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Christoblog

Irma

Ce premier film brésilien de Vinicius Lopes et Luciana Mazeto se situe dans la continuité de ceux de Kleber Mendonça Filho (Les bruits de Recife, Aquarius, Bacurau), Juliana Rojas et Marco Dutra (Les bonnes manières), qui réinventent un nouveau cinéma dans leur pays, profondément marqué par le cinéma d'auteur européen.

Ainsi avons-nous ici tous les tics du cinéma "de festival" : progression lente, moyens pauvres, idées de réalisation injectées dans l'histoire au petit bonheur la chance, parti-pris parfois horripilants (la caméra qui sautille perpétuellement dans la première scène du bus), projet global légèrement fumeux.

Il s'agit de suivre deux jeunes filles en route vers le Sud du pays alors que leur mère est décédée d'une grave maladie. Pour corser le récit, il faut préciser que la fin du monde approche peut-être, puisqu'un météorite menace, et que des femmes se promènent toutes nues dans les bus et les rues, du fait de la fin du monde. 

Les deux jeunes filles retrouvent leur père qui les a abandonnées, subissent les affres du passage à l'âge adulte pour la plus grande, et effleurent dans leur road trip immobile une bonne dizaine de thématiques d'égale importance, de la préhistoire jusqu'à la condition de la femme dans le Brésil contemporain, en passant par la toute-puissance magique de Dame Nature.

Le film est inégal, globalement plutôt ennuyeux, mais tellement sincère qu'on répugne à en dire vraiment du mal. Je conclurai en disant d'une façon positive qu'il comprend une scène magnifique : la plus petite des deux soeurs revit en rêve la séparation de ses parents par le truchement d'une télénovela diffusée dans la pièce où elle dort. C'est splendide. 

A noter que film a eu les honneurs d'une projection à la Berlinale 2020. A conseiller aux aventuriers, amateurs de cinéma sud-américain. 

 

2e

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En route pour le Festival de Cannes 2021

Du 6 au 17 juillet 2021, vous pourrez suivre le Festival de Cannes en direct sur Christoblog, avec un résumé tous les soirs de mes aventures sur la Croisette, à suivre en lisant Mon journal de Cannes.

Pour mes avis immédiats à la sortie de chaque projection, vous pouvez me suivre sur Facebook ou Twitter, comme plus de 800 fidèles. Vous pouvez aussi vous abonner à la newsletter de Christoblog, là, à droite de l'article, en inscrivant votre adresse mail dans la case "Saisissez votre email ici". 

Spike Lee est cette année le Président du jury. Il sera entouré, entre autres, par le génial Song Kang-Ho (acteur de Parasite), Tahar Rahim, Kleber Mendonça Filho et Mélanie Laurent. Andrea Arnold dirigera le jury d'Un certain regard. 

Si vous allez à Cannes pour la première fois, ces articles pourraient vous intéresser :

 

Mon avis sur les différentes sélections : 

Compétition

Cette année, la compétition est pléthorique (24 films, du jamais vu) et d'un niveau incroyablement élevé et homogène. Pour la première fois depuis 10 ans, j'ai vu au moins un film de tous les réalisateurs(trices) en compétition. On peut distinguer ceux qui ont déjà eu une Palme d'Or (Moretti, Audiard, Weerasethakul), ceux qui auraient pu en avoir une (Carax, Dumont, Verhoeven, Farhadi, Anderson, Haroun), ceux qui n'en auront peut-être jamais (Ozon, Penn, Corsini, Lafosse, Ayouch, Hansen-Love), les jeunes pousses qui en auront probablement une un jour (Hamaguchi, Serebrennikov, Lapid). J'attends pour ma part impatiemment les films de la hongroise Ildiko Enyedi (dont j'ai beaucoup aimé Corps et âme, Lion d'or à Berlin), Saul Baker (Florida Project), Julie Ducourneau (Grave), Juho Kosmanen (à qui on doit le très curieux Olli Maki)  et Joachim Trier (Oslo 31 août). Une seule erreur de casting sur le papier : la sélection du tâcheron australien Kurzel.

