Christoblog

Télé gaucho

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/76/71/20276277.jpgMichel Leclerc est-il en train de ressusciter la comédie à la française ?

On peut le penser, tant Télé gaucho  (comme Le nom des gens) parvient à faire rire à partir d'une recette qu'on pensait oubliée : des acteurs qui ont des tronches, des répliques qui font mouche, un milieu bien typé qui porte en lui-même un potentiel comique et nostalgique, des gimmicks efficaces.

Michel Leclerc s'est souvenu de son expérience à Télé Bocal pour reconstituer ce qui fut l'ambiance libertaire de ces télés libres, revivant en quelque sorte au milieu des années 90 l'effervescence créatrice qui entoura la création des radios libres, une décennie auparavant.

Le film doit beaucoup de son potentiel comique a l'excellent Eric Elmosnino qui révèle ici un réel potentiel dans le domaine de la comédie, à Sara Forestier qui joue les cruches comme personne, et au très bon jeune espoir Félix Moati, à la fois attendrissant et convaincant dans le rôle du jeune réalisateur qui se voit grand.

Plusieurs scènes ou répliques mériteront de devenir culte (le porno tourné sur le toit, "J'aime faire les choses, mais ce sont les choses qui n'aiment pas être faites par moi", la rubrique des objets qui nous font chier), et si le propos du film pourra au final paraitre anecdotique, Télé Gaucho est l'exemple parfait du divertissement intelligent et agréable.

Je le recommande vivement pour une soirée sympa pendant les vacances de fin d'année.

 

3e

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Résultats du festival des Festivals

http://myscreens.fr/wp-content/uploads/2012/07/tabou-critique.jpgFin du Festival des festivals qui finalement compte 6 votants :  ffred, Bob Morane, pierreAfeu, heavenlycreature, Claire, et myself.

Meilleur film :

Tabou (38 pts), devance d'une très courte tête César doit mourir (36 pts), et Amour (28 pts).

Ces trois films se partagent les 6 premières places accordées par les votants (Tabou 3 fois, César doit mourir 1 fois, Amour 2 fois).

Suivent dans l'ordre Paperboy (20 pts), Les bêtes du Sud sauvage (18 pts), décidément pas à la hauteur de sa réputation, Despuès de Lucia (17 pts) et Après mai (11 pts).

Meilleure actrice / acteur

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/22/12/20274199.jpgTessa Ia remporte la catégorie chez les femmes pour sa prestation très solide dans Despuès de Lucia. Elle devance nettement Emmanuelle Riva (Amour), Nicole Kidman (Paperboy), Ana Moreira (Tabou) et Ouvenzhané Wallis (Les bêtes du Sud sauvage).

Côté masculin, Matthew McConaughney l'emporte pour son rôle physique dans Paperboy de Lee Daniels. Grosse année pour l'acteur américain présent aussi à Cannes dans Mud, le nouveau film de Jeff Nichols qui sortira en 2013 et surtout dans Killer Joe de Friedkin. Suivent une mention pour l'ensemble de la troupe de César doit mourir, puis Carloto Cota (Tabou), Jean Louis Trintignant (Amour) et Zac Efron (Paperboy).

Meilleur réalisateur / scénario

http://www.cinematografo.it/cinematografo_new/allegati/23215/MiguelGomes.jpgMiguel Gomes partage classiquement la récompense de meilleur réalisateur avec les frères Taviani, et Haneke est loin derrière.

Tabou remporte par contre seul le prix du meilleur scénario, devant César doit mourir et Amour ex-aequo, et Paperboy.

Merci aux participants qui vont recevoir par mail cet après-midi le détail des votes. Et rendez-vous à tous pour le huitième festival sur Christoblog : My own private festival, by mymp. N'oubliez pas de vous inscrire !

 

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Le MITAC (Méthode d'Intercomparaison des Top10 Avec Christoblog)

http://www.soundonsight.org/wp-content/uploads/2012/09/Holy-motors_poster.jpgC'est très simple. Il s'agit d'une méthode de calcul pour mesurer combien un Top10 annuel est proche du mien. Vous pouvez évidemment appliquer la même méthode à votre propre Top 10.

 

Mon top ten 2012 est le suivant :1 / Oslo, 31 août, 2 / Into the abyss, 3 / Camille redouble, 4 / Holy motors, 5 / The we and the I, 6 / Rebelle (de Kim Nguyen, pas de Pixar...), 7 / The descendants, 8 / Quelques heures de printemps, 9 / Portrait au crépuscule, 10 / Moonrise kingdom

 

Pour calculer le MITAC avec un autre top, je relève les films commun entre ce top et le mien, puis je calcule le nombre de points correspondants au classement des films communs dans les deux tops, sur la base suivante : 10 pts en N°1, 9 pts en N°2, ...., 1 pt en N°10.

 

Exemple :


Le classement des lecteurs de Première (pfff, c'est pour faire simple) : 1 / Skyfall, 2 / De rouille et d'os, 3 / The dark knight rises, 4 / Moonrise kingdom, 5 / Argo, 6 / Millénium, 7 / Take shelter, 8 / Amour, 9 / Avengers, 10 / Prometheus.

