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Christoblog

Summer wars

Superbe !

Difficile de résister au charme du dernier opus de Mamoru Hosoda (La traversée du temps).

Cela commence comme dans un Imamura : une grande réunion de famille à la campagne, avec des repas qui rappellent ceux de l'excellent Still walking, une ambiance et des images très classiques. La jeune Natsuki s'invente un petit ami, Kenji, pour faire plaisir à sa grand-mère. Wabisuke est le fils illégétime du patriarche de la famille, et il revient après avoir disparu pendant 10 ans et avoir dilapidé l'héritage. Le film montre donc une grande famille, avec chaque membre qui a sa propre personnalité (le flic colérique, le pompier, celui qui rappelle constamment les exploits antiques du clan, les enfants, le jeune geek, etc). Une savoureuse galerie de portraits.

Kenji est un prodige en maths. Un soir il reçoit un mail bizarre : une longue suite de chiffres : est-ce un défi ? Il répond le matin après avoir travaillé toute la nuit, et sans le savoir vient de donner les armes nécessaires à une monstrueuse créature sévissant dans OZ, l'univers virtuel dans lequel le monde entier peut se connecter. A partir de ce moment les intrigues entre OZ et la vieille maison familialle vont s'interpénétrer, mettant en jeu une catastrophe nucléaire, sur un mode à la fois efficace et extrêmement touchant.

L'alternance des images magnifiques de OZ, rappelant l'univers déjanté d'un Murakami, et celles, traditionnelles, d'un Japon éternel, est très stimulante.

Le scénario est travaillé, l'émotion au rendez-vous, le rire aussi. Une réussite à tout point de vue. A voir absolument si vous le pouvez, la distribution est une fois de plus confidentielle.

 

4e

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L'autre rive

L'Autre Rive pourrait être ce film de festival de plus, road movie d'Europe / Asie centrale multi primé, peu vu et globalement inintéressant.

Il ne l'est pas.

D'abord grâce à cet acteur enfant qui louche (ce n'est pas un simple gimmick, il louche et c'est tout). Ensuite grâce à ces paysages incroyables et ses scènes étonnantes qui se déroulent sous nos yeux, sans affect, sans pathos. Ce qui différencie L'Autre Rive de ses "comparants" c'est probablement cela : la volonté de faire sec, simple, frappant, tout en privilégiant une certaine idée de ce qui est beau.

Restent de belles rencontres, par exemple cette soirée quasi onirique chez le couple dont on se demande s'ils sont bons samaritains ou ogres potentiels.

Une belle soirée entre Géorgie et Abkhazie, dépaysante à souhait.


2e

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Enter the void

Wild Bunch DistributionRegarder Enter the Void me rappelle cette blague idiote du fou qui dit "Ca fait du bien quand ça s'arrête" après s'être écrasé pendant des heures le pouce gauche avec un marteau tenu dans la main droite.

Première partie

Le générique est très chouette. Illisible. Sauf qu'on voit très bien Noé. Japonais. Psychédélique. Hype. Sympa. D'une certaine façon le film serait parfait s'il s'arrêtait là.

Deuxième partie

C'est un peu la suite d'Irréversible. Montage serré, caméra subjective (à chaque fois que le personnage principal cligne de l'oeil il y a un noir à l'écran, il fallait y penser), Oscar est un dealer à Tokyo, il a une soeur, Linda, un copain Alex, un client Victor. A ce moment là (30 minutes environ après le début du film), tout va bien, on ne s'ennuie pas trop.

Troisième partie

Oscar est tué. Son âme erre au-dessus de la ville.  Pendant deux heures on a droit à l'enchaînement : caméra plongeante sur les rues de la ville, scène de l'intrigue, plongée de la caméra dans un objet circulaire (vagin, égout, cendrier, lampe, feu de cuisinière, etc), sorte de vision d'un intérieur galactique ou vaginal (ou l'inverse), puis re-scène de l'intrigue, plongée... bref vous avez compris. Sans les tics de Noé l'intrigue tient en deux lignes : Oscar baisait la mère de Victor, c'est pourquoi Victor a niqué Oscar, Alex en pinçait pour Linda, qui elle se laissait séduire par Mario. C'est tout. C'est tout ? C'est tout.

Deux heures, c'est long. On a le temps de regarder en biais les voisins de calvaire. Les flash-backs sont tellement ridicules que je n'ose même pas en parler.

Si on cumule les scènes qui ne signifient rien (écrans monochrones, trip lié à la drogue, survol de la ville, matrice pleine de synapses colorés) on doit bien atteindre 45 minutes. C'est trop. Ah oui, on voit l'intérieur d'un vagin pendant l'acte (c'est marrant comme c'est éclairé de l'intérieur, ça doit être la mère Noël), et aussi après la réincarnation le cordon qui est coupé. Délivrance ! Enfin on peut sortir...

J'ai envie de dire à Noé : chiche de faire un film sans lumière rouge, sans plongée, et sans que la caméra tourne une fois autour de son axe. Fais ça, et après on discutera.

