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Christoblog

La prima cosa bella

Micaela Ramazzotti. Wild Bunch DistributionLes critiques sont globalement injustes vis à vis de La prima cosa bella. Certains lui reprochent d'être abusivement tire-larmes, d'autres comparent le film de Virzi à des chefs-d'oeuvre du cinéma italien, en particulier à Nous nous sommes tant aimés de Scola. Or le film est effectivement un mélo, ce qui n'est pas en soi un défaut, et le comparer à des films des années 70 parce qu'il se passe en partie dans les années 70 n'a pas beaucoup de sens.

Anna présente la double caractéristique d'avoir un corps superbe, tout en étant nunuche et optimiste. Cela en fait, aux yeux de certains, une femme volage, ce qui à mon avis est une preuve de strabisme critique. Le film est en effet beaucoup plus subtil dans sa façon d'analyser les rapports entre la mère et son environnement, dont font partie ses deux enfants : Bruno et Valeria. Le scénario alterne les séquences au présent montrant Anna en train de mourir (joyeusement), et les flashbacks reconstituant sa vie. J'admets que le procédé n'est pas d'une originalité folle, mais il fonctionne, avec des variantes plaisantes (le pharmacien).

Le film est servi par une brochette d'acteurs et actrices époustouflants (l'acteur et l'actrice principaux ont emporté chacun un Donatello, équivalent de nos Césars), en particulier Valerio Mastandrea qui joue un fils déprimé, ne s'assumant pas, et perpétuellement en recherche de drogues. Ce personnage de Droopy sous opiacés est vraiment craquant. J'ai également beaucoup aimé le moulin à parole qu'est le mari de Valeria. Je ne pense pas qu'il soit à l'écran sans parler (sauf à la fin bien sûr).

Comme dans tout bon mélo, le film ménage son lot de coup de théâtre : apparition d'un fils caché, mariage inattendu, séparation surprise. La mise en scène est relativement efficace, et parfois spectaculaire (à la limite du vulgaire, c'est vrai).

Un bon moment pour l'été, dans une atmosphère italienne à souhait, à savourer comme une gelato al limone.

 

3e

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Chico & Rita

Difficile de dire du mal d'un film d'animation aussi gentil que celui-ci.

Disons pour être bref qu'on peut le voir comme on feuillette un très beau livre d'images, qui nous montrerait La Havane des années 50, puis le New York des années 60, à travers le prisme du jazz.

Les décors sont très réussis, notamment les enseignes lumineuses et autres publicités. On croise Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Tito Puente. On fréquente le Radio City Hall, la salle Pleyel, le Village Vanguard. C'est plaisant de ce point de vue.

Attention, ce n'est pas un film pour enfant, même si le scénario semble être écrit par un gamin de 16 ans. Et c'est là que les choses se gâtent. On a vaguement l'impression que l'histoire (tirée d'une BD de Javier Mariscal) n'intéresse que très peu Fernando Trueba, qui s'attache plutôt à restituer, avec un certain talent, les différentes ambiances liées aux lieux visités.

Dispensable, mais pas honteux.

2e

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J'ai rencontré le diable

ARP SélectionJ'ai rarement vu un film qui m'a autant énervé que J'ai rencontré le diable, et pour la première fois de ma vie, j'ai failli quitter la salle avant la fin.

Le film de serial killer est un genre à part qui réserve sa part de bons films (Seven, Zodiac, ou chez les coréens : Memories of murder  ou The chaser ) et sa part de nanards. Le dernier film de Kim Je-Woon appartient malheureusement à cette dernière catégorie.

Je vous résume le scénario, complètement barré : un agent secret dont la petite amie est découpée par un serial killer retrouve ce dernier, et décide de le faire souffrir. Pour cela il le laisse en liberté (?), lui fait bouffer une petite capsule qui permet de le suivre par GPS (et d'entendre ce qu'il dit de l'intérieur !?!), et le torture à chaque fois qu'il s'apprête à commettre un nouveau crime, tout en n'évitant pas que ce dernier fasse quelques autres victimes au passage, dont la soeur de sa petite amie (!?!). Bien fait pour ta gueule, pauvre looser, a-t-on envie de lui dire.

Tout cela fonctionne très bien jusqu'à ce que le serial killer découvre l'astuce et provoque (instantanément, en avalant quelques médocs ?!) ... une diarrhée, pour récupérer la capsule. Vous voyez le niveau ! Et dire qu'il aurait pu simplement vomir au bout de 5 minutes, ce qui aurait éviter notre long calvaire grotesque.

Tout est invraisemblable dans ce pitch idiot, et en plus les personnages sont sans aucune consistance, les scènes de torture sont montrées avec une complaisance malsaine et les femmes sont menées à l'abattoir comme des brebis idiotes. Le tout est arrosé d'une morale à deux balles du genre "Il ne faut pas se comporter en monstre vis à vis d'un monstre". Bref, 2h20 de sectionnage de talon d'Achille en gros plan, de membres humains rangés dans une chambre froide, de scène de cannibalisme et de têtes coupées qui roulent jusqu'aux parents de la victime : c'est trop pour moi. Ce n'est pas que le film me fait trop peur, c'est qu'il ne me le fait pas assez. Le degré d'empathie avec les personnages approche du 0 absolu, on a presque envie que les victimes se fassent zigouiller.

Les premiers films de Kim Je-Woon (A bittersweet life, Le bon, la brute et le cinglé) m'avaient laissé perplexe, celui-ci me convainc que de tous les réalisateurs coréens dont les oeuvres sont visibles en occident, il est le moins intéressant.

 

1e

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Friday night lights (Saison 2)

Taylor Kitsch, Jesse Plemons, Minka Kelly, Scott Porter, Aimee Teegarden, Gaius Charles, Zach Gilford & Adrianne Palicki. DirectvAussi addictive que la saison 1, la deuxième saison de Friday night lights confirme que cette série est un miroir fidèle de la société américaine actuelle.

La personnalité de chacun des personnages est détaillée, dans l'ambiance pleine de promesses et de dangers qui suit la victoire en championnat acquise de haute lutte en fin de saison dernière. Matt, puceau et raisonnable, va perdre ses deux caractéristiques en même temps que la fille du coach le quitte pour un scandinave (ou pour l'idée d'un scandinave comme on le verra). Lyla tombe dans la sphère d'influence de chrétiens évangélistes pendant que Jason doit apprendre à vivre avec son handicap. Il y aura même un crime, involontaire mais bien réel.

D'une série sur le foot US avec une toile de fond sociale, la série évolue clairement dans cette deuxième saison en chronique d'une jeunesse texane ordinaire. Les performances de l'équipe de foot ne sont même plus montrées.

