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Christoblog

L'oeil du cyclone

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/185/21018557_20130710104235293.jpgMais qu'est-ce que Charlotte Rampling est allée faire dans cette galère australienne ?

Tout est mauvais dans ce film, à l'image de la photo essentiellement désespérante qui git sur votre gauche : les acteurs cabotinent, le réalisateur (si l'on admet que Fred Schepisi mérite ce qualificatif) tourne un téléfilm, le scénariste enfile les perles.

Que dire de plus que le film est vain, factice, inutile, prétentieux, précieux et artificiel. 

L'idée qu'un prix Nobel de littérature (Patrick White) puisse être derrière ce navet sentencieux me révulse.

Allez, c'est trop d'honneur que de consacrer tant de mots à si peu de chose.

 

1e

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Sur le chemin de l'école

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/167/21016728_20130701125248747.jpg

Le principe du film est simple : suivre 4 collégiens, habitant dans des contrées très inhospitalières, sur le (long) chemin de l'école.

A partir de cette bonne idée, on imagine quel bijou aurait pu concevoir un Depardon, par exemple. Mais Plisson est à Depardon ce que Clayderman est à Chopin.

D'abord, je n'ai pu m'empêcher de penser à de nombreuses occasions que ce qui nous était proposé était arrangé, voire scénarisé, à l'exemple de cette pseudo attaque d'éléphant qu'on ne voit jamais (un bruitage significatif nous suggère que la bête est toute proche, mon oeil oui).

Ensuite il faut signaler que le film est principalement (exclusivement ?) distribué en VF. Quelle horreur d'entendre ces voix mal calibrées nuire au sentiment d'immersion qu'on devrait éprouver. Une catastrophe.

Enfin, le film ruisselle de bons sentiments pontifiants, à l'image de cette introduction énoncée avec une voix de prélat constipé, qui a le mérite d'anoncer la couleur : dans ce film, les sentiments négatifs seront bannis et tout le monde sera bien gentil (sauf le méchant muletier marocain, bouh !).

Surnagent dans cette océan de guimauve indigeste les magnifiques paysages du Kenya, de Patagonie, d'Inde et du Haut Atlas. C'est trop peu.

 

1e

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Moi et toi

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/20/86/20085839.jpgIl y avait quelque chose de profondément touchant à voir Bernardo Bertolucci recevoir une ovation à Cannes 2012, en projection spéciale de son nouveau film Moi et toi. Rivé dans la chaise roulante qu'il ne quitte malheureusement plus depuis plusieurs années, son visage était rayonnant.

Plus de 16 mois après cette journée mémorable, le film sort enfin en France : mystère de la distribution française.

Bertolucci, qui pilota certaines des plus grandes productions des années 70/90 (1900, Le dernier empereur, Un thé au Sahara, Little buddha...), signe ici un film minimaliste, tourné à l'économie et étonnamment juvénile.

Le pitch est le suivant : un jeune garçon sauvage sèche la classe de neige, et s'enferme dans la cave de son propre immeuble. Suite à un concours de circonstance, il est contraint de cohabiter avec sa demi-soeur droguée, qu'il ne connait pratiquement pas.

A 71 ans, le réalisateur italien signe un film charmant, frais, plaisant. Son style est très fluide, et il utilise avec une grande intelligence l'exiguité du lieu, les contrastes intérieur / extérieur et les différents objets présents dans la cave.

Les deux jeunes acteurs sont très bon. On suit avec intérêt l'évolution subtile de leur relation et la découverte progressive de traumas passés.

Je recommande ce petit film d'un grand cinéaste.

 

2e

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Blue Jasmine

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/186/21018649_20130710124738634.jpgIl y a une sorte de fatalité dans les films de Woody Allen, qui à la fois rassure (le syndrome des pantoufles) et inquiète (les risques du ressassement à perpétuité) : le lettrage du générique, les airs de vieux jazz, les arabesques temporelles, les dialogues ciselés, l'actrice du moment qui fait son numéro, les mouvements de caméra fluides et parfois virtuoses.

