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Christoblog

Concours DVD Rafiki (Terminé)

A l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 4 exemplaires du DVD du très beau film de Wanuri Kahiu, Rafiki. 

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : "Dans quel pays se déroule Rafiki ?"

- joignez votre adresse postale

- envoyez moi le tout par ici

avant le 30 janvier 20 h.

Un tirage au sort départagera les gagnants.

Vous recevrez ensuite le DVD envoyé directement par le distributeur.

NB : un des quatre DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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Doubles vies

Le dernier Olivier Assayas mêle de façon assez grossière une réflexion lourdingue (et déjà datée) sur la révolution numérique et des histoires quelconques de coucheries entre bobos.

Sur le premier sujet le film se contente d'enfiler les poncifs tout au long de séquences verbeuses et de longs exposés didactiques qui sonnent particulièrement faux. Cela donne des débats de haute volée dans le genre : "Une liseuse ne remplace pas la bonne odeur du papier ", suivi de :  "Oui, mais on peut partir avec plus de livres en vacances". Passionnant.

Les interactions entre les personnages sont absolument inintéressantes. On retrouve une jeune fille bisexuelle et carriériste qui semble le clone de Kristen Stewart, jouée par une Christa Théret transparente, un Vincent Macaigne égal à lui-même en écrivain raté et une Juliette Binoche en roue libre. Guillaume Canet est un tout petit peu plus intéressant que d'habitude, mais c'est surtout le personnage jouée par l'excellente Nora Hamzawi qui empêche le film d'être complètement nul.

En ce qui concerne le cadre, on navigue dans un univers bourgeois bon chic bon genre sans caractère : propriétés cossues, villa de bord de mer et appartements parisiens platement filmés. La mise en scène est paresseuse.

Tout cela sent l'entre-soi chichiteux, le rance et le roussi. 

N'est pas Alain Resnais qui veut. Le marivaudage sonne ici triste et même pas cruel.

Olivier Assayas sur Christoblog : Après mai - 2012 (*) / Sils Maria - 2014 (****) / Personal shopper - 2016 (**)

 

1e

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Border

Mieux vaut ne rien savoir de ce film avant d'aller le voir. Cette formule est un peu surfaite, mais elle est ici véritablement appropriée, tellement la découverte progressive de l'intrigue construit le plaisir qu'on éprouve.

Du coup, je suis bien embêté pour vous parler des qualités de Border ! Peut-être me faut-il insister sur l'interprétation hallucinante  (je me retiens, mais j'ai très envie d'écrire ce mot en majuscule) des deux interprètes principaux (Eva Melander et Eero Milonoff), qui signent là une sorte d'exploit hors catégorie.

Mais je pourrais tout aussi bien évoquer la progression implacable et absolument maîtrisée du scénario, la rigueur du montage, la solidité de la mise en scène et peut-être surtout une capacité scandinave hors du commun à faire ressentir le contact avec la nature et les éléments.

Il y a dans Border une grande part des qualités de Morse : c'est normal, les deux films sont tirés d'oeuvre du même écrivain, John Alvide Lindqvist. On retrouve dans les deux films cette capacité à faire survenir l'impensable du quotidien, et celle de dessiner des personnages qui sont foncièrement attachants tout en étant fondamentalement différents.

Le premier choc de 2019.

 

 4e 

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Concours DVD Thunder road (Terminé)

A l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 4 exemplaires du DVD du film de Jim Cummings, Thunder road. 

Pour ce faire :

- citez une de mes cinq chansons préférées de Bruce Springsteen

- joignez votre adresse postale

- envoyez moi le tout par ici

avant le 24 janvier 20 h.

Un tirage au sort départagera les gagnants.

Vous recevrez ensuite le DVD envoyé directement par le distributeur.

NB : un des quatre DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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Shéhérazade

Derrière ce titre qui évoque un orient féérique, se cache un premier film âpre, dérangeant par son aspect documentaire sans concession, oppressant par sa progression dramatique.

