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Christoblog

Carte postale de Tarbes

CP2Tarbes.jpg

L'Atalante à Bayonne

Par Alain

 

Comment  aller au cinéma quand on vit à Tarbes ? On oublie, ou presque. On comble ce vide par beaucoup de sport et d’activités en extérieur. La région est magnifique, le climat très agréable et la situation géographique offre de belles possibilités que ce soit côté Atlantique, ou Méditerranée quand on a le temps, ce qui est mon cas. Sans oublier l’Espagne, aussi, à moins de deux heures.

Mais revenons au cinéma. Tarbes, son seul et unique CGR, éloigné du centre ville. Immense bloc de bêton posé au milieu de nulle part dont l’apparence extérieure est plus proche d’un blockhaus que d’un lieu festif. Le point positif : des salles confortables et accessibles aux handicapés. Tous les points négatifs : une programmation composée essentiellement de blockbusters, et pas forcément les meilleurs, aucune version originale, et les tarifs, 8,80 € ou 5,90 € avec carte d’abonnement.

Seule et unique solution, aller voir ailleurs et ne pas avoir peur d’avaler des kilomètres ! Le plus proche : Le Parvis Méridien perdu au milieu d’un centre commercial accroché au pied des Pyrénées. Assez loin de la ville, très impersonnel avec des horaires impraticables. J’oublie. Mes remèdes … À Pau, par exemple, avec Le Mélies. Deux petites salles, mais un lieu de convivialité chaleureux qui offre une programmation intéressante plus en adéquation avec le cinéma que j’aime. Les prix sont aussi plus raisonnable, 5 € l’entrée avec la carte d’abonnement. 80 kilomètres aller et retour ! Avec un minimum  pour moi d’une fois par semaine et deux films en moyenne. J’ai pu y voir l’an dernier des films très importants pour moi. Submarino, Des hommes et des Dieux, et plus récemment Une séparation.

Autre possibilité : pousser plus loin et s’arrêter à Bayonne qui propose deux salles, bientôt réunies dans un seul et unique lieu, L’Atalante et l’Autre cinéma. Les films présentés correspondent à ce que j’attends quand je veux aller au cinéma. J’y ai vu dernièrement We need to talk about Kevin, Restless, Melancholia, Et maintenant on va où, L’Appolonide, La guerre est déclarée, Balada Triste, La prima cosa bella ou Beginners… entre autres. 300 kilomètres aller et retour ! Avec un minimum d’une fois par mois et cinq films en moyenne en trois jours.

Quitte à être sur la côte Basque restons-y ! À Saint jean de Luz, par exemple, avec une pensée pour Dasola. Les Écrans Luziens offrent une belle diversité de films dans un cadre agréable, et un accueil chaleureux et très  sympathique. Les points forts : divers festivals intéressants, et des tarifs attractifs avec la carte d’abonnement qui ramène le prix à 5,50 €. J’ai pu y voir Les femmes du 6ème étage, Incendie, Angèle et Tony, et tout récemment … The Artist et Polisse. À 25 kilomètres De Bayonne ! Avec un minimum d’une fois par mois et deux à trois films en moyenne sur un séjour de trois ou quatre jours.

Arrêt quasi obligatoire au Royal à Biarritz, pour le lieu, les souvenirs, et la programmation qui reste intéressante. « Amis du Royal » ramène le prix d’entrée à 4,50 €. En ce moment c’est le seul cinéma de la région qui passe Ceci n’est pas un film. À 8 kilomètres de Bayonne. Avec un minimum d’une fois par mois et deux films en moyenne sur le temps du séjour.

La plupart du temps mes séjours au Pays Basque se font en fonction de la programmation dans les différentes salles et des horaires respectifs pour les films qui me tentent. Pouvoir profiter aussi de la région, hors saison de préférence, de l’océan en particulier, et ce, quelque soit le temps. Il y a longtemps que j’ai appris à aimer le temps qu’il fait.

Ne pas oublier l’Utopia à Toulouse. Bel endroit, et programmation intéressante qui offre une palette de films, d’hier à aujourd’hui, très intéressante. Certaines séances sont à 4 €. J’y ai vu la semaine passée Beauty et Habemus Papam. À 150 kilomètres de Tarbes. Une heure vingt par le train, pour plus de facilités et un aller et retour dans la journée. Je profite aussi de ce passage dans la ville rose pour m’égarer à l’UGC ou au Gaumont, mais plus rarement.

Je parle beaucoup des tarifs, mais après avoir bénéficié pendant de longues années de la carte UGC à Paris, je trouve que les tarifs pratiqués dans la région représentent un vrai budget. Quand on ajoute les coûts des déplacements et autres plaisirs, le cinéma devient un luxe.

J’ai calculé il y a quelques temps que je faisais une moyenne de 1.100 kilomètres par mois, pour essentiellement voir des films. Sans compter mes séjours en Espagne ou mes déplacements sur Toulouse, ville pour laquelle le train reste le plus pratique. Quand on aime … On fonce, mais on devient plus sélectif !

 

Voir aussi : New York. Si vous voulez écrire vous aussi une carte postale cinéphile, écrivez-moi.

 

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Les aventures de Tintin : le secret de la Licorne

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/84/41/03/19822832.jpgN'étant pas tintinophile invétéré, mon avis sur la dernière production de Spielberg ne se résumera pas à répondre à la question : le film est il fidèle à la BD ?

 

Sur ce point, je suppose qu'on pourra gloser quasiment à l'infini, autour du thème "Bien sûr que non". En résumé je dirais que sur la forme, l'américanisation est évidente (ajout de scènes de poursuite dignes d'Indiana Jones, gommage du contexte historique, perte d'éléments liés spécifiquement au langage), alors que le fond me semble assez bien intégrer l'esprit d'Hergé.

 

Le personnage de Tintin est aussi insipide que dans les livres et son animation en motion capture ne m'a pas paru entièrement satisfaisante. Son regard semble trop souvent perdu dans le vague, son grain de peau n'est pas très naturel et les gestes de ses mains sont parfois empruntés.

 

Le capitaine Haddock est par contre très réussi. Tout à fait politiquement incorrect (surtout pour les Américains) avec son alcoolisme invétéré, il donne une qualité spécifique à toutes les scènes dans lesquelles il figure, grâce au savant mélange d'états d'âme dépressifs et de fierté marine qui fait sa marque de fabrique. 

 

La dynamique du scénario trouve d'ailleurs toute sa force dans la relation étroite (et somme toute incompréhensible) qui se noue entre ces deux personnages que tout oppose. Les seconds rôles sont bien utilisés (la Castafiore, Sakharine, les Dupondt). L'animation de Milou est particulièrement convaincante, même si ses poils sont comme d'habitude en animation peu réalistes. Il copie à la perfection les attitudes canines, tout en ayant l'intelligence d'un être humain.

