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Interstellar

Prenez 2 minutes bien choisies d'un film de Christopher Nolan, et vous pourrez croire avoir affaire à un grand cinéaste.

Une course folle dans un champ de maïs à la poursuite d'un drone égaré, une planète constituée uniquement d'eau et balayée par des vagues géantes, un homme qui flotte dans un espace tridimensionnel constitué des mêmes images du passé : on voit bien que Nolan possède un puissant sens de l'image évocatrice, associé à une grande maîtrise technique.

Le problème est que Nolan est un piètre scénariste, et qu'il s'acharne à vouloir écrire ses films. Interstellar, après un début prometteur, vire donc durant ses longues deux dernières heures (le film dure 2h49mn) au n'importe quoi métaphysico-sentimental. Le personnage joué (platement) par Matthew McConaughey peut ainsi traverser un trou noir pour franchir les années-lumières et se retrouver dans le passé, par hasard, à discuter en morse avec sa petite fille à travers une bibliothèque (?!). 

Le ridicule parcourt ainsi une bonne partie du film, l'irisant d'une palette de défauts impressionnante : la platitude et l'approximation, le manque d'imagination (les décors des planètes sont beaux mais manquent d'originalité), l'emploi excessif de stétéotypes éculés (le vieux savant en chaise roulante, l'ordinateur rigolo), une sentimentalité larmoyante, des dialogues à la limite du ridicule, une sous-utilisation éhontée de magnifiques thèmes de SF (on pense au traitement du sujet des différents écoulements du temps dans l'Hypérion de Dan Simmons par exemple), des chutes de rythme incessantes, un réalisme des scènes d'espace qui est loin de valoir celles de Gravity, des seconds rôles pitoyables (Matt Damon !), des suspenses de séries Z, etc.

On sort du film sous l'emprise d'une profonde et triste lassitude.

 

1e

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Utopiales 2014

Une seule journée aux Utopiales 2014, mais bien remplie.

En début d'après-midi, le film australien These final hours, présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2014 est une merveille de film d'apocalypse. La fin du monde est pour dans quelques heures et un héros sévèrement burné va rencontrer sur le chemin de l'ultime fête une petite fille. Dit comme ça, cela peut paraître cucul, mais le film est d'une efficacité exceptionnelle, et évite soigneusement tous les chausse-trappes du genre. Une franche réussite dont il faut guetter la sortie en France. Et un réalisateur, Zak Hilditch, dont on entendra parler, je le parie.

On enchaîne ensuite avec The midnight after du Hong Kongais Fruit Chan. Le film commence très bien (même si les premières traces de mauvais goût apparaissent assez vite par le biais d'un montage inutilement speed). On est globalement en mode Lost : l'avion est remplacé par un bus rouge, et le crash par un passage dans un tunnel. Au sortir du tunnel, toute la population de Hong Kong a disparu. S'en suit l'habituelle série d'interrogations : que se passe-t-il ? Les héros sont-ils morts ? Sont-ils seuls ? Peuvent ils retourner à la réalité ? Etc.

Malheureusement le film ne tient pas ses promesses initiales dans la durée, et le scénario part en sucette dans sa deuxième partie, c'est bien dommage.

Troisième film de la journée avec le sidérant Tusk, de Kevin Smith, figure emblématique du cinéma indé américain  (Clerks, en 1994, c'était lui), dont la carrière s'est un peu délitée ces derniers temps. Impossible de raconter de quoi il s'agit sans déflorer l'incroyable propos du film, si ce n'est que Smith associe le burlesque, le drame et en un certain sens l'horreur avec beaucoup de brio. Justin Long campe un animateur radio extrêmement vulgaire et haïssable auquel on peut souhaiter mille choses horribles - attitude qu'on regrette vivement quand le pire advient réellement ! Il est longuement question de morse dans le film (l'animal, pas le code avec des traits et des points), pour des raisons assez terribles que je vous laisse découvrir. Au passage, j'ai appris que ce mammifère marin posséde un os dans le pénis (un baculum pour être précis), de 60 cm, mais ceci n'a (presque) aucun rapport avec l'intrigue.

Une journée enrichissante et variée, d'autant plus qu'entre les films j'ai pu voir une exposition consacrée à François Bourgeon, alors que Michael Moorcock dédicaçait des livres et qu'Alexandre Astier répondait aux questions du public.

 

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Under the skin

Under the skin est un film protéiforme, qui m'a inspiré des sentiments assez divers.

Son introduction lente et mystérieuse m'a d'abord intrigué. Il y a un peu des mouvements de vaissaux spatiaux du 2001 de Kubrick dans les visions cosmiques que propose Jonathan Glazer.

L'atterissage de l'alien dans le corps de Scarlett Johansson fait l'objet d'une scène d'une beauté stupéfiante. A ce moment là on pense alors peut-être tenir un chef d'oeuvre. Les pérégrinations qui suivent sont malheureusement un peu lassantes dans leur répétitivité : l'alien traque des hommes solitaires, les attire, puis vole leur peau lors d'une cérémonie étrange. Parfois dérangeantes (l'épisode Elephant man), parfois insipides (la rencontre amoureuse téléphonée), les péripéties de notre ami étranger ennuient, charment ou agacent.

