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Christoblog

Lillian

Ce film de l'autrichien Andreas Horvath est bourré de bonnes intentions, dont aucune n'est portée à son terme.

Résumons la chose : en s'inspirant de l'aventure peu documentée d'une russe qui aurait traversé le continent au début du XXème siècle, il s'agit ici de montrer l'errance mutique (le personnage principal ne prononce aucun mot durant le film) d'une jeune fille dans les paysages emblématiques des USA : New-York, le Mississippi, les Badlands, Mount Rushmore, etc.

On sent bien que c'est à moitié improvisé, que l'intérêt du film réside principalement dans l'aspect documentaire de sa découverte de l'Amérique profonde, mais bon, on s'en fout un peu.

Le film s'ouvre par une scène de tournage porno et se termine par une chasse à la baleine en Sibérie : cela résume parfaitement ce qu'est le film : un croisement improbable entre film d'auteur, reportage du National Geographic et installation d'art contemporain.

 

2e

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Concours Haut perchés : gagnez 2 DVD (Terminé)

A l'occasion de sa sortie le 17 décembre, je vous propose de gagner en partenariat avec Epicentre 2 exemplaires du DVD Haut perchés, film du duo Ducastel / Martineau.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : quel diplôme possède Jacques Martineau ?
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 24 décembre 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le coffret DVD envoyé par le distributeur. NB : un des deux DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Un été à Changsha

Dans cette année riche en films chinois d'extrême qualité (Un grand voyage vers la nuit, So long, my son et Le lac aux oies sauvages, tous les trois dans mon top 10 annuel), il ne faudra pas manquer de noter ce film noir complexe, aux nombreuses ramifications narratives.

Un été à Chagsha est d'une ambition étonnante pour un premier film : il commence comme une enquête policière pour évoluer vers un drame sentimental, multipliant les thématiques abordées : le deuil, la culpabilité, l'amour, le suicide, l'écoulement du temps.

Le propos est ample, les images sont belles, les acteurs convaincants (à noter que l'acteur principal est le réalisateur), le rythme parfois un peu neurasthénique. Le film de Zu Feng est beau et sage (presque trop), complexe et nuancé. Il lorgne vers le cinéma de Jia Zhang Ke et Diao Yinan, sans toutefois égaler ces prestigieuses références. 

Je le conseille aux amateurs de film noir avec du style.

 

2e

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Brooklyn affairs

Joli polar à l'ancienne dans tous les sens du terme (les années 50 filmées avec un style des années 50), Brooklyn affairs réjouit par son côté modeste et sage.

Edward Norton est un peu à l'image de son film : pas vraiment charismatique, naviguant à tâtons dans une histoire plus complexe qu'il n'y paraît, bégayant et indécis, mais parvenant finalement à ses fins. 

Alors, s'il y a des longueurs, on les pardonne, car le film donne aussi à voir en direct les rouages d'une réflexion parfois un peu poussive, mais réaliste. J'ai beaucoup aimé le casting irréprochable (à commencer par un Alec Baldwin impressionnant et un Michael K. Williams très charismatique en trompettiste). 

Bref, un parfait film de vacances de Noël, qui laisse filtrer en sourdine une petite ambiguïté parfaitement américaine (le droit de réussir permet-il de s'affranchir des lois ?).

 

2e

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Concours Nina Wu : gagnez 2x2 places (Terminé)

A l'occasion de la sortie en salle de Nina Wu le 8 janvier, je vous propose de gagner 2 x 2 invitations valables partout en France.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : quelle est la nationalité du réalisateur Midi Z ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 6 janvier 20 h.
 
Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite les invitations, envoyées directement par le distributeur.

NB : un des deux lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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La vie invisible d'Euridice Gusmao

Quel souffle, quelle ampleur dans ce mélodrame tropical ! J'ai été complètement absorbé tout au long des 2h20 du film brésilien de Karim Aïnouz.

La reconstitution des années 50 est superbe, que ce soit dans les intérieurs, les rues, les véhicules, les mentalités.

Superbe et dure à la fois, puisque le film est avant tout un tableau de la tyrannie patriarcale sur la vie et le corps des femmes. La vie invisible est une charge constante et réaliste contre le machisme omniprésent.

