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Articles avec #je n'aime pas

Pater

Pater est vendu pour ce qu'il n'est pas.

A lire la presse, il serait un OVNI cinématographique. Comparable à Mulholand drive, d'après Lindon lui-même - excusez du peu. Or, le film est d'une simplicité biblique : au départ Cavalier (le metteur en scène) fait la connaissance de Lindon (l'acteur), puis petit à petit se met en place une fiction dans laquelle Cavalier (président de la république) se heurte à Lindon (premier ministre). Le glissement se fait de façon assez nette et peu ambigüe : c'est une des grosses déceptions du film. Un seul moment est vraiment jouissif dans le domaine de la confusion des genres, c'est la crise de jalousie de Lindon envers son successeur au poste de premier ministre, dans laquelle il attaque l'acteur autant que le personnage.

Les deux acolytes manient le niveau zéro du discours politique, accumulant (à dessein ?) grosses erreurs (les ministres ne sont pas élus) et simplification outrancière (les jeunes veulent du fric). De programme il n'est pas question, la dimension politique du film se résume à une question anecdotique sur le montant du salaire maximum, par rapport au salaire minimum. 

Le bac à sable est équipé fort simplement, il s'agit de ne pas faire riche. Tout est donc pauvre : l'éclairage, les débats, les cravates en laine, le jeu des acteurs. D'ailleurs, Lindon ne réussit jamais à entrer complètement dans son rôle. En de nombreuses occasions, il reste coi, fixement d'un oeil bonasse Cavalier faire son show, ne sachant visiblement pas quelle attitude adopterait un premier ministre en de telles circonstances (le bar, la visite chez le boulanger, la conversation à trois entre les portes).

C'est donc finalement à un caprice d'enfant qu'on assiste, Alain Cavalier cabotinant devant sa propre caméra, mêlant la psychanalyse de comptoir au bricolage d'atelier cinéma, niveau CM2.

Je ne comprend vraiment pas ce qu'une partie de la critique trouve au film, si ce n'est de considérer que la mise en abyme cheap devient trendy pourvu qu'elle soit arrosée de grands crus, indépendamment de l'angélisme de son propos et de l'approximation de sa confection.

1e

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Pourquoi tu pleures ?

Parce que je t'ai vu !

Voilà la réponse que j'ai envie de faire au titre du film, qui l'a bien cherché.

Biolay n'est pas un chanteur qui m'intéresse beaucoup et je le trouvais légèrement antipathique avec ses "la chanson française me débecte". J'étais presque content quand Benabar lui a foutu une rouste.

Et ben, là : pareil. J'avais tout le temps envie de lui botter les fesses, de lui tirer les oreilles, de le pousser du haut des escaliers en lui disant, mais fais quelque chose, nom de dieu. Ces airs de marshmallow boboïsant et sa mèche derrière l'oreille m'ont profondément indisposé.

J'ai vu le film il y a plusieurs jours et en gros j'ai déjà tout oublié : rentré par un oeil, sorti par l'oreille. Aucun intérêt. On passe d'un appart rempli d'ouvriers à un autre rempli d'une gonzesse, en passant par celui de la future mariée rempli de juifs d'Israel. Les copains sont des parodies de Parisiens. Hé, vous êtes pas tous comme ça à Paris, rassurez moi ! Si ? Pardon alors.

Je sauve de ce naufrage mou-du-genou la pétulante Valérie Donzelli, dont nous avons tous hâte de voir La guerre est déclarée.

 

1e

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London boulevard

London Boulevard est ridicule à tout point de vue et écrire un trop long article à son propos serait lui faire trop d'honneur. Scénario vu, revu et re-revu, bleuette à l'eau rose, personnages hyper caricaturaux, montage elliptique pour cacher les carences du film, incongruités scénaristiques, acteurs à côté de leurs pompes.

Il n'y a guère que deux choses à sauver dans le film : la bande-son et les sourcils de Colin Farrell. Ce dernier possède en effet des sourcils absolument extraordinaires, fournis, épais, long, d'un noir de jais alors que ses tempes grisonnent. Fascinant. Comme DSK.