Cannes Premières

Les années précédentes, les "refoulés" de la compétition se retrouvaient à Un certain regard, ou à la Quinzaine. Cette année, Thierry Frémaux leur offre une nouvelle section, dans la salle Debussy, habituellement réservée à Un certain regard. On retrouvera ici un casting dont Venise ou Berlin se délecteraient : Gaspar Noé, Mathieu Amalric, Arnaud Desplechin, Andrea Arnold, Kornel Mundruczo, Oliver Stone, Eva Husson, Marco Bellochio et Hong Sang-Soo. Incroyable !

Un certain regard

Cette sélection se recentre sur son objectif initial : faire découvrir des oeuvres originales et exigeante. Peu de noms connus par conséquent. Le film d'ouverture, Onoda, d'Arthur Harrari (Diamant noir) est très attendu. On croisera tout de même dans cette section la délicieuse Hafsia Herzi, ainsi que l'intéressant réalisateur turc Kaplanoglu, à qui on doit le beau Miel.

Sélection officielle

Dans le cadre des séances spéciales et autres projections inclassables, on trouve du cinéma d'auteur (Losnitza, Noémie Merlant, Karim Aïnouz), du fun (Fast and furious 9, la comédie musicale décalée des frères Larrieu, Tralala, un documentaire sur le Velvet Underground signé Todd Haynes, OSS 117 Alerte rouge en Afrique noire en clôture) et un film qui pourrait être dans toutes les sélections, Where is Ann Franck d'Ari Folman, seul film d'animation de l'officielle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Quinzaine des réalisateurs

Paolo Moretti renouvelle totalement le casting de la Quinzaine, habituée à ronronner sur des noms récurrents et/ou sur les recalés de l'officielle. Cette année, cap sur l'aventure. Pas de grands noms, mais des réalisateurs que j'apprécie : l'anglaise Clio Barnard (dont j'avais beaucoup aimé le film Le géant égoïste) et le génial Jonas Carpignano, dont j'ai adoré A ciambra. On croisera aussi à la Quinzaine Emmanuel Carrère avec Juliette Binoche, Radu Muntean et Miguel Gomes (dont je n'attends personnellement plus grand-chose).

Semaine de la critique

Pour sa dernière sélection, Charles Tesson propose une sélection intrigante et obscure (par exemple un film égyptien dans lequel un père de famille se transforme en .... poulet) et des séances spéciales glamour, s'offrant Gérard Depardieu, Sandrine Kiberlain en tant que réalisatrice, et Adèle Exarchopoulos (dans le très attendu Rien à foutre de Julie Lecoustre et Emmanuel Marre).

ACID

Dans la petite dernière des sélections cannoises, peu de noms connus. J'aimerais voir Vedette, de Claudine Bories et Patrice Chagnard dont le premier rôle est ... une vache.

A bientôt en direct de Cannes !

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Ibrahim

Samir Guesmi signe ici un joli premier film, sans emphase, toujours juste. 

Ibrahim explore avec délicatesse les affres de l'adolescence confrontée aux difficultés de la vie :  la culpabilité, les mauvais choix, les premiers émois. 

La mise en scène et le découpage du film est à la fois tendue et douce. Les acteurs y sont tous formidables : on retrouve avec plaisir la bande de Solveig Anspach (Samir Guesmi, Philippe Rebbot, Florence Loiret-Caille pour une courte apparition) et on constate que Luana Bajrami confirme son statut d'excellente actrice.

Une franche réussite, pas férocement originale, mais qui imprime la marque d'un réalisateur sensible.

 

2e

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Teddy

Teddy apporte d'une façon indiscutable une nouvelle preuve qu'un cinéma de genre à la française est en train d'émerger de façon durable.

Le premier film de la fratrie Boukherma mêle avec beaucoup de bonheur plusieurs registres. Au début du film, on pense être dans une chronique un peu azimutée de France profonde. On pense immédiatement au P'tit quinquin de Dumont : personnages plus ou moins cinglés, photographie pétante, mise en scène moqueuse.

Mais le film se teinte rapidement d'une coloration gentiment mais sûrement gore, comme le faisait Grave dans un genre un peu différent. Le sujet de Teddy devient alors le changement du corps au moment du passage de l'adolescence à l'âge adulte.

Et puis tout à coup, Teddy s'impose comme le récit d'une humiliation sociale et de la vengeance qu'elle implique, avant de se résoudre dans un final plutôt dramatique, parfaitement calibré.

