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Christoblog

The third murder

J'aime tellement la finesse habituelle de Hirokazu Kore-Eda que je suis un peu déçu par l'aspect didactique et appliqué de The third murder.

La tentative de se renouveler et d'essayer un autre genre est certes bienvenue, mais ce mix de procedural et de thriller à rebondissement m'a laissé dubitatif : si la mise en scène reste souveraine, le propos est ici curieusement alambiqué. Les ressorts psychologiques qui amènent les différents protagonistes à faire ce qu'ils font m'ont paru en grande partie tirés par les cheveux, alors que les autres oeuvres du cinéaste semblent le plus souvent couler de source.

Au-delà de ces réserves, principalement d'ordre scénaristiques, il faut souligner la qualité de la photographie, volontairement grisâtre et froide, et l'interprétation convaincante des deux personnages principaux.

Ce n'est pas mon Kore-Eda préféré, mais ce n'est pas mal quand même.

Hirokazu Kore-Eda sur Christoblog : Nobody knows - 2003 (**) / Still walking - 2008 (***) / Air doll - 2009 (**) / I wish - 2012 (***) / Tel père tel fils - 2013 (***) / Notre petite soeur - 2014 (****) / Après la tempête - 2017 (***) 

 

2e

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Mes provinciales

Pas facile de porter un jugement définitif sur cette oeuvre qui semble avoir été écrite et réalisée dans un autre siècle (le précédent). Le scénario pourrait être de Desplechin, la photographie de Philippe Garrel, les dialogues extraits d'un film de Rohmer.

C'est donc l'histoire (vue un million de fois) d'un petit provincial qui monte à Paris, veut faire des films, rencontre des amis qu'il voudrait admirer et des filles avec qui il couche, ou qu'il voudrait aimer, ou les deux. C'est précautionneux, un peu chichiteux et parfois franchement mal joué.

Pourtant, malgré toutes les réserves que le film peut légitimement susciter,  je ne peux m'empêcher de repenser quelques jours après sa vision à la mélancolie un peu sèche qui irradie la deuxième partie du film, à ses lenteurs certes convenues mais qui savent parfois être gracieuses. 

Le personnage principal, que j'ai pris en grippe après trente secondes, est profondément antipathique, sorte de raton-laveur neurasthénique spectateur de sa propre médiocrité, mais il n'arrive pas tout à fait à rendre le film véritablement mauvais : c'est que Jean Paul Civeyrac, dont j'avais beaucoup aimé Des filles en noir, est vraiment un bon cinéaste.

Jean Paul Civeyrac sur christoblog : Des filles en noir - 2010 (***)

 

2e

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Concours DVD Ana, mon amour (Terminé)

A l'occasion de la sortie en DVD du film de Calin Peter Netzer, Ours d'argent à Berlin,  je vous propose de gagner 2 DVD du film.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : "De quel nationalité est le réalisateur ?"

- joignez votre adresse postale

- envoyez moi le tout par ici

avant le 29 avril 20 h.

Un tirage au sort départagera les gagnants.

Vous recevrez ensuite le DVD envoyé directement par le distributeur.

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Kings

C'est toujours très triste de devoir dire du mal d'une réalisatrice dont on a adoré le premier film (Mustang), mais mon honnêteté intellectuelle me pousse à dire la vérité : Kings est effroyablement raté.

La mise en scène est fugacement brillante, mais cela ne suffit pas à sauver un film qui prend l'eau de toute part. Le mélange de genre que tente Deniz Gamze Erguven est tout d'abord complètement loufoque : le film se veut à la fois description d'évènements historiques (les émeutes de 1992 à LA), drame shakespearien, comédie romantique, chronique tendre d'une famille d'accueil, récit d'une éducation sentimentale. Tout cela ne se marie jamais harmonieusement, et peut même devenir indécent par moment.

Ce projet de film complètement irréaliste (mais comment des producteurs peuvent-ils laisser faire cela ?) est empiré par le jeu plus qu'approximatif d'Halle Berry, absolument ridicule quand elle hausse les sourcils ou ouvre la bouche en forme de O pour bien marquer sa surprise. 

On n'est ému par rien et tout énerve, des rêveries érotiques de Millie à la scène du lampadaire lors de laquelle Daniel Craig tente de retrouver sa prestance de James Bond. Tout semble factice, plaqué, contrefait.

