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Christoblog

2 automnes 3 hivers

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/606/21060625_20131125143613489.jpgPrésenté dans la sélection ACiD lors du dernier festival de Cannes, 2 automnes 3 hivers consacre Vincent Macaigne comme l'acteur de l'année 2013 / début 2014 (La bataille de Solférino, La fille du 14 juillet, Tonnerre)... pour peu qu'on soit sensible à son look débraillé (évitons look improbable, bien qu'ici le terme puisse être parfaitement adapté), et à son jeu tout en nuance.

Bien que très imparfait techniquement, le film de Sébastien Betbeder emporte la mise, avec son apparente décontraction misant sur des procédés qui chez d'autres paraîtraient bien lourdingues : intertitres, personnages racontant l'action face caméra, etc.

Débutant comme une comédie romantique low-fi, le film évolue ensuite dans un ton beaucoup plus grave, brassant des thématiques pas toujours gaies (AVC, solitude, avortement) avec une légéreté qui fait toujours mouche. C'est un peu comme si l'inventivité de Donoma croisait les batifolages d'Emmanuel Mouret.

Parfois hilarant, souvent touchant, 2 automnes 3 hivers est hautement recommandable.

 

3e

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Tel père, tel fils

Hirokazu Kore-Eda est sans aucun doute le cinéaste le plus fin et le plus délicat quand il s'agit de décrire l'enfance, et plus généralement les rapports humains.

Dans son dernier film, il le démontre encore à la perfection, sur une trame qu'on a trop vite tendance à rapprocher de celle d'Un long fleuve tranquille. Il s'agit en effet d'un échange d'enfant à la naissance entre deux familles de milieux très différents, mais là où le film de Chatilliez jouait la carte de la comédie pure, celui de Kore-Eda joue celle de la tendresse et de la réflexion.

Faut-il échanger les enfants, oui ou non ?

OUI, selon l'avis de la plupart des experts de l'hôpital (presque tous les parents le font), et selon l'avis du grand-père qui signale que les liens du sang seront les plus forts, et que le temps les accentuera. Oui, aussi, quand le père comprend, dans une scène d'une grande cruauté, pourquoi son fils n'excelle pas au piano, comme lui.

NON, si on se fie, comme le recommande la grand-mère (toujours importante chez Kore-Eda), aux liens du coeur.

Le film ménage de curieux rebondissements (comme cette tentative d'acheter le deuxième enfant), de beaux moments de tendresse (comme ces deux chemins qui finissent par se rejoindre, image efficace, bien qu'un peu téléphonée). Il vaut surtout par les contrastes de caractère entre les deux papas et les deux mamans, qui donnent lieu à des scènes savoureuses, et parfois dérangeantes.

Le film a été longtemps favori pour la Palme sur la Croisette, avant que la tempête Adèle ne vienne tout renverser. Il est hautement recommandable.

 

3e

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Le pot 10 de 2013

Pour cette année, pas de TOP 10, car 2013 a été chaotique, inégale et marquée par des films - ou des objets filmiques - tellement différents, que les comparer n'a pas beaucoup de sens. Donc, un POT plutôt qu'un TOP.

Si je me contente des films sortis cette année en salle (j'exclus donc le remarquable 'Til madness do us apart de Wang Bing, documentaire génial de quatre heures présenté à Venise et à Nantes, qui intégrerait parfaitement ma sélection), mes quatre principaux coup de coeur vont à des oeuvre fleuves, des films monstres, des objets qui dépassent les cadres classiques et tentent tous les quatre d'embrasser la vie dans toute sa complexité.

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/64/74/20341664.jpgEt d'abord, mais j'en ai abondamment parlé 1 - La vie d'Adèle est l'expérience la plus proche de l'art parfait tel que je peux le concevoir, à la fois réalité pure et oeuvre de fiction totale. Juste à côté, pourrait-on dire, de la trilogie 2 - Paradis  (Amour, Foi, Espoir) d'Ulrich Seidl qui en est en quelque sorte le contrepoint : réalité totale et oeuvre de fiction la plus pure. Toujours dans la démesure, mini-séries autant que films, bercés par une volonté romanesque de conter, de raconter, et de séduire, je mettrais à égalité le feuilletenant 3 - Shokuzai de Kyoshi Kurosawa et l'élégiaque 4 - Heimat de Karel Reisz, deux moments d'irréductibles ravissements.

