Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Christoblog

Articles avec #willem dafoe

Brooklyn affairs

Joli polar à l'ancienne dans tous les sens du terme (les années 50 filmées avec un style des années 50), Brooklyn affairs réjouit par son côté modeste et sage.

Edward Norton est un peu à l'image de son film : pas vraiment charismatique, naviguant à tâtons dans une histoire plus complexe qu'il n'y paraît, bégayant et indécis, mais parvenant finalement à ses fins. 

Alors, s'il y a des longueurs, on les pardonne, car le film donne aussi à voir en direct les rouages d'une réflexion parfois un peu poussive, mais réaliste. J'ai beaucoup aimé le casting irréprochable (à commencer par un Alec Baldwin impressionnant et un Michael K. Williams très charismatique en trompettiste). 

Bref, un parfait film de vacances de Noël, qui laisse filtrer en sourdine une petite ambiguïté parfaitement américaine (le droit de réussir permet-il de s'affranchir des lois ?).

 

2e

Voir les commentaires

The Florida project

Très remarqué pour son premier film, Tangerine, Sean Baker était attendu au virage du deuxième film.

Il négocie celui-ci plutôt bien avec The Florida project, un tableau à la fois coloré, décapant et parfois émouvant, mettant en scène une jeune femme white trash vivant dans un motel avec sa petite fille.

Le film parvient, un peu à la façon des comédies italiennes des années 70, à manier de front plusieurs registres.

Le premier est le film d'enfants. La petite Moonee est renversante, et Sean Baker saisit parfaitement ce qui fait le sel des jeux d'enfants et des amitiés naissantes. L'aspect quasi documentaire du film (la petite fille jouant Jancey a été recrutée sur place suite à un casting sauvage) est très intéressant.

Le second registre du film est le drame qui montre la descente aux enfers progressive de la jeune femme jouée par l'explosive Bria Vinaite. Ces parties sont un peu moins convaincantes, par la faute probablement d'un scénario un peu faiblard et par le sentiment d'avoir déjà vu ce type d'enchaînement dramatique des dizaines de fois (par exemple dans Moi, Daniel Blake, dans un tout autre genre, évidemment).

Le troisième dominante du film, la plus plaisante pour moi, c'est le tableau vivant de la petite communauté vivant dans ces motels hyper-colorés jouxtant Disney World. Outre le décor extrêmement photogénique, on appréciera particulièrement la prestation tout en subtilité de Willem Dafoe. Sean Baker parvient à signer des scènes à la fois poétiques (le safari des vaches, les échassiers devant le motel), tendre (la locataire qui doit cacher ses seins) ou inquiétante (le pédophile qui rôde).

Un petit miracle chamarré, imparfait et attachant.

 

3e

Voir les commentaires

Nymphomaniac (Volume 2)

La première partie de Nymphomaniac m'avait ravi, par son originalité et sa vivacité intellectuelle.

La deuxième partie m'a beaucoup déçu, les qualités manifestées dans la première semblant avoir disparues. Les digressions délicieuses du vieil homme sont rares et moins percutantes, les historiettes sont extrêmement prévisibles et le mystère qui planait sur le premier épisode est ici bien éventé.

Si la partie masochiste est encore acceptable (l'ambiance de la salle d'attente est bien vue), l'ensemble du développement criminel avec Willem Dafoe est bien pauvre, et peu captivant. La relation de Joe et de P., qui aurait sans nul doute méritée d'être développée, est baclée.

Si lors des premières minutes on retrouve avec plaisir les personnages découverts il y a un mois, cette deuxième partie se regarde avec un ennui croissant, jusqu'à un dénouement grotesque, que je ne dévoilerai pas ici.

Dommage.

 

2e

Voir les commentaires

4h44 Dernier jour sur terre

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/27/25/20250715.jpgLes bobos meurent aussi.

Voilà ce qu'on peut déduire du dernier film d'Abel Ferrara, qui nous raconte la dernière journée avant l'apocalypse de Cisco et Skye, bobos installés dans un joli loft du Lower East Side, à New-York.

Elle va passer sa journée à peindre et à faire l'amour (coucou les frères Larrieu !). Lui ne fait rien, discute avec le dalaï-lama qui cause dans le poste, hésite à se remettre à la cocaïne pour ce dernier instant, parle avec des amis sur Skype, observe ses voisins qui mangent  des steaks.

Tout cela est inintéressant au possible, et les tentatives de Ferrara pour nous faire ressentir que ces petites choses sont intenses parce ce que sont les dernières, sont désespérément vaines. En réalité, on ne croit pas à ce qu'on voit, c'est aussi simple que ça, et dussions nous y croire, on n'aurait qu'une envie, dire que ces zigotos prétentieux et lourdingues l'ont bien mérité.

Enlacer le livreur de repas vietnamien, really ? Faire une crise de jalousie envers l'ex de son mec, empêchant celui-ci de parler à sa fille ? Se plaindre sur la terrasse des méchants industriels, des experts incompétents ? Allez hop, ces gens-là méritent bien le gros trou dans la couche d'ozone.

Le film parvient à être d'une laideur abyssale lorsque Ferrara nous montre des images absolument immondes et ridicules, en surimpression des visages de ses acteurs. On en vient à souhaiter que tout cela s'arrête en vrai, et c'est ce qui arrive enfin après 1h22 de souffrance, lors Skye prononce ses derniers mots d'une profondeur et d'une originalité que je vous laisse mesurer : "Nous sommes déjà des anges". Pouah...

 

1e

Voir les commentaires