 

1e

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Gianni et les femmes

Pyramide DistributionGianni a la soixantaine bien tassée. Il est à la retraite, n'a jamais vraiment réussi dans la vie et ne remplit pas les canons du mâle séducteur italien. Il se laisse même bouffer par les femmes de sa vie : sa mère tyrannique, son épouse active et absente, sa fille au fort caractère. En ressent-il de la tristesse ou de l'amertume ? Peut-être un peu.

Quand son ami avocat lui explique qu'à son âge tout le monde a une maîtresse, et qu'il se met en tête de rompre son train-train quotidien pour en trouver une ... les ennuis commencent.

Gianni di Grogorio se met en scène dans la suite de son film précédent, Le déjeuner du 15 août, qui avait marqué ses débuts de réalisateur à 59 ans !  Il campe son personnage d'homme en prise au temps qui passe et à la dégradation de sa propre image avec une décontraction distante et un peu anxieuse, qui en fait une sorte de Woody Allen italien.

Mais si l'américain est obsédé par le sexe, Gianni semble mener sa recherche un peu à contre-coeur, et s'il est attiré par quelque chose, c'est probablement plus par l'amour, ou tout au moins par le fait de "ne plus être transparent", comme il le dit dans la belle scène du bar.

Le film, malgré son ton touchant et ses anecdotes assez bien amenées, ne parvient pourtant pas à nous entraîner totalement, semblant suspendu au bord de la réussite, contemplant ce qu'il aurait pu être si les gags éclataient vraiment, si le rythme était un poil plus assuré, les clichés un peu moins convenus. Il fait partie de ces films qu'on aurait aimé aimer, et dont on a du mal à dire du mal.

 

2e

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La défense Lincoln

Matthew McConaughey. Metropolitan FilmExportAyant attendu quelques jours pour écrire cette critique, me voici dans la désagréable situation de celui qui a oublié une grande partie du film, ce qui n'est pas très bon signe en ce qui concerne sa qualité, vous en conviendrez.

De quoi s'agit-il ? Un avocat sans scrupule (pas mal ce Matthew McConaughey que je ne connaissais pas bien) doit défendre un jeune homme friqué, suspecté d'avoir tenté de violer et tuer une jeune prostituée. Rapidement il apparaît que le suspect est bien le coupable, et que ce bastard a déjà zigouillé une autre fille dans les mêmes circonstances.

 

L'avocat est donc le cul entre deux chaises, et doit monter une machination assez maline (mais qu'on voit arriver à 40 kilomètres) pour piéger son client sans se mettre en danger lui-même, et sans enfreindre les codes de son métier.

Le film est mis en scène à la va comme j'te pousse, le scénario se déroule sans surprise, reflétant avec justesse l'art de Michael Connelly, et Los Angeles est toujours photogénique. Ce n'est pas désagréable à regarder et cela contentera les spectateurs de TF1 du dimanche soir.

Mais le film est surtout intéressant quand il montre le fonctionnement de la justice américaine. On y est forcément plus attentif, affaire DSK oblige, et tous les traits typiquement américains sont très bien montrés : détruire la crédibilité d'un témoin, sortir une carte de sa manche lors du procès, etc... L'affaire DSK s'invitait aussi dans La conquête quand le candidat Sarkozy drague une journaliste en lui disant "Savez-vous que tous les hommes politiques sont des bêtes sexuelles ?".

On voit par là que tout est dans le cinéma et que le cinéma est dans tout.

 

2e

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Le chat du rabbin

Autochenille Production - TF1 Droits Audiovisuels - France 3 Cinéma Le chat du rabbin est raté dans les grandes largeurs.

La 3D est pitoyable, images plates simplement superposées à des plans différents. L'animation est d'une pauvreté que je ne croyais plus voir sur un écran français, on se croirait projeté au début des années 80.

