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Christoblog

Les promesses

Je n'ai pas grand-chose à reprocher au film de Thomas Kruithof, si ce n'est peut-être un petit manque de crédibilité dans le jeu d'Isabelle Huppert (elle est très mauvaise dans l'exercice du discours) et une facilité dans l'écriture de certains passage (par exemple le dénouement).

Pourtant je n'ai pas été complètement enthousiasmé par Les promesses. J'ai très souvent eu l'impression d'être devant un épisode de Baron noir, en moins cynique et sans beaucoup plus de moyens. 

J'ai suivi, c'est vrai, avec un certain plaisir les vicissitudes de cette maire de banlieue (c'est d'ailleurs un des intérêts du film de donner à voir la vie des quartiers sans drogue et sans violence), et peut-être encore plus les états d'âme de Reda Kateb, parfait comme d'habitude.

Un bon film sur l'exercice de la politique, auquel je préfère toutefois l'indépassable L'exercice de l'Etat de Pierre Schoeller.

 

2e

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Concours Le sommet des Dieux : Gagnez 3 DVD

l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 3 exemplaires du DVD du film de Patrick Imbert, Le sommet des Dieux.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : Quelle est l'auteur du manga dont est tiré le film ?
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 6 février 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Une jeune fille qui va bien

Curieux film, particulièrement culotté, que ce premier essai de Sandrine Kiberlain.

Une jeune fille qui va bien est basé sur un principe pas si courant au cinéma : on suit une histoire commune (une jeune fille est amoureuse, et nourrit beaucoup d'espoir pour l'avenir), tout en connaissant le contexte historique de l'histoire que nous découvrons, alors que les personnages, eux, en ignore tout.

Nous savons l'horreur de ce qui attend Irène et sa famille, mais pendant une demi-heure, rien n'arrive de spécifique concernant cette famille juive prise dans le vif de son quotidien de 1942. L'identification de l'époque n'est pas évidente. Cela rend d'autant plus touchant la manière dont les premières mesures anti-juives viennent heurter le récit d'apprentissage qui nous est présenté.

L'ensemble du film, et son principe fondateur à la fois léger et casse-gueule, ne fonctionne que par la grâce d'un casting plus que parfait : Rebecca Marder est absolument époustouflante, André Marcon parfait, Anthony Bajon convaincant à l'extrême (comme d'habitude...) et Françoise Widhoff génialement attendrissante en grand-mère compréhensive.

Une bonne idée de sortie !

 

3e

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Nightmare alley

Del Toro devait probablement finir par filmer des monstres de fête foraine, tout comme Tim Burton devait à un moment de sa carrière choisir un cirque comme décor (Dumbo).

Dans ce remake d'un film de 1947 que peu de spectateurs auront vu, le brillant réalisateur mexicain réussit un emberlificotage de haut niveau. Nightmare alley commence en effet comme un film holywoodien lambda : certes bien rythmé et remarquablement mis en scène, mais globalement convenu, engoncé dans une esthétique vieillotte et une photographie jaunâtre (j'ai songé à la direction artistique désuète du West side story de Spielberg).

Et puis progressivement, la narration au long cours du film vire au noir, de façon figurée et littéralement (la nuit prend de plus en plus de place). La deuxième partie du film devient donc une longue et tortueuse descente aux enfers, émaillée de choix faustiens, d'éclairs de cruautés de plus en plus saignants (culminant dans l'incongruité de l'épisode de l'oreille). Nightmare alley brasse alors une série d'allusions psychologiques traumatisantes qui ne trouveront aucune explication satisfaisante (la cicatrice du docteur, les traumatismes d'enfance du héros principal et sa relation aux vieux hommes, les horreurs perpétrées par Ezra Grindle aux jeunes filles).

Ainsi le miracle (le piège) opéré par le magicien Del Toro fonctionne-t-il parfaitement : le film commence comme un produit manufacturé de série et se finit dans un mauvais rêve cruel, à l'image du générique de fin. Nightmare alley aura profondément manipulé son spectateur.

Délectable : 2h30 qui passent en un clin d'oeil.

 

4e

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Salaud, on t'aime

Pour parler d'un film de Lelouch aussi lourdaud que celui-ci, il me faut abandonner mes critères habituels de cinéphile.

En effet, comment pourrais-je expliquer le plaisir enfantin ressenti devant cette histoire édifiante, ces rebondissements improbables, en appliquant ma grille d'analyse habituelle ? 

