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Christoblog

Concours DVD : Gagnez 2 DVD (Terminé)

l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 2 exemplaires du DVD du Luzzu.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : Dans quel pays se déroule l'action de Luzzu ?
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 24 avril 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des deux DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Ego

Sortie DVD

Grand vainqueur du Festival de Gérardmer 2022, ce film finlandais se place dans ce qui est en train de devenir une tendance lourde : l'épouvante nordique un peu barrée. Récemment, l'islandais (et poétique) Lamb, puis le norvégien (et alambiqué) Les innocents, ont montré le chemin d'un surnaturel profondément ancré dans le quotidien.

Ici, la réalisatrice Hanna Bergholm prend toutefois un chemin un petit peu différent en présentant la tableau d'une famille presque trop parfaite : la mère a un goût particulièrement kitsch en matière de décoration (du rose, du verre, des coeurs), elle tient un blog, et exerce une pression psychologique infernale sur sa fille de onze ans qui prépare un concours de gymnastique.

Evidemment ce monde parfait et sucré s'avère rapidement tordu : la mère a un amant et l'inconscient de la petite fille Tinja va revêtir plusieurs formes inquiétantes et assez réussies. Le film n'est pas avare de jumpscares, mais aussi de visions formelles d'une grande beauté, le tout assez concis et ramassé pour préserver l'intérêt de Ego jusqu'à la fin.

Je conseille donc plutôt ce film bien écrit (la dernière partie est assez surprenante), servi par l'interprétation impressionnante de la jeune Siiri Solalinna. J'ai pu voir le film en Blu-ray et apprécier encore plus la qualité de la belle photographie du film.

Le film sort directement en DVD et en Blu-Ray, édité par The Jokers Entertainment (site Internet de l'éditeur, sa page Facebook et sa page Twitter), en Blu-Ray et DVD le 27 avril, ainsi qu'en VOD. Fiche du film sur Cinetrafic : https://www.cinetrafic.fr/film/64620/ego

 

2e

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Contes du hasard et autres fantaisies

De film en film, Ryusuke Hamaguchi s'affirme comme l'un des plus grands cinéastes en activité.

Si cet opus est un peu moins complet et profond que son chef-d'oeuvre Drive my car, il met en exergue deux de ses qualités principales : une direction d'acteur de haut niveau, qui permet une exploration en profondeur des sentiments humains, et des talents de dialoguistes hors pair.

De contes, il y en a trois. Le premier est d'une facture assez classique (une femme raconte à son amie son coup de foudre pour celui qui s'avère être l'ex de son amie). Le second est vertigineux et constitue une approche de la libido (en particulier féminine) assez peu courante dans le cinéma japonais contemporain.

Le troisième, qui raconte les retrouvailles de deux femmes plusieurs dizaines d'année après leur lycée, est profondément émouvant.  Dans cette dernière partie, Hamaguchi atteint des sommets en matière d'écriture : l'intrigue est surprenante, les fausses pistes nombreuses, les rebondissements psychologiques nombreux et la finesse d'interprétation atteint des sommets. C'est vraiment du grand art, d'autant plus que la mise en scène se met alors au diapason du scénario, multipliant les effets (symétries, transparences, angles) dans un huis clos d'une apparente simplicité. Magnifique.

Ryusuke Hamaguchi sur Christoblog : Passion - 2008 (***) / Senses - 2018 (***) / Asako I&II - 2019 (**) / Drive my car - 2021 (****)

 

3e

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A plein temps

A plein temps applique au quotidien d'une mère de famille élevant seule ses deux enfants les recettes des thrillers décrivant habituellement des situations exceptionnelles, ou des personnages hors la loi.

Il faut donc par exemple imaginer le torrent furieux de Uncut Gems, des frères Safdie, décrivant quelques jours de la vie de Julie, ballotée entre ses problèmes de boulot, une grève SNCF et la difficulté de faire garder ses deux enfants.

Le résultat est un exercice de style qui intéresse surtout par sa capacité à ne jamais faiblir dans son rythme, par la pure magie du montage et d'une caméra souvent portée à l'épaule. A plein temps peut aussi s'apprécier comme un documentaire consacré dans son intégralité à documenter les différentes transformations possible d'une Laure Calamy dont la profondeur de jeu s'affirme de film en film. C'est un spectacle extraordinaire de voir son visage traverser à peu près tout le spectre des émotions possibles (soumission, séduction, colère, amour, tristesse, détachement, concentration, etc).