Le rythme est mollasson. Les scénettes se succèdent sans continuité et sans relief (un comble pour un film en 3D), alors que la BD réussissait à donner un certain charme au discours sur les religions. En matière d'adaptation le film prouve donc qu'on est toujours très mal servi par soi-même.

J'ose à peine évoquer la scène ridicule où on croise un Tintin raciste, idiot, maniaque, à l'accent belge. La fin part complètement en quenouille avec des scènes de rêve dans la nouvelle Jérusalem où les personnages ressemblent aux Simpson. La fin de la fin est insoutenable, et quand la voix sirupeuse d'Enrico Macias retentit, on n'a qu'une envie : s'enfuir en courant.

C'est donc une catastrophe, le pire film de l'année, qui confirme que Sfar devrait se contenter de faire ce qu'il sait faire, comme je le disais déjà au temps de Gainsbourg. Circulez.

PS du 01/06/11.
Hier soir, j'ai relu le tome 1 de la BD pour comprendre pourquoi cette dernière m'avait plu. Le problème, c'est que les plus intéressantes digressions philosophiques (planches 25 à 27 sur le logos, et 39 à 48 sur le sexe et la religion) ne sont pas du tout reprises dans le film, qui se contente finalement du squelette anecdotique de la BD, vidant le propos de sa substance. De plus il est étonnant de constater à quel point le film décalque la BD (cf les scènes de rêves) sans rien y apporter de proprement cinématographique.

 

1e

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La conquête

Saïda Jawad & Florence Pernel. Emilie de la Hosseraye / Mandarin Cinema - Gaumont 2011Dès le pré-générique, le film annonce son échec : "Bien qu'inspiré par des faits réels.... le film est ... une fiction".


Par cette formulation négative on comprend tout de suite ce que le film ne va pas être. Il ne va pas être un documentaire où on apprend beaucoup de choses (en ce qui me concerne, l'élément le plus saillant est le goût de Sarko pour le chocolat). Il ne va pas avoir la rigueur sèche et éprouvante des grands docus à la Depardon, mais plutôt la mollesse sage et paresseuse d'un téléfilm.

Par la faute d'un respect pour la vérité qu'on peine à comprendre le film ne sera pas non plus un portrait à charge, ni une ode sanguinaire consacrée à l'obsession du pouvoir, ni un film décrivant les sombres rouages politiques comme le cinéma italien des années 70 savait si bien le faire. Il ne sera pas non plus une comédie (il y aurait pourtant de quoi), ni un mélo romantique (pareil !).

La conquête est donc un non-film.

Les comédiens auraient pu le sauver, mais ils imitent leur personnage de façon outrancière (Podalydès, Le Coq en Chirac) et la copie est toujours moins savoureuse que l'original quand elle est trop sage. Seule Florence Pernel en Cécilia parvient à mettre une once de crédibilité dans son rôle.

Au final le film rend presque sympathique son personnage principal (enfant hyperactif trop gâté mais avec un bon fond), faisant apparaître Chirac comme un gros nul. Et c'est finalement de Villepin qui en prend pour son grade.

Inutile, potentiellement dangereux, La conquête peut être évité avec profit.

 

1e

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Bon à tirer (B.A.T.)

Owen Wilson. Warner Bros. FranceBon à tirer est vulgaire, sans imagination, et conformiste.

Vulgaire : vous connaissez la blague de la fille que vous ramenez de boite, qui a la diarrhée et un string, et qui éternue au-dessus de votre baignoire ? Les Farrelly redécore votre salle de bain avec goût.

Sans imagination : ceux qui suivent et ont leur culture auront reconnu le prétexte d'un sketch de Coluche dans mon entame (les dragées Fuca). Dans le film, tous les gags semblent recyclés et vus 1000 fois : les deux zozos disent des horreurs alors qu'ils sont écoutés à leur insu (et ce, plusieurs fois dans le film, on va pas s'embêter à trouver de nouveaux trucs), ils s'empiffrent de brownies au haschich alors qu'il ne fallait en manger qu'un quart chacun, etc.