 

Le film est émaillé de morceaux de bravoures très efficaces dont mes deux préférés sont le souvenir du combat de l'ancêtre de Haddock sur son bateau (le montage alterné est une splendeur) et la première poursuite qui mène aux docks, simple, amusante et originale. On parlera sûrement beaucoup de la poursuite dans la ville arabe, qui est éblouissante, mais presque trop pour mon goût.

 

Au final, une bonne soirée en famille et un divertissement haut de gamme.

 

Pour plus d'éléments de contexte je signale l'excellent article du Monde qui raconte l'histoire des rapports de Tintin et de l'Amérique en général, et de Spielberg et Hergé en particulier, qui se seront croisés fin 1982, début 1983.

 

2e

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Les marches du pouvoir

http://images.allocine.fr/medias/nmedia/18/85/39/61/19786561.jpgLe titre français du dernier film de Georges Clooney (The Ides of March) est sûrement l'oeuvre d'un traducteur un peu bourré qui s'est mélangé les pinceaux : Des idées de marche ? La marche des Iles ? Mars en avril ? Envie de marcher ? L'Italie des Marches ? Bon bref, pour les ignares, c'est ici qu'il faut vous cultiver. Vous ne voyez pas trop le rapport avec le film ? Et bien, à part bien sûr une vague thématique de trahison, moi non plus.

 

Tout ça pour dire que beaucoup de films que je vois en ce moment me laissent tiède. Les marches de pouvoir est un film sage, tourné à l'ancienne (les champ/contrechamp sont très scolaires), doté d'un scénario honnête - même si certaines ficelles sont un peu grosses. Les acteurs sont égaux à eux-mêmes. Clooney est plus que jamais celui qui a démodé le café filtre, et il le restera longtemps, j'en ai peur.

 

Ryan Gosling montre au début une grande variété de jeu, avant de prendre le volant d'une voiture pour accompagner la charmante Evan Rachel Woods à la clinique. Le fait de conduire semble le métamorphoser instantanément en chauffeur patibulaire au visage fermé, Drive is back.

 

Dans cette torpeur indolore et pas inintéressante, on ne pourra pas s'empêcher de penser à DSK (le coup de la femme de ménage semblerait lui être destiné, si Clooney connaissait son nom), à Clinton, et oui, finalement oui, la politique est quand même un milieu cruel ma bonne dame. Un bon prime time sur TF1.

 

2e

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Ici, on noie les Algériens

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/85/89/27/19819748.jpgLa même semaine sortent sur les écrans le fameux Octobre à Paris de Jacques Panijel, film culte tourné en 1962 dans une quasi-clandestinité et jamais sorti en salle, et le documentaire Ici, on noie les Algériens, de Yasmina Adi, qui en constitue une sorte de contrepoint contemporain.

Pour ceux qui ont séché leur cours d'histoire (ou qui sont trop vieux pour avoir connu des cours dans lesquels figurait cet évènement), un bref rappel des faits. En pleine guerre d'Algérie, les Algériens de Paris manifestent sans violence contre le couvre-feu dans les rues de Paris, le 17 octobre 1961. Dans un contexte marqué par les attentats du FLN en France, la répression policière est violente. On compte des dizaines de morts, des centaines de blessés, et des milliers de détentions dans des conditions abominables.

La force du travail de Yasmina Adi tient dans sa simplicité. Son documentaire est de facture classique, sans fioriture. La mise en scène alterne les documents d'archive (principalement des photos, mais aussi des coupures de presse et des enregistrements radiophoniques) et des témoignages de personnes ayant vécu les évènements. Ces derniers sont évidemment très émouvants. Manifestants, femmes ayant attendu en vain le retour de leur mari, conducteurs de bus, médecins : tous sont remarquablement clairs et dignes. Leur parole est d'une grande densité émotionnelle, sans être plaintive.

Voir sur les photos d'époque des inconnus vous regarder fixement par-delà les 50 ans d'histoire écoulés est aussi très fort. Au delà des macabres rappels qu'assène le film (les corps que la Seine rend plusieurs semaines après le drame), on apprend également des à-côtés tout aussi choquants, comme cet internement en hôpital psychiatrique des femmes de disparus manifestant quelques jours après le 17 octobre, ou comme la libération du Palais des Sports pour une série de concerts de Ray Charles (chanteur noir, comme le précise le commentateur de l'époque). Les photos montrant des milliers d'Algériens parqués dans cette enceinte n'est pas sans rappeler d'autres rassemblements terribles, celui du Vel d'Hiv en 1942 par exemple.

Sans voix off, le film réussit donc parfaitement à faire ressentir le caractère inhumain de la répression en juxtaposant simplement les images d'époque et les témoignages, dont les plus impressionnants sont ceux des femmes. Il parvient ce faisant à nous immerger dans l'époque.

En résumé, une salutaire piqûre de rappel pour nous inciter à rester vigilants face à un Etat qui sait à la fois faire perpréter ses méfaits par les fonctionnaires, puis les cacher aux journalistes s'il le faut.

Pour plus d'info, voir le site officiel du film, très bien fait.

 

3e

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The artist

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/95/46/19733671.jpgAussitôt vu, aussitôt oublié.

 

Oh, ce n'est pas qu'on puisse faire beaucoup de reproches à The artist. Le film est plutôt plaisant, inspirant des sentiments un peu confus mais agréables de défi insensé, de travail bien fait, de connivence intelligente et de performances d'acteur. Et puis il nous rappelle la puissance de l'art cinématographique : contre toute attente, l'absence de son se fait très rapidement oublier.

 

The artist est toutefois rapidement limité par les règles qu'il s'est lui-même fixé : respect absolu aux standards des films muets des années 30, mimiques exagérées, format carré, cartons de dialogue, musique expressive et ampoulée. Les variations "modernes" sont distillées au compte-goutte (les sons disséminés ici ou là, les quelques cadrages et mouvements de caméra notablement anachroniques), ne menaçant pas l'exercice formel que constitue avant tout le film.

 

Le scénario, très prévisible et convenu, ne permet pas à The artist d'accéder pleinement au statut d'oeuvre originale.

 

On est donc très loin de la réinterprétation géniale et déjantée du muet par Guy Maddin dans The saddest song in the world.

 

Un moment qui passe agréablement grâce à l'incroyable talent de Jean Dujardin et Bérénice Béjo (compagne du réalisateur, Michel Hazanavicius) mais qui ne laissera pas dans la mémoire plus de traces que le souvenir d'une bonne copie de carte postale ancienne.

 

2e

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Polisse

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/94/23/19759456.jpgAvant-première le 27 septembre 2011 à l'UGC Atlantis, près de Nantes. Maïwenn est là, escarpins noirs, jean serré, veste en jean, accompagnée de Naidra Ayadi et Frédéric Pierrot.

L'intervieweur s'emmêle complètement les pinceaux, en questionnant par exemple Frédéric Pierrot à propos de La guerre est déclarée, dans lequel il joue aussi... ce qui permet à Maïwenn de couper sèchement d'un "on est là pour parler de Polisse !".