On suit Zachary, 17 ans, à sa sortie de prison : une mère peu présente, des amis un peu voyous, l'expérience de la rue. Zachary tombe amoureux d'une jeune fille de 15 ans qui se prostitue, et devient son proxénète. L'histoire d'amour est belle, mais semble vouée à mal se finir. Les embrouilles vont inévitablement survenir, au fil d'un engrenage implacable et parfois shakespearien. 

Shéhérazade brille d'abord grâce à ses acteurs : tous non professionnels, choisis lors de castings sauvages, ils sont rayonnant de naturel. La façon dont le réalisateur Jean Bernard Marlin filme les bas-fonds de Marseille est quant à elle sidérante de vérité. Une fois accoutumé à l'accent mélangé au langage des cités et à l'image un peu sale, on est viscéralement immergé dans ces décors de chambre délabrée, de prostitution de rue et de foyers de placements.

En parvenant à montrer les traces d'enfance qui subsistent chez les deux personnages principaux, le film remue et captive : il est à la fois pesant et aérien, triste et joyeux, à l'image de la dernière scène, magnifique.  

 

3e

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L'homme fidèle

Il y a quelque chose de platement germanopratin dans L'homme fidèle : un manque d'ambition dans la mise en  scène, un quant-à-soi satisfait et ronronnant, un réseau de références qui essaye de tenir lieu de talent.

Dans ce film, tout le monde est le quelqu'un de quelqu'un de connu  : Louis Garrel (fils et petit-fils de), Lily-Rose Depp (doublement fille de) et Laetitia Casta (compagne de l'acteur principal / réalisateur).

Le résultat est sans saveur et sans relief. Il comprend deux bonnes idées de scénario non développées (le prétendu meurtre du père et le pari de jeter son homme dans les bras de sa rivale), et pour le reste il se contente d'empiler des scènes superficielles, quelque part entre le marivaudage à la Emmanuel Mouret (sans sa perversité) et le spleen truffaldien (sans sa profondeur, malgré l'usage abondant de la voix off).

Ce n'est pas vraiment désagréable, mais on oublie L'homme fidèle dans les trente minutes suivant sa projection.

Louis Garrel sur Christoblog  : Petit tailleur - 2010 (***) / Les deux amis - 2014 (**)

 

2e

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Asako I&II

Il faudra sûrement compter avec Ryusuke Hamaguchi dans les années à venir. Après son très intéressant Senses en cinq épisodes, le voici qui est directement sélectionné en compétition au Festival de Cannes 2018 avec ce nouveau film. Pas sûr d'ailleurs que cet honneur ait parfaitement servi ce film en demi-teinte, tout en subtilité, qui se serait probablement mieux apprécié dans un cadre non-compétitif.

Une sorte d'ambiance surnaturelle préside d'abord à la rencontre de Asako et Baku, avant qu'un saut temporel nous projette dans le quotidien d'Asako et de son mari, Ryohei, qui ressemble beaucoup à Baku. La vie de tous les jours est montrée, comme souvent chez Hamaguchi, avec précision et subtilité. On suit donc d'un oeil mi-distrait mi-curieux cette histoire dont on ne saisit pas réellement le propos.

Le réalisateur s''ingénie d'ailleurs à multiplier les fausses pistes dramaturgiques : à chaque fois qu'on prévoit un rebondissement, celui-ci n'arrive pas, jusqu'au moment où celui qu'on n'attendait plus ... arrive, lors d'une scène d'une rare puissance. La deuxième partie du film est du coup plus intéressante que la première, et l'ensemble forme un ensemble tour à tour amoral, féministe, poétique et presque surnaturel.

Asako I&II laisse une drôle d'impression lancinante : celle d'avoir semé une myriade de signes dont on aurait perçu qu'une partie.