Vers la fin, le film prend encore un autre tournant, évoluant vers une sorte de survival en forêt, façon Delivrance enneigé. Le film se finit alors dans une sorte de déflagration narrative avec la révélation de qui se cachait dans la peau de Scarlett : il est encore à ce moment-là stupéfiant, et en même temps trop démonstratif.

Au final, Under the skin est un exercice de style à la fois envoutant et ennuyeux, naïf et profondément original. Il mérite d'être vu.

 

2e

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Snowpiercer, le transperceneige

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/360/21036090_20130904151243628.jpgAutant le dire tout de suite, j'ai été très déçu par le passage à la production internationale de mon réalisateur coréen fétiche, Bong Joon Ho.

Même si fugitivement affleurent dans le film ses anciennes qualités (second degré, attention aux visages, sens inné de la mise en scène), la vérité est que ce sont surtout les défauts du film dont on se souvient. A savoir : un casting fadasse et hétéroclite, des clichés vus et revus mille fois (pauvres/gentils contre riches/méchants), des rebondissements invraisemblables, des décors moches et terriblement factices, des combats filmés caméra à l'épaule dans la plus grande confusion.

Si le film commence honorablement, il devient de plus en plus artificiel, pour finir en queue de poisson désastreuse. Attention, spoiler à suivre. Rien à sauver dans les dix dernières minutes : la machine en tête de train ne ressemble à rien, l'enfant qui entre dedans ne correspond à aucun enchaînement narratif, le dernier plan sur l'ours polaire est d'une naïveté confondante (et en plus n'a rien à voir avec l'histoire).

A aucun moment Bong Jooh Ho ne parvient à créer une atmosphère réaliste au sein de son film, comme il l'avait superbement réussi dans The host. On ne rentre jamais dans cette histoire, en particulier parce que les acteurs ont le charisme d'une huitre (le taiseux Chris Evans), ou en fond au contraire des tonnes (Tilda Swinton et son dentier).

Après cet agglomérat kitsch de clichés SF, j'espère que Bong Joon Ho retrouvera son talent

Bong Joon Ho sur Christoblog : Mother / The Host / Memories of murder

 

1e

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Star trek into darkness

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/14/33/20511891.jpgLa scène d'ouverture de Star trek into darkness, résume assez bien ce que le film sera : un condensé de morceaux de bravoure (la poursuite, l'Enterprise qui émerge de la mer), de trouvailles visuelles (les arbres rouges), de psychologie sommaire mais efficace (la psycho-rigidité et le sens du sacrifice de Spock) et de péripities bien huilées (on ne comprend pas ce qu'on voit tout de suite, mais on prend plaisir à le regarder).

Si le nouveau film de JJ Abrams n'est certes pas un chef-d'oeuvre, il constitue une version acceptable du blockbuster de SF.

Les personnages sont attachants, bien que manquant clairement de profondeur psychologique. Zachary Quinto campe un Spock très amusant, même si je regrette qu'il finisse par céder à la tentation de l'émotion. La trame de l'intrigue est assez solide, ménageant quelques adroits rebondissements. On ne sait pas exactement quel est le véritable méchant pendant une bonne partie du film, ce qui est assez malin.

Certains diront que le scénario est une énième variation autour du rapport au père, ce qui n'est pas faux, et finalement presque logique au moment où JJ Abrams s'apprête à prendre les commandes du plus grands mythe contemporain traitant du sujet, Star Wars.

La mise en scène de JJ Abrams est d'une élégance et d'une efficacité remarquables, avec quelques traits caractéristiques de son style : un sens du cadre inné, une capacité à restituer des ambiances très diverses, un rythme, une attention extrême aux acteurs (beaucoup de gros plans sur les visages), des détails inexplicables (les peintures Renaissance, le trou bleu à l'arrière d'un crâne). Les décors, paysages, et vaisseaux spatiaux sont à la fois très réalistes et très beaux, ce qui contribue grandement au plaisir éprouvé durant la projection (une qualité que ne possédait pas le récent Oblivion).

Le film piétine toutefois un peu sur la fin, multipliant les twists sans nécessité et sacrifiant au spectaculaire au point de ressembler à du Transformer cheap. C'est dommage, parce que jusqu'à ce dernier tiers trop lourd, Star trek into darkness avait réussi à maintenir une sorte de légèreté enfantine et profonde à la fois, caractéristique de JJ Abrams, qui confirme avec ce film ses talents d'entertainer exigeant. Le film, malgré son titre très sombre, est bien loin des poses prétentieuses d'un Christopher Nolan.

JJ Abrams sur Christoblog : Star trek / Lost / Super 8

 

2e

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Vanishing waves

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/014/21001452_20130425102150856.jpgComment résister au désir d'ajouter la Lituanie à la liste des pays ayant produit des films critiqués sur Christoblog ?

