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Christoblog

Festival Ojo Loco 2021

Le cinéma ibérique et latino-américain est célébré en France dans de nombreux festivals, dont ceux de Toulouse (Cinélatino et Cinespaña), Biarritz et Nantes. Ojo Loco propose lui aussi chaque année à Grenoble une programmation attractive de films latino-américains, et à la marge, espagnols.

Cette année, Ojo Loco se déroulera du 18 au 30 mai en ligne à un tarif particulièrement intéressant (8 euros pour voir tous les films). Tous les renseignements sur le site du Festival.

Le festival ayant eu la gentillesse de m'accréditer, je vous donnerai mon avis sur un certain nombre de films présentés.

Dans la section documentaire je vous conseille pour commencer El agente topo (4/5), connu à l'international sous le nom de The mole agent. Ce film chilien est une docufiction à la fois amusante et émouvante. Un homme de 83 ans est embauché pour "infiltrer" une maison de retraite afin de vérifier si une résidente fait l'objet de mauvais traitement, à la demande de sa fille. En réalité, ce prétexte est surtout l'occasion de dresser un tableau sensible de la vie des résidentes, et de leur solitude. Le film représentait le Chili pour les Oscars, et il a été présenté à Sundance et Berlin.

Le film d'ouverture du Festival, Mama, mama, mama (2/5), de Sol Berruezo Pichon-Rivère, est un premier film argentin qui remporte un franc succès partout il est présenté, à commencer par la Berlinale 2020. Il s'agit d'un film de femmes (toute l'équipe du film est féminine, à deux seconds rôles près), qui raconte en une heure l'histoire d'une petite fille qui vient de perdre sa petite soeur et est entourée de nombreuses cousines. Certains y voit un cousinage avec la Sofia Coppola de Virgin suicides, j'ai pour ma part pensé au mélange de délicatesse et d'afféteries grossières qui pour moi caractérise le cinéma d'Alice Rochwacher (Les merveilles). Je n'ai pas vraiment accroché à cette chronique, certes homogène stylistiquement, mais que j'ai trouvé vaguement insipide, et pour tout dire, assez inconsistante.  

Dans la sélection fiction, vous pourrez également découvrir avec plaisir Lina de Lima (3/5) de la chilienne Maria Paz Gonzalez. On suit le quotidien solitaire d'une émigrée péruvienne au Chili. Le film est rythmé par de curieuses rêveries sous forme de comédie musicale kitsch. D'une situation tristounette déjà explorée mille fois, la délicatesse du film parvient à faire un joli moment, magnifiquement servi par la grande actrice péruvienne Magaly Solier (inoubliable interprète de Fausta).   

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Night in paradise

Disponible sur Netflix, ce film coréen est un polar ultra-stylisé. Son réalisateur, Park Hoon-Jung, est principalement connu pour être le scénariste du très surestimé J'ai rencontré le diable.

Night in paradise oscille continuellement entre une violence typiquement coréenne à la limite du sadisme, et la chronique d'une triste romance entre deux êtres condamnés à mourir.

D'un côté un jeune truand dont on a tué la soeur et qui s'est vengé en agressant un boss de la pègre, de l'autre une jeune fille atteinte d'une maladie incurable. Ces deux-là vont se rapprocher dans l'atmosphère élégiaque de l'île de Jeju, au fil de scènes marquées par l'omniprésence de la mort.

Tout cela n'est pas follement joyeux, on en conviendra, mais n'est pas non plus bouleversant. On est ballotté entre le grand-guignol des scènes de violences (lors desquelles un homme peut se relever après avoir été tabassé à mort et reçu dix coups de couteau) et le charme éthéré et peu amène de l'excellent duo Eom Tae-Go (lui) / Jeon Yeo-Bin (elle).

Je ne peux pas dire que j'ai vraiment apprécié cet exercice de style un peu tape-à-l'oeil, qui a pourtant eu l'honneur d'une sélection à Venise. A réservé donc aux fans de polars coréens.

 

2e

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Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary

Beaucoup de qualité pour ce très joli film d'animation qui confirme l'excellence de la France dans ce domaine.

Le sujet est plaisant : il s'agit de montrer l'enfance de la célèbre Calamity Jane, et à travers ce prétexte, de donner à voir le monde de l'Ouest américain à travers un nouveau prisme, plus doux et plus poétique que dans les westerns traditionnels. On ne sait pas grand-chose de l'enfance de la future aventurière, ce qui permet aux scénaristes d'imaginer de belles aventures et une galerie de personnages attachants.

Le film de Rémi Chayé brille d'abord par son scénario. L'histoire est brillamment menée, pleine de rebondissements qui plairont aussi bien aux petits qu'aux grands. On éprouve un plaisir simple à suivre les mésaventures de cette petite fille féministe avant l'heure, toujours déterminée et se sortant des situations les plus désespérées avec un grand talent (et un peu de chance).