Le scénario est bancal. Les thèmes du film sont éculés, dans l'esprit "amitiés viriles et taiseuses" qu'affectionne de plus en plus le cinéaste. Le décor, un magnifique chalet dans les Alpes, est tape à l'oeil, et le film met en scène une tribu de Parisiens chics et friqués, a priori insupportables. Mais on n'est pas ici chez Canet, et ce qui rend le film au final plaisant c'est l'irréfragable confiance que Lelouch porte à la puissance du romanesque : on est surpris, touché, et béat devant tant de mauvais goût assumé, tant de péripéties semblant sortir d'un mauvais roman-feuilleton.

Johnny et Eddy sont excellents (leur conversation autour d'un film est un grand moment), et le sourire de Sandrine Bonnaire contribue à augmenter substantiellement la note du film.

Bref, j'ai aimé, mais j'aurais honte de le vous conseiller.

Claude Lelouch sur Christoblog : La bonne année - 1973 (***) / Les plus belles années d'une vie - 2019 (***)

 

2e

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Les sermons de minuit

Les sermons de minuit (Midnight mass en VO, un bien meilleur titre) est une série d'horreur qui ne fait pas peur, une comédie romantique qui se termine mal, un Stranger things triste et réussi.

Pas facile de parler de la série de Mike Flanagan sans déflorer une partie de son intrigue, ce qui serait dommageable pour les spectateurs. Disons donc simplement que Les sermons de minuits nous égarent dans un labyrinthe imprévu qui mêle différents styles cinématographiques (d'un gore gentillet à de longues conversations philosophique en passant par toutes les variantes du film d'épouvante) et une intrigue qui ne se dévoile que très progressivement, mêlant elle aussi toutes sortes d'influences et de thématiques.

Le résultat de ces métissages pourra peut-être paraître indigeste à l'amateur de séries cohérentes et artys, mais il plaira à l'inverse au boulimique qui ne déteste pas les mélanges sacrés / salés, qui préfère les effets à combustion lente plutôt que les jump scare classiques, et ne renâcle pas devant une ambition protéiforme qui veut tout embrasser.

Zach Gilford (l'inoubliable Matt Saracen de Friday Night Lights), Kate Siegel (compagne du show runner), Hamish Linklater et l'ensemble du casting contribuent à la réussite de cette courte série frappante et intense, dans laquelle on retrouve les thèmes chers à Flanagan : deuil, mort, culpabilité, destin, sacrifice, espoir. 

 

3e

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Don't look up : déni cosmique

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'Adam McKay ne fait pas ici dans la dentelle.

Rien n'est subtil dans Don't look up, tout est surligné, et même parfois burlesque. Si les deux scientifiques (DiCaprio et Jennifer Lawrence) se maintiennent juste en-dessous du niveau de la caricature excessive, pratiquement tous les autres acteurs et actrices ressemblent plus à des bouffons qu'à de véritables personnages.

Votre appréciation du film dépendra donc de votre goût pour le gros jeu qui tâche. Pour ma part j'ai trouvé Meryl Streep insupportable, Jonah Hill excellent, Mark Rylance étonnant, Ariana Grande réjouissante.

Sur le sujet du film, il n'y a pas grand-chose à dire : le parallèle entre la comète tueuse et le réchauffement climatique est évident, mais finalement pas très intéressant. Le scénario est à la fois invraisemblable et prévisible. Il part tellement dans tous les sens qu'il fait parfois mouche, comme pour la scène finale, assez drôle, mais tape aussi souvent à côté de sa cible (la prestation insignifiante de Thimotée Chalamet).

Un divertissement qu'il faut apprécier pour ce qu'il est, une loufoquerie plus clinquante que politique. 

Adam McKay sur Christoblog : Vice - 2018 (**)

 

2e

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La panthère des neiges

Commençons par les points forts du film de Marie Amiguet et Vincent Munier : les paysages du Tibet et les magnifiques images d'animaux.

Ce n'est pas rien de voir les renards, panthères, chats, ours et oiseaux évoluer dans le camaïeu de beiges, de gris et de rouges des incroyables paysages des hauts plateaux tibétains.

Pour tout le reste, j'ai trouvé que les idées qui nourrissaient le film n'étaient pas convaincantes. La voix off de Sylvain Tesson annonant des banalités fumeuses, les chuchotements sans contextualisation, le manque d'informations sur ce qu'on voit, le mélange aléatoire de photo et d'images filmées, la niaiserie des séquences dans les familles tibétaines, la chronologie erratique du montage : tous ces éléments m'ont progressivement amené à rejeter le film, à chaque fois que les animaux n'en étaient plus les vedettes.