C'est excessivement mauvais.

Deniz Gamze Erguven sur Christoblog : Mustang - 2015 (****)

1e

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En route pour le Festival de Cannes 2018

Du 8 au 19 mai 2018, vous pourrez suivre le Festival de Cannes en direct sur Christoblog, avec un résumé tous les soirs de mes aventures sur la Croisette.

Pour mes avis immédiats à la sortie de chaque projection, vous pouvez me suivre sur Facebook ou Twitter, comme plus de 460 fidèles. 

Vous pouvez aussi vous abonner à la newsletter de Christoblog, là, à droite de l'article, en inscrivant votre adresse mail dans la case "Saisissez votre email ici".

Cate Blanchett est cette année la Présidente du jury.

Edouard Baer sera maître de cérémonie (on s'en régale déjà), Bertrand Bonello président des jurys Courts-métrages et Cinéfondation, Ursula Meier présidente du jury de la Caméra d'Or et Benicio del Toro (grand cinéphile devant l'éternel) dirigera le jury d'Un certain regard. Le réalisateur Joachim Trier présidera le jury de la Semaine de la Critique.

Si vous allez à Cannes pour la première fois, ces articles pourraient vous intéresser :

Aller au Festival de Cannes (pour les nuls) #1

Aller au Festival de Cannes (pour les nuls) #2

Aller au Festival de Cannes (pour les nuls) #3

Mon avis sur les différentes sélections :

Compétition

Une sélection qui sent le neuf. A part Nuri Bilge Ceylan, dont le film a été ajouté à la sélection tardivement, aucun des réalisateurs sélectionnés n'a gagné de Palme d'or.

Si la liste comprend quelques cinéastes reconnus et/ou habitués du Festival (Matteo Garrone, Hirokazu Kore-Eda, Jia Zhang-Ke, Asghar Farhadi), il y a beaucoup de nouveaux venus, peu connus du grand public : le japonais Ryusuke Hamaguchi, le kazakh Sergey Dvortsevoy, la libanaise Nadine Labaki, et l'égyptien AB Shawky, dont il est même difficile à ce jour de trouver trace sur internet.

Même les anciens (Jean Luc Godard, Spike Lee) font figure de revenants improbables.

La représentation française est rafraichissante elle aussi : Christophe Honoré, Eva Husson, Yann Gonzalez, et dans une moindre mesure Stéphane Brizé.

Trois cinéastes ayant réalisé peu de films - mais très remarqués pour leur film précédent - sont également présents : David Robert Mitchell (44 ans, It follows), Pawel Pawlikowski (60 ans, Ida) et Alice Rohrwacher (36 ans, Les merveilles). Aucun de ses trois films ne m'a plu, espérons qu'ils sauront me faire changer d'avis.

Le coréen Lee Chang-Dong, que j'aime à l'inverse beaucoup (Poetry, Secret sunshine), sera également présent, ainsi que l'iranien Jafar Panahi et le russe Kirill Serebrennikov, qui tous deux ont maille à partir avec les autorités de leur pays.

La compétition s'annonce donc cette année à la fois rajeunie, à forte coloration asiatique, sans grande star, et politique.

L'intégralité de la sélection sur le site du Festival.

Un certain regard

Dans cette section, le renouvellement est aussi impressionnant. Pas moins de six premiers films sur dix-huit sélectionnés, ça ne doit pas être loin du record.

Je ne connais pas beaucoup de réalisateurs, à part Sergei Loznitsa qui fera l'ouverture, Valeria Golino (Miele) et l'actrice Andréa Bescond dont j'ai vu le magnifique spectacle (Les chatouilles) au théâtre.

Pour le reste, c'est le grand saut vers l'inconnu, avec des destinations particulièrement exotiques : l'Iran, l'Afrique du Sud, le Kazakhstan, le Maroc, l'Inde, la Syrie, le Kenya et l'Argentine.

Le belge Lukas Dhont, l'allemand Ulrich Kohler et le français Antoine Desrosières complètent la sélection.

Un seul film, me semble-t-il, bénéficie d'un buzz pré-Cannes vraiment notable : Long day's journey into night, du chinois Bi Gan, que beaucoup annonçaient en compétition.

Sélection officielle

Etonnant de voir se cotoyer Solo : a star wars story, de Ron Howard, pour lequel les places seront très chères, et le documentaire de l'austère - mais génial - cinéaste chinois Wang Bing, qui dure ... 8h15 ! 

