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Christoblog

Accident

Louis Koo et Richie Ren. ARP Sélection

Oui, oui, oui.

Vous aimez l'ambiance de Hong Kong : ses venelles mal famées, ses quartiers résidentiels sous la pluie, son cinéma inventif et puissant : John Woo, Johnnie To, Tsui Hark. Oui ?

Vous aimez les intrigues retorses à la manière de Infernal Affairs, ou de Sixième Sens, ou de tous ces films où en un montage sec et rapide vous revoyez tout le film sous un angle différent. Oui ?

Vous aimez les scénarios originaux et intellectuellement jouissifs. Oui ?

Alors vous adorerez Accident.

Voilà le pitch et après jugez par vous-mêmes si vous voulez connaître la suite :

Un groupe de malfrats est payé pour commettre des meurtres qui ressemblent à des accidents (avec une mise en scène genre mission impossible). Un jour, un des membres du gang semble victime d'un ... accident. Un vrai ? un faux ? Si oui, perpétré par qui : un autre membre du gang, ou par un gang adverse, ou par une ex-victime, ou ... ?

Le scénario est tellement bon que je parie ma chemise qu'il fera l'objet d'un remake par Hollywwod dans les deux ans, exactement comme Scorsese a refait Infernal Affairs avec Les infiltrés.


3e
 

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Kaïro

© Euripide distribution. Samedi 28 novembre 2009 à 17h, Kiyoshi Kurosawa était présent dans la salle du Cinématographe, à Nantes. Exactement deux rangs derrière moi, et pour la première fois, j'ai vu un réalisateur regarder son propre film, en ma présence. Brrr...ça fait bizarre.

Lors de sa rapide présentation, il a replacé Kaïro dans son contexte (le bug de l'an 2000, l'apogée des films de fantôme au Japon) en s'excusant presque d'avoir fait un film un peu confus et daté. Il s'est interrogé devant nous sur la façon dont le film avait traversé ces 8 années.

Ce qu'il y a bien avec les réalisateurs, c'est qu'ils sont plus intelligents que nous, les spectateurs. Donc rien à ajouter, le film est confus, on n'y comprend pas grand chose, sauf que le monde des âmes mortes est un peu trop rempli et déborde dans celui des vivants qui peu à peu se fait dévorer. C'est parfois abscons, souvent assez bien fait, quelquefois intellectuellement stimulant, et par éclair magistral. Il y a une Kurosawa's touch, sans conteste, mais qui n'est pas si facilement accessible.

Pour ma part, j'aime qu'il y ait un peu de logique, même dans les films de fantômes, ce qui n'est pas réellement le cas ici.

Meilleur que le surestimé Ring, toutefois.


2e
 

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The search (festival des 3 continents)

Si vous voulez voir de beaux paysages du Tibet, n'allez pas voir ce film, car vous ne verrez du pays que d'arides étendues sans montagne.

Le prétexte est mince : un cinéaste cherche son casting pour tourner un film sur un opéra traditionnel tibétain. A part les ethnologues de formation, les apprentis cinéastes obsédés par le plan fixe et les inconditionnels de films chinois très longs et très lents, comme le Dernier voyage du juge Feng, je ne vois pas qui pourrait vraiment dire du bien de ce film.

Par ailleurs les intentions sont louables (on voit bien le parallèle entre l'histoire du patron et celle de la jeune fille dont on ne verra jamais le visage), mais en divisant par 4 ou 5 la durée de chaque scène le film durerait 30 ou 40 minutes et son intérêt ne s'en verrait pas diminué, au contraire.

 

1e

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In the loop

Régulièrement nous parviennent James Gandolfini. CTV Internationald'Angleterre des comédies déjantées et délicieuses. Cette fois-ci c'est dans la politique que nos amis anglais mettent le foutoir intégral. Nous sommes dans les jours qui précèdent le vote d'une résolution à l'ONU concernant une intervention militaire dans un pays du Moyen Orient, qui n'est pas cité...