Ryusuke Hamaguchi sur Christoblog : Senses - 2018  (***)

 

2e

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Wildlife - une saison ardente

Le premier film en tant que réalisateur de l'acteur Paul Dano est une réussite formelle.

Wildlife propose une reconstitution convaincante des années 60 dans un coin perdu du Midwest. La photographie est somptueuse, à tel point que certains plans rappellent irrésistiblement des tableaux d'Edouard Hopper.

La composition du jeune Ed Oxenbould, impuissant spectateur de la déliquescence du couple parental, est très solide. Jake Gyllenhaal ne fait pas grand-chose et le fait bien, Carey Mulligan en fait plus, avec beaucoup de mobilité dans le visage, comme à son habitude.

Malgré quelques tics de mise en scène, le résultat est plutôt intéressant à regarder, dans un mode vaguement féministe et agréablement allusif. L'intrigue n'est guère développée, mais ce n'est pas très grave, Wildlife est avant tout un film d'ambiance. 

 

2e

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Miraï, ma petite soeur

A ceux qui, comme moi, ont été estomaqués par l'ampleur et le foisonnement imaginatif des films précédents de Mamoru Hosoda, Miraï, ma petite soeur pourra peut-être apparaître comme une œuvre mineure, voire décevante.

En effet ici peu d'effets spéciaux, de mondes parallèles ou de monstres protéiformes, mais la simple immersion dans la psyché d'un petit garçon de quatre ans qui vient d'avoir une petite sœur. L'exercice est donc minimaliste, et il faut l'incroyable talent de Hosoda pour tenir la distance d'un long-métrage.

Pour réussir ce qui tient d'une gageure, le réalisateur japonais (qui s'affirme de plus en plus comme le successeur de Myiazaki dans le Panthéon de l'animation nippone) utilise toutes sortes de subterfuges délicats : l'architecture incroyable de la maison qui permet nombre de pirouettes, des aller-retours dans le temps d'une grande beauté et une mise en scène très cinématographique qui joue superbement sur les cadres et la profondeur de champ.

Le résultat est un condensé de poésie et de délicatesse. A conseiller en cette période de Noël. 

Mamoru Hosoda sur Christoblog : Summer Wars - 2010 (****) / Le garçon et la bête - 2016 (***)

 

2e

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Monsieur

Beaucoup de délicatesse dans ce premier film indien de Rohena Gera, qui montre avec une grande subtilité la naissance d'un sentiment amoureux entre une domestique et son employeur. 

Monsieur a ceci de très plaisant qu'il évite tous les pièges inhérents à ce type d'histoire : il n'est ni larmoyant, ni misérabiliste, ni angélique, ni trop stigmatisant pour la société indienne.

Sa force est de donner à voir un personnage féminin d'une force exceptionnelle, qui génère très progressivement la curiosité, l'admiration puis l'amour chez le jeune homme. Rohena Gera analyse avec une acuité rare ces petits moment où les sentiments changent de nature.

Mumbai et l'appartement dans lequel se déroule l'histoire fournissent un bel écrin à cette jolie histoire, qui regorge de scènes subtiles et parfois très prenantes, à l'instar de cette scène de danse dans la rue, qui constitue un tournant dans la relation du couple (sûrement parce que les corps y prennent la première fois le pas sur les esprits).

Une franche réussite. 

 

3e

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Au bout des doigts

Au bout des doigts est un film très qualité française. J'entends par là qu'il a les qualités et les défauts classiques du cinéma français milieu de gamme :  une interprétation solide, un scénario charpenté mais vulgaire, des seconds rôles sacrifiés et une bonne utilisation des décors.

Deux éléments permettent au film de se distinguer. Tout d'abord une façon de filmer la musique classique exceptionnelle. On est vraiment absorbé par la force de la musique et l'implication de Jules Benchetrit (oui, c'est le fils de Samuel Benchetrit et Marie Trintignant). Sous cet angle il y a un petit peu de Whiplash dans le film de Ludovic Bernard. L'autre point fort d'Au bout des doigts, c'est Kristin Scott Thomas, comme toujours formidable.