Je suis intrigué par le film de Gilles Lelouche, Le grand bain, au casting imparable : Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Philippe Katerine, Benoit Poolvoerde. J'essaierai de voir The house that Jack built, qui marque le retour de Lars von Trier sur la Croisette.

Wim Wenders présentera un documentaire sur le pape et Mads Mikkelsen essayera de survivre par - 70 ° dans Arctic, en séance de minuit : contraste cannois...

 

Quinzaine des réalisateurs

Sous la houlette d'Edouard Waintrop, la recette de la sélection a toujours obéi à des règles simples : une part de grands noms refoulés de la Sélection officielle, une part de découvertes plus ou moins réussies, un film de genre, une comédie française de qualité, un film déjà présenté à Sundance.

En 2018 cela donne pour la première catégorie les nouveaux films de Guillaume Nicloux (avec Gérard Depardieu), Gaspar Noé, Philippe Faucon, Mamoru Hosada. Pour la seconde, des films espagnols et sud-américains à la pelle, le nouveau film de Mohammed Ben Attia (le réalisateur de Hedi). Le film de genre, Mandy, fournira action, horreur, et Nicolas Cage sur la Croisette. La comédie française fait très envie cette année : En liberté ! de Pierre Salvadori, avec Adèle Haenel. Le film de sundance est le second film de l'américaine Debra Granik. Son film précédent, Winter's bone, avait révélé une jeune actrice alors inconnue, Jennifer Lawrence.

Parmi les nombreuses curiosité de la Quinzaine, signalons Le monde est à toi de Romain Gavras, et son casting d'exception : Vincent Cassel, Isabelle Adjani, Karim Leklou.

 

Semaine de la critique

Côté de la Semaine, qui ne programme que des premiers et des seconds films, on a affaire comme d'habitude à des inconnus. Sept films, deux seconds et cinq premiers, dont quatre sont réalisés par des femmes, ce qui rend la Semaine beaucoup plus féminine que la sélection officielle.

Les films viennent de Pologne, d'Inde, de France, de Hongrie, de Suisse, du Portugal et d'Islande.

Hors compétition, la Semaine présente le premier film de l'acteur américain Paul Dano avec la sublime Carey Mulligan et Jake Gyllenhall, ainsi que le deuxième film du Belge Guillaume Senez, avec Romain Duris. 

Souhaitons à l'ensemble de la sélection le même avenir que David Robert Mitchell, qui avait présenté It follows il y a deux ans à la Semaine, et se retrouve cette année en compétition de l'officielle.

La sélection de la Semaine de la critique 2018.

ACID

Comme souvent, je ne connais pas grand-chose dans la sélection ACID, si ce n'est Thunder road de l'américain Jim Cummings. Ce dernier avait réalisé (et joué) un court-métrage extraordinaire visible ici, sur l'amour que porte un homme à sa mère, exprimé sur une chanson de Bruce Springsteen. Ce long-métrage semble être une extension du court primé à Sundance. J'essaierai évidemment d'y aller.

 

A bientôt en direct de Cannes !

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L'île aux chiens

Pendant que je regardais L'île aux chiens, une question m'a traversé l'esprit : mais qu'est ce que Wes Anderson a dans la tête, qui lui permette d'élaborer un projet aussi improbable que ce film, qui traite de choses tristes se passant dans un décor démoralisant, avec du japonais parfois non sous-titré ? Sûrement beaucoup de génie, une opiniâtreté d'acier et le sentiment de vouloir régler ses dettes (ici au Japon).

Le résultat est brillant. Les chiens et les personnages humains sont un peu statiques (cela est du au procédé utilisé : le stop motion) et pourtant très expressifs. Anderson joue avec les cadrages, la disposition symétrique dans les plans, la profondeur de champ, bref, de tous les moyens de la mise en scène, pour exprimer les émotions.

Les décors sont incroyables d'inventivité, et j'ai particulièrement aimé les petites séquences gratuites rendant hommage au Japon : la préparation des sushis et le combat de sumo par exemple.

Si les images sont superbes, le film convainc également par l'alacrité de ses dialogues, comme toujours chez Anderson à la fois simples, non conventionnels et servant admirablement la progression de l'intrigue.