A voir, au moins pour Laure Calamy.

Eric Gravel sur Christoblog : Crash test Aglaé - 2017 (**)

 

2e

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The leftovers

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, The leftovers est l'une des toutes meilleures séries que j'ai eu l'occasion de regarder, à placer aux côtés de Six feet under, The wire ou The sopranos.

Pour se faire une idée de son degré de qualité, il faut imaginer la magie disgressive de Lost (des personnes comme vous et moi plongées tout à coup dans un monde irrationnel, des surprises vertigineuses et des renversements complets de perspectives, une poésie diffuse), mais une magie qui serait maîtrisée, canalisée, organisée.

Damon Lindelof, scénariste de Lost et de The leftovers, semble ici tirer les enseignements de son expérience précédente en adaptant le roman de Tom Perrotta : trois saisons au lieu de six, un meilleur contrôle des digressions narratives, une fin beaucoup plus travaillée. 

La série commence par un événement incroyable : 2% de la population humaine disparait au même moment. Que sont ils devenus ? Et surtout comment le monde va réagir à cette évènement incroyable ? Et comment ceux qui ont perdu quelqu'un vont-ils (peuvent-ils) faire leur deuil ?

Les trois saisons nous font suivre les destinées de Kevin Garvey, policier, et de sa famille, de Nora et de son frère pasteur Matt, et de quelques autres protagonistes confrontés aux problématiques évoquées plus haut : tous ces personnages vont nous entraîner dans un fleuve de situations plus étranges les unes que les autres (on voyagera chez les morts, on partegera la vie d'une secte, on hésitera à suivre plusieurs messies) tout en gardant constamment ce qui fait la vraie valeur de la série : une analyse aigüe des sentiments humains.

La qualité des trois saisons (chacune étant centrée sur un lieu différent), s'améliore au fil de la série, ce qui est assez rare pour être noté. Certains épisodes sont parmi les plus impressionnants que j'ai pu voir, à la fois pour l'originalité de leur point de vue, la qualité de leur réalisation et la déflagration d'émotions qu'ils génèrent.

The leftovers est un torrent de sensations et d'intelligence, un voyage à la fois insensé et profondément crédible, un bijou comme il en apparaît qu'une ou deux fois par décennie. Un chef d'oeuvre.

 

4e

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Libertad

Présenté à la Semaine de la Critique 2021 et couronné par le Goya du meilleur premier film, Libertad est un joli film sensible.

Les thématiques abordées ne sont pas très originales : une amitié entre deux jeunes adolescentes de classe très différentes (l'une est la fille de la maîtresse de maison, l'autre de la domestique colombienne), la position ambigüe d'une employée de maison qui à la fois fait partie de la famille et peut en être exclue sans autre forme de procès (un classique du cinéma sud-américain - même si le film est ici espagnol), les premiers émois sensuels de jeunes adolescentes, la maladie d'Alzheimer qui s'abat sur la grand-mère. 

Rien de bien nouveau donc, mais une manière élégante, un scénario qui tisse habilement des liens entre les différents personnages, une mise en scène fluide et surtout des actrices formidables.

On est donc globalement séduit par cette chronique estivale assez classique qui ouvre la Quinzaine du cinéma espagnol et sud-américain de Chambéry, et on surveillera la carrière de la scénariste réalisatrice Clara Roquet, qui, nous a-t-elle dit ce soir, prépare un second long-métrage de fiction dont le sujet sera le polo en Argentine.

 

2e

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Mystic river

Dans la filmographie très inégale de Clint Eastwood, il faut apprécier les films comme celui-ci, dans lesquels le mauvais goût de l'américain s'efface devant une solide histoire.

C'est en effet avant tout au talent de Dennis Lehane que Mystic river doit sa belle tension intérieure : une intrigue d'abord tortueuse puis limpide, une plongée dans les méandres les plus noires de l'âme humaine et une sécheresse sans afféterie chez tous les protagonistes.

Eastwood n'ajoute presque rien de tape l'oeil dans la mise en scène (si ce n'est parfois un peu trop de musique, et une fin pas très heureuse). Il filme des acteurs formidables avec une élégance plaisante, parsemant le film de vues d'ensemble sur la ville ou la rivière, qui donnent une tonalité presque sacrée au drame qui se joue sous nos yeux.