D'autant plus que le film de Kristina Buozyte arrive sur nos écrans précédé d'une réputation flatteuse : film de SF minimaliste, onirique et érotique, avec des références multiples, à David Lynch notamment. Et un Méliès d'Or, récompensant le meilleur fim européen de science-fiction.

L'idée du film ne paraît pas très originale (même si je suis incapable de citer un autre film traitant exactement du même sujet) : un jeune homme est capable de communiquer avec l'esprit d'une jeune femme dans le coma.

Le début de Vanishing waves est intéressant : après les premières approches kaleidoscopiques, la rencontre entre les esprits des deux protagonistes est assez réussi, et sensuel. J'aime les scènes de fantaisie pure comme celle de l'insecte bleu. Le décalage entre la vie réelle et ces rencontres spirituelles est très riche. La scène du repas (ci-dessus) constitue une sorte d'apogée du film, en mettant en scène les premières tensions entre les deux amoureux. Les premières apparitions du mari  de la jeune femme sont inquiétantes. On comprend que ce dernier est mort dans l'accident de voiture qui faillit tuer également sa femme.

Malheureusement, Vanishing waves s'essouffle ensuite notablement. Les scènes oniriques ressemblent de plus en plus à du Lynch, mais en beaucoup moins inspiré, et les péripéties médicales sont de moins en moins crédibles. Quant à l'issue de l'histoire, je la trouve convenue, même si le long plan sur les deux corps est assez beau.

Un essai méritoire, mais bien moins novateur que ce que sa flatteuse réputation peut laisser penser.

 

2e

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Cloud atlas

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/92/29/61/20193100.jpgCloud Atlas est intellectuellement stimulant et plastiquement gratifiant.

Pour ce qui est de l'intellect, rappelons comment le film est construit : 6 histoires apparemment sans rapport entre elles s'entrecoisent par la grâce d'un montage très calculé pendant 2h45. Trois de ces histoires se déroulent dans le passé, une dans le présent, une dans l'avenir, et la dernière... on ne sait pas.

Chacune de ces histoires ne suffirait pas à elle seule à fournir la matière à un long métrage (sauf peut-être celle de Somni). Elles ont certes chacune un intérêt en terme de narration comme de rapports psychologiques, mais elles se trouvent sublimées par leur mise en perspective réciproques.

Si le scénario (et le roman je suppose) offre des relations un peu anecdotiques (tel livre, lettre, lieu ou bijou se retrouve dans plusieurs histoires), c'est surtout l'art purement cinématographique du montage qui donne à Cloud Atlas son charme si particulier : c'est la première fois que je vois des histoires aussi différentes dans leur style (comédie, aventure, histoire, SF) se répondre avec un tel naturel. Les effets de montage sont surprenants : une porte se ferme dans une époque, une autre s'ouvre dans le plan suivant. Le vertige visuel de l'entrelacement est amplifié par le fait que les acteurs se retrouvent dans plusieurs épisodes, à peine reconnaissables parfois.

La construction du film est de ce point de vue une franche réussite.

Deuxième aspect positif du film, c'est sa perfection visuelle. Autant L'odyssée de Pi paraissait lourdingue et factice, autant les mondes décrits ici sont confondants de réalisme. Ma préférence va à la partie concernant le musicien, pour son ambiance anglo-romantique très réussie, et à l'histoire de Somni, visuellement splendide. 

On a véritablement l'impression d'avoir vu plusieurs films en sortant de Cloud atlas, qui pourtant sont tout à fait cohérents entre eux et n'en forme... qu'un.

Quant au discours philosophico-mystique que je craignais, il est limité à une portion congrue, d'ailleurs plutôt orientée vers une réflexion morale. Il est en effet plus question dans le film de ce qui guide nos actes, les choix moraux que nous effectuons et de leur conséquences, que d'élucubrations mystico-panthéistes comme chez Malick. Tant mieux.

Au final, force est de reconnaître que Cloud Atlas est une sorte de morceau de bravoure.

 

3e

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RA. One

http://images.allocine.fr/medias/nmedia/18/89/09/32/20095849.jpgVu aux Utopiales 2012

RA. One, un des plus gros succès au box-office indien (et mondial) s'inspire clairement de nombreuses références : Terminator, Matrix et, en ce qui concerne les films indiens, Endhiran que j'ai vu l'année dernière aux Utopiales également.

Le pitch est assez simple : pour faire plaisir à son fils qui aime les méchants invincibles, un créateur de jeu vidéo en crée un, qui sort évidemment de l'univers virtuel pour tuer son créateur. Un clone de ce dernier reviendra faire justice, tout en réveillant chez le fils (et la mère !) des sentiments oubliés.

Le film multiplie les effets spéciaux spectaculaires (réalisés par des équipes d'Hollywood), mais ces derniers ressemblent à mon goût trop aux productions US. Ce sentiment est renforcé par le fait que toute la première partie se déroule à Londres, donnant au film une tonalité très occidentale qui s'éloigne des kitsheries indiennes si agréables dans les productions de ce genre.