 

2e

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Ouistreham

Dans le film d'Emmanuel Carrère, il y a trois films : le premier dresse un tableau des travailleurs précaires du nettoyage, le second est le récit d'une imposture (sujet de prédilection du réalisateur écrivain), le troisième est une belle galerie de portraits.

Le premier de ces films n'est pas très original. On a vu mille fois, chez Ken Loach et ailleurs, les ravages du travail précaire. L'originalité est ici de s'intéresser particulièrement au travail sur les ferrys, incroyablement dur.

Le second ne m'a pas réellement convaincu. Je trouve que le personnage joué par Juliette Binoche ne fait sentir que superficiellement les affres que traverse l'écrivaine infiltrée, dont on ne comprend pas forcément tous les choix.

C'est finalement le troisième film, qui fait la part belle à une galerie d'acteurs et d'actrices non professionnels, qui pour moi donne toute sa valeur à Ouistreham. Le spectateur n'oubliera pas de sitôt l'énergie brute de la formidable Hélène Lambert (Christèle), la bonhommie de Didier Dupin (Cédric), l'éclatante vitalité d'Emily Madeleine (Justine), la fraîcheur irrésistible de Léa Carne (Marilou) et tranquille sérénité d'Evelyne Porée (Nadège).

L'énergie de ces personnages finit par arracher quelques larmes, reléguant la prestation de Juliette Binoche au second plan et enjambant l'inconsistance de la mise en scène d'Emmanuel Carrère. Un beau film.

 

3e

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La bonne année

Il y a beaucoup de bonnes choses dans ce film de Claude Lelouch revu en ce début d'année à la télé : un parti-pris esthétique frappant (le passé est en couleur et le présent en noir et blanc), une histoire de braquage bien mené, un duo Lino Ventura / Charles Gérard qui rappelle irrésistiblement les grandes heures du cinéma à la Audiard, quelques moments de bravoure, une mise en scène étonnante de vivacité et de modernité.

Mais ce qui emporte vraiment le morceau, et rend le film remarquable, c'est le couple magnifique formé par la grande Françoise Fabian et Lino Ventura, sûrement un des couples les plus étonnants et les plus convaincants qu'il m'ait été de voir au cinéma.

Elle est d'un milieu très intellectuel, lui est un malfrat au sens de l'honneur aiguisé : leur rencontre fait des étincelles, et donne lieu à toute une série de répliques et de scènes mémorables (dont celle du repas avec les amis de Françoise). J'ai adoré les voir se rencontrer, se trouver, puis se retrouver dans un final étonnant de modernité et de féminisme, qui a du être dur à faire avaler à Ventura.

Pour moi, un des sommets de la carrière de Lelouch.

 

3e

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Jane par Charlotte

Le premier sentiment que le film m'a inspiré, c'est celui de l'entre-soi chichiteux et "prout prout" : chiot moche et hors de prix, voyage à Tokyo et NYC, maison bretonne sur la plage.

La tendresse entre la fille et la mère (ou le manque de tendresse, selon le point de vue) est un aspect intéressant du film, mais celui-ci est dilué dans un imbroglio qui se situe entre une analyse sauvage sans divan et un numéro hors série de Point de vue / Images du monde.

La mise en scène ne ressemble à rien et le talent de documentariste de Charlotte Gainsbourg est donc totalement à démontrer.

Restent au rayon des points positifs : une incursion dans le saint des saints (rue de Verneuil), la spontanéité candide de Jane qui parle de façon frontale de deuil et de cancer. Ce n'est pas assez pour que le film génère au final un sentiment positif.

 

2e

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Lingui, les liens sacrés

J'adore la façon de filmer de Mahamat-Saleh Haroun, en général. 

Les images qu'il nous propose sont sublimes, sa façon de filmer les visages est inimitable et son discours humaniste toujours touchant.

Pourtant ici, la mécanique habituelle du maître tchadien, faite de subtilité scénaristique et de magnificence plastique, est un peu grippée.

La composition des cadres et l'utilisation des couleurs donne une limpidité aux images qui est exceptionnelle, mais pour ce qui est de la narration, l'histoire est un peu convenue. Bien sûr, le discours est incontestablement consensuel (sonorité et féminisme), mais il manque probablement à Lingui ce supplément d'âme, ou de complexité, qui fait les grands films.

Mahamat-Saleh Haroun sur Christoblog : Un homme qui crie - 2010 (***) / Grigris - 2013 (***)

 

2e

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La main de Dieu

Sorrentino, qui donne souvent dans la démesure, fait ici preuve d'une retenue remarquable.