Le résultat est délectable, magnifiquement servi par l'abattage sidérant d'Anthony Bajon, qui confirme de film en film son talent si singulier.

Une réussite indiscutable.

 

3e

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Les 2 Alfred

Cela faisait longtemps que je n'avais pas ri de si bon coeur au cinéma.

Bruno Podalydès propose ici une comédie, qui certes se moque gentiment de l'air du temps (le tout numérique, les extrémités du management "cool" qui ne l'est pas du tout) mais qui parvient surtout à redynamiser un style quasiment disparu des écrans français : la comédie burlesque.

C'est dans cette veine que Les 2 Alfred atteint des sommets de drôlerie (la voiture automatique, le combat de drone, les drones qui s'échouent partout), alors que son aspect comédie sentimentale et sociale est de facture plus classique.

Les acteurs sont tous excellents, et il faut reconnaître que le couple des deux frères atteint un degré de complicité ahurie exceptionnelle. Sandrine Kiberlain prouve une nouvelle fois son talent comique et tous les seconds rôles sont amusants.

Je recommande chaudement ce film drôle et enlevé, qui parvient à faire rire sans être méchant : une sorte d'exploit.

 

3e

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Shorta

Dans la lignée de La haine ou des Misérables, Shorta met en scène l'histoire d'un dérapage policier dans une cité danoise, suivie par l'odyssée de deux flics abandonnés à eux-mêmes dans un climat insurrectionnel.

C'est tendu, tourné comme une aventure en pleine jungle, en adoptant le point de vue des deux flics errant toute une nuit en milieu hostile.

Si les deux personnages principaux paraissent d'abord très caricaturaux (un gentil et un méchant facho), l'originalité du film réside dans la façon dont le point de vue du spectateur évolue progressivement sur eux : le flic obtus et raciste l'est de moins en moins, et se révèle finalement plus adapté au milieu dans lequel il évolue que son collègue.

Le film n'est pas exempt d'une certaine sensiblerie et de quelques invraisemblances, mais il est très efficace et se regarde sans déplaisir.

 

2e

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Gagarine

Faux documentaire, vrai film onirique, Gagarine pose un problème au critique consciencieux et objectif que je suis.

D'un côté il faut reconnaître au film un élan vital exceptionnel, une sensibilité à fleur de peau qui fait parfois mouche, et enfin une façon de filmer la banlieue qu'on a rarement vu. Parmi les autres points forts du film, une idée de scénario géniale, très bien mise en scène : la reconstitution d'une cellule spatiale dans l'immeuble abandonné.

De l'autre, de nombreuses maladresses difficilement pardonnables. Un casting très approximatif : un Finnegan Oldfield encore plus mauvais que d'habitude (si c'est possible), une Lyna Khoudri transparente, un Alséni Bathiny un peu asthénique. Il y a aussi dans Gagarine des ruptures de ton qui tombent un peu à plat et une sorte d'emphase naïve (la fin !) qui posent problème.

Au final, je ne sais pas trop quoi penser de ce film sympathique mais imparfait. A vous de voir.

 

2e

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Minari

Minari est un film modeste. Son propos n'est en effet pas très ambitieux : il s'agit de montrer les difficultés d'adaptation d'immigrés coréens dans l'Arkansas profond. Sa structure est simple et sa mise en scène sans effet particulier.

Il se dégage pourtant quelque chose de profond du film, de poignant et d'universel : une évocation de l'espoir, un aperçu de ce qui se joue dans un couple, un questionnement sur le sens de la vie.

Pour rendre sensible le propos ténu du film, il faut de grands interprètes. Minari peut s'appuyer à ce propos sur des performances remarquables : le petit garçon et la grand-mère sont incroyablement justes (Youn Yuh-Jung, magnifique en aïeule d'abord pimpante, puis terriblement affaiblie, a reçu l'oscar du meilleur second rôle).   

Lee Isaac Chung filme son histoire avec une application à la fois sereine et pénétrée. Il parvient à donner à son film une résonance apaisée, qui se conclût de façon exemplaire par un plan de toute beauté.

Une jolie découverte, toute en nuance, primé à Sundance.

 

2e

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Le discours

Le discours est construit sur un a priori original, qui reflète d’ailleurs fidèlement la construction du roman de Fab Caro.