Au programme côté britannique : un ministre gaffeur et lunaire, un assistant débutant et passablement médiocre (en plus d'être adultère), un responsable politique (chef du cabinet du premier ministre ?) qui sort plus 10 insultes menaçantes par seconde, un ministre des affaires étrangères couard qui écoute du Debussy à fond, un écossais porte-parole hyper-violent, etc...

Côté US : James Gandolfini (ex Tony Soprano) excellent en militaire blasé, une secrétaire d'état qui saigne des dents, un faucon manipulateur et détestable, une assistante un peu niaise, un jeune carriériste dont les dents raclent le plancher. Un peu moins ridicule que le côté anglais, mais tout aussi dangereux, vulgaire, cupide, et irresponsable.

Le tout est mené à fond de train, on sourit souvent, on éclate de rire de temps en temps. C'est un mélange de The Office avec A la maison blanche, le tout sous amphétamine.

Un super bon moment, le film à voir en ce moment.

 

3e

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Rapt

Stanislas Graff, capitaine d’'industrie, est enlevé par des malfrats qui veulent une rançon. Il voit sa vie privée dévoilée (maîtresses, pertes au poker). Les tractations entre famille, police, et kidnappeurs ne se passent pas très bien. Le retour sera dur….

 

Rapt s’inspire (beaucoup) de l’'enlèvement du baron Empain, j’'ai pu le vérifier en parcourant un résumé de l’'affaire dans Wikipedia. Une variante (de taille) tout de même, dans la vraie vie tous les malfaiteurs ont été arrêtés.

 

Mon avis est mitigé. Dans les points positifs, Lucas Belvaux s’'affirme comme un réalisateur très élégant, faisant bouger sa caméra avec une belle fluidité, possédant un réel sens du rythme et des facilités évidentes pour filmer les lieux. Le personnage que joue Yvan Attal est hors norme - bien que je ne sois pas convaincu à 100 % par sa prestation -  et le scénario est assez bien construit.

 

J’'ai eu par contre un peu de mal avec le jeu d’'Anne Consigny et de certains seconds rôles (surtout dans l'entreprise), que j'’ai trouvé un peu compassés.

 

Certaines invraisemblances m'ont aussi dérangé, par exemple la capacité d'écrire des lettres d'une page en 5 secondes. Le film me paraît déséquilibré entre la partie concernant la captivité (assez longue et classique) et celle se déroulant après son retour, plus courte, mais bien plus intéressante.

 

Cette dernière aurait méritée d'être développée. Dans la vraie vie, le baron Empain est parti aux US en sac à dos et a refait sa vie : ça aurait eu de la gueule. Belvaux peut mieux faire.

 

2e

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A l'origine

Stéphanie Di GiustoIl arrive que des acteurs portent un film d'un bout à l'autre. Dans A l'origine, c'est exactement l'inverse : François Cluzet saborde le film du début à la fin.

Le film est basé sur des faits réels : un escroc fait croire à toute une région qu'une autoroute abandonnée va bientôt être remise en construction. Il prend la tête du chantier et construit effectivement un bout d'autoroute, égrenant au passage fausses factures et chèques en bois.

Des faits réels qui deviennent non crédibles : Cluzet l'a fait ! Il commence par une heure de non jeu. C'est assez simple : il s'agit, quoiqu'il arrive (par exemple Emmanuelle Devos a envie de faire l'amour avec vous) d'afficher un masque impassible et buté, en prononçant le moins de paroles possible.

Comment un escroc peut il être escroc sans être un tout petit peu comédien ? On ne le saura pas (des images de Catch me if you can me traverse l'esprit, là au moins on y croyait). Dans un deuxième temps, il s'agit de faire croire que l'on croit aux sentiments, à la solidarité, etc... Solution de Cluzet : sourire à chaque plan (mais là Emmanuelle Devos s'en va, et on la comprend). C'est binaire, et on ne peut simplement pas y croire.

C'est d'autant plus dommage que le scénario en lui-même tenait la route et que les autres acteurs sont bons : Vincent Rottiers, dont on n'a pas fini de parler, Emmanuelle Devos (Ah...). La fin du film est affligeante et sombre dans le pathétique franchouillard : visite improbable au siège de la société (comment peut il entrer et sortir en vêtement de chantier d'un immeuble de la Défense ?), accident de pelleteuse. Même un apprenti scénariste n'aurait pas transformé de petites ficelles en si grosses cordes.

