Christoblog

Autoportrait #2 / Piet Mondrian

Autoportrait - 1918
Kunstmuseum, La Haye
 
Mondrian peint ce tableau en 1918. Même s'il ne fut pas conçu pour lui, il devient en 1920 la possession de son bienfaiteur et ami de toujours, Salomon Slijper. Entre 1915 et 1920, le peintre ne parvient pas subvenir à ses besoins et seuls les achats de Slijper lui permettent de s'en sortir (et notamment d'effectuer un important séjour à Paris en 1919). Ce tableau est donc indirectement le gage d'une reconnaissance vis à vis du mécène qui lui a véritablement permis de devenir peintre.
 
La fameuse première composition aux rectangles rouges, jaunes et bleus n'apparaît qu'en 1921. Jusqu'alors, Mondrian n'a quasiment peint que des tableaux figuratifs, parfois très stylisés, mais quasiment toujours connectés d'une façon ou d'une autre à la réalité.
 
Depuis quelques années, Mondrian s'essaye à quelque chose de différent, quelque chose de radicalement abstrait. A l'arrière plan de cet autoportrait figure d'ailleurs des cartons préfigurant un tableau de ce type, qui pourrait ressembler à la Composition illustrée ci-dessous, peinte en 1917.
 
L'artiste est à un tournant de son art : du figuratif (son propre portrait) il est en train de basculer dans l'abstrait, qu'il représente dans ce tableau, comme une prémonition du fait que cette nouvelle voie va le rendre immensément célèbre.
 
Salomon Slijper, qui assurait la promotion des oeuvres de Mondrian jusque là, ne va pas suivre le peintre dans la voie qu'il entrevoit, pour de multiples raisons. Ce bel autoportrait, à la fois sévère et pénétré, est donc une image à double détente : il marque la transition d'un style à un autre, en même temps qu'il dit au revoir à ami. 
 
Malgré le peu de goût du collectionneur de la Haye pour l'abstraction que peint exclusivement  à partir de 1920 Mondrian, les deux hommes ne cesseront toutefois d'échanger et de s'apprécier très longtemps (amitié à peine ternie par le léger anti-sémitisme de Mondrian - Slijper était juif), leur amitié scellant un curieux paradoxe : Mondrian a pu devenir un des maîtres de l'abstraction grâce à un homme qui a surtout aimé sa production figurative, aujourd'hui quasiment oubliée. 
 
Voir aussi sur Christoblog :
- Autoportrait #1 : Frida Kahlo

 

Cet article fait partie d'une série consacrée aux autoportraits, que je collectionne sous forme de cartes postales. Si vous souhaitez m'aider à compléter ma collection en m'envoyant une carte postale d'autoportrait, n'hésitez pas à m'envoyer un message privé par ici , je vous donnerai mon adresse postale.

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Peaky blinders

La BBC offre de nouveau avec cette série un fleuron du savoir-faire britannique, comme elle l'a déjà fait pour le délicieux Downton Abbey.

Tout est en effet réussi dans Peaky Blinders. Si le côté un peu artificiel des décors et l'anachronisme de la bande-son  très rock peuvent surprendre dans les premiers épisodes, on est ensuite vite happés dans cette histoire certes classique (la progression d'un petit malfrat vers les plus hautes sphères du pouvoir), mais ici parfaitement illustrée. A noter que la qualité de la série est relativement constante tout au long des cinq saisons, ce qui assez rare et mérite d'être souligné.

Les points forts de Peaky Blinders sont principalement son écriture (on doit l'intégralité des scénarios à la patte de Steven Knight) et son interprétation.

En terme de progression dramatique, de rupture de ton, d'accélération des évènements, j'ai rarement vu une série plus efficace et surprenante. C'est peu dire qu'on est littéralement scotché à l'évolution de la famille Shelby et aux nombreuses péripéties et épreuves qu'elle doit traverser. Le contexte historique qui sert de toile de fond (l'IRA et la question irlandaise, Winston Churchill, la révolution russe et le mouvement socialiste, l'émancipation des femmes, la condition ouvrière) donne une profondeur exceptionnelle aux trente épisodes de la série, dont plusieurs sont de véritables joyaux de tension et se suspense.