Le substrat politique du film, évident, est sublimé par les péripéties mélodramatiques de la narration, le jeu incarné des actrices, la qualité de la mise en scène qui donne à sentir la consistance du temps qui passe. Certaines scènes sont absolument déchirantes  (la presque rencontre du restaurant, les boucles d'oreille, la mort de l'amie, les scènes finales).

C'est beau, souvent discutable d'un point de vue esthétique, pas toujours subtil. Un mélodrame pour coeur d'artichaut au long cours, sensible à la dureté intrinsèque de la vie.

 

4e

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Une vie cachée

Pour apprécier ce nouveau Malick, il faut d'abord aimer l'ensemble de ses tics formels (certains diront son style) : montage cut à l'intérieur d'une même scène, personnages coupés au niveau de la tête, voix off omniprésente, longueur excessive, grand angle qui déforme, personnages dont on entend la voix alors qu'ils ne parlent pas, légère contre-plongée, soleil avec de petites étoiles, musique envahissante, montage qui mixe des scènes n'ayant aucun rapport entre elles, etc.

Pour ma part, l'ensemble de ces petits artifices me lassent et m'empêchent d'éprouver une réelle empathie pour les personnages, même s'il faut reconnaître ici une consistance au propos narratif qui avait disparu du récent cinéma malickien. 

Je suis donc resté à l'extérieur de ce looong pensum (presque 3 heures), intéressant d'un point de vue formel, mais un peu gnangnan quant à son contenu, plein de bondieuseries et de bouillie poético-mystique.

Pour le reste, disons que les paysages et les travaux des champs sont très bien filmés et que l'acteur principal incarne son personnage avec tant de conviction qu'on ne sait pas trop s'il est la victime d'un entêtement maladif ou le vecteur d'une rectitude morale exemplaire. Un comble.

 

2e

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Gloria mundi

Le cinéma de Guédiguian me laissait souvent perplexe : trop simple, trop didactique, trop militant, pas assez ouvert sur les évolutions sociétales.

Ma surprise est d'autant plus grande de découvrir dans Gloria mundi toute une palette de nuances inattendues. 

Les pauvres ne se contentent plus de subir, il deviennent oppresseurs d'autres pauvres. Le couple joué par Grégoire Leprince-Ringuet et Lola Naymark est formidable de ce point de vue. Même Sylvie, jouée par une Ariane Ascaride formidablement quelconque, nous donne une réplique iconoclaste dans l'éco-système Guédiguian : "Les cheminots, ils sont déjà en retraite à mon âge !".

C'est comme si toute l'oeuvre de Guédiguian se trouvait ici travaillée de l'intérieur, les personnages historiques joués par les anciens de la bande (Ascaride, Darroussin, Meylan) étant bousculés par une jeune garde écervelée mais bien vivante (Anaïs Dumoustier, merveilleuse en petite connasse).

Tout cela est déjà très intéressant, mais le film trouve son grammage final dans le personnage de Daniel, gitan marqué par le fatum, et faiseur de haïku.

Le tout ne tient debout que de justesse (ce qui rend compréhensible la réaction de rejet de certains spectateurs). Pour ma part, j'ai souvent été ému aux larmes par la précision du jeu des acteurs, et par la circulation souterraine de sentiments profonds qui innervent le films en continu (le temps qui passe, les promesses de l'avenir, la vacuité du désir). Le cinéma de Ken Loach n'est pas très loin.

Un beau mélo, qui comme les grands films de Sirk, conjugue le trivial et le sublime, parfois dans un même plan.

 

4e

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Proxima

Proxima est ce genre de film qui se résume à son pitch : la difficile séparation d'une mère et de sa fille pour raison professionnelle.

A part ça, pas grand-chose.

Eva Green est plutôt bien, les autres rôles aussi (en particulier Sandra Hüller - Toni Erdmann, toujours parfaite). La vie quotidienne des apprentis astronautes est montrée de façon réaliste, que ce soit dans les steppes du Kazakhstan ou dans les tristounets bureaux de l'Agence Spatiale Européenne. Thomas Pesquet vient donner des conseils, les machines sont impressionnantes, les Russes pas commodes. Rien que du classique donc, mais plutôt bien filmé. 

Le scénario est anémique, l'ambiance lugubre (pourquoi ne ressent on jamais l'envie de partir dans l'espace ?), et le sentimentalisme est évité jusqu'au dernier quart d'heure.

