Henri Rousseau. Il présente Frida Kahlo comme une simple amoureuse, présentée à son amant sur une estrade, rideaux écartés, entrant en quelque sorte sur scène comme elle est entrée dans la vie de Trotski quelques mois plus tôt. La posture des bras et les vêtements de la jeune femme (elle a 29 ans) sont très similaires à ceux de la photo de leur première rencontre.

Lorsque André Breton visite le couple Kahlo Rivera en 1938, il est frappé par deux tableaux : celui-ci, et Ce que l'eau me donne, une oeuvre à consonance beaucoup plus surréaliste. Le coup de foudre artistique de Breton conduit  à l'organisation d'une exposition à Paris en mars 1939, présentant dix-huit oeuvres de Frida Kahlo. 

L'Autoportrait dédié à Trotski ne fait cependant pas le voyage de Paris. Début 1939,  il est encore en possession de Léon Trotski, accroché dans son cabinet de travail. Peu de temps après, suite à une brouille avec Rivera, Trotski quitte la Caza Azul pour une petite maison non loin de là. Il sera tué un an plus tard sur les ordres de Staline par Ramon Mercader, d'un coup de piolet dans la tête.

Cet article fait partie d'une série consacrée aux autoportraits, que je collectionne sous forme de cartes postales. Si vous souhaitez m'aider à compléter ma collection en m'envoyant une carte postale d'autoportrait, n'hésitez pas à m'envoyer un message privé par ici , je vous donnerai mon adresse postale.

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Alice et le maire

Il faut reconnaître au film de Nicolas Pariser un point positif important : il parle d'un homme politique qui n'est ni corrompu, ni malhonnête, ni idiot, ni impuissant. Et à ma connaissance c'est l'une des premières fois que l'on voit ça au cinéma.

D'autre part, le scénario est assez malin, puisqu'il dessine en creux plusieurs thématiques (dont celle d'une jeunesse trentenaire en plein marasme sentimental), et l'interprétation est très solide (Luchini oublie de faire du Luchini, Anaïs Dumoustier est parfaite comme d'habitude, les seconds rôles sont plutôt convaincants).

Bref, beaucoup de qualités pour une sorte de "nouvelle qualité française", consistante à défaut d'être profonde.

Cela étant dit, et j'affirme que le film mérite d'être vu, quelques éléments m'ont toutefois gêné. Certains traits par exemple me semblent tout à fait caricaturaux (le projet Lyon 2500, le personnage de Brac). J'aurais aussi aimé que la belle idée de la philosophie qui challenge la politique soit poussée plus loin, et que globalement le film approfondisse ce qu'il effleure. C'est en gros les reproches que j'adressais au premier film de Pariser, Le grand jeu, même si celui-ci est beaucoup plus réussi.

Lyon forme en tout cas, comme dans Grâce à Dieu, un décor magnifique. Lors de sa présentation à Cannes, Nicolas Pariser a dit que la ville avait des airs de Budapest, et à la réflexion, il a raison.

Malgré mes quelques réserves, qui relèvent plus d'une déception par rapport à ce qu'aurait pu être le film, je vous le conseille : Alice et le maire est un film intelligent, et c'est suffisamment rare pour ne pas être négligé.

Nicolas Pariser : Le grand jeu - 2015 (*)

 

2e

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Ceux qui travaillent

Je n'avais initialement pas prévu d'aller voir ce film, mais porté par de bonnes critiques et une tendresse pour Olivier Gourmet, je me suis laissé tenté, hélas.

Ce premier film du Suisse Antoine Russbach ne présente en effet aucun intérêt notable, semblant réchauffer de nombreuses problématiques déjà abordées mille fois au cinéma : l'homme qui perd son boulot et fait semblant de continuer à y aller pour sauver les apparences (façon Jean-Claude Romand), la dureté du capitalisme mondial (vraiment, certains n'ont aucun scrupule), la facilité de prendre des décisions impliquant la vie des autres en ne quittant pas son écran d'ordinateur (une variante de l'expérience de Milgram), l'aspect désincarné des relations en entreprise, la charge mentale qui pèse sur les cadres, etc.

De tout cela il ne ressort rien d'original ou de simplement crédible. Tout est survolé sans approfondissement (la famille potiche en est une bonne illustration) et comme le jeu de Gourmet est bien trop monotone, on s'ennuie ferme, le réalisateur étirant les scènes sans raison (le film dure 1h42).

Seule éclaircie bien timide, l'escapade dans le port belge avec sa fille empêche Ceux qui travaillent d'être absolument catastrophique.

A éviter.

