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Christoblog

Le bon, la brute et le cinglé

On ne pourrait voir dans Le bon, la brute et le cinglé qu'un remake du dernier volet de la trilogie eastwoodienne de Sergio Leone : Le bon, la brute, le truand. En fait le film n'a pas grand chose à voir avec l'original. Il est beaucoup plus vif, déjanté, explosif.

Pour ceux qui ne le savent pas (et j'en étais il y a peu) la tradition du western coréen est très ancienne (au moins autant que celle du western italien, semble-t'il). Ce qui explique peut-être la grande maestria technique dont fait preuve Kim Jee-Won, décidément très à l'aise dans le film de genre puisque ces premiers films étaient un film fantastique (Deux Soeurs) et un thriller (A bittersweet life).

Le bon, la brute et le cinglé est délibérément cartoonesque et ne prétend ni à l'analyse psychologique, ni à la profondeur scénaristique. Si on le prend pour ce qu'il est, il atteint son but de divertissement pur centré sur l'action, souvent spectaculaire et violente, agrémentée d'une touche de burlesque bien amenée par le cinglé qui apporte son lot de situations cocasses (il conduit un side-car coiffé d'un casque d'aviateur, il glisse dans les escaliers au plus mauvais moment, il sodomise ses ennemis avec des bâtons sans le vouloir, il participe à un gunfight avec un casque de scaphandrier, etc...).

Le bon est lisse comme un bon, il a une Winchester et un stetson, et apporte donc la touche western classique qui convient. La brute a un look de rock star avec mèche de cheveux dissymétrique qui rappelle un peu Prince, ou les personnages de certains mangas. Le tout ne s'embarrasse pas de vraisemblance : l'action se déroule en théorie pendant les années 30, dans de superbes paysages mandchous, mais je suppose qu'un oeil exercé y découvrira de nombreux anachronismes.

La fusion occident orient a rarement été aussi forte dans l'interpénétration des styles, des psychés et des thèmes, ici sur un mode joyeusement foutraque qui n'est pas déplaisant. La toute fin est un peu ratée, comme si cela n'avait pas réellement d'importance, ce qui est le cas. 

A voir si vous avez un peu de temps, ou si vous êtes en manque de cinéma tarantinesque.


2e

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Two lovers

James Gray a du mal à réussir un film entièrement. La nuit nous appartient, son film précédent, un pur polar, était zébré d'éclairs de génie mais souffrait d'incohérences et d'invraisemblances rédhibitoires. La moindre n'était pas la prestation calamiteuse de Joaquin Phoenix, difficilement légitime en malfrat repenti.

Two lovers raconte une histoire d'amour triangulaire assez classique : Leonard a vécu une histoire d'amour malheureuse, il rencontre Sandra la brune, raisonnable et rassurante, et Michelle la blonde, un peu déjantée et surtout déjà prise. Il tombe amoureux fou de l'une, amoureux, un peu, de l'autre. Et le sentiment des 2 filles est inversement proportionnel au sien.

A partir de cette trame peu originale, Gray invente un suspense psychologique filmé comme un polar (les 3 premiers films de Gray en sont). Phoenix est bien dans son rôle d'adulte encore enfant (quelquefois ses pitreries en font une sorte de Louis Garrel américain) et les deux actrices, sans être outrageusement séduisantes comme peut l'être Scarlett Johansonn, sont très attachantes. Gwyneth Paltrow trouve probablement ici son meilleur rôle.

Toute la première partie est un miracle de mise en scène. Les 5 premiers plans sont magiques, la suite est filmée à la fois nerveusement et souplement. La naissance de l'amour a rarement été montré avec autant de sensualité et de finesse. Chaque scène recèle son lot d'informations, de sensations. Leonard nous inquiète, nous séduit, l'ombre de la folie plane sur lui et le suspense lié à sa maladie nous fait redouter le pire (la scène du métro). Le film atteint alors un point culminant dans la scène d'anthologie de la boite de nuit.

Sur la fin, le film devient un peu plus conventionnel dans son traitement mélodramatique, même s'il renoue avec la densité du début ponctuellement : par exemple, lorsque Leonard attend Michelle dans la cour pour partir et que nous savons qu'il sait ce qu'il va se passer.

Dans l'entrelacs des sentiments amoureux et familiaux, se dessine une histoire simple et complexe où les scènes se répondent et s'opposent avec brio (la blonde dans l'air glacial du toit, la brune dans la chaleur du lit).

L'art de Gray s'y expose encore un peu plus : le chef d'oeuvre attendu est peut-être pour bientôt.

 

3e

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Burn after reading

Brad Pitt. StudioCanalLes Coen ne sont jamais aussi bons que dans leurs films dits "mineurs".

Lorsqu'il veulent faire sérieux comme dans Barton Fink ou No country for old men , leur style s'alourdit et leur narration s'égare.