Je conseille donc vraiment L'île aux chiens, qui, comme Fantastic Mr. Fox, donne le meilleur à voir de Wes Anderson.

Wes Anderson sur Christoblog : The grand Budapest hotel - 2013 (**) / Moonrise kingdom - 2012 (****) / Fantastic Mr. Fox - 2009 (****) / A bord du Darjeeling Limited - 2007 (***) / La vie aquatique - 2003 (*)

 

4e 

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Westworld (Saison 1)

Pas facile de me faire une opinion tranchée sur la première saison de cette série.

D'un côté (positif), le début est bluffant, la réalisation très soignée et le final assez renversant.

De l'autre (négatif), le ventre mou de la série, de l'épisode 4 à l'épisode 8, est un peu ennuyeux. Les scénaristes semblent tourner en rond (tout en ayant fumé en moquette l'équivalent d'un demi terrain de foot), en attendant de dévoiler leur saut périlleux arrière, alors que les réalisateurs remplissent l'écran de moyens surdimensionnés et d'effets pompiers.  

Le show manque de ligne directrice : assiste-t-on à une progression très maîtrisée ou à une narration fractale et incontrôlable (dans le style Lost) ? Réfléchit-on à la nature humaine ou contemple-t-on Athony Hopkins nous refaire le coup de Hannibal Lecter ? Cette première saison ne permet pas de le trancher. 

Globalement, je dirais que le twist révélé dans le dernier épisode sur le lien qui réunit deux personnages essentiels est à la fois tarabiscoté et très malin. Ce tour de passe-passe audacieux est à la fois le talon d'Achille et la force de Westworld, qui s'impose comme une série intello et simultanément devra prouver sa capacité à se régénérer.

 

2e

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Concours DVD Yomeddine express : 24 h pour répondre (Terminé)

A l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 3 exemplaires du DVD du film Yomeddine, que j'ai vu à Cannes l'année dernière et que j'ai beaucoup aimé : ma critique.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : "De quelle nationalité est le réalisateur ?"
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 11 avril 20 h.

 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Don't worry, he won't get far on foot

Les critiques sont devenus très cruels avec Gus Van Sant, comme s'ils ne supportaient pas que le cinéaste vaporeux de Gerry ou Elephant ait disparu.

Or, il faut se rendre à l'évidence, Gus Van Sant ne fait plus de Gus Van Sant première manière depuis au moins cinq films, et je pense que personne ne peut deviner quel est l'auteur de ce film s'il ne le sait pas avant.

Jugeons donc Don't worry pour ce qu'il est : une histoire prenante qui fait sentir comme rarement ce qu'est l'addiction à l'alcool, un montage compliqué mais efficace, un casting impeccable et une performance exceptionnelle de Joaquin Phoenix. Le résultat est très plaisant, même si quelques incroyables maladresses (l'apparition de la mère) émaillent le film.

J'ai pour ma part été touché par le désespoir énergique que dégage le personnage et les dessins de John Callahan, et une scène m'a particulièrement ému : celle des retrouvailles entre John et Dexter.

Le talent de Van Sant se perçoit dans de menus détails qu'on a plaisir à repérer : un champ contrechamp original, une prise de vue avec un angle particulier, un mouvement de caméra particulièrement fluide.

Un film digne et agréable.

 

2e

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Concours DVD Lucky (Terminé)

A l'occasion de la sortie en DVD du film de John Carroll Lynch, je vous propose de gagner 2 DVD collectors du film. Cette édition comprend entre autre un documentaire inédit sur le grand Harry Dean Stanton, avec des interviews de Wim Wenders, David Lynch, Sam Shepard, ainsi qu'une interview de 50 minutes du réalisateur.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : "Dans quel film des frères Coen joue John Carroll Lynch ?"

- joignez votre adresse postale

- envoyez moi le tout par ici

avant le 20 avril 20 h.

Un tirage au sort départagera les gagnants.

Vous recevrez ensuite le DVD envoyé directement par le distributeur, KMBO.

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Concours DVD Mon tissu préféré

A l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 3 exemplaires du DVD du film de  la réalisatrice syrienne Gaya Jiji, Mon tissu préféré.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : "De quelle nationalité est l'actrice principale ?"
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 12 avril 20 h.

 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Demons in paradise

Ce film, qui n'est sorti que dans un seul cinéma en France si je ne me trompe pas, intéressera principalement les connaisseurs du Sri Lanka.