Le film date de 2003. Il a très bien vieilli, et on peut se demander si aujourd'hui le cinéma américain de studio serait capable de produire un film aussi noir et aussi long (2h17). Sean Penn trouve ici peut-être le meilleur rôle de sa carrière, à la fois flippant et émouvant, mémorable à plusieurs reprises.

Un polar classique, de haute densité.

Clint Eastwood sur Christoblog : Gran Torino - 2008 (***) / Invictus - 2009 (**) / Au-delà - 2010 (*) / J. Edgar - 2011 (**) / American sniper - 2015 (**) / Sully - 2016 (***) / La mule - 2019 (**) / Le cas Richard Lewell - 2020 (**)

 

3e

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Normal people

A priori, rien de bien original dans cette histoire : deux ados de la même ville vivent une histoire d'amour contrariée, sur plusieurs années.

Comment alors expliquer le succès mondial de cette mini-série irlandaise (douze épisodes de 30 minutes) ?

Peut-être d'abord par la situation de départ : sa mère à lui est femme de ménage chez sa mère à elle. Quand les deux jeunes sortent ensemble, leur différence de milieu social les empêcheront de s'afficher, d'autant que lui est très populaire, et elle très sauvage. Dans l'époque suivante, à l'université, la situation s'inverse et c'est ce contraste qui fait tout le sel de la série : c'est son tour à elle d'être populaire, et à lui d'être isolé.

Ajoutons à ces éléments sociaux une actrice charismatique (Daisy Edgar-Jones), des particularités psychologiques très humaines et inhabituelles (elle a un penchant masochiste, lui traverse une dépression), des scènes de sexe extrêmement convaincantes, et nous avons ici une très jolie réussite à mettre de nouveau au crédit de la BBC.

Vous apprécierez d'autant plus la série si votre coeur d'artichaut est sensible aux histoires tristes et romantiques, ce qui est mon cas.

 

2e

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Aristocrats

Quel beau film que ce premier long-métrage de la réalisatrice Yukiko Sode !

Il y a dans ce long et ample récit polyphonique quelque chose de la subtilité du cinéma d'Hamaguchi, auquel j'ai souvent pensé.

Le sujet n'est a priori pas très excitant : une jeune femme de 27 ans, issue d'un milieu très aisé, est poussé par sa famille à trouver un mari...

L'occasion pour nous de vérifier que le Japon est bien une société très compartimentée (classes sociales, quartiers de Tokyo, rapports hommes femmes), est profondément ancrée dans des comportements ancestraux et sclérosés.

Tout l'intérêt d'Aristocrats est d'illustrer dans un premier temps ce constat glaçant très brillamment, avant de le dépasser tout doucement en donnant la parole à une autre femme de condition modeste, puis en entremêlant leur deux voix, sans donner jamais le point de vue de l'homme.

Le film est d'une subtilité rare, et d'une belle longueur en bouche. Yukiko Sode frappe un grand coup et confirme le retour en forme du cinéma japonais.

A découvrir.

 

3e

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Caché

Caché est peut-être le film le plus abordable d'Haneke. Le pitch ressemble en effet à un thriller psychologique, comme aurait pu en tourner Chabrol, par exemple : une famille aisée reçoit des cassettes vidéo montrant que quelqu'un la filme en secret.

Il apparaît assez vite (et par le biais d'inserts sous forme de flashbacks pas toujours très élégants) que ce harcèlement à un rapport avec un événement se situant dans l'enfance du personnage joué par Daniel Auteuil.

Parmi les points positifs de Caché, il faut noter le jeu constant sur l'image : au début d'un nouveau plan, on ne sait jamais par avance si ce qu'on voit est le contenu de la prochaine cassette (car le visionnage de celles-ci n'est presque jamais annoncé), ou le film en lui-même. La confusion est amplifiée par la vision à l'écran d'autres écrans : journal télévisé, montage d'une émission de télé (car le personnage de Daniel Auteuil est présentateur télé).

Le jeu des acteurs est aussi un des points forts du film. Juliette Binoche est impressionnante de réalisme pragmatique.