Burn after reading renoue avec la tradition burlesco-recherchée initiée par le mythique Arizona Junior. Les Coen retrouve ce rythme enjoué où ils excellent. Leur direction d'acteurs est parfaite.

Je craignais que Clooney en fasse trop : j'avais raison, mais ce n'est pas si désagréable. Brad Pitt est incroyable de stupidité. John Malkovitch excellent en aboyeur enervé. Tous les seconds rôles ont des textes ciselés.

Le scénario est bien enlevé, certes parfois un peu prévisible, et avec quelques temps morts, mais dans l'ensemble intéressant. Il y a dans ce film une certaine tradition du "léger, mais pas tant que ça si on y regarde à deux fois" qui fait l'honneur de la comédie américaine de Lubitsch à Allen en passant par Capra.

Derrière les situations comiques se devine une charge assez vive contre la CIA. Les scènes à Langley sont parfaites dans le genre, les agents étant ridiculisés avec un sérieux parfait et jouissif. "Qu'avons nous appris ?" dit à la fin le responsable de la CIA, et on a envie d'ajouter "après le 11 septembre...".

La morale du film est résolument noire, les travers de la nature humaine (sexuels et amoureux en particulier) y sont crument dénudés.

Tout cela fait de Burn after reading un divertissement tout à fait recommandable.

 

2e

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La vie aquatique

Bill Murray. Buena Vista International Le cinéma de Wes Anderson est comme une mayonnaise. Ce n'est pas parce que qu'on y met les mêmes ingrédients que ça marche à chaque fois.

Dans La vie aquatique, comme dans les autres films d'Anderson on trouve donc :

- une famille déjantée avec des relations parents / enfants compliqués

- des personnages qui se cherchent eux-mêmes, se cherchent les uns les autres et s'esquivent

- une quête, mais de quoi ?, telle est la question

- un univers visuel à mi-chemin entre pop et BD pieds nickelés

- des trouvailles visuelles géniales (les animaux fabuleux comme l'hippocampe arc en ciel ou les crabes berlingots)

un jeu décalé des acteurs

- des personnages ridicules et/ou TRES typés (Klaus, le représentant de la banque)

- des tics récurrents (les scènes filmées dans les pièces "découpées" comme des boites à hamsters)

- une francophilie évidente (l'hôtel Citroën)

Dans La vie aquatique, même si certains moments sont très bons, la mayonnaise a du mal à monter. Les extraits de films sont vraiment trop tocs, les scènes de violence vraiment trop cheaps, et les personnages n'ont pas cette profondeur, ce supplément d'âme qu'auront les trois frères de A bord du Darjeeling Limited.

Il y a dans La vie aquatique en germe une personnalité exceptionnelle qu'il faudra discipliner pour l'épanouir. A suivre. 

 

1e

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Madagascar 2

Paramount Pictures FranceJ'ai eu la dent dure ces derniers temps pour les dessins animés que j'ai été voir avec ma fille. Aussi vais-je faire preuve d'une certaine mansuétude pour Madagascar 2.

Certes la production Dreamworks ne révolutionnera pas le genre mais les personnages d'animaux New Yorkais débarquant en pleine savane africaine fonctionnent assez bien, grâce notamment, et comme souvent dans les bons dessins animés, aux personnages secondaires ou annexes.

 

Le commando de pingouins est par exemple excellent (et joue un peu le même rôle que l'écureuil de l'Age de glace), la Tatie est affreuse, les singes en syndicalistes maîtres chanteurs sont parfaitement réalistes, le gros hippopotame est d'une fatuité bien grasse, le lémurien dictateur africain est bien aussi (malheureusement si peu caricatural).

Bref, le scénario déroule sans anicroche et sans temps mort, les techniques d'animation sont parfaites. Un moment agréable.

 

2e

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Hunger

Michael Fassbender. Becker Films InternationalAttention chef d'oeuvre.

Le premier long métrage du vidéaste Steve Mc Queen est un coup de maître. On aurait pu craindre un objet expérimental pour public branchouillé, et c'est une vraie histoire qui nous est comptée ici. Celle de Bobby Sands, prisonnier politique de l'IRA qui est décédé suite à une grève de la faim, comme 7 de ses camarades. Le film m'a appris beaucoup de chose sur cette période, que je ne connaissais pas (les menaces pesant sur les gardiens de prison, la grève de l'hygiène).

 

La force de la volonté de ces hommes et le pouvoir qu'ils se donnent sur leur propre corps sont hallucinants. La fermeté de Thatcher est d'une violence inouie et sa simple voix off donne des frissons. D'une certaine façon, on a du mal à admettre que ces évènements aient pu se passer chez nous, en Europe, il y a si peu de temps.