Sinon, pas facile de parler d'un film avant la séance comme c'était le cas ce soir. On apprend que les 10 acteurs ont fait un stage d'une semaine chez la police, que le scénario résulte de notes prises par Maïwenn pendant un passage à la BPM et que parfois elle distribue aux acteurs des "jokers" à l'oreille, c'est à dire si j'ai bien compris des directives qui sèment un peu d'inattendu dans la scène.

Devant l'incurie emberlificotée de son interlocuteur de l'UGC, Maïwenn se prend à nous regarder fixement (le public) puis à nous interpeller : "Hé, mais y'a que des femmes ici ? Les hommes, levez la main ! Hé toi là au premier rang, c'est ta copine qui ta forcée ? Et qui est venu sans savoir qu'on avait eu un prix à Cannes ?" (et là, trois inconscients lèvent la main).

Etonnant, déstabilisant, mais plein d'énergie, à l'image du film.

Vulgaire, et alors ?

Le moins qu'on puisse dire c'est que Polisse ne fait pas dans la dentelle. La caméra bouge, ne tient pas en place, expérimente des tas de trucs. Les acteurs en rajoutent des tonnes, mais ils le font avec une énergie telle qu'on est souvent soulevé de son fauteuil. A ce jeu ils sont tous formidables, et bien sûr Joey Starr en premier - hallucinant. Ca jase, ça papote, ça crie, ça gueule, ça parle arabe, ça jacte, ça parle de bites et d'amour, ça s'insulte, ça ne s'arrête quasiment pas une minute, comme une tornade qui brasse les sentiments et les sensations. Le scénario part un peu dans tous les sens, s'attachant à quelques personnages, égrenant les micro-histoires qui ont toutes leur ambiance et leur intérêt, s'attachant aux petits riens. 

Ce n'est pas toujours fin, même si c'est beaucoup plus écrit que cela ne le parait au premier abord, les ficelles sont un peu grosses, les effets tire-larmes sont légions, mais le film est traversé par une telle énergie qu'il est capable d'offrir des scènes d'euphorie pure (la boite de nuit) ou de fou-rires irrépressibles (le téléphone portable - mais un beau, hein).

Les histoires contées sont tristes, écoeurantes, puissantes. Il faut sûrement la potion façon remède de cheval que nous assène Maïwenn pour les faire passer.

Le cinéma français les doigts dans la prise

L'année 2011 du cinéma français avait magnifiquement commencé avec un bijou : Tomboy. Mais l'automne est carrément royal avec une succession de films parfaitement maîtrisés, très différents et très ambitieux chacun dans leur genre : La guerre est déclarée, L'Apollonide, Les bien-aimés et maintenant Polisse. Cet appel d'air est d'autant plus sympathique qu'il s'accompagne d'un succès public : La guerre est déclarée s'envole vers le million de spectateurs et qui aurait dit qu'un film aussi difficile que l'Apollonide puisse atteindre 200 000 spectateurs ?

La particularité de ces films, c'est qu'ils sont à la fois profondément des films d'auteurs (au sens où ils reflètent le projet bien particulier de leur concepteur), mais qu'ils ne sont pas auteurisant dans cette veine atone, triste et compassée, qu'on peut parfois connaître. Ils dégagent chacun une énergie farouche qui nous donnent envie de les aimer.

Et ça marche.

 

4e

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Air doll

Air doll est un film étonnant qui ne peut laisser indifférent.

Il regorge en effet de qualités (une photographie magnifique, une actrice incroyable) et de défauts (un scénario poussif, une musique insistante et trop sucrée, des facilités et lieux communs à la pelle).

L'histoire racontée n'est pas des plus originales : une poupée se transforme en être humain. Ici, il s'agit d'une poupée gonflable, dont le caractère sexuel est affiché dès le pré-générique. On suit les émerveillements de l'éveil, la découverte d'une certaine forme d'amour, la naissance de l'orgasme (à base de dégonflage / regonflage...) et l'approche de la mort.

C'est beau, par moment envoutant, et Tokyo est filmé avec une maestria extraordinaire.

L'actrice Doona Bae réussit une prestation scotchante. Si au départ son jeu "orientée poupée" peut dérouter, voir exaspérer, on finit par y croire et elle parvient au bout du compte à nous émouvoir.

Au rayon des moins, on dira que le scénario connait un gros coup de mou au milieu du film. La galerie de personnage secondaire n'est pas non plus très excitante. Enfin le film n'évite pas quelques écueils d'une énormité peu pardonnable tels que la scène d'adoption d'une jolie petite poupée, ou le vol des fleurs blanches vers tous les personnages, dans les dernières scènes.

Au final, l'impression qui prédomine est tout de même celle de l'enchantement plutôt que celle de l'ennui, même si je ne me risquerais pas à conseiller le film, tant sa réception peut être variable suivant les spectateurs.

 

2e

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Another earth

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/01/04/19656180.jpgUne bonne idée pas complètement exploitée, et un vrai talent pour la mise en scène, voilà ce qu'on peut retenir de ce petit film américain indépendant, distribué dans très peu de salles.

 

Le sujet : un jeune fille tue une famille lors d'un accident de voiture, alors qu'une planète Terre N°2 apparaît dans le ciel. Cette planète semble être une planète "Miroir" comme on s'en rend compte lors d'une conversation improbable qu'une scientifique de la NASA a avec ... elle-même, située sur l'autre planète.

 

Le scénario du film effleure à peine le thème des univers parallèles, très à la mode en ce moment (cf la série Fringe et le roman de Murakami 1Q84), et explore plutôt le trauma d'avoir tué des innocents dans un accident de la circulation.

 

Les deux acteurs sont superbement dirigés : la jeune Brit Marling  est très émouvante (elle rappelle le jeu de Jennifer Lawrence dans Winter's bone) et William Mapother a une tronche incroyable (on l'a vu dans Lost).

 

J'ai trouvé la mise en scène de Mike Cahill absolument convaincante dans toute la première partie. Constituée d'éléments très disparates et parfois un peu tape à l'oeil, elle fonctionne pourtant parfaitement bien, instillant une ambiance très particulière et dessinant un portrait psychologiquement vraisemblables des différents personnages.

 

Malheureusement, le film ne tient pas la distance, la faute à un scénario qui devient petit à petit convenu, puis franchement irréaliste. La trame s'effiloche jusqu'à un dernier plan parachuté là on ne sait comment, tout à fait style "je ne sais pas comment finir mon machin, hummm, tiens je vais faire un truc de ouf qui va clore l'histoire sans vraiment la clore, mais en ouvrant de nouvelles perspectives".

 

Au final une soirée tout de même intéressante : une actrice et un réalisateur à suivre.

 

2e

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Grease

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/65/15/39/19001320.jpgL'impayable mymp publie sur son blog une série d'articles intitulée les "Inavouables", pour laquelle il a sollicité "la vieille crème des ex-blogueurs d'Allociné" (sic).

 

Il s'agit de rédiger une critique d'un film qu'on a honte d'aimer. Pour un blogueur acerbe et sûr de lui, peu d'exercices peuvent être plus difficiles, puisque par définition, le critique a raison d'aimer ce qu'il aime, et de détester ce qu'il déteste.