Les points négatifs sont ceux qu'on trouve habituellement chez le réalisateur autrichien : une froideur clinique qui empêche le film de prendre son envol (sur un sujet comme celui-ci, on aurait aimé que certaines scènes de nature onirique soient plus enlevées), un manque de naturel dans certaines scènes (dans les dialogues notamment) et un aspect mécaniste dans l'avancée du scénario. 

A noter qu'aucune explication totalement satisfaisante ne vient éclaircir l'intrigue à la fin du film, ce qui peut générer de la frustration, et causer chez le spectateur cette petite pointe de rancoeur qu'on ressent souvent envers Haneke, pourtant un peu moins manipulateur et surplombant dans ce film que dans les autres. A noter tout de même que le dernier plan est une sorte de coup de pied de l'âne qui en énervera plus d'un : un long plan fixe qui semble contenir des informations essentielles - mais en fait, non. 

Caché est donc intéressant, mais je n'ai pas été complètement convaincu, comme souvent avec Haneke.

 

2e

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Le monde d'hier

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la date de sortie de ce film est subtilement choisie : il raconte en effet des événements se déroulant les trois derniers jours avant le premier tour d'une élection présidentielle !

Le pitch du film est plutôt sympa : alors qu'il est certain que le second tour opposera un candidat de la droite républicaine à un représentant de l'extrême droite, la présidente en exercice apprend qu'une vidéo compromettante pour le candidat républicain sortira entre les deux tours, à l'initiative de la Russie, garantissant ainsi la victoire finale du candidat extrémiste. Que faire ?

Cela  aurait pu donner un thriller très intéressant, et les trente premières minutes laissent d'ailleurs espérer cela. 

Malheureusement, le réalisateur Diastème choisi une autre voie : celle d'une opaque marche funèbre, dans laquelle tous les personnages semblent seuls et impuissants, évoluant dans des décors et des ambiances lugubres, et par ailleurs assez peu réalistes (comment peut on imaginer une présidente si isolée à deux jours d'une présidentielle ?). Il pense également bon de parsemer le scénario de digressions aussi inutiles que maladroites (la maladie, la fille, l'ex-mari).

Léa Drucker et Denis Podalylidès sont très bien dans leur rôle, mais les personnages secondaires sont à peine dessinés, et je n'ai pas vraiment compris la fin du film, ce qui laisse au final une impression de scénario un peu bâclé.

En ce qui concerne le monde politique, Les promesses était bien plus convaincant. Je déconseille.

 

2e

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Concours L'événement : Gagnez 2 DVD (Terminé)

l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 2 exemplaires du DVD du film d'Audrey Diwan, L'événement, Lion d'or à Venise.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : Par qui était présidé le jury qui a décerné le Lion d'or à L'événement ?
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 6 avril 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des deux DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Compétition officielle

Sortie le 1er juin

Il y a en Espagne en ce moment une mode des comédies caustiques et cruelles ! Après le chef d'entreprise cynique de El buen patron, voici le clash d'ego d'une réalisatrice imbue d'elle-même (formidable Penelope Cruz), d'un acteur de type hollywoodien (Antonio Banderas au summum de superficialité bling-bling) et enfin d'un comédien de théâtre radical (Oscar Martinez très à l'aise dans son rôle de rabat-joie).

Le film enchaîne les scènettes plus ou moins amusantes avec une belle inventivité (la scène du baiser avec la figurante, celle du rocher, celle des prix). Au delà du plaisir vaudevillesque des aventures du trio, Compétition officielle propose une réflexion incidente sur la condition d'acteur, par forcément très profonde, mais la plupart du temps plaisante.

Distrayant, ne serait-ce que pour la prestation rayonnante de l'inoxydable Penelope Cruz, toujours au top.

 

2e

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El buen patron

Sortie le 22 juin

Le nouveau film de Fernando Leon de Aranoa a triomphé lors de la dernière cérémonie des Goya (l'équivalent de nos César), puisqu'il a remporté six statuettes, dont celle de meilleur film 2021.

El buen patron est une farce caustique, dans laquelle le patron d'une petite entreprise manoeuvre pour obtenir un prix d'excellence régionale, n'hésitant pas à prendre les décisions les plus cruelles.