En matière de casting, Peaky blinders réussit un carton plein. Du magnétique premier rôle joué par Cillian Murphy au moindre second rôle, en passant par un très bon Adrien Brody en guest star de la saison 4, les bonnes surprises sont légion. Citons dans le désordre un Tom Hardy (Mad Max) formidable en patron de gang juif, Aiden Gillen (le Littlefinger de Games of thrones) énigmatique en tueur tzigane, Sam Neill (Jurassic Park, La leçon de piano) ennemi convaincant en inspecteur retors dans les deux premières saisons.

Hellen McCrory (Polly) est la tête de file attachante d'une prestigieuse distribution féminine : dans la série les femmes joue un rôle au moins aussi important que les hommes.

La bande-son est aussi audacieuse qu'agréable  : Nick Cave, The White Stripes, Tom Waits, PJ Harvey, Arctic Monkeys, Royal Blood, The Black Keys, Radiohead, David Bowie, Leonard Cohen, Foals, Anna Calvi, Joy Division, The Kills, Johnny Cash, Black Rebel Motocycle Club, Anne Brun, Mark Lanegan. Un festin sonore, trash, roots et rock'n roll.

Vous l'avez compris : à ne manquer sous aucun prétexte.

 

4e

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Les quatre cents coups

On n'en finirait pas d'énumérer les raisons qu'un cinéphile a d'apprécier Les quatre cents coup :  manifeste d'un courant majeur de l'histoire du cinéma, clins d'oeil multiples (cameos de Jean Claude Brialy, Jeanne Moreau, Jacques Demy, Jean Douchet et Truffaut lui-même), aspects autobiographiques, hommages multiples au cinéma (les enfants volent des photos d'un film de Bergman, la famille va voir le dernier Rivette, le film est dédié à Bazin).

L'opportunité qu'offre l'arrivée des films de Truffaut sur Netflix nous permet d'aller au-delà de la légende, de revoir le film et de le juger pour ce qu'il est : un superbe portrait de la jeunesse. La photographie de Henri Decaë,  qui magnifie les rues de Paris, et la musique entêtante de Jean Constantin forment un écrin parfait à l'interprétation magistrale de Jean-Pierre Léaud, interprète définitif de l'innocence bafouée. 

Toute l'énergie sauvage du film est dans les yeux de son jeune interprète, énergique, avide de vivre et d'aimer. De la scène du manège tournant aux longs travellings finaux, la mise en scène de François Truffaut (récompensée au Festival de Cannes en 1959) ne vise qu'à nous faire ressentir cet appétit vorace d'Antoine Doinel pour la vie, la littérature et le cinéma, appétit empêché par le manque d'amour de ses parents et le poids des institutions. 

 

3e

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Boulevard du crépuscule

Au crédit du film culte de Billy Wilder, de nombreuses qualités : une belle photo, un scénario formidablement décadent, des décors hors du commun, un hommage décalé et nostalgique au cinéma muet du grand Hollywood, des idées de génie pour le casting (Cecil B. DeMille dans son propre rôle, Erich Von Stroheim en valet/mari inquiétant), une ambiance délétère très bien rendue.

Le film peine toutefois à générer l'enthousiasme du spectateur moderne. Le jeu outré (pléonasme !) de Gloria Swanson passe difficilement le test redoutable de l'écoulement du temps. On peine tout simplement à croire que le personnage de Joe puisse succomber à ses charmes artificiels simplement pour de l'argent. Comme d'un autre côté il est évident que l'amour ne justifie pas non plus son inclinaison, le ressort principal du film (ce drôle de couple) reste comme inexpliqué, une sorte "d'éléphant dans la pièce".

Partant de ce constat d'incompréhension, on assiste de l'extérieur au déroulement d'un scénario qui ne présente par ailleurs aucune surprise, aucune aspérité, aucune déviation par rapport à son contenu programmatique, qu'on identifie clairement dès le début du film.

C'est très bien fait, mais un peu vain à mes yeux de spectateur de 2020.

 

2e

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The irishman

En réunissant à l'écran Joe Pesci, Al Pacino et Robert de Niro pour cette crépusculaire histoire de mafiosi, Scorsese semble vouloir  donner à son oeuvre une sorte de codicille pré-posthume. 

Le résultat se regarde facilement, sans une seconde d'ennui, tellement le script est fluide et l'intrigue passionnante. La petite histoire (la destinée d'un tueur anonyme) rencontre la grande (les Kennedy et la mafia), et forme un ensemble qui se dévore, comme une série. 