Son « temps réel » est celui d’un repas de famille, lors duquel les personnages principaux vont se figer à plusieurs occasions, permettant ainsi de très nombreuses digressions menées par son personnage : réflexions personnelles, commentaires sur ce qui se dit, flash-backs renvoyant à de nombreuses époques différentes, réalité virtuelle, flash-forwards fantasmés.

Une fois accoutumé à cette construction un peu complexe, bien servie par la mise en scène de Laurent Tirard, on prend un vrai plaisir à suivre les mésaventures d’Adrien. Si on ne rit jamais vraiment aux éclats, on sourit souvent à l’évocation des petites travers de chacun, dans lesquels chacun saura se reconnaître (ou reconnaître un proche).

Sans originalité, Le discours propose donc un divertissement de bon aloi, qu’on souhaiterait parfois plus épicé ou moins convenu, mais qui finit par convaincre, grâce à l’entrain de Benjamin Lavernhe, qui semble dispenser ici un cours complet de comédie et révèle un talent comique qu’il avait déjà esquissé dans Mon inconnue.

 

2e

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Balloon

Les steppes d’Asie centrale et orientale sont curieusement à la mode ces dernières années, mettant souvent en avant des femmes fortes en prise avec les difficultés de la vie.

C’est de nouveau le cas dans ce film du tibétain Pema Tseden, dans lequel nous suivons l’histoire de Drolkar, épouse et solide fermière, qui se débat entre éducation de garçons turbulents, difficultés de contraception (les ballons du titre sont – entre autres – des préservatifs détournés de leur usage par ses garnements de fils) et croyance bouddhiste en la réincarnation.

Le résultat est un film rythmé d’une grande beauté. On s’égare avec délice et curiosité dans les méandres de cette jolie histoire qui mêle avec légèreté pittoresque, méditation mélancolique et réalisme social. A ne pas rater, surtout si vous êtes, comme moi, amoureux de ces régions.

 

3e

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Vaurien

Vaurien énerve tout d’abord un peu par son apparente décontraction, par la nonchalance affectée de sa narration à trou.

Mais passé ce premier mouvement instinctif, il faut reconnaître au film une capacité hors du commun à dessiner en quelques scènes bien troussées un personnage, une ambiance (le bar, le chien), un milieu professionnel (le BTP), une relation, un mode de vie (le squat).

On peine à croire vraiment ce que l’on voit. Le réalisateur excelle à maintenir le doute sur les intentions de son personnage principal, puis, lorsque ces doutes sont levés, sur ses actions réelles. C’est dans cet entre-deux inconfortable que surgit la rayonnante Ophélie Bau, qu’on n’avait plus vu depuis Mektoub my love.

La relation qu’elle tisse avec Djé est en totale contradiction avec le reste de l’histoire, et les fantaisies semées sur notre chemin (l’incroyable arrestation chantée sur un air d’Azanavour) nous empêchent de nous inquiéter vraiment pour elle.

Peter Dourountzis propose avec ce premier film une tonalité résolument originale, dont on a hâte de voir comment elle évoluera. Pierre Deladonchamps, obsidienne opaque et rayonnante, porte le film sur ses épaules et s’avère une nouvelle fois excellent.

 

3e

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La nuée

Le problème du film de Just Philippot, c'est de vouloir mélanger plusieurs genres sans vraiment exceller dans aucun, et sans que le mélange ne prenne vraiment.

La nuée commence comme le tableau d'une ruralité menacée par la précarité, un sujet commun dans le cinéma français récent (Petit paysan, Au nom de la terre). Son ancrage dans le sud de la France, sa maîtrise technique, la prestation de Suliane Brahim (pensionnaire de la Comédie Française), rendent le début du film plutôt plaisant.

Le propos du film change ensuite assez vite de nature : on s'intéresse de plus en plus à l'état mental du personnage principal, qui se dégrade rapidement, au fur et à mesure qu'un élément fantastique (que je ne dévoilerai pas) entre en jeu.

Ce glissement n'est pas très réussi. Les ficelles du scénario sont un peu grosses, et les traits appuyés. Je me suis désintéressé d'une histoire qui devient de plus en plus prévisible, jusqu'à une fin spectaculaire et horifique, qui respire plus la performance numérique que l'émotion.