L'usine fabrique des balances (ce qui donne lieu à plusieurs variations évidentes autour de l'équilibre et de l'équité). Elle est filmée un peu comme dans un Wes Anderson, à coup de travelings de toutes formes. La décoration artistique du film accentue son aspect un peu factice : costumes très expressifs, décors top much, personnages parfois réduit à des silhouettes caricaturales.

Le résultat n'est pas déplaisant à regarder, Javier Bardem étant comme souvent assez convaincant dans son rôle de jovial salaud. J'ai eu toutefois un peu de mal à saisir les raisons du phénoménal succès du film en Espagne, ses enjeux narratifs étant à mon sens trop éloignés de la réalité pour vraiment interpeller (la violence du capitalisme outrancier sont autrement plus réalistes dans le récent Un autre monde). 

L'aspect le plus réjouissant du film réside sûrement dans l'invention de deux personnages secondaires encore plus ambitieux et sans scrupule que le patron : le caractère décidément très noir de la pochade y gagne encore quelques degrés de méchanceté.

Le film est épisodiquement drôle, il peut donc être distrayant si vous n'avez rien de mieux à vous mettre sous les yeux.

Fernando Leon de Aranoa sur Christoblog : Amador - 2010 (****) / A perfect day - 2015 (***)

 

2e

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De nos frères blessés

L'histoire que raconte De nos frères blessés est édifiante. Fernand Iveton (Vincent Lacoste) est né en Algérie. Il est communiste et soutient le FLN dans la guerre qui ne dit pas encore son nom, ce qui lui vaudra un procès inique.

L'intérêt du scénario, co-écrit par Hélier Cisterne, sa compagne Katell Quillévéré et Antoine Barraud (à qui on doit le récent Madeleine Collins) réside principalement dans cet éclairage historique sur une période sombre, peu fréquent dans le cinéma français. On découvre ici les exécutions arbitraires et la torture : des méthodes de dictature appliquées par la république française.

Malheureusement, j'ai trouvé le film assez inintéressant pour le reste. Le style de mise en scène est peu affirmé, oscillant entre happening efficace (la scène d'ouverture) et scènes de drame sentimental filmées comme un épisode de Plus belle la vie. Le montage alterné mêlant plusieurs époques ne m'a pas convaincu non plus de son utilité. Enfin, Vincent Lacoste et Vicky Krieps ne sont pas les meilleurs interprètes pour ces personnages très politiques, dont j'aurais préféré qu'ils soient incarnés par des visages moins "à la mode".

De nos frères blessés dégage un doux parfum d'ennui vintage, pas vraiment désagréable mais un peu factice, à l'image de la petite moustache qu'arbore Vincent Lacoste dans le film. La guerre d'Algérie attend toujours son grand film.

 

2e

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Plumes

Voici un film étrange. Ceux qui iront le voir en pensant voir une farce burlesque (ce que son pitch peut laisser penser : un homme est transformé en poulet par un magicien) en seront pour leurs frais.

Ils découvriront finalement un exercice formel qu'on pourrait qualifier d'expressionnisme en couleur, parsemé de visions parfois étonnantes. Au passage, Omar El Zohairy (qui fut l'assistant de Chahine et de Nasrallah) dresse un tableau peu reluisant de l'Egypte contemporaine, dans laquelle chaque homme semble destiné à faire des reçus ou à compter des liasses de billets.

Enfin, le film est un récit d'émancipation féminine qui se finit par des actes assez forts et plaisants que je ne dévoilerai pas ici.

Tout cela est intellectuellement très stimulant, mais il faut que les futurs spectateurs soient bien conscients que le mutisme forcené des personnages rend la vision de Plumes un tantinet fastidieuse.

 

2e

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House of Gucci

Assez mal accueilli à sa sortie, House of Gucci est très intéressant pour qui ne connait pas l'histoire de Maurizio Gucci, ce qui était mon cas.

Ridley Scott nous conte d'une façon très professionnelle ces mésaventures familiales, qui n'ont rien à envier en férocité à celles de la famille Roy dans Succession.

La première partie du film est véritablement captivante. Lady Gaga révèle un potentiel d'actrice insoupçonné, Adam Driver est incroyablement juste et séduisant, Jared Leto compose un personnage unique avec classe, Al Pacino n'en fait pas trop et Jeremy Irons est glaçant. La qualité du casting est d'un niveau rarement atteint.

