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Christoblog

Cocotte

Drôle de film que cet essai du Hongrois György Pálfi, qui tente la même prouesse que Jerzy Skolimowski dans EO : nous raconter les turpitudes de l'espèce humaine à travers un regard animal. Il s'agit ici d'une poule, alors que le Polonais sonnait le premier rôle à un âne.

Le début du film est construit comme un survival. Notre valeureuse poule noire (c'est à sa couleur qu'elle doit à la fois sa survie et ses déboires) doit échapper à mille dangers une fois en liberté. Pêle-mêle : un renard, des véhicules lancés à pleine vitesse, une manifestation (!?), un marché, un chien. 

Alors qu'elle trouve refuge auprès d'un vieil homme dans une taverne grecque à l'abandon, elle doit alors subir une vicissitude de plus : le viol du coq de la basse-cour, symbole de l'oppression millénaire du patriarcat gallinacé (et pas seulement). 

Alors que le spectateur séduit, et en partie égaré, se demande où cette aimable fable va le conduire, le film prend une teinte dramatique à travers le sort de malheureux êtres humains, victimes d'un tragique concours de circonstances, initié par notre aimable volatile (joué par huit poulets différents, il faut le préciser).

Cocotte prend alors une tournure plus traditionnelle, et donc un peu moins intéressante, avant de virer à la tragédie grecque et de se terminer comme un film (très) noir.   

Une expérience intéressante et un film hors du commun.

 

2e

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Autofiction

Dans son dernier film, Pedro Almodovar propose une double mise en abyme, puisqu'il met en scène un cinéaste qui lui ressemble beaucoup, et qui lui-même écrit un scénario sur une réalisatrice qui lui ressemble.

Le sujet principal du film, c'est la faculté (le droit ?) qu'ont les créateurs de s'inspirer de personnages réels de leur entourage pour créer des fictions. Cela pourrait être intéressant, mais le procédé ne fonctionne pas réellement ici, pour trois raisons principales.

La première est qu'il faut attendre la fin du film pour que les véritables enjeux éclatent, et comme la première partie d'exposition est assez insipide, on s'ennuie légèrement. La deuxième est l'inconvénient de l'autofiction est ici bien anodin (il s'agit d'une vague ressemblance avec une amie de la secrétaire du cinéaste), surtout à l'aune de ce qu'on a pu connaître dans le microcosme français (pensons aux livres d'Emmanuel Carrère ou de Christine Angot).

La troisième est que le vertige narratif qui pourrait nous saisir n'existe pas, par manque d'imagination : on ne doute jamais de ce que l'on voit, le scénario ne ménage aucune surprise (par exemple des repentirs qui reprendrait l'histoire différemment). En bref, Almodovar semble avoir été un peu dilettante sur ce point.

Le résultat final est donc légèrement décevant en ce qui me concerne, manquant de jus et d'énergie. Notons toutefois le plaisir de retrouver les intérieurs almodovariens toujours aussi chics, une belle fluidité dans la mise en scène (toutefois aussi en retrait par rapport à d'autres films du réalisateur espagnol) et une direction d'acteur toujours aussi sûre.  

C'est le deuxième film de la compétition Cannes 2026 qui montre à la fois un créateur en train d'écrire et ce qu'il écrit, et la deuxième déception (après Histoire Parallèles)

 

2e

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Histoires parallèles

Comme c'est très souvent le cas pour les réalisateurs étrangers tournant en France, le cinéma de l'Iranien Farhadi semble totalement se dénaturer au contact des professionnels de l'hexagone.

Alors que le scénario, un peu convenu, pourrait être rendu intéressant par une belle mise en scène, il est ici gâté par un ensemble d'éléments qui le tire irrésistiblement vers les abysses de la médiocrité : une écriture inutilement alambiquée, des personnages mal dessinés (le falot Adam, joué par Adam Bessa), des dialogues artificiels parfois annoncés sans conviction (le dialogue Deneuve / Huppert est une catastrophe), un montage poussif, une durée excessive, une direction artistique sans inspiration, des impasses scénaristiques.