Calcul du MITAC : 1 seul film en commun, Moonrise kingdom. N° 10 chez moi = 1 pt, N° 4 chez Première = 7 pts. MITAC = 1+7 = 8 pts

 

Ce qui donne, par ordre décroissant :

 

Le passeur critique : 59 (Holy, Oslo, Descendants, The We and the I, Moonrise)

Ariel Schweitzer (critique aux Cahiers) : 43 (Holy, Into the Abyss, Oslo)

Thierry Méranger (critique aux Cahiers) : 40 (Holy, The We and the I, Oslo)

neil : 27 (Holy, Moonrise)

Alex Torrance : 23 (Holy, Moonrise)

Rédaction Cahiers du cinéma : 17 (Holy)

Lecteurs Première : 8 (Moonrise)

heavenlycreature : 6 (Quelques heures de printemps)

PierreAfeu : 5 (Quelques heures de printemps)

Rédaction première : 0 et tant mieux !!!

 

 

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Top 2012

L'année n'est pas tout à fait finie, mais à ce jour (le 21 décembre, fin du monde) j'ai vu 165 films au cinéma, en 2012. Et voici les 25 meilleurs :

 

http://www.plan-sequence.asso.fr/bo/images/oslo,-31august_affiche.jpg1 / Oslo, 31 août

2 / Into the abyss

3 / Camille redouble

4 / Holy motors

5 / The we and the I

6 / Rebelle (de Kim Nguyen, pas de Pixar...)

7 / The descendants

8 / Quelques heures de printemps

9 / Portrait au crépuscule

10 / Moonrise kingdom

11 / Les adieux à la reine

12 / Tyrannosaur

13 / De rouille et d'os

14 / Vous n'avez encore rien vu

15 / Thérèse Desqueyroux

16 / Amador

17 / The day he arrives

18 / Un monde sans femme

19 / Louise Wimmer

20 / Laurence anyways

21 / Rengaine

22 / In another country

23 / Querelles

24 / Avé

25 / César doit mourir

 

 

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Cogan, killing them softly

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/81/08/20118129.jpgA quoi peut bien bien servir un film comme Cogan ?

 

Au plaisir du spectateur ? C'est peu problable, tant sa position de polar bavard et low-fi cassera les pieds de la plupart. Ceux (et celles !) qui iront pour Brad Pitt en ressortiront bien déçu(e)s puisque celui-ci n'apparaît que très peu. Il est pourtant assez brillant, surtout quand il regarde bouche-bée Gandolfini faire son Tony Soprano.

 

A édifier le cinéphile ? Ce dernier s'amusera à lister les références que le film lui inspire, des Sopranos aux Affranchis en passant par Tarantino et John Woo. Il notera au passage quelques curiosités comme le travail étonnant sur la bande-son, et une belle maîtrise globale du réalisateur Andrew Dominik (L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford). Mais cela ne suffira pas à le captiver.

 

A amener une star sur la Croisette ? Peut-être : on ne voit pas sinon pourquoi Thierry Frémeaux aurait sélectionné en compétition officielle ce film, somme toute assez terne et anecdotique.

 

A renouveler le polar ? Certains l'ont espéré, surtout en insistant sur la mise en perspective politique de ces mésaventures de tueurs pieds nickelés sur fond de campagne présidentielle américaine de 2008. Mais cet axe, assez séduisant sur le papier, ne fonctionne pas vraiment. Les discours d'Obama et de Bush à la télé n'entrent finalement pas en résonance avec les pitoyables actions criminelles que le film nous montre, sauf peut-être dans ce dernier plan, le meilleur du film, qui voit Brad Pitt énoncer cette phrase-programme : "America is not a country, it's a business".

 

Pas nul, mais accessoire.

 

2e

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Yesterday once more

http://fr.web.img1.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/71/92/51/19148805.jpgCuriosité découverte lors du Festival des 3 continents 2012

Drôle de film que cette comédie sentimentale réalisée au début des années 2000 par Johnnie To.

Un couple de voleurs amoureux (joué par les deux stars hong-kongaise Sammi Cheng et Andy Lau) se dispute le partage d'un butin. Elle souffre d'un complexe d'infériorité, il ne veut rien lâcher, les deux sont d'invétérés joueurs/jouisseurs. Ils se quittent, se pistent, se reniflent, manipulent les tiers au service de leur jeu de séduction (y compris en se mariant avec d'autres) et finalement se retrouvent.

Le film est diablement enlevé, les péripéties sont parfois cartoonesque et les décors délirants. C'est un peu kitsch, et très plaisant à regarder, dans un style qui tranche totalement avec l'image que je me faisais du cinéma made in HK.

Dans la deuxième partie, le film vire soudain au mélodrame, l'un des deux membres du couple devenant gravement malade. Je ne vous dirai pas qui, le film multipliant les rebondissements sur le sujet. Perce alors sous la carapace rutilante de la comédie friquée une sourde nostalgie qui donne au film tout son prix. La fin parvient à être franchement émouvante.

L'impression générale que laisse le film est celle d'une vitalité sûre d'elle et sans complexe, que notre cinéma européen semble avoir oublié. Le cinéma de Johnnie To ne s'embarrasse pas de salamalecs et d'hésitations, il fonce à 100 à l'heure dans une intrigue tarabiscotée et grisante, en flirtant continûment avec le mauvais goût.