 

J'ai donc dû fouiller mes souvenirs d'enfance et re-visionner Grease pour m'assurer que le film était vraiment mauvais et qu'il ne me laissait pourtant pas insensible.

 

L'analyse du pourquoi du comment de cet étrange état de fait se trouve ici.

 

2e

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Mafrouza 1

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/85/78/19736060.jpgTout est parti d'un article enflammé du Monde qui donnait la note maximale à ce documentaire de plus de 12 heures, tourné par une Française, dans un bidonville d'Alexandrie voué à la destruction.

 

C'est bien le style d'expérience radicale qui me plait, dans le style d'A l'ouest des rails, le film culte de Wang Bing.

 

J'ai donc profité de mon séjour parisien au festival Paris Cinéma pour faire un détour par le premier volet de Mafrouza (le film est découpé en 5 parties), diffusé dans un seul cinéma parisien.

 

Le principe du film est simple : on suit plusieurs personnages du quartier dans leur vie quotidienne, sur une période de deux années.

 

Les premières séquences du film nous font pénétrer très intelligemment dans le quartier à la suite d'un archéologue qui cherche les vestiges d'une nécropole gréco-romaine. C'est déjà passionnant, mais on pressent rapidement que le potentiel émotif du film est énorme : on a à peine pénétré dans la maison d'un habitant qu'on a envie d'y rester. Et c'est exactement ce que fait Emmanuelle Demoris, la réalisatrice. Elle reste.

 

On fait alors connaissance avec une série de personnages très différents : poète, épicier, chiffonnier... Chacun est extraordinairement attachant. Parfois le film prend une dimension mythologique, comme par exemple dans le cas de ce vieil homme dont l'habitation est perpétuellement inondée, et qui fait irrésistiblement songer à Sisyphe. Au-delà des personnages, Mafrouza propose de façon indirecte une réflexion sur le cinéma. Où mettre sa caméra (qui est la question fondamentale du 7ème art) se double ici d'une problématique complexe : quelle influence ma caméra a-t-elle sur ce qu'elle filme ? Le film n'est donc pas simplement beau et intéressant, il est aussi diablement intelligent.

 

Le film interpelle enfin chacun sous un angle plus politique et sociétal. Les conceptions qu'a le spectateur de la pauvreté, de la religion et de l'islam seront fortement impactées par cette aventure fascinante.

 

Les 2h18 filent donc à toute allure, sans qu'on s'ennuie une seule seconde. Comme pour une série télé de qualité, on a à la fin qu'une envie, savoir ce que sont devenus Adel et Ghada, Mohammed et Hassan.

 

La suite de Mafrouza sur Christoblog quand sortira le DVD...

 

4e

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The unjust

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/09/81/19665351.jpgA force de voir des thrillers coréens, on finit par devenir exigeant. Celui-ci n'a pas de date de sortie en France et je doute qu'il en ait une, car il est particulièrement confus et complexe à suivre.

Pour faire simple, il entrecroise (à un rythme tout coréen qui fait ressembler Tarantino à Refn) les destinées d'un flic ambitieux et prêt à tout, d'un procureur ambitieux et prêt à tout, d'un journaliste prêt à tout, de 2 truands par définition prêts à ..., d'un autre flic, d'un tueur en série, des supérieurs du flic et du procureur (prêt à ...), d'un autre tueur, des familles des uns et des autres, etc...

Inutile de dire que pour s'y retrouver c'est coton, à tel point que le réalisateur éprouve le besoin de mettre au début de son film des incrustations pour nous indiquer qui est qui. Le scénario est alambiqué à l'extrême (le mieux est d'imaginer un hamburger dans lequel on aurait mis 12 steacks, 5 tranches de fromage et 17 sauces différentes) et totalement irréaliste (le rebondissement concernant le tueur en série est un des trucs les plus improbables qu'il m'ait été donné de voir au cinéma).

Pour le reste, c'est l'efficacité coréenne dans toute sa splendeur, décors étonnants et scènes d'actions efficaces. Comme d'habitude les subalternes sont humilés (la pratique atteint ici des sommets, avec la généralisation du coup de pied dans le tibia) et les flics de base sont ridicules.

Si vous l'avez vu, faites moi signe...

 

2e

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Résultats du festival d'été

fest eteD'abord un grand merci aux votants. Les festivals sur Christoblog n'existent que pour et par eux :  ffred, neil, Bob Morane, Squizz, Gagor, pierreAfeu, heavenlycreature, MarcozeblogHallyne, Robin et Fabien

Merci aussi à mymp qui refuse obstinément de participer pour des raisons bien étranges, tout en fournissant un superbe habillage visuel à l'évènement. 

We need to talk about mymp.

Merci à ceux qui ont essayé et qui ne peuvent participer au vote, parfois à un film près, pour cause d'examen ou de déménagement : Anna, Claire, Laetitia, Keira, Luocine. Nous les attendons de pied ferme pour le festival d'automne 2, auquel de petits nouveaux devraient participer : n'est ce pas Jujulcactus ?

 

http://images.allocine.fr/r_160_214/b_1_cfd7e1/medias/nmedia/18/81/53/04/19791384.jpgLe soleil d'or du meilleur film est attribué à : Restless (91 pts), devant La piel que habito (88 pts), Melancholia (86 pts) et La guerre est déclarée (80 pts)

Meilleur acteur : Michel Piccoli, devant Antonio Banderas

Meilleure actrice : Chiara Mastroianni, devant Tilda Swinton

Meilleur scénario : We need to talk about Kevin, La piel que habito et Melancholia

Meilleur réalisateur : Pedro Almodovar, devant Gus van Sant et Lars von Trier

Beaucoup de films cités pour le prix spécial qui revient finalement à This must be the place

Et pour la première fois, puisque Overblog permet (assez) facilement de copier un document Excel, le tableau détaillé des votes de chacun :

 

1/ffred 2/neil 3/Bob Morane 4/Chris 5/Squizz 6/Gagor 7/pierreAfeu 8/heavenlycreature 9/Marco ze blog 10/Hallyne 11/Fabien 12/Robin 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Tot
We need to talk about Kevin 10 4 7 2 9 9 1 1 3 3 5 1 55
La guerre est déclarée 9 7 6 9 10 6 6 3 10 4 8 2 80
La piel que habito 8 9 9 6 4 10 4 5 6 10 10 7 88
Restless 7 8 10 10 8 5 9 8 7 8 2 9 91
Melancholia 6 10 8 4 3 3 10 9 9 7 7 10 86
Habemus papam 5 5 5 1 1 8 8 6 4 5 4 4 56
Les bien-aimés 4 6 3 7 7 1 7 7 2 2 6 3 55
L'Apollonide 3 2 4 8 5 7 5 10 8 1 9 8 70
La fée 2 1 1 5 2 2 3 2 1 9 1 6 35
Crazy, stupid, love 1 3 2 3 6 4 2 4 5 6 3 5 44
                           