Les personnages sont typés sans être caricaturaux, les péripéties nombreuses et variées. On sent vraiment l'appel de l'Ouest dans ce convoi de charriots qui se dirige vers l'Oregon, et cela est dû en particulier aux paysages magnifiques et aux couleurs choisies, tout à fait étonnantes, et qui forment de véritables tableaux chatoyants. 

Calamity est donc une véritable réussite, tant sur la forme que sur le fond. Calamity, Une enfance de Martha Jane Cannary ressort dans les salles de cinéma françaises le 19 mai 2021 : profitez en famille !

Cette critique a été réalisée dans le cadre de l'opération DVDtrafic. Le film est disponible en DVD, Bluray et VOD depuis le 7 avril, chez Universal (FB, Twitter). Calamity, Une enfance de Martha Jane Cannary est bien parti pour intégrer le classement des plus grands dessins animés. Pourra-t-il même se placer parmi les films historiquement les plus aimés par les spectateurs ?

 

2e

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Quelques films que vous verrez en 2021

J'ai eu la chance de voir quelques films lors d'avant-première ou dans des festivals, qui devraient sortir en 2021. Les voici classés par ordre de préférence décroissant :

 

La voix d'Aida 4e de Jasmila Zbanic / date de sortie inconnue (Condor)

Un film coup de poing sur le massacre de Srebrenica, dans lequel la violence, si elle continuellement hors champ, n'en est pas moins insoutenable. Le film rafle des prix partout là où il est montré, et sera selon moi une des sensations de 2021.

Jasmila Zbanic, dont un des films précédents m'avait déjà beaucoup plu (Le choix de Luna,) s'affirme ici comme une des valeurs montantes du cinéma européen.

 

My tender matador 4e de Rodrigo Sepulveda / date de sortie inconnue (pas de distributeur en France pour l'instant)

Je prie pour que ce film magnifique sorte en France. La performance de l'immense acteur Alfredo Castro y est incroyable. La réalisation est somptueuse dans toutes ses composantes et l'histoire passionnante. Un must du cinéma sud-américain contemporain.

 

Slalom 3e de Charlène Favier / sortie le 19 mai / lire ma critique complète

Pas forcément très original dans son déroulement, ce premier film frappe par la cohérence de son projet artistique et la formidable interprétation du duo Jérémie Renier / Noée Abita (l'inoubliable interprète d'Ava). 

 

Aline 3e de Valérie Lemercier / sortie le 10 novembre / lire ma critique complète

Une friandise à déguster au premier degré, même si on n'est pas fan de Céline Dion. Valérie Lemercier y est formidable ainsi que sa doublure voix, Victoria Sio. Le casting québécois apporte une sacrée dose de bonne humeur à ce divertissement de qualité.

 

Vaurien 3e de Peter Dourountzis / sortie le 9 juin

Un premier film imparfait, ambigu et déstabilisant, marqué par le charisme magnétique de Pierre Deladonchamps et le retour solaire d'une Ophélie Bau (Mektoub my love) plus rayonnante que jamais.

 

L'affaire collective 3e d'Alexander Nanau / sortie le 15 septembre

Si je vous dis qu'il s'agit d'un documentaire sur un scandale d'état lié à la corruption et à l'incurie de l'état roumain, vous n'aurez peut-être pas envie d'aller voir ce film. Et vous aurez tort, car il est captivant comme une fiction et dispense sa dose d'émotions en tout genre. Le film était dans le dernier carré pour l'Oscar du meilleur film étranger, et il le méritait.

 

Je voulais me cacher 3e de Giorgio Diritti / sortie le 7 juillet

Un biopic passionnant sur la vie du peintre "naïf" italien Antonio Lingabue, réalisé dans un style romanesque comme on n'en voit plus beaucoup, et qui traverse avec brio des décennies d'histoire italienne. La performance de l'acteur Elio Germano est phénoménale.

 

Teddy 3e de Ludovic et Zoran Boukherma / sortie le 2 juin / lire ma critique complète

Difficile de décrire cette nouvelle manifestation du renouveau du film de genre à la française : un mélange de P'tit quinquin à la sauce pyrénéenne et de John Carpenter, peut-être. Le ton trouvé par les frères Boukerma (encore une fratrie !) est en tout cas frais et résolument novateur.

 

After love 3e de Aleem Khan / date de sortie inconnue (Rezo)

Encore un premier film, cette fois-ci anglais. Sur le thème rebattu de la veuve qui découvre la double vie de son défunt mari, After love propose une variation de part et d'autre du channel, pleine de délicatesse. Un très joli film.

 

The mole agent 3e de Maite Alberdi / date de sortie inconnue (pas de distributeur en France pour l'instant)

Ce film chilien est une sorte de docufiction à la fois amusante et émouvante. Elle simule l'introduction d'un espion amateur de 83 ans dans une maison de retraite, pour finalement dresser un tableau émouvant de la vie de ses pensionnaires. Présenté entre autre à Berlin et Sundance, représentant du Chili dans la course aux Oscars et dans la short list finale de 15 films pour l'Oscar du meilleur film étranger, il faudra voir ce joli film si un distributeur français a la bonne idée de s'en occuper.