Le plus important est ailleurs : dans l'extrême proximité qu'on se découvre avec l'humanité des personnages et dans ce que la série montre des USA. Dans la première catégorie on appréciera particulièrement de découvrir les failles de coach Taylor, jaloux de sa fille et de sa femme (il n'est donc pas parfait !). Dans la seconde catégorie : fracture sociale, préjugés, racisme et sexisme ordinaire, mirage d'une ascension sociale par le sport. omniprésence de la religion, main d'oeuvre immigrée, alcool et drogue.

Vivement la saison 3, que je savourerai à la rentrée, attendant sagement la sortie des DVD officiels en France. L'attente aiguise le plaisir.

Saison 1

 

4e

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Un amour de jeunesse

Les Films du LosangeLa première chose qui cloche dans Un amour de jeunesse, c'est l'acteur qui joue le jeune garçon, et que nous appellerons Bouclettes pour plus de commodités dans la suite de cet article.

Que la jeune héroïne voue un amour fou à cet éphèbe décérébré, qui annone un texte idiot avec une diction pitoyable, et qui ne semble pas réfléchir plus loin que le bout de son nez, n'est tout simplement pas crédible.

Je sais que l'amour ne s'explique pas et que le cinéma nous a montré qu'on pouvait éprouver de la passion pour un garde chasse inculte, une poupée gonflable, un gorille ou un porte-clef, mais là je ne marche pas. Personne ne peut aimer Bouclettes à ce point, ce n'est tout simplement pas possible. Et en plus il s'appelle Sullivan ! A propos d'amour, on pense évidemment au cinéma de Christophe Honoré, et il vous suffit de comparer Bouclettes à Louis Garrel (pourtant frisé lui aussi, mais avec quelle classe !) pour comprendre mon point de vue...

Cet aspect n'est pas le seul problème lié au réalisme dans le film. Un autre est l'écoulement du temps. 8 longues années s'égrènent sans que l'héroïne n'évolue vraiment physiquement, et Bouclettes encore moins (d'ailleurs, on dirait aussi qu'il garde le même vélo tout au long de ces années). Dans Blue Valentine, pour une durée de 6 ans, le changement des deux personnages est autrement réaliste.

Toujours dans la même veine, Lola Creton en chef de chantier, c'est ridicule, on n'y croit pas une demi-seconde. Le caractère très littéraire des dialogues renforce tout au long du film le sentiment de non-réalité. Le film semble être le squelette d'une histoire d'amour, la vision idéalisée, épurée d'une sorte archétype idéal. Rien n'accroche, rien ne dépasse, mais tout semble creux et lisse.

La mise en scène, rigoureuse, n'échappe pas parfois à la tentation maladroite du surlignage (le chapeau de paille qui s'envole au ralenti dans un des derniers plans, les 70 plans de boites aux lettre, etc). Dans la partie ardéchoise, on sent bien que Mia Hansen-Love aimerait filmer la nature de façon panthéiste, comme le font Mallick ou Pascale Ferran dans Lady Chatterley, mais elle n'y parvient pas.

Pour finir, j'aimerais signaler que le corps nu de Lola Créton me semble exposé un peu trop souvent, alors que celui de Bouclettes reste sagement en dehors du champ, pour une raison que je ne m'explique pas, mais qui nous empêche de vérifier que son surnom vaut pour autre chose que pour ses cheveux.

Le film me laisse au final une profonde impression de frustration et d'incompréhension.

 

1e

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Paris Cinéma 2011

pariscinema.jpgChristoblog est présent (et accrédité) au Festival Paris Cinéma, pour quelques jours. 

Au programme : voir une partie des films en compétition, quelques avant-premières aussi, et picorer si possible dans les nombreuses thématiques proposées par le festival : Mexique, rétrospectives Skolimowski, Don Siegel, Isabella Rossellini, Bernal...

Comme je ne pourrai pas écrire de longues critiques des films vus au fil de l'eau, vous trouverez ci dessous des chroniques qui seront complétées courant juillet par des billets plus complets sur chaque film.

2 juillet


Me voici à pied d'oeuvre pour quelques jours de découvertes cinématographiques. A l'arrivée, bon accueil au stand des accréditations avec remise d'une besace écolo contenant le joli catalogue du festival, et logotée à ses couleurs. On peut demander à regarder un des 8 films de la compétition sur 2 ordinateurs individuels sommairement disposés sur de simples tables. Passer une heure et demie un casque sur les oreilles à regarder un film iranien, pendant que 20 personnes circulent autour de vous, cela doit être une expérience bizarre.

Echauffement avec Cabeza de Vaca, l'histoire d'un conquistador qui a erré 6 ans entre la Floride et le Pacifique, s'intégrant aux peuplades indiennes et devenant chaman. Le film de Nicolas Echevarria (qui était présent lors de la projection) date de 1991 et sort seulement aujourd'hui, précédé d'une flatteuse réputation. J'ai été pour ma part un peu déçu.

Le deuxième film de la journée m'a bien fait rire, comme il a fait rire le festival de Cannes cette anné (il faisait l'ouverture de la Quinzaine) : il s'agit de La fée, du trio franco/australo/belge Abel/Gordon/Romy. C'est vraiment drôle, burlesque et poétique, délicieux. Un vrai coup de coeur, j'ai bien fait de le mettre dans la sélection du festival d'été. Le film sort le 14 septembre. Les 3 producteurs/metteurs en scène/acteurs étaient là, rayonnants et sautillants.

A 22h, mieux valait un film qui tient éveillé. C'est le cas de Ne nous jugez pas (Somos lo que hay), premier film du mexicain Jorge Michel Grau. Le père d'une famille de cannibales décède : comment la mère, les deux fils et la fille vont se débrouiller pour perpétuer le "rite" et trouver la nourriture ? C'est glauque, puissant, très bien mis en scène. Les fans de gore seront déçus, le film lorgne plutôt du côté de la chronique sociale. Il est toutefois interdit au moins de 16 ans. Quinzaine des réalisateurs à Cannes 2010 et prix du jury à Gérardmer. Date de sortie inconnue en France.

 

3 juillet


La journée commence par un film culte : The saddest music in the world, du canadien Guy Maddin, avec Isabella Rossellini (2004), sur un scénario de Kazuo Ishiguro. Le film est indescriptible, ressemblant dans son look au cinéma des années 20 ou 30, noir et blanc, gros grain, décors fantastique. Le scénario est complètement barré : une cul de jatte qui tient un bar à bière canadien organise un concours mondial de la musique la plus triste. A voir, c'est sidérant d'efficacité.