Prix spécial                          
This must be the place 1           1           2
Notre paradis   1                     1
Au revoir       1                 1
Submarine     1                   1
Présumé coupable         1               1
Et maintenant, on va où ?           1             1
La planète des singes, les origines               1         1
Mes meilleures amies                 1       1
Warrior                   1     1
Blackthorn                       1 1
Un été brulant                     1   1
Meilleur actrice                          
Tilda Swinton 1 1     1 1         1   5
Chiara Mastroianni 1 1   1     1 1 1   1   7
Mia Wasikoswska     1 1           1     3
Elena Anaya     1                 1 2
Kristen Dunst         1               1
Charlotte Gainsbourg             1   1     1 3
Collectif pour l'Apollonide           1   1         2
Fiona Gordon                   1     1
Meilleur acteur                          
Ezra Miller 1   1                   2
Antonio Banderas 1 1       1         1 1 5
Michel Piccoli   1     1 1 1   1     1 6
Henry Hopper     1 1 1           1   4
Nanni Moretti             1           1
Ryan Gosling               1   1     2
Paul Schneider               1         1
Jérémie Elkaïm                 1       1
Jan Cornet                   1     1
Meilleur réalisateur                          
Pedro Almodovar 1   1     1       1 1 1 6
Lynne Ramsay 1       1 1             3
Gus van Sant   1 1 1 1   1           5
Valérie Donzelli   1             1       2
Bertrand Bonello       1       1     1   3
Lars von Trier             1 1 1     1 4
Nanni Moretti                   1       1
Meilleur scénario                          
La guerre est déclarée 1     1 1               3
We need to talk about Kevin 1   1   1       1       4
La piel que habito   1       1   1   1     4
Crazy, Stupid, Love   1                     1
Les bien-aimés       1             1   2
Habemus papam           1 1           2
Melancholia             1 1   1   1 4
L'Apollonide                 1   1   2
Restless     1                 1 2

 

FA2small.jpgRendez-vous pour FA2, le festival d'automne 2 (dont l'identité visuelle est conçue par le talentueux pierreAfeu ) et pour lequel les inscriptions sont désormais ouvertes (il suffit de déposer un commentaire sur cet article) :

9 novembre : Contagion de Steven Soderbergh

16 novembre : 50/50 de Jonathan Levine

23 novembre : L'art d'aimer d'Emmanuel Mouret

7 décembre : Carnage de Roman Polanski

7 décembre : Shame de Steve McQueen

14 décembre : 17 filles de Delphine et Muriel Coulin

21 décembre : A dangerous method de David Cronenberg

 

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Drive

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/85/83/31/19814326.jpg

Avertissement : L'article que vous allez lire ne reflète que l'avis de son auteur. Il est parfaitement subjectif. Il comprend des phrases assez dures, susceptibles de heurter la sensibilité de jeunes lecteurs admiratifs du film.

Carey Mulligan fait la lessive. Carey Mulligan descend les poubelles. Carey Mulligan fait les courses. Quand elle rencontre Ryan Gosling, elle est heureuse et pose sa main sur la sienne. Cela pourrait être beau comme du James Gray, mais c'est profond comme La Boum. Notre couple de tourtereaux transis fait une virée bucolique dans les égouts à ciel ouvert - ou les réseaux de collecte d'eaux de pluie -  de LA (comme dans Grease). Ils échouent au bord d'une rivière où le soleil brille. Andrea Arnold ou Terence Malick ont récemment tourné des scènes de bord de l'eau intenses : ici on est plutôt dans un reportage réalisé par un stagiaire de France 3 Meuse. Ryan Gosling est content. Il regarde la télé avec le petit Benicio. C'est mimi tout plein.

Carey Mulligan est donc la potiche domestique. Elle regarde le bon Ryan défoncer le crâne d'un méchant à coup de talons avec un air un peu bovin, mais qui semble pétri d'intelligence à côté de celui d'autres potiches : celles, complètement dénudées dans le club, qui regardent sans un frémissement une autre scène de violence. La première scène fait bien sûr penser à Gaspar Noé, la seconde à Tarantino. Le problème est que Refn n'a pas le courage jusqu'au-boutiste du premier, ni la verve nerveuse du second.

Soit, si ce film n'est pas celui des femmes, alors peut-être est-ce celui des hommes ? Ryan Gosling hausse une première fois le sourcil après 45 minutes de film, alors qu'il est sur le point d'être tué. A ce stade du film il a dit 17 mots et exprimé 3 sentiments différents : le néant, l'ennui, la surprise amusée. Exactement comme Mads Mikkelsen dans Le guerrier silencieux. L'impassibilité de commande semble donc être la marque de fabrique de notre ami Refn. Les autres acteurs sont des parodies de malfrats, cruels et bêtes, montrés déjà mille fois par Scorsese et tout le cinéma de Hong Kong. Les soudaines explosions de violence ont été vues et revues cent mille fois depuis le choc de Reservoir dogs et la découverte du cinéma coréen. Drive n'apporte strictement rien de neuf de ce côté là. La fourchette plantée dans l'oeil n'impressionne plus personne.

Alors peut-être un peu de mise en scène, qui justifierait le prix du même nom donné à Cannes ? Et bien non, les efforts de Refn se résument à : filmer les visages décadrés, multiplier les ralentis sur les battements de paupières de Gosling et filmer des ombres sur le sol (procédé utilisé de façon autrement plus convaincante dans The Tree of life). La bande son (hors musique) ressemble au bruit d'une scie mal réglée et essaye de faire naître une tension que l'intrigue n'arrive pas à produire elle-même. Ce sont jusqu'au générique de début (très moche) et aux plans de fin qui sont effroyablement quelconques.

Qu'est ce que le film présente d'original ou de digne d'être noté ? A part la séance d'ouverture, superbe d'intensité, je ne vois pas. Le film est empesé, pesant et poseur. C'est donc sans discussion que je décerne le prix de film le plus surestimé de l'année à ce Drive pas du tout in.

Nicolas Winding Refn sur Christoblog : Le guerrier silencieux

 

Vincent Malausa dans les Cahiers du cinéma : " A jouer sur tous les tableaux - hommage, ironie ou pure fascination - Drive multiplie les effets de saute qui menacent sa belle ligne d'intensité. Lorsque cette instabilité affecte la forme même du film - autrement dit son Graal : la question du style - dans la dernière partie, un certain pompiérisme menace même le travail maniériste de l'auteur. "

Jean Baptiste Thoret dans Charlie Hebdo : "... du style mais aucune vision, de belles idées de plans et un sens incontestable de l'épate mais aucune idée de fond, un sens de la surface et du design mais aucune densité. "

La blogosphère est toute acquise à la cause de Refn, sauf Gagor et pierreAfeu, grâce auxquels je ne me sens pas complètement seul.

 

1e

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Triangle

Dans la série Les distributeurs français sont vraiment des cons, je vous présente aujourd'hui un film très amusant, sorti directement en DVD, comme cela arrive maintenant de plus en plus souvent.

