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Ce qui nous lie

Ce qui nous lie, pour faire bref, présente les habituels défauts d'un Klapisch, qui pourront être vus suivant le point de vue comme des qualités : une grande générosité dans la mise en scène qui avoisine souvent la facilité ou le mauvais goût, une bonne direction d'acteur, qui peut s'approcher du cabotinage, et une faculté assez sidérante à réussir certaines scènes et à en rater d'autres.

On retiendra ici un scénario assez faiblard (on a l'impression d'avoir vu ce type de situation mille fois), mais des acteurs plutôt convaincants, à l'image d'Ana Girardot, que j'ai trouvé excellente. 

Parfois, Klapisch parvient susciter une émotion brute qui nous tire (presque) des larmes : c'est la force de son cinéma désinhibé et éternellement adolescent. Si l'impression générale est cette fois plutôt négative, c'est parce que le contexte de ce film (le milieu des vignerons bourguignons) supporte moins bien le style déluré et foutraque de Klapisch que celui des étudiants de L'auberge espagnole ou celui du salopard de Ma part du gâteau.

Ce qui nous lie est loin d'être un bon film (le nombre de clichés et de facilités qu'il empile est une nouvelle fois colossal), mais il faut reconnaître à son réalisateur le talent de nous faire ressentir la libération sensuelle et rythmée qu'est une Paulée, et celui de nous amuser par une ou deux trouvailles rondement menées (comme Pio Marmaï qui invente par deux fois des dialogues de scènes observées).

Cédric Klapisch sur Christoblog : L'auberge espagnole - 2002 (**) / Les poupées russes - 2004 (***) / Paris - 2008 (***) / Ma part du gâteau - 2011 (***) / Casse-tête chinois - 2013 (**)

 

2e

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Dans la cour

On pouvait craindre beaucoup de choses à la lecture du script et du casting du nouveau film de Pierre Salvadori : des numéros d'acteurs un peu vains, une sorte de surenchère dans le misérabilisme psychologique, une petite chose parisienne étriquée à la mesure d'une cour d'immeuble, un succédanné d'esprit grolandais avec le snobisme chic que cela comprend.

Et puis non. Dans la cour évite tous les pièges évidents qui le guettaient : il est superbement réalisé, bien rythmé, et les acteurs sont tous formidables. Kervern est parfait en dépressif conciliant et de bonne volonté, Deneuve montre des choses qu'elle n'avait jamais montré (et avec quel brio !), les second rôles sont tous parfaits (Pio Marmai continuellement défoncé, Feodor Atkine en mari rationnel). Le scénario est suffisamment malin pour nous entraîner vers une fin guère prévisible.

Pierre Salvadori tient sur la durée un équilibre délicat entre comédie douce-amère et drame psychologique, sur un mode à la fois réaliste et poétique. Tout y précis, concis, délicat, mesuré. Du bel ouvrage.

 

3e    

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