 

2e

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Main dans la main

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/94/18/92/20309366.JPGPar quelle magie un film fonctionne-t-il, ou pas ? 

C'est la question qu'on peut se poser à la vision du nouveau film de Valérie Donzelli, qui fait suite au grand succès de La guerre est déclarée.

Les ingrédients sont en effet approximativement les mêmes dans les deux films : mêmes acteurs (Jérémie Elkaim, encore et toujours), même équipe réduite, même utilisation pointue de la musique dans la bande-son avec intervention de Peter von Poehl, même saillies burlesques, même variations techniques osées (ici des images au très gros grains). Mêmes ingrédients, mais un tour de main qui s'est perdu en chemin.

Comme lorsqu'une mayonnaise ne prend pas, on espère quand même, contre toute logique, que le film va pouvoir se rattraper en cours de route, mais cela ne se produit pas vraiment.

Le début était pourtant assez sympathique, avec une fantaisie irréelle bien posée au départ (deux personnes de milieux très diffférents se retrouvent à faire exactement les mêmes gestes, sans pouvoir s'en empêcher). Quelques visions amusantes viennent pimenter agréablement les premières minutes (scène de la danse de salon). Mais dès que l'action se concentre à Paris, le film perd en nervosité et gagne en sensiblerie. Il se perd dans des digressions, et ennuie franchement. Sur la fin, quelques scènes mémorables (le deuxième ministre, la crémation) retrouvent la verve du commencement, avant que l'épisode new-yorkais n'entraîne le film dans des profondeurs de médiocrité.

Lors de l'avant-première ce soir à Nantes, l'accueil de la salle (pleine à craquer) a été plutôt froid et ne laisse pas augurer une belle carrière pour le film. Valérie Donzelli a vaillamment défendu son film, alors qu'Elkaim à son habitude a joué son cabotin. Décevant.

 

2e

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Ernest et Célestine

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/28/33/20091185.jpgTrès bien accueilli à la Quinzaine des réalisateurs 2012, le film de Benjamin Renner est d'honnête facture.

 

La douceur de la palette de l'aquarelliste belge Gabrielle Vincent, décédée en 2000, est bien rendue. L'animation est tranquille, reposante, et change agréablement des délires sur-vitaminés de Disney/Pixar/Dreamworks.

 

Daniel Pennac (qui a longtemps entretenu une correspondance avec Gabrielle Vincent sans jamais la rencontrer) a fait un bon boulot avec le scénario, qui possède cette particularité de proposer des niveaux de lecture pour les différentes tranches d'âge de spectateurs.

 

La morale de l'histoire (les sentiments s'affranchissent des préjugés et des différences) pourra s'appliquer à beaucoup de cas de figure, en ces temps de débats autour du mariage pour tous.

 

J'ai pour ma part été particulièrement sensible à la personnalité de Célestine, petite chose sans peur et doté d'une ferme volonté, qui entraîne spontanément la sympathie.

 

Le film développe quelques bonnes séquences, comme les scènes parallèles de tribunal par exemple, mais c'est dans l'intimité des deux compères que je trouve qu'il se réalise pleinement. Il parvient alors, par petites touches, à faire ressentir cette confiance mutuelle et absolue qu'on appelle parfois l'amour.

 

2e

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Rebelle

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/64/35/20059620.jpgJe ne m'attendais à rien de bien précis en entrant dans la salle pour découvrir ce curieux film canadien traitant du sujet des enfants soldats africains.

Je me demandais d'ailleurs vaguement s'il s'agissait d'un documentaire, et je n'avais pas noté que la jeune actrice avait obtenu l'Ours d'argent de la meilleure interprète féminine à Berlin 2012.

Le film me cueillit donc à froid, avec son réalisme sans concession, ses scènes chocs dès les premières minutes, et son rythme effréné. J'ai été littéralement happé par le récit du voyage initiatique de la jeune Komona, 10 ans au début de l'histoire, 13 ans à la fin.

Autant le dire, le film est assez rude par moment (il est d'ailleurs interdit avec raison au moins de 12 ans), et il ne nous est épargné aucun des mauvais traitements que subissent ces jeunes victimes : obligation de tuer, viol, coups. Il est aussi doucement fantastique (la fillette à la faculté de voir des fantômes, les gri-gris sont omniprésents) et devient même amusant lorsque Komona s'éprend du jeune homme nommé Magicien, qui doit trouver un coq blanc pour se marier avec elle.

Rebelle a la faculté rare de nous faire passer des larmes aux rires sans transition. Le tableau qu'il dresse de l'Afrique est absolument saisissant de brutalité. La mise en scène de Kim Nguyen, vive et alerte, rend l'expérience inoubliable. Par certains côtés (les rebelles dans la forêt, la situtation de contrainte) Rebelle ressemble un peu au Captive de Brillante Mendoza, mais il lui est supérieur en tout point. On sort secoué de la projection, un peu sonné par le mélange de violence et de résilience qui irrigue le film, et curieusement séduit par la musique plutôt cool ou entraînante, en (apparente) contradiction avec la gravité du sujet. Une franche réussite, un film injustement passé innaperçu.

