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Christoblog

Alter ego

Il y a un défi un peu fou au coeur du nouveau film de Bruno Lavaine et Nicolas Charlet : faire jouer à Laurent Lafitte deux rôles de sosies parfaits (un homme médiocre, un autre parfait) que personne ne reconnait comme tels dans le film.

Ce dispositif improbable crée une connivence avec le personnage d'Alex : seuls lui et nous spectateurs réalisons ce que la situation a de grotesque. 

Une fois le postulat posé, Alter ego est dans un premier temps un grand présentoir de toutes les mesquineries et grands travers de l'âme humaine (ou masculine ?) : jalousie, faiblesse, manipulation, tromperie, mensonge. Les situations s'enchaînent tambour battant, multipliant les grands moments de gênance (j'utilise à dessein de nouveau mot entré dans le petit Robert en 2023, qui décrit parfaitement ce qu'on ressens en voyant le film).

Et puis dans sa dernière partie, le scénario millimétré de Nicolas & Bruno se décale tout à coup dans un registre encore plus barré, proche des délires de Quentin Dupieux (en mieux) et flirtant avec le fantastique. 

On ne sait plus exactement ce qu'on est en train de regarder mais on se laisse entraîner dans un tourbillon de scènes surprenantes et choquantes, toujours servies par un art supérieur de l'écriture, jusqu'à la pirouette finale, délicieuse et improbable.

L'ensemble constitue un bon moment de cinéma pour peu qu'on apprécie les comédies stylisées et loufoques, et semble pousser tout droit Laurent Lafitte vers un deuxième César consécutif de meilleur acteur.

 

3e

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Le gâteau du président

Il nous parvient rarement des films des pays arabes du Moyen-Orient, mais lorsque c'est le cas (le saoudien Wadjda, le jordanien Inchallah un fils), ces films partagent souvent les mêmes caractéristiques : une grande finesse d'écriture, une attention délicate portée aux femmes et aux enfants, un tableau "en creux" de la société du pays concerné.

Dans le gâteau du président, on suit ainsi une petite fille adorable qui est tirée au sort pour confectionner un gâteau d'anniversaire pour Sadam Hussein. Elle est très pauvre, et n'a pas les moyens d'acheter les ingrédients nécessaires : va s'en suivre une épopée picaresque qui sera prétexte à décrire à la fois de beaux sentiments humains (un amour naissant, l'affection de la grand-mère qui se sent partir) et une société iraquienne des années 80 figée dans un culte de la personnalité atrocement omniprésent.

Malgré quelques maladresses d'interprétation, ce premier film de Hasan Hadi, Caméra d'or au dernier festival de Cannes, convainc par la beauté de ses images (fantastique décor lacustre au début et à la fin du film), la délicatesse de son écriture et la variété des sentiments qu'ils génèrent chez le spectateur (du rire à l'émotion, en passant par la surprise ou l'effroi).

Une très belle découverte.

 

3e

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Woman and child

Quelques mois après le formidable Un simple accident, revoilà le cinéma iranien sur nos écrans, avec le nouveau film de Saeed Roustaee, auteur du formidable Leïla et ses frères.

On retrouve ici la patte du réalisateur : un effet choral, des dilemmes moraux (que serait le cinéma iranien sans cela ?), des rebondissements abondants (presque trop), un beau portrait de femme en lutte avec le patriarcat traditionnel et une réalisation nerveuse.

On est littéralement happé par le scénario, un peu plus fouillis que d'habitude chez ce réalisateur, mais qui ne révèle ici sa saveur que sur la longueur du film.

En accompagnant le parcours de cette femme blessée, le spectateur aura l'occasion d'explorer de nombreux sentiments, en même temps que les personnages du film : culpabilité, désir de vengeance, besoin de justice. Il aura aussi une bonne vision de la société iranienne contemporaine et de ses problèmes, corruption et patriarcat en tête de liste. 

Woman and child se termine sur un plan de toute beauté, ourdi de jeux de transparence et d'ouvertures, baignant dans une atmosphère (enfin) apaisée, dans laquelle la sororité apporte un peu de douceur.

 

3e

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Le son des souvenirs

Dans le projet du cinéaste sud-africain Oliver Hermanus, il y avait beaucoup de choses intéressantes : un duo d'acteurs au sommet de la hype (Paul Mescal / Josh O'Connor), un sujet touchant (une histoire d'amour gay sur le long terme dans l'Amérique du début du XXème siècle), une toile de fond passionnante (la collecte de chansons folkloriques traditionnelles).