 

2e

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Nomadland

Tous les films de Chloé Zhao possèdent plusieurs qualités en commun : une extrême attention aux protagonistes, une connexion à la nature qu'elle partage avec peu de cinéastes, et une mise en scène souple et déliée.

Le résultat est ici tout à fait convaincant, comme l'étaient ses deux premiers films. Je craignais que sa collaboration avec une actrice de la renommée de Frances McDormand nuise aux qualités quasi-documentaires de son travail, mais il n'en rien. L'actrice multi-oscarisée se fond avec un naturel stupéfiant au milieu d'un casting où les personnages jouent leur propre rôle.

Le résultat est d'une humanité rare. Le moindre geste d'attention (offrir un briquet, toucher la main, partager un feu) prend des proportions de sainteté, alors que la descente vers le Sud des Etat-Unis se transforme en une sorte d'épiphanie des marges. 

Bien sûr le film montre la pauvreté en lisière du rêve américain, comme le faisaient ceux de Chaplin et de Ford, et certains le verront probablement principalement sous cet angle, mais il est aussi (et pour moi surtout) une formidable ode à la liberté absolue, entre grâce et dénuement, trivial et sublime.

La mise en scène de Zhao est confondante de beauté, enchaînant travellings inspirés, montage rythmé et gros plans émouvants, le tout dans des tonalités bleutées et grisâtres. 

Nomadland mérite tous ses prix, mais il est plus qu'un gagnant, il est un passeur.

Chloé Zhao sur Christoblog : Les chansons que mes frères m'ont apprises - 2015 (****) / The rider - 2017 (****)

 

4e

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Concours 5ème set : Gagnez 3x2 places (Terminé)

A l'occasion de la sortie en salle du film de Quentin Raynaud avec Alex Lutz, 5ème set, le 16 juin, je vous propose de gagner 3 x 2 invitations valables partout en France. 

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : citez un autre film qui met en scène le tennis ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 15 juin 20 h.
 
Un tirage au sort départagera les gagnants.

NB : un des trois lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Petite maman

Quelque chose ne fonctionne pas dans Petite maman.

Dès les premiers plans, le film se place dans une position un peu surplombante : la petite fille joue de façon froide et désincarnée, alors que la caméra louvoie un peu artificiellement dans un couloir. Quelques instants plus tard, dans un plan tourné à l'extérieur, la mère adopte une posture qui m'a semblé complètement anti-naturelle.

La suite du film se situe dans la continuité de ce début. A la fois un peu laborieux, manquant de grâce et au final très anecdotique. Sciamma ne creuse pas le vertige métaphysique qu'aurait pu générer son idée originelle : soit la mère pose des questions accessoires à la fille ("tu m'auras à quel âge ?"), soit les deux sont montrées dans des moments d'innocence (le bateau, les crêpes) qui sont comme déconnectés du sujet du film.

Le résultat est un peu froid, par moment assez beau, et globalement insipide et pesant.

Céline Sciamma sur Christoblog : Tomboy - 2011 (****) / Bande de filles - 2015 (*) / Portrait de la jeune fille en feu - 2019 (*)

 

2e

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Concours Un printemps à Honk-Kong : Gagnez 2x2 places (Terminé)

A l'occasion de la sortie en salle du film  Un printemps à Honk-Kong le 9 juin, je vous propose de gagner 2 x 2 invitations valables partout en France. 

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : comment s'appelle le film précédent du réalisateur Ray Yeung ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 9 juin 20 h.
 
Un tirage au sort départagera les gagnants.

NB : un des deux lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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A l'abordage

Le nouveau film de Guillaume Brac, artisan singulier, modeste et attachant du cinéma français contemporain, est à voir en ce moment sur Arte TV.

Comme souvent chez ce cinéaste précieux, le trait est d'une grande finesse. Il s'agit ici de suivre Félix, gaillard fort en gueule de la banlieue parisienne, dans un pari un peu fou : rejoindre dans le Sud une fille rencontrée lors d'une soirée au bord de la Seine. 

Accompagné par son ami Shérif, géant placide et raisonnable, Félix rencontre un jeune chauffeur coincé par le biais d'un covoiturage hasardeux. L'arrivée au camping de Die va occasionner toute une série de mini évènements à la fois tendres, profonds et révélateurs.