L'amitié entre le personnage de Jimmy Hoffa (extraordinaire Pacino) et son homme de confiance (un de Niro aux drôles de mimiques figées, probablement par la faute du fameux de-aging) est le coeur du film, et la trahison sans état d'âme du second illumine comme un diamant noir la fin élégiaque de cette saga aux multiples ramifications.

Si on reconnaît le savoir-faire inégalable de Scorsese, on ne peut s'empêcher de remarquer ici ou là les symptômes d'une certaine nonchalance dont on ne sait s'il faut l'imputer au support Netflix (faites ce que vous voulez...), à l'âge ou au sentiment que le chose racontée vaut désormais plus que la façon dont on la raconte. 

La mise en scène n'a donc pas la précision des chefs-d'oeuvre de la grande époque (Casino, Les affranchis), elle est même assez quelconque. Cela ne gâche pas le plaisir que procure la vision de ce film fleuve qui aurait probablement mérité un traitement en mini-série.

 

3e

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Rebelles

Voici plutôt une bonne nouvelle en provenance du cinéma français : une comédie décomplexée, dans laquelle les femmes ont la part belle, qui ne vise pas à autre chose qu'à fournir un bon moment sans second degré, un peu à la mode des frères Coen première manière.

Nous voici donc projeté dans le Nord Pas de Calais, dans un milieu ouvrier qu'on ne voit pas si souvent, au milieu d'un trio improbable de femmes : Sandra (Cécile de France) en ex-miss sur le retour, Nadine (Yolande Moreau) en mère de famille et Marilyn (Audreu Lamy) en punk socialisée.

Quand ce trio se retrouve par hasard en possession d'un beau magot, les évènements vont s'enchaîner sans temps mort, à notre plus grand plaisir. 

Le scénario est parfaitement huilé, la mise en scène d'Allan Mauduit efficace à souhait, et le tout est parfaitement agréable à regarder, ne lésinant pas sur certains écarts parfaitement incorrects et jouissifs (à l'image de la malencontreuse amputation qui démarre l'intrigue).

Rafraîchissant.

 

2e

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Uncut gems

Uncut gems fait partie de ces films toboggans qui vous emportent dans un tourbillon stylistique duquel il est impossible de sortir. 

Pour aimer le film, mieux vaut donc aimer les flots incessants de parole, le montage speed, les surimpressions sonores, la caméra à l'épaule et l'impression générale d'assister à la course d'un poulet sans tête à qui l'on aurait donné des amphétamines. 

Adam Sandler est excellent, en bijoutier juif possédé par toute une série d'addictions plus graves les unes que les autres : le sexe, la drogue, la famille, les bijoux, l'argent, le jeu, le sport, la gagne, le goût du risque, et peut-être tout simplement un appétit de vivre douloureusement insatiable.

Si on se laisse happer par l'ambiance si particulière du film et le brio d'une mise en scène de très haut niveau, l'expérience est presque physique : on est tendu comme un arc tout au long du film, se demandant comment Howard va s'en sortir, et partageant avec lui la moindre évolution de la situation désespérée dans laquelle il s'est mis lui-même, en dépit du bon sens le plus élémentaire. Dans le cas contraire, il ne sera pas facile d'aller au bout des 2h15 de cet exercice de style aux accents scorsesien, mené au rythme fou d'une valse jouée sur un tempo de hard rock.

Un coup de force des frères Safdie.

 

3e

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Adults in the room

Le nouveau film de Costa Gavras raconte les difficiles négociations entre Yanis Varoufakis et la "troïka", suite à l'accession au pouvoir du parti Syriza.

Le sujet est sur le papier passionnant. Il s'avère plutôt décevant à l'écran, et ce, pour deux raisons principales.

Le film est d'abord bien mal écrit. Son scénario ne suit aucune ligne directrice, s'égare dans des méandres inutiles et répétitifs, est bien trop long, et enfin se cherche un style sans jamais parvenir à en trouver un (jusqu'à cette fin ridiculement onirique). 