Mais le film dépasse le genre du film de prison, ou du film politique, pour visiter autre chose : la capacité qu'à une caméra à capter la réalité des sens et à la restituer aux spectateurs. Et là, c'est peut être la formation première de Steve McQueen qui joue à plein car la réussite est totale : on sens le flocon de neige se poser sur le visage, on entend ces cris furieux puis ces silences assourdissants, on inspire cette odeur de crasse et de pisse, on souffre du contact de la pommade sur les plaies, on inspire la fumée de cigarette.


Hunger est une réflexion sur le don de soi, sur la matérialité des choses, mais c'est également un objet cinématographique parfaitement conçu et réalisé. L'intérêt porté aux personnages secondaires (gardien de prison, long plan séquence magistral - 22 minutes ! - de la conversation avec le prêtre, jeune soldat terrorisé par les bastonnades) densifie le propos tout en le recentrant.

Du grand art. Et que dire de l'acteur, Michael Fassbender ? Au delà de la performance physique il donne à voir son âme.

 


Peut être le plus beau film de l'année, plastiquement, émotionnellement, intellectuellement.


4e

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J'irai dormir à Hollywood

Antoine de Maximy. Walt Disney Studios Motion Pictures France Antoine de Maximy est un drôle de coco.

Il se promène seul, avec une petite caméra fixée en surplomb de sa tête, qui lui permet de se filmer lui même avec ses interlocuteurs, une autre fixée sur son sac à dos, qui lui permet de filmer droit devant lui, et quelques autres qu'il pose de temps en temps sur un trépied ou un assemblage de fortune.

Sa légéreté lui permet de s'immiscer partout avec un certain naturel et aussi un certain culot, voire une bonne dose d'inconscience.

C'est ainsi qu'il rentre dans la propriété de Georges Clooney (parce que la grille est ouverte), ou qu'il va dans le quartier de La Nouvelle Orléans où on lui a dit de ne pas aller. Il faut le voir avec son sourire de Pied Nickelé, s'inviter au débotté dans les maisons (y compris éloignées de la route) pour dire : bonjour, puis-je dormir chez vous ?

Cela ne fonctionne que moyennement au début de son périple. Le couple de New Yorkais est too much et le film tarde un tout petit peu à démarrer, la séquence Amish fait carte postale, et pour le coup, Antoine n'arrive pas à s'incruster. Une fois parti dans les vastes espaces américains les rencontres se densifient, notre Tintin reporter reste plus longtemps avec les gens et au bout de quelques heures, ceux ci se livrent et suscitent de belles émotions, comme l'homme qui va pêcher une journée avant de rejoindre la prison pour 15 ans, la dame qui a perdu ces deux fils de 17 ans à 1 jour d'intervalle, la jeune femme Navajo.

Du corbillard rouge, je ne sais pas trop quoi en penser (à part bien sûr qu'il rappelle furieusement celui se Six Feet Under, qui lui était vert). Venant d'un autre que De Maximy, cela paraîtrait sûrement ridicule, mais là, le vendeur est lui-même tellement barge qu'il devient impossible de ne pas aimer le véhicule qui est un peu à l'image se son propriétaire : brinquebalant, tape à l'oeil, et plein d'esprit(s).

En creux, et c'est le point fort du film, ressort une belle radioscopie des problèmes américains (pauvreté, précarité, racisme - extraordinaire scène dans le bus de Miami, qu'on dirait jouée, alcoolisme, violence, sentiment anti-islamique exacerbé).

Tout le passage à La Nouvelle Orléans est impressionnant de tensions larvées, et poignant de tristesse.

La fin, comme le début, est plus convenue, jouant sur les clichés holywoodiens. Mais dans la durée et avec la confiance, De Maximy arrive à obtenir le témoignage du SDF, si sensible, si intelligent, si plein de force.

Une belle fin pour un beau voyage.

 

3e

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Mesrine : l'ennemi public N°1

Vincent Cassel. La Petite Reine / Roger ArpajouJ'avais vraiment beaucoup aimé le premier volet, et ma déception à la vision du deuxième est en proportion de mon enthousiasme initial.

A quoi tient l'efficacité d'un film ?

Même acteur, même réalisateur, même histoire, et pourtant la mayonnaise ne prend pas aussi bien. Peut être parce que le temps est ici plus resserré, alors que dans le premier volet le passage des années donnait un souffle, une ampleur à la destinée de Mesrine.

Et puis dans toute la première partie de L'ennemi public, les scènes semblent se répéter toujours identiques (fuite en voiture, fusillades..). Cassel reste très bon mais la terrible violence qui suintait de lui dans le premier volet n'existe presque plus dans le deuxième. Mesrine s'assagit, fait de l'humour, cabotine, joue avec les clichés, devient même larmoyant au chevet de son père, mais à part la scène avec le journaliste (et encore), pas de poussée d'adrénaline.

Le destin de ce personnage est tellement extraordinaire, son culot et son assurance tellement immenses, qu'on ne s'ennuie pas vraiment, mais on en est quand même pas loin : il faut dire qu'essayer de faire monter le suspense sur une fin qu'on a déjà vu en introduction est un pari risqué.

