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Le voyage au Groenland

Le précédent film de Sébastien Betbeder (2 automnes 3 hivers) révélait un cinéaste prometteur, qui à l'évidence savait mélanger humour, délicatesse et fantaisie.

Toutes les promesses de ce film se concrétisent ici de la plus belles des manières.

Le sujet est pourtant sur le papier un peu mince : deux trentenaires parisiens rendent visite au père de l'un d'eux, exilé dans un petit village paumé du Groenland. On imagine à la simple lecture de ce pitch un scénario catastrophique où les locaux seraient moqués et où serait systématiquement exagéré le contraste entre les citadins et la nature hostile.

L'un des grands mérites du film est de déjouer complètement les pronostics. Le regard que pose le réalisateur sur les différents protagonistes est empreint d'une bienveillance sensible qui rend tous les effets comiques délicats et dotés d'une saveur très particulière, dont le second degré semble exclu.

Le voyage au Groenland est une oeuvre à l'équilibre précaire, sans cesse sous la menace de tomber dans l'anecdote facile ou l'inconsistance comique. Sébastien Betbeder parvient à maintenir sur la durée sa fantaisie raisonnée et sa subtile analyse des sentiments masculins. 

Si le résultat semble parfois "facile", il résulte d'un savant mélange de techniques (montage, scénario) et d'une prestation exemplaire des deux acteurs principaux (Thomas Blanchard et Thomas Scimeca), parfaits en duo de gentils citadins un peu dépassés par les évènements.

Une franche réussite, drôle et originale.

Sébastien Betbeder sur Christoblog : 2 automnes 3 hivers - 2013 (***)  

 

4e   

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2 automnes 3 hivers

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/606/21060625_20131125143613489.jpgPrésenté dans la sélection ACiD lors du dernier festival de Cannes, 2 automnes 3 hivers consacre Vincent Macaigne comme l'acteur de l'année 2013 / début 2014 (La bataille de Solférino, La fille du 14 juillet, Tonnerre)... pour peu qu'on soit sensible à son look débraillé (évitons look improbable, bien qu'ici le terme puisse être parfaitement adapté), et à son jeu tout en nuance.

Bien que très imparfait techniquement, le film de Sébastien Betbeder emporte la mise, avec son apparente décontraction misant sur des procédés qui chez d'autres paraîtraient bien lourdingues : intertitres, personnages racontant l'action face caméra, etc.

Débutant comme une comédie romantique low-fi, le film évolue ensuite dans un ton beaucoup plus grave, brassant des thématiques pas toujours gaies (AVC, solitude, avortement) avec une légéreté qui fait toujours mouche. C'est un peu comme si l'inventivité de Donoma croisait les batifolages d'Emmanuel Mouret.

Parfois hilarant, souvent touchant, 2 automnes 3 hivers est hautement recommandable.

 

3e

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