Triangle est un film à twist. Comme Sixième sens ou Les autres. Donc il est évidemment très difficile d'en parler sans spoiler, ce que je vais pourtant faire : vous pouvez donc tranquillement continuer à lire, cela ne vous gâchera pas la vision de ce petit bijou.

Durant ses 40 premières minutes, le film parcourt benoitement les sentiers très balisés du film fantastique maritime, façon "paquebot fantôme dans le triangle des Bermudes". Confusément, vous sentez toutefois que quelque chose cloche. Le scénario égrène au passage quelques subtiles fausses pistes qui vous égarent.

Toute cette partie est trop nette, les évènements semblent s'y dérouler comme une sorte de jeu mathématique dont le sens vous échappe. Puis en plein milieu du film, le twist se révèle, ce qui est déjà assez original. Et, si vous êtes d'un tempérament joueur, l'énigme devient alors absolument passionnante : comment l'auteur peut-il se sortir de cet embrouillamini d'une façon raisonnable ? Telle est la question que vous allez alors vous poser constamment jusqu'à la fin.

Comme beaucoup je suppose, je n'ai pas pu résister à re-visionner toute la première partie dans la foulée de la fin. Le jeu de la mignonne et australienne Melissa Georges est parfait, la mise en scène de l'anglais Christopher Smith (Creep, Severance), que je connaissais pas, est élégante et solide.

Je mets une note un poil généreuse (le film a tout de même des défauts, comme les effets spéciaux, un peu sommaires), pour le plaisir ludique éprouvé, le plus grand de ce type depuis belle lurette.

D'autres bons Direct to DVD : Moon / Slice

 

3e

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Ceci n'est pas un film

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/84/36/39/19814584.jpgDifficile de parler de Ceci n'est pas un film sous le seul angle du cinéma.

Rappelons en effet le contexte : le réalisateur, Jafar Panahi, a été condamné en décembre 2010 à 6 ans de prison, et 20 ans d'interdiction de pratiquer son métier et de sortir du pays.

En attendant de connaître le résultat de l'appel, le voici donc cloitré chez lui. Que faire ? Déprimer ? Faire une grève de la faim (comme il l'a fait en 2010) ? Non, prendre sa caméra, et être intelligent. Faire du cinéma.

Bien que réalisé avec trois bouts de ficelle dans une seule pièce, Ceci n'est pas un film parvient à nous faire sentir cette incroyable puissance créatrice qu'ont en eux les réalisateurs. Un tapis, du ruban adhésif et un coussin, et le décor du film rêvé est en place. Panahi raconte le scénario et progressivement l'histoire apparaît. Quelques mouvements décidés de la main, et on voit littéralement le cadre se dessiner devant nous.

A plusieurs moment, Panahi passe des extraits de ses propres films et les commente brillamment. A d'autres, l'émotion, parfaitement maîtrisée la plupart du temps, le submerge : "A quoi bon réaliser un film si on peut le raconter ?" s'exclame-t-il au bord des larmes.

Dans sa deuxième partie, le film prend son envol dans une scène d'anthologie qui débute par un filmage face à face de Panahi (avec son téléphone portable) et de son co-réalisateur Mojtaba Mirtahmasb, lui équipé d'une vraie caméra. Quand Mirtamasb s'en va, Panahi l'accompagne, et tout à coup l'inconnu survient par le biais d'un jeune homme qui sort de l'ascenseur et ramasse les poubelles. Panahi va chercher sa caméra (qui continuait à tourner, car tant que les caméras tournent les cinéastes respirent) et suit le jeune homme en l'interviewant, jusqu'à l'extérieur, où se déroule la fête du feu. Magnifique scène dans laquelle Panahi joue lui-même l'allégorie de sa libération.

Le film est encore plus émouvant lorsqu'on sait qu'il est parvenu au festival de Cannes sur une clé USB, et que sa réalisation fait courir un grave risque aux deux réalisateurs. Résistance de l'artiste contre une bêtise éternelle qu'il tourne en ridicule, et magie éternelle du cinéma : voici le programme de ce courageux moyen métrage (1h15).

Mojtaba Mirtahmasb est emprisonné depuis le 18 septembre. Vous pouvez signer une pétition pour exiger sa libération, ainsi que celle de 4 autres cinéastes iraniens.

 

3e

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Gazette du festival d'été

fest-ete-petit-visuel.jpgComme pour le festival de printemps je vais tenir une gazette pour vous informer des tendances qui se dégagent chez les festivaliers :  ffred, Christophe, Anna, Gagor, Laetitia, pierreAfeu, Robin, Bob Morane, Keira, Luocine, heavenlycreature, Jérémy, Ben, Squizz, Hallyne, Claire, Fabien, Kev44600, Tching, Marcozeblog,

Le règlement complet est ,  et il est toujours possible de s'inscrire en cours de festival. Je rappelle le contenu de la sélection :

10 août : Melancholia de Lars Von Trier
17 août : La piel que habito de Pedro Almodovar
24 août : Les Bien-aimés de Christophe Honoré
31 août : La guerre est déclarée de Valérie Donzelli
7 septembre : Habemus papam de Nanni Moretti
14 septembre : La fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et et Bruno Romy
14 septembre : Crazy, stupid, love de John Requa et Glenn Ficcara

21 septembre : L'Apollonide, souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello
21 septembre : Restless de Gus Van Sant
28 septembre : We need to talk about Kevin de Lynne Ramsay

Bon festival à tous, c'est parti.

4 octobre

Hallyne a voté, provoquant de nouveaux bouleversements en haut du classement. Pour donner une idée, le deuxième à 71 points, le troisième 70 et le quatrième 69 !

J'ai travaillé toute la soirée sur le programme du festival d'automne, lisant a peu près tout ce qui est trouvable sur les films en lice sur internet et visionnant tous les trailers.

Faites moi confiance (vous ai-je déçu pour ce festival d'été ?), le bon équilibre entre les styles, les nationalités et les dates de sortie est le suivant :

9 novembre : Contagion de Steven Soderbergh

  16 novembre : 50/50 de Jonathan Levine

23 novembre : L'art d'aimer d'Emmanuel Mouret

7 décembre : Carnage de Roman Polanski

7 décembre : Shame de Steve McQueen

  14 décembre : 17 filles de Delphine et Muriel Coulin

  21 décembre : A dangerous method de David Cronenberg

3 octobre

Suite aux votes de pierreAfeu, heavenlycreature, et Marcozeblog, Melancholia effectue une incroyable remontée et pointe désormais non loin de la tête de la course (28 points amassés avec ces trois votes).

Certains participants ont abandonné en cours de route, mais j'attends encore au moins encore 3 votants... quel suspense ! Quatre films peuvent l'emporter désormais.

2 octobre (suite)

Ont voté : ffred, neil, Bob Morane, myself, Squizz, Gagor,

Je n'ai jamais vu de festival aussi serré ! Un trio de films se dégage : 48, 47 et 46 points. Hum, les prochains votants vont-ils faire évoluer la situation ? Pierre ? Fabrice ?