Conformiste : le plus dingue, c'est que dans cette affaire de maris obsédés par le sexe à qui leurs gentilles femmes donnent quartier libre pour une semaine, le plus probable arrive à coup sûr. Bien sûr les maris n'avaient "que la gueule", les femmes quant à elles vont peut-être bien profiter de la situation, alors qu'au final, attention, suspense, au final ... la fidélité, c'est quand même cool !

Le plus instructif dans le film c'est de constater qu'Owen Wilson ressemble autant à Woody Allen que dans Minuit à Paris ! Incroyable ! Il faut le voir piquer sa petite crise d'hypocondriaque : "j'ai des moisissures dans l'oreille, qui peuvent me redescendre dans la gorge".

Le titre original, Hall pass, se traduit par Passe-droit, alors qu'est ce que c'est que ce titre idiot et graveleux qui renvoie plus à l'imprimerie qu'à autre chose ? Et pourquoi mettre des majuscules et des points entre parenthèses ? Mieux aurait valu : le zizi sexuel US, ou american slip 1.

Dans ce film les Farrelly se révèlent bons à rien, plutôt que bons à tirer.

 

1e

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Source code

Jake Gyllenhaal. SNDDuncan Jones s'est fait remarquer par son remarquable premier film Moon, qui, bien qu'imparfait,et non distribué en salle, possédait une charge poétique non négligeable et un scénario remarquable.

Intégrant brutalement le champ hollywoodien avec Source code, il perd en route ce qui faisait la spécificité de Moon : cette sorte de distance élégante et mystérieuse.

Pourtant le film commence bien. D'abord de très belles vues aérienne de Chicago et d'un train qui fonce à toute allure, puis une scène dans laquelle un homme se réveille dans la peau d'un autre jusqu'au moment où une bombe explose, 8 minutes après. En réalité, l'homme est quasi-mort et l'armée lui fait vivre tout cela via quelques électrodes judicieusement implantées dans son cerveau, pour retrouver le terroriste.

Il y a du Matrix là-dedans et un peu d'Inception aussi, le verbiage poseur de Nolan en moins.

Malheureusement le film se dérègle progressivement. L'intérêt de revivre x fois la même séquence pour essayer de trouver le coupable se délite rapidement alors que ce principe (condamné à errer l'éternité dans les mêmes 8 minutes si on ne parvient pas résoudre le problème !) aurait pu ouvrir sur des vertiges métaphysiques sans fond.

Quant à la fin, elle vire au happy end ridicule et laisse un arrière-goût d'inachevé dans la bouche, même si elle permet d'admirer le magnifique cloud gate d'Anish Kapoor.

Elève Duncan Jones : recalé. Devra se représenter pour un nouvel examen.

 

2e

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Minuit à Paris

Owen Wilson & Rachel McAdams. Mars DistributionOuverture de Cannes 2011. J'étais à Paris et quand je suis sorti de la projection du dernier Woody Allen, il était minuit .... à Paris.

Le lendemain, alors que mon article prenait forme dans mon petit cerveau, me voilà dans les jardins du Palais Royal vers 11h45, sous un soleil printanier, et je vois une boutique de boîtes à musique (oui, je confirme, un magasin qui ne vend que des boîtes à musique) qui ressemble à une carte postale. Plus loin, dans la galerie latérale,  des boutiques de créateurs de mode (la petite robe JP Gaultier 1300 € et son bondage 300 €) dans lesquelles de jeunes femmes qui pourraient être dans le film d'Allen essayent des impers vert pomme et des chaussures avec des talons qui font 17 centimètres. Bref, la vision de Paris qu'Allen propose dans son film se matérialisait sous mes yeux.

Du film je préfère ne pas dire grand-chose. Sous l'angle d'une analyse basique, ça ne vaut pas grand-chose. Le début est inquiétant, voir catastrophique (une succession de clichés insupportables, sur Paris d'abord, puis sur le style de Woody, à travers des scènes qu'on a l'impression d'avoir vu 1000 fois chez lui). Au deuxième degré, et en considérant que Woody se met en roue libre, le film dégage un certain charme, mais je le dis un peu à contre-coeur, tellement il regorge a priori de facilités et de nonchalance.