 

Nouvel ordre 2e de Michel Franco / date de sortie inconnue (Ad vitam)

Sûrement le film le plus ambitieux du sulfureux réalisateur mexicain, qui a reçu un accueil critique plutôt chaleureux à Venise. La première partie est délicieuse, la deuxième verse dans les défauts habituels de Franco (sadisme gratuit, perte de sens), mais l'ensemble est de bonne tenue.

 

Mon année à New-York 2e de Philippe Falardeau / date de sortie inconnue (Metropolitan)

Sorte de feel-good movie d'initiation placé sous l'ombre tutélaire de Salinger (et de Sigourney Weaver, toujours excellente), ce film plaisant est un écrin pour la jeune et prometteuse Margaret Qualley, que vous avez peut-être remarqué dans le dernier Tarantino.

 

Shorta 2e de Anders Olholm et Frederick Louis Hviid / sortie le 23 mai

Ce thriller danois de bonne facture commence comme Les Misérables finit, et ressemble à un long épisode de 24h chrono en banlieue. Le film ne manque pas de grosses ficelles, mais le tout reste bien arrimé.

 

First cow 2e de Kelly Reichardt / sortie le 27 octobre

Le film n'a pas eu de distributeur pendant longtemps mais la cote de l'américaine est telle (16 pages dans les Cahiers du Cinéma de janvier 2021 !) que cela ne pouvait pas durer. C'est finalement Condor qui s'y colle. Peut-être le film le plus accessible de Reichardt (lisez : le moins ennuyeux).

 

La nuée 2e de Just Philippot / sortie le 16 juin

Sensation du festival de Gérardmer, ce film d'horreur classique mettant en scène de méchantes bestioles est en fait une chronique sociale. On y suit une jeune agricultrice en difficulté qui sombre dans la folie, alors que ses sauterelles se découvrent un goût pour le sang. A ne pas voir si on est entomophobe !

 

L'origine du monde 2e de Laurent Lafitte / sortie le 15 septembre / lire ma critique complète

Cette adaptation d'une pièce de Sébastien Thierry devait être une comédie phare de 2020. Je n'ai pas été séduit par le mélange des genres que propose Laurent Lafitte, ni par l'humour du film, faussement méchant et curieusement distancié. Un film qui prend le spectateur de haut.

 

Irma 2e de Vinicius Lopes et Luciana Mazeto  / sortie le 7 juillet /  lire ma critique complète

Un film dans la mouvance d'un cinéma brésilien décomplexé dont la locomotive serait Kleber Mendonca Filho, et qui lorgnerait vers un certain cinéma d'auteur abscons, à l'européenne. Il y a des idées, mais la pauvreté des moyens employés et l'absence de souffle rendent le film légèrement ennuyeux.

 

Gaza mon amour  2e de Arab et Tarzan Nasser / sortie le 6 octobre

Une production auteuriste typique de ce qu'on peut appeler le cinéma "de festival", propre sur lui, usant un concept jusqu'à la corde, soporifique et joli à regarder. Son intérêt principal est d'être tourné à Gaza, et la grande Hiam Abbass y fait à peine le service minimum.

 

Apples 2e de Christos Nikou / sortie le 26 janvier 2022

Le réalisateur a été assistant de Yorgos Lanthimos et on retrouve ici le goût de ce dernier pour un extrême formalisme, les situations tordues et la méchanceté froide. Hélas, il manque le talent décapant de l'auteur de The lobster pour donner à ce film grisâtre un véritable intérêt.

 

Cigare au miel 1e de Kamir Aïnouz / date de sortie inconnue (Paname)

Une déception. Cette chronique de l'émancipation sexuelle d'une jeune parisienne d'origine algérienne a tout pour réussir sur le papier, mais rien n'y fonctionne et on s'y ennuie ferme. Kamir Aïnouz veut trop en dire, et son film est un collage hétéroclite de sujets rebattus et mal traités.

 

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Unorthodox

Voici un nouvel exemple de la "fausse bonne série" à la Netflix, qui rejoint une catégorie déjà bien fournie.

Résumons le schéma.

Le début est très prenant, intrigant, intéressant. On pénètre dans le milieu des juifs orthodoxes de New-York. Notre curiosité est piquée et on découvre, pour peu qu'on soit novice dans le domaine, les schtreimels, les mikvés et autres mezouzas. L'actrice qui joue la jeune fille en voie d'émancipation (Shira Haas) est magnétique. On mesure parfaitement l'incroyable pression qu'exerce la religion sur le corps et l'esprit des femmes.

Après ce bon début, la série flotte un peu en fin de premier épisode et au début du deuxième. De captivante, l'intrigue passe à intéressante lorsque l'action se déplace à Berlin. Les personnages virent doucement à la caricature, les effets de surprise s'estompent et l'intérêt faiblit.