On a donc évidemment l'impression de voir plus ou moins toujours le même film, parfois plus enjoué, d'autres fois un peu plus sombre, ou plus européen, chanté ou rêvé, mais au final toujours le même.

Blue Jasmine n'est donc qu'une variation supplémentaire (et comico-dépressive) d'un univers allenien qui parcourt finalement toujours les mêmes sentiers : les méandres - et la petitesse - de la condition humaine et des relations amoureuses. Etant donné que l'exercice est ici plutôt réussi, on pourra donc sans risque énoncer que c'est le meilleur Allen depuis (ici mettez le dernier Allen que vous avez aimé, en régle générale sans remonter plus loin que Match point).

Puisque Woody et moi on se connait depuis très longtemps, et que le spectacle m'a plutôt plu, je vais me permettre d'exprimer quelques réserves. La prestation de Cate Blanchett est forte, mais elle l'est tellement que par moment elle paraît presque forcer son jeu. Les autres personnages sont dans quelques scènes à la limite de la caricature. Le pitch est intéressant mais le scénario finalement assez banal.

Voilà, c'est fait. Ceci étant dit, le film ménage quelques beaux moments, malheureusement à mon goût trop rares, lors desquels un véritable vertige nous saisit.

Un bon millésime, à défaut d'être un cru d'exception.

 

2e

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Les amants du Texas

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/236/21023656_20130731142308799.jpgTexas, champs de blé effleurés par la brise, lumière mordorée, personnages évoluant au ralenti en prononçant des phrases parfois incompréhensibles, ellipses aléatoires, musique de secte végétarienne à tendance tibétaine : vous pensez que je parle de Terence Malick, mais je décris simplement le deuxième film de David Lowery, un jeune (32 ans) qui fait des films de vieux.

Les amants du Texas est mal conçu, mal écrit, mal joué, mal découpé, mal monté, mal dialogué, mal fagotté, et, soyons honnête, moyennement réalisé.

Le scénario, qu'on dirait écrit par un ivrogne dépressif, enfile les poncifs éculés dans une sorte de torpeur sirupeuse qui sucre jusqu'à l'élocution de ce pauvre Casey Affleck, aussi mauvais acteur que beau garçon.

Si le film ne durait que dix minutes, on pourrait le supporter comme une pub, mais il étend sa lenteur besogneuse tout au long d'1h37, autant dire une éternité.

 

1e

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La bataille de Solférino

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/059/21005928_20130515104818045.jpgLa bataille de Solférino est un film bien imparfait, mais contrairement au flop pas chic de  Tip top, il a le mérite de vouloir bien faire.

Le système que met en place la réalisatrice Justine Triet est diabolique : tourner un film dans la rue, lors d'un événement mémorable (l'élection de François Hollande). On voit la difficulté de la chose : toutes les scènes prévues dans le script pour ce jour-là doivent être tournées ce jour-là, quoiqu'il arrive.

D'où évidemment une pression maximale ce 6 mai 2012, avec un nombre de caméra impressionnant et un nombre d'heures de tournage excédant probablement les limites du droit du travail (mais comme il ne s'agit pas de Kechiche, on ne dira rien). Le concept permet en plus de bénéficier de la puissance de 10000 figurants ... gratuitement !

Les scènes d'extérieur sont donc sidérantes, et le fait d'avoir choisi le métier de journaliste pour l'actrice principale est une idée géniale. Laetitia Dosch est tout à fait crédible dans ce rôle.

Le film ne se résumerait qu'à une prouesse technique s'il ne séduisait pas également par son intrigue intelligemment agencée : un père dont on comprend qu'il a des problèmes psys tente de revoir ses enfants, mais son ex-femme l'en empêche par des moyens qui font douter de sa propre santé mentale (par exemple les emmener dans le tohu-bohu de Solférino).