 

1e

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Concours Pour Sama : Gagnez 5x2 places (Terminé)

A l'occasion de la sortie en salle de Pour Sama le 9 octobre, je vous propose de gagner 5 x 2 invitations valables partout en France.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : quelle récompense ce film a t il remporté au dernier Festival de Cannes ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 8 octobre 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite les invitations, envoyées directement par le distributeur.

NB : un des cinq lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Port authority

Utilisant admirablement New-York comme décor naturel, le film de Danielle Lessovitz, à la limite du cinéma documentaire, est admirable.

Si le scénario ne brille pas par son originalité (une jeune fille et un jeune homme de milieux très différents tombent amoureux l'un de l'autre), le film sidère par son traitement naturaliste qui nous plonge instantanément dans un New-York paupérisé et dans le milieu incroyable du voguing.  

Si vous ne connaissez pas le voguing (ou la vogue), il faut vraiment aller voir Port authority pour découvrir ce style de danse urbaine né dans les années 1970 dans des clubs fréquentés par des homosexuels, transexuels et transgenres afro-américains. Le spectacle est impressionnant.

Au-delà de tous ces aspects contextuels le film s'apprécie aussi pour le jeu très délicat de ses acteurs, la mise en scène pleine de tact et les péripéties narratives assez malines. L'ambiance que Port authority dégage est douce, tendre et spectaculaire. 

Absolument indispensable pour les amoureux de New-York.

 

3e

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Mjolk, la guerre du lait

Le deuxième film de Grimur Hakonarson ne retrouve pas la veine tragico-comique qui faisait de Béliers une véritable révélation (Prix Un certain regard à Cannes en 2015), mais il confirme son talent de cinéaste réaliste et sensible.

On suit ici les démêlés d'un jeune couple de paysans contre la coopérative dont il font partie, coopérative censée les protéger et les aider, mais qui au final les étrangle, sous prétexte du bien commun. 

Il y avait là matière à un développement politique des plus intéressants : comment une structure apolitique et coopérative peut se transformer en mécanique infernale qui broie les plus récalcitrants ?

En choisissant de plutôt s'attacher au personnage d'Inga, le réalisateur perd en intérêt ce qu'il gagne en sensibilité (car l'interprète est tout à fait convaincante).

Le film, agréable et bien réalisé, reste toutefois anecdotique, et plaira surtout aux amoureux de l'Islande, dont je fais partie.

Grimur Hakonarson sur Christoblog : Béliers - 2015 (****)

 

2e

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Concours Mon meilleur ami : gagnez trois DVD (Terminé)

A l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner en partenariat avec Epicentre 3 exemplaires du DVD Mon meilleur ami.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : de quelle nationalité est le réalisateur Martin Deus ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 8 octobre 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Bacurau

Beaucoup de critiques font de Bacurau une lecture politique : il s'agirait à travers la destinée de ce village, de dénoncer la montée du populisme au Brésil et de mettre au contraire en exergue la force de l'entraide et de la solidarité.

Si cette lecture est inévitable (les réalisateurs eux-mêmes parlent de leur film comme d'un geste politique), il ne faut pas négliger le plaisir de spectateur tout simple qui nous saisit à la vision de cette fable anticipatrice, inégale, mais profondément originale.

Pendant la première moitié du film, on ne comprend rien à ce qu'on regarde, à tel point que cela en est presque énervant. Et puis les choses se décantent progressivement par le dévoilement d'une intrigue retorse que je tairai ici mais qui envoie le film se balader dans de multiples contrées très typées : le western, le survival, le gore, le film de vengeance, le thriller d'anticipation, le film d'action bestial à la Tarantino.

Si le rythme haletant est alors très prenant, Bacurau ne se départit cependant pas totalement de son étrangeté initiale, ce qui le rend très attachant. Je le conseille aux amateurs de découvertes.

Kleber Mendonça Filho sur Christoblog : Les bruits de Recife - 2012 (**) / Aquarius - 2016 (***)

 

2e

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Un jour de pluie à New-York

Ces quinze dernières années, les bons Allen se sont fait rares.

C'est d'autant plus plaisant de voir que Woody retrouve ici à la fois sa maîtrise, sa vivacité et son mordant. 

Du premier point de vue, celui de l'art de fabriquer un film, Un jour de pluie à New-York est quasiment parfait : un casting idéal, un scénario brillant sans être alambiqué, une mise en scène douce et élégante, un montage au cordeau, une direction artistique splendide qui donne de la ville une vision nostalgique sans être passéiste.

