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Christoblog

Articles avec #islande

Le vieil homme et l'enfant

Rien de bien original dans ce film islandais, qui semble de prime abord brasser des éléments vus et revus dans de multiples films : la rencontre de deux solitudes, l'arrachement à la terre ancestrale et la confrontation entre la vie en pleine nature et la ville.

La réalisatrice Ninna Pálmadóttir filme sagement l'histoire écrite par son compatriote Runar Runarsson (Sparrows, Echo) de façon sensible, mais disons-le, assez plan-plan. L'évènement principal du film, qui survient dans sa seconde partie, est un peu téléphoné, mais ses conséquences donnent lieu à des scènes habilement écrites et joliment filmées.

Comme le film est très court (1h14, un plaisir !), on n'a pas le temps de s'ennuyer, et j'ai finalement apprécié ce conte moral à l'ambiance délicieusement islandaise (les paysages autour de la ferme sont formidables). Dernier point : le visage de l'acteur Thröstur Leó Gunnarsson est en soi un paysage, magnifique à explorer.

Un petit shoot de plaisir nordique pour ceux qui apprécient les ambiances septentrionales.

 

2e

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Godland

Il faut toujours qu'il y ait au Festival de Cannes un film abscons, sûr de sa force formelle, riche en afféteries stylistiques, essaimant le minimum de dialogues et ne se préoccupant pas de maintenir l'attention du spectateur autrement que par sa splendeur intrinsèque.

En 2022, c'est l'Islandais Hlynur Palmason, découvert avec le beau Un jour si blanc, qui s'y colle. Avec une certaine réussite, puisque  Godland est aussi beau qu'ardu à apprécier.

Pour résumer très brièvement, il s'agit de suivre le périple d'un jeune prêtre danois se rendant en Islande pour photographier la population. L'action se déroule à la fin du XIXème siècle. Dans une première partie, la traversée d'est en ouest de l'île donne lieu à de somptueuses scènes muettes dans lesquelles la rudesse des conditions de vie et la grandeur de l'île sont parfaitement rendues.

Notre héros arrive ensuite dans une communauté où il est soumis à la tentation, et dans laquelle l'âpreté des relations humaines (si on peut même les appeler ainsi) va être dévoilée à grands coups de travellings circulaires et de chœurs signifiants. 

Avec son format carré coins arrondis et sa photo volontairement atone, le film me paraît trop poseur pour apporter au final mon adhésion, malgré son audace formelle et la puissance évocatrice de certains de ses plans. Allez-y tout de même si vous aimez les paysages islandais, magnifiquement filmés.

Hlynur Palmason sur Christoblog : Un jour si blanc - 2020 (**)

 

2e

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Lamb

Incroyable cinéma islandais qui nous envoie régulièrement de nouveaux réalisateurs intéressants.

Dans Lamb, Valdimar Johannsson propose un exercice de style assez impressionnant. 

Bien entendu, le paysage islandais tient ici, comme souvent, une place essentielle : immenses étendues, importance du climat, cohabitation homme / animal, impression de solitude conférant aux habitations humaines le statut d'esquif précaire soumis aux éléments.

Le film commence d'une façon réaliste, assez classique. Même si a posteriori, certains plans de cette partie peuvent être vus d'une façon différente. Un peu avant sa moitié, Lamb prend un tournant que je ne dévoilerai pas, mais qui n'est pas véritablement une surprise. Il devient alors un objet réellement passionnant, paraissant naviguer à vue, et ménageant ses parts de surprises (le surgissement du frère).

Sa fin, étrange et déstabilisante, est véritablement un coup de force comme on en voit peu au cinéma. 

Noomi Rapace est impériale. C'est probablement le film à voir dans ce début d'année pour qui aime être surpris au cinéma.

 

3e

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Un jour si blanc

Dans la droite ligne de plusieurs films récents de qualité, l'Islande a fourni une livraison intéressante à la Semaine de la Critique 2019 avec ce film de Hlynur Palmason.

Autant le dire tout de suite, nous sommes ici dans un registre de cinéma d'auteur exigeant (et, c'est vrai, un peu ennuyeux par moment) : format long, scènes étirées, tics de mise en scène, très lents travellings avant, mise en scène un peu rigide. Le cinéaste n'hésite pas à exploiter des idées très conceptuelles : par exemple filmer au milieu du film tous les personnages de face et de loin, comme des portraits, ou composer des natures mortes avec différents objets pour évoquer un accident de voiture.

Si vous êtes curieux, le voyage vaut tout le même la peine. Outre la nature islandaise, encore une fois très présente dans son immensité, le visage buriné de l'acteur Ingvar Egert Sigurdsson est magnifiquement filmé. L'acteur est décidément de beaucoup de films islandais importants de ces dernières années, dont Sparrows et Jar City.