Le dynamisme de la mise en scène et l'élan amoureux pour la musique classique qui traversent le film finissent par l'emporter (de peu) sur la gêne provoquée par les énormes ficelles du scénario.

Un respectable film de dimanche soir sur TF1.

 

2e

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Concours Monsieur : gagnez 5x2 places (Terminé)

A l'occasion de la sortie le 26 décembre du film de Rohena Gera, je vous propose de gagner 5 x 2 invitations valables partout en France.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : "Dans quelle ville se déroule l'action du film ?"

- joignez votre adresse postale

- envoyez moi le tout par ici

avant le 25 décembre 20 h.

Un tirage au sort départagera les gagnants.

Vous recevrez ensuite les invitations, envoyées directement par le distributeur.

NB : un des deux lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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Derniers jours à Shibati

Il est rare de pouvoir profiter au cinéma d'un documentaire de la qualité de ce moyen-métrage (59 minutes), malheureusement mal distribué.

Le réalisateur, Hendrick Dussolier, filme sur la durée (les séquences sont séparées de périodes de plusieurs mois) la disparition d'un vieux quartier insalubre situé en plein coeur d'une de ces tentaculaires et inquiétantes mégapoles chinoises.

Il s'attache principalement à trois personnages (un coiffeur, un jeune garçon et ses parents, une vieille dame formidable qui se fait appeler Lotus blanc), en les montrant tout d'abord dans leur quartier délabré mais plein de vie, puis migrant vers d'autres habitations plus modernes mais complètement déshumanisées.

Tout est formidable dans Derniers jours à Shibati : la vivacité de la caméra, l'attention portée à ces petits moments volés qui rendent le cinéma documentaire inestimable (comme cette séquence montrant la mère qui n'ose pas monter dans un ascenseur), la délicatesse avec laquelle les habitants sont filmés. 

On entre dans le film progressivement, apprivoisant ce milieu très dépaysant en même temps que le réalisateur, qui au début ne comprend rien, car il ne parle pas chinois et n'a pas d'interprète, puis s'attachant progressivement aux personnages principaux du film. A la fin de la projection, Lotus blanc est un peu devenue notre grand-mère de coeur, et on aimerait bien savoir si le petit garçon se fera de nouveaux amis.

En plus d'être profondément humain, Derniers jours à Shibati donne aussi à voir la puissance de la machine administrative chinoise dans sa dimension orwellienne terrifiante.

C'est magistral.

 

 4e 

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Utøya, 22 juillet

Il y a dans la démarche du réalisateur Erik Poppe une fausse modestie qui rend son film insupportable.

Pour faire simple, disons que la caméra suit en temps réel et en un seul long plan-séquence une jeune fille durant les 72 longues minutes que durèrent le massacre sur l'île d'Utøya, le 22 juillet 2011. 

Cela pourrait paraître modeste, mais le dispositif tourne vite à la performance : Erik Poppe semble très absorbé par la façon dont il va faire bouger sa caméra, quitte à filmer des choses insignifiantes pour meubler. Comme il fait de son personnage principal une bonne samaritaine qui veut sauver tout le monde (contrairement aux autres jeunes gens qui courent dans tous les sens d'un bout à l'autre du cadre), on doute vite du réalisme de ce qu'on voit, ce qui est un comble quand on sait que le film s'inspire de témoignages des victimes.

On n'est donc pas très à l'aise en regardant le film, malaise aggravé par la séquence où l'on voit une jeune fille mourrir lentement en direct, filmée avec beaucoup de complaisance et des effets très maladroits (la maman appelle sa fille pile au moment où celle-ci vient de rendre l'âme). Utoya, 22 juillet qui aurait pu être un bel hommage aux victimes ou un film instructif sur ce qui s'est passé ce jour-là, est plus énervant qu'émouvant ou dérangeant.

Au final, on ne tire rien de ce film creux qui se regarde le nombril.