La psychologie nunuche qui s'attache au pauvre développement moral ne mérite même pas qu'on s'y attarde : je tête ma mère donc je fume, etc... En matière de psychédélisme à deux ronds, on touche le fond. Le livre des morts tibétain est commenté dès le début afin qu'on comprenne bien : quand deux personnes font l'amour, na na ni na na na, et à la fin tous les couples du Love Hotel dégagent des volutes positives : Hosanna ! Oscar est mort et ressuscité : à ce moment là, Enter the Void fait partie des films qu'on a honte de regarder jusqu'au bout tellement c'est bête.

RIP.

 

1e

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Control

Control raconte l'ascension de Ian Curtis, chanteur mythique de Joy Division, qui s'est suicidé à 23 ans.

Que vous connaissiez, ou aimiez, la musique de Joy Division a peu d'importance. L'intérêt du film est ailleurs, dans le magnifique portrait d'un jeune Rimbaud épileptique, issu du fond de l'Angleterre. 

Control fait partie de ces films qui possèdent une sorte de grâce intrinsèque. Tout ce qu'il tente, tout ce qu'il propose, semble parfait et adéquat, parfaitement dans le ton.

Les moments de création, le mariage et la petite fille arrivés trop tôt, puis un véritable amour, rayonnant, lumineux. L'angoisse de la maladie, augmentée de celle de l'inspiration, puis de celle de la culpabilité du à ses incartades conjugales, tout cela est superbement montré. Le film est tourné dans un noir et blanc, riche, profond, chaud, l'exact opposé de celui du Ruban Blanc.

Quelle émotion profonde de suivre cette belle histoire racontée avec talent, servie une mise en scène inspirée et une direction d'acteur époustouflante ! (J'ai commencé par dire que ce n'était pas le plus important, mais la composition de l'acteur Sam Riley est incroyable, notamment dans les quelques scènes de concerts).

Bonus, pour ceux qui ont connu cette époque, on croise les ombres de Bowie, de Lou Reed, de Cabaret Voltaire, des Sex Pistols, des Buzzcocks, des Clash...

Une telle maestria dans la mise en scène laisse augurer d'une grande carrière pour Anton Corbijn.

 

4e 

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Mammuth

Gérard Depardieu et Isabelle Adjani. Ad Vitam Mammuth est un film faux.

Je m'explique : on essaye de nous faire croire que Depardieu (qui s'exprime comme dans Tartuffe) est un boucher quasi analphabète.

La "Province" est montrée comme un monde de ploucs - mais quand même avec des lettres : les gros cons prospecteurs s'appellent Poelvoorde, les fantômes Adjani (au passage affligeante), les croque-morts Dick Annegarn : c'est Groland au Fouquet's !

Le problème de Mammuth est que la bonne distance n'est jamais trouvée : Kervern et Delépine se foutent-ils de la gueule des provinciaux avec des tics purement parisianistes, où veulent ils dire autre chose ? Et quoi ?

Le scénario est ridicule, les intentions surlignées : quand on veut signifier qu'un personnage s'ennuie, on le montre tournant dans une pièce comme un lion en cage, original, non ?

L'afféterie de l'image au gros grain rend l'ensemble assez insupportable de prétention. Depardieu cabotine (mais peut-il désormais faire autre chose ?). On songe (tristement) à The Wrestler, comme on pourrait songer aux Monty Python en regardant la 7ème compagnie.

Les deux réalisateurs semblent se complaire dans la masturbation réciproque, à l'image de la scène entre les deux cousins.

Mammuth n'est pas seulement mauvais, il est inutile. Ou l'inverse.

 

1e

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Lola

EquationJ'ai été voir Lola en souvenir d'un réalisateur philippin, autrefois renommé, décédé en 1991, et qui s'appelait Lino Brocka.

J'ai vu de lui un film, Bayan Ko, que peu de ceux qui liront cet article auront vu, mais qui, pour moi, est un des films qui a marqué mon entrée en cinéphilie, en 1985.

Les Philippines sont depuis restées discrètes dans le domaine du cinéma, jusqu'à l'irruption du doué Brillante (le bien nommé) Mendoza. Je n'ai pas vu les premiers films de ce dernier (Serbis, Kinatay), fortement auréolés d'une aura scandaleuse (pornographie, viol, meurtre).

Venons-en à Lola : le prétexte est simple. Une rixe entre deux jeunes gens tourne mal. L'un meurt. Les deux protagonistes ont des grands-mères (lolas) à forte personnalité. Les deux familles sont très pauvres.  La grand-mère de la victime veut un enterrement décent pour son petit-fils, la grand-mère de l'infortuné assassin souhaite un accord à l'amiable avec la famille de la victime : en clair, verser une grosse somme pour solde de tout compte, et que son fils soit libéré. Les deux grands-mères vont-elles arriver à trouver un accord ?

Sur cette intrigue simplissime, Mendoza tresse un film qui n'est pas horrible, mais qui n'est pas non plus passionnant. Le film vaut pour deux choses : le jeu des deux grand-mères, spectaculaire dans leur énergique détermination, mais attendu, et surtout la description quasi documentaire d'une Manille sous les eaux : ses vols à la tire, ses tribunaux de quatre sous, ses taxis collectifs, ses prisons surpeuplées, ses usuriers, ses vendeurs ambulants.... c'est sous cet aspect "terrain" que le film peut le plus intéresser.