La caméra de Richet est beaucoup plus sage, moins inventive. Les seconds rôles sont moyens, on ne croit pas beaucoup en Amalric, ni en Gérard Lanvin comme révolutionnaire (Gérard Lanvin !?).
Finalement les deux films gagneraient probablement à être vus l'un immédiatement à la suite de l'autre.

 

2e

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La vie moderne

La vie moderne est un documentaire qui pourrait paraître minimaliste : des routes, des entretiens plein cadre, et quelques vignettes de vie paysanne en plan fixe.

Au début, la caméra est comme rivée au véhicule qui progresse au son de la musique de Fauré sur cette toute petite route lozérienne.

Elle balaye un paysage magnifique, s'approche de la ferme. Dans les virages elle filme ce qu'elle a devant elle, et non pas ce que nous penserions utile qu'elle filme (les brebis, la ferme). Ce premier plan, qui nous fait entrer dans un monde inconnu avec pudeur (la caméra ne s'impose pas, elle est faussement passive) et douceur (la route descend lentement dans une profonde vallée), est magistral.

Les premières interviews sont elles aussi exceptionnelles, par exemple la longue séquence ou les deux frères (Marcel et Raymond) exposent leur deux personnalités si différentes. Ce qui est frappant chez les personne(age)s que donne à voir Depardon c'est leur extrême économie de parole, le monde de la campagne n'est pas un monde où l'on gaspille inutilement. L'autre trait marquant est la qualité des personnages féminins, vives, enthousiastes, plus subtiles que les hommes, quelque soit leur age et leur éducation.

Les émotions sont brutes et intenses, non dissimulées, et Depardon par son art des questions et des silences arrivent à tirer le meilleur de chacun. Les yeux ont une expressivité rare, les visages sont superbement filmés.

Par moment le film est zébré d'un éclair de burlesque digne des meilleures gag de comédies (une casquette s'envole, un chien mord) et dans ces moments là toute la salle éclate de rire. A d'autre moment l'émotion est tellement intense que les larmes viennent naturellement aux yeux (la mort de la vache, l'émotion de celui qui raconte qu'il a vendu les deux dernières).

Les paysages, les quelques scènes volées à la vie quotidiennes sont superbes, et ponctuent le film en l'ancrant dans le réel. Clair obscur pendant la traite des vaches, fermetures des portes au coucher du soleil, orage éclatant dans la vallée.

Le fil du temps est amoureusement tressé tout au long du film, à la fois par les saisons, les années, et les routes qui défilent ... jusqu'au dernier plan, contrepoint sublime du premier.

Un très grand moment qui marque pour longtemps.

 

4e

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Quantum of solace

Daniel Craig. Sony Pictures Releasing FranceJ'ai fait partie de ceux qui avaient été bluffé par Casino Royale. J'avais vu le film à Paris, dans une salle comble qui avait applaudi à la fin ! Le film m'avait enthousiasmé, non pas en tant que Bond, car je ne suis pas spécialement fan de 007, mais simplement en tant que film d'action / sentiments. Je l'avais trouvé intéressant au niveau du scénario, du rythme, de la parfaite exploitation des paysages et des décors (le casino au Monténégro était particulièrement réussi), du suspense, de l'épaisseur des personnages (Craig et Eva Green, excellents tous les deux et formant un beau couple, il faut le dire).

Quantum of Solace se présente comme une suite de Casino Royale, mais il n'en est que le codicille raté.

Reprenons point par point les qualités de Casino royale.
Le scénario est cette fois inintéressant (malgré la signature du très bon et expérimenté Paul Haggis qui réalise lui-même des films honnêtes comme Dans la vallée d'Elah ou Collision). Les paysages traversés sont mal exploités (Bolivie, Italie, Haiti) et les manifestations filmées (le palio à Sienne, l'opéra) semblent lourdement "plaquées" sur l'histoire et ne s'y intègrent pas.

L'exploration des sentiments reste très superficielle et même caricaturale (oh oh la petite fille témoin de la mort de sa mère et de sa soeur se vengera-t'elle ? oh oh, et alors Bond le fera lui aussi ?). Craig est toujours assez charismatique mais son jeu très fermé, très "je serre les machoires et je fonce", très "je suis un bloc noir de reseentiment et je ne sourirai pas, non, non", Olga Kurylenko. Sony Pictures Releasing Franceuse un peu.

Amalric, que j'adore, fait un méchant potable mais notablement sous exploité. Olga Kurylenka a des petits airs de Sophie Marceau jeune, mais son jeu n'a pas la subtilité de celui d'Eva Green.

Enfin là où Casino Royale optait pour un réalisme violent et simpliste, Quantum nous sert de nouveau quelques scènes qui franchissent la limite du crédible (le saut en parachute, le festival de pyrotechnie dans le désert).