 

1e

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Concours DVD The charmer (Terminé)

A l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 4 exemplaires du DVD du film de Milad Alami, The charmer. 

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : "Dans quel pays vit aujourd'hui le réalisateur Milad Alami? "

- joignez votre adresse postale

- envoyez moi le tout par ici

avant le 21 décembre 20 h.

Un tirage au sort départagera les gagnants.

Vous recevrez ensuite le DVD envoyé directement par le distributeur.

NB : un des quatre DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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The guilty

The guilty est un film-concept. Il est bâti sur une idée simple : la caméra ne quitte à aucun moment le personnage principal (quasiment seul à l'écran), un policier en pleine dépression, qui réceptionne les appels d'urgence au téléphone. 

Comme pratiquement tout film de ce genre, il est à la fois porté et limité par l'idée qui préside à son origine : on est d'abord intrigué par la façon dont le réalisateur Gustav Möller va faire évoluer son intrigue en respectant la règle qu'il s'est lui-même imposé, puis un peu lassé par les ficelles épaisses qu'il est au final obligé d'utiliser.

Le scénario, même s'il faiblit un peu sur la fin, est toutefois assez habile et permet de maintenir l'attention jusqu'au twist médian, efficace malgré son caractère un poil attendu. L'acteur Jakob Cedergren porte le film sur ses épaules avec une solide efficacité et la réalisation de Gustav Möller rappelle le meilleur des séries danoises (alternance de focales, d'ambiance et de cadres). Il utilise brillamment les ressorts dramatiques qu'offrent les conversations téléphoniques qui font avancer l'intrigue (fausses pistes, bande-son inquiétante, silences)

Jake Gyllenhaal vient d'acheter les droits du film danois. Un remake américain est donc à prévoir, bien que je n'en voie pas du tout l'intérêt.  

Un thriller compact et divertissant.

 

2e

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Une affaire de famille

Je suis la carrière d'Hirokazu Kore-Eda depuis tellement d'années que cette Palme d'Or 2018 me ravit. Elle récompense pour moi l'un des cinq meilleurs réalisateurs vivants, pour un de ses meilleurs films.

Tout est parfait dans Une affaire de famille. La photographie est superbe, la mise en scène comme d'habitude à la fois discrète et élégante, l'interprétation incroyablement puissante et le scénario bien plus complexe que ce que le synopsis ou la bande-annonce peuvent laisser penser.

Quelle qualité dans l'écriture de ce film, quelle subtilité et quelle délicatesse dans le montage ! Chaque nouvelle scène donne un éclairage nouveau sur l'un des personnages. Le film avance ainsi d'une manière millimétrique, suscitant à la fois l'émerveillement et la réflexion. 

On sait que la famille et les sentiments sont les deux grands sujets de Kore-Eda. Ce dernier opus mène les réflexions du réalisateur vers une intensité et une profondeur extrêmes sur ces deux sujets. Le scénario brasse tout au long du film les différentes images de la famille et de l'affection, remuant et bousculant nos certitudes. Normalité et moralité se renvoient la balle d'une façon tellement subtile que j'ai été subjugué par là où parvenait à m'amener au final Kore-Eda. La façon dont se clôt le film est réellement superbe. Tout ce qu'on a vu auparavant est alors nimbé d'une lumière à la fois froide, tendre et nostalgique.    

C'est très beau. 

Hirokazu Kore-Eda sur Christoblog : Nobody knows - 2003 (**) / Still walking - 2008 (***) / Air doll - 2009 (**) / I wish - 2012 (***) / Tel père tel fils - 2013 (***) / Notre petite soeur - 2014 (****) / Après la tempête - 2017 (***) / The third murder - 2018 (**)

 

 4e 

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Pupille

Pupille aurait pu être un documentaire intéressant. La manière dont Jeanne Henry expose tous les rouages administratifs qui mène de l'accouchement sous X à l'adoption est en effet riche de découvertes (le constat rédigé par l'assistante sociale, la famille d'accueil transitoire, etc).