Shah Rukh Khan a son abattage habituel, mais en le regardant de film en film présenter le même visage juvénile et un corps de plus en plus body-buildé, je ne peux m'empêcher de penser aux fortunes probablement dépensées pour entretenir tout ça. Il a quand même 47 ans. Sa partenaire Kareena Kapoor, qui n'en a que 33, fait le job, sans plus. Elle n'a pas le charisme (ni le charme) d'une Aishwarya Rai par exemple.

Les passages chantés et dansés ne sont ni très nombreux, ni particulièrement originaux, ni très réussis. 

Une déception donc.

 

1e

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Endhiran

Vu aux Utopiales 2011

Dans le cinéma indien populaire, Mumbai n'est pas seule. Il faut aussi compter avec les films tamouls (dits de Kollywood, en référence à un quartier de Madras / Chennai, où ils sont produits), dont les qualités et la démesure n'ont rien à envier à leurs homologues de Bollywood.

En 2010, au moment de sa sortie, Endhiran était le film le plus cher de l'histoire du cinéma indien, et on comprend pourquoi en jetant un coup d'oeil à cette bande-annonce, renversante.

L'histoire est classique : un homme crée un robot qui devient amoureux de la fiancée de son créateur. Ce type d'intrigue permet de décliner toutes sortes de situations cocasses et parfois émouvantes, dans lesquelles les deux mégastars (Rajni et la somptueuse Aishwarya Rai) peuvent cabotiner à loisir.

Si la première partie déroule les schémas classiques de la comédie sentimentale appliquée ici à l'apprentissage amoureux par une machine (mais avec A Rai on comprend que même un robot craque), la seconde devient complètement folle avec des effets spéciaux qui dépassent même ce que fait Hollywood.

Les intermèdes chantés et dansés sont encore plus kitschs et improbables que dans les films de Bollywood puisqu'ils  ne s'embarassent même pas ici d'établir un lien avec l'histoire. On se retrouve donc en décors naturel dans le désert ou à Macchu Pichu (pour un morceau appelé contre tout bon sens Kilimanjaro !), et dans bien d'autres endroits encore. La musique de AR Rahman, tamoul lui aussi, et connu en occident pour son travail sur Slumdog Millionaire, est comme toujours excellente.

Mauvais goût assumé, rires, morceaux de bravoure, kitscherie à tous les étages : un beau moment pour les amateurs.

 

2e

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Utopiales 2012

http://cgmultimedia.files.wordpress.com/2010/04/picture-1.jpg9 novembre

Première incursion aux Utopiales 2012.

En attendant la séance d'Antiviral à 21h30, je parcours les expos et je découvre les illustrations magnifiques du graphiste / photographe / illustrateur / auteur de BD Dave McKean (cf ci-contre). Je suis vraiment enthousiasmé par son travail, et demain je vais peut-être craquer pour une de ses BD.

D'autres expos intéressantes : des dessins intéressants du génial Mervyn Peake (auteur du cultissime Gormenghast, souvent comparé à Tolkien) et des photo-montages gracieux de Nicolas Fructus, directement inspirés de l'univers de Lovecraft.

Beaucoup de monde dans la salle pour le film Antiviral, du fils Cronenberg, sur lequel je reviendrai dans une chronique détaillée : une première oeuvre qui se veut un brillant exercice de style, et qui n'y parvient que partiellement.

 

10 novembre

Deuxième et dernier jour pour moi aux Utopiales.

Enthousiasmé l'année dernière par le film indien Endirhan (Robot), je tente à nouveau un film de Bollywood avec RA. One, énorme succès au box office mondial et film indien ayant atteint la plus grosse somme pour la vente des droits à la télévision (9 millions de $). Je suis déçu et je dirai pourquoi dans ma critique. Le jury est assis devant moi, je reconnais Philippe Decouflé et Christophe Salengro. Ce dernier, qui ne paraît pas au mieux de sa forme, quitte la salle au bout de 30 minutes, pour ne plus revenir : un peu bizarre pour un membre du jury qui assiste à la seule projection d'un des films en compétition...

En sortant j'hésite à aller voir d'autres films, mais les 2h 36 minutes du film indien m'ont donné un peu mal à la tête.

Je m'achète deux albums du merveilleux Dave McKean, et je rentre les lire à la maison.

 

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Looper

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/22/96/20177081.jpgLe pitch de Looper n'est pas simple, comme souvent lorsqu'un film traite du sujet intrinséquement paradoxal des voyages dans le temps.

J'essaye quand même de vous expliquer en deux mots au moins le début : dans un avenir très lointain dans lequel il n'est plus possible de liquider tranquillement ses ennemis (la faute à cette satanée traçabilité), la Mafia contrôle les voyages dans le temps et expédie ses victimes dans le passé pour qu'elle soient dégommées illico par des tueurs qui les attendent à l'arrivée.

