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Christoblog

Parking

Alors d'abord ce serait bien que quelqu'un me dise si c'est Chung ou Mong-Hong le patronyme de ce jeune réalisateur : avis aux spécialistes.

Premier long-métrage et ma foi belle réussite.

En gros c'est un peu un After Hours taiwanais. Un jeune homme va acheter des gâteaux. Une voiture garée en double file l'empêche de repartir. S'en suit une invraisemblable nuit où se croisent (fort logiquement) un souteneur pathétique, un tailleur de costume décoré de peinture blanche, un mafioso, un coiffeur avec une prothèse, une tête de poisson voyageant d'un lavabo aux toilettes, un vieux couple pleurant un fils perdu, une petite fille en quête de papa, une prostituée fuyant la crise en Chine, un mannequin qui ne peut avoir d'enfant.

De subtils flash-back nous renseignent sur certains personnages, dont le héros principal. Celui là explique tout le début du film.

Mise en scène élégante, surtout dans les choix des cadrages et la façon de filmer la ville. De la poésie, des éclairs de violence. De la belle ouvrage, malgré quelques maladresses (Nini qui regarde la caméra en face, cela a du échapper au monteur, ou quelques imprécisions scénaristiques).

Un cinéaste à suivre. 

 

2e

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Un prophète

Niels Arestrup et Tahar Rahim. Roger ArpajouLa critique a tellement encensé Un prophète, le donnant gagnant à Cannes pour la Palme  d'Or pendant toute la compétition, qu'on s'attend réellement à voir un très, très grand film.

Et c'est vrai qu'Un prophète possède bien des qualités.

Son aspect réaliste est prenant. Sa description de l'univers carcéral contemporain est frappant. L'interprétation de Tahar Rahim est remarquable, pleine de densité, et celle de Niels Arestrup est encore meilleure.

Le scénario se tient, palpitant jusqu'à l'insoutenable dans la première demi-heure. La mise en scène est élégante et puissante à la fois, Audiard impose un style, qui était déjà bien présent dans De battre mon coeur s'est arrêté.

Bien des qualités mais aussi quelques défauts, qui empêche le film d'être le chef d'oeuvre annoncé.

Le scénario prometteur au début s'étiole progressivement. Les aventures de Malik deviennent confuses et longuettes (le film dure 2h28, mais paraît en durer plus de 3), plusieurs des personnages semblant conduire les intrigues secondaires dans des culs de sac.

Le principal écueil est qu'on ne sent pas réellement les raisons de l'ascension de Malik. Si son emprise progressive sur les Corses est clairement montrée, sa légitimité vis à vis du groupe des barbus reste obscure (ils passent de la défiance à la soumission sans qu'on comprenne vraiment pourquoi).

Son aspect "prophétique" est anecdotique (il voit une biche traverser la route avant qu'elle le fasse) et le titre est un peu mensonger de ce point de vue. Certains tics de mise en scène agacent aussi (les écritures sur l'écran, les plans de remplissage, les images très sombres).

Un prophète est un film marquant, mais sur lequel plane cependant l'ombre d'un autre grand film carcéral récent : Hunger.


3e
 

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Inglourious basterds

Diane Kruger. Universal Pictures International FranceJe pensais à l'époque de Reservoir Dogs qu'avec Tarantino, trop ne serait jamais trop.

Pulp fiction me donnait raison, puis Jackie Brown aussi, dans un genre différent.

Ensuite les Kill Bill m'ont laissé perplexe. Déjà un peu trop de combattants (combien déjà, plus de cent ?), trop de scènes juxtaposées en oubliant que finalement un film est un tout, trop peu de sens en réalité. Trop de références cinéphiliques pour initiés. Le quasi anecdotique Boulevard de la mort m'avait franchement interpellé : que devenait Tarantino ? pourquoi la belle mécanique semblait elle tourner à vide ?

Inglourious Basterds ne (re)fait pas de Tarantino un cinéaste de premier plan. C'est un film qui est trop.

Trop long d'abord. Il faut attendre une bonne heure pour commencer à mordre, les deux premières parties sont totalement insipides. Et diablement bavardes : de longs tunnels de dialogues sans intérêt.
Trop caricatural : quand les archétypes écrasent les personnages, l'émotion ne peut plus être au rendez-vous : Mélanie Laurent, vous y croyez une seconde, vous ? (et je ne parle pas du Noir projectionniste, personnage ridicule)
Trop mièvre : la musique de chiotte (la version trafiquée de la lettre à Elise au début est probablement une tentative de singer le grand Ennio Morricone ?) alors que d'habitude la bande son est un point fort de l'univers de Tarantino. La course de Mélanie Laurent à travers champ ! Le second degré du second degré n'est jamais loin du n'importe quoi.
Trop facile : proposer une scène de scalp pour réveiller le public, faire tourner la caméra autour des personnages comme dans le début de Reservoir, mettre des incrusts pour préciser qui est qui, mettre deux ennemis en face l'un de l'autre se mettant mutuellement en joue (ou en testicule pour être plus précis) ...
Trop d'onanisme cinéphilique : le film est bourré de références (aux stars du cinéma allemand, au 12 salopards d'Aldrich, aux séries B italiennes - d'où vient le titre du film lui-même, au cinéma français sous l'occupation), mais ça sert à quoi ?