Le rythme du film, qui mène son récit sur un tempo de thriller, contribue à capter l'attention du spectateur.

Malheureusement, cette sécheresse évocatrice de la trame narrative est inutilement gâchée par des acrobaties scénaristiques (le bébé va beaucoup mieux une fois que l'assistante sociale lui a parlé de sa maman), des atermoiements longuets (le visage de bébé est au film ce qu'est le chaton à certains comptes Facebook) et des intrigues annexes accessoires (le crush de Karine / Sandrine Kiberlain pour Jean / Gilles Lellouch). 

Pupille perd ainsi de sa force dramatique pour verser dans un pathos qu'il fait mine d'éviter. C'est dommage.

 

2e

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The Mumbai murders

On peut se demander pourquoi Edouard Waintrop, l'excellent délégué général de la Quinzaine des Réalisateurs de 2011 à 2018, s'est entiché de cet obscur cinéaste indien au point de lui offrir régulièrement une vitrine cannoise.

Waintrop a en effet proposé en quelques années dans sa programmation l'immense fresque Gangs of Wasseypur, Ugly, puis Raman Raghav 2.0, qui sort plus d'un an et demi après son exposition cannoise sous le nom de The Mumbai murders.  

Anurag Kashyap est un cinéaste de la démesure maîtrisée. On retrouve dans son cinéma la même exubérance que dans les films de Bollywood, mais elle est ici mise sous contrôle au service de genres plus conformes à nos goûts d'occidentaux : le thriller, le film policier, l'horreur.

Ce dernier opus est donc dans la lignée des précédents. On ne s'ennuie pas à suivre le périple d'un tueur en série plutôt jovial ("Je tue par passion"), qui parle avec Dieu et cherche un alter ego. Il est poursuivi par un flic plutôt antipathique, pourri, junkie et insomniaque.

Là où le film trouve rapidement une limite, c'est dans le désir forcené de nous imposer un point de fuite évident dès le départ : les deux personnages sont les mêmes, ils se valent. Le scénario, qui avance à marche forcée vers la conclusion de cette idée, manque en conséquence de subtilité. Restent à porter au crédit du film les imposantes scène tournées au sein des quartier pauvres de Bombay, qui sont formidables.

A voir si vous aimez ce type de cinéma indien décomplexé et jamais très loin du mauvais goût.

Anurag Kashyap sur Christoblog : Gangs of Wasseypur - 2012 (**) / Ugly- 2013 (**)

 

2e

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Les confins du monde

Avec ce film, Guillaume Nicloux se rate dans les grandes largeurs. D'une certaine façon, le projet est à la base plus que casse-gueule : porter ses pas dans ceux de Coppola ou Cimino avec un casting incluant Gaspard Ulliel et Guillaume Gouix, c'est osé. Le film n'a pas les moyens de ses ambitions.

Dès le premier plan, très long, très formel, le réalisateur s'affiche comme le Grand Créateur de ce qu'on va voir. Avec le second plan du film, une vision bien trash de charnier, il prend le spectateur en otage. La suite des Confins du monde va sans cesse actionner ces deux ressorts  ("Vous allez déguster" et "Regardez-moi filmer") tout en accumulant les poncifs sur la guerre, la jungle et la vie : les Viets sont des salauds, les serpents ça pique, les putes ont en fait un grand coeur.

En dépit d'une production qu'on devine onéreuse, le film ne fait pas vrai, il est peu incarné et donne à voir des personnages improbables (Depardieu en médecin désabusé) et des péripéties hasardeuses. On pense bien sûr à Apocalypse Now, mais au lieu des hélicos et de Wagner, on a le sexe d'Ulliel et une pauvre batterie de jazz. Pas vraiment la même dimension.

Guillaume Nicloux sur Christoblog : Valley of love - 2015 (***)

 

1e

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