Je retrouve ensuite Nicolas Echevarria, le documentariste mexicain qui nous présente un moyen métrage documentaire sur un cirque de paysans amateurs se produisant dans un village perdu peuplé de Popolocas : de quoi réfléchir sur le rôle éternel et transculturel du bouffon et du spectacle. Ca s'appelle Poetas campesinos. Puis un grand moment : la magnifique Isabella Rossellini herself nous présente un film de papa, son dernier, et sa seule comédie : La machine à tuer les méchants. Le film est une curiosité, présenté à Cannes Classics cette année, qui est plaisante et surprenante. Curieux de constater comme un maître tel que Rossellini peut imprimer sa patte à une oeuvre même mineure. 

Et pour finir, deux films de la compétition officielle. On commence par Curling, du québécois Denis Côté. Le film est une bête à festival (comme on dit bête à concours) : il en est à 55, d'après son réalisateur. Pour ma part, il m'a laissé froid, je détaillerai pourquoi dans ma critique. L'intervention du réalisateur à la fin m'a troublé et a nui à l'image de son film (en ce qui me concerne en tout cas) : je l'ai trouvé sur la défensive, et un peu suffisant. Le film sort à l'automne.

Tout le contraire de Marie Losier, jeune réalisatrice vivant à New-York, qui présentait La ballade de Genesis et Lady Jaye, un documentaire auto-produit dont le tournage a duré 7 ans et qui nous fait suivre la vie de l'artiste/performer/musicien Genesis P-Orridge et de son amour avec la diaphane Lady Jaye. Le film m'a fait découvrir un continent entier de culture que je ne connaissais pas (et pourtant lié à Burroughs, au rock de Cabaret Voltaire, et à d'autres choses dont je connaissais l'existence). Le contraste entre la fragilité apparente et la modestie de la réalisatrice et les outrances des personnages montrés (chirurgie esthétique, performances extrêmes, body art, pandrogynie) est saisissant. Le film sort en octobre en France.

4 juillet


2 incartades hors de Paris Cinéma en début de journée. Séance de rattrapage pour voir Ha Ha Ha, qui n'est pas sorti à Nantes et qui confirme que Hong Sang-Soo est bien le fils coréen de Rohmer et Allen. Délicieux. Puis la première partie de Mafrouza, le documentaire fleuve d'Emmanuelle Demoris sur un quartier d'Alexandrie, découpé en 5 parties de plus de 2 heures chacune. Un vrai choc esthétique et émotionel sur lequel je reviendrai en détail. Je me demande comment voir la suite : sûrement en attendant le DVD.

Retour aux affaires sérieuse au MK2 Bibliothèque avec la compétition, et le film Hospitalité du japonais Koji Fukada. Le film part bien, avec une photographie exceptionnelle et une histoire intrigante, puis se délite petit à petit. On peut le voir comme une sorte de Théorème en mode mineur. Pas de distributeur en France pour l'instant, et le film me semble manquer de personnalité pour en trouver un.

Et enfin avant-première très attendue de Un amour de jeunesse, troisième film de Mia Hansen-Love. Je vous dessine le tableau : salle comble, ambiance surchauffée, introduction brillante de Charles Tesson, puis équipe du film au grand complet sur la scène. Mia Hansen-Love donne un poème de Desnos à lire à Lola Créton, qu visiblement ne s'y attendait pas, bref, c'est chaud. Et puis, patatra, le film est banal et ennuyeux. En sortant de la salle je me cogne pratiquement dans l'actrice principale, toute menue, elle fait 40 cm de moins que dans le film (magie du cinéma !). Je l'ai reconnue à ses grains de beauté sur la joue droite. J'ai hésité à lui dire  un truc du genre : "C'est peu crédible que votre personnage puisse tomber amoureuse de l'autre affreux boulet niais, bouclé et égoiste, on n'y croit pas une seconde". Et puis finalement non. Je n'aime pas faire de peine.

 

5 juillet


Dernières séances. En avant-première, Attenberg, premier film de Rachel Tsangari, réalisatrice et productrice grecque (elle a produit Canine en 2010). Le film entremêle deux sujets : la découverte du sexe et la mort du père. Bien que sérieusement réalisé, le film n'évite aucun poncif du cinéma d'auteur : long plan fixe sur un site industriel, traveling dans un sinistre couloir d'hopital, dialogues légèrement surréalistes et insertions de scènes loufoques qui permettront aux critiques paresseux de qualifier le film de "pop". La réalisatrice est bien sympa, elle débarque de l'aéroport pour venir directement dans la salle, et recevoir ma première question. Sortie le 21 septembre. Beau matériel de promo distribué à l'entrée de la salle (de jolies photos du film sous forme de pseudo cartes postales).

Le deuxième film, Voltiges, présente des similitudes avec le premier : premier film d'une réalisatrice suédoise (Lisa Aschan), sujet un peu lourd, mise en scène stylisée, et belle carrière en festival (Berlin et Tribeca). Le film est classique, un peu plus nerveux que le précédent, mais il n'évite pas les facilités que lui offre le sujet : l'expérimentation de toutes sortes de relations par deux adolescentes sur fond de voltige équestre (exigence, compétition). Sortie le 4 août.

 

Demain retour à Nantes ... et rédaction de quelques critiques détaillées.  

 

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Shutter

Trouvant toujours rigolo de parler d'un film d'horreur thaïlandais que personne n'a vu, je me lance dans une courte recension de Shutter (sans Island), visionné ce soir en DVD.

Alors voilà : le cinéma thaïlandais peut aussi produire son film de fantôme avec une fille aux cheveux mouillés et aux yeux ensanglantés, dans le genre Ring. Cela se regarde d'un oeil distrait, en mangeant une île flottante et en comptant le nombre de poncifs accumulés : 267. Dont : les rideaux qui volent, les bocaux de formol contenant des organes d'origine louche, les apparitions uniquement visibles sur les photos, les animaux empaillés, la caméra subjective, les tableaux qui tombent, les faux rêves, etc.

La mise en scène n'a aucun intérêt et on est très loin de l'exubérance narrative et formelle du redoutable Slice. En fait, je réalise que je dois être très peu réceptif aux films de fantômes car je n'en ai jamais vu un qui me fasse vraiment peur.

Tout l'intérêt du film réside dans les 2 dernières minutes qui contiennent un twist que je devinais un peu, mais pas exactement. Sinon, une confirmation : les réalisateurs thaïlandais ont vraiment des noms à coucher dehors, après Weerasethakul, Palme d'or, voici messieurs Wongpoom et Pisanthanakun. On se dit qu'il doit il y avoir une contrepèterie dans le nom de ce dernier, mais laquelle ?

