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Articles avec #harrison ford

Blade runner 2049

Le Blade runner de Ridley Scott était serré comme un expresso, dense et sauvage. Celui de Denis Villeneuve ressemble plutôt à une tisane détox, insipide et policée.

Le plus frappant dans le film, c'est son manque de prise de risque, sa paresse intellectuelle, sa prudence excessive. Où est passée la gouaille de Deckard, son second degré moqueur, qui faisait le sel du premier opus ? Harrison Ford semble ici condamné à produire un visage impassible, comme Ryan Gosling, qui retrouve pour l'occasion les caractéristiques horripilantes de son non-jeu, parfaitement rodé chez Nicolas Winding Refn (Drive, Only god forgives).

La direction d'acteur est donc très approximative, mais elle semble brillante en comparaison de la faiblesse du scénario, mal fichu et téléphoné. On a envie de plus de mystères, de méchants vraiment intéressants et de dialogues qui veulent dire quelque chose.

Reste pour faire surnager le film au milieu de cet océan de médiocrité, une photographie correcte, mais que je n'ai pas trouvé aussi splendide que certains le disent : elle est trop propre pour être jouissive, comme l'était celle du film de Ridley Scott, expressionniste en diable. Ici, le contraste entre les rues qui rappellent le décor de 1982 et les intérieurs minimalistes ne fonctionne pas. On se croit souvent dans une pub pour magasin de canapés design.

Quant à la musique de Hans Zimmer, elle semble comme souvent vouloir rendre insupportable ce qui est simplement mauvais.

Au petit jeu des comparaisons, Blade runner 2049 perd donc sur tous les plans par rapport à son illustre prédécesseur, auquel il tente de rendre hommage de bien triste (et discrète) façon : la scène qui ouvre le film de Denis Villeneuve est une des scènes envisagées dans une variante du scénario de l'original.

Je me suis beaucoup ennuyé.

Lire ma critique de Blade runner - 1982 (****)

 

1e

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Blade runner

A l'occasion de la sortie de Blade runner 2049, j'ai vu pour la première fois hier soir le film de Ridley Scott, dans une version Final cut, et en blu-ray.

Pour parler franc, je craignais de découvrir une oeuvre un peu datée, dont l'esthétique années 80 ou les effets spéciaux auraient mal vieillis.

Heureusement, les premiers plans sur la ville tentaculaire sont de toute beauté, et la première véritable scène (l'interview de Leon) est menée d'une façon très efficace, sur un mode qui s'apparente plus au polar qu'à la SF.

C'est d'ailleurs probablement ce qui m'a le plus marqué tout au long du film : son ambiance, ses thématiques, la trajectoire heurtée et indécise de son héros paumé évoquent bien plus les romans de Dashiell Hammett que Star Wars. Pour ce rôle de policier au bout du rouleau reprenant du service, Harrison Ford s'avère être impérial, capable d'esquisser ce fameux sourire pince-sans-rire juste avant de se prendre une mémorable torgnole. 

Le film avance sèchement, alternant avec un équilibre assez impressionnant les lentes phases d'imprégnation et les tranquilles accélérations du récit. C'est propre, sans déchet, et d'une maîtrise absolue. Les personnages semblent à la fois sommairement esquissés et d'une grande profondeur.

La qualité du casting, la rigueur du scénario et la virtuosité de la mise en scène sont ici sublimés (une fois n'est pas coutume) par l'ensemble de la direction artistique. Les décors, les maquillages, les accessoires, la musique et la photographie sont ici portés à de très hauts niveaux de qualité. Un tel assemblage de talents est probablement sans égal dans l'histoire du cinéma.

Le blu-ray est accompagné d'un documentaire, Dangerous days, très complet, qui raconte la genèse du film. On y découvre l'influence de Billal et de Moebius sur l'esthétique du film, des anecdotes croustillantes (Dustin Hoffman a longtemps été pressenti pour tenir le rôle principal) et beaucoup d'autres choses.

Pour résumer : un vrai film culte.

 

4e 

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Star Wars - Le réveil de la force (VII)

Le nouvel opus de Star wars est une sorte de reboot de l'original, passé avec respect au dépoussiérant numérique, 38 ans après.

On n'en finirait pas d'énumérer les hommages, les clins d'oeil complices, les citations, les personnages et vaisseaux revenants, les analogies.

Les stormtroopers ont toujours autant l'air de playmobils vaguement articulés, les planètes sont toujours aussi désertiques, les méchants ont la même voix caverneuse, les bars regroupent toujours la même faune bizarre, les engins spatiaux ne brillent pas par leur originalité.

JJ Abrams, après avoir donné un petit coup de jeune à la licence Star trek, s'acquitte donc de sa tâche avec conscience, sans génie et sans véritablement imprimer sa personnalité au produit. On notera simplement quelques éléments attribuables au wonderboy : une virtuosité incroyable dans certaines scènes de bataille (je pense au travelling qui montre les combats de Poe en arrière plan alors que Finn erre sur le champ de bataille), un sens aigu des décors (par exemple dans l'épave du vaisseau géant) et des éclairs d'ambiguité dans quelques scènes (dont celle qui réunit Han Solo et son fils).

Rien de déshonorant ni d'enthousiasmant dans cet opus, qui apporte un peu de fraîcheur, et de diversité politiquement correcte, avec les personnages "malgré eux" que sont Finn et Rey (excellente et tonique Daisy Ridley, héroïne typiquement Abramsienne, qui rappelle la Sydney Bristow d'Alias).

On attend maintenant la suite. Pour savoir, entre autres, qui est Rey.

JJ Abrams sur Christoblog : Star trek into darkness (**) / Star trek (**) / Super 8 (***)

2e

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