Les dernières images sont pitoyables, on a même peine à en parler : Cluzet court au lever du soleil en brandissant son drapeau de fausse société comme à la guerre (la fameuse photo sur la guerre du Pacifique utilisée par Eastwood) , alors qu'une escouade d'opérette gendarmesque le poursuit (tout en le croisant !).

Du grand n'importe quoi.

 

1e

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Ghost dog

Le cinéma, c'est comme la cuisine : les bons ingrédients ne font pas forcément les meilleurs plats.

Exemple. Jarmusch est un réalisateur solide, RZA arrive à installer une bande son à tendance rap / trip hop assez plaisante, Whitaker est plein d'humanité, le contraste philosophie asiatique / clan mafieux décrépit / culture black pourrait être (d)étonnant, les scènes d'action sont bien tournées, il y a dans le film ces petites pincées de poésie qui pourraient le faire s'envoler (les pigeons, le bateau sur le toit, le Français du marchand de glace) : voilà, tout y est, mais la sauce ne prend pas, à cause notamment de quelques longueurs, quelques lourdeurs.

Mystère de la tambouille cinématographique.

2e

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Red road

Les mots manquent pour parler d'un film tel que Red Road, tant la décharge émotionnelle qu'il procure est forte.

Ceux qui ont été ébloui par le deuxième film d'Andrea Arnold (Fish Tank) le seront aussi par le premier, même si Red Road est plus sombre, plus désespéré, et moins facilement accessible que Fish Tank.

Pendant la première heure du film, on suit Jackie, un peu paumée, employée dans une société de vidéo surveillance. Jackie regarde la vie des rues de Glasgow à travers ses caméras urbaines .

Elle semble particulièrement s'intéresser à un homme, qu'elle n'a pas l'air de connaître. Elle va même passer "de l'autre côté du miroir" en rencontrant cet homme. Pourquoi ?

Dans la dernière demi-heure du film, le scénario va s'épanouir comme une fleur carnivore malfaisante et la réalité - mortifère, belle, insupportable - va exploser comme une bombe à retardement.

La mise en scène est déjà exceptionnelle : méticuleuse et parfaitement travaillée, et en même temps traversée par une sensibilité et une sensualité remarquables. Des situations triviales, sublimées par la grâce de la caméra.

Deux films, deux réussites majeures. Qui dit mieux ?

 

4e

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A propos d'Elly

Golshifteh Farahani. Memento Films DistributionA propos d'Elly est un film iranien ... qui n'a rien d'iranien. Je veux dire par là qu'il ne faut pas y chercher de messages politiques, de relations directes à l'actualité du pays, ni de filiation avec les pointures locales, comme Kiarostami.

Le début ressemble à n'importe quel film présentant plusieurs couples jeunes et leurs enfants partant en week-end : pique-nique improvisé, chacun joue un rôle, on sent vaguement que les relations entre les uns et les autres ne sont pas aussi simples que ça. Arrivée dans une maison déserte près de la mer Caspienne. On comprend qu'Elly a été invitée pour rencontrer Ahmad, jeune divorcé de retour d'Allemagne, et qui cherche une femme.

Les premières impressions que laissent le film sont très bonnes et seront confirmées par la suite : montage vif, mise en scène inspirée, scénario original et subtil, acteurs fournissant une remarquable prestation collective.

Puis, très vite : un drame. Un enfant manque de se noyer. Elly disparait. S'est elle noyée ? Est elle partie ? Pourquoi la mer ne rejette-t 'elle pas son corps ? Qui est-elle ? Qui est sa famille ? Ou est son sac à main ? Quelqu'un dans le groupe en sait il plus que les autres ? Qui est cet homme se prétendant son frère alors qu'elle est fille unique ? Toute la deuxième partie du film déroule un canevas subtil, et assez machiavélique pour nous tenir en haleine.