Après un départ un peu pénible, Un jour si blanc décolle réellement dans sa dernière partie avec une série d'évènements prenants et plutôt inattendus. Il devient alors très intéressant, entrecroisant avec un certain brio des thématiques fort différentes (deuil, amour filial, jalousie, vengeance, violence).

A découvrir.

 

2e

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Mjolk, la guerre du lait

Le deuxième film de Grimur Hakonarson ne retrouve pas la veine tragico-comique qui faisait de Béliers une véritable révélation (Prix Un certain regard à Cannes en 2015), mais il confirme son talent de cinéaste réaliste et sensible.

On suit ici les démêlés d'un jeune couple de paysans contre la coopérative dont il font partie, coopérative censée les protéger et les aider, mais qui au final les étrangle, sous prétexte du bien commun. 

Il y avait là matière à un développement politique des plus intéressants : comment une structure apolitique et coopérative peut se transformer en mécanique infernale qui broie les plus récalcitrants ?

En choisissant de plutôt s'attacher au personnage d'Inga, le réalisateur perd en intérêt ce qu'il gagne en sensibilité (car l'interprète est tout à fait convaincante).

Le film, agréable et bien réalisé, reste toutefois anecdotique, et plaira surtout aux amoureux de l'Islande, dont je fais partie.

Grimur Hakonarson sur Christoblog : Béliers - 2015 (****)

 

2e

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Woman at war

On peut compter sur l'Islande pour fournir régulièrement des films intéressants, dans des tonalités souvent très différentes.

Woman at war perpétue cette tradition. On ne sait pas trop comment cataloguer ce film hors norme : comédie romantique pour femme d'âge mûr visant l'adoption, agit prop écologique, survival extrême, manifeste poétique hipster, thriller psychologique. Le film est tout ceci à la fois, en réussissant à convaincre dans chaque registre. Le réalisateur semble pouvoir tout se permettre, par exemple installer un drôle d'orchestre dans plusieurs scènes, qui joue la musique extradiégétique du film, et que les personnages ne voient donc pas.

L'actrice Halldora Geirhardsdottir porte le film sur ses épaules, avec un jeu typiquement islandais qui mélange détermination pince-sans-rire et abattage physique. Le film n'est pas renversant, mais il est frais et drôle.

L'Islande sur Christoblog : Béliers, Sparrows, et d'autres...

 

2e

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Sparrows

Auréolé de toute une série de prix à travers les festivals du monde, Sparrows est finalement un produit assez consensuel et peu original.

Un adolescent doit quitter Reyjkavik pour rejoindre son père dans un fjord isolé de l'Ouest du pays. Le paternel s'avère être un poivrot, et le jeune héros va découvrir la vie au cours d'un été : premier amour, premier rapport sexuel, premier travail, première cuite, premier deuil, etc. Les rapports père / fils vont évoluer au fil des évènements, et de la construction de la personnalité du jeune personnage.

La mise en scène est relativement sage, les scènes s'étirent sans réelle utilité, et le scénario ne ménage qu'une idée vraiment originale, qui constitue la dernière partie du film. Runar Runarsson joue assez bien avec la lumière variable de l'Islande, mais avec une image de médiocre qualité.

Si le film plait tant, ce n'est que par la grâce du jeu des acteurs, tous parfaits, et peut-être aussi pour l'exotisme que dégage cet endroit complètement reculé, dans lequel les hommes semblent minuscules.

L'Islande a produit récemment de bien meilleurs films : Béliers  (****), L'histoire du géant timide (***), et le film franco-islandais de Solveig Anspach L'effet aquatique (***).

 

2e

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L'effet aquatique

On a déjà croisé les personnages d'Agathe, Samir, Anna et Ulfur dans un film précédent de la regrettée Solveig Anspach, Queen of Montreuil.   

C'est donc d'abord avec un doux plaisir de retrouvailles tendres qu'on retrouve le monde poétiquement bargeot de la franco-islandaise.

La première partie du film, presque entièrement centrée sur la piscine Maurice Thorez de Montreuil (un monde, un univers !), est une magnifique histoire d'amour irraisonnée entre ces deux acteurs uniques que sont la gracile Florence Loiret-Caille et le dégingandé hébété Samir Guesmi. On se délecte dans ce jeu subtil et inutile de l'amour et de l'indifférence, supervisé par deux agents d'entretien célestes joués par Philippe Rebot et Esteban.