Le deuxième point est l'angle choisit par le réalisateur, celui d'un panégyrique sans nuance de Tsipras et Varoufakis : ils sont beaux, intelligents, pragmatiques, alors que leurs interlocuteurs sont moches, bêtes, doctrinaires. On se doute que bien des anecdotes figurant dans le film sont vraies, mais l'aspect inutilement caricatural des adversaires est trop fort pour qu'on s'attache réellement aux vicissitudes rencontrées par les preux chevaliers grecs.

Les bons sentiments conduisent ici à un pamphlet démonstratif, qui ne vaut que par son sujet : l'univers kafkaïen des instances européennes.

 

2e

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L'homme qui tua Liberty Valance

Parfois, la vision d'un "vieux" film cause une profonde désillusion : le chef d'oeuvre dont on se souvient a mal vieilli, son image est baveuse, son intrigue moins subtile que dans son souvenir, la mise en scène est un peu lâche.

Rien de tel en revoyant ce qui fut la dernière collaboration des deux géants de l'Ouest, John Ford et John Wayne. Le film surprend en effet par ses qualités intemporelles. D'abord la photographie de William H. Clothier est une merveille de précision et de beauté plastique, à mi-chemin entre naturalisme et expressionnisme.

Le sujet du film ensuite est d'une incroyable modernité. Ford y dessine les fondements de l'Amérique éternelle avec une précision d'horloger : le mal pragmatique (Lee Marvin, terrifiant de froide brutalité), la bonté violente et casanière (Wayne et son éternel sourire en coin), le politique malgré lui (James Stewart dans un de ses plus grand rôle) et la presse comme pivot de la démocratie.

L'ensemble est servi par une mise en scène d'un classicisme parfait, dans laquelle tout semble indispensable, et qui donnerait au film un aspect de tragédie grecque si la nostalgie solaire du début n'enveloppait l'ensemble dans une coque inimitable d'humanité triste et tendre.

Un chef d'oeuvre.

 

4e

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Pour Sama

Il y a dans les images tournées par la jeune journaliste syrienne Waad al-Kateab une injonction paradoxale : contempler la guerre dans ce qu'elle a de plus horrible, à travers les yeux les plus bienveillants et optimistes qui soient.

Le film manipule ces deux éléments alternativement pour mieux nous prendre en étau émotionnellement. Les blessés sont horribles à regarder, mais le dévouement des médecins est exemplaire. Le deuil des enfants est d'une tristesse infinie, mais les liens d'amitiés qu'on peut tisser dans ces moments sont les plus intenses. La mère accouche par césarienne dans des conditions effroyables, mais le bébé survit (une scène à proprement parler sidérante). La ville assiégée est réduite en ruine et constitue l'endroit le plus dangereux au monde, mais nos héros y retourne avec leur petite fille, en souriant. 

A travers cette dialectique constante, servie par un montage exemplaire, le film fait passer son message avec force et efficacité : l'espoir peut soulever des montagnes. Si les images sont (forcément) de qualité très inégale, la construction dramatique du documentaire est véritablement exemplaire, et fait de Pour Sama un sommet de l'année cinéma 2019.

 

4e

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Les éblouis

Les éblouis fait partie de ces films dont on aimerait dire du bien : un projet cher au coeur de la réalisatrice (car en grande partie autobiographique), une distribution sympathique (Camille Cottin, Jean Pierre Darroussin en chef de secte, l'excellent Eric Caravaca - le réalisateur du très bon Carré 35) et un angle intéressant (la dérive sectaire vue à travers les yeux d'une pré-ado).

Malheureusement, rien ne fonctionne dans le film. L'implication personnelle de la réalisatrice Sarah Succo dans l'écriture de l'histoire est sûrement contre-productive. Les émotions et les souvenirs liés à son histoire semblent l'avoir conduit à affadir l'histoire : le résultat est anecdotique et délayé.

Le film manque de rythme dans le montage, de précision dans la mise en scène et de détermination dans la direction d'acteur. On se désintéresse progressivement de la destinée de la petite Camille, dont les aventures flirtent parfois avec l'invraisemblance onirique (la robe de mariée) et finissent par nous tenir à distance, un comble pour une narration dont la progression dramatique devrait conduire à un climax.

Bien tenté, mais raté.

 

1e

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Le cas Richard Jewell

Les derniers films de Clint Eastwood n'étaient pas très bons, et même, pour certains d'entre eux, franchement mauvais.

