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Christoblog

Le discours

Le discours est construit sur un a priori original, qui reflète d’ailleurs fidèlement la construction du roman de Fab Caro.

Son « temps réel » est celui d’un repas de famille, lors duquel les personnages principaux vont se figer à plusieurs occasions, permettant ainsi de très nombreuses digressions menées par son personnage : réflexions personnelles, commentaires sur ce qui se dit, flash-backs renvoyant à de nombreuses époques différentes, réalité virtuelle, flash-forwards fantasmés.

Une fois accoutumé à cette construction un peu complexe, bien servie par la mise en scène de Laurent Tirard, on prend un vrai plaisir à suivre les mésaventures d’Adrien. Si on ne rit jamais vraiment aux éclats, on sourit souvent à l’évocation des petites travers de chacun, dans lesquels chacun saura se reconnaître (ou reconnaître un proche).

Sans originalité, Le discours propose donc un divertissement de bon aloi, qu’on souhaiterait parfois plus épicé ou moins convenu, mais qui finit par convaincre, grâce à l’entrain de Benjamin Lavernhe, qui semble dispenser ici un cours complet de comédie et révèle un talent comique qu’il avait déjà esquissé dans Mon inconnue.

 

2e

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Balloon

Les steppes d’Asie centrale et orientale sont curieusement à la mode ces dernières années, mettant souvent en avant des femmes fortes en prise avec les difficultés de la vie.

C’est de nouveau le cas dans ce film du tibétain Pema Tseden, dans lequel nous suivons l’histoire de Drolkar, épouse et solide fermière, qui se débat entre éducation de garçons turbulents, difficultés de contraception (les ballons du titre sont – entre autres – des préservatifs détournés de leur usage par ses garnements de fils) et croyance bouddhiste en la réincarnation.

Le résultat est un film rythmé d’une grande beauté. On s’égare avec délice et curiosité dans les méandres de cette jolie histoire qui mêle avec légèreté pittoresque, méditation mélancolique et réalisme social.

A ne pas rater, surtout si vous êtes, comme moi, amoureux de ces régions.

 

3e

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Vaurien

Vaurien énerve tout d’abord un peu par son apparente décontraction, par la nonchalance affectée de sa narration à trou.

Mais passé ce premier mouvement instinctif, il faut reconnaître au film une capacité hors du commun à dessiner en quelques scènes bien troussées un personnage, une ambiance (le bar, le chien), un milieu professionnel (le BTP), une relation, un mode de vie (le squat).

On peine à croire vraiment ce que l’on voit. Le réalisateur excelle à maintenir le doute sur les intentions de son personnage principal, puis, lorsque ces doutes sont levés, sur ses actions réelles. C’est dans cet entre-deux inconfortable que surgit la rayonnante Ophélie Bau, qu’on n’avait plus vu depuis Mektoub my love.

La relation qu’elle tisse avec Djé est en totale contradiction avec le reste de l’histoire, et les fantaisies semées sur notre chemin (l’incroyable arrestation chantée sur un air d’Azanavour) nous empêchent de nous inquiéter vraiment pour elle.

Peter Dourountzis propose avec ce premier film une tonalité résolument originale, dont on a hâte de voir comment elle évoluera. Pierre Deladonchamps, obsidienne opaque et rayonnante, porte le film sur ses épaules et s’avère une nouvelle fois excellent.

 

3e

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La nuée

Le problème du film de Just Philippot, c'est de vouloir mélanger plusieurs genres sans vraiment exceller dans aucun, et sans que le mélange ne prenne vraiment.

La nuée commence comme le tableau d'une ruralité menacée par la précarité, un sujet commun dans le cinéma français récent (Petit paysan, Au nom de la terre). Son ancrage dans le sud de la France, sa maîtrise technique, la prestation de Suliane Brahim (pensionnaire de la Comédie Française), rendent le début du film plutôt plaisant.

Le propos du film change ensuite assez vite de nature : on s'intéresse de plus en plus à l'état mental du personnage principal, qui se dégrade rapidement, au fur et à mesure qu'un élément fantastique (que je ne dévoilerai pas) entre en jeu.

Ce glissement n'est pas très réussi. Les ficelles du scénario sont un peu grosses, et les traits appuyés. Je me suis désintéressé d'une histoire qui devient de plus en plus prévisible, jusqu'à une fin spectaculaire et horifique, qui respire plus la performance numérique que l'émotion.