Le deuxième point fort du film, c'est son alacrité. A 83 ans, Woody Allen semble retrouver son ardeur juvénile à enchaîner les punchlines qui tuent, les situations bien troussée et surprenantes, et les vrais moments d'émotions. Le film est drôle, vif et parfois tendre.

Enfin, on a un grand plaisir à retrouver Woody moqueur, et parfois même cruel. Gatsby en prend pour son grade (sa façon d'embrasser notée 4/10 est une grande claque à l'ego), mais c'est surtout Ashleigh qui n'est pas épargnée. Son rôle de gourde absolue semble un moment pouvoir être sauvé par l'interprétation pleine d'emphase d'Elle Fanning, mais non, elle est vraiment trop bête, et sa dernière imbécillité lui vaudra d'être larguée dans la calèche, comble du romantisme. D'autres milieux (celui du cinéma en particulier) et personnages sont sensiblement moqués au passage.

Un jour de pluie à New-York n'est pas seulement beau, drôle et caustique : il parvient même à être profond lors de la scène qui voit la mère se confier à son fils dans un plan sublime. La superficialité des choses vole en éclat à se moment-là et donne une couleur au film un peu différente : un spleen diffus qui mêle le rire de la belle-soeur à la bêtise d'Ashleigh, qui rend les tableaux de Renoir plus beaux et l'horloge de Central Park plus romantique.

Le meilleur film de Woody Allen depuis Match point.

Woody Allen sur Christoblog : Scoop - 2006 (**)  / Vicky Cristina Barcelona - 2008 (**) / Whatever works - 2009 (**) / Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu - 2010 (*) / Minuit à Paris - 2011 (**)  / To Rome with love - 2012 (**) / Blue Jasmine - 2013 (**) / Magic in the moonlight - 2014 (**) / L'homme irrationnel - 2015 (***) / Cafe society - 2016 (**) / Wonder wheel - 2017 (*)

 

3e

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Tu mérites un amour

Le premier film de Hafsia Herzi ne raconte pas grand-chose, mais le fait bien.

Au programme, une rupture amoureuse qui se passe mal (Jérémie Laheurte, le jeune amoureux d'Adèle dans La vie d'Adèle), une tristesse qui perdure malgré de nombreuses expériences amoureuses et sexuelles (de la vénération platonique d'un amoureux timide au couple libertin pour un plan à trois, en passant par de nombreuses variations).

Hafsia Herzi s'avère une réalisatrice convaincante à l'évidence sous influence Kechichienne : caméra portée, attention extrême portée aux visages, exploration minutieuse des sentiments et émotions, interprétation qu'on jurerait parfois proche de l'improvisation (alors que les dialogues sont en réalité très écrits).

Elle est aussi parfaitement convaincante en tant qu'actrice, même si certains pourront peut-être trouver que la répétition des scènes de spleen avec larmes est un peu systématique.

Les seconds rôles sont parfaits. Djanis Bouzyani en particulier est une formidable découverte, et Olivier Bajon confirme la très bonne prestation qui lui avait valu d'être remarqué dans La prièreTu mérites un amour dessine enfin une carte du tendre dans le milieu des jeunes adultes parisiens ni riches ni pauvres.

Une vraie réussite qu'on demande à voir confirmée.

 

2e

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Ad astra

Le nouveau James Gray commence comme se déroulait le précédent, le très beau The lost city of Z :  une narration douce et empathique, quelques morceaux de bravoure relativement peu spectaculaires, un personnage éthéré et neurasthénique, des péripéties assez inattendues.  

La partie de déroulant sur terre puis sur la lune est ainsi assez plaisante à regarder, même si les films d'auteurs se déroulant dans l'espace commencent un peu trop à se multiplier, et parfois à se ressembler (de Seul sur Mars à Gravity, en passant par High life et  First man, en attendant Proxima).

Arrivé sur mars, les choses de gâtent. Alors que les qualités de filmeur poétique de Gray s'exacerbent (les salles de repos, le lac), les défauts du Gray scénariste s'aggravent. On est de moins en moins intéressé par cette relation au père beaucoup trop simpliste, et le personnage de ce dernier s'avérera tristement quelconque. 

Dans toute la dernière partie, le producteur Brad Pitt regarde beaucoup trop James Gray en train de se regarder filmer son acteur Brad Pitt, et je me suis bien ennuyé. Le film sombre progressivement dans une sorte de panthéisme malickien assez détestable pour se finir de la pire des façons possibles.

C'est dommage car Ad astra commençait plutôt bien.

