Christoblog

Tenet

Il y a une chose qu'on ne peut pas enlever à Christopher Nolan : c'est sa faculté à pouvoir raconter n'importe quoi, tout en conservant la confiance d'une tribu importante de fans hardcore. Il n'y a guère que Jean Luc Godard, dans un tout autre genre, pour présenter cette même faculté, vis à vis d'un groupe d'aficionados évidemment fort différent.

Nolan propose ici un blockbuster qui a tous les attributs d'un James Bond (voyage au quatre coins du monde, méchants qui veulent la fin du monde, pyrotechnie spectaculaire et gadgets improbables), mais un Bond dont l'intrigue serait basée sur de délicats principes de physique (il est par exemple fait état du positron de Feynmann / Wheeler, si vous voyez ce que je veux dire).

Disons-le tout de suite : on n'y comprend rien. On a beau essayer de prendre les indications des personnages en compte, ce qu'on voit à l'écran n'est jamais complètement explicable d'une façon satisfaisante, en tout cas lors d'une première vision.  

Nolan dans tous ses films ou presque joue avec le concept du temps, mais il se prend ici les pieds dans le tapis en ajoutant des couches à des couches, de telle façon qu'on se perd totalement dans ses histoires d'étaux temporel intriqués les uns dans les autres, d'entropie inversée et autres joyeusetés. Pour qu'un film sur les paradoxes temporels fonctionne, il doit présenter une trame didactique qui permette d'entrer dans le film et d'éprouver des émotions issues de ce que l'on comprend (c'était le cas du modeste Looper par exemple). Nolan ne parvient pas ici à rendre crédible son fouillis temporel (même si celui-ci possède sa logique), à l'image de l'attaque finale, que la décomposition en équipe bleue et rouge rend totalement vaine. Sans parler de la fin abracadabrante.

Pour ceux qui souhaiteraient un autre exemple de film dans lequel le même type de principes est décliné (notamment le fait de se rencontrer soi-même) peuvent se procurer le méconnu Triangle de Christopher Smith, que Nolan a probablement vu.

Résumons-nous. Le film est dépourvu d'émotions, trop long et mal écrit. Le script est laborieusement scolaire. L'acteur principal, John David Washington (fils de son père) souffre d'un manque de charisme évident, heureusement compensé par l'excellente prestation en méchant de Kenneth Branagh. Nolan coche un certain nombre de cases en matière de diversité : les générations futures veulent nous éliminer parce qu'on s'est mal occupé de la planète, l'acteur principal est Noir, l'actrice principale n'a pas un physique courant dans les blockbuster, et c'est la femme indienne qui porte la culotte. Malheureusement, cela ne suffit pas à sauver le film d'une médiocrité poussive.

Le seul point réellement positif de Tenet me semble être la faculté à filmer les décors d'une façon qui campe immédiatement une ambiance. C'est peu.

Si vous avez aimé Inception, vous adorerez Tenet, et inversement : les deux films sont également clinquants, en partie stimulants et finalement décevants.

Christopher Nolan sur Christoblog :  Inception - 2010 (**) / Interstellar - 2014 (*) / Dunkerque - 2017 (**)

Pour aller plus loin :

- L'excellent article de Maxime, qui vous explique tout le plus clairement possible : Tenet : les clefs pour comprendre

- Un article dans lequel un scientifique donne un avis .... scientifique : Le films contient plusieurs paradoxes qui nuisent à sa cohérence 

- Une vidéo qui va très loin dans les interprétations au sujet du film, et qui vous dévoilera qui est réellement Neil : Tenet : Génie ou foutage de gueule

 

2e

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Koko-di koko-da

Koko-di koko-da est l'exemple parfait d'un film totalement raté, basé sur un concept qui pourrait être passionnant. 

Pour faire simple, le sujet est le deuil d'un enfant. Le concept est : la même scène loufoque, mélangeant des éléments fantastiques (les personnages d'un jouet pour enfant) et des aspects très réels (le père et la mère vont camper en pleine forêt), se répète un certain nombre de fois, avec des variantes différentes à chaque "rembobinage".

De ce que j'ai compris du film, cette répétition illustre le chaos mental du père, sa tentative de trouver une sortie au labyrinthe de douleur qui envahit son cerveau. 

D'après le dossier de presse qui vend presque le film comme un film d'horreur, les différentes péripéties sont censées être effrayantes, mais elles ne m'ont pas du tout fait peur.