Cet opus constitue donc une bonne surprise : un scénario modeste mais efficace, des personnages attachants et bien joués (très bon Sam Rockwell) et une histoire édifiante. Des qualités qu'on retrouvaient d'ailleurs point par point dans le meilleur des dix derniers Eastwood, Sully.

Les points faibles du film sont malheureusement ceux qui rendent la production récente de l'américain indigeste  : dans sa volonté de sonner la charge contre les pouvoirs malfaisants qui oppressent le pauvre individu (les médias, le FBI), le vieux réalisateur conservateur oublie au passage la subtilité et la nuance. Les personnages joués par Jon Hamm et Olivia Wilde sont ainsi trop caricaturaux pour être intéressants. 

Si la première partie du film est vraiment bien rythmée, la seconde, très démonstrative, patine un peu. L'ensemble est toutefois acceptable.

Clint Eastwood sur Christoblog : Gran Torino - 2008 (***) / Invictus - 2009 (**) / Au-delà - 2010 (*) / J. Edgar - 2011 (**) / American sniper - 2015 (**) / Sully - 2016 (***) / La mule - 2019 (**)

 

2e

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Monos

En provenance de Colombie, ce deuxième film d'Alejandro Landes est une pépite à découvrir.

Le pitch est simple : huit enfants soldats, faisant partie d'un groupe révolutionnaire obscur, gardent une otage américaine sur les hauteurs andines du pays, puis dans la forêt vierge. 

Le film est un trip sensoriel qui vaut surtout par la manière dont il montre la rudesse de la vie de ces jeunes paumés qui se droguent, tuent, cherchent l'amour et trouvent le désespoir. Comme si Larry Clark tournait en Amazonie. Le voyage n'est jamais vraiment éprouvant (même s'il est dur), tant les images sont belles, les personnages bien dessinés et le rythme haletant.

Il y a chez Landes un talent incontestable, que ce soit pour filmer de façon originale les scènes oniriques ou pour être froidement efficace quand l'action le commande. La sensation de réalité immersive qu'il parvient à nous communiquer (la pluie, la boue, les explosions, les baisers) est assez exceptionnelle.

Une vraie et belle découverte, présentée en 2019 dans la section Panorama de la Berlinale, servie par de jeunes colombiens non professionnels particulièrement convaincants et une Julianne Nicholson étonnante.

 

3e

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Concours Filles de joie Gagnez 5x2 places (Annulé)

A l'occasion de la sortie en salle de Filles de joie le 18 mars, je vous propose de gagner 5 x 2 invitations valables partout en France. 

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : dans quels pays se déroule l'action du film ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 16 mars 20 h.
 
Un tirage au sort départagera les gagnants.

NB : un des cinq lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Concours Un fils Gagnez 3x2 places (Annulé)

A l'occasion de la sortie en salle de Un fils de Mehdi M.Barsaoui le 11 mars, je vous propose de gagner 3 x 2 invitations valables partout en France. Ce très beau film a été présenté à Venise où Sami Bouajila a remporté le prix du meilleur acteur dans la section Orizzonti. Voir la bande annonce.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : de quelle nationalité est le réalisateur du film, Mehdi M.Barsaoui ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 14 mars 20 h.
 
Un tirage au sort départagera les gagnants. Pour plus d'infos suivez la page de Jour2fête.

NB : un des trois lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Quelques jours à la Berlinale 2020

Habitué de Cannes depuis 8 ans, j'avais très envie de découvrir la Berlinale, ce que j'ai enfin pu faire cette année. Le grand festival allemand n'a pas grand-chose à voir avec son homologue français : tout y est plus décontracté, l'accès aux (immenses) salles y est beaucoup plus facile, à condition de payer sa place de 13 à 16 €. Je décrirai son fonctionnement détaillé dans un article à venir : Aller à la Berlinale pour les nuls.

20 février

Le film d'ouverture, My Salinger year (3/5), du québécois Philippe Fallardeau, est un film léger, parfait pour débuter un marathon de 10 jours. L'actrice principale, Margaret Qualley, qu'on a vu dans Once upon a time in Hollywood, crève l'écran, à la fois ingénue et sensuelle. C'est bien écrit et bien réalisé, sur un double sujet plutôt original (la difficulté de devenir écrivain et l'ombre chinoise de Salinger).