Le film est finalement ennuyeux, et ressemble à un projet de fin d'étude de la FEMIS (dont est issue Alice Winocour), qui aurait des moyens.

 

2e

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It must be heaven

Il y a dans le cinéma d'Elia Suleiman un aspect prétentieux qui me gêne vraiment. J'ai l'impression que le réalisateur toise le spectateur de son air supérieur, exactement comme le personnage qu'il campe dans le film le fait avec le reste du monde. Silencieusement.

L'extrême formalisme du film, son parti-pris de découpage sous forme de vignettes tatiesques, ses allusions politiques parfois difficilement compréhensibles (la scène de la boîte de nuit), ses clichés éculés (ah, les belles femmes de Paris) ne contribuent pas à rendre le film aimable.

J'ai oscillé entre l'indifférence polie, la curiosité amusée (rarement) et l'énervement policé. Une scène m'a vraiment semblé bienvenue, c'est celle du jardin des Tuileries. A ce moment-là, l'acuité de l'observation se conjugue parfaitement avec l'aspect guindé de la réalisation, et le réalisateur s'efface. C'est, avec celle de l'oiseau, les deux seules qui m'ont vraiment convaincues.

Vous risquez fort d'être déçu, car les critiques surestiment à l'évidence le froid talent de Suleiman.

 

2e

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Seules les bêtes

Dominik Moll, cinéaste trop rare, nous offre ici un thriller d'une redoutable efficacité, bâti sur une utilisation simple mais efficace de l'effet Rashomon : les mêmes scènes sont vues plusieurs fois sous des angles différents, offrant à chaque fois un complément d'information sur l'intrigue.

On progresse ainsi dans les arcanes d'une histoire tortueuse, marquée par d'incroyables coïncidences, mais qui présente l'immense intérêt de décrire avec une grande acuité deux milieux très différents et rarement montrés au cinéma : les étendues désolées du causse Méjean et le monde des brouteurs d'Abidjan (si vous ne savez pas ce que c'est, alors allez voir le film).

La sensibilité de la mise en scène, la densité du jeu des acteurs (tous incroyablement bons), la qualité du scénario font de Seules les bêtes un divertissement de haute tenue.

Je le conseille.

 

3e

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Le Mans 66

Même si vous n'avez aucun goût pour la course automobile, ce qui est mon cas, vous risquez fort de trouver un intérêt à ce film de James Mangold.

L'histoire dépasse en effet grandement le cadre sportif : il s'agit alternativement de décrire comment des égos surdimensionnés entrent en conflit, de souligner la brièveté et la légèreté de la vie, de donner à voir comment l'opiniâtreté finit par vaincre tous les obstacles.

Au service de cette machine hollywoodienne absolument à contre-courant (pas de franchise, pas de super-héros, pas de sujet "à la mode"), un scénario aux petits oignons de Jez Butterworth, qui évite finement un manichéisme trop évident, et une interprétation haut de gamme de l'immense Christian Bale et du négligeable Matt Damon, parfait faire-valoir en l'occurence.

Difficile de ne pas se laisser prendre à cette aventure haletante au long-cours, mise en scène d'une façon redoutablement efficace.

Une franche réussite.

 

2e

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Sympathie pour le diable

Tiré du livre du journaliste Paul Marchand, qui a couvert le siège de Sarajevo, Sympathie pour le diable coche toutes les cases du film de guerre réussi : une impression de réalité absolument sidérante (et je pèse mes mots), une sensibilité à fleur de peau, des morceaux de bravoures.

Le film de guerre se dédouble rapidement : il  sera non seulement question de rendre compte de ce que les Serbes ont fait à Sarajevo, mais aussi de dresser le portrait sans concession d'un ego surdimensionné, d'un journaliste tourmenté qui petit à petit se fait dévorer par la guerre.

C'est peu dire que le film est admirablement fait. L'interprétation est fantastique, les choix de mise en scène brillants, la direction artistique très convaincante. On est happé par le rythme du film, les ambiances cotonneuse de l'hiver à Sarajevo, l'impression d'enfermement que procure, entre autre, la taille de l'écran 4/3.

C'est du grand art.