PS : des éléments étranges du film appellent des recherches complémentaires : quels sont ces bâtiments d'aspect chinois ? Où le film a-t-il été tourné ? Quel est ce regoupement d'albinos ? A suivre...

 

4e

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Les bêtes du sud sauvage

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/22/18/20369026.jpgSuis-je donc le seul sur la planète cinéphile, de Sundance à Reykjavik, de Cannes à Deauville, à voir à quel point ce film est imparfait et même un peu roublard ?

 

On dirait.

 

Pourtant, il me semble évident que ceux qui s'extasient devant la petite Hushpuppy le font sur un mode qui n'a pas grand-chose à voir avec le cinéma, mais plus avec la réaction d'une pré-ado qui craque devant un petit chaton en lançant un perçant "il est trop mimiiii". Si la petite actrice au nom compliqué (Quvenzhané Wallis) est touchante, elle ne le doit en effet ni à ses talents d'actrice (de nombreux regards caméra, une expression monocorde), ni à celui de Benh Zeitlin, le réalisateur novice, qui semble parfois même la manipuler.

 

De toutes les façons, la perfomance de la petite fille de 6 ans occulte dans les commentaires les faiblesses criardes du film, à savoir le caractère répétitif des procédés employés, les tics très "auteur fauché" du genre caméra à l'épaule et image sale, la laideur de certaines scènes et les impasses narratives. Le film est en effet un véritable manuel en matière de "comment ne pas filmer ce que je ne sais pas montrer" : comment ne pas filmer un fantôme, comment ne pas filmer une tempête, comment ne pas filmer une digue qui cède, comment...

 

La fonte de la banquise donne naissance à des images particulièrement moches (les aurochs dans les glaçons font très Age de glace 5), mais par un curieux tour de passe-passe les critiques sont prompts à louer la laideur en y voyant avec bienveillance une bienvenue économie de moyens.

 

Quant au fond du film, il n'est qu'une sorte de verroterie new-age sans profondeur, dans laquelle on retrouve alignées des scènes sans grande signification, qui exploitent pêle-mêle les voix disparues, la célébration païenne de la nature, le dérèglement climatique, et la puissance vitale des animaux. Zeitlin cite dans ses références Werner Herzog et Terence Malick. Il lui reste un sacré chemin à parcourir.

 

Un cas d'école en matière de hype Sundance entretenue par l'internationale des critiques complaisants.

 

1e

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Gazette du Festival des Festivals

FestFest2.jpegPour ceux qui se demandent de quoi il s'agit, tout est là.

Je vous propose comme date limite des votes le dimanche 23 décembre à midi.

16 décembre

Après les deux premiers votes (myself et ffred), deux films se détachent, ex-aequo en tête, alors qu'Après mai ferme (déjà) la marche.

14 décembre

Qui succédera aux films ayant obtenu la récompense suprême dans les précédents festivals de Christoblog, à savoir, en commençant par le plus ancien : Potiche, Black swan, Une séparation, Restless, Carnage, Take shelter et Tyrannosaur ? Réponse d'ici une semaine, le temps que les (rares) blogueurs en course finissent leurs devoirs. Il ne reste plus à voir pour beaucoup d'entre nous que Les bêtes du Sud sauvage, ce qui sera fait dans 3 heures pour mon compte. Je serai donc le deuxième à voter, après Fred, comme toujours le premier à m'avoir envoyé son classement.

Et ce week-end, le programme du prochain festival, avec des surprises....

18 novembre

Il faut vraiment que je m'exuse pour cette sélection qui s'avère catastrophique à l'usage, et probablement la plus mauvaise de l'histoire des festivals sur Christoblog. Bon, du coup, plusieurs participants ne finiront probablement pas.

Si je me fie aux critiques en ligne, ceux qui iront au bout pourraient être :

ffred, qui a vu 6 films sur 7 et n'en note aucun au-delà de 2/5, Bob Morane, qui a vu 4 films sur 7 et n'a donné aucune note au-delà de 1/4, Hallyne peut-être, qui a vu 3 films, Félix qui en est à 3 aussi, pierreAfeu et heavenlycreature qui ont vu 4 films et donnent tous les deux un avantage à Haneke et peut-être Claire.

Dans le marasme des notations, difficile de se faire une idée du gagnant potentiel. Au vu des notes des uns et des autres, on peut déjà être certain qu'il ne s'agira pas de Despuès de Lucia, Paperboy ou Après mai. A part Amour, qui a ses défenseurs, César doit mourir a une appréciation moyenne plutôt pas mauvaise.

Il faut donc attendre la sortie de Tabou et Les bêtes du sud sauvage pour se faire une idée plus précise.

Avec les mêmes critères (participation à un des 3 festivals majeurs) j'aurais aussi pu aussi sélectionner : J'enrage de son absence, Rengaine, La chasse, Au-delà des collines.... Le métier de programmateur n'est pas de tout repos ! 