De temps en temps, ces coquins de mafiosi envoie le tueur lui-même dans le passé, et il doit alors se supprimer lui-même, fermant ainsi la boucle (Loop en anglais). Il touche alors une grosse somme d'argent et peut vivre à fond le temps qui lui reste, jusqu'au jour où on l'enverra dans le passé se faire tuer par ... lui-même.

Présenté comme cela, c'est limpide.

Les choses se compliquent un peu quand le tueur rate son propre assassinat. Vous imaginez le travail : deux versions du même gugus qui se balladent dans le présent ... ça peut devenir franchement rigolo, surtout si la version "vieux" décide par ses actions de changer le futur d'où il vient.

Le film est très agréable, car il est humblement rigoureux et efficace. Dans ce type de scénario alambiqué, le plus important est d'éviter les incohérences énormes et de s'en tenir à des lignes directrices dictées par la narration, et non par une propension à faire dans le philosophique ou l'onirique.

Looper réussit parfaitement cela, en construisant simplement de très beaux contrastes (enfant/monstre, ferme/ville, jeune/vieux) qu'il exploite à fond et sans sentimentalisme. Les rebondissements sont variés et cohérents, la psychologie des personnages est plus importante que les scènes d'action, pourtant parfaitement réussies par ailleurs.

Le réalisateur concepteur Rian Johnson évite aussi les effets de style trop appuyé au niveau de la mise en scène pour se concentrer sur la création d'ambiances épurées très efficaces : les dix premières minutes sont à ce titre superbement réussies.

Le film est plaisant parce qu'il réussit à nous surprendre sans esbrouffe.

 

2e

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Utopiales 2012

http://www.animeland.com/files/news/4347/Utopiales-2012-276.jpgChristoblog sera présent et accrédité pour la troisième fois aux Utopiales, du 8 au 11 novembre, le plus grand festival européen consacré à la SF.

Le programme est copieux dans tous les domaines (et surtout en littérature), mais je me concentrerai surtout comme vous l'imaginez sur la programmation cinéma.

Je serai FORCEMENT à la projection d'Antiviral de Brandon Cronenberg, le 9 novembre à 21h15.

Parmi mes autres cibles potentielles, je lorgne sur l'OVNI Iron Sky, du finlandais Timo Vuorensola (les nazis reviennent en 2018 fonder le quatrième reich sur Terre), et sur le déjà culte The human race, présenté comme puissant et profondément déstabilisant.

Après l'expérience exceptionnelle d'avoir vu Robot l'année dernière, je pourrais être tenté par une deuxième expérience de Bollywood SF : Eega (une histoire de jeune homme qui se réincarne en ... mouche) ou RA.One d'Anubhav Sinha avec la méga star Shah Rukh Kahn. Après tout, on ne voit jamais de Bollywood en salle, sauf dans ce genre d'occasion.

Possible aussi : Room 237 de Rodney Ascher, présenté à Cannes l'année dernière, documentaire entièrement consacré à l'exégèse du Shining de Kubrick, et de multiples pépites en provenance du Japon, dont le Voyage vers Agharta de Makoto Shinkai ou A letter to Momo de Hiroyuki Okiura.

A bientôt en direct de Nantes.

 

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Utopiales 2011

Utopiales2011.jpg

Alexandro Jorodowsky aux Utopiales 2011

11/11/11

Premier jour aux Utopiales.

J'ai vu en début d'après-midi Love, un curieux film tourné avec trois francs six sous par un américain qui s'appelle William Eubank. Le film est mineur, plutôt réussi formellement. Il raconte comment un astronaute en orbite autour de la Terre survit, après avoir été abandonné à son sort par sa base. Il y a du Moon là-dedans, et à la fin le film lorgne clairement du côté de 2001, l'odyssée de l'espace, mais n'est pas Kubrick qui veut. Je me suis copieusement ennuyé et le film n'apporte rien de nouveau.

Avant le film, l'acteur Gunner Wright a dit deux mots peu intéressants. J'ai retenu qu'il serait à l'affiche du prochain Eastwood, dans le personnage d'Eisenhower. Le réalisateur, lui, serait en ce moment sur le tournage de Broken city, avec Mark Wahlberg et Russel Crowe (en tant que photographe ?).

Un peu plus tard, ambiance tout à fait différente pour la projection de trois heures d' Endhiran, un film tamoul complètement délirant, trop vulgaire, trop second degré, trop cher, trop kitsch, trop trop. Les scènes dansées sont les plus drôles que j'ai jamais vues, projetant les acteurs dans les endroits les plus improbables, comme Machu Pichu. La salle rigolait, applaudissait, un beau moment de cinéma. Je reviendrai sur ce film hors catégorie dans une critique détaillée. Un petit aperçu (ça vaut vraiment le coup !) sur la bande annonce. En voyant une salle prendre autant de plaisir on ne peut que regretter la frilosité des distributeurs français par rapport aux films indiens.

 

12/11/11

Deuxième jour aux Utopiales.