Si on excepte ces monstres filmiques, oeuvres sommes semblant concentrer toute la maestria de leur auteur en un seul opus de 3 à 6 heures, j'ai plutôt envie de souligner des oeuvres singulières et immodestes : Kim Ki Duk défonce une grande partie des limites du bon goût dans son incroyable 5 - Pieta, justement récompensé à Venise, alors que Paolo Sorrentino heurte la sensibilité de quelques coincés du sphincter en défonçant d'autres barrières dans une 6 - Grande Belleza qui est à la fois une élégie démoniaque et un tendre oratorio.

Katell Quillévéré s'impose comme future super grande avec un 7 - Suzanne qui intronise Sara Forestier en immense http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/021/21002103_20131104112003833.jpgartiste, et Clio Barnard réussit le même exploit avec son 8 - Géant égoïste qui est peut-être le film le plus formellement abouti de l'année.

Et pour finir, comment ne pas saluer cet extraordinaire vent de fraicheur que représente 9 - Wadjda, digne héritier de plusieurs traditions de cinéma, en particulier iranienne et italienne, et celui qui balaie de bout en bout  toutes les limites du bon goût, 10 - Les garçons et Guillaume, à table ! qui réussit le défi de rassembler sujet improbable (premier coming out hétéro de l'histoire du cinéma), mélange de rire et d'émotion à proportion très variable suivant les spectateurs, et succès public autant que critique.

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/046/21004691_20130510142030492.jpgCe bref survol de l'année 2013, décidément plutôt très bonne, ne serait pas complet si j'omettais de constater que beaucoup de grand réalisateurs ont produit d'excellents films : Soderbergh (Effets secondaires), Scorsese  (Le loup de Wall street), Tarantino (Django Unchained), Jia Zhang Ke (A touch of sin), Alain Guiraudie (L'inconnu du Lac), Claire Simon (Gare du Nord), Hirokazu Kore-Eda (Tel père, tel fils).

Au chapître des petits nouveaux, il faudra surveiller les carrières d'Anthony Chen (Ilo Ilo), d'Any Abu-Assad (Omar) et Félix Van Groeningen (Alabama Monroe). Il fut enfin plaisant de voir Albert Dupontel réussir une comédie quasiment parfaite, qui ne rentre dans aucune catégorie et a donc par voie de conséquence le privilège de clore ce billet : 9 mois ferme.

 

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Le loup de Wall Street

Bien sûr, il y a des airs de déjà vu dans Le loup de Wall Street qui empêchent de considérer le film comme une réussite absolue.

La fantaisie débordante de Di Caprio rappelle celle qui était la sienne dans Catch me if you can, son ascension rappelle celle des mafiosi des Affranchis, ses addictions maladives celles d'Aviator, etc.

Les bimbos renvoient à Springbreakers, la nébulosité des transactions financières à Margin call, la bêtise de certains protagonistes et l'argent facile allié à la critique d'une certaine Amérique à No pain no gain : le dernier Scorsese est une somme qui récapitule une année - et peut-être même une décennie - de cinéma américain.

Tout y est assez merveilleusement agencé. Leonardo Di Caprio est a proprement parler étourdissant, utilisant tous les registres possible de l'acteur, et multipliant les morceaux de bravoures (les harangues à ses troupes sont toutes des séquences d'anthologie), tandis que Scorsese semble au sommet de sa forme, utilisant tous les procédés connus de mise en scène et se permettant quelques fantaisies (la Ferrari qui change de couleur parce que la voix off avoue s'être trompé).

Les sous-textes du film sont riches et complexes, et pourraient donner lieu à de multiples digressions : rêve américain dévoyé, bulle financière, libre entreprise contre mépris du consommateur, hédonisme contre sobriété, drogue comme dopant de la créativité, place des femmes aux USA, etc...

Le film est monté superbement, nous entraînant dans un tourbillon qui fait paraître les trois heures bien courtes même si le film connaît un tout petit coup de mou vers le milieu, et une fin légèrement décevante.

Un excellent moment de cinéma au final.

 

4e

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Le démantèlement

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/015/21001520_20130425112919374.jpgSujet a priori peu excitant pour ce long-métrage québécois : comment un éleveur de mouton doit se séparer de sa ferme pour venir en aide financièrement à une de ses filles.