Les scènes d'intérieurs sont étonnantes, jouées sur le fil par des acteurs inspirés dont on dirait qu'ils improvisent leurs répliques. C'est parfois drôle, souvent intéressant, mais la répétition de certaines phrases pourront aussi énerver ("Je sens une spirale d'angoisse, là"). La fin du film lui donne une dimension supplémentaire (le juriste, le copain, quelques silences qui paraissent assourdissants après les logorrhées de Macaigne).

A Cannes 2013 on peut dire que si le cinéma français a ouvert quelques fenêtres et fait souffler un vent frais dans les salles, c'est en grande partie grâce à Justine Triet.

 

3e

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No pain no gain

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/36/97/20093449.jpgDès le début du film, Michael Bay prévient que le film est « malheureusement » tiré d’une histoire vraie. On comprendra au fil du film à quel point cet avertissement est nécessaire, tellement les trois malfrats culturistes dont on suit les aventures sont bêtes.

No pain no gain pourra d’ailleurs révulser certains spectateurs de par la cruauté dont fait preuve Michael Bay. Ainsi, lors d’une scène assez sidérante durant laquelle un des personnages cuit les mains découpées de ses victimes au barbecue au vu et au su de tout le voisinage, pour éliminer les empreintes, le réalisateur n’hésite pas à insérer un carton dans l’image : « Ceci est toujours une histoire vraie !».

Dans la même veine, lors du générique de fin, les photos des véritables criminels sont mélangées à ceux des acteurs , avec une esthétique colorées qui rappelle le film Spring Breakers. No pain no gain fonce donc à cent à l’heure, détruisant au passage la plupart des croyances américaines : le positivisme forcené, la vénération des self-made men, le culte du corps et de la santé, la religion, etc.

On n’en finirait pas de lister les coups de pied de l’âne qu’envoie le film aux mythes US, aux clichés et aux institutions.

Comme par ailleurs Michael Bay connait à l’évidence les recettes du filmer efficace, que les acteurs s’amusent comme des petits fous à jouer les idiots absolus (un peu comme le faisait Brad Pitt dans Burn after reading des frères Coen), je dois avouer que j’ai passé un moment de franche rigolade.

Je déconseille aux beaux esprits plein de bon goût, je conseille aux adeptes de troisième degré filmé avec énergie.

 

3e

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Le majordome

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/293/21029367_20130820144736778.jpgPlus la filmographie de Lee Daniels se construit, et plus son cinéma s’assagit.

Son premier film, Precious, était une bombe d’énergie que beaucoup – mais pas moi – ont considéré comme too much. Son deuxième film, Paperboy, présenté en compétition officielle à Cannes en 2012, était un peu plus policé, mais se distinguait toujours par une sorte d’urgence à filmer, moite et pas toujours de bon goût. On se souvient de la scène où Nicole Kidman urine sur le visage juvénile de Zac Efron.

Pour son troisième film, Lee Daniels semble se plier encore plus aux canons hollywoodiens. Le majordome a en effet les airs d’un biopic sage et classique. A y regarder de plus près, le film est toutefois assez original.

D’abord par son propos : il raconte la période de lutte des Noirs américains pour leurs droits civiques, par le prisme du majordome de la Maison Blanche, symbole absolu de l’asservissement volontaire d’un homme, qui renie son propre fils, parti militer auprès de Martin Luther King, puis des Blacks Panthers.

Nous rendre sympathique un homme qui s'épanouit dans un travail ingrat, au détriment de sa propre famille : quel incroyable pied de nez au politiquement correct, lorsqu’y songe.

Cette performance n’est rendue possible que par l’interprétation de Forest Whitaker, impérial dans ce rôle d’homme humble, inoubliable avec un de ses yeux mi-clos et son visage qui semble pouvoir vieillir à volonté.

La façon de filmer de Lee Daniels reste par ailleurs remarquable à mes yeux, même si elle est de moins en moins tapageuse. Le réalisateur aime toujours les effets (parfois un peu faciles), place encore volontiers sa caméra en plongée ou contre-plongée, opte parfois pour un montage saccadé, mélangeant images d’archive et fiction. Sa virtuosité permet au film de filer à toute vitesse, alors qu’il dure 2h10.