21 février

Je découvre à midi le film d'Oleg Sentsov, Numbers (4/5). Ce film est tiré d'une pièce de théâtre écrite par Sentsov et vaut principalement par son texte, très astucieux. Il s'agit de théâtre filmé, mais le spectacle est amusant, stimulant intellectuellement. Cette dystopie cruelle et fantaisiste est très attachante.

Le soir, premier tapis rouge et premier film en compétition avec El profugo (The intruder) (2/5), premier film de l'argentine Natalia Meta. Ce thriller fantastico-psychanalytique est plein d'intentions, regarde vers Hitchcock et peut-être aussi De Palma, mais s'égare en chemin par la faute d'une écriture trop confuse et alambiquée.

22 février

De tôt matin, on poursuit la compétition avec Volevo nascondermi (4/5), de l'italien Giogio Diritti. De facture très classique le film raconte la vie du peintre Antonio Ligabue, figure majeure de l'art brut (il souffrait de graves troubles psychologiques). Le film n'est pas un grand morceau de cinéma, loin de là, mais son propos est passionnant et la composition extraordinaire de l'acteur Elio Germano lui a permis de décrocher l'Ours d'argent de meilleur acteur. 

A 19h, tapis rouge pour la présentation du nouveau Kelly Reichardt, First cow (3/5). Suivant son humeur, on pourra dire que c'est toujours aussi soporifique, ou toujours aussi génialement modeste. En tout cas, le spleen grisâtre habituel se teinte ici d'humour, expose des embryons de sentiments et bénéficie d'une narration un peu plus tenue que dans les autres films de Reichardt.

23 février

Je continue avec la compétition et le nouveau film de Philippe Garrel, Le sel des larmes (4/5). C'est pour moi un bon cru, si on apprécie le style du réalisateur, qui semble figé dans un espace-temps indéterminé, mais très français. Il y a dans le film une cruauté distanciée que j'ai trouvée réjouissante.

Minyan (2/5) de l'américain Eric Steel était présenté dans la section parallèle Panorama. Le film ne démérite pas vraiment, mais son propos pourtant intéressant sur le papier (un jeune juif découvre son homosexualité dans le New-York des années 80) ne parvient jamais à captiver, probablement par la faute d'une écriture bâclée qui ne fait que juxtaposer différentes thématiques. Un film probablement trop autobiographique pour être pleinement réussi.

24 février

Pour ce dernier jour, je me régale avec Mignonnes (4/5), de Maïmounia Dourouré. Le film est bien plus qu'un énième film de banlieue. C'est surtout le portrait enlevé et fidèle d'une petite fille qui devient une pré-adolescente. On rit, on s'inquiète, on frémit, on détourne parfois les yeux. Le succès devrait être au rendez-vous pour cette oeuvre qui avait longtemps annoncé à Cannes 2019 et qui a remporté le prix de la meilleure réalisation à Sundance.

Pour terminer Kød § Blod (Wildland) (3/5) de la danoise Jeanette Nordahl décrit l'arrivée d'une jeune orpheline dans la famille de sa tante, famille qui s'avère être criminelle. Il y a beaucoup de finesse dans ce joli film qui prend le parti de la litote et se place à hauteur de la jeune fille, avec un petit côté Animal kingdom à la sauce nordique (en moins violent).

Voilà, c'est terminé, mais on se reverra sûrement un jour, Berlinale !

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Concours Nous, le peuple : Gagnez 2 DVD (Terminé)

A l'occasion de sa sortie, je vous propose en partenariat avec Epicentre de gagner 2 exemplaires du DVD du film Nous, le peuple.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : combien de film ont réalisé ensemble Claudines Bories et Patrice Chagnard ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 16 mars 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le coffret DVD envoyé par le distributeur. NB : un des deux DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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La fille au bracelet

Après La dernière vie de Simon, voici de nouveau un très bon film français sur les écrans, avec les mêmes qualités : subtil, équilibré, inventif.

La fille au bracelet est un film de procès. Dans ce genre qu'on voit régulièrement sur nos écrans (L'hermine, Une intime conviction) il se distingue par sa ligne claire qui sert une ambiguïté profonde. Il ne s'agit pas ici de mettre en scène des coups de théâtre (même si la progression dramatique est très bien dosée), mais plutôt de montrer comment la longue durée de l'instruction influe sur le comportement des uns et des autres.