 

1e

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La dernière piste

Des femmes traversent une rivière avec des paniers sur la tête. Une autre lit la Bible. Un essieu casse, il faut le réparer. Un oiseau passe dans le ciel. Un chapeau s'envole, il faut courir pour le ramasser. Des nuages passent devant la lune. Dans le ciel il y a aussi le soleil. Un homme grave "LOST" sur un bois mort. Un indien apparaît, qui va tomber amoureux d'une boîte à couture. La nuit il fait noir. Le jour il fait jour. Les femmes ont des jolis bonnets et des robes aux couleurs différentes. Leurs manches sont sales. Une femme est gentille. Un homme est méchant. Il y a aussi un oiseau dans une cage et une horloge qu'il faut jeter. A la fin, il y a un arbre, mais pas de fin.

La critique s'extasie sur ce petit bout de film au format carré, sans que je m'en explique la raison. Si Le désert des Tartares au far west revu par Antonioni et filmé au ralenti vous dit, le film est pour vous.

 

2e

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Balada triste

SNDVoilà sans conteste un film qui ne plaira pas à tout le monde.

Du grand guignol (relativement) maîtrisé, de l'esbroufe assumée, de la bouffonnerie ampoulée : il y a de tout ça dans le nouvel opus d'Alex de la Iglesia.

On n'aime pas du tout, ou on se laisse emporter par le découpage ultra-speed, les changements de ton incessants et les audaces formelles (le plus souvent d'un affreux mauvais goût).

L'histoire est tellement grotesque qu'on a peine à la raconter sans rire : un enfant binocleux perd son père en 1937 dans des circonstances abracadabrantes, on le retrouve en 1973 essayant piteusement de devenir clown, comme son géniteur. Il tombe amoureux de la belle artiste blonde, propriété du patron du cirque (visiblement, et bien qu'il la frappe, ce sont les choses du sexe qui la fixe à lui). S'ensuit une compétition à mort entre les deux hommes qui comprendra (dans le désordre) : un duel dans le site bien connu de la Valle de los Caidos, diverses défigurations, dont une au fer à repasser brûlant, des mitraillages divers, la main de Franco mordue, l'absorption de viande de cerf crue, le suicide d'un homme volant à moto, un attentat terroriste projetant une voiture sur un toit...

C'est n'importe quoi et j'ai bien aimé, mais je ne garantis absolument pas que vous éprouverez le même plaisir que moi ! Si vous avez du goût, ce sera même probablement le contraire.
 

 

3e

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Blue Valentine

Michelle Williams. Films sans FrontièresUn couple à deux moments de son histoire : la rencontre amoureuse, et un triste week-end, 6 ans après.

La rencontre obéit aux canons du genre : coup de foudre pour lui, moins pour elle. Lui est issu des bas quartiers, peu diplômé, elle a un gros potentiel, elle pourrait devenir médecin. Elle tombe enceinte. Chez l'un comme chez l'autre on peut déjà discerner des traits de caractère qui s'avéreront décisifs ultérieurement.

6 ans après, le couple est au bord de la rupture : réussira-t-il à retrouver la magie des premiers instants dans la chambre futuriste d'un improbable love hôtel ?

Le film montre la décomposition de la liaison amoureuse avec une intensité qui est proportionnelle à la vacuité du pensum calamiteux de Sam Mendes, Les noces rebelles. Il est pour cela servi par un couple d'acteurs aussi discrets que brillants : Ryan Gosling, dont la transformation physique et comportementale entre les deux époques est impressionnante, et Michelle Williams, anti-spectaculaire à l'extrême.

Le montage alterné des deux périodes est remarquable (avec parfois des plans raccord, ce qui produit un effet vertigineux), la mise en scène est efficace. A noter que les deux époques sont tournée avec des techniques différentes : le passé en 16 mm et le présent en digital. Le film aurait probablement gagné en intensité en étant un peu raccourci, certains dialogues notamment mériteraient des coupes tant ils deviennent oppressants dans leur répétition, mais l'ensemble se tient remarquablement bien.

Le cinéma indépendant américain confirme son éclatante santé après Winter's bone, Beginners et La dernière piste.

 

3e

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Pater

Pater est vendu pour ce qu'il n'est pas.

A lire la presse, il serait un OVNI cinématographique. Comparable à Mulholand drive, d'après Lindon lui-même - excusez du peu. Or, le film est d'une simplicité biblique : au départ Cavalier (le metteur en scène) fait la connaissance de Lindon (l'acteur), puis petit à petit se met en place une fiction dans laquelle Cavalier (président de la république) se heurte à Lindon (premier ministre). Le glissement se fait de façon assez nette et peu ambigüe : c'est une des grosses déceptions du film. Un seul moment est vraiment jouissif dans le domaine de la confusion des genres, c'est la crise de jalousie de Lindon envers son successeur au poste de premier ministre, dans laquelle il attaque l'acteur autant que le personnage.

Les deux acolytes manient le niveau zéro du discours politique, accumulant (à dessein ?) grosses erreurs (les ministres ne sont pas élus) et simplification outrancière (les jeunes veulent du fric). De programme il n'est pas question, la dimension politique du film se résume à une question anecdotique sur le montant du salaire maximum, par rapport au salaire minimum. 

Le bac à sable est équipé fort simplement, il s'agit de ne pas faire riche. Tout est donc pauvre : l'éclairage, les débats, les cravates en laine, le jeu des acteurs. D'ailleurs, Lindon ne réussit jamais à entrer complètement dans son rôle. En de nombreuses occasions, il reste coi, fixement d'un oeil bonasse Cavalier faire son show, ne sachant visiblement pas quelle attitude adopterait un premier ministre en de telles circonstances (le bar, la visite chez le boulanger, la conversation à trois entre les portes).

C'est donc finalement à un caprice d'enfant qu'on assiste, Alain Cavalier cabotinant devant sa propre caméra, mêlant la psychanalyse de comptoir au bricolage d'atelier cinéma, niveau CM2.

Je ne comprend vraiment pas ce qu'une partie de la critique trouve au film, si ce n'est de considérer que la mise en abyme cheap devient trendy pourvu qu'elle soit arrosée de grands crus, indépendamment de l'angélisme de son propos et de l'approximation de sa confection.

1e

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Beginners

Mélanie Laurent. MK2 DiffusionJe tiens à le signaler immédiatement : c'est pour faire plaisir à mymp que j'ai été voir ce film. Comme il m'a fait envoyer deux invitations suite à jeu scandaleusement facile organisé sur son blog, je ne pouvais pas ne pas y aller sans le vexer. Vous voyez le topo.

Le film est mimi tout plein, et parfait pour les jeunes gens romantiques (ce qui n'est pas, malheureusement et a priori, mon cas).

En effet le film possède une sensibilité extrême. Il réussit parfaitement à faire ressentir cette sensation de solitude que Somewhere s'échinait sans succès à décrire. Ewan McGregor et Mélanie Laurent forme un très (trop ?) joli couple, et il semble y avoir une vraie complicité entre eux, qui est assez étonnante. Le film multiplie les inserts originaux : un chien qu'on voit penser, des photos d'époque, des dessins qui illustrent l'histoire. Beginners fait partie de la même catégorie que Medianeras, en tenant beaucoup mieux la distance que ce dernier.