Las ! L'assemblage final de tous ces bons ingrédients est insipide. On s'ennuie à suivre cette romance tout juste sortie de la naphtaline, qui ne parvient pas à donner de la profondeur aux interactions entre les deux personnages principaux.

L'aspect documentaire sur la recherche de chansons est de loin le point le plus intéressant du film, mais il ne parvient pas non plus à nous captiver, par manque d'approfondissement.

La réalisation est propre, les paysages magnifiques, et on se demande au final comment il est possible avec autant d'atouts d'arriver à ne générer aucune vraie émotion. Un coup de maître en matière de ratage.

 

2e

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Concours Un poète : Gagnez 3 DVD

A l'occasion de la sortie en DVD chez Epicentre Films de Un poète, je vous propose de gagner le DVD du film.

Pour ce faire :

 - Répondez aux questions suivantes:
1) Quelle est la nationalité du réalisateur ?
2) Quelle est le prénom de l'acteur jouant Oscar ?
 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 7 mars, 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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Les dimanches

La réalisatrice espagnole Alauda Ruíz de Azúa (connue en France pour la série Querer), signe ici un très beau film, qui aborde un thème peu abordé dans le cinéma contemporain : la vocation religieuse d'une jeune fille de dix-sept ans qui décide de rejoindre une communauté de religieuses.

Le scénario du film décrit très finement l'environnement de la  jeune Ainara : un père veuf en grande difficulté financière qui voit d'un bon oeil sa fille embrasser une vocation qui ne lui coûte rien, une tante athée révulsée par la décision de sa nièce et qui trompe son compagnon (adorable par ailleurs), une grand-mère tolérante, un garçon séduisant qui pourrait devenir son petit ami.

La question de l'appel de Dieu (de toute façon difficilement matérialisable à l'écran) devient ainsi presque secondaire, et l'accent est mis sur les réactions familiales que la décision de la jeune fille entraîne.

Un autre point fort de Les dimanches est aussi de nous faire entrer dans la communauté religieuse en même temps qu'Ainara, et d'en éprouver à la fois la dureté et la spiritualité. Finalement le film ménage les convictions de chacun, et sa subtilité est probablement son grand intérêt.

La composition de la jeune actrice Blanca Soroa, dont c'est le premier film, est remarquable. La "sainteté" affleure souvent à la surface de son visage, induisant par moment chez le spectateur le curieux sentiment d'assister à un documentaire sur le sujet.

 

3e

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A normal family

Voici un film coréen dont le point de départ est un dilemme moral qu'on croirait issu du cinéma iranien, tellement il fait penser aux films de Farhadi, de Rasoulof ou de Roustaee.

Deux couples découvrent par hasard que leurs enfants respectifs ont commis un crime. Que faire ? Faut il les dénoncer à la police ?

Sur ce postulat intéressant, le cinéaste Hur Jin-Ho, peu connu en France, dresse un tableau d'une grande causticité, qui met en scène de nombreux travers de la société coréenne : la conformité sociale, l'exigence excessive vis à vis des enfants, la place des femmes. 

Il dessine aussi des personnages aux contours psychologiques très différents, dont la confrontation induit des tensions qui nourrissent la progression dramaturgique du film, jusqu'à un final qui nous prend subtilement par surprise.

Malgré une certaine artificialité, dûe à la fois aux choix du réalisateur et à la nature même de la société coréenne, j'ai eu du plaisir à suivre cette histoire délicieusement cruelle.

 

2e

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Concours Justa : gagnez 4x2 places (Terminé)

l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 4x2 places pour découvrir le film portugais Justa de Teresa Villaverde, qui sort sur les écrans ce mercredi.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : quel film de Teresa Villaverde a-t-il été présenté au Festival de Cannes 1998 ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 27 février 20h
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite les places envoyé par mail par le distributeur. NB : un des trois lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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Marty supreme

Les films des frères Safdie nous avaient habitué à ce tourbillon incessant d'images, de discours et de péripéties qui semble constitutif de leur cinéma.

Pour ce premier essai en solo (il s'est brouillé avec son frère, paraît-il), Josh Safdie garde le meilleur des films précédents (une incroyable faculté à propulser chaque scène vers la suivante, dans une escalade continue d'adrénaline et de brio), et y ajoute cette fois-ci une dose de tendresse supplémentaire, associée à une dramaturgie plus construite, moins foutraque, qui culmine ici dans un climax japonais de toute beauté.