Si Sébastien Pilote arrive à nous intéresser à cette histoire minimaliste, c'est par la justesse de ses observations quasi-documentaires (on perçoit réellement la dureté de ce métier, comme dans les docs de Depardon) et par le jeu à la fois retenu et terriblement expressif de Gabriel Arcand.

Le film, en décrivant minutieusement les différentes étapes par lesquelles passe Gaby, parvient à donner une profondeur de destinée à un évènement somme toute assez courant. C'est toute la vie du héros qui défile dans ses yeux tristes : la ferme aura été à la fois sa malédiction et sa raison de vivre.

Le film est donc intéressant et plaisant (à noter des seconds rôles très expressifs), même s'il lui arrive, c'est vrai, d'être un peu longuet.

 

2e

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La reine des neiges

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/589/21058938_20131119115519509.jpgQuelle catastrophe que le dernier Disney !

Pas grand-chose à sauver de cette pièce montée indigeste qui cumule tout ce qu'on peut imaginer de pire pour un film d'animation : visages lisses et stéréotypés (ces yeux de manga qui mangent la moitié du visage), personnages secondaires à peine drôles, péripéties hyper-convenues et moments de bravoure qui n'en sont pas.

Rien d'original dans ce gloubi-boulga qui parvient à rassembler une nostalgie doucereuse, un côté Sissi impératrice, et une sorte de modernisme branché et très vulgaire, façon NRJ Music Awards. Les passages chantés sont d'ailleurs réellement insupportables, à la fois par leur aspect "chanteuse québécoise à grosse voix" et par la sexualisation des jeunes princesses qui semblent tout à coup adopter en chantant les mensurations de Rihanna ou de Tal.

Je suis sidéré de la mansuétude de la critique qui semble voir dans le scénario très niais de La reine des neiges une sorte de dilemne freudien novateur alors qu'il n'y a là que conformisme mis au goût du jour.

 

1e

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Je fais le mort

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/434/21043405_2013092412452394.jpgJean Paul Salomé est un réalisateur qui alterne les petits films insignifiants (Restons groupés) et les grosses productions ratées (Belphégor, Arsène Lupin).

Je fais le mort fait plutôt partie de la première catégorie.

Le scénario est d'une indigence crasse : enquête à la mords-moi-le-noeud dans une station de ski (Megève) avec seconds rôles pittoresques, faux coupables, vrais méchants, mystères de pacotille, fausses pistes éventées et rebondissements improbables.

Si le film présente une once d'intérêt, c'est grâce à François Damiens, qui joue ici avec délectation un rôle parfaitement à sa mesure : celui d'un acteur au chômage ayant connu il y a bien longtemps son heure de gloire (un César du meilleur espoir masculin). Tour à tour menteur, taquin, bougon et maniaque, il parvient vaille que vaille à (presque) maintenir le navire à flot.

Dans un registre similairement enneigé, le film ne supporte pas la comparaison avec le poétique Poupoupidou.

 

2e

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Le géant égoïste

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/385/21038599_20130910173347226.jpgIl est rare qu'un film aussi balisé que celui de Clio Barnard procure des émotions aussi fortes. Parce que, il faut bien le dire, le terrain qu'explore le film a déjà été parcouru bien des fois par les cinéastes anglais de tout poil : misère sociale, ville du Nord déshéritée, accent à couper au couteau, enfants livrés à eux-même, petites combines et marché noir.

Sur le papier, rien de nouveau, donc.

Mais sur l'écran, deux jeunes acteurs absolument renversants qui vous arracheront à coup sûr de francs éclats de rire et de profonds sanglots. Leur performance commune est probablement ce que j'ai vu de plus fort à Cannes, où le film était présenté à la Quinzaine. Ils sont entouré par un casting absolument parfait.

Derrière la caméra, une réalisatrice très douée, excellente directrice d'acteur, et qui trouve constamment le ton juste, entre poésie et vérisme social, une sorte de mélange de Ken Loach et d'Andrea Arnold, qui joue avec le même brio du gros plan et du plan très large. La progression dramatique du film, évoluant au fil de brusques accélérations, est remarquable.

Le film est ample et resserré à la fois, d'une cohérence imparable, et d'une efficacité époustouflante.