Bref pas grand-chose à sauver dans le film, qui en plus manque singulièrement de rythme : vous avez déjà vu Bond rester 10 minutes assis sur une moto sans rien faire ?

A revoir.

 

1e

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Mesrine : l'instinct de mort

Cécile de France et Vincent Cassel. La Petite Reine / Roger ArpajouLe voilà.

On l'attendait depuis longtemps le film français dramatique / d'action / thriller qui tiendrait la comparaison avec les standards américains. Tendu, rythmé, palpitant, Mesrine ne rougirait pas d'être placé aux côtés des Affranchis ou de Il était une fois en Amérique.

D'où Richet tire t'il sa mise en scène si efficace ? Le fait est qu'on est scotché de bout en bout. Les scènes de suspense pur (l'évasion) alternent avec les scènes de violence qui, nombreuses, sont vraiment éprouvantes (la femme dans les escaliers, l'Algérie, l'extraction de la balle, les Rangers dans la foret, la fosse).

La caméra de Richet est à la fois discrète, virtuose, inspirée.

Cassel tient peut-être là le rôle de sa vie, cassant, vif, séduisant, ignoble. La force de sa volonté pure éclabousse tout le film : il EST Mesrine. Tous les autres acteurs sont parfaits, les femmes en particulier.
Du souffle, du rythme, de l'ampleur (ces paysages parisiens ou américains dans toute leur largeur), une maîtrise jouissive du montage, une osmose parfaitement réussie de l'intime et du public, des scènes d'action, des sentiments intenses : un grand et bon film.

De plus, si vous ne connaissez pas l'histoire de Mesrine, le scénario est bien ficelé et remarquablement intéressant.
Mesrine prend aux tripes, à l'opposé du film d'auteur compassé, il ouvre une nouvelle voie dans le cinéma français.

Décomplexé !  

 

4e

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Vicky Cristina Barcelona

Scarlett Johansson. Warner Bros. FranceAprès sa trilogie londonienne, Woody continue son tour d'Europe et nous emmène cette fois-ci en Catalogne.

Le film commence sur les chapeaux de roue. Voix off dessinant à grands traits les contours des personnages, puis arrivée en force de Javier Bardem, tout en virilité assumée, dans une scène excellente où il fait des propositions, disons, assez abruptes, à nos deux touristes américaines.

Les réactions contrastées, toutes en nuance, de la brune Vicky et de la blonde Cristina, puis le week end à Oviedo sont vraiment délicieux. Le marivaudage est drôle et profond à la fois.

De retour à Barcelone, le film se gâte. Il commence à tourner un peu en rond, il se traîne, Woody donne l'impression de prendre son temps, tout amoureux qu'il est de Scarlett Johansson. L'irruption de Penelope Cruz, n'arrange rien, car elle est beaucoup moins crédible que les deux autres actrices et en fait trop (un peu comme d'habitude). La venue du mari de Vicky ajoute dans la dernière partie du film un peu d'intérêt par le ridicule contraste qu'il forme avec Bardem, mais la morale qu'il dessine est un peu poussive : Allen=Europe=personnage de Bardem=créateur, alors que mari de Vicky=matérialisme=superficialité.

Le coup de feu final tombe un peu à plat.

On a dit que le film était très sensuel, mais Woody n'est sexuel qu'intellectuellement, et à vrai dire il ne sait pas trop comment filmer les scènes de sexe. Tantôt il ne les filme pas (les amants tombent hors champ), tantôt la prise de vue en très gros plan est un peu floue, tantôt un coin de table masque opportunément ce que tout le monde voudrait voir.

Même la scène entre Scarlett et Penelope, sensée être un summum de sensualité, laisse de marbre. Rien à voir avec le trouble sensuel extrême que procurait le baiser des deux héroïnes de Mulholand Drive (tiens, une brune et une blonde aussi).

Par moment, le film fait vraiment "Woody visite l'Europe", après Venise, Paris, Londres : Barcelone, et son parc Guell, sa Sagrada Familia, etc...

La bonne surprise du film est l'actrice Rebecca Hall, que je ne connaissais pas, et qui est très bien.

 

2e

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Le silence de Lorna

Le silence de Lorna a obtenu le prix du meilleur scénario au festival de Cannes 2008.

D'une certaine façon, lorsqu'on a dit ça, on a tout dit.

Le scénario est en effet effectivement très bien, et rappelle immédiatement le cinéma de Kieslowski, référence en matière de dilemme psychologique.

Le problème est que ce scénario, très bien charpenté, n'est qu'un séduisant squelette que les frères Dardenne peinent à habiller de chair.

Si l'actrice Arta Dobroshi est parfaite, les personnages masculins sont un peu trop typés et manquent de complexité. Le rythme du film est celui qu'en sport on qualifierait de faux lent : on ne s'ennuie pas vraiment, mais on n'est pas vraiment entraîné non plus. La comparaison avec 4 mois, 3 semaines, 2 jours est cruelle. Ce dernier film nous atteignait en plein coeur, il instillait une ambiance de tension extrême, viscéralement éprouvante, Le silence de Lorna ne fait que jouer avec notre intellect, sans vraiment nous émouvoir.