On peine à trouver dans ce fade imbroglio une ou deux qualités. Peut-être les prestations de Vincent Cassel, vulnérable et empâté, et de Virginie Efira, parfait girl next door, sont-elles à sauver. Pour le reste, il faut bien reconnaître que rien n'est réussi et que toutes les idées semblent tomber à côté de plaque.

Histoires parallèles, à mille lieues du joyau de sèche concision qu'était Une séparation, paraît n'être qu'un essai boursouflé et insipide, qui génère au mieux un ennui distancié, au pire une irritation qui va croissante au fil de ses 2 heures et 19 minutes.

A éviter.

Asghar Farhadi sur Christoblog : Les enfants de Belleville - 2004 (***) / A propos d'Elly - 2009 (***) / Une séparation - 2010 (****) / A propos d'Une séparation : le vide avec un film autour / Le passé - 2013 (**) / Le client- 2016 (***) / Everybody knows - 2018 (**) / Un héros - 2021 (****)

 

1e

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L'inconnu du Nord Express

Dans la filmographie d'Alfred Hitchcock, certains films paraissent quasiment mathématiques. L'inconnu du Nord Express fait partie de ceux-ci.

Il y a en effet dans la progression de l'intrigue une rigueur implacable qui semble devoir acculer le "gentil" (joué par le lisse Farley Granger) à se compromettre moralement, poussé dans ses retranchements par l'un des plus beaux méchants hitchcockiens, interprété par le formidable Robert Walker, qui disparaîtra malheureusement peu après avoir tourné ce film.

Le film est passionnant dans sa première partie, lors de laquelle le mal semble pouvoir corrompre l'esprit droit du jeune champion de tennis. On est alors littéralement happé par l'engrenage qui semble imparable. A partir du moment où le dilemme moral est résolu, le film devient plus quelconque et perd un peu de son intérêt, d'autant plus que la scène finale du manège n'a pas très bien vieilli, comme celle du match de tennis.

Un très bon cru cependant, avec de grands moments de mise en scène (l'ouverture qui, génialement, ne filme que les pieds des protagonistes).

Alfred Hitchcock sur Christoblog : Rebecca - 1940 (***) / Sueurs froides - 1958 (***)

 

3e

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La Vénus électrique

Le festival de Cannes ne pouvait guère rêver meilleure ouverture. Le nouveau film de Salvadori, bourré de charme et d'invention, est en effet un chant d'amour au simulacre, à l'illusion, à l'imposture, et donc d'une certaine façon, au cinéma.

L'action se passe dans les années 20, et il faut d'abord dire que la reconstitution de cette période est très réussie, à la fois réaliste et rêvée, comme si les décors étaient très légèrement phosphorescents.

Le milieu de la peinture et de la fête foraine, associés à l'esprit de l'époque, permettent au scénario un peu bizarre (un homme croit communiquer avec sa femme décédée à travers une fausse spirite) de se développer sans que l'on crie à l'irréalisme.

Les acteurs et actrices adoptent d'ailleurs un jeu très légèrement forcé, qui s'adapte parfaitement au contexte. Anais Demoustier est à l'aise avec toutes les facettes de son personnage mutin, Gilles Lellouch est bluffant et semble sorti d'une caricature de l'époque, Pio Marmaï n'a jamais joué aussi finement et Vimala Pons est toujours capable de mettre le feu à l'écran avec un simple sourire. Tout ce petit monde s'en donne à coeur joie, semblant prendre un grand plaisir à composer des tableaux de natures très différentes, tour à tour burlesques (la suspension d'Antoine à la corde !), sentimentaux o intrigants.  

L'écriture du film est formidable de subtilité et de précision, et La Vénus électrique est bourrée de trouvailles tant au niveau de la mise en scène (les formidables plans d'Antoine découvrant la vérité à la fête foraine) que de l'écriture et du montage (les incessants allers-retours entre époques par le biais de la formidable trouvaille du journal intime). 