J'ai eu cette impression bizarre : que Woody nous parle déjà d'outre-tombe et que ces failles temporelles valaient pour lui-même. N'a t'il pas déclaré au Monde qu'il regrettait de ne pas être resté à Paris quand il y était ?

Petit complément sur les acteurs :

- Carla Bruni est affligeante : elle annone son texte en regardant le bout de ses pieds.
- Adrien Brody est excellentissime en Dali
- les autres personnages "historiques" sont très inégaux (Hemingway pas mal, Picasso raté)
- Owen Wilson prend tous les tics du réalisateur avec un degré de mimétisme étonnant
- Léa Seydoux n'est absolument pas dirigée, ses répliques télescopent celles de son partenaire, c'est très curieux et un peu désagréable
- Marion Cotillard minaude dans le style qui lui est propre
- Gad Elmaleh a 3 plans dans le film, c'en est presque insultant
- Rachel McAdams confirme son statut de gourde transparente
- Michael Sheen fait un pédant potable


2e

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Rabbit hole

Rabbit hole parle du deuil d'un enfant et se heurte à un premier problème : des cinéastes de talent ont traité récemment du même sujet, et avec une autre réussite. Je pense entre autres à Moretti (La chambre du fils), Egoyan (De beaux lendemains), Arnold (Red road), les Dardenne (Le fils).

La succession est donc difficile.

Deuxième problème : l'acteur masculin, Aaron Eckhart. Tablettes de chocolat à la place des abdos, brushing impec, machoire carrée, oeil de cocker battu, il ressemble à s'y méprendre à Ken, le copain de Barbie, l'expressivité en moins. Dire qu'il est nul n'est qu'un pâle reflet de la réalité.

Troisième problème : un scénario convenu, conformiste, américain. Tous les poncifs nous sont donc servis sur le sujet : le tri des jouets, le pétage de plomb au supermarché, la thérapie de groupe genre Alcooliques Anonymes, la tentation d'aller promener la zigounette ailleurs après 8 mois d'abstinence (oh, et puis non, ce serait trop con !), soyons fous, tapons nous un petit joint sur le parking, et à la fin tout le monde se réconcilia autour d'un so american way of life BARBECUE...

Tout cela est tellement sirupeux et insignifiant à la fois - comme du sirop d'érable qu'on aurait oublié au soleil sur une table de pique-nique - qu'on en vient à souhaiter QUE TOUT LE MONDE TUE TOUT LE MONDE, et sur une musique de heavy metal, qui plus est.

Bref.

Celle qui sauve (un peu) le film est Nicole Kidman. Une actrice botoxée que je déteste (elle a épousé le nain scientologue) et que je respecte à la fois (elle l'a quitté). D'habitude, sa façon de jouer cul et bouche serrés m'horripile, mais là, et ça me fait mal de le dire, elle n'est pas trop mal.

C'est elle qui m'empêche de descendre le film complètement et de lui infliger la plus basse note possible.

 

2e

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Pina

Les Films du LosangeSuite à d'amicales pressions de connaissances et de blogueurs réputés ayant plutôt bon goût (ils se reconnaîtront), je me suis hélas décidé à aller voir Pina.

Il faut dire que Les rêves dansants m'avaient enthousiasmés, tout en me familiarisant avec l'univers de Pina Bausch. Malheureusement, autant ce dernier film arrivait à être plus que ce qu'il montrait (au-delà de la chorégraphie il donnait une leçon de vie), autant Pina parvient à être moins que la somme de ce qu'il donne à voir. En d'autres termes, il me fait regretter de ne jamais avoir vu un spectacle de Pina Bausch en vrai, alors que Les rêves dansants me donnait le plaisir de ressentir ce qu'était un spectacle de Pina Bausch, même sans en avoir vu un.