La séquence de fin est à ce titre exemplaire : ni vraiment onirique, ni vraiment réaliste (une fugitive qui ne se retourne jamais ?), ni vraiment poétique, elle est .... vraiment bizarre.

Le cinéma des frères Dardenne est souvent sec comme un coup de trique, il en oublie quelquefois l'obligation de plaire. 

 

2e

 

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La belle personne

Louis Garrel. Le PacteEvidemment, Les chansons d'amour vont marquer pour lontemps le cinéma de Christophe Honoré. Ce film était si puissant, si plein, si entier, si rythmé, qu'il emportait tout sur son passage, comme un fleuve romantique.

La belle personne n'évite pas d'une certaine façon la redite ou la nostalgie : mêmes acteurs (Garrel, Leprince Ringuet, Clotilde Hesme), apparition en guest star de Chiara Mastroianni, vues de Paris en hiver, et acteur chantant du Beaupain au plus fort de la crise.

Cette filiation n'est pourtant pas dérangeante. La belle personne est comme un addenda élégiaque aux Chansons d'amour, qui lui exploitait plutôt une veine lyrique et romantique.

La première partie du film patine un peu. Les jeunes acteurs ont du mal a trouver leurs marques, je trouve qu'il y a des problèmes de bande-son qui rendent une partie des dialogues inaudibles et les cours de l'upper-class parisienne, observés après avoir vu Entre les murs, ont un peu de mal à passer.

Dans la deuxième partie, lorsque le scénario se concentre sur les personnages principaux, le film devient captivant et atteint des sommets (le nettoyage de la cour par exemple, les derniers plans). Rarement la douleur quasi physique de l'amour aura été aussi bien montré au cinéma. La musique triste du barde folk et maudit qu'était Nick Drake contribue a instaurer une ambiance envoûtante.

Christophe Honoré se révèle de film en film un cinéaste étonnant et extraordinairement doué. Ses mouvements de caméra, ses montages cut, sa façon de carresser les personnages, ses innovations stylistiques : il y a de grandes promesses dans ce cinéma-là, et l'ombre de Truffaut commence sérieusement à recouvrir Honoré.

Enfin impossible de conclure cette critique sans un hommage particulier à l'actrice principale, Léa Seydoux, perle opaque au teint blanc et aux cheveux noirs, qui irradie le film de sa beauté et de sa présence.


3e

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Kung fu panda

Paramount Pictures FranceBon, j'ai accompagné ma fille Valentine voir Kung Fu Panda.

Résultat : ma fille ne m'a pas dit en sortant : "c'est trop bien" ou "trop génial". Un signe.

Le fait est que l'animation américaine a perdu ces dernières années le peps retrouvé un temps par les productions Dreamworks et Pixar.

Sans démériter, Kung Fu Panda est assez ennuyeux et on aura plus de matière à lister ce qui manque qu'à énumérer ce qui y figure.

Allons-y : pas de second degré, pas de morceaux chantés et irrésistibles, pas de subtilité dans le scénario, pas de rythme, aucune originalité, pas de lyrisme, pas d'évolution de la psychologie des personnages. Voilà.
Que dire de plus ? Au début on peut croire un instant que le film va être une sorte d'apologie des gros et des obèses qui finissent par transcender leur état à force d'opiniâtreté (même en restant parfaitement stupides).

Las ! Il deviendront as du Kung Fu, en débit du bon sens, comme les autres... Pas aussi mauvais que Bee l'abeille (notre étalon de nullité en matière d'animation) mais beaucoup moins bon que Schrek, Mulan ou l'Age de Glace.

 

1e

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Entre les murs (en avant première avec Laurent Cantet et François Bégaudeau)

Haut et CourtCritique très spéciale ce soir puisque je viens d'avoir le privilège de voir Entre les murs en avant-première à l'UGC Atlantis de Nantes.

Laurent Cantet est passé avant le film, conforme à son image, tout de noir vêtu, cheveux blancs, solidement campé sur le sol, s'exprimant très clairement et avec un certain charisme. L'essentiel de son discours a porté sur sa rencontre fortuite avec Bégaudeau dans l'ascenseur d'une station de radio, son coup de foudre pour le livre, puis sur la genèse du film. Il revendique haut et fort le caractère de fiction du film ("ce n'est pas un documentaire"), acceptant par contre le terme de film-dispositif, proposé par l'intervieweur.

François Bégaudeau, présent lui aussi, ressemble furieusement ... à lui-même dans le film.


