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Articles avec #cecile de france

Otez-moi d'un doute

Ne boudons pas notre plaisir. Les comédies françaises de qualité, finement écrite et bien jouées, ne sont pas légion.

On savoure donc le nouveau film de Carine Tardieu, dont l'idée de départ est très jolie : que faire quand on est d'âge mûr, en passe d'être grand-père, et que l'on découvre que son propre paternel (encore vivant), n'est pas son père biologique ? Faut-il remuer le passer et déranger ces vieux monsieurs ? 

Cette idée assez originale est magistralement servie par un casting quatre étoiles : François Damiens dans un rôle taillé pour lui, Cécile de France impeccable, la jeune Alice de Lencquesaing parfaite et un Esteban qui arrache vraiment tout sur son passage, aux confins du burlesque et de l'attendrissant.

Le film brille aussi par ses dialogues cinglants qui mettent en valeur la personnalité foncièrement séduisante du personnage jouée par Cécile de France.

Alors bien sûr, les péripéties du scénario résultent de combinaisons hautement improbables, mais c'est finalement le propre de nombre de ces comédies dans lesquelles la véracité des réactions psychologiques importe plus que la vraisemblance générale.

Un vrai petit plaisir de samedi soir.

 

2e

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Django

Pour commencer, il me faut préciser que je n'aime pas trop les biopics. Le genre me parait toujours contenir en lui-même ses propres limites : on connait a priori les ressorts de l'intrigue et l'original est toujours plus intéressant que la copie.

Les rares réussites dans le genre utilisent généralement des artifices qui permettent d'éviter les risques susnommés.

Dans le genre, Django réussit à séduire. En s'intéressant à une période très particulière de l'histoire de son modèle, en dérivant progressivement vers une problématique plus large (la situation des tsiganes sous l'occupation) et en confiant son rôle principal à un acteur qui livre une excellente performance, le réalisateur Etienne Comar réussit à produire un film très plaisant.

La direction artistique (décors, lumière, costumes) est quasiment parfaite et contribue elle aussi à donner une patine de réalisme à Django, qui mérite beaucoup mieux que l'accueil qui lui a été réservé.

Je le conseille donc dans cette période ultra-calme qui précède Cannes.

 

2e

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La belle saison

Impossible de ne pas penser à La vie d'Adèle en découvrant le nouveau film de Catherine Corsini.

Les points communs sont en effet nombreux entre les deux films : deux femmes qui s'aiment, une blonde et une brune, une plus âgée et expérimentée que l'autre, de milieux sociaux très différents, des repas avec les parents sans que ceux-ci connaissent la relation qu'entretiennent les deux femmes, une réaction violente de ces derniers, une narration qui commence avant la passion et qui se finit après, un écoulement du temps très variable durant le film, des scènes de nus et de rapports corporels, etc....

Je pourrais continuer la liste des similitudes encore pendant un bon paragraphe, alors que curieusement, les deux films ne se ressemblent absolument pas. La vie d'Adèle était fiévreux et parfois maladif là où La belle saison est solaire, Kechiche filmait avec génie et en cadres très serrés son histoire d'amour, là ou Corsini se contente d'une mise en scène plus classique et cadrée plus large, le contexte social était pratiquement ignoré dans La vie, alors qu'elle est largement présente dans La saison.

Si Adèle et Emma semblaient passionément malheureuses, Delphine et Carole paraissent elles totalement épanouies dans leur passion.

Après un film complètement raté (Trois mondes), Catherine Corsini réussit ici une très jolie chronique qui parvient à mêler un intérêt documentaire certain (étonnant tableau du MLF des années 70), le tableau fidèle d'une certaine ruralité et des numéros d'acteurs saisissants.

Izia Higelin est formidable, Cécile de France est presque à la limite d'en faire trop, mais leur couple est au final diablement attachant. La plus grosse performance est celle de Noémie Lvovsky, qui joue une scène de haine réellement sidérante de violence. Kevin Azaïs confirme tout le bien qu'on peut penser de ce jeune acteur.

A défaut d'être génial, La belle saison est un bon film de fin d'été.

 

3e    

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Casse-tête chinois

Cédric Klapisch continue sa saga entamée il y a 10 ans maintenant, avec sa même troupe d'acteurs/trices : Romain Duris, Cécile de France, Audrey Tautou et Kelly Reilly.  

Dans cet opus, Xavier a maintenant 40 ans (en gros les personnages vieillissent deux fois plus vite que les acteurs) et doit faire face aux emmerdes classiques de la vie d'adulte : divorce, gestion des enfants, activité professionnelle... Le film pourrait adopter une tonalité du coup un peu plus grave, mais il n'en est rien car Klapisch choisit de plonger son quatuor de choc dans des imbroglios sentimentaux à rebondissement.