25 octobre

Petit point sur le nombre de films vus et critiqués par les participants à ce jour :

ffred (4 films), robin (0), Bob Morane (3), pépito (0), Hallyne (1), Félix (2), pierreAfeu (2), heavenlycreature (1), Marcozeblog (1), Claire (2), myself (4)

Pour l'instant, vu les très mauvaises appréciations sur la sélection (j'espère que cela va s'améliorer sur la fin...), c'est le film des Taviani qui tient la tête

19 octobre

ffred n'a pas aimé César doit mourir, et encore moins Amour. Hallyne a plutôt aimé Después de Lucia (enfin). Quant aux autres inscrits, ils semblent avoir été refroidis par l'épreuve imposée par le film de Franco d'entrée... quitte à le regretter ultérieurement ?

12 octobre

Bob Morane est aussi sceptique vis à vis du film de Franco. ffred a carrément détesté.

6 octobre

Belle critique de Pascal Mérigeau sut le site du Nouvel Obs, à propos de Después de Lucia. Je ne partage pas, mais c'est bien écrit.

5 octobre

Belle critique de Claire à propos du film de Michel Franco. Fab le décrit justement comme un " feel pas du tout good movie".

4 octobre

Démarrage en trombe avec une première polémique à propos de Después de Lucia. PierreAfeu est très en colère contre le film, alors que je suis (légèrement) plus compréhensif. Dans les deux cas, nous débattons autour d'un Haneke avec sombrero, semble-t-il.

 

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Les hauts de Hurlevent

C'est avec peine que je rédige cette critique, moi qui adore le cinéma d'Andrea Arnold.

Son dernier film me laisse en effet perplexe, et si on ne peut nier qu'il est par bien des aspects impressionnant, il ne me semble pas aussi limpide que ses deux premiers opus (Red road et Fish Tank).

Les hauts de Hurlevent commence pourtant sur les chapeaux de roue.

Les parti-pris de la cinéaste (format carré, très gros plans, jeu sur la profondeur de champ, naturalisme extrême) fonctionnent au départ admirablement bien. Nous découvrons la vie rude que mène la famille d'accueil du jeune Heathcliff avec un oeil quasi documentaire, d'une puissance esthétique inouïe.

L'ambiance du film, qui associe dénuement extrême et espaces immenses, rappelle beaucoup le sublime film de Wang Bing, Three Sisters. La caméra d'Arnold atteint parfaitement son objectif de nous fait ressentir les sentiments des protagonistes par les sens : toucher (caresser un cheval), goût (lécher une blessure), ouie (le bruit d'un arbre qui heurte une fenêtre), vue (le soleil qui éblouit), odorat (fleurs, boue, animaux).

Le sentiment amoureux naissant entre Heahtcliff et Catherine est ainsi très bien esquissé, et la tension sexuelle qui règne dans le film est étouffante. Dans la deuxième partie du film, tout ce qui a plu dans la première paraît soudainement virer à la recette, au placage formaté et sans imagination, comme si Arnold s'était laissée enfermer dans son système.

Les inserts de paysages sont bien trop variés pour être réalistes, ceux sur les animaux paraissent dresser un catalogue d'entomologiste, les plans montrant Heathcliff espionner la maison de Cathy deviennent exagérément répétitifs.

Les deux acteurs qui jouent les rôles des personnages adultes sont peu crédibles, contrairement à ceux qui jouent les personnages enfants. Kaya Scoledario ne ressemble pas du tout l'actrice qui joue Catherine jeune. Elle semble immature et ses états d'âme nous restent aussi étrangers que ceux de sa jeunesse nous paraissaient proches. James Howson, qui joue Heathcliff adulte, en ajoute beaucoup trop dans le mutisme. Dans son cas non plus, on ne comprend pas réellement le chemin psychologique parcouru.

Les personnages d'Isabella et d'Edgar sont sacrifiés. La fin du film laisse donc une impression de déception, de délitement, qui ternit un peu l'enchantement que la sensualité de la première partie procure. Dernier point : le film s'arrête approximativement au milieu du roman, et toute la suite de la vengeance de Heathcliff, ainsi que sa fin, est ignorée. Ce n'est évidemment pas un défaut en soi, mais cela rend le personnage de Heathcliff moins complexe, moins subtil et moins inquiétant que dans le roman.

 

2e

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Thérèse Desqueyroux

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/19/18/20086195.jpgIl y a quelque chose de parfait dans le dernier film de Claude Miller, quelque chose de parfait qui résiste en partie à l'analyse.

 

Il est assez facile pour le critique à la plume acerbe de se contenter d'approcher le film par le versant académique. Beaucoup le font et cela donne des choses comme "Longueur et académisme empêche l'adhésion totale" dans Métro, si tant est qu'on considère Métro comme étant susceptible d'abriter de véritables critiques.

 

En réalité, Thérèse Desqueyroux réalise une sorte de prodige tranquille, celui de donner à voir les tourments d'une âme sous une apparente placidité. C'est une sorte de fleuve de lave souterrain qui court tout le long du film, calme comme la surface d'un lac. Ce feu brille dans les pupilles et dans le phrasé incomparable d'Audrey Tautou, qui n'est pas mon actrice préférée, loin de là, mais qui est ici géniale. Le feu dévore les forêts de pins, entoure le couple Desqueyroux, et déclenche l'irréversible. Le feu est dans le désir d'Anne (splendide Anaïs Demoustier).