 

4e

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Western stars

La mode est à la projection unique d'un film évènement (souvent un concert) concernant un artiste. Le distributeur est ainsi quasiment certain d'engranger une grosse participation sur une seule séance, tous les fans veillant évidemment à être présents.

Vendredi soir, c'était au tour du Boss de sacrifier à cette tendance. Etait présenté partout en France Western stars, le film qu'il a co-réalisé avec Thom Zimny, et qui a été montré au dernier festival de Toronto.

Le film est constitué d'un concert filmé dans sa grange personnelle, et qui reprend morceau par morceau l'album éponyme, interprété par un orchestre d'une trentaine de musiciens. Les morceaux sont entrecoupés d'interludes constitués de plans plus ou moins esthétiques de Springsteen dans le désert, et d'images d'archives, personnelles ou pas.

La partie concert intéressera les fans. On aura rarement été aussi près du miracle de la voix springsteenienne : on la voit ici littéralement naître sous nos yeux, à quelques centimètres de la caméra, à travers le frémissement de la lèvre, le gonflement de la gorge ou la profonde intériorité du regard. C'est assez fascinant. Ce qui m'a également frappé, c'est la qualité d'écriture et l'extrême homogénéité de l'album, magnifié ici par de savants arrangements.

Les interludes gâchent le plaisir de la performance. Les images au ralenti, l'aspect hyper-esthétisant des images, le ton pontifiant des commentaires en voix off n'apporte rien au film. Les propos de Springsteen sont nettement en retrait de ceux qui figurent dans son autobiographie. De ce marasme pseudo-philosophique peut être sauvé l'image d'archive qui montre le Boss et Patti amoureux, dans un modeste chalet de montagne. Ce moment-là est à proprement parler confondant de grâce.

Un film pour les fans exclusivement.

Bruce Springsteen sur Christoblog : Springsteen on Broadway - 2017 (****) / The promise - 2010 (***)

 

2e

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Le chant du loup

Il y a quelque chose de fascinant à voir une idée de scénario assez intéressante devenir une bouillie indigeste à l'écran par la seule magie de l'incompétence d'un réalisateur (ou de son équipe).

Le monde des sous-marins, la reconnaissance acoustique, la dissuasion nucléaire : tous ces sujets auraient pu donner un bon film, à la fois distrayant et crédible.

Ce n'est malheureusement pas le cas ici. Le premier défaut du film est son casting : si Kassovitz est plutôt à l'aise dans un rôle ou il peut reprendre les habits du Bureau des légendes, Omar Sy ne parvient pas à rendre son personnage crédible (on s'attend à ce qu'il sorte une blague à chaque dialogue) et François Civil est absolument décalé, avec sa mèche flottante et sa façon de jouer qui convenait bien mieux à Mon inconnue.

Le scénario se perd ensuite dans une succession de clichés, d'invraisemblances risibles et de fioritures ringardes (la romance entre Chanteraide et Diane), avant que les carences évidentes de la mise en scène (problèmes de rythme, direction d'acteur catastrophique) ne finissent par faire couler définitivement le film.

Mieux vaut revoir A la poursuite d'octobre rouge.

 

1e

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Concours 11 minutes : gagnez 3 DVD (terminé)

A l'occasion de sa sortie le 3 décembre, je vous propose de gagner en partenariat avec Epicentre 3 exemplaires du DVD 11 minutes, film de Jerzy Skolimowski.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : quel est à votre avis mon film préféré de Skolimowski ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 2 décembre 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le coffret DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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J'accuse

Le principal intérêt du film de Polanski est de raconter froidement le déroulement de l'affaire Dreyfus, vu du côté de l'enquêteur Picquart. 

L'aspect didactique du film, qui m'a fait enfin comprendre de quoi il retournait de façon parfaitement limpide, est donc sa qualité principale. La réalisation, sage et efficace, parfois un peu maladroite, n'est pas spécialement à remarquer.

C'est plutôt du côté de l'interprétation qu'il faut chercher les points forts de J'accuse. Si Emmanuelle Seigner est toujours aussi nulle (si elle n'était pas la femme de Polanski, elle ne serait évidemment pas là), le reste du casting est assez impressionnant, avec une pléiade d'acteurs de la Comédie Française, et un Jean Dujardin absolument parfait, sec comme un coup de trique. Sous son influence, le film semble filer vers son dénouement comme une flèche, tendu et ramassé, parfaitement servi par la musique obsédante d'Alexandre Desplat.