Ainsi Xavier aide sa copine lesbienne Isabelle à faire un enfant, alors que celle-ci trompe son officielle avec la baby-sitter, et que Xavier hésite à retomber amoureuse de Martine, qui a deux enfants, comme lui, et que Wendy vient de le quitter pour une armoire à glace américaine : bref, on est bien dans le tourbillon de rebondissements sentimentaux que Klapisch affectionne.

Si son scénario est un peu (trop) vaudevillesque, le film possède un certain charme qui est dû aux moments de fantaisie ou de léger spleen qui le parsèment, surtout durant sa première partie. Les paysages de New-York ont beaucoup de charme et certaines scènes dégagent une belle drôlerie un peu désespérée (la rencontre de Xavier et du mec de Wendy, par exemple). Cécile de France fait preuve d'un abattage assez exceptionnel. 

Sans être irrésisitible, le film se laisse donc regarder, surtout si on a vu les deux premiers opus.

A voir aussi sur Christoblog : Les poupées russes / L'auberge espagnole

 

2e

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Le gamin au vélo

Cyril à presque 12 ans. Son père l'abandonne dans un centre spécialisé. C'est un enfant très difficile jusqu'au jour où il croise le chemin de Samantha, qui le prend en affection.

A partir de cette trame épurée, les frérots belges tissent leur toile habituelle, à partir d'ingrédients bien connus. 

D'abord des acteurs remarquables. Comment Cécile de France pouvait elle être si mauvaise dans le calamiteux Au-delà et si bonne ici ? Pataude et élégante à la fois, avec une pointe d'accent belge, véritable roc d'énergie positive, elle est magnifique. Le jeune Thomas Doret, en truite indisciplinée qui file entre les doigts des éducateurs spécialisés, est très convaincant lui aussi. Et quelle émotion de revoir Jérémie Renier en père indigne, lui qui fut découvert adolescent par les réalisateurs voici 15 ans dans La promesse.

Ensuite une mise en scène irréprochable, avec une caméra très proche des acteurs, qui semble capter la moindre émotion. Et puis un élément qui m'a particulièrement marqué dans ce film, c'est l'extrême qualité du montage et le rythme très enlevé du film, ce qui n'est pas toujours le point fort des Dardenne.

Enfin un scénario qui semble exacerber les tensions entre personnages, puis les décomprimer brutalement à travers une résolution inattendue, avant de les retendre avec encore plus de violence qu'avant. Remarquable, jusqu'au dénouement final, fort étonnant.

Si ce n'était une certaine impression de déjà vu et quelques points de détails (les virgules musicales qui ne collent pas vraiment à la sobriété du film, quelques scènes un peu plus faibles que les autres - comme celles impliquant le copain de Samantha), le film serait tout proche de la note maximale.  

 

3e

 

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Au-delà

Matt Damon. Warner Bros. FranceNul, pitoyable, bâclé, mièvre, superficiel, mou, racoleur, ridicule, ennuyeux, plat, vide de sens, inutile : et vous, quel adjectif trouverez-vous pour qualifier l'infâme Au-delà ?

Regardez Matt Damon sur cette photo : il ressemble à une éponge. Et bien, en vérité je vous le dis, il joue comme une éponge, il parle comme une éponge.

Cécile de France est toute contente d'être là, elle rigole en bêtasse franchouillarde, essayant de se doubler elle-même en Français et n'y arrivant que partiellement. Pauvre France (l'autre), montrée d'une façon aussi caricaturale que le rugby dans Invictus. Mitterrand vu par le fin connaisseur Eastwood : coureur et malhonnête ! Ca c'est de l'annalyse politique de haute volée !

Seul avantage de ce navet abyssal qui ferait passer Somewhere pour un chef-d'oeuvre débridé, c'est que l'imposture qui consiste à considérer Eastwood comme un grand réalisateur devrait normalement commencer à apparaître clairement aux yeux de tous.

Au-delà est en-dessous. De tout.

Certains trouvent que ma critique manquent d'arguments. Alors voici un complément.

 

Les Bisounours chez les morts. Ils sont sympas les morts. D'abord, ils sont toujours très disponibles pour répondre à Matt, notre interphone céleste. Gentil papa incesteux demande à fifille de lui pardonner. Bouh, comme c'est beau. Madame demande à Monsieur de refaire sa vie avec une autre, et sans traîner. Bouh, comme c'est altruiste. Jason a l'air de s'éclater comme un fou là-haut, il rigole tout le temps, trop drôle d'être mort. En plus il intervient dans la réalité, sauve son frère, et le remet face à ses responsabilités : soit un homme, aurait dit l'inspecteur Harry. Et une petite question amusante : si notre médium prend les mains de son frère, il parle avec ses parents ?

