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Le sel des larmes

Philippe Garrel fait toujours un peu le même film : noir et blanc plutôt classe, états d'âmes parisiens, dialogues assez littéraires.

Bref, du cinéma d'un autre siècle diront certains, qui me laisse habituellement assez perplexe.

Dans cet opus toutefois, les errances rohmériennes du personnage principal se teintent de nuances plutôt inaccoutumées chez Garrel : une cruauté distanciée parfois brutale, une escapade en province, une belle relation au père, un personnage principal qui exerce un métier manuel (ébéniste),  une ouverture à des acteurs/trices d'origines diverses.

Le résultat est un film très agréable qui nous surprend souvent et qui parfois nous ébloui par l'excellence de sa mise en scène. Des trois "segments" du film, chacun centré une femme (Djemila / Oulaya Amamra, Geneviève / Louise Chevillote / Betsy / Souleyla Yacoub) le premier est le plus beau. Le coup de foudre entre Luc et Djemila est superbement évoqué, et l'actrice de Divines révèle ici un talent réel, dans une composition à l'opposé de celle qui lui a valu de se faire connaître.

Mon film préféré de Philippe Garrel à ce jour.

Philippe Garrel sur Christoblog : La jalousie - 2013 (**) / L'ombre des femmes - 2015 (**)

 

3e

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L'ombre des femmes

Comment peut-on être amoureux d'un trou du cul inexpressif comme celui qu'incarne (le mot est fort)  Stanislas Mehrar ?

Là git véritablement la clé du dernier film de Philippe Garrel. Parce que, admet-on le, si l'hypothèse de séduction du bellâtre blond ne fonctionne pas, le film tombe par terre. Personnellement, je serais à la place de Clotilde Courau, je partirais vite fait et je ne reviendrais jamais. 

Mais bon, je m'éloigne probablement du film dont on peut dire qu'il est à l'amour ce que les match exhibitions sont au tennis : ça y ressemble et ça brille, mais on ne croit pas à l'engagement total des protagonistes.

La faute probablement à cette diction éculée, cette voix off très rohmérienne de fiston Garrel, à ces ambiances de losers germano-pratins. Tout cela est bref, pas trop moche à regarder, d'une superficialité inoffensive, et d'un intérêt limité.

 

3e

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La jalousie

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/294/21029499_20130820171948888.jpgN'étant pas fin connaisseur du cinéma de Philippe Garrel, c'est avec une grande curiosité et une légère appréhension que je suis aller voir son dernier film, encensé par les critiques et plutôt descendu par les spectateurs (au vu des notes catastrophiques sur Allociné).

Au final, il y a bien dans le film de quoi s'enthousiasmer au plus haut point ... et de quoi s'énerver aussi.

Dans la première catégorie, citons la performance époustouflante d'Anna Mouglalis, à la voix plus grave que jamais, très Fanny Ardant. Sa composition de femme fatale qui arrache un homme à son épouse, pour ensuite le tromper abondamment puis le laisser tomber comme une vieille chaussette, est sidérant.

La photographie du film est très belle, proposant un noir et blanc très contrasté, beaucoup plus blanc que noir, d'ailleurs.

Un montage un peu déroutant mais très élégant, un art consommé de la direction d'acteur, une mise en scène délicate, des moments extraordinaires (une scène de séparation glaciale, à l'opposé de celle de La vie d'Adèle) : le film a décidément beaucoup pour lui.

Malheureusement, les aspects négatifs tiennent pour la plupart à la prestation de Louis Garrel, exhibant d'une façon obstinée sa sempiternelle moue boudeuse, alors qu'à l'évidence il y avait ici la place pour une composition plus en nuance, et qui par moment aurait pu (dû ?) être plus rieuse. Du coup, le spectateur lambda aura un peu de mal à se laisser emporter par une émotion sincère, et restera bien souvent à l'extérieur de cette histoire d'amour qui paraît curieusement ... dénuée de sentiments.

Si La jalousie mérite tout de même d'être vu, c'est donc d'abord pour sa perfection formelle.

 

3e

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