Une réussite à tout point de vue, et pour moi le meilleur film de Pierre Salvadori. 

 

4e

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Die my love

Le nouveau film de Lynne Ramsay présente plusieurs défauts majeurs.

Tout d'abord, sa progression dramatique très lente et chaotique ne favorise pas l'intérêt.

Le jeu de Jennifer Lawrence, qu'on a connu plus inspirée, est outrancier dès le début du film, et ne permet pas de ressentir l'évolution intérieure de cette femme dont la dépression post-partum flirte avec la psychose.

Ainsi, l'expression du mal-être de son personnage passe par des messages aussi subtils que : marcher à quatre pattes, fantasmer sur le premier venu (un motard noir qui fait de gros vroum-vroum), lécher les vitres. On ne croit pas un instant à tout cela.

Quant à la relation qui la lie à son partenaire de jeu, Robert Patinson, je ne l'ai ni comprise ni éprouvée. On peut aussi s'étonner de voir cette mère, à l'évidence dangereuse, laissée si seule avec son enfant (alors que le couple semble très entouré, par exemple à son mariage).

D'incohérences en esbroufe de mise en scène inutile, le film ballote son spectateur tout au long de scènes gênantes ou ennuyeuses. La bande-son envahissante est horrible. J'ai beau chercher, je ne vois aucune qualité au film : une catastrophe. 

 

1e

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Plus fort que moi

Voilà bien le genre de film que seuls les Anglais savent produire à la perfection, mélange idéal de destin individuel, de tableau social, de comédie de moeurs et de feel-good movie. On pense à Billy Elliot, The full monty, La part des anges, Ali & Ava, Pride et tellement d'autres ....

On suit ici le destin de John Davidson, atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, de l'adolescence à l'âge adulte. Ses extrêmes difficultés (dans les années 80 la maladie n'est pas vraiment connue), le quasi-abandon de ses parents, ses heureuses rencontres et sa façon de finalement réussir da vie.

Le film de Kirk Jones est rondement mené, parfaitement écrit, monté avec un rythme très agréable, et bénéficie d'un double avantage décisif : un casting parfait (Robert Aramayo en tête, bluffant et ne donnant jamais l'impression de surjouer) et une belle reconstitution des différentes périodes traversées.

On oscille constamment entre larmes et rires, les deux arrivant parfois simultanément. Dans le genre du feel-good movie qui fait réfléchir avec ambition, c'est un must.

 

3e

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Une jeunesse indienne

Le Covid a inspiré quelques films en Occident, mais l'originalité de celui-ci est de donner à voir ce qu'a pu représenter l'épidémie dans un pays comme l'Inde, sur la base d'un récit à la fois picaresque et éprouvant, à la Dickens.

Mais avant que la maladie viennent percuter leur destinée, on commence par suivre deux amis dans leur rêve de d'ascension sociale. 

Cette première partie est intéressante par ce qu'elle montre de la société indienne (racisme, précarité, faible protection sociale), mais le film révèle tout son potentiel dans une deuxième partie qui réserve son lot de scènes sidérantes (quais de gare bondés, ostracisme sans pitié envers les malades). Les scènes se déroulant dans une usine textile où les ouvriers sont abandonnés à eux-mêmes en pleine épidémie sont impressionnantes.

Le réalisateur, Neeraj Ghaywan, montre ici un véritable talent pour raconter une histoire de façon romanesque, voire (un peu trop ?) mélodramatique, et pour rendre ses personnages attachants : il faudra suivre ses prochains films.

 

2e

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La corde au cou

Après sept ans d'absence, Gus Van Sant revient plutôt en forme avec cette histoire de pauvre gars un peu dérangé, preneur d'otage du courtier qui l'a ruiné.

Au rayon des qualités du film, il faut signaler la parfaite reconstitution de l'année 1977, le groove jazzy de la bande-son et du personnage d'animateur radio joué par Coleman Domingo, la réalisation classieuse qui s'ingénie entre autre à reconstituer les images télé d'époque, le sous-texte politique qui densifie le film et enfin l'interprétation parfaite de Bill Skasgård et Dacre Montgomery.