Les thèmes évoqués sont assez tristes (la mort, l'inaptitude à aimer, la solitude, le poids écrasant des parents) mais le film curieusement ne l'est pas. Il faut dire que l'appétit de vivre du père, gay qui fait son coming out à 75 ans, est rudement entraînant (excellent Christopher Plummer).

Tout est donc quasiment parfait jusque vers la dernière demi-heure. A ce moment, je trouve que le film s'épaissit un peu. Cela correspondant au moment où Mélanie Laurent parle en français et devient tout à coup vulgaire, alors qu'elle était solaire jusque là. Et puis les "trucs" séduisants du début ne surprennent plus.

Au final, le film est tout de même tout à fait plaisant et incite à suivre la carrière de Mike Mills. Donc finalement, merci mymp...

 

3e

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Pourquoi tu pleures ?

Parce que je t'ai vu !

Voilà la réponse que j'ai envie de faire au titre du film, qui l'a bien cherché.

Biolay n'est pas un chanteur qui m'intéresse beaucoup et je le trouvais légèrement antipathique avec ses "la chanson française me débecte". J'étais presque content quand Benabar lui a foutu une rouste.

Et ben, là : pareil. J'avais tout le temps envie de lui botter les fesses, de lui tirer les oreilles, de le pousser du haut des escaliers en lui disant, mais fais quelque chose, nom de dieu. Ces airs de marshmallow boboïsant et sa mèche derrière l'oreille m'ont profondément indisposé.

J'ai vu le film il y a plusieurs jours et en gros j'ai déjà tout oublié : rentré par un oeil, sorti par l'oreille. Aucun intérêt. On passe d'un appart rempli d'ouvriers à un autre rempli d'une gonzesse, en passant par celui de la future mariée rempli de juifs d'Israel. Les copains sont des parodies de Parisiens. Hé, vous êtes pas tous comme ça à Paris, rassurez moi ! Si ? Pardon alors.

Je sauve de ce naufrage mou-du-genou la pétulante Valérie Donzelli, dont nous avons tous hâte de voir La guerre est déclarée.

 

1e

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Festival de printemps : résultats

La Marguerite d'or va sans surprise à Une séparation qui récolte un nombre de suffrages impressionnant : 123 points sur 128 possibles, et 12 premières places sur 16 votants. 

Asghar Farhadi Asghar Farhadi. Memento Films Distributionrafle dans l'élan le prix de Meilleur réalisateur devant Terrence Malick, et de Meilleur scénario (à l'unanimité, une première toute catégorie confondue, dans un festival sur Christoblog) devant les Dardenne. Il s'installe dans la cour des grands, en attendant de futurs projets, peut-être en Europe.

Le triomphe englobe les acteurs : Peyman Moadi et Sareh Bayat remportent leur catégorie. Les points accumulés par Shahab Hosseini, Leila Hatami,  et Sarina Farhadi (la fille de son père) me pousse à proposer un prix collectif à l'ensemble des acteurs et actrices du film, comme la Berlinale et comme certains d'entre vous me l'ont fortement suggéré.

Le film écrase tellement la compétition qu'il ne reste que des miettes pour ses compétiteurs et c'est finalement Le gamin au vélo et The tree of life qui s'en tirent le mieux en cumulant les places d'honneur dans toutes les catégories.

Le prix spécial revient à X-men : le commencement, qui avait failli être dans la sélection.

Résultats complets :

Marguerite d'or : Une séparation (123 pts) / Le gamin au vélo (101 pts) / The tree of life (87 pts) / Le complexe du castor (65 pts) / Minuit à Paris (57 pts) / Le chat du rabbin (56 pts) / London boulevard (46 pts) / La conquête (41 pts)

Meilleur réalisateur : Asghar Farhadi (14 pts) / Terrence Malick (11 pts) / Les frères Dardenne (7 pts)

Meilleur scénario : Une séparation (16 pts) / Le gamin au vélo (8 pts) / Le complexe du castor (4 pts) / Minuit à Paris (3 pts) / The tree of life (1 pt)

Meilleur acteur : Peyman Hoadi (12 pts) / Thomas Doret (5 pts) / Shahab Hosseini et Mel Gibson (4 pts) / Brad Pitt (3 pts) / Denis Podalydes, Colin Farrel, François Morel et Jérémie Rénier (1 pt)

Meilleure actrice : Sareh Bayat (9 pts) / Jessica Chastain et Cécile de France (8 pts) / Leila Hatami (4 pts) / Sarinah Farhadi (2 pts) / Florence Pernel (1 pt)

Prix spécial : X-Men : le commencement (3 pts) / Medianeras et The prodigies (2 pts) / Infiltration, La ballade de l'impossible, La défense Lincoln, Beginners, Gianni et ses femmes, Blue Valentine (1 pt)

 

fest ete petit visuelEt maintenant place au festival d'été dont le programme vous sera dévoilé dès ... tout à l'heure ! En espérant vous retrouver aussi nombreux et enthousiastes.

Un grand merci à tous les participants : ffred, pierreAfeu, heavenlycreature, Gagor, Jérémy, Christophe, Jul, Bob Morane, Viggofan92, Claire, fredastair, Squizz, neil, Marcozeblog, Fabien qui vont recevoir le tableau complet des votes d'ici quelques minutes.

 

 


 

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Une séparation

Une séparation est impeccable et magistral.

Quelque soit l'angle sous lequel vous le considérez, il brille d'un éclat unique.

Prenons par exemple le scénario. Je n'ai pas vu une telle qualité et une telle intelligence depuis ... Rashomon ? La comtesse aux pieds nus ? Le film, après un démarrage curieux, un peu froid et en même temps brillant, devient à partir du début du conflit une extraordinaire machine a vous faire reconsidérer vos opinions. Le moindre petit évènement (un coup de fil passé, la position qu'occupait un personnage dans une pièce) prend une importance capitale. C'est racé, nerveux, méticuleux.

Considérons les acteurs. Qu'ils (et elles) aient décroché collectivement les prix d'interprétation à Berlin, en plus de l'Ours d'Or (un cas à ma connaissance unique dans l'histoire des grands festivals) n'est que justice. Ils jouent comme des instrumentistes virtuoses dans un grand orchestre : chacun exécute parfaitement son rôle. Bien entendu les deux couples principaux sont parfaits, mais la jeune fille est émouvante, la petite fille bouleversante, le grand-père apporte un poids presque magique à la situation, le juge est redoutable. J'ai été plusieurs fois étourdi par l'extrême qualité de l'interaction entre les personnages et par la finesse de leur jeu. Ils réalisent une performance collective admirable.