Indirectement le réalisateur Stéphane Demoustier parvient à aborder de nombreux thèmes, tous passionnants : le rapport entre générations, les raisons qui nous amènent à croire quelqu'un coupable ou non, la manière dont les jeunes gèrent leur sexualité, la manière différente qu'ont les parents de réagir à un tel drame.

L'interprétation est très haut de gamme avec les tout juste césarisés Roschdy Zem et Anaïs Demoustier, mais aussi une Chiara Mastroianni méconnaissable, la jeune actrice Melissa Guers qui parvient parfaitement à nous troubler par son comportement, et Pascal-Pierre Gasbarini, qui joue à la perfection un juge précis et attentionné. 

Un film très agréable, plein de qualités.

 

3e

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Cérémonie des Césars 2020

Croyez-moi ou pas, j'ai regardé la cérémonie des Césars pour la première fois hier soir.

Ca ressemble à quoi une cérémonie des Césars ?

A pas grand-chose, si on compare à quelques extraits des Oscars (l'extraordinaire numéro d'ouverture de Janelle Monae, Billie Eilish qui chante Yesterday).

Si Florence Foresti a fait ce qu'elle a pu, en vérité rien de bien transcendant, sauf lorsqu'elle fut aidée par l'incroyable Alban Ivanov, les intermèdes ont été de qualité très médiocres. De l'auto-promotion cheap d'Esteban au numéro pitoyable de Benjamin Lavernhe, les interventions se suivent avec un niveau de professionnalisme extrêmement variable et globalement faible. On oscille entre le balbutiement d'amateur et la longue déclaration politico-sociale, et globalement je n'ai vu qu'une prestation vraiment aboutie en terme de spectacle pur : le discours ahurissant de méchanceté drôle d'Emmanuelle Devos.

Le professionnalisme laisse donc à désirer à tous les niveaux : micro trop bas qui incite Antoine De Caunes à parler à moitié assis, clip de Bong Joon-Ho (par ailleurs génialement frais) qui ne démarre pas, présentation trop longue qui ampute le temps de parole des récompensés, etc.

Le Palmarès

A part le prix de la réalisation (j'y reviendrai), je dois reconnaître que ce Palmarès a de la gueule. Je peux même dire qu'il me convient pratiquement dans son intégralité. Je suis satisfait des prix reçus par Les misérables, Papicha (en espérant que cela provoque une ressortie en salle de ce très beau film), J'ai perdu mon corps, La belle époque (l'éclosion d'une nouvelle comédie française de qualité), Parasite (il faudra que j'écrive un article sur l'incroyable moisson de prix de ce film), Anaïs Demoustier, Swann Arlaud, Fanny Ardant, Claire Mathon (pour la photographie de Portrait de la jeune fille en feu, le point fort du film).

Je suis particulièrement reconnaissant à l'Académie d'avoir honoré Roschdy Zem, immense acteur d'un film magnifique, et sans conteste auteur du plus beau discours de la soirée.

Bon, et Polanski alors ?

Polanski aux Césars aurait probablement du être ignoré. La focalisation des intervenants sur son cas (Floresti et son Atchoum, Darroussin qui ne prononce pas son nom, Haenel qui se barre) a nuit à la célébration des autres gagnants. C'est sûrement bien trop d'honneur de lui avoir permis d'écraser ainsi de sa présence la cérémonie.

L'attribution du prix de la réalisation à Polanski, indépendamment de tout jugement moral, pose un double problème : le manque de discernement (d'intelligence ?) des votants, car quelque soit leur avis sur le film, il était préférable aux yeux de tous ne pas lui donner ce prix là, et également l'injustice que cela représente en terme de mérite (Ozon, qui signe avec Grâce à Dieu son meilleur film, l'aurait amplement mérité)

Finalement, avec une activité annexe et en suivant les tweets en direct, l'expérience n'est pas désagréable, bien qu'un peu longue. Je recommencerai peut-être l'année prochaine.

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Concours Voyage à deux : Gagnez 2 DVD (Terminé)

A l'occasion de sa sortie le 11 mars, je vous propose en partenariat avec Wild Bunch de gagner 2 exemplaires du DVD du chef-d'oeuvre de Stanley Donen, Voyage à deux.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : quelle est l'acteur principal de Voyage à deux
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 15 mars 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le coffret DVD envoyé par le distributeur. NB : un des deux DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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