Du côté des faiblesses, j'ai trouvé que le film traînait un peu en longueur (pas beaucoup de vraie tension) et peinait à proposer une évolution psychologique des personnages (à l'exemple de la dispensable dernière scène dans le magasin de muffins).

Le résultat est toutefois convaincant, en particulier parce que l'issue de l'enlèvement n'est pas jouée d'avance et maintient un petit suspense jusqu'au bout. L'image est de toute beauté aussi.

 

2e

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Romería

Projeté (sans doute un peu brutalement) dans le feu ardent de la compétition à Cannes en 2025, ce joli film délicat de la Catalane Carla Simón est agréable à découvrir.

Le point de départ est séduisant : une jeune fille dont les parents sont morts du SIDA revient à Vigo pour obtenir un document attestant son ascendance.

Elle est accueillie par ses oncles et tantes, et des grands-parents odieux. Elle va découvrir petit à petit le sort de ses parents, et par le biais de très beaux passages oniriques, va même revivre à l'époque de ses parents. Romería est émaillé de trouvailles plaisantes et poétiques (une vengeance piquante, un carnet qui s'anime), mais il manque au film, en grande partie autobiographique, une dimension narrative plus accentuée.

La jeune actrice Llúcia Garcia, dont c'est le premier film, est formidable : elle ne peut empêcher son visage de rayonner, même quand elle tente de rester complètement impassible.

Une réalisatrice à suivre, qui a obtenu l'Ours d'or avec son film précédent, Nos soleils.  

 

2e

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Concours Elle entend pas la moto : Gagnez 3 DVD (Terminé)

A l'occasion de la sortie en DVD chez Epicentre Films de Elle entend pas la moto, je vous propose de gagner le DVD du film.

Pour ce faire :

 - Répondez aux questions suivantes:
1) Pour quelle série d'émissions célèbre de la RTBF la réalisatrice Dominique Fischbach a-t-elle travaillé ?
2) Quelle est le prénom du personnage principal du film ?
 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 22 avril, 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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Pris au piège

Le nouveau film de Darren Aronofsky est un agréable exercice de style.

Le principe du film est bien connu : un jeune (et beau) innocent se retrouve fortuitement en possession d'un objet très précieux que plusieurs gangs de méchants convoitent.

Le programme est donc attendu, et consiste comme prévu en une série de scènes d'action impressionnantes, ponctuée par de petites vignettes plus calmes, lors desquelles le spectateur attendri est appelé à découvrir que notre héros a aussi un coeur (c'est à dire une amoureuse, et une mère supportrice des Giants).

Aronofsky propose une mise en scène extrêmement effcicace et un montage à la fois nerveux et plaisant. Mais le véritable intérêt du film se trouve à mon avis dans le fait que la violence est ici montrée dans une crudité très réaliste : les personnages se font vraiment mal en se battant (au point par exemple de perdre un rein) et nous ressentons physiquement cette violence.

Les différents milieux new-yorkais décrits sont aussi très bien croqués, à l'image de ces Juifs orthodoxes sanguinaires.

Un bon moment pourvu qu'on aime les cavalcades folles et les gros calibres.

 

2e

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Fantastique

Il est rare qu'un documentaire, a fortiori sur un sujet qui concerne l'Afrique, trouve le chemin des salles françaises.

Il faut donc saluer la distribution de ce film de la Belge Marjolijn Prins, qui dresse le portrait de la petite Fanta, 14 ans et contorsioniste, tentée par l'aventure d'un spectacle avec le cirque Amoukanama.

Les images sont belles, la vie quotidienne en Guinée est bien rendue, les scènes domestiques avec la mère de Fanta sont assez jolies. Malheureusement le film n'a pas grand-chose à raconter et Fanta est tellement silencieuse qu'on ne sait jamais trop ce qu'elle pense : il faut donc meubler, même si le film ne dure que 1h et 11mn, ce qui amène la réalisatrice à insérer des images un peu ésotériques, flirtant avec le fantastique.