 

Plastiquement, Claude Miller signe un film de toute beauté : l'image est baignée d'une lumière merveilleuse, les cadres sont choisis avec une rigueur digne des plus grands, le montage est une splendeur (je pense à ces capsules de rêveries parfaitement intégrées au film, ou aux rythme ennivrant des ellipses qui entraîne le film vers son beau final).

 

Enfin, le film procure un plaisir décisif : celui de l'intrigue, aussi noire que surprenante. Je ne connaissais pas le roman de Mauriac et suis entré dans la salle vierge de toute connaissance quant au scénario. Autant dire que j'ai été plus que surpris par la modernité, par le mélange de douceur, de convenance, de violence et de cruauté de l'histoire qui nous est contée.

 

Ajoutons à tout cela la description admirable d'une époque (les années 20) et d'un territoire (les Landes), et vous aurez toutes les raisons d'aller voir ce film, qui n'a pas d'égal cette année en matière de subtilité et de qualité de jeu des acteurs.

 

4e

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Tabou

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/43/08/20096244.jpgIl y a deux types de films qui me plaisent beaucoup.

Le premier type est  celui des oeuvres qui m'emportent par leur énergie, leur souffle, leur caractère entier. Je suis alors très indulgent quant à leur défauts, dans lesquels je peux même voir en toute mauvaise foi des qualités. Dans cette catégorie, de bons exemples pourraient être La guerre est déclarée, Polisse, Kaboom.

Le deuxième type est constitué de films que je trouve admirables sur tous les plans (photo, mise en scène, direction d'acteur, scénario, son). Ils constituent des films-univers que leur auteur conçoit et développe en toute autonomie. Tout fait sens dans ces films, et tous les détails y sont importants. Je pourrais les revoir trois fois en y décrouvant de nouvelles choses à chaque fois. Mais la nature de la satisfaction y reste surtout intellectuelle, et l'émotion brute n'est pas toujours présente. Dans cette catégorie, je classerais  Au-delà des collines, Il était une fois en Anatolie, Holy motors, et Tabou.

Le film a tellement été déjà commenté sur la blogosphère que je passe sur le descriptif pour parler directement de ce que j'ai trouvé génial dans le film, et que je résume en trois assertions :

 

Le film est raciste, et personne ne le relève.

 

Alors que Tintin au Congo suscite remarques et polémiques, Miguel Gomes se permet d'aller beaucoup plus loin, sans que personne ne trouve à y redire : les Noirs sont totalement refoulés à la périphérie du film, montrés presque comme des animaux. En réalité, on s'en fout, peut-être parce que la distance installée par le dispositif scénaristique nous exonère d'y réfléchir. Ce n'est pas le moindre miracle de ce film d'inventer un rétro tellement peu rétro qu'il n'entraîne même pas la culpabilité. Nous ne sommes pas dans une Afrique coloniale, nous sommes dans une contrée imaginaire. 

 

Le film invente ou utilise une myriade de figures de styles cohérentes.

 

La deuxième partie est magnifiquement sonorisée (on entend le souffle du vent, le piètinement des brousailles) sans entendre les voix. La carte postale d'une maison de retraite se transforme magiquement en décors réel. Un arrière plan (au casino, pendant qu'Aurora parle de son rêve) tourne lentement et mystérieusement. Des regards-caméras ponctuent plusieurs scènes. Le film invente sa propre syntaxe, et c'est vertigineux.

 

Le film entretient une douce impression de rêve éveillé

 

Apparition fantomatique dans la visite des grottes, sur fond de discours surréaliste, éclairages bizarres, animaux dessinés dans les nuages, apparition diverses de crocodiles, ouverture rétro et mélancolique, morceaux pops décalés, scène de boxe française contre des ennemis invisibles, relation finale entre la petite et la grande histoire à travers l'indépendance, plan sur des tombes, cuisinier qui lit l'avenir dans les entrailles de poulet, suspicion de pratiques vaudou, décors vaguement exotique qui sert d'écrin aux confessions de Ventura.... on pourrait multiplier les exemples d'idées qui détonnent et étonnent.

 

Pour ma part, l'histoire d'amour de la deuxième partie - bien que classique - m'a particulièrement plu par son caractère tendrement sensuel et farouchement romantique (ou l'inverse). La résonance posthume de la première partie dans la deuxième m'a aussi rempli d'une douce quiétude (on comprend beaucoup mieux pourquoi la fille n'apparaît jamais). Pour toutes ces raisons et quelques autres, je déclare donc que Tabou est un beau film, amen.

 

3e

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Trois mondes

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/56/81/20106605.jpgLorsque j'ai vu ce film à Cannes, je me souviens m'être demandé comment on pouvait rater son coup de cette façon.

Parce qu'au départ le film dispose de tout ce qu'il faut pour être bien : scénario pas mal (même si les scrupules suite à un accident ont déjà fait l'objet de multiples fictions, par exemple récemment dans Avant l'aube), casting excitant, réalisatrice pas manchote.