 

2e

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Nomadland

Tous les films de Chloé Zhao possèdent plusieurs qualités en commun : une extrême attention aux protagonistes, une connexion à la nature qu'elle partage avec peu de cinéastes, et une mise en scène souple et déliée.

Le résultat est ici tout à fait convaincant, comme l'étaient ses deux premiers films. Je craignais que sa collaboration avec une actrice de la renommée de Frances McDormand nuise aux qualités quasi-documentaires de son travail, mais il n'en rien. L'actrice multi-oscarisée se fond avec un naturel stupéfiant au milieu d'un casting où les personnages jouent leur propre rôle.

Le résultat est d'une humanité rare. Le moindre geste d'attention (offrir un briquet, toucher la main, partager un feu) prend des proportions de sainteté, alors que la descente vers le Sud des Etat-Unis se transforme en une sorte d'épiphanie des marges. 

Bien sûr le film montre la pauvreté en lisière du rêve américain, comme le faisaient ceux de Chaplin et de Ford, et certains le verront probablement principalement sous cet angle, mais il est aussi (et pour moi surtout) une formidable ode à la liberté absolue, entre grâce et dénuement, trivial et sublime.

La mise en scène de Zhao est confondante de beauté, enchaînant travellings inspirés, montage rythmé et gros plans émouvants, le tout dans des tonalités bleutées et grisâtres. 

Nomadland mérite tous ses prix, mais il est plus qu'un gagnant, il est un passeur.

 

4e

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Concours 5ème set : Gagnez 3x2 places (Terminé)

A l'occasion de la sortie en salle du film de Quentin Raynaud avec Alex Lutz, 5ème set, le 16 juin, je vous propose de gagner 3 x 2 invitations valables partout en France. 

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : citez un autre film qui met en scène le tennis ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 15 juin 20 h.
 
Un tirage au sort départagera les gagnants.

NB : un des trois lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Petite maman

Quelque chose ne fonctionne pas dans Petite maman.

Dès les premiers plans, le film se place dans une position un peu surplombante : la petite fille joue de façon froide et désincarnée, alors que la caméra louvoie un peu artificiellement dans un couloir. Quelques instants plus tard, dans un plan tourné à l'extérieur, la mère adopte une posture qui m'a semblé complètement anti-naturelle.

La suite du film se situe dans la continuité de ce début. A la fois un peu laborieux, manquant de grâce et au final très anecdotique. Sciamma ne creuse pas le vertige métaphysique qu'aurait pu générer son idée originelle : soit la mère pose des questions accessoires à la fille ("tu m'auras à quel âge ?"), soit les deux sont montrées dans des moments d'innocence (le bateau, les crêpes) qui sont comme déconnectés du sujet du film.

Le résultat est un peu froid, par moment assez beau, et globalement insipide et pesant.

Céline Sciamma sur Christoblog : Tomboy - 2011 (****) / Bande de filles - 2015 (*) / Portrait de la jeune fille en feu - 2019 (*)

 

2e

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Concours Un printemps à Honk-Kong : Gagnez 2x2 places (Terminé)

A l'occasion de la sortie en salle du film  Un printemps à Honk-Kong le 9 juin, je vous propose de gagner 2 x 2 invitations valables partout en France. 

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : comment s'appelle le film précédent du réalisateur Ray Yeung ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 9 juin 20 h.
 
Un tirage au sort départagera les gagnants.

NB : un des deux lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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A l'abordage

Le nouveau film de Guillaume Brac, artisan singulier, modeste et attachant du cinéma français contemporain, est à voir en ce moment sur Arte TV.

Comme souvent chez ce cinéaste précieux, le trait est d'une grande finesse. Il s'agit ici de suivre Félix, gaillard fort en gueule de la banlieue parisienne, dans un pari un peu fou : rejoindre dans le Sud une fille rencontrée lors d'une soirée au bord de la Seine. 

Accompagné par son ami Shérif, géant placide et raisonnable, Félix rencontre un jeune chauffeur coincé par le biais d'un covoiturage hasardeux. L'arrivée au camping de Die va occasionner toute une série de mini évènements à la fois tendres, profonds et révélateurs.