 

2e

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Tropical malady

Ad VitamEn attendant de voir le 1er septembre la Palme d'Or d'Apichatpong Weerasethakul, je visionne son dernier film, avec un peu d'appréhension, au vu des critiques lues : le film serait abscons, hermétique, contemplatif, étrange....

Verdict : il est un peu de tout ça, mais curieusement il ne provoque pas d'ennui, en tout cas pas dans sa première partie.

Le film est en effet découpé en deux parties complètement distinctes.

Dans la première on suit la naissance d'un amour entre deux hommes : Keng, un jeune soldat, et Tong, un garçon de la campagne un peu simplet. Cette partie est absolument remarquable. Le film alterne des séquences courtes, souvent surprenantes (comme cette ouverture étonnante dans laquelle les soldats trouvent un cadavre), brillamment mises en scène. La direction d'acteur est stupéfiante de précision, chaque regard, haussement de sourcil, geste, semblent chacun porteur d'une signification profonde. La photographie est admirable, la nature montrée avec une sensualité inouie qui rappelle Terence Mallick ou Andrea Arnold. Rarement la naissance d'un amour aura été montré avec autant de délicatesse. Cette première heure donne donc l'impression de la découverte d'un cinéaste absolument majeur.

Après une heure, Keng erre dans la forêt, à la recherche de Tong, qui y circule nu, le corps entièrement tatoué. Cette partie est complètement muette, ponctuée de "cartons" comme dans les vieux films muets, évoquant des légendes de monstres et de fantômes un peu confuses. Vers la fin du film, on ne voit plus Tong mais un tigre : l'amant de Keng s'est il métamorphosé en monstre ? Si dans cette partie la nature sauvage thailandaise est aussi bien filmée que dans la première, la monotonie des plans lasse un peu.

Le film est dans son ensemble une véritable expérience sensorielle et intellectuelle, qui convoque toutes sortes de références variées et provoque des émotions aux nuances délicates. Une réussite.

Au détours d'une phrase, Tong semble annoncer le film primé à Cannes : il parle d'un oncle qui se souvient de ses anciennes vies, jusqu'à 200 ans en arrière. S'agit il d'Uncle Boonmee ?


3e
 

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24 heures chrono (Saison 8)

Annie Wersching. Twentieth Century Fox Film Corp.Je serai bref.

Dans la même semaine se terminent 2 des séries phares des années 2000, Lost (voir ci dessous) et 24.

Autant dire que désormais le paysage des séries devient tout à coup morne et tristounet, même s'il reste tout de même True blood, Mad Men et Breaking Bad à commenter.

Autant le final de Lost m'a parut boursouflé et à côté de la plaque autant le final de 24 me parait parfaitement conforme à ce que la série a toujours voulu faire : de l'efficacité, des rebondissements, mais une véracité psychologique rarement prise en défaut. Le final de la série est à son image, émouvante (mais pas trop), sec comme un coup de trique, et en même temps porteuse de plusieurs sens possibles (Jack ne voit pas les autres, mais leur parle, les autres le voit et pleurent, lui disparait comme Orphée aux enfers, etc...).

La saison 8 aura été de très belle facture, une de mes préférées avec les 1, 2, et 5. Il faut dire que le personnage de Renée Walker, sorte de Bauer au féminin, et symétrique de la femme de Bauer disparaissant en saison 1 y est pour beaucoup. La montée en puissance de Chloé, présente depuis la saison 3 aussi, Chloé la mal-aimée, haïe par certains fans, bouc émissaire boudeuse finalement élevée au rang de chef de la CTU, amie intime, sous-estimée, toujours présente.

Tu vas vraiment me manquer Jack, but you can put your gun down, now. It's over.

00:00:00

24h chrono, saison 1 à 7


3e

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Lost, S6, The end

Jorge García, Matthew Fox, Evangeline Lilly & Josh Holloway. ABC StudiosOk, j'expérimente un truc spécial : je vais commenter le season final de Lost sans l'avoir vu. En réalité c'est que j'en ai marre d'attendre : 6 ans déjà ... pff... et pourquoi ça ? Je suis normalement constitué, pas plus maniaque obsessionnel que vous (quoique ?). Et même, je dirais que je suis assez rationnel.

Alors, à quelques minutes (2h30 tout au plus) de comprendre pourquoi j'ai passé plus de 100 heures à regarder ce salmigondis de croyances à la mords-moi-le-noeud, de machins improbables et toujours habillés d'une sorte de rationalité extrinsèque (voilà que je me mets à délirer maintenant), oui, à quelques minutes de cela, qu'attends-je ?

Rien.

Me reviens en tête cette sentence : "Le meilleur dans l'amour, c'est la montée de l'escalier".

Oui, quoique ce season final me révèle, il sera en-dessous de ce que j'ai imaginé. Ainsi Lost restera comme la plus grande série en terme de promesses (tenues ou non, peu importe). "L'attente aiguise le plaisir" pourrait être son frontispice. Je reviens bientôt, après avoir vu la fin ...  et je ne serai pas déçu quoiqu'il arrive.

