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Articles avec #anthony bajon

Teddy

Teddy apporte d'une façon indiscutable une nouvelle preuve qu'un cinéma de genre à la française est en train d'émerger de façon durable.

Le premier film de la fratrie Boukherma mêle avec beaucoup de bonheur plusieurs registres. Au début du film, on pense être dans une chronique un peu azimutée de France profonde. On pense immédiatement au P'tit quinquin de Dumont : personnages plus ou moins cinglés, photographie pétante, mise en scène moqueuse.

Mais le film se teinte rapidement d'une coloration gentiment mais sûrement gore, comme le faisait Grave dans un genre un peu différent. Le sujet de Teddy devient alors le changement du corps au moment du passage de l'adolescence à l'âge adulte.

Et puis tout à coup, Teddy s'impose comme le récit d'une humiliation sociale et de la vengeance qu'elle implique, avant de se résoudre dans un final plutôt dramatique, parfaitement calibré.

Le résultat est délectable, magnifiquement servi par l'abattage sidérant d'Anthony Bajon, qui confirme de film en film son talent si singulier.

Une réussite indiscutable.

 

3e

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Au nom de la terre

Cela me fait mal de dire que ce film est vraiment mauvais, eu égard au fait que le réalisateur raconte ici l'histoire tragique de son propre père.

Peut-être est-ce d'ailleurs ce manque de distance qui le conduit à produire une oeuvre sans aucune imagination, si proche de l'illustration que cela en devient gênant. Il ne faut pas chercher dans Au nom de la terre la moindre sensation de réalisme, tant le film déroule un programme convenu d'images d'Epinal sur le thème douloureux des suicides d'agriculteurs.

Les péripéties nous indiffèrent, les clichés sont légion, les personnages sont spectraux, leur évolution psychologique semble issue d'un algorithme programmant la survenue du pire après le pire, sans que les véritables raisons de la déchéance ne soient jamais réellement abordées.

C'est franchement, radicalement raté.

 

1e

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La prière

La principale qualité du nouveau film de Cédric Kahn, c'est sa rusticité.

Si on s'en tient à l'histoire, La prière n'a en effet rien d'original.  La rédemption possible d'un adolescent en grande difficulté au contact d'adultes compatissants est en effet un grand classique, ici teinté de religiosité. Il faut imaginer le croisement de La tête haute et Des hommes et des Dieux.

La force qui irrigue cette intrigue assez quelconque, c'est celle que dégage le jeune acteur Anthony Bajon, formidable par sa présence animale (Ours d'argent mérité au dernier Festival de Berlin). C'est lui qui fait tenir le film debout et qui le sauve parfois de l'ennui. La mise en scène épurée, la lumière crue, la direction artistique sans afféterie servent également le propos d'un film qui sans être génial se laisse regarder.

Certaines séquences sont franchement émouvantes, et l'atmosphère de bienveillance exacerbée qui peut irriter au début du film finit par intriguer et par séduire. D'une certaine façon, le film peut rassurer sur la nature humaine et faire du bien : à vous de voir si vous en avez besoin.

 

2e

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