Quand aux différents niveaux de lecture du film, c'est le point qui en fait pour moi un réel chef-d'oeuvre. A la fois chronique sociale sur la vie d'aujourd'hui en Iran, drame sentimental, tragédie grecque, procedural, conte moral, exploration philosophique (où est la vérité, qu'est-ce que la responsabilité, l'amour ?), thriller psychologique et enfin film politique, au plus beau sens du terme, qui donne à voir ce qu'est le rapport de classes.

Le film est un bijou conceptuel, éthique et esthétique. Asghar Farhadi semble touché par la grâce et manie sa caméra sans ostentation, mais avec une précision chirurgicale et des idées brillantes (le générique de début à la photocopieuse, la première scène ou le spectateur tient la place du juge, les jeux de reflets durant tout le film).

Vous l'avez compris, vous n'avez pas le droit de ne pas aller voir ce film, il en va de l'honneur de notre pays de cinéphilie de lui réserver un triomphe !

Voir mon complément d'analyse : Le vide avec un film autour

 

4e

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Le vide avec un film autour, retour sur Une séparation

L'émotion profonde et durable que m'a procuré la vision d'Une séparation m'amène exceptionnellement à revenir sur le film, au-delà de ma première critique.

 

Un labyrinthe organisé

Le film fonctionne comme une expérience dans lequel nous serions (spectateurs et personnages) des souris de laboratoire.

Farhadi nous met à l'entrée d'un labyrinthe dans lequel nous allons évoluer pendant toute la durée du film. Comme la souris, nous ne voyons à un moment donné que le couloir devant nous, et à chaque intersection, plusieurs perspectives toujours tronquées ou partielles s'offrent à nous. Le film nous conduit à des cul-de-sac, où nous ramène à un point où nous sommes déjà passé, en nous faisant redécouvrir un carrefour sous un autre angle.

Très concrètement, le labyrinthe est organisé matériellement par un montage très recherché dans lequel chaque plan est une case qui nous fait progresser. Pour renforcer cette impression de progression bridée, Farhadi nous enferme dans des lieux clos (appartements, palais de justice, école, cours) souvent exigus (les voitures, la salle d'audience dans laquelle les deux protagonistes sont très proches du juge).

Non seulement les personnages évoluent en lieux clos, mais ils passent une bonne partie de leur temps à fermer des portes (celle de l'entrée de l'appartement évidemment, celle de la chambre du père), matérialisant dans l'espace propre du film les cases conceptuelles du scénario : à chaque case sa vérité.

Subtilité ultime de la mise en scène, il arrive qu'on puisse jeter un coup d'oeil dans une autre case, ou de l'autre côté du couloir de labyrinthe, par de multiples jeux de transparence ou de miroir (dans l'appartement lui-même en partie labyrinthique, dans les pare-brise ou les rétroviseurs de voitures, à travers/sur des vitres ou des miroirs)

Bel exemple du labyrinthe exigu et vitré : la cuisine de Hodjat et Razieh, à la fois tellement petite que le conflit entre mari et femme devient physique, et donnant sur le couloir par une vitre.

 

Eloge des plans manquants

Le labyrinthe que constitue Une séparation nous permet de tourner autour .... de ce que le film omet de montrer.

C'est évidemment vrai à propos de la scène de l'accident, siphon béant au coeur du film qui aspire en spirale tous les protagonistes, mais en y réfléchissant un peu plus profondément, c'est vraiment la caractéristique du film de ne pas montrer ce dont il parle.

Par exemple aux deux extrémités du film, il nous manque deux plans que n'importe quel film "normal" aurait montré : le plan du juge au début, et celui qui montre le choix de Tameh dans le dernier.

Ce triptyque de plans manquants justifie que le titre du film soit Une séparation et non La séparation. Une parce qu'on peut choisir : séparation du couple, séparation du foetus, séparation d'une adolescente d'un de ses parents.

Entre l'oeil du cyclone et ces deux extrêmes le nombre de plans manquants est colossal : pour ne parler que des plus importants, on peut citer celui où la caméra serait dans l'escalier quand Razieh en est expulsé, celui qui montrerait cette dernière chez le médecin ou celui qui montrerait l'endroit où l'argent a été volé.

D'une façon encore plus subtile, manque beaucoup de contrechamps aux champs reflétant le vécu d'un des personnages : contrechamp sur la prof de Termeh quand Nader l'appelle pour avoir le numéro de téléphone du médecin, contrechamp sur les invités quand Razieh et Hodjat se disputent dans leur cuisine, etc.

Non seulement, il n'y a donc pas de sortie au labyrinthe, mais tous les endroits de ce dernier ne sont pas accessibles.

La force incroyable du film se loge probablement dans ce hiatus : alors que la plupart des oeuvres vous marquent parce qu'elle vous montrent ce qu'elles vous montrent - et que le temps efface le souvenir d'avoir vu, Une séparation vous marque par ce qu'il ne vous montre pas ce qu'il vous montre - et que le temps efface plus difficilement ce que vous avez profondément ressenti sans le voir.

 

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Gazette du festival de printemps

FestivalPrintVLe règlement et la sélection ici : festival de printemps.

Une innovation pour cette édition : Christoblog vous tiendra au courant de l'évolution de l'actualité concernant les films de la sélection : liens vers d'autres sites, état d'avancement des critiques des blogueurs participants, revue de presse, etc.

Et le maître-graphiste, le Chopin de la palette, le Tintoret de Photoshop, j'ai nommé pierreAfeu, offre au festival un complément visuel à sa magnifique bannière (là, sur la gauche).

Let's go, folks : ffred, Tching, pierreAfeu, heavenlycreature, Gagor, Jérémy, Herodonte, Christophe, Jul, Bob Morane, Viggofan92, Stoni, Anna, Gabriel, Hallyne, Claire, fredastair, Ben, Squizz, Marnie, neil, Marcozeblog, Fabien

 

19 juin 


Dernier billet avant les résultats demain dans la soirée. 14 votants à ce jour : ffred, myself, fredastair, Christophe, Bob Morane, Marcozeblog, pierreAfeu, heavenlycreature, GagorJul, Robin, Claire, Squizzneil
Marnie, Stoni, Anna, Tching avaient annoncé leur abandon certain ou probable.
Restent donc potentiellement les avis de Fabien, Ben, Gabriel, Hallyne, Jérémy, et Herodonte.
Certains ont dit que ce festival était d'une qualité médiocre. Pour me faire une idée objective j'ai calculé la moyenne de mes notes (sur 5) :
- pour le festival de printemps : 2,75
- pour le festival d'hiver : 2,50
- le festival d'automne : 2,29
Pour moi donc, pas une mauvaise cuvée, avec 3 films qui marqueront l'année 2011.
Encore un grand merci à tous pour votre implication, et à demain !