(Interruption 21h13, le 24 mai 2010)

 

Eh ben si. J'ai été déçu. Et toc.

Que le dernier épisode n'explique pas les pseudo-mystères scientifiques (la fumée noire, l'électromagnétisme, les nombres, qui a érigé la statue, pourquoi les femmes ne pouvaient pas avoir d'enfants sur l'île, etc...), finalement peu importe. Il n'y a que les crypto-scientifiques en mal d'explications rationnelles qui s'en offusqueront. Mais ceux là devraient avoir compris depuis longtemps que les révélations importantes avaient déjà eu lieu (les deux épisodes Ab Aeterno et Across the sea en ont révélé une tonne). Après tout, comme je l'ai lu ailleurs, se demande-t'on pourquoi Perter Pan peut voler ?

Donc le dernier épisode se concentre sur les personnages, et non sur les mystères, comme annoncé par les showrunners. OK.  Rien contre. Jusque là, je suis.

Maintenant, vous qui êtes fondamentalement réticents aux spoilers, partez.  ET VITE.

Car les 15 dernières minutes m'ont cruellement déçues. On dirait que JJ Abrams (et c'est possible) a imaginé les 5 dernières minutes à la suite des 5 premières. En effet, sans dévoiler la fin (mais qui se trouve être dans le même registre que la fin de Six Feet Under, en 500 fois moins bien), on peut tout de même dire qu'on n'y retrouve que les tout premiers participants (except Desmond, évidemment), y compris les plus accessoires : Shannon et son frère, Bernard et Rose...

Ainsi, apparait pour la première fois dans le vaste monde des séries cette incongruité : 5 minutes au début, 5 minutes à la fin, et au milieu, du grand remplissage, assez approximatif. Ceux qui ont vu Alias, la première série imaginée par JJ Abrams, comprendront ce que je veux dire par remplissage - et la frustration qui va avec.

Je précise : la fin en soi ne me heurte pas trop, sauf peut-être par son caractère religioso-panthéiste un peu ridicule voire tendancieusement scientologue. Mais quand même : elle ignore, elle souille, elle annihile tous les autres personnages de la série, en vrac : Jacob, MIB, l'île elle même (qui aurait méritée son centric), Wildmore, Eloise, Daniel, Charlotte, Ben, Eko, Ana Lucia, Rousseau, Mickael, Walt, Nadia, Richard, Ethan, etc... à quoi ça rimait de mettre tous ces gens en scène s'il ne servaient à rien , en tout cas à rien de plus que Boone, appelé lui à la petite scène finale "tout le monde il est beau, tout le monde il content" ? Comment imaginer qu'au moment de quitter un purgatoire (de pacotille entre parenthèse) il faille s'entourer de cette gourde de Shannon, plutôt que de sa mère ou de son père ? C'est quand même un peu n'importe quoi dans le genre bisounours au Paradis. Et je passe sur le vitrail rassemblant ostensiblement toutes les religions : on n'est quand même pas loin du foutage de gueule intégral.

Bon, je me résume. La fin n'est pas complètement nulle, mais presque. Je ne déteste pas, mais à l'image de la série j'ai envie de dire : aurait pu tellement mieux faire ! Les réalisateurs avaient toute une saison pour remettre les choses à l'endroit et mettre un peu de cohérence dans toutes les intrigues lancées. Au lieu de cela, ils ont développé les flashsideways, qui apparaissent aujourd'hui comme bien fades et inutiles.  De 3* la série se voit rétrogradée en 2* au Paradis des séries.

Ce fut un long voyage, et je fus heureux d'en être, car Lost fut plus une expérience collective qu'une série.

Lost, S6, mon avis après le 12ème épisode

Lost, S6, mon avis après le 6ème épisode

 

2e

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Dans ses yeux

Guillermo Francella et Ricardo Darin. Pretty PicturesDans ses yeux a remporté l'Oscar du meilleur film étranger 2010, au nez et à la barbe d'Un Prophète. C'est une des raisons qui m'ont poussées à aller voir ce film argentin, en mémoire d'un cas similaire : j'avais adoré Departures qui avait décroché la statuette alors qu'Entre les murs concourrait.

Benjamin Esposito est greffier dans un tribunal de Buenos Aires. Une jeune femme arrive, qui va être son chef, et dont il tombe amoureux. Il voit sur une scène de meurtre le corps d'une ravissante jeune fille, violée et assassinée. Une image qui va le marquer toute sa vie. Il va participer à la traque de l'assassin, le trouver, puis celui ci va être relâché...
 
Une fois en retraite, 25 ans plus tard, il veut écrire un roman basé sur cette histoire, mais évidemment va découvrir de nouvelles vérités sur lui-même, et sur les autres.

Le film est donc une sorte de polar romantique, dans lequel les scènes de drôleries (notamment grâce à certains dialogues ciselés) alternent avec des effets à grand spectacle (la scène du stade). C'est relativement efficace, au sens US du terme, même si le remake américain probable évitera probablement les relatives longueurs de son original sud américain. Une sorte de Zodiac en beaucoup moins bien.