Le premier moment de curiosité passé, on s'ennuie ferme devant cette historiette qu'on voit 7 ou 8 fois, sans que les variations présentées ne fassent sens. L'image est par ailleurs très laide, et la mise en scène inexistante.

C'est absolument creux, vide de sens et d'émotion. N'est pas Lynch qui veut.

 

1e

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Beloved

Présenté comme le deuxième volet du formidable Chained, Beloved n'a en fait pas grand-chose à voir avec l'autre film de Yaron Shani. 

Le personnage d'Avigail n'est en effet pas vraiment le principal personnage du film, et son mari Rashi n'apparaît pas. Ceux qui attendait donc un autre point de vue sur cette histoire de couple (et sur la fin dramatique que dessine Chained) seront décus.

Shani continue donc de nous égarer dans un labyrinthe de sensations et d'émotions qui dégage une impression de réalité confondante. En plus d'Avigail, on découvre dans Beloved deux nouvelles personnalités féminines d'une grande complexité, deux soeurs qui s'opposent frontalement alors que leur père se meurt. 

La faculté de Shani de restituer une ambiance s'avère ici encore exceptionnelle (la "retraite" qui regroupe toutes ces femmes qui cherchent tendresse et compréhension) et la violence de certaines scènes (la dispute principale entre les deux soeurs) est sidérante.

C'est du grand cinéma, même si j'ai été un poil moins enthousiaste que devant la sombre compacité de Chained, du fait de certaines longueurs. Dans quelques semaines, un troisième film de la même série, Stripped, sera sur nos écrans, j'en salive d'avance.

Yaron Shani sur Christoblog : Ajami - 2010 (****) / Chained - 2020 (***)

 

3e

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The perfect candidate

Après un détour bizarre vers le cinéma britannique (le passé inaperçu Mary Shelley), Haifaa Al Mansour revient tourner en Arabie saoudite, dans un esprit qui rappelle celui de son premier film très réussi de 2013, Wadjda.

On suit donc ici les mésaventures de Maryam, jeune médecin qui se trouve embarqué par hasard dans une élection municipale, parce qu'elle voulait simplement goudronner la route qui mène à sa clinique. Bien entendu, elle va devoir se heurter à la perplexité incrédule de la population (masculine, mais pas seulement) et va devoir affirmer sa détermination.

En parallèle de cette histoire plaisante, mais balisée, on suit également son père, veuf inconsolable qui se réfugie dans la musique et va, lui aussi, vivre une émancipation libératrice.

Le tout est rondement mené, éminemment sympathique, et se suit avec une curiosité amusée : on ne voit pas si souvent la vie quotidienne de l'upper middle class saoudienne, et les méthodes de Maryam (réussir une campagne électorale en 10 points) sont parfois à la limite du burlesque.

Dans ce film où personne n'est méchant, la figure éclatante de l'actrice Mila Alzahrani irradie la pellicule. Un chouette divertissement.

Haifaa Al Mansour sur Christoblog : Wadjda - 2013 (****)

 

3e

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L'infirmière

De film en film, Koji Fukada construit une oeuvre riche et singulière, qui en fait un des réalisateurs les plus intéressants au niveau mondial. 

Après la violence feutrée et intense de Harmonium, et le climat élégiaque de Au revoir l'été, le réalisateur japonais s'essaye ici à un exercice de style hitchockien de très haut niveau. Comme maître Alfred, Fukada parvient ici à brouiller les pistes d'une façon limpide, tout en ne psychologisant jamais : l'avancée de l'intrigue ne résulte que de la succession des évènements à l'écran, et non de l'expression des sentiments des personnages.

Elégance de la mise en scène, sûreté du jeu d'acteurs, richesse et profondeur des thématiques abordées, précision du montage et du son : le film est intellectuellement jouissif et raisonnablement pervers. 

A noter que c'est l'une des premières fois où je vois évoquée (même indirectement) l'homosexualité féminine dans un film japonais contemporain. 

Je le conseille vivement.

Koji Fukada sur Christoblog : Au revoir l'été - 2014 (***) / Harmonium - 2017 (****)

 

3e

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Light of my life

Survival sous lexomyl, film apocalyptique du quotidien, Light of my life rappelle plein de films différents (La route, Les fils de l'homme, Captain Fantastic), sans ressembler vraiment à aucun.

Résumons brièvement le propos du film : une épidémie méchamment sexiste a éliminé toutes les femmes de la Terre. Enfin, presque. La petite Mar n'est pas morte, et erre avec son papa (le gentil Casey Affleck) qui la fait passer pour un garçon pendant qu'il le peut encore (la puberté menace).