Je ne sais à quoi tient ce sentiment, mais j'ai quelque idée :
- la 3D est pour le coup assez impressionnante (une fois n'est pas coutume), mais presque trop : par moment des effets de brillances donnent l'impression de "trous" dans l'image, l'effet général étant d'assister à une projection d'une sorte de Godzilla post-moderne dans un drive-in cheap de Wuppertal
- les déclarations de vénération de chaque danseur face caméra sont de trop (Pina voyait à travers nous, Pina savait des choses qu'on ne savait pas, Je n'ai toujours connu que Pina, avant de connaître Pina j'étais introverti et peu sûr de moi) : le Tanztheater finit par ressembler à une secte
- les choix de mise en scène sont parfois lourds et peu élégants
- l'idée de faire évoluer les danseurs dans des décors extérieurs donnent des résultats très disparates en qualité

Bref, on a envie de dire à Wenders : ne nous emmerde pas avec ton ego de réalisateur et montre nous les choses un peu plus simplement ! Il y a suffisamment de génie dans la danse de Pina Bausch pour éviter un gros plan sur un tissu rouge !

Filmer un tableau de Picasso en multipliant les effets de manche (gros plan sur l'oeil du minotaure, zoom arrière sur la tâche de rouge en bas à droite, interview de l'encadreur) ne rend pas plus sensible le génie de Picasso.

 

2e

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Animal kingdom

ARP SélectionJ'attendais beaucoup du film australien Animal kingdom. Le pitch était intrigant : une famille de malfrats australiens violents et cruels, et un drame shakespearien mêlant apprentissage et trahison...

Malheureusement, le résultat est passablement raté. La faute d'abord à l'acteur principal James Frecheville, qui joue le jeune neveu intégrant sans vraiment le vouloir le gang des oncles. Son jeu a l'expressivité d'une brique. Et même d'une brique immobile, car une brique lancée, ou transportée en brouette, manifesterait probablement plus de sentiments que notre ami James, mutique, acnéique, et dont la largeur du cou semble inversement proportionnelle au talent.

La mise en scène est maniérée (du genre à mettre des ralentis quand la tension est à son comble), et la bande-son du film procure la même sensation qu'une colonne de fourmis en procession vers votre cerveau à travers votre conduit auditif. Le scénario enfin est cousu de fil blanc, il en devient risible sur la fin : après une ellipse gigantesque, le dénouement prévisible arrive... par surprise.

Regardez la photo ci-dessus : le film ne se prend pas pour de la m...e, et n'hésite pas à singer le Tintoret ou Véronèse... les Sopranos avaient osé le même type d'image, mais eux pouvaient se le permettre. Faites circuler les kangourous, il n'y a rien à voir.

 

1e

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Scream 4

Courteney Cox, David Arquette et Neve Campbell. SNDJe garde un vague souvenir, plutôt bon, du premier Scream. L'équilibre entre peur et second degré était à l'époque assez nouveau. Puis je n'ai pas vu les deux opus suivants.

Pour ceux qui ne sont pas des fans, comme moi, le film apparaitra comme un navet. Il ne fait ni frissonner, ni rire.

Les scènes avec le tueur sont répétitives et dénotent d'un immense manque d'inspiration que Wes Craven essaie de justifier par une ultime pirouette : le film serait un film sur des tueurs s'ingéniant à copier le premier Scream et le remake doit respecter l'original.

Ce qui se veut drôle est pitoyable. Les acteurs sont nuls, le scénario est écrit avec les pieds.
Les personnages sont tellement bêtes qu'on a envie de les trucider tous soi-même en une demi-heure, et de rentrer se coucher.

Une soirée de perdue.

 

1e

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Essential killing

Essential killing est un concept film. Autant le savoir avant d'y aller, sinon l'atterrissage risque d'être brutal, un peu comme pour celui qui irait voir Enter the void ou Le guerrier silencieux sans avertissement.

Vincent Gallo joue un taliban arrêté dans son pays, transféré dans un pays d'Europe de l'Est (la Pologne ?), et qui s'évade à l'occasion d'un accident.