Marty supreme est basé sur une histoire très solide, celle d'un petit juif new-yorkais qui se rêve champion mondial d'un sport qui vient à peine de naître, le tennis de table. Outre son ambition dévorante, Marty possède deux caractéristiques qui vont générer de nombreuses aventures : une confiance en lui qui dépasse le sens commun (et lui causera de nombreuses désillusions) et une capacité à argumenter avec conviction sur n'importe quel sujet.

De tout cela naît toute une série d'évènements à forte intensité émotionnelle, qui nous font rire et réfléchir. Dans ce récit don quichottesque, Timothée Chalamet joue une partition parfaite, incarnant avec une conviction qui force le respect un individu à la fois profondément horripilant et immensément attachant. Nul doute que l'oscar du meilleur acteur l'attend en récompense de sa prestation.

Ajoutons à cela une galerie de personnages secondaires haut en couleurs et très subtilement dessinés (le couple de puissants incarné par Gwyneth Paltrow et Kevin O'Leary est par exemple glaçant), et vous obtiendrez le meilleur film de ce début d'année, et à coup sûr un des meilleurs de 2026.

Remarquable et jouissif.

Benny et Josh Safdie sur Christoblog : Good time - 2017 (***) / Uncut gems - 2020 (***)

 

4e

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Aucun autre choix

On peut penser ce qu'on veut du cinéma de Park Chan-Wook, une chose au moins n'est pas discutable : c'est son incroyable inventivité en terme de mise en scène, et même plus généralement de cinéma.

Impossible de lister ici tous les effets imaginés par le cinéaste coréen dans ce nouveau film, mais en voici un petit aperçu : mouvements de caméra étranges, éclairages complètement flippés, surimpressions en tout genre (avec une prédilection pour les formes circulaires), visions oniriques (le fils dans le bonsaï), jeux de transparence avec toutes sortes d'écrans et de surfaces réfléchissantes, enchaînement de plans surprenants, cadrage aventureux, gros plans anatomiques...

Cette virtuosité féconde, habituelle chez le cinéaste, se double ici d'un travail sur le scénario de même nature. Les tours et détours de l'intrigue nous proposent en effet un florilège de résonances : dialogues qui se répètent, coups de théâtre qui se répondent, motifs qui reviennent (la petite fille ne parle pas, le personnage principal doit écrire les phrases qu'il veut dire).

C'est à un véritable ping-pong moral que se livrent les protagonistes, réussissant d'ailleurs à nous égarer nous-mêmes (serions nous prêts à tout pour sauver nos proches ? pourquoi éprouvons de la sympathie pour un triple assassin ? le mal est-il au final omniprésent, ne demandant qu'à apparaître quand le vernis de la civilisation s'effrite ?).

Ajoutons à cela que la toile de fond du film évoque habilement de nombreux sujets plus ou moins importants dans la société coréenne (le capitalisme, la robotisation, la soif de réussir, l'alcoolisme, la guerre du Viet-Nam, l'ego masculin malmené), et on obtiendra une oeuvre dense, qu'on aura plaisir à voir si on aime le grotesque macabre et le second degré déjanté. Et si on ne cherche pas de sens particulier à ce tableau grinçant.  

Aucun autre choix, bien supérieur au premier film tiré du roman de Donald Westlake (Le couperet de Costa-Gavras, à qui le film est dédié ), nous rappelle que Park Chan-Wook est bien l'un des meilleurs réalisateurs du moment.

Park Chan-Wook sur Christoblog : Thirst - 2009 (***) / Stoker - 2012 (***) / Mademoiselle - 2016 (****) / Decision to leave - 2022 (**)

 

3e

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Amour apocalypse

La force principale de ce joli film d'Anne Emond, c'est l'énergie qui se dégage du couple principal.

Patrick Hivon est vraiment l'acteur québécois qui irradie le plus l'écran, mélange idéal de masculinité envahissante et de fragilité attendrissante (on l'a vu chez Mona Choukri et dans la série de Xavier Dolan, La nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé). L'association avec l'Américaine Piper Perabo (qu'on connaît surtout grâce à Yellowstone), est très réussie.

Le propos de cette comédie romantique est amusant : il mêle les enjeux climatiques actuels (le personnage masculin est - ô combien - eco-anxieux) à la rencontre lentement foudroyante de deux solitudes quarantenaires.