C'est un peu près tout. Le film consiste donc à suivre les déambulations plus ou moins erratiques du couple père/fille, entrecoupées de rencontres par forcément agréables avec différents protagonistes.

L'atmosphère du film est douce, paisible et comme recueillie. Ce qui intéresse Affleck, c'est la description de la relation père fille plutôt que l'esbrouffe violente (même si certaines scènes sont très prenantes). La forêt est particulièrement bien filmée et les flash-backs dans lesquelles apparaît la mère disparue (Elizabeth Moss, l'actrice de La servante écarlate, tiens, tiens) sont apaisants.

Malgré toutes ses qualités, surtout formelles, on ne peut pas nier que le film pourra ennuyer un peu du fait de sa longueur exagérée. Mais c'est globalement de la belle ouvrage, dans le genre "maniaco-dépressif en pleine nature".

 

2e

 

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Family romance, LLC

Dans Family romance, LLC, Werner Herzog multiplie les mises en abyme.

Le film est une fiction qui raconte comment au Japon on peut louer les services de comédiens pour jouer des proches dans certaines occasions.

Mais cette fiction flirte avec le documentaire : l'acteur principal est en réalité le patron de la firme en question, et on peut penser que plusieurs scènes sont directement tirées d'expériences réelles. Comme Herzog opte pour une esthétique vidéo assez laide et comme filmée au téléphone portable (350 minutes de rush seulement !), le film dégage une ambiance de docu-fiction ambivalente.

Le résultat est inégal mais très intéressant. Le début du film est fascinant. Herzog y démontre une fois de plus son appétit vorace de faire oeuvre de cinéma : les émotions explosent à l'écran, chaque moment apparaît comme potentiellement d'anthologie (la scène où un employé de l'agence joue le rôle du père de la mariée, par exemple). On est saisi par un vertige qui résulte du contraste entre l'extrême formalisme des relations au Japon et le côté profondément mélancolique des situations qui se jouent devant nos yeux.

Malheureusement, le film s'affaiblit un peu en son milieu et se délite progressivement jusqu'à une dernière scène un peu tirée par les cheveux, dont on peine même à comprendre le sens. 

L'ensemble est tellement saisissant dans son propos comme dans sa forme que Family Romance, LLC mérite tout de même d'être vu.

 

2e

 

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Le sel des larmes

Philippe Garrel fait toujours un peu le même film : noir et blanc plutôt classe, états d'âmes parisiens, dialogues assez littéraires.

Bref, du cinéma d'un autre siècle diront certains, qui me laisse habituellement assez perplexe.

Dans cet opus toutefois, les errances rohmériennes du personnage principal se teintent de nuances plutôt inaccoutumées chez Garrel : une cruauté distanciée parfois brutale, une escapade en province, une belle relation au père, un personnage principal qui exerce un métier manuel (ébéniste),  une ouverture à des acteurs/trices d'origines diverses.

Le résultat est un film très agréable qui nous surprend souvent et qui parfois nous ébloui par l'excellence de sa mise en scène. Des trois "segments" du film, chacun centré une femme (Djemila / Oulaya Amamra, Geneviève / Louise Chevillote / Betsy / Souleyla Yacoub) le premier est le plus beau. Le coup de foudre entre Luc et Djemila est superbement évoqué, et l'actrice de Divines révèle ici un talent réel, dans une composition à l'opposé de celle qui lui a valu de se faire connaître.

Mon film préféré de Philippe Garrel à ce jour.

Philippe Garrel sur Christoblog : La jalousie - 2013 (**) / L'ombre des femmes - 2015 (**)

 

3e

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Madre

Madre, exercice de style bien léché, confirme que Rodrigo Sorogoyen est un réalisateur doué et maniériste.

Doué d'abord, parce qu'on ne peut pas nier que sa mise en scène soit efficace, par moment tellement belle que cela en devient gênant : quelques plans semblent guidés plus par une volonté de "faire beau" que d'exprimer quelque chose.

Maniéré, parce que le film se complait dans une sorte de lenteur sourde et sentencieuse, comme El reino semblait vouloir nous égarer dans une excitation de tous les instants. Dans les deux cas, il s'agit, j'imagine, de refléter les états d'âmes des personnages principaux, quitte à paraître parfois un peu scolaire.