Guillaume Brac réussit merveilleusement bien à nous faire ressentir cette ambiance très spécifique aux vacances d'été : à la fois ouverte à tous les possibles et comme ralentie, dans la glu chaude de l'été. Dans ce contexte formidablement dessiné, les jeunes gens du film explorent leurs liens et leur propre personnalité. Sous l'oeil avisé du cinéaste, on a presque l'impression de les voir en temps réel choisir leur façon d'être : serais-je un affreux goujat ou finalement un mec sympa ? Un gars coincé qui n'a jamais de meufs ou un homme qui prend ses responsabilités ?

Il y a dans ce film une qualité d'observation qu'on voit peu dans le cinéma français : je vous le conseille chaudement.   

Guillaume Brac sur Christoblog : Un monde sans femmes - Le naufragé - 2012 (***) / Tonnerre - 2014 (***)

 

3e

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The father

Difficile pour moi de comprendre l'engouement que suscite ce film, que je trouve compassé, trop long et peu original.

Son principe tient en une phrase : ce que l'on voit à l'écran n'est pas la réalité, mais le fruit de l'imagination d'Anthony, qui souffre de la maladie d'Alzheimer. 

Une fois ce postulat découvert, quelques minutes après le début du film, The father va tourner en boucle autour de quelques objets et thèmes : la fille disparue, la montre, l'appartement, le poulet.

C'est beaucoup trop peu pour maintenir l'attention du spectateur pendant 1h et 38 minutes, d'autant plus que cette proprette imagerie de chaos mental ne possède pas d'unité stylistique marquante (ou alors on la résumera au travelling arrière) ni de puissance évocatrice. La réalisation, qui manque absolument d'idées de cinéma, est d'une neutralité aseptisée qui n'entraîne pas le vertige que la situation devrait générer. Florian Zeller, dont je ne connais pas le travail d'écrivain, s'avère ici être un bien piètre cinéaste, assez pataud dans ses intentions (le dernier plan sur les arbres !) et dans sa pratique.

The father est tout juste sauvé par l'interprétation d'Anthony Hopkins, qui sort le grand jeu, alors qu'Olivia Colman use un peu trop de son air d'ahurie résolument optimiste.

Une déception.

 

2e

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La voix humaine

Pas facile de parler de cet objet curieux que j'ai du mal à appréhender : à peine plus qu'une publicité pour Nespresso, un peu moins qu'un moyen métrage, La voix humaine résiste à la catégorisation.

Le mieux est peut-être de l'envisager comme une dette vis à vis du temps qui passe : on se souvient que dans Femmes aux bord de la crise de nerf, il était déjà question de mettre en scène cette pièce de Cocteau. Ou peut-être comme une sorte de manifesto : moi, Almodovar, esthète devant l'éternel, je vais jouer avec les couleurs (je milite pour la création du rouge Almodovar), la réversibilité des décors, le sens du rythme et le choix des accessoires, l'utilisation judicieuse de la musique, la beauté insondable des vêtements, autant de sujets que je maîtrise et que j'aime.

Dernière option possible : le film est le compte-rendu de la rencontre d'Almodovar entomologue et de la mante religieuse Tilda Swinton, l'actrice qui ne perd jamais une occasion de tourner avec les plus grands.

Le résultat ne m'a pas réellement enthousiasmé, même s'il me faut admettre qu'il est admirable par certains aspects. La voix humaine est au pire une curiosité de cinéphile, au mieux une friandise pour les fans. Le contenu narratif de l'oeuvre est égal à son pitch, tout l'intérêt réside donc dans sa forme, almodovarienne en diable, sans déchet, sans graisse, mais aussi curieusement sans beaucoup de goût.

A vous de voir.

 

2e

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Concours Suzanna Andler : Gagnez 3x2 places (Terminé)

A l'occasion de la sortie en salle du film de Benoit Jacquot Suzanna Andler le 2 juin, je vous propose de gagner 3 x 2 invitations valables partout en France. 

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : quel est l'auteur de la pièce dont le film est tiré ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 2 juin 20 h.
 
Un tirage au sort départagera les gagnants.

NB : un des trois lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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