Parmi les bizarreries attachantes du film, on pourra s’amuser à relever que les acteurs jouant les différents présidents ne représentent que de très loin à leurs modèles, et que le film offre par ailleurs un défilé inouï de guest stars, parfois dans de tout petit rôles : Robin Williams, Lenny Kravitz, Oprah Winfrey, Jane Fonda, John Cusak, Mariah Carey, Melissa Leo, Vanessa Redgrave...

La garantie d’une bonne soirée.

 

2e

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Gare du nord

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/177/21017770_20130705110925321.jpgJe ne m'attendais pas à grand-chose en allant voir le dernier film de Claire Simon. Le fait même qu'il ait été couplé à un documentaire tourné au même endroit (Géographie humaine) me semblait d'une certaine façon nuire à la pureté de la fiction. L'accueil relativement frileux fait aux deux films présentés à Locarno me confortait dans mes a priori.

Mais, une fois n'est pas coutume, je ressors ce soir assez enthousiasmé par le travail de la réalisatrice.

Tout d'abord, l'utilisation de cet extraordinaire décor que constitue la Gare du Nord est parfaite. La gare est elle-même un paysage et Claire Simon fait preuve d'une maestria de très haut niveau pour la filmer : cadrages impeccables, jeux avec les transparences et les reflets maginfiques, photographie d'une pureté hallucinante, mouvements de caméra fluides et signifiants.

La deuxième grande force du film est dans le jeu des acteurs, tous renversants. Nicole Garcia est extrêmement touchante (ce moment où elle réajuste sa perruque), Reda Kateb est convaincant, François Damiens, tout en retenue et dérapages contrôlés est irrésisitible, et enfin Monia Chokri est pour moi la véritable révélation du film.

C'est du côté du scénario qu'on pouvait craindre le pire, si Claire Simon n'avait que greffé quelques micro-histoires individuelles sur un matériel documentaire. La vraie surprise du film est de fournir une substance intéressante en matière de narration, mêlant habilement les quatre destinées des personnages principaux, installant une réelle progressivité dans l'histoire jusqu'à des dénouements importants - même si ceux-ci sont un peu téléphonés. J'ai particulièrement apprécié les interactions spatiales des protagonistes, tantôt aléatoire, tantôt non, et l'irruption dans le canevas du film d'éléments presque fantastiques.

Le tout forme un puissant tableau de la condition - et de la solitude - humaine, en même temps que le beau portrait d'un lieu exceptionnel.

 

3e

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Ma vie avec Liberace

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/302/21030206_20130822171344119.jpg

Parfois, je suis fier d'être français. C'est rare.

En voyant Michael Douglas et Matt Damon présenter dans le plus grand festival de Cinéma du monde le dernier Film de Steven Soderbergh, alors qu'aux USA personne n'a jugé bon de le considérer comme tel et de le sortir en salle (c'est la chaîne de télé HBO qui l'a diffusé), j'ai joui d'habiter le pays le plus cinéphile du monde.

Bon. Le film est un plaisir gourmand. Classique sans être ennuyeux, instructif sans être didactique, Ma vie avec Liberace se savoure comme un énorme pot de fraises Tagada.

Michael Douglas est exceptionnel (je lui aurais donné le prix d'interprétation à Cannes), les décors et costumes sont ébouriffants et la réalisation de Soderbergh classieuse.

Si l'on décape l'aspect too much de Liberace, l'histoire racontée (n')est finalement (que) une belle histoire d'amour : passion / indifférence / rupture. L'environnement de showbiz queer ajoute au film une touche d'exotisme à la fois intrigante, et parfois glaçante. La folie qui envahit subrepticement le personnage principal (faire en sorte que ses amants lui ressemblent) est fascinante.

L'interprétation de Scott par Matt Damon, bien qu'intéressante, m'a paru un poil empesée, empêchant l'émotion de prendre complètement son envol. Le passage du temps et l'irruption du SIDA est par contre particulièrement bien évoqué, et donne à la fin du film un caractère de sourde et touchante nostalgie.