Etait-ce la chaleur quasi estivale qui régnait à Nantes aujourd'hui ? Toujours est il que je me suis passablement ennuyé en regardant le film, sans savoir exactement pourquoi. Une certaine prévisibilité dans les retournements de situation peut-être. Un trop grand amoncellement de platitudes et de lieux communs, certainement. Et un problème global de rythme, c'est sûr.

Comme à chaque fois que je ne suis pas emporté par un film, je regarde la mise en scène. Ce qui m'a le plus marqué ici c'est la manie qu'a le réalisateur de mettre un objet ou un personnage très flou au premier plan quand il filme un personnage. Si vous allez voir le film, comptez les plans de ce genre (je dirais entre 30 et 40).

 

2e

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Copie conforme

William Shimell et Juliette Binoche. MK2 DiffusionIl fait chaud à Nantes. L'été arrive et je vais voir le dernier Kiarostami au Katorza alors que le Palmarès n'est pas encore tombé : je me crois un peu à Cannes... les quais de Pornic vont bientôt ressembler à la Croisette.

L'idée du film est bonne : on voit un couple se former. Lui, essayiste qui vient de publier un livre sur la copie dans l'art, elle, qui tient une galerie et a un enfant ado. Le couple nouveau-né, à la faveur d'un quiproquo, se mue en couple qui se déchire après 15 ans de mariage.

Belle idée, ratage complet. Copie conforme n'est pas un film, mais l'idée d'un film.

On voit par là que la place de Kiarostami est plus aujourd'hui dans les galeries d'"art contemporain que dans les salles de cinéma. Car de cinéma, il n'est guère question dans Copie conforme : la direction d'acteur y est exécrable (même Binoche semble buter sur les mots), la mise en scène outrageusement explicite, les symboles ridicules dans leur lourdeur démonstrative. Un seul exemple ? Pour illustrer l'incommunicabilité dans le couple, quoi de mieux que de montrer Binoche tenter d'exprimer ses voeux de bonheur à de jeunes mariés à travers une fenêtre qui ne veut pas s'ouvrir... et tout est à l'avenant, profondément ennuyeux, désespérément pataud.

Mon esprit était si peu impliqué dans ce que je regardais que j'ai pu imaginer plusieurs Copies conformes (rigolo non, des copies de copie, non ?), même histoire, mais tournés par Lynch, Cronenberg, Kieslowski, Bergman ou Sirk. Des cinéastes.

Et maintenant, attendons dimanche, l'heure du Palmarès et de la diffusion du dernier épisode de Lost, au soleil. 

 

1e

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Les fils de l'homme

Conseillé par des amis blogueurs, me voici en train de taper dans la pile de DVD au lieu d'aller dans les salles. J'attends mercredi et les premiers films de Cannes....

C'est brillamment mis en scène. Owen est méconnaissable, et joue probablement LE rôle de son début de carrière. C'est bien foutu, dans un genre qui mixerait le meilleur du jeu vidéo futuriste glauque genre Half Life, le plus bon de la Sci-fi intelligente (je pense à Battlestar Galactica), et la quintessence du roman d'anticipation. La reconstitution du Londres de 2027, sans enfant puisque le genre humain est devenu stérile, est assez réussie, anxiogène et tristement réaliste. Les scènes d'action sont époustouflantes.

Pourtant le film ne parvient pas à décoller. Comment dire ? Entre le gore, du genre je perds un bras lors de l'explosion terroriste, et le sentimental, style je mets des coeurs biens larmoyants à chaque fois qu'il faut pleurer : il faut choisir !

Cuaron ne choisit pas vraiment et pond un bébé (!) hybride qui n'emporte pas mon adhésion, même si je suis bien conscient des qualités du film.


2e

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Les Soprano, l'épilogue

Warner Bros International TelevisionCrépusculaire

Cet adjectif a du être employé un bon million de fois à propos de films ou de séries (par exemple, je l'aurais pour ma part volontiers appliqué aux Damnés de Visconti), mais jamais, jamais, il ne s'appliquera mieux qu'aux 9 épisodes de l'épilogue de la saison 6 des Sopranos.

Fidèle

Oui, il a fallu l'être tout le long de ces 6 saisons, avec ses poussées de fièvre, ses temps (parfois) morts. Au final pour le fan de séries, les Soprano lutteront jusqu'au bout, au coude à coude avec The Wire et Six Feet Under pour le titre de meilleure série de tous les temps. The wire : je n'en suis qu'à la saison 3. SFU : j'ai adoré. Mais les Soprano ont quelque chose de différent : ils échappent à la temporalité . Je veux dire (je n'ai rien fumé, ni moquette, ni rien), cette série is not about mafia, elle parle de l'homosexualité, du suicide des ados, de la façon dont on peut décider de sa vie, des addictions, du remord, du divorce, de Hamlet et de Lorenzaccio mélangés,  de la psychanalyse, du rêve, du coma, du cancer, de la trahison, de la cuisson des fettucinis, d'être père, de Dieu(x), de devenir vieux et/ou fou, des canards dans la piscine, de la meilleure façon de tenir un restaurant, du FBI, du terrorisme, de Bush, de l'obésité, des Italiens et des Juifs, du terrorisme, de Scorsese, de la façon de faire un film, des mères, du viol, et de tant d'autres choses....