Bref, j'étais assis dans le carré VIP de la salle Un certain regard (un coup de bol m'avait procuré ce précieux sésame), juste derrière Clotilde Hesme qui était vêtue d'une robe assez incroyable, transparente en grande partie si je me souviens bien, bref, c'était la fin du festival, tout le monde en avait un peu marre, l'attaché de presse priait pour que la réception du film ne soit pas trop mauvaise (il citait comme catastrophe absolue la réception par la critique de Confession d'un enfant du siècle dans la même sélection, ce en quoi il n'avait pas tort), la salle était un peu vide et l'atmosphère respirait cette crainte inquiète de l'équipe du film qui sent que quelque chose cloche, bref, je regardais ces personnages s'ébattre à l'écran et je me suis dit, je m'en souviens très bien, je me suis dit, ils ne sont tous que des stéréotypes, sans chair ni âme, et c'est pourquoi le film ne fonctionne tout simplement pas très bien.

Bon voilà, on ne vas pas y passer des heures, l'actrice qui joue la femme lituanienne est la meilleure actrice du film. Le copain de Juliette joue très faux, comme la famille de Al ou ses copains.

L'intrigue ne fonctionne pas parfaitement, elle passe par des goulots d'étranglement qui laissent très dubitatif (pourquoi ne pas dénoncer le coupable dès l'hopital ?), on aurait aimé plus de critique sociale, ou a minima plus d'intéractions entre ces trois mondes.

On aurait aimé y croire un peu plus.

 

2e

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Les lignes de Wellington

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/31/65/20200358.jpgLes lignes de Wellington aurait pu être un film de Raoul Ruiz, puisque ce dernier y a travaillé avant de disparaître, mais c'est finalement un film de Valeria Sarmiento, la compagne du maître.

Le film nous transporte au début du XIXème siècle, durant la guerre opposant le Portugal, aidé des anglais, aux troupes napoléoniennes du général Masséna.

Le récit est très curieusement agencé, puisqu'on fait successivement connaissance avec une quinzaine de personnages qui semblent n'avoir aucun rapport entre eux, avant que leur destinée ne se rejoignent subtilement (et très partiellement).

Le scénariste Carlos Saboga tisse le même genre d'entrelacs savants qui faisaient le charme des Mystères de Lisbonne, d'une façon toutefois plus intellectuelle et moins romanesque que dans le chef d'oeuvre de Ruiz. On est ici plus du côté de Perec que de celui des Mille et une nuits ou d'Alexandre Dumas.

La réalisation de Valéria Sarmiento est souple, classique, mais il faut le dire, sans les éclairs de génie et les travellings de folie de son défunt mari. L'ambiance morbide et cruelle de l'exode est toutefois envoûtante, et on a rarement vu un film de guerre aussi long (2h31) sans y entendre quasiment un coup de fusil. Les ruptures de ton orientent l'oeuvre dans sa deuxième partie vers une farce languide et par moment désespérément noire : toutes les femmes (même vieilles, même mortes) semblent devoir y être violées, et par les deux camps s'il vous plait.

Un film hors norme, une curiosité dans laquelle quelques stars viennent, parfois brièvement, saluer le maître Ruiz : Catherine Deneuve, Michel Piccoli, Isabelle Huppert, Melvil Poupaud, Mathieu Amalric, Elsa Zylberstein, Marisa Paredes, John Malkovitch.

A voir si vous avez le temps.

 

2e

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Les invisibles

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/55/11/20101917.jpgPrésenter Les invisibles comme un documentaire regroupant des témoignages d'homosexuels étant nés il y a 70 ou 80 ans est réducteur.

Il s'agit certes de cela, mais pas seulement. La force du film est surtout de nous présenter des personnes, certes homosexuelles, mais avant tout amoureuses, ou l'ayant été. Les invisibles est donc un grand film d'amour, comme en témoignent la scène inaugurale, magnifique, du coup de foudre dans le rétroviseur, ou celle dans laquelle une femme parle du grand amour de sa vie, Gundrun.

Dans l'évocation du temps qui passe, des lieux qui comptent, des photos qui traversent le temps, surgit à chaque témoignage l'histoire d'une vie, et de ses amours. On oublie souvent d'ailleurs que ce sont des homosexuels qui parlent, sauf lorsque les souvenirs évoquent l'engagement politique dans les années 60 et 70, ou les odieux et violents rejets dont toutes ces personnes ont été les victimes (famille, travail, église, parti communiste). 

Le talent de Sébastien Lifshitz réside non seulement dans l'art d'éclairer son sujet et de le cadrer à la perfection, mais aussi dans l'entrelacement des récits et dans les plans de coupe qui rythment et ponctuent les interviews, donnant à réfléchir sur ce qu'on vient d'entendre. En utilisant des plans représentant la nature, des animaux, des ciels, la mer, des paysages urbains, Lifshitz semble situer ses personnages dans un ensemble plus grand, dans lequel l'inélucatibilité de l'homosexualité s'inscrirait dans un ensemble qui la dépasse.

Evidemment le film entre en écho avec l'actualité et le mariage pour tous (magnifique scène ou un couple visite une chapelle abandonnée et rêve de s'y marier), et on devrait imposer à tous les députés une séance de visionnage collective avant tout débat sur la question.

Le dernier point important à dire concernant le film est son irrésistible énergie, les personnages sont vifs, alertes, pleins d'énergie et de joie de vivre. Ils font rire le spectateur autant qu'ils l'émeuvent.