La série s'enlise ensuite dans une longue phase de désintérêt croissant (du milieu du deuxième épisode à la fin), lors de laquelle ses défauts s'aggravent : péripéties de plus en plus téléphonées, manque cruel d'imagination (les personnages tournent en rond en attendant l'audition), invraisemblances éhontées (être acceptée sans aucune référence pour une audition de cette importance, entrer dans une boîte de nuit habillé en Juif orthodoxe en grillant la queue), seconds rôles diaphanes (la mère), stéréotypes en tout genre (qu'ils sont gentils et accueillants ces allemands, les filles prêtent même leur rouge à lèvre dans les toilettes), angélisme sirupeux (ce dernier plan du groupe de beaux gosses plein de diversité qui ouvrent une nouvelle vie). 

Comme ici la série ne compte que quatre épisodes, on va quand même jusqu'au bout, pour assister à une fin ratée, dans laquelle chaque personnage pousse le curseur de ses caractéristiques binaires au maximum, alors que le dernier plan offre une happy end typiquement netflixienne.

Bref, loin de la réussite annoncée ici ou là, Unorthodox est surtout intéressante par son aspect documentaire.

 

2e

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Slalom

Sortie le 19 mai

Le sujet de Slalom, que je ne dévoilerai pas frontalement mais que vous connaissez probablement, est parfaitement en résonance avec l'actualité. D'une certaine façon, je craignais même qu'il le soit trop, et que le film se contente de flirter sur une thématique dont les journaux sont remplis depuis trois ans.

En réalité, le film de Charlène Favier évite cet écueil du faux documentaire, principalement grâce aux deux interprètes principaux.

L'interprétation de Noée Abita (l'inoubliable interprète du film Ava) est formidable de fraîcheur et de subtilité. Elle parvient avec une grande maestria à jongler avec deux facettes : la petite fille blessée et l'ado crâneuse, avant d'en faire éclore une troisième dans la sublime dernière scène, la jeune femme pleine d'espoir. 

Jérémy Renier est également incroyable : c'est le seul acteur qui peut jouer un tel salaud sans se faire absolument détester. Tour à tour, séduisant, ignoble, tenté et tentateur, agresseur et même parfois victime quand une ombre de culpabilité passe dans ses yeux.

On suit l'intrigue avec un grand plaisir, car elle dissèque avec une grande finesse le mécanisme de l'emprise dans le milieu de la haute compétition, et même s'il faut reconnaître que le cheminement du film est à la fois très linéaire et très balisé. Ce plaisir nait aussi en partie de la façon dont la montagne est filmée. Le paysage est un véritable personnage, comme je ne l'ai jamais vu dans un film français.

Un très joli film.

 

3e

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Bir Başkadır

A force d'entendre du bien de cette série turque (qui est parfois connue sous le nom de Ethos, son titre en anglais), j'ai fini par la regarder, avec, je dois l'avouer, un oeil plutôt sceptique au début. Et, comme beaucoup d'autres, je vais maintenant chaudement la recommander à mon tour.

Parmi les nombreuses qualités qu'ont peut attribuer à ces huit épisodes très prenants, j'en vois trois principales.

Tout d'abord, la construction de Bir Başkadır est très originale, et je ne lui vois pas d'équivalent dans aucune autre série, sauf peut-être dans The wire (Sur écoute) : une absence de véritable intrigue, un récit qui semble suivre les personnages au hasard, qui introduit en pratique un nouvel entrant à chaque épisode, une absence relative de résolution finale. C'est de ce point de vue, une réussite totale : le sentiment de la vie, du destin et du hasard irrigue le récit.

Le deuxième grand intérêt de cette série est évidemment la plongée en apnée dans la Turquie contemporaine. Les différents milieux sont parfaitement scrutés, et la façon dont les sujets qui fâchent sont subtilement abordés (la place de la femme, celle de la religion) ne peut qu'entraîner notre adhésion et concomitamment le réprobation du gouvernement Erdogan. Dans ses parties rurales, magnifiquement filmées, des relents de Nuri Bilge Ceylan viennent nous chatouiller les yeux, et ceux qui me connaissent apprécieront la hauteur du compliment.

Enfin, les actrices et acteurs brillent de mille feux. Rarement j'aurai autant vu une actrice imprimer l'écran comme Öykü Karayel, absolument sublime.  Les hommes sont moins aimables mais leur prestation est impressionnante, à l'image de Fatih Artman, qui jour le personnage de Yasin, et qui, bien qu'on ait envie de le baffer en permanence, est formidable.

Il subsiste bien ici ou là quelques partis-pris un peu datés dans la mise en scène (ces zooms immenses à l'échelle d'une ville) et quelques baisses de rythme dans l'intensité, mais le résultat est tout de même très intéressant, et parfois d'une beauté ensorcelante.  

 

4e

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Concours De sang-froid : Gagnez 2 mediabook

A l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 2 exemplaires du mediabook du chef d'oeuvre de Richard Brooks, De sang-froid.