Et la nature ?

Une des particularités de cet épilogue est le rapport extraordinaire à la nature que cette dernière salve d'épisodes dessine. Quand Tony regarde le lac dans l'épisode 1, ou quand il regarde le soleil se lever dans les environs de Las Vegas dans un désormais mythique épisode 6 ("sous l'empire du peyotl"), on ne peut pas ne pas penser à tout ce qui nous dépasse. Vous voyez ce que je veux dire.

Tuer ou ne pas être tué, être tué ou ne pas tuer

Les Soprano n'ont rien de contemporain. En cela ils rejoignent Sophocle et Shakespeare. Les rapports entre les personnages sont ici régi par ce qui le fait le propre des tragédies antiques (ou de la loi du marché, mais est-ce différent ?) : qui peut me servir, où est le pouvoir, comment le conserver ? Dans beaucoup de ces épisodes, Tony hésite entre tuer ou pas (le 1, le 2, le 6) : le fait-il, on non ? Pourquoi ? Et vous, qu'auriez vous fait ? Et combien y a-t'il de façon de mourir ?

Savoir finir

Finir une série n'est jamais facile. Alias optait pour le happy end projeté dans le futur, apaisé et serein. Battlestar Galactica pour le twist final improbable, les 6 dernières minutes de Six Feet Under pour l'accélération brutale (et géniale) de la flèche temps. Dans 4 semaines deux monstres (Lost et 24h chrono) devront choisir leur fin. Les Soprano opte pour un final ouvert, la série se termine par un épisode assez quelconque, pourtant conçu et réalisé par David Chase lui-même. Comme un manifeste d'under statement narratif. L'ultime scène ne se termine pas, laissant deviner une fin (une partie de la famille serait assassinée, Meadow s'en sortirait grâce à un créneau raté) qui n'arrivera jamais. Coup de génie ou déception : ainsi la fin des Soprano sera-t'elle à l'image de toutes ces saisons, ni série sur la Mafia, ni comédie de moeurs, jamais là où on l'attend, tragico-comique et ennuyeuse, modeste et ambitieuse (oh ces épisodes en Italie...), ni tout à fait une autre, ni tout à fait la même...

Grazie mille

Merci. Pour cette bande son exceptionnelle (des génériques de fin parties intégrantes de l'épisode, par la seule grâce de la musique). Pour ces moments de peur, de vertige, d'amour, de vie, d'ennui. Pour ces seconds rôles d'anthologie. Ces guests stars reconnaissantes (rien qu'en saison 6 : Ben Kingsley, Lauren Bacall, Sydney Pollack, Alec Baldwin). Pour Steve Van Sandt et l'ombre portée du Boss. Pour cet épisode (le meilleur de toutes les séries du monde entier) perdu dans la neige, des Coen à la puissance 10, L'enfer blanc (S3E11).

Merci pour toutes ces émotions entre empathie et horreur, rien que la vie, mieux que la vie.

 

4e

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La mort de Dante Lazarescu

Ion Fiscuteanu. Bac FilmsImaginez une sorte de croisement contre-nature d'Urgences (oui, la série US), de 4 mois, 3 semaines, 2 jours (la palme d'or méritée de Mungiu) et de Rohmer. Cela vous donnera une idée de l'OVNI que représente le film de Puiu.

Au début, disons pendant les 30 premières minutes, la situation est approximativement la même que pour Irréversible (bien que pour des raisons inverses) : vous avez envie d'arrêter. La description de la décrépitude du sus-nommé Lazarescu est franchement ennuyeuse et un peu trop caractéristique du cinéma de l'Europe de l'Est.

A partir du moment ou Dante (appelons le comme ça) quitte son appartement pour une odyssée nocturne dans les rues de Bucarest, le film prend une tournure onirique résolument originale et captivante. Au fur et à mesure que les diagnostics plus ou moins sérieux s'enchaînent, et sous l'égide d'une infirmière (tellement) si humaine, le film commence à ressembler à une pièce de Beckett passée au mixeur slave.

On suit avec intérêt, puis avec perplexité, et enfin avec passion l'odyssée de notre Dante à travers les cercles de l'enfer roumain, chaque hôpital représentant une étape vers, vers .... une dernière scène magnifique qui tirera les larmes de votre coeur de cinéphile endurci.

Hormis la première demi-heure un peu convenue, un chef d'oeuvre doux-amer. Très remarqué à Cannes 2005, avec raison.


3e

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Les poupées russes

Dans les commentaires de mon billet sur l'Auberge espagnole, pL me disait que Les poupées russes étaient mieux, et PierreAfeu qu'il ne fallait pas voir le film.

Finalement, comme mon fils a l'intégrale Klapisch en coffret, j'ai bien eu du mal à résister à l'envie de revoir les protagonistes de L'auberge espagnole.

Mon verdict : j'ai bien aimé. L'auberge espagnole avait un vernis "jeune" un peu trop marqué. L'intrigue était légère, les acteurs un peu tendres et la mise en scène virevoltait comme un papillon qui ne doit vivre que quelques heures.