Aux différents chaos que le film met en scène (climatique, émotionnel, mais aussi sociétal à travers une galerie de seconds rôles admirablement dessinés) Anne Emond superpose une finesse de dialogue remarquable et une attention aux émotion qui fait mouche. Certains personnages (la stagiaire nymphomane, l'oncle complotiste, la petite fille karatéka) sont délicieux.

Le résultat est surprenant, finement écrit et très goûteux. 

 

2e

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Hamnet

J'ai tellement adoré les trois premiers films de Chloé Zhao qu'écrire ce texte va me faire un mal de chien, mais l'honnêteté intellectuelle m'oblige à le faire.

Hamnet est terriblement raté de bout en bout.

La première partie nous montre un jeune professeur fauché et sa femme se rencontrer, faire des enfants, puis en perdre un. Rien d'original là-dedans, on a vu cela mille fois, en beaucoup plus émouvant et surtout en moins larmoyant. Dans Hamnet tous les éléments sont en effet pointés dans le même sens : essayer de nous arracher des larmes à tout prix, ne reculant devant aucun procédé, aussi vulgaire soit-il.

Nous avons donc droit à un jeu très appuyé de Jessie Buckley, une musique horripilante de Max Richter, des effets d'un symbolisme douteux (ouh, le trou noir prémonitoire au pied de l'arbre dans la forêt) et une esthétique intasgrammable à base de feuilles bien vertes et de jolis faucons.

Quand commence la deuxième partie, on se demande bien quel est l'intérêt d'avoir accolé la petitesse de cette existence à l'immense talent du grand William. Le film tente une réponse bien maladroite, qui frôle le révisionnisme historique, puisque le rapport entre la pièce Hamlet et le fils décédé de Shakespeare est pour le moins factuellement vaporeux (Hamlet est vraisemblablement plutôt en rapport avec Amleth, un personnage médiéval de Saxo Grammaticus, dont l'histoire est très similaire à celle racontée par Shakespeare).

Bref, tout cela ne serait peut-être pas rédhibitoire si dans cette partie Hamnet ne parvenait pas à des sommets d'irréalisme et de tentatives indécentes d'extraction lacrymale forcée, à travers un dispositif d'une artificialité sidérante.

Le jeu de Jessie Buckley, qui tente d'imiter une sorte d'orgasme mystique dans lequel son deuil semble se dissoudre, franchit alors les limites du ridicule. 

Il n'y a qu'une lettre de différence entre les titres Hamlet et Hamnet, mais il y a un monde entre les deux oeuvres : celui qui sépare le génie intemporel de la médiocrité larmoyante. 

Il ne me reste plus qu'à attendre le prochain Chloé Zhao avec impatience (et inquiétude).

Chloé Zhao sur Christoblog : Les chansons que mes frères m'ont apprises - 2015 (****) / The rider - 2017 (****) / Nomadland - 2021 (****)

 

1e

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F1 Le film

Si F1 Le film ne brille pas par l'originalité de son scénario (un vieux briscard cabossé vient en aide d'un jeune talent arrogant), il apporte un éclairage particulièrement intéressant sur le monde de la F1, très instructif pour le néophyte.

Il est en effet très rare que le sport de haut niveau soit montré de façon satisfaisante au cinéma. Pour tout dire, je ne vois aucun exemple de ce type, dans lequel le sentiment d'immersion soit parfait. 

C'est donc ici le cas, probablement parce que le film est supervisé (et produit) par Lewis Hamilton. La mise en scène de Joseph Kosinski rend à merveille l'ivresse de la piste, grâce à des caméras embarquées très impressionnantes, mais aussi toutes les complexités qui entourent le cirque de la F1 : omniprésence de la technologie de pointe, aspects tactiques à adapter en permanence en fonction des aléas de courses, techniques collectives et importance des normes.

Le résultat est visuellement très abouti et j'ai regardé avec une sorte de plaisir enfantin ce blockbuster qu'on pourrait qualifier de divertissement chimiquement pur : des sensations fortes, des joies simples, des émotions plaisantes, des rebondissements qui relancent l'intrigue et une absence totale d'éléments perturbants.

Le duo Javier Bardem / Brad Pitt fait des étincelles, et pour ajouter au plaisir certains décors sont incroyables, notamment lors des étapes à Las Vegas et Abu Dhabi.