Un objet magnifique (DVD, Blu-ray, Livret) proposé par Wild Side.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : Quel est le titre original du film ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 8 mai 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite ce bel objet envoyé par le distributeur. NB : un des deux lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Merci pour le chocolat

Ce Chabrol commence très bien, installant un trouble diffus dont on peine à saisir l'essence, dans un style on ne peut plus hitchcockien.

J'ai été charmé par le jeu à la fois pesant et précis d'Isabelle Huppert, par la goujaterie élégante de Dutronc et la jeunesse éclatante d'Anna Mouglalis. La première partie du film laisse deviner de multiples interprétations possibles de la réalité, et tous les évènements peuvent signifier plusieurs choses.

Malheureusement, Merci pour le chocolat abandonne tout à coup son ambiguïté initiale pour finalement dévoiler le coeur de son intrigue. Sa légèreté froide et distinguée disparaît brutalement, et le film devient subitement plus lourd, didactique et pour tout dire moins intéressant. 

La mise en scène, au diapason de son scénario, évolue d'une sobre virtuosité (pas courante chez Chabrol qui ne se distingue pas habituellement par ses cadres et ses mouvements de caméra) à une démonstrativité qu'on aurait aimé éviter (à l'image de la dernière sortie nocturne en voiture, filmée et écrite avec des gants de boxe).

Un bon cru au total tout de même, notamment grâce à la performance d'Isabelle Huppert.

Claude Chabrol sur Christoblog : Bellamy - 2009 (*)

 

2e

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Les garçons sauvages

Le projet de Bertrand Mandico dans ce film est une sorte de manifeste : s'inspirer d'un tas de références prestigieuses et gentiment subversives (Herzog, Fassbinder), questionner la question du genre (attention spoiler : les personnages de garçons sont en fait joués par des filles), ériger le factice en parangon du bon goût et redonner au film d'aventure façon L'île au trésor un vernis à la foi mauvais genre et non genré.

Le résultat est un gloubi-boulga qui ne m'a pas convaincu. Le succédané de trame narrative n'assume pas ses manquements : il faut le génie d'un Weerasethakul pour que la magie intrinsèque de la nature sauvage prenne le pas sur les exigences de la fiction. Les différents épisodes s'enchaînent sans vraiment de continuité, et notre intérêt s'étiole petit à petit, la curiosité se trouvant rapidement vaincue par l'irritation que le côté hyper-formaliste du film nous impose.

Finalement, j'ai l'impression d'avoir assisté à un Koh-Lanta queer tourné en roue libre dans un décor de carton-pâte, à l'imagination chétive et au style ampoulé.

 

1e

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Concours Famille tu me hais : Gagnez 3 DVD (Terminé)

A l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 3 exemplaires du DVD du film de Gaël Morel, Famille tu me hais.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : Quelle est la durée du film ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 29 avril 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Succession

C'est sans nul doute une des toutes meilleures séries de ce début des années 2020, si ce n'est la meilleure. Elle a d'ailleurs gagné l'Emmy Award de meilleure série dramatique en 2020 puis 2022, succédant ainsi à Games of thrones,  Breaking bad et autres Mad men.

Conduite de main de maître par le britannique Jesse Amstrong, Succession est passionnante. On suit le destin d'un vieil homme à la tête d'un empire dans le domaine du divertissement, magnifiquement joué par Brian Cox, et de ces quatre enfants. Entre ces cinq là, il n'y a pas de cadeau, et la moralité est bien la dernière des préoccupations des protagonistes de Succession.

Les deux saisons disponibles pour l'instant égrènent une série assez incroyable de coups de théâtres, de trahisons, de promesses non tenues, de coups bas, et d'humiliations en tout genre. Comme les quatre enfants ont chacun leurs défauts et addictions diverses, on ne s'ennuie pas une seconde.

La mise en scène peut troubler légèrement au début de la première saison (rythme épileptique, cadrages alambiqués, effets de zoom bien visible), mais elle s'assagit vite, à moins qu'on ne s'y habitue.

L'évolution des personnages est un des grands points forts de la série. Jeremy Strong (Kendall) et Sarah Snook (Shiv) sortent du lot, parmi un casting haut de gamme d'une dizaine d'acteurs principaux tous formidables.

Outre la mise en scène captivante des manoeuvres financières qui se trament au plus haut niveau du monde des affaires US, Succession se distingue également par un génie du lieu que je n'ai trouvé dans aucune autre série : certains épisodes sont entièrement tournés dans un seul endroit spécifique, et chacun de ces épisodes laisse une trace mémorable dans l'esprit du spectateur (un yacht en mer Egée, une fête underground à New York, un hôtel de luxe dans une station de montagne, un mariage à Londres, une villa dans le désert, un week-end en Hongrie, une ville en Ecosse, un hôtel en Toscane pour le final éblouissant de la saison 4). 

