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La part des anges

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La part des anges a été récompensé par le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes. De tout le palmarès, il me semble que c'est un des prix qui prête le moins à contestation. Au milieu d'une sélection très atone, ou très sombre lorsque les films étaient de qualité, le dernier Ken Loach se distingue en effet par sa cohérence stylistique, l'intelligence de son scénario et sa joie de vivre revendiquée. Ce fut la bouffée de bonne humeur du Festival et à ce titre le film méritait d'être distingué.

 

Loach démarre en trombe avec une scène hilarante dans une gare : un alcoolique titube sur la voie ferrée alors qu'un train arrive, peinant à remonter sur le quai, alors que le chef de gare l'invective par l'intermédiaire du haut parleur permettant de faire les annonces. C'est à la fois drôle à en mourir (si je puis dire), affligeant, et subtilement porteur de messages (l'autorité est bonhomme, mais distante et impuissante). 

 

Notre ami porté sur la boisson se retrouve dans une équipe de jeunes délinquants, réunie pour des travaux d'intérêt général. Nous allons suivre tout ce petit monde et un des personnages en particulier : Robbie, joué par un jeune acteur peu connu mais excellent, Paul Brannigan.

 

La grande habileté de Loach est de bâtir la première partie de son film comme un drame social à l'anglaise (genre dans lequel il excelle), avant de le transformer en aventure picaresque de Pieds Nickelés scottish. Il nous égare ainsi entre émotion, inquiétude, sourire et francs éclats de rire, avec un talent de conteur retrouvé. Il y a dans ce film un peu de ce qui faisait le charme de Looking for Eric, et aussi un air de comédie italienne (le mélange farce et tableau d'une noire réalité sociale).

 

Un bon moment de détente - et de cinéma - qui fleure bon le pur malt.

 

3e 

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Nelly Moaligou 07/07/2012 15:01

Personnellement, je me f... un peu des prix récoltés. Ci-après mon humble avis de spectatrice lambda dans notre monde de brutes, inclus celles qui se cachent sous le vernis :-) :

Trouver comment racheter les "salauds de pauvres" ainsi nommés par les puissants qui détournent les richesses pour les faire fructifier dans des zones intouchables. Voilà en gros le message de Ken
Loach inspiré des réalités britanniques (et internationales !) du moment. L'accent est à couper au couteau, ce qui renforce l'authenticité des personnages, quoique le risque qu'ils prennent
ensemble puisse semer un léger doute. Le regard reste en même temps assez distancié, Ken Loach s'amuse ferme. Léger dans la forme certes... Ce qui reste en tête après la séance est bien le doux
regard du déviant, papa aussi respectable qu'un produit de la finance officiellement propre sur lui. Les situations sont caricaturales. Aucune fausse note dans cette histoire puissante, revigorante
comme son whisky. Il y a bien quelques méandres virant àla complaisance de potaches, la pinte qui change de mains un rien "dégueu"... Nul doute que le réalisateur passé maître dans l'art de ménager
les susceptibilités par le rire signe là une de ses oeuvres les plus décoiffantes sur le fond !

Chris 09/07/2012 00:28



Pour moi aussi c'est du bon Ken Loach.



Colimasson 03/07/2012 22:38

Bon, je chipote mais, quand même... pas très réaliste cette histoire de nez qui se découvre en quelques semaines !

Enfin, c'est pour la bonne cause : la bonne humeur du public ;)

Chris 06/07/2012 22:28



Ben, s'il avait le nez et pas d'occasion de le mettre à l'épreuve cela peut se comprendre. Pour avoir fait un stage d'oenologie, je peux te dire que nous avons les uns et les autres une
sensibilité très différentes aux odeurs.



mymp 15/06/2012 23:46

Ton engouement pour ce téléfilm est aussi inexplicable que le prix du jury qui lui a été décerné. Grands éclats de rire ? Même pas un. Émotion ? Zéro. Inquiétude ? Inquiétude ???? En revanche,
ennui et œil morne devant tant d'insignifiance.

Chris 15/06/2012 23:51



Bien sûr, inquiétude quand les ennemis ataviques repère son appartement et menace la construction de sa nouvelle vie. A ce moment là, le film peut basculer dans un drame d'une noirceur absolue.
Emotion, lors de la confrontation avec sa victime. Eclat de rire quand il pète la moto de son agresseur, et se rend compte que ce n'est pas la bonne : cette mini-scène est un condensé de distance
amusée.



ffred 14/06/2012 23:44

Ouais bof... c'est gentillet sans plus...Loach n'a plus le mordant d'antan... incroyable de voir ce (bon) téléfilm au palmarès du festival et aucun film français !!!!

Chris 15/06/2012 23:44



Le prix du jury ce n'est pas non plus Byzance. C'est un prix qui est conçu pour les coups de coeur. Quand tu auras vu tous les films de la sélection, tu comprendras peut-être mieux pourquoi
celui-ci est précieux. Ceci dit, je ne trouve pas le film gentillet. Il est optimiste, mais ne cache la réalité sociale et sait même être profond. Je trouve que c'est une belle réussite, sans
être un chef-d'oeuvre.



Wilyrah 07/06/2012 10:04

Loach est un de mes cinéastes fétiches mais ce film ne me tentait pas. Peut-être que j'ai été trop refroidi par Route Irish. Au final, quoiqu'il arrive, je pense que j'y serai tout de même allé ^^

Chris 07/06/2012 20:05



Vas-y sans hésitation. ce n'est pas un chef d'oeuvre, mais il y a de très bonnes choses dedans.