Ces derniers retrouveront avec plaisir les trains brinquebalants, les mimiques caractéristiques des habitants de ce pays magnifique, et bien sûr l'ombre terrible de la guerre civile.

Après un démarrage assez traditionnel (et un peu ennuyeux) sur les horreurs de la guerre, le film oblique tout à coup vers une sorte de psychanalyse de la communauté tamoule tout à fait curieuse. On apprend alors que les Tamouls se sont fait la guerre entre eux, jusqu'au point que les Tigres tuèrent plus de 900 personnes, appartenant à d'autres factions.

La technique employée par le réalisateur (les protagonistes retournent sur les lieux de leur souvenir), se révèlent impressionnante. Dans une scène glaçante, un groupe de trois hommes se rappelle tranquillement comment des gens furent brûlés vifs avec des pneus enflammés enroulés autour d'eux, dans un paysage d'une douceur infinie. Les fantômes de ces sacrifiés viendraient encore aujourd'hui demander à boire le soir aux habitants.

Ce que l'homme est capable d'infliger à son semblable ne cessera jamais de me surprendre.

 

2e

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The rider

Quelle beauté dans ce film ! J'ai beau chercher dans le passé, je ne vois guère de cinéastes ayant enchaîné deux premiers films aussi réussis esthétiquement (peut-être Andrea Arnold ?). Le premier film de Chloé Zhao m'avait estomaqué, celui-ci m'a ébloui. 

Brady est un cow-boy qui dresse les chevaux et pratique le rodéo. Suite à un accident, il est contraint d'abandonner progressivement son métier. 

Le prétexte du film est à la fois simple, douloureux et riche en digressions magnifiques. On n'oubliera pas de sitôt ces émouvantes séances de dressage, la violence latente des scènes de rodéo, les scènes de camaraderies viriles entre cow-boys, les chevauchées au soleil couchant et tous ces gros plans qui racontent plus qu'ils ne montrent.

Tout dans le film, pourvu qu'on soit patient, est prétexte à émerveillement. Que l'histoire de Brady soit sa véritable histoire ajoute un condensé d'âme supplémentaire au film, qui n'en a par ailleurs pas besoin. C'est du cinéma de grand espace, lent et beau, puissant et sauvage.

Chloé Zhao sur Christoblog : Les chansons que mes frères m'ont apprises - 2015 (****)

 

4e 

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Concours Les oiseaux de passage : gagnez 5x2 places (Terminé)

A l'occasion de la sortie le 10 avril du magnifique film de Ciro Guerra et Cristina Gallego, je vous propose de gagner 5x2 places valables partout en France.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : "Dans quel Festival Ciro Guerra a t il  été membre du jury ?"
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 9 avril 20 h.

 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite les places envoyé par le distributeur. NB : un des cinq lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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Ready player one

Coté technique, le film est bluffant, pour peu qu'on ne soit pas réfractaire à l'esthétique des jeux vidéo. Les effets spéciaux sont très réussis, qu'il s'agisse de simuler une course dans un jeu ou de dessiner les contours d'une vie urbaine futuriste dans laquelle le rapport à la nature a presque disparu.

Contrairement à ce qu'on peut lire ici ou là, le film ne ressemble en rien à Matrix : les allers-retours entre réalité et monde virtuel sont bien plus sages et moins vertigineux que dans le film des Wachowski. Globalement, on peut qualifier l'ambiance du film d'adolescente, et les clins d'oeil aux adultes qui ont été jeunes dans les années 80/90 sont particulièrement nombreux.

Si le film est sans conteste réussi techniquement, il n'emporte pas le spectateur par l'intensité des émotions qu'il génère, ou par la virtuosité de son scénario. Si ce dernier est assez ingénieux dans sa première partie (disons, jusqu'à ce qu'on découvre qui se cache derrière les avatars), il devient bien plus classique et du coup moins intéressant dans sa seconde partie.

Sinon, c'est plein de bons sentiments, de bonnes résolutions et de romance à l'eau de rose. De l'essence de politiquement correct.

Parfait pour les geeks nostalgiques, probablement un peu vain (et bruyant) pour une partie des autres.

Steven Spielberg sur Christoblog : Cheval de guerre - 2011 (*) / Lincoln - 2012 (**) / Le pont des espions - 2015 (***) / Pentagon papers - 2018 (***)  

 

2e

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