Cet après-midi, j'ai vu un petit bijou espagnol : Extraterrestre, de Nacho Vigalondo. Pas de SF là-dedans, ou presque : les marsiens sont arrivés et dans une ville vidée de ses habitants, un homme se réveille avec une femme qui n'est pas la sienne, suite à une soirée de beuverie. Le film se déroule dans un quasi huis clos à 4 (le couple d'amants, le mari trompé et le voisin éconduit). Il est réglé comme une mécanique de théâtre de boulevard, très bien joué et réalisé. On rit beaucoup, on est intrigué. Une franche réussite. J'espère qu'il sortira en France.

Le réalisateur est en train de tourner une co-production américano-espagole, il faudra suivre sa carrière.

 

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Utopiales 2011

Comme l'année dernière, Christoblog sera présent et accrédité aux Utopiales 2011, du 9 au 13 novembre à Nantes, probablement le plus important festival européen consacré à la science-fiction.

Au programme de multiples manifestations trans-genres : littérature, BD,  expositions, jeux vidéo, conférences et bien sûr cinéma. Rien que pour la littérature seront présents certains des plus grands auteurs mondiaux, excusez du peu : Tim Powers, Norman Spinrad, Lucius Shepard, Ian Mc Donald, Gérard Klein, Pierre Bordage,  Ugo Bellagamba. Tout cela sous la présidence d'Alejandro Jodorowsky himself.

Au menu cinéma, une compétition officielle, des avant-premières et des rétrospectives. Je ne manquerai pour rien au monde la projection d'Endhiran (Robot), film indien de tous les superlatifs : le plus long à concevoir (plus de 12 ans), le plus cher, le plus gros succès au box-office indien, le plus hallucinant en matière de scènes d'action.... un film qui relègue Matrix au rang de distraction pour midinettes, pour ceux qui l'ont vu.

J'aimerais aussi enfin voir un film après lequel je cours depuis 20 ans : Les 5000 doigts du Dr T.

Bref, 4 jours de plaisir dans l'ambiance très San Diego Comic-Con de la Cité des Congrés.

 

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Bizarre, bizarre

Dernière séance aux Utopiales 2010 pour les films primés par le jury. Le court métrage récompensé est assez drôle. Il était une fois l'huile simule un film de promotion institutionnel sous la forme d'un film d'animation. Il est réalisé par Winshluss, dessinateur de BD et cinéaste, de son vrai nom Vincent Paronnaud, connu pour avoir réalisé avec Marjane Satrapi Persepolis. Très agréable, caustique et azimuté.

Vient ensuite le long-métrage récompensé par le jury.

 

Earthling (Clay Liford / pas de sortie en France prévue)

 

http://bigfanboy.com/wp/wp-content/uploads/2011/09/earthling-poster.jpgEarthling est un film intéressant, bien qu'imparfaitement réussi.

Au rayon des + : une ambiance poétique, une bonne maîtrise de la mise en scène, des acteurs convaincants.

Au rayon des - : une visualisation de l'entité étrangère assez ringarde (on dirait un virus du SIDA pour élève de seconde) et un scénario qui perd un peu les pédales sur la fin. En gros, on y comprend pas grand-chose.

Pour ma part je n'ai été touché que de loin (euphémisme) par cette histoire d'extraterrestre qui s'ignore, certes peu conventionnelle et assez bien menée, mais souffrant des lacunes citées plus haut qui limiteront forcément l'audience du film. On est quelque part entre Rivette et Cronenberg si vous pouvez imaginer ça : l'intrigue SF n'est révélée que parcimonieusement, au travers de dialogues qui insistent plus sur les relations entre les personnes que sur la résolution d'une intrigue potentiellement passionnante (vous voyez, l'amour et ce genre de choses...). Encore un film qui ne sortira probablement jamais en France, mais pour le coup je comprend pourquoi.

Dans la compétition des Utopiales 2010, j'ai préféré le malicieux Mars, de Geoff Marslett, qui, lui, mériterait une audience plus large.

 

1e

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Le navet et le bijou rotoscopé

Deuxième journée aux Utopiales 2010.

 

Glenn, the flying robot (Marc Goldstein / pas de sortie en France prévue, heureusement !)

La journée commence avec un film belge particulièrement raté. Regroupant pourtant quelques acteurs d'importance, dont Billy Boyd (Pippin dans le Seigneur des Anneaux) et Gérard Depardieu, le film est d'un amateurisme sidérant, cumulant les imperfections dans tous les domaines : effets spéciaux particulièrement moches, acteurs jouant très mal, scénario brinqueballant, musique hyper-démonstrative.

Par charité on écoute le réalisateur nous parler après le film, mais ce dernier est à l'image de son film : superficiel et relativement incohérent. Je n'ai jamais vu un réalisateur à la fois donner autant de détails sur son film (5 ans de travail, 2 millions d'euros) et le défendre aussi mollement. Marc Goldstein finit même par demander notre avis : "Diriez vous que le film est grand public, ou non ?". Il répond à côté des questions et n'est même pas capable de nous dire pourquoi et comment Depardieu a échoué dans une telle galère. A la fois réalisateur, scénariste et producteur, Goldstein a visiblement manqué d'un regard extérieur pour l'aider à y voir clair sur la qualité de son oeuvre.