Si La main de Dieu commence comme un Fellini (créatures fantastiques et conte baroque), il évolue vite vers une chronique familiale d'abord burlesque, puis tendre et dramatique.

Le film est beau comme un Amarcord assagi, trouvant une énergie brute et solaire dans le magnifique décor de la baie de Naples. Il est non seulement un voyage agréable au soleil qui nous fait découvrir l'amour fou d'une ville entière pour un footballeur, mais aussi un intéressant aperçu de la jeunesse d'un apprenti cinéaste.

Comme d'habitude, c'est magnifiquement filmé.

Paolo Sorrentino sur Christoblog : This must be the place - 2011 (***) / La grande belleza - 2013 (***) / Youth - 2015 (**)

 

3e

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Mes frères et moi

Quel joli film que ce premier opus de Yohan Manca. Il n'est pas d'une originalité folle, mais dessine avec beaucoup de sensibilité le tableau d'une fratrie veillant une mère mourante.

Le film glisse progressivement d'un noir tableau d'une cité de Sète (drogue, traffic en tout genre) à un tableau de groupe où chaque frère prend petit à petit à l'épaisseur.

Le grand frère, d'une nature violente, se laisse séduire progressivement par le personnage de la prof de chant. Le second, très touchant, se prostitue. Le troisième, écorché vif, cherche la bagarre à tout prix. Le petit garçon est formidable, parfois enfantin, parfois adulte, souvent naturel et aimant.

Le film ne souffre d'aucune baisse de rythme, ne cède pas à la facilité, et manifeste déjà une belle maîtrise dans tous les domaines (action, sentiments, mise en scène).

Une découverte.

 

3e

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West side story

Ce remake de Spielberg me laisse perplexe.

D'un côté, je salue la volonté de rendre plus accessible aux jeunes générations le monument qu'est West side story, en en donnant une version proche de la comédie musicale originale, un peu modernisée (les portoricains sont joués par des hispaniques).

D'un autre côté, je songeais avec délectation pendant le film, qui est un peu long et laisse des moments de loisirs, à une version transportée dans un quartier de LA de 2020, avec une intrigue entre hispanos et blacks, et des paroles transformées en rap... mais ce n'est pas le projet de Spielberg.

Le résultat est plutôt conforme au cahier des charge initial : c'est sympa à regarder, avec des points forts forts et des points faibles. Parmi les premiers, la classe de la jeune actrice Rachel Zegler et celle de la plus ancienne Rita Moreno (l'actrice qui jouait Maria dans le film de 1962), la qualité d'ensemble du casting, certaines scènes de chants et danse (celle de la prison). Parmi les seconds : la prestation d'endive de l'acteur Ansel Elgort, une photographie et des décors souvent vulgaires et trop artificiels, une certaine platitude dans la plupart des scènes de chant et de danse.

Le résultat final est un divertissement de Noël honorable.

Steven Spielberg sur Christoblog : Cheval de guerre - 2011 (*) / Lincoln - 2012 (**) / Le pont des espions - 2015 (***) / Pentagon papers - 2017 (***)

 

2e

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Les amants sacrifiés

Le dernier film du prolifique Kiyoshi Kurosawa est encore une fois raté, malgré un scénario signé Hamaguchi (Drive my car).

Il est vraiment étonnant de constater comment le japonais, à l'évidence doué pour la mise en scène et doté d'une véritable sensibilité (voir la sublime série Shokuzai), peut parfois (souvent) s'égarer.

Ici, il ne choisit le genre de film qu'il veut faire. On est tour à tour dans une romance énamourée dans un style In the mood for love, dans un Hitchcock particulièrement complexe, tout en passant par une reconstitution historique artificielle, avant de finir dans un mélodrame au long cours. Aucun de ces film dans le film ne convainc, et Les amants sacrifiés est parfois même ridicule dans sa maladresse (à l'image des scènes sur le cargo). Kurosawa semble étranger à l'histoire qu'il nous raconte, ou plutôt qu'il illustre avec distance.

Mystérieusement raté.

Kiyoshi Kurosawa sur Christoblog : Kairo - 2001 (**) / Shokuzai - 2012 (****) / Real - 2012 (**) / Vers l'autre rive - 2015 (**) / Le secret de la chambre noire - 2017 (*) / Avant que nous disparaissions - 2018 (**)

 

2e

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Tromperie

Tromperie est un Desplechin conceptuel, très fidèle à Philipp Roth, qui lui-même est un écrivain obsessionnel et intellectuel.

Le résultat manque donc logiquement de chair, malgré la prestation assez convaincante et sensuelle de Léa Seydoux, aux côtés d'un Denis Polydades plus cérébral. 