Les 6 votants ont désigné 5 premiers différents : Melancholia, La guerre est déclarée, We need to talk about Kevin, Restless et La piel que habito.

Dans les autres catégories les votes sont aussi très dispersés, par exemple 6 films différents sont cités pour le prix spécial. Il y a des ex aequo pour les scénario, les acteurs, les réalisateurs.

Je signale que j'accepte par ailleurs la nomination collective des actrices de l'Apollonide.

2 octobre

Deux votes sont arrivés cet après-midi, mais pour que tout le monde puisse voir tous les films, y compris We need to talk about Kevin, je prolonge la date limite d'envoi des résultats à dimanche 9 octobre, midi.

30 septembre

Il vous reste tout le week-end pour compléter votre programme ! Dommage qu'il fasse beau....

Ont rendu leur copie, dans l'ordre d'arrivée dans ma boite mail : ffred, neil, Bob Morane, myself,

J'ai en effet vu hier soir le dernier opus de la sélection, We need to talk about Kevin, qui m'a passablement énervé, comme vous pourrez le lire dans ma critique à venir. Si certains veulent négocier un petit délai supplémentaire, il faut m'écrire. Vous pouvez aussi contester ou approuver la sélection du futur festival d'automne, cf ci-dessous.

22 septembre

Une fois de plus c'est ffred qui a fini le premier, et je sens qu'il va me rendre sa copie en primeur, donnant tout de suite une tonalité aux résultats. Un jour, je l'aurai, je l'aurai.

21 septembre

Suspense intégral pour les 15 derniers jours du festival, qui s'avère être pour moi d'un niveau jamais atteint ! Je pensais être clair dans mon classement avant d'avoir vu Restless, qui a tout (moi et mon classement) bouleversé. Je suis tenté de dresser un parallèle osé entre ce dernier et La guerre est déclarée : même lutte de la vie contre la mort, et d''ailleurs, leur titre ne sont-ils pas synonymes ? Parmi les blogueurs, plusieurs ne sont plus qu'à un film de la fin : c'est mon cas, mais aussi celui de neil et de  ffred. Encore un effort, amis cinéphages !

Et je travaille sur le programme du festival d'automne, vous ne vous en sortirez pas comme ça.

13 septembre

Pour ma part j'ai vu les 6 premiers films et je peux vous révéler le premier (pour l'instant) : La guerre est déclarée. Et le dernier : Habemus papam. Sinon, la compétition va être extrêmement serrée, vous pouvez vous en rendre compte en lisant les artcicles des uns et des autres. Voici un décompte des articles publiés sur chaque blog (avec mes excuses pour les erreurs éventuelles) : neil (7),  ffred (5), Christophe (4), Anna (2), Gagor, Laetitia (5), pierreAfeu (5), Robin (2), Bob Morane (6), Keira (5), Luocine (3), heavenlycreature (5), Jérémy, Ben (1), Squizz (4), Hallyne (1), Claire (1), Fabien (1), Kev44600 (2), Tching (3), Marcozeblog (4)

2 septembre

Le plus avancé en matière de billets est neil, qui a vu presque tous les films ! La compétition s'annonce très ouverte puisque de façon curieuse et inhabituelle les films sortis (Melancholia, Les bien-aimés, La guerre est déclarée) sont appréciés de 1 à 4 **** suivant les blogueurs. La piel que habito est en moyenne apprécié, mais sans plus. Bien malin qui pourrait dire le gagnant si l'on votait aujourd'hui.  Pour l'interprétation féminine je me permets de suggérer une favorite, Chiara Mastroianni, rayonnante dans le film de Honoré.

28 août

C'est sûrement à cause des vacances, mais on attend toujours la première critique concernant le festival sur plusieurs blogs de participants :  Christophe, Anna, Gagor, Robin, Hallyne, Claire, Kev44600, Tching, mais ça ne saurait tarder j'en suis sûr. Parmi les nouveaux participants, vous pouvez lire des avis sur Melancholia chez Keira, Luocine et Laetitia. Les premiers articles sur Les biens-aimés sont plutôt bons, et confirment que la compétition va être très serrée. Sur Christophe Honoré, je vous conseille une série d'article passionante chez Phil Siné.

25 août

Les allocinéens se débattent avec leur transfert vers Overblog. Von Trier et Almodovar semblent au coude à coude pour ce début de festival, avec une légère avance pour ce dernier. Les autres films, sortis ou non (Les biens aimés, La guerre est déclarée, Habemus papam) arrivent avec des avis très élogieux (au moins 1 blogueur a donné la note maximale à chacun d'entre eux) - ou moins. Cf ci-dessous, et les blogs de  ffred, heavenlycreature, neil, pierreAfeu. Les débats risquent d'être d'agités...

20 août

Et voilà. Première ligne de fracture autour de Melancholia. D'un côté, ceux qui ont aimé, c'est à dire presque tout le monde, de l'autre ... moi ... et qui ? Je me sens un peu seul sur ce coup là. Heureusement que Pierre Murat dit (un peu) ce que je pense dans Télérama : "Melancholia marque un retour à un dandysme pompier, factice et vain". Je vous conseille aussi la longue, précise et remarquable critique de Rémi.

 

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We need to talk about Kevin

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/94/48/19736304.jpgLe problème avec les films comme We need to talk about Kevin, c'est que leur scénario est tellement fort qu'il vampirise le film.

 

Autrement dit, l'histoire garde sa force que le film soit un chef d'oeuvre, ou qu'il soit tourné avec les pieds, ce qui est plutôt le cas ici.

 

Rappelons brièvement le pitch : les relations amour / haine d'une mère et de son fils, conduisant (ou pas ?) ce dernier à tuer quelques uns de ses camarades de classe, dans la plus pure tradition Columbine.

 

Ce que je reproche au film tient principalement en deux points : il n'a pas de style, et il est beaucoup trop explicatif.

 

Sur le style, pas la peine de s'étendre, il ne ressemble à rien. Les flashbacks sont placés au petit bonheur, Lynne Ramsay semble toujours expérimenter de nouveaux trucs sans en fixer un en particulier, et sa direction d'acteur est très sommaire. Tilda Swinton joue sur un seul registre : bouche mi-ouverte, regard égaré. Ezra Miller a invariablement l'air de celui qui sait des choses que les autres ne savent pas, habité à l'évidence par des forces malfaisantes.

 

Le film nous assène ensuite tous les clichés imaginables dans ce type de situtation, dont le plus énorme : si Kevin a fait ça, c'est à cause d'Oedipe bien sûr. Et pour qu'on comprenne bien, le film accumule les scènes édifiantes : petit Kevin assiste à une fellation de maman sur papa, grand Kevin est surpris par maman en train de se masturber. Bref, c'est lourd, c'est surligné au fluo, c'est léger comme un char d'assaut. De plus Lynne Ramsay évite de nous montrer les scènes charnières du film (ce qui concerne la petite fille, le massacre lui-même). Vous allez me dire que c'est plein de délicatesse, mais je pense que c'est plutôt un évitement. Je trouve enfin que tout le film baigne dans une atmosphère non réaliste qui est assez gênante.