La direction artistique est parfaite et la mise en scène redoutablement efficace. A noter que le sujet du film n'est pas du tout la mode, ce qui a été pour moi une vraie surprise. C'est à peine si on voit dans le dernier tiers du film quelques images d'un défilé de Tom Ford.

Le film s'assombrit doucement alors que les années passent, et le récit se délite un petit peu dans la deuxième partie. Le rythme semble s'amollir et notre intérêt s'émousse, peut-être parce que le personnage joué par Lady Gaga devient secondaire. Les tensions dramatiques paroxystiques qui se développent alors manquent d'incarnation, et les 2h37 du film se font par moment lourdement sentir.

L'ensemble constitue toutefois un morceau de choix, qu'on pourra apprécier de différentes façons, suivant qu'on soit plutôt sensible à la munificence des décors, ou à la maestria des acteurs et actrices.

House of Gucci est disponible en DVD et Blu-Ray à partir du 24 mars, édité par Universal Pictures France (Universal France, Facebook, Twitter).

https://www.cinetrafic.fr/film/62338/house-of-gucci

 

2e

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L'ombre d'un mensonge

Le nouveau film de Bouli Lanners, tourné en anglais, présente une première qualité essentielle : nous montrer des paysages écossais (les îles Hébrides) d'une beauté irréelle.

Autre point fort de L'ombre d'un mensonge : le jeu des deux personnages principaux. Bouli Lanners est très convaincant et Michelle Fairley (la Catelyn Stark de Games of Thrones) fait preuve d'une élégance rare.

Pour le reste, le film est modeste. Il vaut pour sa grande justesse dans les choix de mise en scène et ses intentions simples mais efficaces. Clovis Cornillac, par exemple, fait une apparition très touchante.

J'ai été finalement touché par cette histoire d'amour simple mais belle, filmée avec tact et distance, comme une sorte d'understatement émotionnel.

A voir, éventuellement.

Bouli Lanners sur Christoblog : Les géants - 2011 (*) / Les premiers, les derniers - 2016 (**)

 

2e

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Clara sola

Sortie le 1er juin

Handicap, désir sexuel et nature luxuriante forment le creuset de ce curieux film.

Clara est une femme de 40 ans qui vit avec sa mère et sa nièce dans une maison isolée, au milieu d'une forêt tropicale. Sa colonne vertébrale est de travers et son esprit ne fonctionne pas parfaitement. Mais Clara a des dons : elles peut guérir les maladies, prévoir la pluie et les animaux l'adorent. Clara se masturbe la nuit et sa mère lui trempe les doigts dans du piment frais, pour la dissuader.

A partir de cette trame pour le moins originale, la réalisatrice costaricaine Nathalie Alvarez Mesen réussit à produire un film plein, dense, dans lequel la sensualité affleure constamment, ménageant de superbes scènes. Je garderai longtemps en mémoire ces images qu'on pourrait croire échappées d'un roman de Gabriel Garcia Marquez.

A ne pas rater, si vous aimez le cinéma sud-américain et que vous n'êtes pas réfractaire à un naturalisme teinté de fantastique.

 

3e

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L'histoire de ma femme

Comment un film avec autant de qualités sur le papier (une histoire au long cours passionnante tirée de l'oeuvre du Hongrois Milan Fust, des acteurs de haut niveau, une réalisatrice subtile et douée) peut-il au final être aussi décevant ?

Probablement pour trois raisons principales : un montage calamiteux, un mille-feuilles incohérent dans le pudding européen que semblent être la production et la direction artistique du film (le film est "germano-italo-hongrois"), une longueur totalement inappropriée qui rend le film indigeste (2h49).

Des les premiers plans, on sent qu'on va s'ennuyer comme jamais : les images s'enchaînent sans unité narrative ou esthétique (des cachalots, une mer démontée, des bateaux). Au final, le film est un fiasco du début à la fin, trop lent, lourd, mal maîtrisé, parfois vulgaire (je pense à des images de couchers de soleil d'une niaiserie abyssale). Léa Seydoux n'est pas formidable, et l'acteur Gijs Naber est un peu monolithique.

Enorme déception de la part de la réalisatrice hongroise Ildiko Enyedi, dont le film précédent, Corps et âme, Ors d'or à Berlin, était très beau.

Ildiko Enyedi sur Christoblog : Corps et âme - 2017 (***)

 

1e

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