Il est ici longuement question des Juifs et de leur pénis, de l'absolu nombrilisme de l'artiste, à travers de longs échanges verbeux sans grand intérêt. L'alchimie entre les deux personnages principaux est faible, et la mise en scène de Desplechin assez belle, comme pour compenser l'ennui que génère la logorrhée échappée du livre de Roth.

On retiendra de cet exercice de style pesant quelques scènes amusantes (le procès) ou émouvantes (Emmanuelle Devos). Pour le reste, le film plaira aux fans de Roth ou à ceux de Desplechin.  

Arnaud Desplechin sur Christoblog : Un conte de Noël - 2008 (****) / Jimmy P. - 2013 (**) / Trois souvenirs de ma jeunesse - 2014 (***) / Roubaix, une lumière - 2019 (****)

 

2e

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Licorice pizza

Le voilà, le grand film de Paul Thomas Anderson !

Les talents formalistes de PTA, qui ont pu bien souvent m'exaspérer, se fondent ici miraculeusement dans un creuset simple et complexe.

Simple parce que l'histoire ne peut sembler qu'une énième comédie romantique adolescente, complexe parce que le scénario mêle à cette simple trame plusieurs ambitions étonnantes : faire rire à travers une succession de saynètes délicieuses, dresser le tableau d'une époque en en reconstituant chaque détail, explorer les affres du passage à l'âge adulte, dresser de brillants tableaux psychologiques. 

Licorice pizza embrasse large et étreint bien. Le film est un banquet pantagruélique pour le cinéphile : l'interprétation des deux personnages principaux est incandescente, l'apparition de chaque personnages secondaires est un évènement (la rencontre de Tom Waits et de Sean Penn est d'anthologie), la mise en scène est virtuose mais toujours au service de la narration, le montage d'une fluidité rare.

Cette douce élégie dans ce qui constitue le jardin de PTA est donc un régal à tout point de vue, des premiers plans solaires au générique délicieusement rétro.

Le film de ce début d'année 2022, émouvant, beau, brillant.

PTA dans Christoblog : Punch-drunk love - 2001 (*) / There will be blood - 2008 (**) / The master - 2012 (*) / Phantom thread - 2017 (**)

 

4e

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Lamb

Incroyable cinéma islandais qui nous envoie régulièrement de nouveaux réalisateurs intéressants.

Dans Lamb, Valdimar Johannsson propose un exercice de style assez impressionnant. 

Bien entendu, le paysage islandais tient ici, comme souvent, une place essentielle : immenses étendues, importance du climat, cohabitation homme / animal, impression de solitude conférant aux habitations humaines le statut d'esquif précaire soumis aux éléments.

Le film commence d'une façon réaliste, assez classique. Même si a posteriori, certains plans de cette partie peuvent être vus d'une façon différente. Un peu avant sa moitié, Lamb prend un tournant que je ne dévoilerai pas, mais qui n'est pas véritablement une surprise. Il devient alors un objet réellement passionnant, paraissant naviguer à vue, et ménageant ses parts de surprises (le surgissement du frère).

Sa fin, étrange et déstabilisante, est véritablement un coup de force comme on en voit peu au cinéma. 

Noomi Rapace est impériale. C'est probablement le film à voir dans ce début d'année pour qui aime être surpris au cinéma.

 

3e

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Madeleine Collins

Madeleine Collins commence comme un thriller mystérieux et malsain, un peu comme excellait à en concevoir Claude Chabrol.

On prend beaucoup de plaisir à suivre Judith / Margot dans sa double vie en France et en Suisse : deux compagnons, deux vies, des mensonges, plusieurs enfants. 

Petit à petit, le tableau complet de la situation se dévoile à nous, au fur et à mesure que les personnages nous la font découvrir : c'est un processus classique qui transforme le spectateur en voyeur, et qui fonctionne ici parfaitement.

Malheureusement, le film se grippe un peu dans sa deuxième partie, une fois l'intrigue principale dévoilée. Plusieurs points faibles (une direction d'acteurs défaillante concernant les enfants, des maladresses scénaristiques, un montage qui s'étiole) viennent pondérer l'impression favorable que laisse toutefois le film au final.

Virginie Efira crève l'écran et justifie à elle seule qu'on aille voir le nouveau film d'Antoine Barraud. Il faut aussi noter deux participations de cinéastes amusantes dans des rôles non négligeables : Valérie Donzelli et Nadav Lapid. 

Antoine Barraud sur Christoblog : Le dos rouge - 2015 (**)

 

2e

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