L'amour conserve.

 

3e

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Royal affair

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/71/62/20159650.jpgIl m'arrive parfois d'aller voir un film sans que je comprenne bien moi-même pourquoi j'y vais.

 

Je me demande par exemple ce qui m'a poussé à aller voir ce film danois de plus de deux heures, retraçant une partie du règne de Charles VII, à la fin du XVIIIème siècle.

 

Quelques échos lointains de bonnes critiques ? Une vague aspiration passagère pour les films en costumes (qui me fera aller voir ce soir Les lignes de Wellington) ? La curiosité de voir si Mads Mikkelsen est plus crédible ici que dans La chasse ? Celle de peut-être reconnaitre un des acteurs des séries danoises récentes (The killing, Borgen) ? La présence de Gabriel Yared et Lars von Trier (comme producteur) au générique ? Le prix d'interprétation à Berlin pour Mikkel Boe Folsgaard ?

 

Sûrement un peu de tout ça. Et mes attentes étaient en partie fondées : Mads Mikkelsen trouve en effet ici un rôle à sa mesure, Folsgaard est excellent, les costumes, la musique et les décors sont de toute beauté, et j'ai effectivement reconnu l'acteur qui joue le flic dans The killing et le rédac chef dans Borgen.

 

Quant au film en lui-même, il est assez instructif d'un point de vue historique puisqu'il montre comment sous l'influence d'un seul homme l'esprit des Lumières (Voltaire, Rousseau) a pu transformer l'Europe. Lorsqu'on constate la pauvreté intellectuelle des débats politiques actuels, cela fait un choc.

 

La mise en scène de Nicolaj Arcel est très classique, et le film ne parvient cependant pas à éviter de distiller de petites doses d'ennui régulières qui en bout de course m'empêchent de vraiment le conseiller. L'émotion n'arrive pas vraiment : reste la curiosité intellectuelle et un plaisir esthétique certain.

 

2e

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Populaire

J'étais parti pour dézinguer le film à la sulfateuse, dans cet état d'esprit où j'écris ma critique en marchant vers la salle de cinéma. Dans ma tête ça donnait quelque chose comme : "Comparer Populaire à Mad men, c'est comme rapprocher François Bayrou de Barack Obama" ou "On regarde Populaire comme on reprend une quatrième part de forêt noire" ou "A 38 ans et après 18 ans de carrière, Romain Duris cherche toujours un bon rôle". Bref, vous voyez le genre.

Et puis patatra, le début du film déjoue un peu mes pronostics. Il est plutôt vif et alerte, avec une Deborah François carrément moche, plutôt pataude, au charme très particulier et un Duris à baffer (mais cette fois-ci, ouf, c'est fait exprès). A ce moment-là j'en suis à écrire dans ma tête "Rose n'est-elle pas la figure de proue précoce d'un féminisme qui ne demande qu'à éclore ?"

Entendons nous bien, le film reste modeste (quoique dans les moyens mis en oeuvre, pas tant que ça) et s'il lorgne vers l'âge d'or de la comédie américaine, on n'est pas vraiment au niveau de Cukor. Il règne cependant entre les deux personnages principaux un peu de cette tension (sexuelle entre autre, d'ailleurs, il faut le dire) qui fait tenir debout les grandes comédies sentimentales. Le film culmine alors dans la scène de Noël, plutôt bien vue.

Las ! Toute la première bonne impression se désagrège vers la fin, et m'oblige à concevoir une troisième critique qui commencerait par "Dans Populaire, la légèreté a des semelles de plomb", avant que je ne me rallie in extremis à une option qui commencerait par "J'étais parti pour dézinguer..."

 

2e

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Bachelorette

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/82/74/20203252.jpg

Mais quelle mouche grasse et perverse m'a piquée pour que l'idée puisse me venir d'aller voir cette déclinaison féminine de Very bad trip ?

 

Quatre amies. La moche du groupe de marie. Trop injuste. Peut-être grâce à sa vulve magique, selon une assertion portée par l'une de ses amies : cela vous situe le niveau de l'oeuvre.

 

La future mariée décidant de se coucher tôt la veille du mariage (tout se perd), les trois amies vont tranquillement se défoncer. Au programme, cocaïne, shit, baise dans les toilettes avec un des copains du marié, alcool, bain de minuit, dégradation involontaire de la robe de la mariée, qui se trouvera maculée de sang et de liquide séminal, etc.

 

Présenté comme cela, le film pourrait paraître subsersif , il est en réalité totalement insipide. Les historiettes de ces bachelorettes d'opérette se révèlent en effet rapidement tout à fait quelconques et baignées d'un sentimentalisme bien pensant absolument traditionnel. Dans cet océan de médiocrité (rien de plus ridicule que d'essayer de faire vulgaire sans y parvenir) ne surnage que la curiosité de voir Kirsten Dunst se débattre comme elle peut et la satisfaction de découvrir le personage féminin le plus insondablement stupide de l'année, parfaitement jouée (on espère pour elle qu'il s'agit bien d'un rôle de composition) par Isla Fisher.

 

A fuir.

 

1e

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