 

Les Bisounours au pays des catastrophes. C'est beau un tsunami. Quand vous êtes sur un balcon et que vous voyez tout ce beau spectacle en bas (sans que votre immeuble tremble, c'est un miracle), vous ne pouvez vous empêcher d'être ému. Quelques plans plus tard, votre immeuble a disparu de la plage (il a du avoir une faiblesse inopinée), mais ouf, au milieu des débris bien rangés par petits tas d'égale hauteur, et au milieu de cadavres déjà soigneusement alignés sous des draps miraculeusement repassés, vous retrouvez, par hasard, votre bien-aimée ! Celle-ci, emportée par les flots furieux n'a pas lâché le bracelet acheté à la petite fille (trooop mignonne) dont le nounours a suivi par miracle notre journaliste rescapée, le tout dans une eau cristalline.

Marcus, sur le quai de métro, n'a pas un cheveu qui bouge, et ne semble pas souffrir des oreilles alors qu'une bombe de grande puissance vient d'exploser dans un espace confiné à quelques dizaines de mètres de lui : ce gosse a quelque chose de spécial, vraiment.

 

Les Bisounours savent conclure. Ha, cette scène finale ! Une seule comparaison possible : notre grand Lelouch sur un scénario de Musso, notre futur prix Nobel de littérature. Tout y est : le regard éperdu de Cécile, la vision de Matt qui se voit tendrement chercher les lèvres de son amour, les mains qui s'unissent, la caméra qui tournoie, le ralenti, la musique. Rien à redire, c'est parfait. Et le décor, j'oubliais cette sublime galerie couverte, romantique en diable et si naturelle.

 

Je m'arrête là mais j'en aurais d'autres : Les Bisounours et Tonton, Les Bisounours au pays des pubs Blackberry, Les Bisounours font de la cuisine italienne, Les Bisounours jouent au travelling, Les Bisounours visitent une clinique, Les Bisounours à France Télévisions, Les Bisounours écrivent un livre, etc, etc.


1e

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Les poupées russes

Dans les commentaires de mon billet sur l'Auberge espagnole, pL me disait que Les poupées russes étaient mieux, et PierreAfeu qu'il ne fallait pas voir le film.

Finalement, comme mon fils a l'intégrale Klapisch en coffret, j'ai bien eu du mal à résister à l'envie de revoir les protagonistes de L'auberge espagnole.

Mon verdict : j'ai bien aimé. L'auberge espagnole avait un vernis "jeune" un peu trop marqué. L'intrigue était légère, les acteurs un peu tendres et la mise en scène virevoltait comme un papillon qui ne doit vivre que quelques heures.

Dans les poupées russes, tout paraît plus vieux, plus mûr. Les acteurs ont pris de l'épaisseur (Duris, Cécile de France, Audrey Tautou et la superbe Kelly Reilly), l'intrigue est moins simpliste que le toboggan émotionnel de L'auberge, et la mise en scène s'assume.

Preuve de cette maturité, les nombreuses mises en abyme qui parsèment le film : Duris qui écrit le scénario d'une suite (comme Klapisch !), Duris qui répète mot pour mot à sa nouvelle conquête le discours que sa copine lesbienne lui a tenu peu de temps avant, etc... Certaines scènes, complètement loufoques, sont franchement réussies, je pense à Audrey Tautou revisitant les contes de fées pour son fils : "j'ai connu 7 princes charmants....".

La fin à St Petersbourg donne une touche d'exotisme très bien venue, tant les Russes sont à la fois si Européens et si étranges.

Bref un (très) bon moment, et on se prend à attendre la suite, comme une longue série qui se poursuivrait à l'échelle d'une vie.

 

3e

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L'auberge espagnole

Ayant passé quelques jours à Barcelone la semaine dernière, j'ai eu l'idée de regarder l'auberge espagnole hier soir, que curieusement je n'avais jamais vu.

Côté Barcelone, le film montre quelques incontournables : le parc Guell, la Sagrada Familia, Barceloneta, le téléphérique qui relie le port à Montjuich. Il donne aussi une bonne vision de l'énergie et de la beauté de la ville, à travers un joli patchwork de ruelles antiques et fleuries, de murs taggés, d'avenues cossues.

Côté cinéma : que dire ? Klapisch me laisse souvent sans voix, tellement ses films peuvent paraître naïfs, démonstratifs, mal ficelés, tape à l'oeil, inconsistants, et en même temps pleins d'énergie, présentant en général de très belles galeries de personnages, et intégrant ici où là une scène particulièrement réussie (ici Cécile de France en lesbienne apprenant à Romain Duris comment draguer). Klapisch, c'est vraiment Lelouch en plus jeune.

Finalement on ne passe pas un mauvais moment (en particulier grâce à un casting féminin de jeunes actrices effarant : Cécile de France, Judith Godrèche, Audrey Tautou, Kelly Reilly). On se demande un peu pourquoi le film a pu prendre un aspect culte : peut-être parce qu'il montrait aux parents ce que faisaient vraiment leurs enfants dans le cadre du programme Erasmus ?

 

2e

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