Du fait de sa pauvreté narrative, je n'ai pas été enthousiasmé par le film, qui de plus m'a laissé un doute désagréable sur le véritable libre-arbitre de la petite fille, à la fois vis à vis du cirque et du tournage.

A vous de voir, Fantastique semble plaire au public lorsqu'il est présenté en festival. 

 

2e

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Connemara

Dans Connemara, Alex Lutz applique toute une série de procédés de mise en scène, un peu artificiels.

En vrac : des effets de flous, de profondeurs de champ variables, d'image en partie masquée, de pensées intérieures en voix off, de sons issus d'autres scènes plaqués sur ce qu'on est en train de regarder, de superposition de musique extradiégétique et de dialogues à peine audibles. Bref, il fait oeuvre d'auteur (au pire sens du terme, celui qui veut impressionner), alors que le sujet lui-même requérait à mon sens la plus grande sobriété.  

En frimant ainsi pour raconter le retour d'une transfuge de classe dans les Vosges, Alex Lutz dénature son sujet : une modestie contenue aurait mieux servi son propos. En ce sens la comparaison avec le génial Partir un jour joue en nette défaveur de Connemara :  les deux films partagent ne nombreux points commun (une intellectuelle revient dans sa région natale et re-tombe amoureuse de son petit ami d'enfance, joué par Bastien Bouillon - avec une scène de patinoire), mais le film d'Amélie Bonnin semblait beaucoup plus respecter le milieu modeste qu'il décrivait que ne le fait celui d'Alex Lutz.

Même si Bastien Bouillon et Mélanie Thierry donnent de leur personne avec conviction (et avec une certaine sensualité), le film échoue curieusement à générer de véritables émotions. Tout y parait compassé et artificiel, sans relief et sans chair, peuplé de personnages creux et factices (le mari d'Hélène et ses filles, Christophe adolescent).

Un raté presque total.

 

1e

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Un jour avec mon père

Un jour avec mon père est un film nigérian assez pointu : se déroulant dans les années 1990, il fait référence à d'obscurs évènements politiques qui vous laisseront totalement à côté du chemin si vous n'êtes pas un fin connaisseur du pays.

Sa construction est aussi très recherchée, à l'image des premières scènes, qui, associées à la dernière, semblent indiquer que tout le film n'est peut-être qu'un rêve.

Si on n'est pas très attaché à comprendre le sens d'une oeuvre, on pourra peut-être apprécier le style du réalisateur Akinola Davies Jr, qui emprunte beaucoup de codes au cinéma d'auteur européen : couleurs délavées, tournage en 35mm, gros plans signifiants, écrans blancs.

J'ai trouvé pour ma part que malgré ses qualités (on est parfois happé par une atmosphère ou un plan), le film manquait d'énergie et se perdait un peu dans l'ambition de son écriture sophistiquée. L'acteur principal britannique, Sope Dirisu, a une belle présence (on peut le voir dans la série Gangs of London). 

A voir éventuellement.

 

2e

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Concours Pour Klára : gagnez 3x2 places

l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 3x2 places pour découvrir le film Pour Klára du Slovène Olmo Omerzu, qui sort sur les écrans ce mercredi.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : dans quels pays se déroule l'action du film ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le samedi 4 avril 14h
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite les places envoyé par le distributeur. NB : un des trois lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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Avignon

J'ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi cette comédie romantique sans aucune originalité a eu d'aussi bonnes critiques.

Rien n'y est en effet très bon. Le scénario est paresseux, les péripéties convenues, les acteurs inconsistants.

Baptiste Lecaplain y joue avec une médiocrité épanouie un rôle de ravi de la crèche amoureux, dans un style aimablement consensuel qui nous rappelle son premier métier, animateur de colonie de vacance. Alison Wheeler est un peu plus piquante, sans être exceptionnelle.

Ce doit être le décor que fournit le Festival d'Avignon qui a poussé à cette mansuétude : les rédacteurs ont dû prendre du plaisir à retrouver l'ambiance du Festival et l'animation de ses rues.