Une réussite.

Joseph Kosinski sur Christoblog : Tron : l'héritage - 2011 (*)-  Oblivion - 2013 (**) / Top gun : maverick - 2022 (**)

 

2e

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The mastermind

Le cinéma de Kelly Reichardt est toujours aussi insaisissable : il semble vouloir raconter quelque chose (un braquage de Pieds Nickelés dans les années 1970), mais se transforme progressivement en portrait d'un "homme sans qualité", errant à travers les États Unis sans but et sans passion.

Reichardt en profite pour donner, comme à son habitude, une sorte de leçon de cinéma minimaliste : comment dessiner par petites touches un tableau réaliste d'une certaine époque, comment y imposer des choix esthétiques forts qui contribuent à désincarner l'intrigue, à la rendre presque métaphysique.

Les oeuvres de Reichardt me laissent parfois indifférents, vous le savez certainement si vous me lisez depuis plusieurs années, mais j'ai ici plutôt apprécié sa façon de nous raconter une période, avec pas mal d'humour et une direction artistique très cohérente (un formidable camaïeu d'ocre, d'orange et de marron, une pétillante musique jazzy).

La prestation de Josh O'Connor, en personnage opaque et sans affect, n'est pas pour rien dans ma mansuétude. Il est pour moi l'un des meilleurs acteurs en activité.

A voir si vous aimez la lenteur, et l'understatement érigé en esthétique. 

Kelly Reichardt sur Christoblog : La dernière piste - 2011 (**) / Certaines femmes - 2016 (**) / First cow - 2020 (**) / Showing up - 2023 (**)

 

2e

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Concours Diamanti : gagnez 2x2 places

l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 2x2 places pour découvrir le film italien Diamanti de Ferzan Ozpetek.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : combien de millions de spectateurs italiens ont été voir ce film en salle  ? 
- joignez votre adresse mail
- envoyez moi le tout par ici avant le 6 février 20 h
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite par mail les places envoyé par le distributeur. NB : un des deux lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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Dreams

Le cinéma de Michel Franco est souvent cruel, et certains diraient même sadique. Dans ce film il se contente d'être brillamment méchant. 

Le propos est simple : Jennifer, riche américaine,  et Fernando, pauvre danseur mexicain, vivent une idylle passionnée à Mexico, où Jennifer dirige une fondation pour une partie de son temps. Lorsque Fernando vient la rejoindre à San Francisco (en passant la frontière illégalement), les choses se gâtent.

Si l'attraction mutuelle est toujours aussi forte, la différence de classe sociale, teintée évidemment d'un racisme sous-jacent, pose à l'évidence un problème, que Jennifer a toutes les peines à résoudre.

Les développements de l'intrigue sont assez maigres, mais le film vaut surtout pour trois éléments : la sensualité ébouriffante qui se dégage de ce couple et de leurs ébats, la classe impériale de Jessica Chastain et l'élégance racée de la mise en scène.

L'ensemble de ces éléments rendent Dreams éminemment agréable à regarder, si l'on est pas réfractaire au caractère froid du cinéma de Michel Franco.

Michel Franco sur Christoblog : Después de Lucia - 2012 (**) / Chronic - 2015 (*) / Memory - 2024 (****)

 

3e

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Promis le ciel

Le deuxième film de la Tunisienne Erige Sehiri est un joli portrait de groupe.

Il vaut surtout pour la sensibilité avec laquelle sont peints les différents caractères de cette communauté de femmes noires, résidant en Tunisie et se serrant les coudes.

Aïssa Maïga est magnétique, et joue avec une belle ambiguïté son personnage de pasteur évangéliste accueillant des migrantes. Mais c'est surtout l'actrice non-professionnelle Deborah Christelle Lobe Naney qui crève l'écran, irriguant le film de son énergie communicative.

La photographie est très belle, la mise en scène tout à fait plaisante (avec de très beaux gros plans de visages) et j'ai pris plaisir à suivre le sort de ces immigrées sub-sahariennes, avec ou sans papier, unies par de fragiles liens de sororité menacés par le durcissement du climat social autour d'elle.

Un autre point positif est le point de vue de Sehiri sur la situation : elle parvient à éviter l'écueil d'un angélisme béat, comme celui d'une noirceur excessive qui tenterait de nous extorquer au forceps des sentiments de pitié.

Malgré le manque d'enjeux narratifs, un bon moment de cinéma.