Physiquement d'abord : baskets, jean noir, t-shirt marron fonçé. Par son attitude ensuite, plus volubile que Cantet, charriant les spectateurs comme il charrie les élèves dans le film ("quels sont vos sentiments sur le film que vous allez voir ?" "Je vois des grognons au fond de la salle", etc). Dans le discours, il insiste comme Cantet sur le fait que les acteurs sont vraiment acteurs, et ne jouent pas leur propres rôles. Il raconte par exemple comment l'acteur Boubacar fait Haut et Courtsemblant de ne pas savoir ce que signifie la "légende" d'une photo, alors que le vrai Boubacar le sait, et comment il est capable de jouer 10 fois de suite cette scène.


Je vous conseille vivement sur tous ces sujets (comment est né le film) et pour un retour passionnant sur la carrière de Laurent Cantet la lecture des Cahiers du Cinéma de septembre 2008. Vous y apprendrez par exemple que l'histoire de Souleymane était dans la tête de Cantet avant qu'il lise le livre.

Et le film alors ?

Je pense qu'il va bien marcher, et que les polémiques vont enfler.
Il va marcher parce qu'il est plaisant à suivre, avec juste ce qu'il faut de rebondissements, de tension dramatique, de naturalisme, d'humour, d'émotions. Parce sa mécanique est assez bien huilée et qu'il montre ce que peu de Français peuvent voir en vrai : l'intérieur d'une salle de classe. Et comme tout endroit secret, cet endroit est attractif. Normalement, tous les profs devraient aller voir le film, ainsi que leur famille, ainsi que tous les collégiens, et leur famille, ça fait déjà du monde !
Les acteurs sont par moment assez irrésistibles et ont un sens de la répartie qui fait souvent mouche. On pourrait assister à une sorte d'emballement autour de leur personnalités, avec répliques cultes à la clé : "c'est pas un livre de pétasse".

D'un point de vue de cinéphile, on notera que le parti pris de mise en scène (gros plans et très gros plans en grande majorité, couleurs blafardes, numérique) ne nuit pas globalement au rythme du film, dont le montage est par ailleurs assez habile avec un sens de l'ellipse très efficace. Le scénario est par contre à mon sens un peu léger, les personnages des profs étant par trop caricaturaux (le bon, le rigoriste, le vieux, la bêtasse, le jeune qui craque...), ce qui ne permet pas aux François Bégaudeau. Haut et Courtsituations de développer à plein leur potentiel dramatique. Certaines intrigues sont mêmes avortées (la mère de Wei).
Est ce que le film mérite une palme d'or ?
Objectivement on peut hésiter, comparé par exemple au pur objet cinématographique qu'est Un conte de Noel. Ceci dit il reste un objet visuel, narratif et sociétal absolument hors norme, et en tant que tel, sa distinction n'est pas outrageante.

L'attribution de la Palme d'Or (au sujet plutôt qu'à la forme, comme l'avait annoncé préventivement le président Sean Penn) ne fait donc qu'anticiper les polémiques qui ne manqueront pas de se développer à la sortie du film. De quoi parle t'on exactement quand on parle d'Entre les murs : du film ? de son contenu ? de l'école aujourd'hui en France ? de ce qu'est un prof parfait ? Celui qui critiquera l'attitude de François Marin (trop progressiste, trop provocateur, angélique, égocentrique) s'opposera à celui qui défendra la discipline à l'école, mais les deux ne parleront pas cinéma.

Il y a fort à parier que le film entraîne un débat sur une question de société (l'école) que les Français n'ont plus abordé frontalement depuis longtemps, plus qu'un débat sur lui-même. C'est ce qu'a d'ailleurs fort sagement espéré Laurent Cantet ce soir à Nantes, allant jusqu'à affirmer avant de nous quitter (avec humour et un certain sens commercial) que le film méritait d'être vu 3 ou 4 fois.

Si vous aimez le cinéma et/ou vous vous souvenez avoir été à l'école et/ou avez des enfants d'age scolaire, difficile de ne pas aller vous faire une idée par vous même.

3e

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Bons baisers de Bruges

Brendan Gleeson. SNDRégulièrement arrivent ces derniers temps de très bonnes comédies anglo-saxones. L'année dernière dans la veine comédie dramatique (et grinçante), c'était Little Miss Sunshine. En début de cette année, en tant que comédie sentimentale, c'était Juno.

Et cette fois-ci c'est dans le genre comédie policière anglaise que se distingue Bon baisers de Bruges (Le titre original In Bruges est bien meilleur).

Le scénario est particulièrement bien ficelé. Le contraste entre nos deux acolytes et la merveilleuse cité médiévale, filmée à la fois comme un endroit rêvé et un lieu touristique à consommer, est en soi porteur de multiples ressorts Jordan Prentice. SNDdramatiques et comiques.

Les acteurs sont fameux, Colin Farrell en multipliant les mimiques infantiles est irrésistible, Brendan Gleeson, autre acteur irlandais dégage une force tranquille et son jeu nuancé est un parfait contrepoint aux accès juvéniles de Farrell, irlandais lui aussi. Enfin Ralph Fiennes est parfait en Harry (un ami qui vous veut du mal) sec, impitoyable et ne rigolant pas avec l'honneur (y compris pour lui même).