La deuxième partie islandaise est jouissive pour ceux qui ne connaissent pas ce merveilleux pays qu'est l'Islande (je pèse mes mots), bien qu'un peu anecdotique. Le film navigue alors dans un registre plutôt folklorico-poético-lunaire, mâtiné de satyre des institutions internationales, qui n'est pas sans déclencher de francs afflux d'endorphine. 

Bon enfant, léger et délicat, un pur film d'été qui fait du bien.

 

3e

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L'histoire du géant timide

Il arrive qu'on fasse parfois en Festival une découverte bouleversante. Ce fut le cas pour moi au Festival d'Arras 2015, avec Virgin Mountain. Apprendre quelques semaines plus tard que ce film islandais au sujet un peu aride allait être diffusé en France m'a procuré une joie sans mélange : nous sommes bel et bien le pays de la cinéphilie.

Fusi est obèse, et sa libido est faiblarde, pour ne pas dire inexistante. Et le manque de libido, dans notre société, est mal considéré. Donc Fusi a des problèmes : quand il refuse une pute gentiment offerte par ses collègues de boulot, ou quand il sympathise avec une petite fille et qu'on le soupçonne immédiatement de pédophilie.

Fusi n'est pas stupide. Fusi n'est même pas gentil. Fusi regarde les autres êtres humains avec bienveillance. Il n'aime pas aller vite, il prend son temps. C'est un taiseux, un contemplatif, un manuel, un patient. Il a l'intelligence pratique. Il est un personnage magnifique, un des plus beaux que le cinéma nous ait donné récemment.

Le réalisateur islandais du film, Dagur Kari, possède un talent solide, et il dirige très bien ses acteurs. L'immersion dans la réalité islandaise est très efficace (c'est gris !).

L'histoire du géant timide est un film qu'il faut absolument découvrir, sorte de leçon de choses sur la nature humaine, et formidable introduction à l'état d'esprit islandais, dont le parler-vrai flirte toujours avec la brutalité : "Merci de ne m'avoir pas tuée", dit la jeune femme à Fusi qui l'a ramenée chez elle !

Une pépite.

L'islande sur Christoblog : Béliers (****)

 

3e 

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Béliers

En décernant son prix principal à Béliers, le jury de la section Un certain regard de Cannes 2015 a fait preuve d'un rare discernement.

Le deuxième film de Grimur Hakonarson est en effet une réussite totale.

D'abord, il y a ces paysages islandais infinis, aussi impressionnants dans l'immensité verdoyante de l'été que dans la pénombre hivernale. Il y a ensuite ces deux acteurs époustouflants, deux frères silencieux depuis des années, tout en habitant l'un à côté de l'autre, et qui ne communiquent plus que par chien interposé.

Mais l'intérêt du film réside surtout dans l'évidente intelligence du scénario et du montage. A partir d'un prétexte ultra simple (une maladie décime les moutons), Hakonarson parvient à construire une oeuvre qui est à la fois un western haletant, un thriller ovin à fort suspense, et une comédie au neuvième degré, qui peut être désopilante. 

Béliers est à ce titre un très bel exemple d'humour islandais : une distanciation pince-sans-rire, qui rappelle l'humour british, en plus cruel, avec des pointes de surréalisme rugueux. 

La mise en scène est sûrement la plus belle que j'aie pu voir cette année au cinéma : chaque plan paraît à la fois simple, beau et indispensable. La beauté plastique du film est entièrement mise au service d'une dramaturgie réglée de façon millimétrique.

Un superbe morceau de cinéma, à découvrir absolument.

 

4e

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Survivre

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/96/85/49/20502441.jpgDrôle de projet que de porter à l'écran l'aventure de ce marin islandais, seul rescapé d'un naufrage, qui parvint en 1984 à survivre dans l'eau glacée pendant 6 heures, en contradiction totale avec toutes les certitudes scientifiques sur le sujet.

Un peu dubitatif avant le début du film, j'ai été complètement happé par sa justesse de ton. La première partie montre les difficiles conditions de vie sur ces petites îles volcaniques avec un sens aigu du raccourci, et se conclut par la scène très réaliste du naufrage.

Le réalisateur parvient ensuite à retranscrire les pensées du nageur d'une façon extrêmement subtile, grâce à de pseudo vieux films au format carré et aux coins arrondis. Il parvient à susciter l'émotion sur un sujet assez austère, là où échouait dans des conditions similaires Danny Boyle dans 127 heures.

L'après-naufrage est un petit peu moins intéressant à mon goût, mais le film continue toutefois de dérouler sa chronique sans aucune faute de goût.

Le réalisateur Baltasar Kormakur est certainement promis à un grand avenir, si Hollywood ne le mange pas tout cru : il filme en ce moment un polar avec Denzel Washington et Mark Wahlberg.

 

2e

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