Ma vie avec Liberace est un film hautement recommandable et parfaitement délicieux.

 

3e

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Jimmy P. (Psychothérapie d'un indien des plaines)

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/005/21000521_20130422172935134.jpgIl a fallu un certain culot à Arnaud Desplechin pour choisir cette trame de scénario, somme toute squelettique, puis pour aller la tourner aux USA. La faiblesse du film tient en effet avant tout dans son synopsis plutôt terne : une longue séance de psychanalyse filmée.

Si l'exercice n'est au final pas déplaisant, c'est par la grâce du jeu des acteurs. Benicio del Toro est excellent, colosse rempli de douleur et de douceur. Après un début inquiétant dans lequel il surjoue (yeux exorbités, sourire de fou furieux), Amalric se calme et devient progressivement touchant.

Le film est très bien réalisé, on est parfois touché par une scène de rêve, mais Jimmy P manque un peu de nerf, d'exaltation, d'âme.

Le fait que le patient soit indien n'est au final qu'anecdotique, même si la culture indienne nimbe certains dialogues d'une aura mystérieuse.

Cela fait lontemps que je n'ai pas vu un film qui me procure cet effet là : à quelqu'un qui le critiquerait trop fort je saurais répondre en soulignant ses belles qualités (le dévoilement progressif des éléments biographiques, la jolie photographie), et à celui qui l'encenserait je rétorquerais en pointant de réels défauts (le film est beaucoup trop long, des péripéties annexes - comme Madeleine - sont inutiles).

Pour une fois, je ne sais donc pas trop quoi vous conseiller. A vous de voir.

 

2e

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Tip top

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/071/21007192_20130521103804568.jpgPrésenté par certains comme le renouveau de la comédie française, Tip top s'avère au final en être plutôt le fossoyeur.

Le titre d'abord : il faut oser appeler son film Excellent, Super, Formidable ou Tip Top. Mieux vaut assurer, et être certains que les spectateurs ne sortiront pas de la salle en pensant comme moi : " Il aurait pu appeler son film : Nul, Caca ou Mauvais ".

Les acteurs et actrices ensuite : Huppert fait du super Huppert en perverse sadique, Kiberlain fait du super super Kiberlain, en ingénue timide et voyeuse, Damiens fait du Damiens extra. Bref, vous l'avez compris, Serge Bozon demande à chaque acteur d'accentuer ses propres travers en espérant en tirer un effet comique, et cela ne fonctionne pas. Les personnages ne sont que des caricatures, résumés à un de leur trait particulier, et qui ne semblent jamais intéragir entre eux.

Le scénario est incompréhensible (même Damiens, dans une interview, avoue ne pas avoir compris ce qu'il tournait), et Tip top se résume bien trop souvent à une suite sans rythme de vignettes mal filmées, sans lien entre elles.

Le film est bourré d'intentions un peu hypes et souvent désagréables, comme la photographie, volontairement très frontale, avec des éclairages plats et artificiels, sans profondeur de champ, qui donne à l'oeuvre une esthétique de fond de tiroirs télévisuels un peu sale. Le vague sujet des relations entre la France et l'Algérie est massacré sous prétexte d'être abordé sous un angle nouveau.

Tip top est un produit snob, qui ne se respecte pas lui-même.

 

1e 

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Mad men (saison 5)

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/77/49/08/20053306.jpgJ'ai été plutôt déçu par cette saison qui n'apporte aucune nouveauté par rapport aux précédentes.

Les créateurs semblent ronronner un peu et vivre sur leurs acquis, accentuant simplement un peu les caractères de leurs personnages principaux, dans une ambiance de plus en plus noire.

Don Draper et Peggy Olson se partagent les rôles les plus intéressants. Betty disparaît à l'arrière plan, comme d'autres personnages secondaires.