Dans les poupées russes, tout paraît plus vieux, plus mûr. Les acteurs ont pris de l'épaisseur (Duris, Cécile de France, Audrey Tautou et la superbe Kelly Reilly), l'intrigue est moins simpliste que le toboggan émotionnel de L'auberge, et la mise en scène s'assume.

Preuve de cette maturité, les nombreuses mises en abyme qui parsèment le film : Duris qui écrit le scénario d'une suite (comme Klapisch !), Duris qui répète mot pour mot à sa nouvelle conquête le discours que sa copine lesbienne lui a tenu peu de temps avant, etc... Certaines scènes, complètement loufoques, sont franchement réussies, je pense à Audrey Tautou revisitant les contes de fées pour son fils : "j'ai connu 7 princes charmants....".

La fin à St Petersbourg donne une touche d'exotisme très bien venue, tant les Russes sont à la fois si Européens et si étranges.

Bref un (très) bon moment, et on se prend à attendre la suite, comme une longue série qui se poursuivrait à l'échelle d'une vie.

 

3e

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Femmes du Caire

Quel plaisir de se lever un dimanche et d'aller au cinéma à 8h45 pour voir un aussi bon film que Femmes du Caire, en présence de son réalisateur, Yousry Nasrallah.

Le film est en effet excellent de bout en bout, du superbe générique à un dernier plan qui arrache des larmes.

La Scheherazade moderne est ... animatrice de talk show : normal finalement, est ce que ce ne sont pas elles qui aujourd'hui racontent les histoires aux millions de téléspectateurs ?

Notre animatrice (magnifique) est en ménage avec un journaliste qui lorgne sur un poste de rédacteur en chef d'un journal d'état. On lui fait comprendre que sa compagne ne devrait pas trop parler de politique dans son talk show.

Cette dernière, pleine de bonne volonté, va essayer de s'exécuter, mais les choses ne sont pas aussi simples : où s'arrête la politique, ou commence la question de la condition féminine ?

A travers trois histoires magnifiques, pleines de surprises, de violences, de rebondissements, notre Sheherazade va nous ensorceler, nous emmenant des bas-fonds du Caire à la jet-set et aux ministres, dans un tourbillon de sensualité et d'inventivité romanesque qui rappelle beaucoup les romans du grand Naguib Mahfouz.

Le réalisateur, ex-assistant de Youssef Chahine, perpétue la grande tradition d'un cinéma égyptien inventif, palpitant, humaniste. Un bon et beau moment de cinéma, à ne pas rater à sa sortie en salle.


4e
 

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Irréversible

Mars DistributionBon, je viens de voir le film et je n'ai pas trop envie d'en parler, mais d'un autre côté, plus vite je le ferai et plus vite je pourrai passer à autre chose.

Vous remarquerez que j'ai mis à la fois 3* (mais j'aurais pu en mettre 4 ou 18, ça ne change pas beaucoup l'esprit de ce que je veux dire) et "Je n'aime pas".

Expliquons d'abord les 3* (ou 4, ou 18) : vous en prenez PLEIN LA GUEULE.

Vous avez beau être prévenu (je l'étais), vous êtes préparé à la scène du viol (pas la pire à mon sens), à celle de l'extincteur (ah oui, celle-là a du faire sortir des centaines de spectateurs des salles au bout de 10 minutes de film), bref vous avez beau être conditionné, le début du film est extrêmement pénible, et réussir à la regarder sans baisser les yeux une seule fois constitue à lui seul un défi, un exploit. C'est tellement chiant que ça en devient grandiose, si on peut dire. Ce qui m'a le plus emmerdé pour ma part, ce sont les rotations perpétuelles de la caméra autour de son axe, vraiment saoulantes, et le son, sorte de magma informe qui empêche d'entendre les dialogues. Cette partie, en soi, est déjà un objet cinéphilique intéressant, bien qu'objet de torture pour le spectateur lambda.

Si vous arrivez à passer le début, la suite est belle (oui, simplement belle) et la structure du film, du pire au meilleur, est excitante, réussie. La caméra dessaoule progressivement, les performances d'acteurs sont étonnantes, l'intrigue qui se noue - ou se dénoue, car le temps file à l'envers, hum je ne suis pas super clair, là - et qui éclaire le début du film, est intéressante. La fin du film est donc bien du cinéma, et pas de l'art vidéo conceptuel comme le début pourrait le laisser croire.

Que le film ait été en sélection officielle à Cannes est tout à l'honneur du festival, il fallait oser. Donc je résume : c'est immonde à regarder, c'est brillant, c'est recherché, on ne peut pas (si on est cinéphile) dire que le film ne marque pas (surtout en 2002 !) un moment essentiel du cinéma.

Alors pourquoi je n'aime pas ce film ?

Non pas pour sa violence (sa barbarie diront certains) mais pour sa surenchère d'effets. Imaginez le même film, avec moins de rouge, moins de "Tu connais Tenia" répétés 150 fois, moins de tics sonores, moins de rotations de caméra, moins de bites reconstituées en 3D (c'est dans les bonus du DVD) : alors pour le coup, vous tenez peut-être un chef-d'oeuvre.