Un des meilleurs films de l'année, sans aucun doute.

 

4e

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La jalousie

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/294/21029499_20130820171948888.jpgN'étant pas fin connaisseur du cinéma de Philippe Garrel, c'est avec une grande curiosité et une légère appréhension que je suis aller voir son dernier film, encensé par les critiques et plutôt descendu par les spectateurs (au vu des notes catastrophiques sur Allociné).

Au final, il y a bien dans le film de quoi s'enthousiasmer au plus haut point ... et de quoi s'énerver aussi.

Dans la première catégorie, citons la performance époustouflante d'Anna Mouglalis, à la voix plus grave que jamais, très Fanny Ardant. Sa composition de femme fatale qui arrache un homme à son épouse, pour ensuite le tromper abondamment puis le laisser tomber comme une vieille chaussette, est sidérant.

La photographie du film est très belle, proposant un noir et blanc très contrasté, beaucoup plus blanc que noir, d'ailleurs.

Un montage un peu déroutant mais très élégant, un art consommé de la direction d'acteur, une mise en scène délicate, des moments extraordinaires (une scène de séparation glaciale, à l'opposé de celle de La vie d'Adèle) : le film a décidément beaucoup pour lui.

Malheureusement, les aspects négatifs tiennent pour la plupart à la prestation de Louis Garrel, exhibant d'une façon obstinée sa sempiternelle moue boudeuse, alors qu'à l'évidence il y avait ici la place pour une composition plus en nuance, et qui par moment aurait pu (dû ?) être plus rieuse. Du coup, le spectateur lambda aura un peu de mal à se laisser emporter par une émotion sincère, et restera bien souvent à l'extérieur de cette histoire d'amour qui paraît curieusement ... dénuée de sentiments.

Si La jalousie mérite tout de même d'être vu, c'est donc d'abord pour sa perfection formelle.

 

3e

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A touch of sin

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/548/21054830_20131104153604429.jpgJe prétends depuis longtemps que Jia Zhang Ke est, avec son compatriote Wang Bing, un des plus grands réalisateurs actuels. Je suis donc ravi qu'il ait enthousiasmé le dernier Festival de Cannes, y gagnant curieusement le Prix du scénario, alors que A touch of sin est avant tout une magnifique leçon de mise en scène.

Ample, étonnant, ambitieux, parfaitement maîtrisé, le film raconte successivement l'histoire de quatre personnages qui ne feront que se croiser : le premier lutte contre la corruption, le second est un criminel qui semble dénué de tout sentiment, la troisième est une jeune femme violentée qui se venge, et enfin le quatrième est un jeune homme qui doit quitter son usine, et tombe amoureux d'une prostituée.

Ces quatre morceaux de vie sont marqués par une grande violence, parfois aussi frontale que chez Tarantino ou Miike, parfois plus sourde et plus sournoise, comme dans le très beau dernier épisode. Ils forment une fresque qui résume tous les problèmes de la Chine actuelle : prostitution, corruption, criminalité, condition de la femme, cupidité, croissance économique effrénée au détriment des ouvriers...

Le film est esthétiquement sublime, et le troisième épisode notamment comprend des scènes d'une beauté irréelle, d'une intensité qu'on ne voit plus guère au cinéma (la femme au serpent, les vaches sur la route). Jia Zhang-Ke ne possède pas son pareil pour filmer les paysages et les barres d'immeuble. On est là en présence d'un grand artiste, sans aucun doute, qui marquera très probablement le cinéma du XXIe siècle (Jia Zhang Ke n'a que 43 ans).

A voir d'urgence.

 

3e

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All is lost

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/541/21054124_20131030163139172.jpgJ'ai à propos de All is lost les mêmes réserves qu'à propos de Gravity.

D'ailleurs, les deux films sont pratiquement des décalques : remplacez l'engin spatial par un bateau, Sandra Bullock par Robert Redford, les débris de satellite par un container, les visions de Georges Clooney revenant par des visions de noyade, l'immensité de l'espace par l'immensité de la mer, la débrouillardise du cosmonaute par l'intelligence pratique du marin (ou l'inverse), et vous avez grosso modo le même film.

Pour ma part, les deux m'auront laissé sur ma faim : pas assez d'originalité dans le scénario, trop de situations téléphonées.