Guillaume Brac réussit merveilleusement bien à nous faire ressentir cette ambiance très spécifique aux vacances d'été : à la fois ouverte à tous les possibles et comme ralentie, dans la glu chaude de l'été. Dans ce contexte formidablement dessiné, les jeunes gens du film explorent leurs liens et leur propre personnalité. Sous l'oeil avisé du cinéaste, on a presque l'impression de les voir en temps réel choisir leur façon d'être : serais-je un affreux goujat ou finalement un mec sympa ? Un gars coincé qui n'a jamais de meufs ou un homme qui prend ses responsabilités ?

Il y a dans ce film une qualité d'observation qu'on voit peu dans le cinéma français : je vous le conseille chaudement.   

Guillaume Brac sur Christoblog : Un monde sans femmes - Le naufragé - 2012 (***) / Tonnerre - 2014 (***)

 

3e

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The father

Difficile pour moi de comprendre l'engouement que suscite ce film, que je trouve compassé, trop long et peu original.

Son principe tient en une phrase : ce que l'on voit à l'écran n'est pas la réalité, mais le fruit de l'imagination d'Anthony, qui souffre de la maladie d'Alzheimer. 

Une fois ce postulat découvert, quelques minutes après le début du film, The father va tourner en boucle autour de quelques objets et thèmes : la fille disparue, la montre, l'appartement, le poulet.

C'est beaucoup trop peu pour maintenir l'attention du spectateur pendant 1h et 38 minutes, d'autant plus que cette proprette imagerie de chaos mental ne possède pas d'unité stylistique marquante (ou alors on la résumera au travelling arrière) ni de puissance évocatrice. La réalisation, qui manque absolument d'idées de cinéma, est d'une neutralité aseptisée qui n'entraîne pas le vertige que la situation devrait générer. Florian Zeller, dont je ne connais pas le travail d'écrivain, s'avère ici être un bien piètre cinéaste, assez pataud dans ses intentions (le dernier plan sur les arbres !) et dans sa pratique.

The father est tout juste sauvé par l'interprétation d'Anthony Hopkins, qui sort le grand jeu, alors qu'Olivia Colman use un peu trop de son air d'ahurie résolument optimiste.

Une déception.

 

2e

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La voix humaine

Pas facile de parler de cet objet curieux que j'ai du mal à appréhender : à peine plus qu'une publicité pour Nespresso, un peu moins qu'un moyen métrage, La voix humaine résiste à la catégorisation.

Le mieux est peut-être de l'envisager comme une dette vis à vis du temps qui passe : on se souvient que dans Femmes aux bord de la crise de nerf, il était déjà question de mettre en scène cette pièce de Cocteau. Ou peut-être comme une sorte de manifesto : moi, Almodovar, esthète devant l'éternel, je vais jouer avec les couleurs (je milite pour la création du rouge Almodovar), la réversibilité des décors, le sens du rythme et le choix des accessoires, l'utilisation judicieuse de la musique, la beauté insondable des vêtements, autant de sujets que je maîtrise et que j'aime.

Dernière option possible : le film est le compte-rendu de la rencontre d'Almodovar entomologue et de la mante religieuse Tilda Swinton, l'actrice qui ne perd jamais une occasion de tourner avec les plus grands.

Le résultat ne m'a pas réellement enthousiasmé, même s'il me faut admettre qu'il est admirable par certains aspects. La voix humaine est au pire une curiosité de cinéphile, au mieux une friandise pour les fans. Le contenu narratif de l'oeuvre est égal à son pitch, tout l'intérêt réside donc dans sa forme, almodovarienne en diable, sans déchet, sans graisse, mais aussi curieusement sans beaucoup de goût.

A vous de voir.

 

2e

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Concours Suzanna Andler : Gagnez 3x2 places (Terminé)

A l'occasion de la sortie en salle du film de Benoit Jacquot Suzanna Andler le 2 juin, je vous propose de gagner 3 x 2 invitations valables partout en France. 

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : quel est l'auteur de la pièce dont le film est tiré ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 2 juin 20 h.
 
Un tirage au sort départagera les gagnants.

NB : un des trois lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Garçon chiffon

Il y a beaucoup de choses énervantes dans Garçon Chiffon : des acteurs qui font leur numéro sans être intégré dans l'histoire (coucou la copine de Dix pour cent, Laure Calamy), des longueurs inutiles, des tentatives de lyrisme benoîtement ratées (la chanson de la fin, n'est pas Christophe Honoré qui veut), des effets trop appuyés et au final un égocentrisme un peu trop à fleur de peau.