James Gray sur Christoblog : The lost city of Z - 2016 (***) / The immigrant - 2013 (*) / Two lovers - 2008 (***) / La nuit nous appartient - 2007 (**)

 

2e

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Portrait de la jeune fille en feu

A l'inverse de la quasi totalité de la critique, je me suis copieusement ennuyé lors de la projection du dernier film de Céline Sciamma.

Il m'a semblé que dès les premières minutes la totalité du programme proposé par le film était exposé aux yeux de tous : claustration, attente, apparition divine de l'élue, séduction, approches, passage à l'acte, conventions qui empêchent, rencontre fortuite ultérieure. Tout, absolument tout, est prévisible dans ce film : que ce soit dans sa forme (oh, les belles images de la nature qui émoustille les sens) que dans ce qu'il raconte. 

Les clichés s'enchaînent (les quatre saisons, la côte bretonne au coucher du soleil, Adèle en robe de mariée / fantôme) et finissent par constituer un brouet à l'eau de rose déjà vu mille fois, incapable de générer la moindre émotion, échouant là où d'autres ont brillamment réussi (j'ai souvent pensé à Bright star de Jane Campion). Les dialogues m'ont parus par ailleurs très artificiels, et la prestation d'Adèle Haenel, dans sa zone de confort à la mine boudeuse-séductrice, ne m'a pas convaincu.

Au final, j'ai souvent l'impression que les bonnes opinions sur ce film sont de principe, opposant presque d'un point de vue moral (ou politique) la vision d'une femme sur un couple lesbien au fameux male gaze à l'oeuvre dans La vie d'Adèle. Je préfère pour ma part mille fois l'impression extraordinaire de vie brute que dégageait le film de Kechiche à l'exercice de style froid et désincarné que propose Sciamma.

Céline Sciamma sur Christoblog : Bande de filles - 2015 (*)

 

1e

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Concours DVD Les étendues imaginaires : gagnez 3 DVD (Terminé)

A l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner en partenariat avec Epicentre 3 exemplaires du DVD Les étendues imaginaires.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : de quelle nationalité est le réalisateur Siew Hua Yeo ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 25 septembre 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Chernobyl

Rien à faire, HBO est toujours la meilleure chaîne en matière de série. Chernobyl est d'une si grande qualité qu'elle fait apparaître les meilleures productions Netflix (La casa de papel, Stranger things) comme de simples divertissements sympathiques et très formatés.

A travers ses cinq épisodes, la mini-série de HBO renverse tout sur son passage : qualité incroyable d'une écriture osée et inventive, excellence de l'interprétation (mention spéciale à Jared Harris, époustouflant de réalisme triste), direction artistique absolument renversante, réalisation digne d'un excellent film de cinéma.

Devant un projet d'une telle ambition (comment les décors ont-ils pu être trouvés ?), je suis sidéré que HBO ose l'investissement que cela représente : captiver les spectateurs pendant cinq heures en leur montrant des scènes plus horribles les unes que les autres, ou en leur expliquant par le menu l'enchaînement scientifiques des réactions nucléaires ayant conduit à la catastrophe (le formidable épisode 5, aride et captivant à la fois).

On a peine à croire que la description détaillée de tant d'horreurs et d'incompétence bureaucratique puissent générer autant d'intérêt chez le specateur. C'est pourtant le cas, par la grâce de l'humanité qui suinte derrière chaque décor tristounet et soviétique, par la détermination tranquille de héros sans nom qui ont empêché une catastrophe plus grande encore, par la gravité sereine de la mise en scène.

Sidérant et d'une beauté glaçante : Chrernobyl est ce qu'on a vu de plus frappant en matière de série depuis bien longtemps.

La série est visible sur le bouquet OCS.

 

4e

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Music of my life

Music of my life fait partie de ces cas aberrants dans lesquels le distributeur français change le titre original anglais (Blinded by the light) pour un titre ... en anglais. Il perd au passage la double connotation symbolique présente dans le titre d'origine : il s'agit du premier titre du premier disque de Springsteen, et il reflète le sentiment du héros, véritablement aveuglé par la lumière springsteenienne. 

Le film de Gurinder Chadha (Joue-la comme Beckham) ne renouvelle pas le genre de la comédie sociale anglaise. Si les fans de Springsteen pourront aisément s'identifier au héros laissé pour compte qui trouve dans les odes romantiques du Boss la force de s'extraire de son milieu, les autres trouveront certainement que les ficelles comiques comme mélodramatiques sont un peu grosses, voire grossières. Ces derniers pourront tout de même profiter du film pour découvrir l'univers springsteenien s'il n'en connaissent que la version faussement testostéronée de Born in the USA.

