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Christoblog

Alter ego

Il y a un défi un peu fou au coeur du nouveau film de Bruno Lavaine et Nicolas Charlet : faire jouer à Laurent Lafitte deux rôles de sosies parfaits (un homme médiocre, un autre parfait) que personne ne reconnait comme tels dans le film.

Ce dispositif improbable crée une connivence avec le personnage d'Alex : seuls lui et nous spectateurs réalisons ce que la situation a de grotesque. 

Une fois le postulat posé, Alter ego est dans un premier temps un grand présentoir de toutes les mesquineries et grands travers de l'âme humaine (ou masculine ?) : jalousie, faiblesse, manipulation, tromperie, mensonge. Les situations s'enchaînent tambour battant, multipliant les grands moments de gênance (j'utilise à dessein de nouveau mot entré dans le petit Robert en 2023, qui décrit parfaitement ce qu'on ressens en voyant le film).

Et puis dans sa dernière partie, le scénario millimétré de Nicolas & Bruno se décale tout à coup dans un registre encore plus barré, proche des délires de Quentin Dupieux (en mieux) et flirtant avec le fantastique. 

On ne sait plus exactement ce qu'on est en train de regarder mais on se laisse entraîner dans un tourbillon de scènes surprenantes et choquantes, toujours servies par un art supérieur de l'écriture, jusqu'à la pirouette finale, délicieuse et improbable.

L'ensemble constitue un bon moment de cinéma pour peu qu'on apprécie les comédies stylisées et loufoques, et semble pousser tout droit Laurent Lafitte vers un deuxième César consécutif de meilleur acteur.

 

3e

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Le gâteau du président

Il nous parvient rarement des films des pays arabes du Moyen-Orient, mais lorsque c'est le cas (le saoudien Wadjda, le jordanien Inchallah un fils), ces films partagent souvent les mêmes caractéristiques : une grande finesse d'écriture, une attention délicate portée aux femmes et aux enfants, un tableau "en creux" de la société du pays concerné.

Dans le gâteau du président, on suit ainsi une petite fille adorable qui est tirée au sort pour confectionner un gâteau d'anniversaire pour Sadam Hussein. Elle est très pauvre, et n'a pas les moyens d'acheter les ingrédients nécessaires : va s'en suivre une épopée picaresque qui sera prétexte à décrire à la fois de beaux sentiments humains (un amour naissant, l'affection de la grand-mère qui se sent partir) et une société iraquienne des années 80 figée dans un culte de la personnalité atrocement omniprésent.

Malgré quelques maladresses d'interprétation, ce premier film de Hasan Hadi, Caméra d'or au dernier festival de Cannes, convainc par la beauté de ses images (fantastique décor lacustre au début et à la fin du film), la délicatesse de son écriture et la variété des sentiments qu'ils génèrent chez le spectateur (du rire à l'émotion, en passant par la surprise ou l'effroi).

Une très belle découverte.

 

3e

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Woman and child

Quelques mois après le formidable Un simple accident, revoilà le cinéma iranien sur nos écrans, avec le nouveau film de Saeed Roustaee, auteur du formidable Leïla et ses frères.

On retrouve ici la patte du réalisateur : un effet choral, des dilemmes moraux (que serait le cinéma iranien sans cela ?), des rebondissements abondants (presque trop), un beau portrait de femme en lutte avec le patriarcat traditionnel et une réalisation nerveuse.

On est littéralement happé par le scénario, un peu plus fouillis que d'habitude chez ce réalisateur, mais qui ne révèle ici sa saveur que sur la longueur du film.

En accompagnant le parcours de cette femme blessée, le spectateur aura l'occasion d'explorer de nombreux sentiments, en même temps que les personnages du film : culpabilité, désir de vengeance, besoin de justice. Il aura aussi une bonne vision de la société iranienne contemporaine et de ses problèmes, corruption et patriarcat en tête de liste. 

Woman and child se termine sur un plan de toute beauté, ourdi de jeux de transparence et d'ouvertures, baignant dans une atmosphère (enfin) apaisée, dans laquelle la sororité apporte un peu de douceur.

 

3e

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Le son des souvenirs

Dans le projet du cinéaste sud-africain Oliver Hermanus, il y avait beaucoup de choses intéressantes : un duo d'acteurs au sommet de la hype (Paul Mescal / Josh O'Connor), un sujet touchant (une histoire d'amour gay sur le long terme dans l'Amérique du début du XXème siècle), une toile de fond passionnante (la collecte de chansons folkloriques traditionnelles).

Las ! L'assemblage final de tous ces bons ingrédients est insipide. On s'ennuie à suivre cette romance tout juste sortie de la naphtaline, qui ne parvient pas à donner de la profondeur aux interactions entre les deux personnages principaux.

L'aspect documentaire sur la recherche de chansons est de loin le point le plus intéressant du film, mais il ne parvient pas non plus à nous captiver, par manque d'approfondissement.

La réalisation est propre, les paysages magnifiques, et on se demande au final comment il est possible avec autant d'atouts d'arriver à ne générer aucune vraie émotion. Un coup de maître en matière de ratage.

 

2e

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Concours Un poète : Gagnez 3 DVD

A l'occasion de la sortie en DVD chez Epicentre Films de Un poète, je vous propose de gagner le DVD du film.

Pour ce faire :

 - Répondez aux questions suivantes:
1) Quelle est la nationalité du réalisateur ?
2) Quelle est le prénom de l'acteur jouant Oscar ?
 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 7 mars, 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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Les dimanches

La réalisatrice espagnole Alauda Ruíz de Azúa (connue en France pour la série Querer), signe ici un très beau film, qui aborde un thème peu abordé dans le cinéma contemporain : la vocation religieuse d'une jeune fille de dix-sept ans qui décide de rejoindre une communauté de religieuses.

Le scénario du film décrit très finement l'environnement de la  jeune Ainara : un père veuf en grande difficulté financière qui voit d'un bon oeil sa fille embrasser une vocation qui ne lui coûte rien, une tante athée révulsée par la décision de sa nièce et qui trompe son compagnon (adorable par ailleurs), une grand-mère tolérante, un garçon séduisant qui pourrait devenir son petit ami.

La question de l'appel de Dieu (de toute façon difficilement matérialisable à l'écran) devient ainsi presque secondaire, et l'accent est mis sur les réactions familiales que la décision de la jeune fille entraîne.

Un autre point fort de Les dimanches est aussi de nous faire entrer dans la communauté religieuse en même temps qu'Ainara, et d'en éprouver à la fois la dureté et la spiritualité. Finalement le film ménage les convictions de chacun, et sa subtilité est probablement son grand intérêt.

La composition de la jeune actrice Blanca Soroa, dont c'est le premier film, est remarquable. La "sainteté" affleure souvent à la surface de son visage, induisant par moment chez le spectateur le curieux sentiment d'assister à un documentaire sur le sujet.

 

3e

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