Il ne dit pas un mot durant tout le film, erre dans la neige, et lorsqu'il rencontre une fermière isolée (Emmanuelle Seigner en fermière isolée !), cette dernière est muette, ce qui tombe bien.

Que fait le fugitif ? Il cherche à manger (poisson cru, écorce d'arbre, fourmis, sein d'une cycliste qui allaite). Il fuit (beaux paysages enneigés). Il tue, sans qu'on puisse d'ailleurs y voir autre chose qu'un malheureux concours de circonstances (un bûcheron à la tronçonneuse, des poursuivants, des automobilistes). Il se rappelle (flash-backs ensoleillés et un tantinet caricaturaux de son pays : moutons, femme voilée, appel à la prière). Dans le dernier plan, ne reste plus qu'un cheval, on supposera que notre héros est mort.

C'est minimal et parfois très beau. Gallo est effectivement halluciné (on le serait pour moins que ça). Le film ne tient debout que grâce à une photographie magnifique et une belle mise en scène. Après un début tonitruant (quelles scènes d'hélicoptère !), j'ai trouvé que le film s'étiolait progressivement, cédant au passage à quelques facilités scénaristiques.
 

2e

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Titeuf, le film (3D)

Pathé DistributionMouais bof, un rapide mot pour acter le fait que j'ai été voir ce truc avec ma fille de 8 ans.

D'abord, le film n'a de 3D que le nom. En fait de 3D il s'agit de plans en 2D qui se superposent, comment dire ? Comme des marionnettes thaïlandaises sur plusieurs plans. Ouais c'est ça : de la 2D en mille-feuilles, bref l'arnaque totale. Il faudra quand même un jour dire : "Stop à la 3D prétexte à majorer le tarif d'entrée".

Voilà.

Autre chose ? Ah oui, la bonne surprise c'est qu'il y a un semblant de scénario, pas trop nunuche, et qui peut se lire à plusieurs niveaux. Pour le reste, c'est difficile à décrire : si vous connaissez Titeuf, vous serez peut-être déçu, si non, vous serez au mieux intrigué, au pire indifférent.

A noter toutefois une apparition assez réussie de Johnny en vieux rockeur fringant et fatigué, et quelques jeux de déformation de mots amusants. Un spectacle honorable, qui finalement se révèle être un petit peu Le Petit Nicolas d'aujourd'hui, le pipi-caca-zizi-sexuel en plus.

2e

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Shaun of the dead

Mars DistributionSuite à un échange de DVD avec pierreAfeu et heavenlycreature (une pratique qu'on pourrait d'ailleurs généraliser entre blogueurs de confiance), je peaufine ma connaissance des performances du duo anglais Simon Pegg / Nick Frost.

Autant leur découverte dans le récent Paul m'a finalement convaincu, autant j'ai trouvé Shaun of the dead assez décevant. Le film semble en effet beaucoup plus cheap, moins riche en référence et en subtilités, que Paul. Les zombies sont ici vraiment pitoyables, et les effets spéciaux sont (volontairement ?) bien ringards, de telle façon qu'on n'a jamais vraiment peur.

Je n'ai donc pas réellement accroché, même si un certain second degré est effectivement présent et que l'exercice est britannique en diable, ce qui lui assure une note minimale de **. Prochaine étape : Hot fuzz.

 

2e

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Jimmy Rivière

Guillaume Gouix. Pyramide DistributionJimmy Rivière est un film sympathique qu'on aimerait conseiller.

D'abord, ce n'est pas tous les jours qu'un film prend pour cadre le monde des gens du voyage. De plus, son réalisateur Teddy Lussi-Modeste est lui-même issu de cette communauté.

Ensuite l'acteur principal, Guillaume Gouix (vu dans l'excellent Poupoupidou), est vraiment étonnant, et il faudra suivre sa carrière attentivement. Enfin, le scénario est co-signé par Rebecca Zlotowski, qui a montré son savoir-faire dans son premier film : Belle épine.