D'un autre côté, il faut avouer que dans les deux cas les réalisateurs auront réussi des prouesses techniques, et que le sentiment d'immersion est aussi réussi sur l'océan qu'en orbite.

Une petite différence toutefois, il me semble que le film de JC Chandor est plus dénué d'affects que celui de Cuaron. On est ici vraiment dans une sécheresse quasi documentaire. On a parfois l'impression d'être devant un manuel de voile : se servir d'une ancre flottante, monter un foc de tempête, faire de l'eau potable avec de l'eau de pluie, se servir d'un sextant, etc.

L'intérêt ? Variable suivant votre expérience du milieu. Faible en ce qui me concerne, qui déteste la mer (et cette dernière me le rend bien).

Redford ne fait pas grand-chose, on pourra donc sans risque dire qu'il le fait bien (à son âge, ma brave dame, c'est y pas remarquable, hein ?).

La fin m'énerve, mais je ne peux pas trop en parler sous peine de gâcher le plaisir (éventuel) de mes lecteurs. Donc, pour résumer, à voir si vous voulez apprendre à colmater.

 

2e

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Twenty feet from stardom

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/215/21021589_20130722151350752.jpgComme l'année dernière avec le somptueux film de Werner Herzog, Into the abyss, on peut se demander pourquoi ce très beau documenataire n'a pas droit à une distribution plus large (5 salles en France !).

Le sujet peut paraître un peu abscons : qui sont les choristes qui accompagnent les stars du rock ?

En réalité, il s'avère passionnant à plus d'un titre :

- c'est toute l'histoire de la pop music qu'on revisite, avec des visions époustouflantes (David Bowie, grand bringue dégingandée s'esseyant au R'nB, Ray Charles monté sur ressort, Mick Jagger plus sex symbol que jamais)

- les histoires individuelles des cinq ou six protagonistes principales sont extrêmement émouvantes (tentatives de carrières solo, accident de parcours, fréquentations illustres...)

- le film est aussi un témoignage de la façon dont les Noirs se sont émancipés - et plus particulièrement les femmes noires

- on entend les témoignages très pertinents de plusieurs stars respectueuses de leurs choristes (essentiellement Bruce Springsteen, Stevie Wonder, Sting, Mick Jagger), qui réfléchissent subtilement sur ce qui sépare l'anonymat de la célébrité

- certains passages du film sont des moments de grâce, en particulier tous ceux dont la sublime Lisa Fisher est le centre

Histoire, destinées, émotions, beauté, Twenty feet from stardom vous fera à la fois rire et pleurer d'émotion. Et de plaisir. Un must.

 

3e

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The lunchbox

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/544/21054429_20131031170142327.jpgSuccès public et critique lors de la Semaine de la critique 2013, le premier long-métrage de Ritesh Batra est une véritable friandise.

Le pitch de départ est redoutable d'efficacité : une jeune femme prépare le repas de midi pour son mari, livré sur le lieu de travail par une Dabbawallah, entreprise de livraison de lunchbox. Manque de pot, le repas ne parvient pas au bon destinataire. S'en suit une correspondance épistolaire entre la jeune femme, délaissée par son mari, et son destinataire imprévu - mais ravi.

A partir de cette trame minimale, il est étonnant de voir le film développer une histoire finalement pleine de délicatesse, de rebondissements, et d'émotions.

En dehors de l'intrigue proprement dite, déjà remarquable, le film vaut aussi pour sa minutieuse et passionnante descrition de Mumbai, de ses quartiers, de ses trains et de ses rues. Grâce à l'acteur Nawazuddin Siddiqui, déjà vu dans Gangs of Wasseypur, ici dans un second rôle hilarant, le film prend aussi une tonalité burlesque tout à fait plaisante.

Léger, pétillant, drôle, émouvant, The lunchbox vous offre un excellent moment de cinéma indien.

 

3e

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Rêves d'or

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/082/21008216_20130524171837548.jpgJ'aurais aimé dire beaucoup de bien de ce film mexicain qui a reçu un bon accueil critique un peu partout, et qui est fort méritant.

La démarche de Diego Quamada-Diez consiste à nous montrer la réalité de l'éprouvant voyage des migrants d'Amérique centrale à travers le Mexique, vers les USA.