L'actualité semble pour la première fois une toile de fond artificiellement peinte, plutôt qu'une réalité (les Rolling Stones qu'on ne verra évidemment pas, les émeutes raciales dont on ne mesure ni le sens ni la portée, etc). On surprend même les scénaristes à placer dans leur script des astuces narratives dignes de séries plutôt bas de gamme (le cancer de Betty, les électrochocs, les parents de Megan).

Pas de nouveaux personnages d'importance, pas d'évènements très marquants (si ce n'est la chute de Lane, que la saison fait durer comme un ultime recours dramatique) : je me rends compte qu'écrivant sur cette saison plusieurs semaines après l'avoir vue il ne m'en reste déjà presque plus rien, si ce n'est l'impression agréable d'avoir effleuré des meubles de bois de précieux et du cuir de qualité, en sirotant un triple whisky.

Mad men sur Christoblog : Saison 1 / Saison 2 / Saison 3 / Saison 4

 

2e

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Tirez la langue, mademoiselle

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/162/21016298_20130627165927364.jpgRien, ou pas grand-chose, à sauver dans ce film.

Le scénario est absolument quelconque : deux frères tombent amoureux de la même femme.

Si Laurent Stocker s'en sort honorablement, comme d'habitude, grâce à la subtilité de son jeu, tous les autres acteurs sont très mauvais.

Louise Bourgoin, dont le seul mérite est d'être charmante, a un rôle d'idiote très mal écrit (ces scènes ridicules dans le bar), mais c'est Cédric Kahn qui est particulièrement mauvais, cantonnant son jeu à une sorte de mutisme forcené.

Les personnages secondaires sont plus que mauvais, ils sont catastrophiques : les pauvres participants aux Alcooliques Anonymes réduits à de grossières caricatures, les Chinois ridiculisés, et une assistante médicale (Annabelle) lamentable. Serge Bozon est aussi mauvais acteur que son collègue réalisateur Cédric Kahn.

Les dialogues semblent tous tomber par hasard dans la bouche des personnages. La mise en scène est effroyable, on a l'impression que la moitié du film est consacrée à filmer des gens en train de marcher. Les cadres sont affreux, la photo crade (le dernier plan est d'une laideur insigne : exemplaire à ce titre). Lors des conversations en champ / contrechamp on perçoit nettement que les plans ne sont pas raccord.

Le film est artificiel et médiocre de bout en bout. Un naufrage curieusement apprécié des critiques de tout poil.

 

1e

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La danza de la realitad

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/095/21009576_20130530165909944.jpgN'étant pas du tout un fan de Jorodowsky cinéaste, j'ai été voir ce film vierge de tout a priori.

Sans l'aura vaguement culte du réalisateur, qui nimbe la plupart des critiques parues dans la presse, je pense que le film apparaît pour ce qu'il est : une sorte de variante à la sauce réalisme magique de l'atmosphère fellinienne.

Ainsi nous avons au programme : un père violent, des femmes aux gros seins, un cirque, une mère qui ne s'exprime qu'en chantant, des infirmes au corps difforme, des scènes absurdes ou poétiques ou burlesques (ou qui tentent sans succès d'être les trois à la fois).

Malgré quelques éclairs de beauté (sur le volume d'idées projetées à l'écran, toutes ne peuvent être mauvaises), le film laisse une désagréable impression de déjà vu suranné.

Si la première partie est encore acceptable, la seconde est absolument mauvaise, sorte de farce surréaliste autour d'un dictateur d'opérette. De Fellini on passe à Jeunet, et ce n'est pas un compliment.

Le film, tour à tour déjanté, puis plus réaliste et finalement bricolé (on pense aussi à Gondry, et même au monsieur Merde de Carax), ne parvient jamais à trouver le ton juste. Le propos s'égare entre mille thématiques : dictature, argent, Dieu (père stalinien qui devient hyper-croyant), judaicité, handicap, pauvreté. Il manque au film des effets spécaiux crédibles, ou de la magie, ou un certain vertige métaphysique.

A 87 ans, Jorodowky a trop visiblement voulu réaliser un film testament.