Music of my life propose également un nouveau type d'utilisation des chansons d'un artiste dans un film, que je ne me souviens pas avoir déjà vu : il ne s'agit pas d'une comédie musicale puisque les personnages ne chantent pas vraiment (ou alors faux), on ne voit quasiment pas Springsteen chanter, et il ne s'agit pas strictement d'une BO puisque chaque morceau s'insère dans le scénario à la fois narrativement (les paroles guident l'action ou l'illustrent) et visuellement (les mots s'incrustent dans le décor). Le niveau d'intrication des paroles et du récit est tel que les personnages parlent parfois en utilisant les paroles de certaines chansons.

Feel-good movie maladroit mais parfois agréable, tiré de l'autobiographie du journaliste Sarfraz Manzoor, Music of my live est aussi le tableau sans prétention d'une émancipation dans l'Angleterre thatchérienne et raciste des années 80. A voir si vous êtes fan.

Retrouvez ma critique de l'exceptionnel spectacle Springsteen on Brodway.

 

2e

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Concours DVD Mais vous êtes fous : gagnez 3 DVD (Terminé)

A l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner en partenariat avec Wild Side Video  (page facebook) 3 exemplaires du DVD Mais vous êtes fous de Audrey Diwan, avec Pio Marmai et Céline Sallette.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : de quel film tiré d'un livre de Laurent Binet Audrey Diwan est-elle la scénariste ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 24 septembre 20 h.
 

Le film est disponible en VOD depuis le 24 août et le DVD est sorti le 4 septembre.

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Fête de famille

On a déjà vu mille fois au cinéma le thème de la réunion de famille qui tourne au règlement de compte par le biais de révélations successives, le mètre-étalon en la matière étant bien entendu Festen.

La contribution qu'apporte Cédric Kahn au genre n'apporte pas grand-chose : les frères dissemblables s'engueulent, les enfants courent partout, la grand-mère toute puissante est bienveillante, et la fille qui a disparu depuis trois ans cache un lourd secret.

Je pourrais, au regard de la prestation par moment très prenante d'Emmanuelle Bercot, être indulgent vis à vis de ce film quelconque, s'il n'était pas aussi mal écrit. Les dialogues semblent souvent plaqués, certaines scènes ne fonctionnent pas du tout (l'accident de voiture par exemple) et globalement tout le film souffre d'un manque de rythme.

Dispensable.

Cédric Kahn sur Christoblog : La prière - 2018 (**)

 

2e

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Le gangster, le flic et l'assassin

Présenté en séance de minuit au dernier Festival de Cannes, le film coréen Le gangster, le flic et l'assassin peine à soutenir la comparaison avec ses illustres prédécesseurs, au nombre desquels le superbe The spy gone north, projeté en 2018.

Ici, seule l'idée du film - tiré d'un véritable fait divers -  est véritablement intéressante : un gangster humilié (par hasard) par un tueur en série s'allie (temporairement) avec un flic, pour coincer son agresseur. 

C'est efficace comme un film d'action américain, assez peu subtil, mais émaillé de trouvailles dans le sordide ou le gore comme seuls les asiatiques semblent en trouver (par exemple le coup du punching ball, assez amusant).

Sinon, les travers habituels de la société coréenne sont mis en évidence (les flics ripoux) et les rebondissements inattendus qui arrivent à point nommé sont bien là. Les scènes marquantes sont filmées avec moult ralentis et le film est à la fois énervé et inoffensif. 

Ce n'est pas le meilleur du cinéma coréen, loin de là.

 

2e

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Perdrix

Le premier film d'Erwan Le Duc est un objet filmique non identifié, qui se situe quelque part entre un Wes Anderson vosgien et un Roy Andersson rural, assemblage hétéroclite et pas toujours absolument convaincant d'humour décalé et de comédie romantique au xième degré.

Pour ma part j'ai beaucoup apprécié les scènes abracadabrantes de psychanalyse collective du chef et de terroristes nudistes. La mélancolie triste du film (finalement tout le monde est seul dans cette famille) a quelque chose de profondément séduisant, quand elle s'associe au burlesque à la Tati de certaines scènes (la priorité à droite pour le char, les étagères qui s'écroulent, etc).

Perdrix, au-delà de ses qualités de fond, ne néglige pas les morceaux de bravoures gratuits (le lac, la descente en VTT, la reconstitution de guerre, la fête en boîte), qui lui permettent d'être un spectacle total : fantaisie colorée et déjantée, non dénuée de fond romantique.

Pour l'apprécier, il faudra un esprit léger, libéré de tout a priori.

 

3e

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