Bref, encore un chef d'oeuvre produit par HBO, visible sur OCS.

A ne rater sous aucun prétexte.

 

4e

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Peppermint candy

Ce deuxième film de Lee Chang-Dong est un bijou.

Il commence comme une énigme : un jeune homme rejoint un groupe d'anciens amis qui pique-niquent au bord d'une rivière, avant d'adopter un comportement incohérent et de monter sur un pont de chemin de fer au moment où un train arrive. 

Le film va ensuite reculer dans le temps, exposant des scènes séparées à chaque fois par plusieurs années, et dévoilant ainsi progressivement ce qui a conduit le personnage de Yongho à agir comme il le fait.

Cette progression à rebours, qui avance dans l'éclaircissement à mesure qu'elle recule dans le temps (comme le train qui sépare chaque séance et avance alors qu'il recule, parce que la pellicule défile dans le mauvais sens) est une superbe trouvaille, utilisée la même année - curieuse coïncidence - par Irréversible. Elle donne une tonalité étrange au film, pesante et mystérieuse : tout semble la conséquence d'un évènement initial qui nous manque, mais dont on voit les multiples conséquences (la méchanceté de Yongho, les bonbons, la jambe abîmée).

Une ambiance teintée de douleur et d'une sourde nostalgie baigne l'ensemble du film, qui peut être parfois d'une grande brutalité, toute coréenne.

Comme toujours chez le grand Lee Chang-Dong, la mise en scène est souveraine et élégante. Le montage est d'une efficacité exemplaire, la narration d'une rare ampleur et la direction d'acteur incroyablement précise. C'est avec une grande admiration pour l'art du maître coréen que j'ai laissé ma curiosité progresser jusqu'aux derniers plans, d'une grande beauté.

Lee Chang Dong sur Christoblog : Secret Sunshine - 2007 (***) / Poetry - 2010 (***) / Burning - 2018 (****)

 

4e

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En thérapie

La série phénomène d'Arte, succès public lancé à grand renfort de publicité, me laisse perplexe.

Elle est certes agréable à regarder, son dispositif étant structurellement addictif. On a forcément envie de savoir ce qu'il y a de caché dans l'esprit des patients, et le travail du psy s'apparente finalement à celui de l'enquêteur. De plus, si une des histoires vous plait moins qu'une autre, ce n'est pas grave, les épisodes ne durent que 20 minutes.

Mais aujourd'hui, plus de trois semaines après l'avoir terminée, je me rends compte qu'il ne m'en reste pas vraiment de souvenirs marquants. L'histoire entre Frédéric Pierrot et Mélanie Thierry ne m'a pas passionné, pas plus que celle du couple joué par Pio Marmai et Clémence Poesy. Ce sont les personnage joués par Reda Kateb et Céleste Brunnquell qui sont les plus riches, même si leur développement n'est pas à mon sens convaincant sur toute la durée de la série. J'ai trouvé Carole Bouquet particulièrement mauvaise.

L'impression générale est donc celle d'une relative déception, d'un potentiel qui n'a pas réussi à se concrétiser complètement, ni par le scénario, ni par la mise en scène, ni par le jeu des acteurs.

Au final, une friandise de début de soirée qu'on peut savourer en pensant à autre chose.

 

2e

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Un baiser s'il vous plait

Dans la filmographie d'Emmanuel Mouret, Un baiser s'il vous plait marque un tournant important, qui confirme les infléchissements de son film précédent, Changement d'adresse. Après la fantaisie verbeuse et parfois presque burlesque de ses débuts, le réalisateur confirme ici son talent à aborder des thématiques plus graves. 

Ce film peut être vu comme un précurseur de Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait. On y trouve en effet une structure semblable de récits enchâssés les uns dans les autres à la façon des Mille et une nuits, la naissance de relations amoureuses nouées dans les confidences, une tonalité introspective et enfin des thématiques proches (par exemple : jusqu'où peut aller le sacrifice pour celui ou celle qu'on aime). 

Un baiser s'il vous plait est une comédie sentimentale à la fois légère et profonde, dialoguée magnifiquement, intrigante et séduisante. Pour la première fois Mouret s'appuie sur des acteurs et actrices de très haut niveau : Julie Gayet et Virginie Ledoyen sont excellentes.

Un bijou donc, peut-être plus fluide et aérien encore que ceux de Rohmer, qui questionne de façon originale la nature même de l'amour. Un film parfaitement hors mode, totalement anti conformiste, que je conseille comme la meilleure introduction possible au Mouret "première manière".

 

4e

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Concours : gagnez un DVD Capricci (Terminé)

Du 7 au 11 avril les DVD Capricci sont à 50 % : site Capricci.

Et vous le savez il n'y a que du bon au catalogue de Capricci : Hong Sang-Soo, Abel Ferrara, Hu Bo, Porumboiou, Ossang, Nolot, Bi Gan, et beaucoup d'autres...

Christoblog vous propose de gagner un de ces DVD. 