Et pourtant, je n'arrive pas à émettre un avis réellement négatif sur ce film, très attachant. Nicolas Maury y met certes beaucoup de lui-même, et si cela peut être parfois un peu lourd, c'est aussi par moment assez émouvant.

Le film comprend de jolies scènes à la limite du fantastique (par exemple le séjour chez les nonnes), qui possèdent un charme certain. Il sait aussi être délicatement drôle et est admirablement servi par la prestation époustouflante de Nathalie Baye, dont le visage, souvent filmé en gros plan, est bouleversant de beauté.

Garçon chiffon aurait gagné à être écourté de 20 minutes. Malgré tout, il constitue un divertissement plutôt recommandable.

 

2e

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Concours Playlist : Gagnez 2x2 places (Terminé)

A l'occasion de la sortie en salle du film Playlist le 2 juin, je vous propose de gagner 2 x 2 invitations valables partout en France. 

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : citez une autre oeuvre de Nine Antico. 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 1er juin 20 h.
 
Un tirage au sort départagera les gagnants.

NB : un des deux lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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Michel-Ange

Le dernier film d'Andrey Konchalovsky est d'abord une splendeur visuelle. La direction artistique rappelle celle du film de Patrice Chéreau, La reine Margot : dépouillement ostentatoire, lumière splendide, scène de groupe impressionnante, gros plans magnifiques sur les visages. 

Michel-Ange est ensuite un tableau saisissant (et en partie un autoportrait ?) du génie créateur. L'acteur italien Alberto Testone prête ses traits burinés à ce rôle démesuré : un Michel-Ange qui apparaît possédé par son art, à la limite de la folie. Ses démêlés avec les puissants, ses concurrents (amusant portrait de Raphaël, son exact opposé), sa famille et ses fidèles sont passionnants à suivre.

Si vous êtes amateur de peinture, ne vous attendez pas à un film qui vous apprendrait quelque chose sur le sujet : Michel-Ange nous montre finalement l'homme à l'oeuvre dans la gestion du quotidien plutôt que le génie créant ses oeuvres, et c'est à mon sens une de ses grandes qualités. Il est donc question ici de seau d'urine jeté par les fenêtres, de beuverie, de sang, d'argent, d'approvisionnement en marbre (les scènes à Carrare sont d'une beauté sidérante) et de la présence du diable, qui rôde.

Pour ma part, j'ai été emporté par ce récit à la fois démesuré et prosaïque, lumineux et terrien.

 

4e

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Les femmes de mes amis

Dans la très riche filmographie de Hong Sang-Soo, ce neuvième film n'apporte pas grand-chose de nouveau.

Pour résumer très brièvement cet opus, sans en déflorer le contenu, disons qu'il s'agit de suivre un cinéaste d'art et d'essai dans deux aventures durant lesquelles il va séduire les femmes de deux connaissances, avec à chaque fois de curieuses similitudes  dans les circonstances (des amis qui n'invitent jamais personne chez eux, une scène dans les toilettes, des hors champs assez mystérieux, de l'alcool, une pierre volcanique...).

On retrouve donc ici la structure en dyptique de plusieurs de ses films précédents, dont le très bon La vierge mise à nu par ses prétendants, la réalité incertaine et les coïncidences étranges qui ont déjà fait l'objet de plusieurs développements, les problèmes d'égo d'un cinéaste, approfondis dans l'étonnant Contes de cinéma par exemple.

A ce stade de sa carrière (la fin du premier tiers), Les femmes de mes amis apparaît donc comme une sorte de digest de ce que le réalisateur sait faire. Le film manque toutefois d'allant pour entraîner une grande adhésion, et ne constitue pas la meilleure porte d'entrée dans l'univers de HSS. Le point positif du film, qui me fait le considérer tout de même positivement, est le très beau personnage féminin de la deuxième partie, qui explose lors d'une dernière scène très forte. "Je n'ai pas de toile d'araignée entre les jambes" est une des plus belles répliques mise par Hong Sang-Soo dans la bouche d'une actrice.

 

2e

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Falling

Le premier film de Viggo Mortensen est pétri d'intentions louables : dresser le portrait d'un père qui approche de la fin, montrer le rapprochement de celui-ci et de son fils qui a évolué dans un milieu totalement différent, donner à voir la beauté de la nature américaine, faire ressentir au spectateur la fine trame du temps. 