La façon dont chaque personnage évolue est montrée avec une grande finesse psychologique, les rapports hommes / femmes dans la société iranienne contemporaine sont en particulier superbement illustrés.

Un film palpitant, passionnant à bien des égards, qui mérite son ours d'argent à Berlin.

 

3e

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Marinela de la P7

Vertige d'être le premier (et le seul) à laisser une note sur Allocine à ce film !

Comme expliqué dans mon article sur California Dreamin', ce moyen métrage (45 mn) est offert dans l'édition DVD du film. Encore plus que California Dreamin' ce court format fait regretter la disparition de Cristian Nemescu. Marinela est un bijou : à la fois tableau de moeurs, drame shakespearien, fable sur l'adolescence, reportage sur Bucarest. La mise en scène est inventive, pleine de personnalité.

Le film rappelle, par son format et sa densité, le Décalogue de Kieslowski. Par curiosité, on peut noter les tics ou les thèmes qu'on retrouvera dans California : le saignement de nez, les perturbations du réseau électrique, le faux Elvis.

Nemescu s'annonçait vraiment comme un très grand réalisateur.


3e
 

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Sin nombre

Guillermo Villegas et Paulina Gaitan. Diaphana FilmsCurieusement le film commence par une scène qui renvoie par son sujet à la dernière de La vida loca : l'initiation d'un jeune enfant au sein d'une mara.

Je ne sais si c'est la comparaison avec le documentaire très fort de Christian Poveda, mais ce film américo-mexicain tourné à l'américaine m'a laissé assez froid, même s'il fait une preuve d'une efficacité narrative indiscutable.

Il parait plus long qu'il n'est, et si sa mise en scène est bien léchée, les ressorts mélodramatiques sont un peu trop gros pour emporter l'adhésion.
 
Pour ceux qui n'ont pas pu voir La vida loca, le film donne un aperçu de la violence qui règne dans ses gangs appelés mara, mais ne montre quasiment pas à quel point la mara est une micro société en soi.

A voir éventuellement.

 

2e

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California dreamin'

Razvan Vasilescu. Temple FilmChristian Nemescu était un des réalisateurs les plus prometteurs du nouveau cinéma roumain, aux côtés de Christian Mungiu (4 mois, 3 semaines, 2 jours), Corneliu Porumbiu (20h08 à l'est de Bucarest) et Cristi Puiu (La mort de Dante Lazarescu). Il s'est malheureusement tué dans un accident de voiture en compagnie de son ingénieur du son, le 24 août 2006. Il était en train de finaliser le montage de California Dreamin'.

C'est donc un film inachevé que l'on peut voir aujourd'hui. Il faut supposer qu'au final le film aurait été un petit peu plus ramassé, les 2h35 actuelles donnant par moment un sentiment de dilution.

Le prétexte du film est assez curieux, bien que tiré d'une histoire vraie : un convoi américain transportant du matériel de communication vers le Kosovo en 1999 est stoppé par un chef de gare mauvais coucheur et borné. Les américains sont bloqués pendant 5 jours dans ce petit village roumain.

Un peu comme dans La visite de la Fanfare on assiste à l'intégration progressive d'un corps étranger dans un milieu qui n'est pas préparé à cette intrusion. Des relations interpersonnelles (amour, haine, curiosité, envie) vont se nouer entre les membres des deux groupes, et ces relations vont révéler les fractures profondes qui courent dans la micro-société du village (jalousie, haine, lutte de pouvoir, volonté de s'échapper).

Parfois presque burlesque, le film est habile, par moment brillant et servi par des acteurs remarquables : le chef de gare (Razvan Vasilescu, sorte de Marielle roumain, voir photo), et un vrai acteur hollywoodien dans le rôle du capitaine américain (Armand Assante).

Le film fut très bien accueilli, à titre posthume, à Cannes 2007. L'édition DVD permet de voir également le moyen métrage réalisé précédemment par Cristian Nemescu : Marinela de la P7, qui avait révélé Nemescu dans de nombreux festivals. L'histoire est celle d'un jeune garçon de 13 ans qui décide de voler un trolleybus pour impressionner une prostituée dont il est tombé amoureux.

 

2e

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