Personnellement, j'ai eu un peu de mal à adhérer à l'histoire qui m'était proposée. Probablement parce que l'ambition du film me semble se résumer à son programme clairement exposé dès les premières minutes du films (voire dès son premier plan) : le deuil va être long, compliqué et douloureux. Peut-être aussi parce que les personnages me semblent trop corsetés dans des postures qui n'évoluent pas tout au long du film, et qui sont souvent très caricaturales. Enfin, parce que le film est trop long de trente minutes.

Je reconnais toutefois que certaines scènes ne manquent pas de brio, comme celle du début, ou celle du repas avec l'ex-mari. Bien que téléguidée, la prestation de l'actrice Maria Neto, mérite aussi d'être vue. Elle a d'ailleurs reçu un prix à Venise.

Rodrigo Sorogoyen sur Christoblog : Que Dios no perdone - 2017 (*) / El reino - 2019 (***)

 

2e 

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Chained

Incroyable vitalité du cinéma israélien, qui nous propose ici un petit chef d'oeuvre plein d'intensité et de variété.

En suivant l'itinéraire de cet ours mal léché (je ne peux pas m'empêcher de penser au Denis Ménochet de Jusqu'à la garde), on parcourt à la fois le spectre de la masculinité bafouée, et celui de la société israélienne.

C'est puissant, excellemment filmé, magnifiquement interprété, et intrigant au possible. On a hâte de découvrir le deuxième volet de ce tableau du couple moderne, Beloved.

A signaler que le réalisateur de ce film est également l'auteur d'une oeuvre trop injustement méconnue, l'exceptionnel Ajami.

Foncez-y, c'est un des meilleurs films actuellement sur les écrans.

 

3e

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Tout simplement Noir

Si l'entreprise est louable (faire à la fois rire et réfléchir sur le thème de "Qu'est ce qu'être Noir aujourd'hui en France"), le film de Jean Pascal Zadi et John Wax ne m'a pas entièrement convaincu.

Au rayon des points positifs : une volonté d'autodérision qui fait souvent mouche. L'esprit de Candide est vraiment présent dans ce film, à travers toute une série de velléités militantes qui, justes dans l'esprit de notre anti-héros, se heurtent à leur contraire, ou à une autre cause tout aussi juste.

Le film est de ce point de vue très malin en renvoyant tous les acteurs à leur propre conception du racisme (ou de l'anti-racisme). Rien n'y est simple et tout mérite d'être contextualisé : c'est la morale du film.

A l'aune de cette recherche de sens souvent pertinente, la qualité comique du film ne mérite pas d'être vraiment relevée, et a sûrement fait l'objet d'une survente dans la presse. En effet, le film n'est pas vraiment drôle. La suite de sketchs avec célébrités qu'il propose sera diversement appréciée suivant les goûts de chacun. Pour ma part, j'ai par exemple vraiment trouvé l'escalade avec Fabrice Eboué et Lucien Jean Baptiste assez géniale, alors que l'intervention d'Eric Judor m'a laissé de marbre.

Tout simplement Noir tente sur la fin un virage à 180 degrés vers le sérieux à travers une agression de policiers blancs, filmée avec le plus grand sérieux. On sait que le film a été imaginé et tourné avant les évènements ayant suivi la mort de George Floyd, mais ce moment m'a laissé un goût amer dans la bouche, celui d'un opportunisme en décalage de phase. C'est sûrement injuste, mais je n'ai pu m'empêcher de penser que cette scène, toute en rupture de ton, nuisait au film plutôt que l'inverse.

Chacun se fera son opinion sur ce dernier point, mais au final Tout simplement Noir est suffisamment original pour mériter d'être vu.

 

2e

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Eté 85

Le nouvel Ozon est une gentille bleuette, qui veut se donner des airs de suspense hitchcokien.

Si la première partie se laisse regarder sans déplaisir (l'ambiance du bord de mer, les flashforwards qui entretiennent un suspense, la tension du coup de foudre), la seconde déçoit par sa plate conformité.

Les réactions des uns et des autres sont à la fois prévisibles et ridicules. Si les deux acteurs principaux jouent leur partition avec conviction, il faut signaler que tous les seconds rôles sont très mauvais : Valeria Bruni Tedeschi surjoue terriblement, Philippine Velge est horripilante, Isabelle Nanty et Laurent Fernandez ne semblent pas quoi faire à l'écran, Melvil Poupaud n'est pas crédible pour un sou.

Le film n'évite pas alors le ridicule le plus absolu, lors de la pitoyable scène de la morgue, très mal jouée et mise en scène.

Ozon peine à maintenir son intrigue tout au long d'un long métrage : il lui faut l'entretenir par de sinueux détours qui ne passionnent pas (l'écriture de l'histoire, la relation au prof), alors que l'ambiance charmante du début se délite doucement.