 

1e

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Magic magic

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/030/21003037_2013050312174113.jpgCurieusement, certains considèrent Magic magic comme un film étrange, alors qu'il m'est apparu comme un bijou de limpidité et de réalisme. Bien sûr, ce qu'on voit à l'écran est parfois dépendant de l'état mental de son héroïne principale, mais tout film qui traite des altérations mentales comprendra une part de subjectivité (cf Psychose ou Vertigo) sans quoi il n'atteindrait pas son but.

Le prétexte est simple : une jeune américaine se retrouve isolée sur une île au sud du Chili en compagnie d'amis de sa meilleure amie, partie avorter à Santiago. Elle s'imagine (ou pas ?) être harcelée par les garçons et la fille qui l'entourent.

Le film excelle dans de nombreux domaines : des acteurs et actrices au top (magnifiques Juno Temple et Emily Browning, sidérant Michael Cera), des paysages admirablement filmés, une mise en scène au cordeau, un joli rythme, un sens aiguisé du décor et du cadre.

Magic magic parvient à distiller une atmosphère de film d'horreur à combustion lente, sans aucun effet horrifique. On a l'impression de comprendre parfaitement ce qui se passe, et tout à coup un élément nous fait douter (le coup de fil qu'on voit et qui n'a a priori pas eu lieu, l'hypnose feinte ou réelle...). Ce léger décalage se résoud dans un final parfaitement réaliste, et intraitable, bien q'un peu bancal.

L'attitude des jeunes gens, et en particulier de l'immonde Brink, fait l'objet d'une peinture extrêmement juste et pertinente.

Le genre de film qui vous fait sentir intelligent.

Sebastian Silva sur Christoblog : Les vieux chats

 

3e

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Ilo Ilo

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/008/21000802_20130423155628913.jpgCette année, Ilo Ilo a remporté à Cannes la Caméra d'Or, qui récompense le meilleur premier film, toutes sections confondues. Et c'est mérité.

Nous sommes à Singapour, contrée rarement montrée au cinéma, et qui fournit peu de réalisateurs de renom à ma connaissance (il ne me vient à l'esprit que le nom d'Eric Khoo).

L'histoire que raconte le film est toute simple : une domestique de nationalité philippine est embauchée par une famille middle class pour s'occuper du ménage et de la gestion d'un garçon un peu difficile. Un amour profond naît entre le petit garçon et sa nounou, alors qu'une crise financière sans précédent frappe le pays (nous sommes en 1997).

Sans être exceptionnel, Ilo Ilo se révèle être parfaitement conçu et réalisé. J'ai été véritablement ému par la performance des différents acteurs dont le jeu est admirable. Le petit garçon est une boule d'énergie taiseuse. La bonne philippine iradie véritablement l'écran de sa présence patiente et déterminée, alors que la mère campe une madame tout le monde que le démon de la dureté et de la méchanceté gratuite n'épargne pas. La mise en scène est brillante, à la fois discrète et très intense, servie par une photographie lumineuse.

Le film dégage une impression de réalisme qu'on croise de moins en moins souvent au cinéma. Vous pourrez noter par exemple qu'au tout début du film la maîtresse de maison demande à Teresa de choisir la couleur de sa tasse, qui sera bleue (cette scène est d'ailleurs l'occasion d'une première humiliation). Tout le long du film vous verrez que Tereza utilise ce mug, et que dans certaines scènes tournées dans la cuisine, on voit la tasse à l'arrrière plan.

Le film est comme ça : d'une véracité extrême, dans les décors comme dans les sentiments. Au Festival Paris Cinéma, Anthony Chen a révélé le sens du titre. Il a été lui-même élevé par une nounou philippine qui s'appelait Terry comme dans le film, et qui était originaire d'une petite île qui s'appelait Ilo Ilo. Il raconte qu'un groupe s'est constitué aux Philippines pour la retrouver, mais qu'il n'est pas sûr d'avoir envie de la retrouver...

Un réalisateur dont je parierais qu'on le retrouvera un jour en sélection dans un grand festival.

Films de Singapour sur Christoblog : Tatsumi

 

3e

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