Malheureusement, le film ne décolle pas vraiment par la faute de plusieurs imperfections notables. Certains dialogues sont vraiment démonstratifs, voire carrément neuneu (la scène à la fenêtre, sorte de balcon à la Roméo et Juliette, cheap et ampoulé). La description de la communauté paraît bien artificielle (comparée à l'aspect hyper-réaliste de La BM du seigneur) et les scènes de boxe thaï sont ridicules (comparées aux combats de Fighter).

A part Guillaume Gouix et le pasteur, le reste de la distribution est peu convaincante. Hafsia Herzi n'est pas à l'aise, elle peine décidément à confirmer. Quant à Béatrice Dalle en manager de boxe, elle est aussi crédible que ne le serait Vanessa Paradis en ouvrière spécialisée. La réalisation enfin est faite de trucs et astuces sans liens entre eux, elle tâtonne sans trouver son style.

Au final, on ne sait pas trop quoi penser du film qui présente à la fois quelques promesses (la superbe scène d'ouverture par exemple), et des faiblesses très importantes.

 

1e

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L'étrange affaire Angélica

Pilar López de Ayala. Epicentre FilmsManoel de Oliveira est né le 11 décembre 1908. Imaginez : il avait 37 ans à la fin de la deuxième guerre mondiale !

Ces dernières années, il réalise un film par an.

Maintenant voyons si vous êtes pessimiste ou optimiste, suivant la première idée qui vous passe par l'esprit :

- très pessimiste : à ce rythme là, il nous reste 29 Lelouch à supporter (brrr...)

- pessimiste : 22 Eastwood

- optimiste : 65 Fatih Akin (yes !)

- très optimiste : 61 Aronofsky

Le problème, c'est de rester vivant pour voir tous ces films...

Bon, à part ça, je ne m'explique pas trop l'engouement de certaines critiques pour L'étrange affaire Angélica, présenté à Cannes 2010 (film du mois pour les Cahiers, quand même). L'histoire tient sur un billet de métro : un jeune photographe tombe amoureux d'un jeune fille morte qui lui sourit alors qu'il prend en photo son cadavre. C'est mimi, mais ça ne fait pas un film. Surtout que Manoel, à 103 ans, ne fait évidemment plus trop bouger sa caméra. Donc, c'est très lent, assez théâtral et démonstratif, ennuyeux. J'ai trouvé les rêves particulièrement moches et il faut que le critique des Cahiers s'envole vers des comparaisons hasardeuses et stratosphériques (Chagall !) pour trouver matière à défendre le film.

Je ne peux pas réellement dire que c'est nul, parce qu'on sent bien qu'il y a un grand réalisateur derrière la caméra, mais je ne conseillerais pas le film à des amis (sauf peut-être s'ils sont simultanément insomniaques et lusophones). 


1e

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Les femmes du 6e étage

Fabrice Luchini & Sandrine Kiberlain. SNDAu premier abord, on pourrait trouver un intérêt à ce film.

 

Une mise en scène assez élégante, un montage nerveux, des acteurs qui donnent le meilleur d'eux-mêmes sans se caricaturer. Bref, un moment de plaisir sans conséquences, pour un dimanche soir pluvieux par exemple.

 

Et puis, le temps passant, on se rend compte que Les femmes du 6e étage, outre le fait de véhiculer des stéréotypes assez affligeants, voire dérangeants (sur les femmes, sur les espagnols....), est bâti sur un scénario particulièrement outrancier, ce qui apparaît pleinement dans la deuxième partie du film.

En effet, difficile de dire que les scènes de sexe avec Luchini soient enthousiasmantes - et mêmes crédibles (!!). Quant à la fin du film en Espagne, elle est d'un ridicule consommé.

 

C'est donc en ultime analyse assez mauvais dans son inconséquence, bien que regardable dans sa première partie, grâce au jeu tout en nuance de Luchini, qui campe un "adulte dans lequel un grand gamin sensible sommeille" assez crédible.

 

1e



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