Trop trop.

Pas assez de rythme, de virtuosité, d'effet de surprise, de cohérence narrative, d'efficacité scénaristique, qui sont habituellement des marqueurs tarantinesques.

Le côté cartoon, qui fonctionne assez bien quand Tarantino reste dans l'univers mythologique américain, résiste assez mal au frottement à l'Histoire. Le problème n'est pas que le Hitler de Tarantino ne soit pas crédible, il est qu'il n'est pas intéressant.

Et l'uchronie que propose le film pose question : que veut elle dire, si Martin Wuttke. Universal Pictures International Franceelle veut dire quelque chose ? L'étape d'après c'est quoi : Tarantino à Buchenwald ? Pour dire quoi, pour faire naître quel type de sentiments ?

Bien sûr tout n'est pas nul : les performances d'acteurs tout d'abord, Christoph Waltz fabuleux et justement récompensé à Cannes, Brad Pitt, qui commence à exceller dans les rôles d'idiot (c'est à se demander). Et puis de temps en temps un éclair de génie (le visage de Mélanie Laurent dans la fumée) ou un zeste d'efficacité (le gunfight dans la cave). Les digressions sur la nourriture et les boissons en général. Le jeu sur les langues (avec mention spéciale pour l'italien).

Mais tout cela ne fait pas un grand film. Juste un Tarantino.

 

2e

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Loin du paradis

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/15/35/p2.jpgFrustrations d'une épouse modèle dans les années 50 aux US : cela vous rappelle quelque chose ?

Eh oui, Loin du Paradis n'est pas si loin du pensum académique de Sam Mendes : Les Noces Rebelles. Dans les deux cas, des cinéastes modernes mettent en scène des situations de mélodrames que d'autres ont parfaitement filmés avant eux.

Quel intérêt, en 2003 comme en 2009, de montrer l'aliénation d'une américaine des années 50 dont le mari est homosexuel, et qui se découvre un penchant pour un homme noir d'un autre milieu social - ce qui n'est pas très bien vu à cette époque, quelle surprise - dans le même style que les cinéastes de l'époque ?

Si les scènes d'homosexualité étaient montrées avec plus de réalisme, si le traitement chromatique de l'image était moins daté, si l'histoire d'amour entre Dennis Haysbert et Julianne Moore était plus développée, on pourrait y voir quelque intérêt.

Pour ma part, je me suis ennuyé ferme et n'ai vraiment jamais accroché, mais peut-être ma vision récente des chefs d'oeuvre de Douglas Sirk y est pour quelque chose : ce n'est pas dans les nouveaux chaudrons qu'on fait les meilleures (vieilles) soupes.

 

1e

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[REC]

Manuela Velasco. Wild SideLes Espagnols sont plus forts que nous pour les films d'horreur.

Témoin ce [REC] assez plaisant et qui a collectionné les récompenses (Gérardmer, Sitges). Le concept est à la mode (Le Projet Blair Witch, Cloverfield), c'est celui de la caméra subjective, c'est à dire que ce que vous voyez est sensé être ce qu'a filmé un des personnages du film. Ici le prétexte est un reportage de télévision sur les pompiers.

Malheureusement, la sortie nocturne de nos amis bomberos va mal tourner, on s'en doute.

L'équipe intervient dans un immeuble dans lequel crie une vieille femme. Rapidement les autorités interdisent aux occupants (et aux pompiers, et aux journalistes) de sortir. On subodore le pire, qui ne manque pas d'arriver : un sale virus rode et pas de mal de monde va être contaminé.

Cela ne fait pas vraiment peur, mais le début est assez intéressant. Disons, jusqu'à l'entrée du biologiste. Pendant cette période on ne sait pas trop où on est. On se moque gentiment des journalistes qui ne veulent jamais arrêter de filmer, le policier essaye de maintenir l'ordre, les changements de tempo sont assez prenants (je pense à ces interviews assez cocasses de tous les habitants lors d'un temps mort dans l'atelier de confection). Ensuite ça devient un peu grand guignol et on voit bien que les réalisateurs ont du mal à finir leur film.

Le scénario tire mieux parti de la caméra subjective que Cloverfield, à mon avis. 

 

2e

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Le temps d'aimer et le temps de mourir

Le film est tiré d'une oeuvre d'Erich Maria Remarque dont le titre est "Le temps de vivre et le temps de mourir".