Le film est vendu aux US et en Allemagne (direct to DVD dans les deux cas) mais pas en France ni en Belgique, on comprend pourquoi.

Fascinante expérience de discours flottant.

1e

 

Mars (Geoff Marslett / pas de sortie en France prévue, malheureusement !)

http://filmmakermagazine.com/news/wp-content/uploads/2010/03/Mars-375x210.jpgHeureusement le deuxième film de la journée est bien plus intéressant. Vu et apprécié dans de très nombreux festivals, Mars est un petit bijou improbable qui fonctionne parfaitement bien. Son mode de réalisation est très particulier : il utilise la rotoscopie, comme Valse avec Bachir.

L'univers graphique est particulièrement réussi, mais c'est surtout son ton, distancié et très second degré, qui emporte l'adhésion.

L'histoire est folle : trois astronautes vont découvrir la vie sur Mars, sur fond de compétition entre la NASA et les Européens. Tout ce petit monde est particulièrement gratiné (astronautes incompétents mais attendrissants, président des Etats Unis en stetson et fumant le cigare, journalistes de la télé idiots, responsable de la NASA ignoble, petites bestioles se développant sur Mars à partir de glaires russes) mais le film évite à la fois la facilité et la vulgarité, pour filer brillamment son scénario avec une tendre légèreté.

La salle éclate de rire à plusieurs reprise et ressort conquise : une vraie et franche réussite qui je l'espère ne subira pas le sort (direct to DVD) du beau Moon distingué l'année dernière aux Utopiales.

4e

 

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Le roi des ronces

C'est parti pour les billets de Chistoblog en direct des Utopiales 2010.

 

Tron : l'héritage (Joseph Kosinski / sortie 2 février 2011)

Walt Disney Studios Motion Pictures FranceDebout tôt ce matin pour aller voir les 20 premières minutes de Tron l'héritage, la suite du film de 1982, réputé être le film le plus cher de l'histoire des studios Disney. Il pleut des sauts d'eau à Nantes. Petit comité au Gaumont. On nous explique la chance qu'on a et il y a dans la salle 3 malabars du genre aussi large que haut, et dont la seule utilité est de nous scruter pendant la projection... pour vérifier que personne ne filme en douce.

Impressionnant.

Sinon le film se présente comme une véritable suite de l'opus initial : Sam Flynn retrouve son père (Jeff Bridges reprend le rôle) dans son univers virtuel.

Les extraits ne concernaient que la première partie. Pas très facile de se faire une idée précise en 20 minutes, mais si le scénario à l'air comme ça d'un grand classicisme, l'univers virtuel est lui assez réussi, sombre, déclinant des tonalités de noir et de gris, zébrées de couleurs fluo jaune, orange, bleu clair. Le tout donne une impression 80's modernisées assez curieuse. Pas évident non plus de se faire une idée de la BO de Daft Punk. La 3D est assez belle... on verra bien en février.

 

King of thorn (Kazuyoshi Katayama / sortie DVD en 2011)

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQFTh9HwS0kXYuotx6mUWYDxtSAW0l3wv_CYaA_Bw8GkvoVIQpHA 13h30 retour à la cité des Congrès. Grosse affluence (500 personnes ?) juvénile pour cet anime tiré d'un manga en 6 volumes. Le réalisateur, très connu au Japon, a entre autre travaillé avec Miyazaki sur Nausicaa.

Le début est très plaisant, mélangeant douceur, atmosphère fin du monde, puis survie dans un monde hostile.

Le prétexte est intéressant : 160 personnes sont cryogénisés alors qu'une épidémie meurtrière sévit sur terre. Il se réveille alors que le château où ils dormaient est envahi par des ronces géantes (d'où le titre, thorn = ronces) et de sales bestioles. La plupart des survivants meurent rapidement dans une désopilante scène où ils se pressent pour prendre un ascenseur qui n'existe pas.

Après ce début franchement réussi, le film devient embrouillé avec des niveaux de rêves intriqués qui font passer Inception pour de la rigolade simpliste. A partir de ce moment j'ai un peu décroché même si la réalisation reste de grande qualité avec des images à forte charge poétique.

2e

 

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Utopiales 2010

Christoblog sera présent du 10 au 14 novembre aux Utopiales, festival de SF organisé tous les ans à Nantes.

Le festival accueille des auteurs de romans, de BD, des scientifiques, des artistes et des films. Côté cinéma il propose des rétrospectives et une compétition qui présente des films inédits en France, et qui souvent le restent, malgré leur qualité. Ainsi était présenté l'année dernière le réputé Moon, de Duncan Jones, bientôt commenté sur ce blog, qui est malheureusement passé directement en DVD, sans passer par la case "sortie en salle".

Pour cette édition l'évènement sera créé par la présentation en exclusivité de 30 minutes du Tron l'héritage, suite du fameux film de 1982, produit par les studios Disney.