Pour ce faire :

- dites moi quel DVD du catalogue Capricci vous aimeriez, et pourquoi ?
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 11 avril minuit.
Celui ou celle qui m'aura envoyé la réponse la plus convaincante gagnera le DVD en question.
A vos claviers !
 

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Concours Un soupçon d'amour : Gagnez 3 DVD (Terminé)

A l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 3 exemplaires du DVD du film de Paul Vecchiali, Un soupçon d'amour.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : De quelle nationalité est l'actrice principale, Marianne Basler ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 17 avril 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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105 films à voir

4e 4e 4e 4e 4e 4e 4e 4e 4e 4e 4e 4e

Ci-dessous une liste de films qui ont obtenu la note maximale sur Christoblog. Il y a une seule entrée par réalisateur.

Un simple clic sur le titre vous amène à la critique du film sur Christoblog.

1 - Moonlight / Barry Jenkins - 2016 
2 - Ajami / Scandar Copti et Yaron Shani - 2010 
3 - Leviathan / Andrey Zvyagintsev  - 2014
5 - Toni Erdmann / Maren Ade - 2016 
6 - Whiplash / Damien Chazelle - 2014
7 - La vie d'Adèle / Abdellatif Kechiche - 2013
8 - Holy motors / Leos Carax - 2012
9 - Burning / Lee Chang-Dong - 2018 
10 - Les chansons d'amour / Christophe Honoré - 2007  
11 - Winter sleep / Nuri Bilge Ceylan - 2014
12 - Parasite / Bong Joon-Ho - 2019
13 - Portrait au crépuscule / Anguelina Nikolova - 2012 
14 - Une séparation / Asghar Farhadi - 2011 
15 - Mommy / Xavier Dolan - 2014 
16 - Bright star / Jane Campion - 2010 
17 - Boyhood / Richard Linklater - 2014 
18 - Fish Tank / Andrea Arnold - 2009 
19 - Un conte de Noël / Arnaud Despleschin - 2008
20 - Vincere / Marco Bellocchio - 2009 
21 - Au-delà des montagnes / Jia Zhangke - 2015 
22 - Julieta  / Pedro Almodovar - 2016 
23 - 4 mois, 3 semaines, 2 jours / Cristian Mungiu - 2007 
24 - Detroit / Kathryn Bigelow - 2017 
25 - A la folie / Wang Bing - 2015 
26 - Une affaire de famille / Hirokazu Kore-Eda - 2018 
27 - Paradis : amour / Ulrich Seidl - 2013
28 - Oslo, 31 août / Joachim Trier - 2012 
29 - La vie moderne / Raymond Depardon - 2008 
30 - Le décalogue / Krzystof Kieslowski - 1988 
31 - Mysterious skin / Gregg Araki - 2005 
32 - Une femme coréenne / Im Sang-Soo - 2005
33 - So long, my son / Wang Xiaoshuai - 2019 
34 - Le fils de Saul / Laszlo Nemes - 2015 
35 - Harmonium / Koji Fukada - 2017
36 - Mia miadre / Nanni Moretti - 2015 
37 - Wadjda / Haifaa Al-Mansour - 2013 
38 - Moonrise kingdom / Wes Anderson - 2012 
39 - Her / Spike Jonze - 2014 
40 - Lenny / Bob Fosse - 1975 
41 - Pieta / Kim Ki-Duk - 2013 
42 - Pelo melo / Mariana Rondon - 2014 
43 - Elle / Paul Verhoeven - 2016 
44 - Nebraska / Alexander Payne - 2014
45 - Béliers / Grimur Hakonarson - 2015 
46 - Le temps d'aimer et le temps de mourir / Douglas Sirk - 1959 
47 - Blade runner / Ridley Scott - 1982 
48 - Tesnota / Kantemir Balagov - 2018 
49 - Ma vie de courgette / Claude Barras - 2016 
50 - Snow therapy / Ruben Ostlund - 2015
51 - Summer wars / Mamoru Hosoda - 2010 
52 - Head on / Fatih Akin - 2004 
53 - Shokuzai / Kiyoshi Kurosawa - 2012 
54 - Mystères de Lisbonne / Raoul Ruiz  - 2010 
55 - Amador / Fernando Leon de Aranoa - 2012 
56 - Taxi Téhéran / Jafar Panahi - 2015 
57 - 9 mois ferme / Albert Dupontel - 2012 
58 - Les nouveaux sauvages / Damian Szifron - 2014 
59 - Into the abyss / Werner Herzog - 2011 
60 - Heimat / Edgar Reitz - 2013 
61 - Une chambre en ville / Jacques Demy - 1982
62 - Sur mes lèvres / Jacques Audiard - 2001 
63 - L'homme qui tua Liberty Valance / John Ford - 1962
64 - Premier contact / Denis Villeneuve - 2016 
65 - Chat noir, chat blanc / Emir Kusturica - 1998
66 - Birdman / Alejandro Gonzalez Iñarritu - 2015 
67 - La terre et l'ombre / César Acevedo - 2015 
68 - Diamond island / Davy Chou - 2016 
69 - A beautiful day / Lynne Ramsay - 2017 
70 - Le lac aux oies sauvages / Diao Yinan - 2019 
71 - Suzanne / Katell Quillévéré - 2013 
72 - Fighter / David O. Russel - 2010 
73 - Cold war / Pawel Pawlikowski - 2018 
74 - 3 billboards, les panneaux de la vengeance / Martin McDonagh - 2017
75 - Polisse / Maïwenn - 2011 
76 - Django unchained / Quentin Tarantino - 2012 
77 - Visages, villages / Agnès Varda et JR - 2016 
78 - Rebelle / Kim Nguyen - 2012
79 - Grâce à Dieu / François Ozon - 2019 
80 - La grande belleza / Paolo Sorrentino - 2013 
81 - L'épouvantail / Jerry Schatzberg - 1973 
82 - L'exercice de l'état / Pierre Schoeller - 2011
83 - Sils Maria / Olivier Assayas - 2014 
84 - Mademoiselle / Park Chan-Wook - 2016
85 - Restless / Gus Van Sant - 2011 
86 - Violeta / Andrés Wood - 2012 
87 - Winter's bone / Debra Granik - 2011 
88 - Climax / Gaspar Noé - 2018 
89 - A ciambra / Jonas Carpignano - 2017 
90 - Control / Anton Corbijn - 2007 
91 - Charlie et la chocolaterie / Tim Burton - 2005 
92 - Tomboy / Céline Sciamma - 2011 
93 - Femmes du Caire / Yousry Nasrallah - 2010 
94 - A most violent year / JC Chandor - 2014 
95 - Gloria mundi / Robert Guédiguian - 2019
96 - Un grand voyage vers la nuit / Bi Gan - 2018 
97 - La reine Margot / Patrice Chéreau - 1993 
98 - Morse / Tomas Alfredson - 2008 
99 - Bethléem / Yuval Adler - 2013 
100 - Dogman / Matteo Garrone - 2018 
101 - La communion / Jan Komasa - 2020
102 - Le géant égoïste / Clio Barnard - 2013
103 - Yi Yi / Edward Yang - 2000
104 - L'humanité / Bruno Dumont - 1999
105 - The lobster / Yorgos Lanthimos - 2015
 
