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Her

Dans une Los Angeles magnifiquement fantasmée, Joachin Phoenix livre le plus beau rôle de sa carrière.

Evacuons d'entrée ce qu'on peut reprocher au film de Spike Jonze : il est parfois maladroit (l'écran noir pour la scène de sexe), son scénario n'est pas particulièrement original (on a déjà vu au cinéma des histoires d'amour avec des porte-clés, des poupées gonflables ou des chimpanzés), son rythme est sujet à de laborieux ralentissements.

Mis à part ces quelques réserves, Her ne présente que d'immenses qualités, à commencer par la beauté époustouflante de son monde futuriste et doux, dans lequel tout ne semble tendre qu'à la beauté et aux loisirs. Décors, lumières, musiques, intérieurs, costumes (ah, ces pantalons taille haute sans ceinture), couleurs, éclairages : tout concourt à dessiner la trame d'un monde cohérent, à la fois moelleux et terriblement flippant. C'est à mon sens la plus belle réussite que j'ai pu voir au cinéma dans le genre.

Deuxième atout majeur du film : la prestation titanesque de Joachin Phoenix, acteur dont j'ai souvent douté, mais qui ici est presque de chaque plan, et parvient à jouer une palette d'émotions infinie. Le reste du casting est absolument parfait, avec une Amy Adams parfaitement craquante, et la voix parfaitement dosée de Scarlett Johansson (les mauvaises langues diront qu'elle tient là son meilleur rôle).

Ajoutez à ces deux qualités un scénario qui sait ménager quelques temps forts (l'incroyable tentative à trois) et une mise en scène d'une élégance rare, et vous obtenez un des films les plus attachants de ce début d'année.

Un peu décevant lors de sa vision, il révèle dans les jours qui suivent sa vision toute sa puissance évocatrice de ce que peut être l'Amour : une démence profonde, utile pour combattre le monstre rampant de la Solitude. Une grande réussite formelle.

 

4e

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LAMOTHE 07/04/2014 00:48

Des pistes trop succinctement esquissées malgré une idée de départ qui pouvait laisser présager des développements intéressants sur le sujet d'une modification, voire d’une transformation, des rapports amoureux, liés à une démocratisation des nouvelles technologies, et par là même à un bouleversement des rapports sociaux, aussitôt abandonnées par le réalisateur. Une esthétique kitsch (assez 80's) qui s'explique mal (mise à distance?) Un film qui donne l'impression de ne jamais véritablement démarrer et une absence de rythme que ne masque pas les quelques situations ou gags cocasses qui parsèment le film. Une bonne interprétation de la part des acteurs, soit. Mais un film poussif et médiocre. Je conseillerais plutôt aux amoureux du cinéma de (re)voir Dans la peau de John Malkovitch ou encore le très intéressant Adaptation du même réalisateur. Pour moi, un film qu'il me sera facile d’oublier.

bannish 06/04/2014 15:32

Moui. Quelqu'un m'avait dit "c'est bien , mais attention, c'est un film de gonzesses". C'est certes un peu brutal, et serait même désormais passible de représailles si ce jugement n'avait été tenu en privé (cet anonyme a bien conscience de la gravité de son propos, et a fait contrition depuis). Alors comment dire ? L'idée est originale, et il y aurait tellement à développer sur le rapport au réel vs/ virtuel (un régal pour cours de philosophie aristotélicienne vs/ platonicienne), mais l'ensemble est bien long, très lent, et avec disons un goût immodéré pour la romance introspective :)

тном ряи 22/03/2014 12:08

Je n'irai pas jusqu'aux 4 étoiles. C'est un beau film, touchant et élégant. Malheureusement, la 2e heure souffre d'un vrai coup de mou.