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Intouchables

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/82/69/17/19793374.jpgll y a une dynamique de la salle remplie à craquer, c'est incontestable. Pour ma part, il a fallu trois essais pour que je décroche enfin mon précieux sésame, et - toute maniaquerie obsessionnelle mise à part - je dois dire que plus j'échouais à voir le film, plus j'estimais nécessaire d'insister. De quel droit tous ces spectateurs chanceux bénéficiaient-ils de leur séquences de bonheur visiblement épanouissant, me laissant comme une âme en peine aller voir Sleeping beauty, et déprimer ?

Enfin, ce soir, avec femme et fille, j'ai eu droit à ma petite tranche de feel-good movie, et ne tournons pas longtemps autour du pot : le film remplit parfaitement son contrat, d'une manière plus pleine et plus convaincante que Bienvenue chez les ch'tis.

D'abord, il faut noter que le scénario du film évite nombre des écueils qui le menaçait au vu du sujet traité : trop larmoyant, trop ancré dans une réalité sociale au détriment de la véracité psychologique, trop caricatural dans son esquisse de la banlieue, trop vulgaire, trop bien-pensant, trop politiquement correct, recherchant systématiquement le bon mot, ressassant de vieilles recettes...

Toledano / Nakache évitent (pratiquement) tout ça en se maintenant habilement sur une ligne de crête étroite qui serpente entre comédie et mélodrame. Il y a la sensibilité de la grande comédie italienne dans Intouchables, et une efficacité par ailleurs toute américaine, matérialisée par un rythme soutenu et des respirations bien dosées.

Le film enfin doit probablement 80 % de son succès à un casting rêvé, Omar Sy en tête, bien sûr, qui révèle un talent incroyable lui permettant de faire passer toute une gamme d'émotions en une fraction de seconde. François Cluzet lui renvoie une partition d'une qualité égale, en mode mineur, mais dont le contrepoint valorise celle d'Omar Sy. Dans ce rôle beaucoup plus difficile à jouer qu'il n'y paraît, il me convainc enfin complètement.

Intouchables n'est sûrement pas le chef d'oeuvre de 2011, mais sa capacité redoutable à mobiliser simultanément zygomatiques et glandes lacrymales, sans insulter l'intelligence des spectateurs, en font un divertissement de premier choix.

 

3e

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ptiterigolotte 27/11/2011 16:20

Effectivement ce film fait l'unanimité autant chez les bloggeurs/critiques et spectateurs... mais alors serais je à part pour une fois ? Qu'est ce qu'il a de si bien ce film ?

Chris 29/11/2011 19:57



On rit. Ce qui n'arrive plus si souvent. Et je trouve que c'est assez digne.



pépito_ 21/11/2011 22:45

Pourquoi un tel succès ? Parce que, comme l'écrit Chris, "sans insulter l'intelligence du spectateur" on rit ! Et on rit beaucoup !

pierreAfeu 21/11/2011 15:49

Non, la mise en scène n'est pas celle d'un téléfilm. Sans être particulièrement originale, elle est travaillée, aussi bien pour l'image que le son. Quant à la vision de la culture, hormis celle sur
l'art contemporain qui est un peu limite (mais finalement drôle), elle manipule des clichés sans pour autant y souscrire.

Marnie 21/11/2011 14:45

Ma précédente remarque paraîtra peut-être dure, je tiens à préciser que je n'en adhère pas moins à la dernière phrase de la critique de Chris... j'ai juste l'esprit de contradiction qui se hérisse
quand quelque chose fait trop l'unanimité ;-)

Marnie 21/11/2011 14:41

Si, ce film est criticable : formellement, il est digne d'un téléfilm, aucune esthétique, aucune mise en scène. Sur le fond il n'est pas non plus exempt de certaines remarques négatives, la plus
évidente à mes yeux étant la dépréciation de la culture (je pense à la littérature et à la musique classique, car en ce qui concerne l'art contemporain, je suis plutôt d'accord). Il n'empêche que
j'ai aimé le film, et pris un grand plaisir à le voir, mais on peut tout de même avoir une réflexion un peu dégagée de la forte charge émotionnelle (rire ou larmes) du film.

Chris 21/11/2011 19:37



Je te rejoins sur la mise en scène qui ne casse pas la baraque, c'est pourquoi je n'ai mis que 3*** et pas 4. Certaines scènes sont tout de même très bien faites, comme la séquence d'ouverture
(comme Drive, tiens...). La culture ne me semble pas si dépréciée que ça. S'il fallait émettre d'autres points négatifs, j'insisterais plus sur certaines facilités scénaristiques (l'histoire
d'Eleonore est un peu lourde, le jardinier, la lesbienne, etc...). Au final, le film a quand même l'immense mérite de conduire les gens au cinéma...