 

16 juin 


6 votants à ce jour (dans l'ordre d'arrivée dans ma boite mail) : ffred, myself, fredastair, Christophe, Bob Morane et Marcozeblog.
Une séparation réalise un box office exceptionnel avec 151 217 entrées en première semaine sur un nombre réduit de salles. Je n'ai pas souvenir d'un tel résultat pour un film d'auteur, de plus ni américain ni français. Le point de comparaison le plus proche me semble être La vie des autres, qui avait réalisé à la surprise de tous 135 000 entrées la première semaine pour finir sa carrière à plus de 1 400 000. Du coup le nombre de salle a largement augmenté pour la deuxième semaine, tant mieux pour Farhadi. Le bouche à oreille a l'air de fonctionner à plein.
Plus que 4 jours pour vos votes, m'sieurs dames.

 

12 juin

 

4 votants pour l'instant (dans l'ordre d'arrivée dans ma boite mail) : ffred, myself, fredastair, et Christophe. Je ne dirai pas grand-chose mais : 2 films prennent une longueur d'avance avec ces 4 votes et laissent le troisième assez loin déjà. Côté scénario, metteur en scène et acteur/trices, peu de noms cités, cela se joue dans chaque catégorie entre 3 ou 4 nominés. Pour le prix spécial par contre, 4 films différents cités, donc ex aequo ! N'hésitez pas à réagir sur la liste des pré-sélectionnés pour le festival d'été... des changements sont possibles.

 

10 juin

 

ffred a été le premier à m'envoyer son vote. Pour ma part, festival terminé également, je sors de London Boulevard qui n'a été pour moi qu'un long tunnel d'ennui. Ffred et moi avons le même trio de tête pour les films, mais je n'en dirai pas plus, je ne dévoilerai mon vote qu'à la fin. Il reste 10 jours à tout le monde pour finir !
Voici le pré-programme du festival d'été :

10 août : Melancholia de Lars Von Trier
17 août : La piel que habito de Pedro Almodovar
17 août : Comment tuer son boss ? de Seth Gordon
24 août : Les Bien-aimés de Christophe Honoré
31 août : La guerre est déclarée de Valérie Donzelli
7 septembre : Habemus papam de Nanni Moretti
14 septembre : La fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et et Bruno Romy
21 septembre : L'Apollonide, souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello
21 septembre : Restless de Gus Van Sant

 

7 juin

 

Dernière ligne droite pour le festival de printemps avec demain la sortie des deux derniers films de la sélection : Une séparation (dont on lit ici où là d'excellentes critiques) et London Boulevard. Donc théoriquement les premiers votes pourraient m'être transmis très rapidement (dès jeudi ?) par les plus rapides d'entre vous, à savoir : ffred, Gagor, Bob Morane (?). En ce qui concerne j'aurai probablement bouclé mon festival vendredi. N'oubliez pas : la date limite pour m'envoyer vos votes est le 20 juin... de telle façon que les résultats soient proclamés le premier jour de l'été, le 21 juin, avant d'aller faire la fête yeah !
Autre date à retenir : samedi 11 juin pré-programme du festival d'été (mi-août / fin septembre) dans cet article. J'en salive d'avance.
Je précise enfin que vous pouvez citer un film ne faisant pas partie de la sélection pour le prix spécial pourvu qu'il soit sorti pendant le festival, donc le 15 juin ça marche. 

 

1er juin

 

En parcourant les articles d'Herodonte, neil et Viggofan92 je me dis que The tree of life devrait engranger chez eux la première place. Personnellement je place beaucoup d'espoir dans Une séparation, que Claire et fredastair ont déjà vu et placent très haut.
En attendant mercredi prochain je vais faire un peu relâche ce week-end par rapport au festival de printemps.
Au programme :
- lecture au soleil, car il va faire chaud à Nantes (l'intégralité du Chat du rabbin en BD)
- rattrapage d'article sur le blog (La défense Lincoln, l'expo Kubrick)
- et quelques DVD parce qu'il n'y a pas grand-chose qui me dit au ciné cette semaine
- préparation du festival d'été (a priori quelque chose comme 10 août - c'est la date de sortie de Melancholia / 30 septembre)

 

30 mai

 

A lire les premières critiques concernant  Le complexe du castor ( ffred, pierreAfeu, heavenlycreature, Fabien, myself) ce dernier vient s'insérer dans la mêlée pour les premières places. Vous savez que je n'aime pas les cancans (?!), mais quand même, si vous voulez en savoir plus sur les turpitudes de Mel et la façon dont Hollywood l'a ostracisé vous pouvez aller ici. A lire ces lignes, on voit le film un peu autrement et on apprécie d'autant plus le cadeau que Jodie Foster lui a fait. Ceci dit, cela ne nous regarde pas, comme dirait Lars von Trier.

 

25 mai

 

Lors des premiers festivals sur Christoblog un film a toujours écrasé la compétition : Potiche en automne, puis Black swan en hiver. A mi-chemin du festival de printemps, aucun film ne se détache vraiment : The tree of life sera parfois classé dans les premiers, mais aussi souvent dans les derniers (pour quelle moyenne à la fin ?), Minuit à Paris trouvera des défenseurs et peu de blogueurs en disent vraiment beaucoup de mal. Le gamin au vélo est rarement porté en triomphe, mais assurera une note correcte. Seule La conquête parait nettement en retrait dans vos critiques. Pour les nominations "annexes" (scénario, réalisateur, acteur, actrice), pas d'évidence pour l'instant non plus, même si je pense pour ma part tenir mon meilleur (petit) acteur, et aussi le réalisateur !
Bref gros suspense à l'entrée de la deuxième partie. Chat, persan, rongeur ou thriller ?

 

22 mai

 

A l'annonce du palmarès, un petit sourire naquit sur mon visage, mettant à mal ma modestie légendaire. Le gamin au vélo Grand prix et The tree of life Palme d'or : n'avais-je pas prédit dans mes critiques de beaux destins à ces deux films ?
Un choix qui va alimenter les polémiques et peut-être amener le record de commentaires sur un des articles de Christoblog à évoluer (173) !
Sinon, on en est où des publications ?
4 critiques : ffred (who else ?)
3 critiques : myself, Gagor, Bob Morane
2 critiques : Tching, pierreAfeu, heavenlycreature, Jérémy, Herodonte, Jul, Viggofan92, Stoni, Claire, neil
1 critique : Anna (mais elle est en direct de Cannes la veinarde !), Gabriel, Hallyne, Ben, Squizz, Marnie, Marcozeblog, Fabien
Allez, m'sieurs dames, le rythme des sorties se calme à partir de maintenant, tout le monde peut y arriver !