A bientôt dans les salles...

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Coup de torchon

Autant le dire tout de suite, je ne partage pas l'enthousiasme collectif autour de ce film de Bertrand Tavernier.

Bien entendu, Coup de torchon n'est pas sans intérêt. La prestation hallucinée de Philippe Noiret restera un de ses rôles les plus forts, mélange parfois irrésistible de bêtise benoîte et de méchanceté candide. 

Au chapitre des incontestables points forts du film, il faut également signaler l'incroyable "génie du lieu", qui permet à Tavernier de proposer ici des décors naturels qui sont aussi importants (voire plus) que les personnages du film. Le scénario, adapté de Jim Thompson, est également très plaisant : tordu, complexe et ample. 

Mes réserves maintenant. Si Noiret est incontestablement bon, je trouve que les autres personnages, réduits à de simples caricatures grimaçantes, nuisent à la densité dramatique du film. Eddy Mitchel, Jean-Pierre Marielle, Guy Marchand, Stéphane Audran sont volontairement dans l'excès et donnent au film, au travers de scènes qui sont elle-mêmes sur-écrites, une connotation de parodie cartoonesque qui dénote avec la prestation de Noiret.

La mise en scène de Tavernier ne me convainc pas non plus dans le film : désordonnée, redondante, parfois maladroite et globalement assez datée. Le montage enfin m'a semblé lâche, et le film un peu long.

Coup de torchon brille par sa noirceur et sa singularité dans le cinéma français : c'est une curiosité qui mérite d'être vue et permet tout de même de passer un bon moment.

 

2e

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La fille aux allumettes

La fille aux allumettes, c'est le cinéma de Kaurismaki réduit à son essence la plus pure.

Dans ce film très court (1h10 seulement), tous les plans semblent millimétrés, dans leur durée comme dans leur composition. Ils s'enchaînent avec une rigueur quasi mathématique, dans le style si reconnaissable du réalisateur finlandais, mélange d'attention formelle extrême et d'émotions souterraines très intenses.

Le film, qui vaut presque comme un manifeste, est remarquable de plusieurs points de vue : sa photographie froide et expressionniste est somptueuse, la progression de la narration stupéfiante et le montage au cordeau. Il doit beaucoup également à la prestation de Kati Outinen, qu'on reverra dans beaucoup des films suivants de Kaurismaki, et qui irradie le film de l'intensité de son jeu.

Si l'on n'est pas rebuté par la froideur apparente de la mise en scène et la dureté du propos, La fille aux allumettes fait partie des films scandinaves qu'il faut avoir vu.

 

3e

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