En relisant un vieux billet sur 4 mois, 3 semaines, 2 jours , je tombe sur une phrase que j'ai écrite il y a presque 3 ans et que j'avais oubliée : "Le film réussit ce qui en cinéma est une sorte de Graal : montrer l'indicible avec la plus grande économie de moyen."

Voilà, rien à ajouter.

 

3e

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L'auberge espagnole

Ayant passé quelques jours à Barcelone la semaine dernière, j'ai eu l'idée de regarder l'auberge espagnole hier soir, que curieusement je n'avais jamais vu.

Côté Barcelone, le film montre quelques incontournables : le parc Guell, la Sagrada Familia, Barceloneta, le téléphérique qui relie le port à Montjuich. Il donne aussi une bonne vision de l'énergie et de la beauté de la ville, à travers un joli patchwork de ruelles antiques et fleuries, de murs taggés, d'avenues cossues.

Côté cinéma : que dire ? Klapisch me laisse souvent sans voix, tellement ses films peuvent paraître naïfs, démonstratifs, mal ficelés, tape à l'oeil, inconsistants, et en même temps pleins d'énergie, présentant en général de très belles galeries de personnages, et intégrant ici où là une scène particulièrement réussie (ici Cécile de France en lesbienne apprenant à Romain Duris comment draguer). Klapisch, c'est vraiment Lelouch en plus jeune.

Finalement on ne passe pas un mauvais moment (en particulier grâce à un casting féminin de jeunes actrices effarant : Cécile de France, Judith Godrèche, Audrey Tautou, Kelly Reilly). On se demande un peu pourquoi le film a pu prendre un aspect culte : peut-être parce qu'il montrait aux parents ce que faisaient vraiment leurs enfants dans le cadre du programme Erasmus ?

 

2e

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Greenberg

Il arrive parfois de l'autre côté de l'Atlantique un objet inclassable, ni vraie comédie romantique, ni drame larmoyant, ni critique sociale appuyée, ni film d'auteur plébiscité par la presse bobo occidentale, ni blockbuster. En 2009, Humpday représentait ce type d'OVNI.

Greenberg bénéficie par rapport à Humpday d'une tête d'affiche bankable (Ben Stiller himself), mais présente par ailleurs la même caractéristique : un portrait en creux de ce qu'est l'Amérique aujourd'hui.

Le tableau n'est pas rose, il est gris, voire gris noir, et même peut-être anthracite foncé. Le personnage joué par Stiller est en dépression, il est maniaque (ses courriers : extraordinaires !), new-yorkais,  quarantenaire célibataire, a séjourné en hôpital psychiatrique, et ne fait rien.

Lorsque que son frère part au Viet Nam en voyage (pour affaire, pas pour dégommer du Viet-Cong), il vient occuper sa maison en Californie. Il séduit (si on peut dire) la femme à tout faire (assistante !) de son frère : nunuche sexy et gourdasse, jouée par une formidable Greta Gerwig poupée désarticulée (dévertébrée ?). Et blonde.

Le sexe entre eux est pitoyable, un soutien gorge qui ne se dégraffe pas, un cunnilingus interrompu, c'est à en pleurer, un curetage entre deux portes, et cela fournit deux des plus belles scènes de Greenberg.

Tout dans le film, sous des dehors doucereux, respire l'échec, le ratage complet, l'incommunicabilité profonde. Du Woody Allen période September, ou une sorte de Breat Eaton Ellis sans l'aspect trash. La Californie, sa jeunesse dorée, ses villas avec piscine apparaît comme l'enfer à l'envers, Mullholland Drive sans génie et sous Prozac.

Le film doit beaucoup à l'interprétation très fine de son couple d'acteurs principaux, remarquables tous les deux.

Résumons nous : un film fondamentalement, paisiblement triste, à ne pas voir si on l'est (triste), sous peine de tentative de suicide par défaut, aux wee-wee hours. Même le nom du chien (l'être envers lequel les humains du film arrivent - un peu - finalement - à être humain) est triste : Mahler.

Malheur ?

 

2e

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Very bad trip

Ed Helms. Warner Bros. FranceL'idée originale de Very bad trip (The Hangover en vo, allez comprendre pourquoi on traduit un titre anglais en anglais) est assez plaisante et porteuse de nombreuses potentialités.

4 hommes enterrent la vie de garçon de l'un d'eux lors d'une soirée à Las Vegas et au réveil ... ils ne sont plus que trois, l'un d'entre eux a perdu une dent, il y a un tigre dans la salle de bain de leur chambre, un bébé dans le placard, et le matelas d'un lit se trouve empalé sur le doigt d'une statue. Aucun ne se souvient de rien.

A partir de cette idée, vous (ou moi) pourriez imaginer tout un scénario compliqué (style Engrenages) où la vérité se ferait progressivement jour, dévoilant un enchaînement machiavélique de circonstances plus absurdes les unes que les autres. Ou même, en étant un peu lynchien, vous pourriez imaginer une sorte de cauchemar dans lequel nos héros découvrent avoir commis les pires ignominies...

Hélas, le film ne comprend rien de tout ça. Les explications viennent (trop) rapidement et sont (trop) simplistes. Le mystère de départ disparaît et la comédie formatée prend le dessus. Quel dommage !

 

1e

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