Pour ce faire, il utilise un style quasi documentaire, faisant tourner des acteurs non professionnels castés dans les quartiers les plus pauvres du Guatemala.

Le résultat est certes parfois impressionnant par son caractère sec comme un coup de trique, par son découpage tour à tour vif ou contemplatif, et enfin par la violence sourde qui émane de certaines scènes.

Il est aussi, malheureusement, fort ennuyeux la plupart du temps. Les jeunes personnages peinent à générer de l'empathie (surtout les deux jeunes garçons, relativement transparents) et leur aspect continûment mutique fatigue un peu. Les scènes les plus lentes provoquent une douce torpeur dans l'esprit du spectateur, et l'enchaînement d'aventures tristes dans lesquelles sont entraînés naïvement les jeunes victimes paraît à force relever du systématisme. Les réactions des jeunes acteurs semblent bien peu contrastées au fur et à mesure de leur progression, qui tourne pourtant au drame.

Le film a été tourné en Super 16, probablement pour revêtir un aspect documentaire plus marqué, et l'image présente un gros grain assez laid, ce qui n'aide pas à aimer le film.

De bonnes intentions, qui ne donnent pas forcément un bon film, comme on le sait.

 

2e

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Casse-tête chinois

Cédric Klapisch continue sa saga entamée il y a 10 ans maintenant, avec sa même troupe d'acteurs/trices : Romain Duris, Cécile de France, Audrey Tautou et Kelly Reilly.  

Dans cet opus, Xavier a maintenant 40 ans (en gros les personnages vieillissent deux fois plus vite que les acteurs) et doit faire face aux emmerdes classiques de la vie d'adulte : divorce, gestion des enfants, activité professionnelle... Le film pourrait adopter une tonalité du coup un peu plus grave, mais il n'en est rien car Klapisch choisit de plonger son quatuor de choc dans des imbroglios sentimentaux à rebondissement.

Ainsi Xavier aide sa copine lesbienne Isabelle à faire un enfant, alors que celle-ci trompe son officielle avec la baby-sitter, et que Xavier hésite à retomber amoureuse de Martine, qui a deux enfants, comme lui, et que Wendy vient de le quitter pour une armoire à glace américaine : bref, on est bien dans le tourbillon de rebondissements sentimentaux que Klapisch affectionne.

Si son scénario est un peu (trop) vaudevillesque, le film possède un certain charme qui est dû aux moments de fantaisie ou de léger spleen qui le parsèment, surtout durant sa première partie. Les paysages de New-York ont beaucoup de charme et certaines scènes dégagent une belle drôlerie un peu désespérée (la rencontre de Xavier et du mec de Wendy, par exemple). Cécile de France fait preuve d'un abattage assez exceptionnel. 

Sans être irrésisitible, le film se laisse donc regarder, surtout si on a vu les deux premiers opus.

 

2e

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Wajma, une fiancée afghane

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/040/21004019_20130507155753764.jpgIl n'est pas courant de voir un film afghan, et en ce qui me concerne, il s'agit même de la première fois.

Wajma est une adolescente éduquée d'une façon plutôt moderne par ses parents : elle poursuit des études de droit, ne porte qu'un simple voile et se déplace relativement à sa guise.

Wajma rencontre à un mariage un jeune homme dont elle tombe amoureux, Mustapha, et de rencontres en câlins... tombe enceinte.

Dès lors, l'honneur de la famille est souillé. La descente aux enfers de Wajma commence lorsque son père, qui travaille au déminage du pays, rentre au domicile familial.

Avec des moyens visiblement très réduits, le réalisateur Barmak Akram (qui vit à Paris et a déjà réalisé L'enfant de Kaboul) parvient à réaliser un film très maîtrisé, bien découpé et bien interprété. Dans un Kaboul gris et enneigé, on suit d'abord avec curiosité la naissance d'une relation amoureuse, puis avec une stupéfaction désespérée une tragédie implacable.

Le film est d'autant plus intéressant qu'il présente le poids des traditions non pas dans un milieu hyper-traditionnaliste, mais plutôt dans un milieu ouvert. Rigoureux, efficace, parfois éprouvant, Wajma impose l'Afghanistan dans le paysage du cinéma mondial. Il représente son pays dans la course aux Oscars.

 

2e

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