François Ozon sur Christoblog :   8 femmes - 2001 (**) / Swimming pool - 2003 (**) / Potiche - 2010 (***) / Dans la maison - 2012 (**) /  Jeune et jolie - 2013 (*) / Une nouvelle amie - 2014 (***) /  Frantz - 2016 (***/ L'amant double - 2017 (**) / Grâce à Dieu - 2019 (****)

 

2e

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Concours Nina Wu : Gagnez 5 DVD

A l'occasion de sa sortie le 7 juillet, je vous propose en partenariat avec Epicentre de gagner 5 exemplaires du DVD du film de Midi Z, Nina Wu.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : quelle est la nationalité du réalisateur 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 17 juillet 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le coffret DVD envoyé par le distributeur. NB : un des deux DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Les parfums

Voici un film qui ne présente aucun défaut majeur. Ni aucune qualité notable.

J'ai donc beaucoup de mal à en dire du mal : l'interprétation est très solide (Emmanuelle Devos et Grégory Montel sauvent le film), la mise en scène inodore, le scénario inoffensif. 

J'ai aussi du mal à en dire du bien : le film ne présente quasiment aucun intérêt, à part celui d'être dans une salle de cinéma à regarder une histoire sans grands enjeux, sans sexe, sans amour, sans violence, sans exposition de la réalité sociale contemporaine, sans suspense mais raisonnablement bien filmée.

Le film s'égare un peu entre différents sujets anodins (le père divorcé en mal de reconnaissance, l'anosmie comme maladie professionnelle). Comme c'est fait avec beaucoup de conscience professionnelle et de modestie, Les parfums nous incite à la bienveillance critique.  

A vous de voir.

 

2e

 

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L'homme de Rio

La dernière fois que j'ai vu ce film, je devais avoir douze ou treize ans. Inutile de dire que je ne me souvenais pratiquement de rien, si ce n'est d'une sorte de pétillement de champagne permanent.

Revoir L'homme de Rio quarante après procure une drôle de sensation. Si l'impression de vitesse permanente est toujours bien là, générée à la fois par les mouvements de caméra, le jeu des acteurs et la science du montage, il faut reconnaître que le film n'a pas tout à fait bien vieilli. 

Il faut d'abord dire que le scénario n'est pas très intéressant, et qu'il est servi par des dialogues minimum. La qualité technique de l'image et du son m'a paru également très moyenne : le film mériterait une bonne restauration (à moins que ce soit mon DVD TF1 Video !).

Le plus impressionnant dans le film de De Broca, c'est la présence physique de Jean-Paul Belmondo, véritable monstre d'énergie, musculeux et puissant. Il y a quelque chose de surnaturel en lui, y compris quand il se contente de marcher.

L'autre caractéristique du film qui frappe aujourd'hui, c'est sa naïveté joyeuse, réjouissante dans le dépouillement total qui est celui dans lequel se déplace Adrien, et symbolisée par la fameuse voiture rose aux étoiles vertes.

Une friandise désuète, dans l'esprit assez proche de la naïveté déterminée qu'on trouve chez Tintin.

 

2e

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Dark waters

Dark waters, s'il n'est pas un chef d'oeuvre, est un exemple de ce que le cinéma peut produire de plus riche et de plus gratifiant pour le spectateur.

Tout est en effet porté à haut niveau d'excellence dans ce dernier film de Todd Haynes. On savait ce dernier grand styliste, mais il porte ici l'art de la mise en scène à son plus haut niveau : tout est habile, beau, stylé dans ce que Haynes propose, des couleurs magnétiquement grisâtres aux plus subtils mouvements de caméra. 

L'interprétation de Mark Ruffalo atteint ici une intensité inusitée (même si dans Spotlight et Foxcatcher, il était déjà formidable), pleine de failles et de creux. Rarement la sourde obstination d'un justicier laborieux aura trouvé si parfaite illustration.

L'aspect documentaire donne au film une profondeur incroyable : rien n'y est simple, tout y est long. 

Pas forcément facile d'accès, Dark waters enthousiasme par sa puissance et sa densité. Un must de 2020.

Todd Haynes sur Christoblog : Loin du paradis - 2002 (*) / Carol - 2015 (*) / Le musée des merveilles - 2017 (****)

 

4e 

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The big Lebowski

Il est toujours intéressant de se frotter à la vision tardive d'un prétendu "classique". C'est pourquoi, profitant d'une offre FNAC avantageuse, j'ai visionné hier soir l'archétype du film culte, The big Lebowski.