Que Sirk, ou les producteurs, je ne sais pas, ai transformé vivre en aimer est symptomatique. En effet, rarement l'amour aura aussi bien été montré que dans ce film : Liselotte Pulver et John Gavin, tous deux très bons, nous proposent ce qu'il y a de plus pur, de plus absolu en matière d'amour.

Pour dire la vérité, je suis entré dans ce film à reculons : mon premier Sirk (Tout ce que le ciel permet) m'ayant passablement déçu.

Donc, je suis là par un soir d'été, un peu embêté par des ennuis professionnels et les moustiques, et puis, et puis .... le film m'entraîne. Au début, je me dis "c'est un mélo classique, il va se passer et ceci, et cela...". Et puis, rien ne se passe comme prévu, le scénario (excellent) nous emmène quasi systématiquement là où on ne pense pas aller. Chaque plan est anéanti, remis en question, par le suivant, dans une sorte de tourbillon brillant et vertigineux.

Le film est concentré sur une permission d'une vingtaine de jours, entourée au début et à la fin, de scènes de guerre. Et durant cette vingtaine de jours, c'est toute une vie qui va se jouer. A un moment un personnage secondaire dit à Gavin : "Tu as déjà dépensé 3 jours, ce qui représentent 10 ans d'une vie !".

Un scénario de première bourre, des acteurs principaux irrésistibles, des acteurs secondaires excellents, et une mise en scène exceptionnelle dans sa sobriété. Combien de mouvements de caméra sublimes ? d'images magiquement surréalistes (le corbillard abandonné, le cheval qui brûle, etc...) ? d'éclairs assourdissants de beauté ?

Un chef d'oeuvre, condensé de beauté pure.

 

4e

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Whatever Works

Woody Allen et Larry David. Mars DistributionAprès 4 films en Europe, comment Woody allait-il négocier son retour at home ?

En trouvant en Larry David, entre autre acteur pivot de la fameuse série Seinfeld sur HBO, son parfait alter ego. Vieux, suffisant, bavard, hypocondriaque, misanthrope, goujat, il est parfait au début du film.

Il s'adresse à la caméra et dialogue avec les spectateurs (qu'il est le seul à discerner, car il a une "vision globale" des choses). C'est un génie. C'est pourquoi il a le droit d'être ignoble avec les enfants à qui il enseigne les échecs.

Sa rencontre avec la jeune bêtasse de province est assez amusant, bien qu'improbable, et donne lieu à toute une série de sorties plus méchantes les unes que les autres de la part de notre insupportable héros. Il faut dire que Evan Rachel Wood parvient à camper un personnage d'une sottise incommensurable. Encore une petite jeunette bien sexy déniché par notre vieux Woody, hum.

Dans la deuxième partie du film les parents de la petite sotte apparaissent et, pour moi, le film perd progressivement de son intérêt, tant les modifications affectant le père et la mère sont totalement invraisemblables. Quelle morale veut donner Woody Allen à cette deuxième partie ? Que la force de vie est plus forte que le cynisme ? Que le plus important est de trouver sa voie et de se réaliser ? Plus le film glisse vers sa fin, et plus l'aspect moralisateur un peu mièvre s'amplifie.

J'aurais préféré un plus de noirceur, et de profondeur psychologique, à l'image du merveilleux Match Point, le meilleur film de Allen depuis des lustres.

 

2e

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Phénomènes

Affiche teaser américaine. 20th Century FoxPhénomènes est à l'image de la carrière de son réalisateur, Night Shyamalan.

Sixième Sens, son troisième film, mais celui qui a marqué sa rencontre avec le grand public était franchement réussi.

Même si les ficelles y étaient un peu grosses, il fonctionnait, et bien malin celui qui peut se targuer d'avoir vu arriver le twist final sans avoir été prévenu avant. Incassable présentait un petit intérêt. Les films suivants marquent une longue dégringolade se terminant avec le pénible Jeune fille de l'eau, puis ce tristounet Phénomènes.

Et bien, pour le film, c'est pareil. Commencement sur les chapeaux de roues avec des images intrigantes, bizarres. Un terrible virus se répand qui pousse ses victimes à se suicider. Une ambiance qui évoque un peu Hitchcock et de très loin le Spielberg de la Guerre des Mondes, sans le sens inné de l'entertainment de ce dernier, évidemment.
Et puis au bout de 20 ou 30 minutes, le film périclite, se délite progressivement, sous l'influence du jeu transparent de Mark Wahlberg (mais pourrait il en être autrement ?), de l'indigence du scénario, du ridicule des péripéties.

L'ensemble est enrobé d'une sorte de message écologique mièvre et se finit en eau de boudin avec une dernière scène ridicule à Paris.

Comme quoi une bonne idée ne fait pas un film, loin de là.

 

1e

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