Au programme de la compétition, deux films à gros budgets belge et suisse (Glenn 3948 et Cargo), deux anime japonais (Redline et King of thorn), trois films US plutôt indé (Mars, Hunter Prey et Earthling) et un film espagnol (For the good of others).

Plusieurs articles à venir sur Christoblog.

Le site officiel : Utopiales.
 

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Battlestar Galactica

Mary McDonnell, Michael Hogan, Jamie Bamber, James Callis, Tricia Helfer, Katee Sackhoff, Michael Trucco, Aaron Douglas, Grace Park, Tahmoh Penikett & Edward James Olmos. NBC Universal

Comment inciter quelqu'un qui n'aime pas la science fiction à se lancer dans l'aventure du Battlestar Galactica, comme je viens de le faire, en dévorant dans la foulée les 4 saisons et le stand-alone Razor ?

En soulignant d'abord que la série brasse des sujets bien éloignés de la science-fiction habituelle. Ici très peu de combats spatiaux par exemple. Les rares vaisseaux de guerre que vous verrez sont plus souvent en phase d'entraînement qu'en phase de combat. Rien à voir avec Star Trek et Star Wars, donc. Pas d'aliens non plus, ni de paradoxe temporel. Battlestar Galactica est autant une série de SF que Hamlet est une pièce sur le royaume du Danemark.

Un thème cher à la SF constitue tout de même une thématique de la série : celui des robots. L'histoire débute juste après la destruction presque totale de l'humanité par les Cylons, robots conçus par cette même humanité. Les Cylons (ceux qui nous intéressent) se distinguent des Centurions (métalliques et conformes à l'image traditionnelle du robot) par une caractéristique tout à fait extraordinaire : on ne peut quasiment pas les distinguer des êtres humains, et ils peuvent se répliquer à l'infini, atteignant ainsi une sorte d'immortalité.

Un des principaux intérêts de la série réside dans cette interrogation latente, qui soutient un mystère remarquable jusqu'au tout derniers épisodes de la dernière saison : parmi les héros de la série qui est vraiment humain ? qui est Cylon ?

Evidemment les Cylons, qui s'avèrent être des ennemis incompréhensibles au tout début de la série, vont petit à petit être découverts par les humains.

Leurs secrets vont tomber, leur unité s'effriter, et certain(e)s s'uniront aux humains.

La réussite majeure de la série réside dans l'équilibre quasi parfait qu'elle arrive à maintenir entre le plaisir du mystère et de l'aventure (les Cylons comme les humains parcourent le cosmos à la recherche de la Terre) et les délices de la spéculation métaphysique et politique. La série a de ce point de vue l'immense mérite de ne pas reculer devant les questions complexes : l'immortalité, l'altérité, le racisme, l'amour, la trahison, la révolution (peut on tuer pour une cause juste ?), les alliances politiques, la religion (les Cylons sont monothéistes et les humains polythéistes), les regrets, la maladie, etc...

On a souvent comparé Battlestar à un A la Maison Blanche (The West Wing) de l'espace, de par la complexité des thèmes abordés. C'est en grande partie justifié et les images du camp de la saison 3 rappellent sans conteste des camps contemporains (à Gaza par exemple). L'ombre projetée du 11 septembre est également bien présente.

Si l'édifice improbable de la série - dont l'esthétique un peu ringarde peut rebuter et qui est en fait un remake d'une série mineure des années 70 - tient debout, c'est surtout grâce à une distribution exceptionnelle. L'amiral Adama (incarné par le charismatique James Edward Olmos), roc dans les tempêtes, est le symbole du pouvoir militaire. Son second alcoolique, Saul Tigh, et sa femme Ellen vont jouer un rôle majeur dans le développement de l'intrigue. La présidente Laura Roslin, institutrice projetée Présidente suite à l'apocalypse, va lutter à la fois contre ses ennemis et son cancer avec un courage et une habileté remarquables. Tom Zarek est un leader politique révolutionnaire qui finira par sombrer dans les dérives extrémistes. Gaïus Baltar est le personnage le plus ambigu de la série, complexe, lâche, narcissique (exceptionnel James Callis). Ces personnages principaux sont entourés d'un multitude d'autres personnages qui auront, à un moment ou à un autre, un rôle à jouer dans la série (Lee Adama, Kara Thrace, Lieutenant Gaeta, Numéro 6, Sam, etc....).

La saga n'est peut-être pas tout à fait terminée puisque Bryan Singer (Usual Suspects) pourrait être aux commandes d'un film consacré à BSG, et qu'une série prequel (Caprica) arrive sur les écran américains en janvier 2010.

Un souffle de mystère et d'aventure qui balaye tous les épisodes, des thématiques riches et complexes, des personnages attachants et dont la personnalité évolue tout au long des quatre saisons : BSG place l'art de la série au plus haut niveau. Et comme souvent pour les toutes meilleures production de ce type, elle sait se terminer au bon moment, après 4 saisons denses et très différentes, par un final éblouissant.

So say we all.

 

4e

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