Bien sûr, rien de bien nouveau dans ces objets déjà largement abordés, mais Mortensen parvient à y apporter une petite touche personnelle qui rend le film aimable au premier abord, et qui tient principalement dans sa placidité d'adulte gay, résigné face aux attaques homophobes de son facho de père. 

On est donc d'abord plutôt séduit par Falling, même si la multiplicité syncopée des flash-backs donnent un peu le tournis. Malheureusement, le film stagne assez vite : son propos ne progresse plus vraiment, la trame temporelle nous égare un peu plus, et surtout le personnage du père devient tellement détestable que l'amour de son fils finit par nous échapper. Même si on déteste le personnage, il faut reconnaître que la performance de l'acteur Lance Henriksen est incroyablement forte dans le registre sexiste, machiste, violent, raciste et réac.

Un film à connotation autobiographique, honnête et parfois touchant, mais dont la longueur et le manque d'originalité érodent à la longue notre curiosité. A noter un cameo amusant de David Cronenberg en médecin proctologue.

 

2e

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Mandibules

Plus la filmographie de Quentin Dupieux progresse, plus ses films gagnent en qualité technique et en cohérence. 

Le bricolage un peu foutraque des débuts laisse la place à une loufoquerie moins provocatrice, plus maîtrisée mais aussi plus inoffensive, alors que la confection du film devient plus "pro". Dans Mandibules comme dans Le daim, il faut en effet noter la qualité de la photographie, la vivacité du montage et l'unité de ton : autant de points faibles des premiers films que Dupieux a su gommer.

Comparé à son prédécesseur, Mandibules m'a toutefois semblé en retrait. La profondeur psychologique que Dujardin parvenait à insuffler à son personnage laisse ici la place à un premier degré qui ne laisse quasiment aucune place à la surprise. Le contenu programmatique du film (filmer la connerie pour ce qu'elle est) n'est troublé que par le personnage joué par Adèle Exarchopoulos, qui apporte tout à coup un peu de spontanéité inattendue et de vraie loufoquerie dans le train-train un peu ennuyeux des deux compères demeurés.

Pour ma part, mon premier vrai rire est survenu lors de la scène où Agnès pénètre dans la chambre, voit la mouche et crie. Jusqu'alors, je m'étais un peu ennuyé à écouter quelques spectateurs s'esclaffer, tentant vainement de comprendre ce qui pouvait causer cette hilarité, sonnant parfois un peu forcée, il faut le dire.

La deuxième partie de Mandibules est plus enlevée que la première, ce qui permet au film de finir sur une note sympathique, même si l'impression générale est celle d'une superficialité agréable mais un peu vaine.

 

2e

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Nina Wu

Voici un film très étonnant, qui tente de nous faire entrer dans la psyché d'une actrice ayant subi un viol dans son milieu professionnel, tout en assumant une grande ambition formelle.

Disons-le, on ne comprend tout d'abord pas exactement ce qu'on voit à l'écran. Une actrice passe un casting et semble échouer. Puis on la voit tourner le film. Cette première partie est très belle formellement, et assez angoissante. Puis Nina Wu bascule dans une chronique intime au ton très différent (drame familial, histoire d'amour), avant de basculer finalement dans un chaos mental qui dessine progressivement la résolution du film, étonamment assez claire.

Comme on le voit, la narration est alambiquée, mais contribue à l'intérêt que suscite ce film taïwanais. Qu'il soit écrit par l'actrice principale ajoute à son charme. Wu Ke-Xi est en effet impressionnante au sein de cette histoire qu'elle a elle-même écrite et qui semble la posséder. La mise en scène du réalisateur Midi Z est de toute beauté, et parfois même virtuose.

Un exercice de style très intéressant, qu'il faut avoir la curiosité de décrypter.

 

3e

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Concours Slalom : Gagnez 3x2 places (Terminé)

A l'occasion de la réouverture des salles de cinéma en France, et de la sortie en salle du très bon film Slalom (voir ma critique) le 19 mai, je vous propose de gagner 3 x 2 invitations valables partout en France. 

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : dans quelle ville est située la section sport études que fréquente Lyz ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 18 mai 20 h.
 
Un tirage au sort départagera les gagnants.

NB : un des trois lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

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