Pourtant, dans ce film qui parle de théâtre, la magie de la représentation n'est absolument pas présente, ni dans la pièce de boulevard, ni dans le Cid. Ce qui est montré à l'écran de la scène est convenu, triste et plat : l'effervescence créatrice d'Avignon n'est pas du tout restituée.

Avignon est une petite chose proprette sans aspérité, une sorte de Plus belle la vie à prétexte culturel, de laquelle on sort instantanément amnésique.

 

1e

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Un poète

Ce film étonnant est assez traditionnel dans son déroulement : un professeur maladroit aide une jeune élève douée à préparer un concours de poésie, avant de vivre un retour de bâton qui met en évidence une pittoresque lutte des classes, qui m'a rappelé le cinéma italien des années 70.

C'est par son ton que Un poète se distingue. Simon Mesa Soto propose un essai tout à fait original qui donne au film des airs de faux documentaire tourné à la va-vite, caméra à l'épaule et 16mm au gros grain à l'écran.

L'autre point fort du film c'est la dégaine de l'acteur principal, non professionnel, l'impayable Ubeimar Rios, dôs voûté, dents de guingois et regard vide. Sa médiocrité criante, ses mauvais choix récurrents et son égarement congénital rendent le personnage d'Oscar à la fois attendrissant et grotesque : on prend un plaisir un peu coupable à suivre cette comédie humaine dans laquelle tout le monde semble mesquin et aimable à la fois.

Une belle surprise et un cinéaste à suivre.

 

2e

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Les voyages de Tereza

L'action de ce film se déroule dans un Brésil très légèrement dystopique, dans lequel les vieillards sont conviés à rejoindre une "colonie" dont on peut penser qu'ils ne reviennent jamais.

Lorsque Tereza, soixante-quatorze ans, est à son tour invitée à quitter sa simple baraque, elle se rebelle et décide de réaliser son rêve de toujours : voler dans les airs.

Vont s'en suivre un chapelet d'errances tour à tour poétiques et picaresques, marquées par de belles rencontres et de curieuses aventures.

Le film doit beaucoup d'une part à sa charismatique actrice principale, Denise Weinberg, et à la nature brésilienne d'autre part : on découvre une Amazonie rarement aussi bien filmée au cinéma, aquatique, industrielle et magique à la fois. On y croise aussi bien un escargot à la bave bleue que des combats à mort de poissons, sur lesquels on parie. 

La caméra de Gabriel Mascaro se révèle habile et caressante : elle rend à merveille le mélange de douceur et d'âpreté qui émane du personnage de Tereza, septuagénaire qui décide de commencer une nouvelle vie avec toute la force d'une deuxième jeunesse.

Un très beau film, qui n'a pas eu l'accueil qu'il aurait mérité dans les salles. 

 

3e

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Planètes

Il est rare de voir un film dont on se dit qu'il rebat les cartes de ce qu'est capable de produire l'art cinématographique.

C'est l'exploit que réalise pourtant l'étonnant Planètes de Momoko Seto. Imaginez : il s'agit de suivre l'odyssée de quatre akènes de pissenlit à travers le cosmos.

Le film est sans dialogue, et pourtant on ne s'ennuie pas une seule seconde. Les images sont d'abord parfois sidérantes, mélange de prises de vues réelles et d'animation. Le résultat est souvent féerique, donnant à voir la nature comme on ne l'envisage jamais : une limace filmée en gros plan apparaît ainsi comme le monstre le plus incroyable que l'imagination puisse nous proposer.

L'écriture du film est par ailleurs assez fine. Les quatre akènes ont ainsi chacun leur personnalité (c'est un jeu que d'apprendre à les identifier) et leurs aventures permet de conjuguer une progression d'ordre picaresque et la possibilité de quelques réflexions générales d'ordre écologiques qui, bien qu'un peu convenues, n'en restent pas moins pertinentes.

C'est un voyage poétique original que propose donc Planètes, qui mérite d'être découvert.

 

2e

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