Erige Sehiri sur Christoblog : Sous les figues - 2022 (**)

 

2e

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Baise-en-ville

J'ai beaucoup ri en regardant Baise-en-ville, d'un rire sain et apaisé, non pas déclenché par un tableau cruel ou vulgaire comme c'est parfois le cas, mais simplement engendré par des situations cocasses et délicieusement décalées.

Dans le nouveau film de Martin Jauvat,  tout est en effet un peu "à côté de la plaque" : le personnage de Sprite bien sûr, mais aussi la palette de couleurs (du rose à foison !), la nature du job qu'il décroche, sa manière de trouver des logements pour une nuit en banlieue, et last but not least, la formidable prof d'auto-école jouée par une impayable Emmanuelle Bercot.

Le film fourmille de mille trouvailles amusantes, de la confiscation de la bonde comme outil de contrôle parental (!) à un check personnalisé d'anthologie.

Après son beau premier film attendrissant mais imparfait, Grand Paris, Jauvat confirme ici son statut de petit prodige de la comédie française, quelque part entre un Buster Keaton Gen Z et un Pierre Richard de banlieue, installant dans le paysage son personnage de vingtenaire naïf et idéaliste, qui cherche à s'insérer dans un monde trop dur pour lui.

Un film qui fait du bien. 

Martin Jauvat sur Christoblog : Grand Paris - 2023 (**)

 

3e

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La grazia

Dans ce beau film, Paolo Sorrentino place ses tics habituels (les décors dépouillés, les petits personnages réduits à des silhouettes esseulées, les scènes baroques) au service d'un portrait tout en subtilité. 

L'acteur Toni Servillo joue parfaitement l'intériorité de ce personnage hors norme, un président de la république italienne, juriste de formation, qui n'aime que le droit et déteste les manoeuvres politiciennes. 

Outre le fait d'être la plupart du temps silencieux, il a de plus du mal à prendre des décisions. Aussi, lorsque deux demandes de grâce arrivent sur son bureau, en plus d'un projet de loi sur l'euthanasie, est-il bien gêné.

De ces dilemmes moraux très personnels (il est démocrate chrétien) vont découler de nombreuses scènes cocasses, qui réservent plusieurs morceaux de bravoure dont un repas extraordinaire avec les chasseurs alpins.

Tout cela est mené avec délicatesse et finesse, mettant en scène de belles relations : par exemple entre le président et son garde du corps.

La grazia permet de s'amuser tout en réfléchissant à des sujets profonds (le deuil, le mandat politique, la justice, le sens de la vie).

Un film sympathique, intelligent et humble, une fois n'est pas coutume, pour ce cabotin invétéré de Sorrentino. 

Paolo Sorrentino sur Christoblog : This must be the place - 2011 (***) / La grande belleza - 2013 (***) / Youth - 2015 (**) / La main de Dieu - 2021 (***) / Parthenope - 2025 (**)

 

3e

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Magellan

J'aurais beaucoup aimé apprécier ce film. Le sujet, la renommée du réalisateur philippin Lav Diaz, le point de vue du réalisateur sur l'invasion "vue des autochtones", les partis pris esthétiques : tout me semblait séduisant et excitant.

Mais j'ai été très déçu tout du long de ce (très) long film, 2h43.

Le manque de moyens explique en partie ce sentiment. Pour les parties maritimes par exemple, le sentiment d'immersion est nul. On n'éprouve jamais le sentiment d'oppression que devrait générer une épopée qui traverse la moitié du globe sur les océans. On a l'impression que la pire des tempêtes est signifiée par des seaux d'eau renversés sur la tête des acteurs.

Les partis pris de scénario et de mise en scène n'aident pas beaucoup non plus à générer du plaisir ou de l'admiration chez le spectateur : on ne comprend pas vraiment ce qu'on voit, le contexte n'est jamais précisé (par exemple dans la première partie à Malacca), la caméra est souvent fixe et les plans parfois inutilement rallongés. Le tout respire un hiératisme esthétisant et poseur.

On s'ennuie donc ferme à suivre le personnage sur le fond très antipathique de Magellan, qui ne semble vraiment humain que dans son rapport avec sa femme, puis son fantôme (des effets fantastiques qui ne fonctionnent pas et qui tranchent avec le réalisme de la reconstitution).

Mieux vaut relire la biographie impeccable de Stephan Zweig.

 

1e

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