Le film donne aussi - et surtout - à penser : la rectitude morale et la volonté de justice sont des sentiments assez forts pour qu'un homme borné et raciste adopte une attitude de Juste. C'est vertigineux.

 

3e

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Les misérables

C'est peu dire que Ladj Ly, pour son entrée dans la confrérie des cinéastes de longs-métrages, frappe un grand coup.

Les misérables coche en effet toutes les cases de la réussite miraculeuse : un scénario extrêmement brillant qui évite tous les écueils (on y retrouve la complexité de The wire), une mise en scène hyper-efficace (qui m'a fait penser au meilleur de Spielberg), un casting hors normes, une attention au détail comme on en voit peu, des idées à la pelle.

Le film commence comme une agréable pagnolade à la sauce de banlieue : accent, personnalités truculentes, dialogues ciselés, récit d'initiation. La manière dont l'histoire se durcit progressivement est exceptionnelle, Ladj Ly et son scénariste Giordano Gederlini parvenant à multiplier les fausses pistes avec une habileté confondante.

Le récit du film renvoie beaucoup des protagonistes dos à dos, en veillant à ne jamais perdre son spectateur, jusqu'à un plan final d'anthologie, qui résume toutes les qualités du film. 

Les misérables, en plus de son intérêt dramatique et de sa capacité à captiver, parvient à donner un sentiment de réalité extrême. On a en effet rarement eu cette impression de vivre la vie quotidienne des quartiers, que ce soit dans les jeux des enfants, au cirque, chez les salafistes ou dans le club aux lumières rouges. La capacité que manifeste Ladj Ly à mettre en place une ambiance avec quelques éléments est la marque d'un futur très grand réalisateur.

Une oeuvre d'exception, à ne rater sous aucun prétexte !

 

4e

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Noura rêve

Le film tunisien de Hinde Boujemaa présente beaucoup de points communs avec Papicha, le récent film algérien de Mounia Meddour : un personnage féminin très fort confronté au patriarcat violent, une femme réalisatrice, un tableau saisissant de la vie quotidienne, un sentiment de fatalité, une mise en scène efficace et brutale.

Si Noura rêve est un peu moins ample que Papicha dans son propos et un poil moins ambitieux dans sa forme, il est tout de même très intéressant et mérite d'être vu. 

Le personnage de Noura est ici joué par Hend Sabri, totalement utilisée à contre-emploi, puisqu'elle est plutôt habituée au glamour et aux paillettes (elle est mannequin et égérie de L'Oréal pour le Maghreb). Ici, sans fard et sans maquillage, elle réalise une prestation très solide.

De la même façon, le personnage de l'inquiétant mari est joué par Lotfi Abdelli, plutôt connu comme humoriste en Tunisie.

Le résultat est un film glaçant, qui commence sotto voce, mais vire tout à coup l'imbroglio narratif complexe, pour se terminer dans une sorte de cruelle queue de poisson. Noura rêve est puissant, réaliste et édifiant. Je le conseille.

 

2e

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Little Joe

L'idée originale du film n'est pas mauvaise : une plante est capable d'influencer les sentiments des hommes à son profit, pour survivre, du fait qu'elle a été créée génétiquement stérile. Du coup, les humains l'entourant deviennent possédés par elle, façon bodysnatchers.

De ce concept fumeux, on imagine que certains réalisateurs auraient pu tirer quelque chose de décapant et potable (Lanthimos, Ostlund, Ozon ?). Ce n'est pas le cas de Jessica Hausner, qui propose un exercice de style théorique et peu incarné. Les intérieurs, les extérieurs, les lumières, les couleurs, les vêtements vraiment affreux  : tout concourt à inspirer un sentiment clinique de froideur très calculé.

Les acteurs jouent assez mal (regardez la photo ci-dessus pour vous en convaincre) et ne contribuent aucunement à la crédibilité du propos. La progression de l'histoire est surlignée de façon outrancière, notamment par une bande-son qui semble faite pour éprouver notre résistance au stress auditif (stridence, balle qui rebondit et aboiement de chien).

Regarder ce film absolument raté constitue une véritable souffrance.

 

1e

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