Le film au final ne ressemble à rien de connu. Le caractère totalement imprévisible de l'histoire et les situations burlesques - voir surréalistes - font penser à Tarantino (dans les face à face, impossible de dire à l'avance qui va tuer qui), mais la patine anglaise donne un film très européen, et aussi très anti-américain.

Une excellente soirée.

 

3e

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Be happy

Eddie Marsan et Sally Hawkins. MK2 DiffusionPoppy est merveilleuse, pleine de vie et de fantaisie, rayon de soleil dans la grisaille de Londres, toujours enthousiaste, altruiste, voulant le bonheur de tous.

Souriante, gaie, voyant le bon côté des choses, patiente avec les enfants. Que des qualités ! (sauf les fringues, mais elle anglaise, donc à moitié pardonnée).


Poppy est chiante, factice, maniérée. Poppy est aveugle à ce qui l'entoure, elle veut être dans l'empathie mais n'y est jamais vraiment. Poppy n'écoute pas les autres. Sa bonne humeur chronique est un danger public, un pousse au meurtre, ou au viol. Elle porte sur les nerfs. Ses amis en ont marre, les mecs la fuient (qui aurait envie de vivre avec une Chantal Goya hystérique ?).

Mike Leigh est un cinéaste subtil, qui peint un Londres attendrissant, qui dirige ses acteurs à la perfection (extraordinaire Scott !), qui arrive à montrer comment l'enfer est pavé de bonnes intentions.


Mike Leigh est un cinéaste opportuniste qui a perdu la force sèche de ses premiers longs métrages et qui se fourvoie dans une comédie sentimentale qui commence comme un Woody Allen, se finit comme un Amélie Poulain et a essayé entre temps de se prendre pour l'Almodovar des débuts (Pepi..).

Faites votre choix. En ce qui me concerne je me suis ennuyé pendant de longs moments et Poppy m'a plus énervé qu'amusé, mais je comprends que l'inverse soit vrai.


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Gomorra

Le PacteQuand on a lu le livre avant de voir le film, on est toujours déçu. Ce vieil adage de lecteur cinéphile se vérifie une fois de plus avec Gomorra.

Le livre de Roberto Saviano est une bombe documento-romanesque. Tout y est : des visions d'apocalypse (comme le premier chapître, qui donnerait une scène d'ouverture au film beaucoup plus forte que la vraie, déjà vue cent fois chez Scorsese et d'autres), des histoires romanesques, de la profondeur psychologique et sociologique. Le livre est à la fois un brûlot politique et un écrit plein de suspense (l'écrivain est infiltré). Bref de la matière à cinéma.

Le résultat filmé est décevant. Face à la richesse surabondante du livre, Matteo Garrone a sélectionné quelques destins individuels. Mais sans le background explicatif et journalistique du livre, les maigres intrigues du film deviennent presque incompréhensibles (qui comprendra pourquoi Maria est tuée ? comment fonctionne le marché de la contrefaçon et à quoi correspondent les enchères que montre le film ?), et on a beaucoup de difficultés à s'attacher aux personnages.

L'ennui n'est pas loin, surtout dans la première partie du film.

Reste une mise en scène assez élégante, mélangeant avec bonheur le style "caméra à l'épaule" et une recherche esthétique et mélancolique dans les tons et les ambiances (la voiture accidentée parmi les fausses statues, le buldozzer sur la plage...).

La récompense cannoise semble un peu généreuse, c'est probablement le caractère social du film qui l'explique. Un conseil : lisez le livre.

 

2e

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Scoop

Je profite de l'été et des soldes sur les DVD pour voir des films que j'ai raté à leur sortie.

Ainsi, j'attendais beaucoup de Scoop. Trop sûrement.

J'ai adoré Match Point, trouvant que Woody Allen revenait en pleine forme après toute une série de film mineurs et presque auto parodiques.

Si Scoop n'est pas nul, il n'est pas réussi non plus. Le scénario, beaucoup plus prévisible et moins retors que celui de Match Point, ne vaut pas grand chose. L'idée du bateau de la mort est une belle idée, qui rappelle la fantaisie du Woody du tout début, mais elle n'est pas vraiment exploitée.

Woody lui même, en tant qu'acteur, en fait beaucoup trop, même si l'idée du magicien / metteur en scène est intéressante. Il finit par être ridicule, on dirait du Luchini sous amphétamine. Hugh Jackman est transparent. Scarlett Johansson est par contre absolument craquante et on voit bien que notre tombeur de Woody est tombé amoureux d'elle et lui offre ce film comme un écrin. Il faut dire qu'avec ses lunettes et ses moues de fille un peu bêtasse elle est vraiment renversante.

 

2e

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