 

19 mai

 

Je sors de The tree of life, et ... j'ai plutôt aimé ! Incroyable, non ? Je rejoins donc Squizz et Ben pour défendre ce film, loin d'être la catastrophe décrite entre autres par Christophe.
Je tiens par ailleurs à saluer l'attitude exceptionnelle du renégat lucide Viggofan92 qui publie une critique revue du Allen en abaissant sa note de 3 à 1, belle leçon d'honnêteté intellectuelle.
Sinon, mon favori pour la marguerite d'or, Le gamin au vélo, a de très jolies critiques dans la presse et chez Gagor et Bob Morane.
Jul est une des premières à critiquer La conquête qui s'annonce bof bof. Quelques mauvais esprits critiquent le niveau global des films, mais je me souviens du festival d'automne, dont le niveau était bien pire selon moi.

 

17 mai

Dézingage en règle de Woody chez pierreAfeu, heavenlycreature, et Claire. Malick est pulvérisé chez Tching, qui publie la première critique du film. Les Dardenne s'en tirent beaucoup mieux pour leur premier post chez moi.

 

15 mai

C'est LA grosse semaine du Festival de Printemps qui commence avec 3 films en compétition dont The tree of life, le film le plus attendu de l'année, voire du siècle. La conquête sera-t'il éclipsé par les frasques sexuelles de DSK ? Les Dardenne et Cécile de France vont-ils réussir un hold-up belge sur la Palme, une fois (ou plutôt trois) ?
Pendant ce temps, une majorité des membres du jury encensent Minuit à Paris (Gagor, Viggofan92) faisant preuve d'un enthousiasme que je juge disproportionné et après tout, bien chauvin : si le film avait pour cadre Berlin ou Vienne, je suis certain que les nombreux défauts du film sauteraient aux yeux de tous ... ah, ces Parisiens ! Heureusement que Bob Morane a bien vu le même film que moi. Je n'indiquerai désormais d'ailleurs que les mauvaises critiques de Minuit à Paris, en toute mauvaise foi. 

13 mai

Excellent démarrage de Minuit à Paris qui réalise 40 000 entrées en une séance (ou deux maximum) pour la journée du 11, puisque Woody Allen avait exigé que le film ne soit pas diffusé avant sa projection à Cannes. C'est beaucoup plus pour une première journée d'exploitation que son précédent opus : Vous allez sérieusement vous emmerder. Les critiques sont très bonnes dans la presse : 4 ou 5 * du Monde au Figaro en passant par Libé, La Croix, L'express ou le Nouvel Obs. Cet enthousiasme me laisse pantois (cf ci-dessous). Parmi les premiers jurés à avoir commenté le film : ffred a bien aimé. C'est toujours la même rengaine, Fred le gentil, et Chris le méchant. Anna a bien aimé aussi mais, dès qu'il y a Owen Wilson dans un film, elle n'est plus objective.

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Infiltration

Imaginez la première partie de Full metal jacket dans un camp d'entraînement israélien dédié aux appelés souffrant de handicaps physiques ou mentaux, et vous obtiendrez Infiltration. Qui porte d'ailleurs assez mal son nom, car d'infiltration il n'est pas question.

Au menu donc : des instructeurs sadiques et limités (Sir, yes sir !), des souffre-douleur, des gros durs qui ont des projets, des beaux gosses qu'on suit lors des permissions, des épileptiques russes, etc.

Le film est l'adaptation d'un gros roman à succès et c'est là une de ses limites : on sent qu'il y a potentiellement de la matière scénaristique pour deux ou trois films, voire une série. Chacun des personnages n'est donc qu'esquissé, et on en conçoit une légère déception. On se questionne d'ailleurs jusqu'au bout pour connaître les raisons qui font que les uns et les autres sont là, et je suppose que le roman apporte les réponses.

Malgré une belle interprétation, une aisance dans la narration et une mise en scène fluide et efficace, le film ne décolle jamais vraiment, maintenant notre attention tout juste au-dessus du niveau où l'intérêt s'étiole.

 

2e

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Medianeras

Un sympathique petit film : voilà comment caractériser le premier long métrage visible en France de Gustavo Taretto.

Lui est phobique (influence Woody Allenienne clairement revendiquée), elle est architecte qui ne construit rien et ne prend jamais l'ascenseur. Tous les deux sont seuls et cherchent l'amour, maladroitement.

Le film multiplie les inventions plus ou moins originales, comme si le réalisateur/scénariste jetait toutes ses bonnes idées d'un coup dans son premier film. Parmi les plus intéressantes il faut citer les passionnantes digressions sur l'architecture de Buenos Aires, et la scène du suicide du chien, qui m'a beaucoup plu.

C'est frais, ça se regarde sans ennui (avec toutefois un gros coup de mou vers le milieu) et ça inspire naturellement la sympathie. Typiquement le genre de film à collectionner les prix du public, consensuel, mignon, parfois percutant... et se terminant bien !

Les bégueules (dont je ne fais pas partie) disent que tout ça n'a pas beaucoup de fond et fait très bobo. Ils se gaussent de l'utilisation par le scénario des livres-jeux Où est Charlie ? Ces gens là n'ont pas de coeur, où ne sont pas seuls. Ou les deux.

 

2e

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X-men : le commencement

Dieu sait si je peux être réfractaire au concept de film de super-héros, et aux comics en général.

C'est donc un peu contraint par les bons retours sur ce film que je m'y suis rendu, et aussi parce dans le casting (il faut dire incroyable, tous les jeunes dont on parlent y sont, ou presque) figurent deux de mes acteurs favoris : le merveilleux Michael Fassbender et la craquante Jennifer Lawrence.

Surprise : la première partie du film est une séries d'études psychologiques plus qu'un film de baston. Etre spécial, accepter sa différence, devenir adulte, faire des choix (entre le bien et le mal, sans vraiment savoir où se trouvent l'un et l'autre), entretenir une amitié, discipliner ses capacités : je n'aurais pas pensé trouver tout cela dans un film Marvel.

J'ajoute que la mise en scène est très belle, limpide, rappelant parfois Spielberg ou les meilleures réussites des films de genre, comme Casino Royale par exemple. L'ambiance 60ies a beaucoup de charme, les décors sont splendides et utilisés avec beaucoup de discernement. Tous les acteurs ont une pêche d'enfer (James McAvoy en gentil et Kevin Bacon en méchant sont parfaits) et même les scènes d'action de la deuxième partie sont belles, et n'en ajoutent pas dans le spectaculaire.

Le prototype du parfait pop-corn movie. Du coup, au risque d'être déçu, j'ai bien envie de voir ce qui va arriver à tous ces mutants fort sympathiques en regardant le reste de la saga, que je ne connais pas.

 

3e

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