On voit très vite pourquoi le film des Coen bénéficie de cet aura quasi-magique : son héros est un parangon de coolitude et le style des Coen amplifie cette coolitude à la puissance dix (les passages oniriques, la bande-son, les contrastes avec les mecs "pas cool"). Quelques vieilles recettes (le buddy movie entre deux personnages assez dissemblables, des punchlines qui établissent une légende, des têtes de turc que tout le monde aime détester - comme les Eagles) et le tour est joué.

Le résultat est certes un film agréable, qui se regarde sans déplaisir, mais qui au final paraît un peu daté et dont les vives couleurs peinent à masquer la vacuité narrative et émotionnelle. L'intrigue est loin d'être passionnante et les références sont écrasantes : en gros le film tente d'être un Grand sommeil sous weed.

Ce n'est donc pas The big Lebowski qui va me faire changer d'opinion sur les Coen, qui m'ont toujours paru être d'habiles faiseurs surcôtés, qui parviennent souvent à être en légère avance de phase sur leur époque, ce qui explique leur succès.

Les frères Coen sur Christoblog :  No country for old men - 2007 (**) / Burn after reading - 2008 (**) / A serious man - 2009 (*) / True grit - 2010 (*) / Inside Llewyn Davies - 2013 (**) / Ave César ! - 2016 (*) 

 

2e 

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Cancion sin nombre

Sans sa sélection à la Quinzaine des réalisateurs en 2019, difficile d'envisager un accès aux salles françaises pour ce film péruvien assez pointu, tourné en noir et blanc et dans un format 4:3, et racontant la sordide histoire d'une mère dont on vole le nourrisson. Dans ce cas comme dans beaucoup d'autres, le Festival de Cannes prouve sa vocation essentielle de passeur, toutes sections confondues.

Cancion sin nombre est donc d'une grande beauté formelle. Tourné dans un noir et blanc plutôt gris, au grain un peu épais qui rappelle plus Bela Tarr que le piqué incroyablement précis de Roma, le film enchante souvent par la symétrie de ses plans, la sourde poésie qui s'échappe des paysages désolés comme des tableaux urbains de la pauvreté quotidienne, sa mise en scène élégante, sa façon triste de donner à voir un écran obstinément obscur, dans lequel on distingue à peine deux nuances de noir, ou la fragile lueur d'une bougie.

Une fois dit la splendeur de l'expérience visuelle, il faut reconnaître que le reste laisse à désirer, même si le montage est assez alerte, les acteurs convaincants et l'histoire intéressante. C'est que le scénario peine à unifier les différentes histoires montrées (la maman désespérée, l'histoire d'amour du journaliste gay, son enquête parcellaire). 

Au fur et à mesure que le film avance, il est de plus en plus évident que son horizon ultime est la perfection formelle plus que tout autre chose : c'est sa limite.

 

2e 

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L'ombre de Staline

Pas facile de comprendre comment ce film, pourtant basé sur une histoire extraordinaire, parvient à être si décevant.

Peut-être faut-il dans un premier lieu chercher du côté de sa structure. Le scénario semble hésiter entre plusieurs option (la rencontre amoureuse, la rigueur historique, le souffle épique) et esquisse plusieurs pistes, dont aucune ne sera véritablement creusée (la rencontre avec Georges Orwell, les imbroglios politiques). Au final l'impression que laisse le film est un intense goût d'inachevé.

Côté mise en scène, Agnieszka Holland s'avère particulièrement peu inspirée : plans de coupe répétitifs sur des trains en marche, effets récurrents particulièrement lourds (accélérations, vitres fragmentées...), montage indolent.

Heureusement que l'interprétation est globalement plutôt bonne : cela sauve le film du naufrage. Peter Sarsgaard est notamment très bon. 

L'ombre de Staline est une succession de scènes qui voudraient être autant de morceaux de bravoure mais dont aucune ne parvient vraiment à nous emporter (seule l'expédition infernale dans l'Ukraine gelée réveille l'intérêt du spectateur)

 

2e 

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Concours La rumeur : gagnez 2 coffrets (Terminé)

A l'occasion de sa sortie le 24 juin, je vous propose en partenariat avec Wild Side de gagner 2 exemplaires du mediabook du trop méconnu film de William Wyler, La rumeur.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : quelles sont les deux actrices de La rumeur 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 10 juillet 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le coffret DVD envoyé par le distributeur. NB : un des deux DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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