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La jalousie

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/294/21029499_20130820171948888.jpgN'étant pas fin connaisseur du cinéma de Philippe Garrel, c'est avec une grande curiosité et une légère appréhension que je suis aller voir son dernier film, encensé par les critiques et plutôt descendu par les spectateurs (au vu des notes catastrophiques sur Allociné).

Au final, il y a bien dans le film de quoi s'enthousiasmer au plus haut point ... et de quoi s'énerver aussi.

Dans la première catégorie, citons la performance époustouflante d'Anna Mouglalis, à la voix plus grave que jamais, très Fanny Ardant. Sa composition de femme fatale qui arrache un homme à son épouse, pour ensuite le tromper abondamment puis le laisser tomber comme une vieille chaussette, est sidérant.

La photographie du film est très belle, proposant un noir et blanc très contrasté, beaucoup plus blanc que noir, d'ailleurs.

Un montage un peu déroutant mais très élégant, un art consommé de la direction d'acteur, une mise en scène délicate, des moments extraordinaires (une scène de séparation glaciale, à l'opposé de celle de La vie d'Adèle) : le film a décidément beaucoup pour lui.

Malheureusement, les aspects négatifs tiennent pour la plupart à la prestation de Louis Garrel, exhibant d'une façon obstinée sa sempiternelle moue boudeuse, alors qu'à l'évidence il y avait ici la place pour une composition plus en nuance, et qui par moment aurait pu (dû ?) être plus rieuse. Du coup, le spectateur lambda aura un peu de mal à se laisser emporter par une émotion sincère, et restera bien souvent à l'extérieur de cette histoire d'amour qui paraît curieusement ... dénuée de sentiments.

Si La jalousie mérite tout de même d'être vu, c'est donc d'abord pour sa perfection formelle.

 

2e

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