 

Si We need to talk about Kevin laisse tout de même une "impression durable de malaise", suivant l'expression consacrée, c'est donc presque à son insu.

 

2e

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Carte postale de New York

CP1NewYork

  L'AMC / New York

Par Amélie

 

Après de nombreuses années à Paris et quelques mois à Washington DC, je suis désormais installée à New York depuis début 2011. Dans cette « carte postale » commandée par Chris, je vous parlerai de l’accessibilité des salles de cinéma aux États-Unis.

Compte tenu de la puissance de l’industrie cinématographique américaine, on pourrait s’attendre a ce que le cinéma soit omniprésent dans la vie des Américains. Et pourtant, il occupe un rôle moins important que dans la vie des Français.

Ce qui m’a tout de suite frappé en découvrant les grandes villes américaines, c’est la difficulté à trouver une salle de cinéma. Manhattan et San Francisco ne comptent qu’une quinzaine de salles chacune, en incluant les petits cinémas indépendants (mais en excluant les institutions telles que le MoMA projetant occasionnellement), et on peut marcher longtemps sans en croiser une. Prenez Times Square : il n’y a que 2 complexes de cinéma, alors que l’on en compte 8 autour des Champs Élysées.

Une fois la salle de cinéma identifiée, une autre mauvaise surprise vous attend : les places coûtent 12 à 14 dollars, et les tarifs étudiants n’existent pas. A ce prix-là, on croise les doigts pour que le film soit réussi ! Beaucoup d’Américains choisissent de surcroit de s’arrêter au stand popcorn-boisson, ce qui fait vite monter l’addition.

Certaines personnes autour de moi ont décidé de rayer les salles de cinéma de leur vie, lorsque la peur des punaises de lit est devenue trop forte ou que la naissance d’un bébé impose de prendre une baby-sitter pour sortir. Au-delà de ces problèmes, la télévision est de plus en plus omniprésente avec le développement de séries de haute qualité. Avant les bandes-annonces, les cinémas AMC Loews font désormais 15 minutes de « previews » consacrées aux nouvelles séries télévisées. Enfin, tous les cinéphiles ont un abonnement à Netflix, qui offre un streaming illimité de films et séries pour 7,99 dollars par mois.

Pour ma part, je résiste autant que possible aux contraintes locales, y compris de bruyants spectateurs, car rien ne remplace l’expérience du grand écran. J’ai la chance d’habiter dans l’unique triangle d’or du cinéma new-yorkais : dans un rayon de 5 minutes de marche, j’ai accès à un multiplexe AMC, un cinéma indépendant, et à la Film Society du Lincoln Center. Ce dernier m’offre l’opportunité d’assister à des festivals en présences des acteurs et réalisateurs, ce qui fait oublier le coût élevé de la séance (parfois plus de 20 dollars).

Car oui, c’est ça la magie de New York : les films ne sont que modérément accessibles, mais les stars sont là ! Depuis janvier, j’ai eu la chance de voir entre autres Martin Scorsese, Robert De Niro, Oliver Stone, Cédric Klapisch, Mike Nichols, Jason Reitman et Alba Rohrwacher. Toutes les semaines, je lis dans la presse que Robin Williams, Sandra Bullock, Jennifer Lopez ou encore Bradley Cooper sont en balade ou en tournage à côté de chez moi, et telle une groupie, j’espère bien les croiser dans la rue un de ces jours !

 

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Le cochon de Gaza

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/78/66/19760245.jpgJe craignais le pire en allant voir ce film. Le pire étant une pochade lourde et surtout illégitime. Rappelons que le film est tourné par un écrivain français, Sylvain Estibal,  et traite de l'irruption d'un cochon du Vietman dans la vie d'un pauvre pêcheur palestinien.

 

Si le film fonctionne, c'est principalement grâce à deux choses.

 

La première est la performance assez sidérante de l'acteur Sason Gabai, qu'on avait vu former un couple exceptionnel avec Ronit Elkabetz dans La visite de la fanfare. J'avais lu qu'il évoquait lui-même Chaplin dans son approche du personnage, et cela m'avait paru très prétentieux, mais force est de reconnaître qu'il y a un peu de ça. A la fois, lunaire, décidé et pauvre, il arrive à composer un personnage crédible et attachant.

 

La seconde, c'est la faculté du scénario à nous contredire à chaque fois que l'on pense savoir où il va nous entraîner. Si le commencement laisse présager une fable, on comprend vite que le conflit israelo-palestinien n'est finalement que l'arrière-plan d'une entreprise de démolition qui relève plus de la farce universelle. Puis, un retournement de situation dont je ne peux parler nous entraîne carrément ailleurs, dans un registre beaucoup plus grave. Les scènes de fin décollent vers un n'importe quoi qu'on jugera salutaire si on est gentil, et foutraque si on l'est moins. En tout cas, une fois de plus, elles sont inatendues.

 

J'ai passé un bon moment devant ce film bizarre, mal fagotté, beaucoup moins drôle et beaucoup plus intrigant que la bande-annonce le laisse présager.

 

3e

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Blackthorn

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/85/30/86/19782243.jpgEntraîné par un bouche à oreille assez enthousiaste, et ne détestant pas, finalement, me frotter à ce vieux genre jamais mort qu'est le western, me voilà parti pour voir le film que personne n'attendait.

 

Le début est assez intéressant. L'action se déroule en Amérique du Sud, dans une vallée montagneuse et humide, ce qui provoque un plaisant dépaysement. Et puis Sam Shepard est joli à regarder, comme le paysage, et comme sa gentille employée - et amante, l'Empire américain sachant toujours féconder les indigènes pour leur bonheur.

 

Les premiers flashbacks, très mauvais (genre Les mystères de l'Ouest racontés aux enfants), m'inquiètent un peu. Et c'est progressivement le film qui s'écroule progressivement, à leur suite. L'intrigue est assez basique, les personnages sont dessinés à la hache, et surtout les décors sont trop beaux, trop tape-à-l'oeil, pas assez au service de l'histoire. Le sommet de cette veine Butch Cassidy rend visite au  National Geographic est atteint dans ce fameux désert blanc, lors de confrontations sans réalisme et sans enjeux psychologiques.

 

Le film accumule alors tous les clichés possibles, ne renouvelant absolument pas le genre, mais le parodiant, le faisant sonner creux et vide. Plus l'histoire avance, plus la qualité des flashbacks empire, et plus les personnages s'engluent dans des poncifs ridicules, finissant par nous faire regretter de ne pas être aller voir Warrior ou La guerre des boutons à la place, c'est dire.

 

C'est beau comme un livre sur papier glacé, et raté dans les grandes largeurs.

 

Nouveau western sur Christoblog : La dernière piste

 

1e

 

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