Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

Un jour avec mon père

Un jour avec mon père est un film nigérian assez pointu : se déroulant dans les années 1990, il fait référence à d'obscurs évènements politiques qui vous laisseront totalement à côté du chemin si vous n'êtes pas un fin connaisseur du pays.

Sa construction est aussi très recherchée, à l'image des premières scènes, qui, associées à la dernière, semblent indiquer que tout le film n'est peut-être qu'un rêve.

Si on n'est pas très attaché à comprendre le sens d'une oeuvre, on pourra peut-être apprécier le style du réalisateur Akinola Davies Jr, qui emprunte beaucoup de codes au cinéma d'auteur européen : couleurs délavées, tournage en 35mm, gros plans signifiants, écrans blancs.

J'ai trouvé pour ma part que malgré ses qualités (on est parfois happé par une atmosphère ou un plan), le film manquait d'énergie et se perdait un peu dans l'ambition de son écriture sophistiquée. L'acteur principal britannique, Sope Dirisu, a une belle présence (on peut le voir dans la série Gangs of London). 

A voir éventuellement.

 

2e

Voir les commentaires

Concours Pour Klára : gagnez 3x2 places

l'occasion de sa sortie, je vous propose de gagner 3x2 places pour découvrir le film Pour Klára du Slovène Olmo Omerzu, qui sort sur les écrans ce mercredi.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : dans quels pays se déroule l'action du film ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le samedi 4 avril 14h
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite les places envoyé par le distributeur. NB : un des trois lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

Voir les commentaires

Avignon

J'ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi cette comédie romantique sans aucune originalité a eu d'aussi bonnes critiques.

Rien n'y est en effet très bon. Le scénario est paresseux, les péripéties convenues, les acteurs inconsistants.

Baptiste Lecaplain y joue avec une médiocrité épanouie un rôle de ravi de la crèche amoureux, dans un style aimablement consensuel qui nous rappelle son premier métier, animateur de colonie de vacance. Alison Wheeler est un peu plus piquante, sans être exceptionnelle.

Ce doit être le décor que fournit le Festival d'Avignon qui a poussé à cette mansuétude : les rédacteurs ont dû prendre du plaisir à retrouver l'ambiance du Festival et l'animation de ses rues.

Pourtant, dans ce film qui parle de théâtre, la magie de la représentation n'est absolument pas présente, ni dans la pièce de boulevard, ni dans le Cid. Ce qui est montré à l'écran de la scène est convenu, triste et plat : l'effervescence créatrice d'Avignon n'est pas du tout restituée.

Avignon est une petite chose proprette sans aspérité, une sorte de Plus belle la vie à prétexte culturel, de laquelle on sort instantanément amnésique.

 

1e

Voir les commentaires

Un poète

Ce film étonnant est assez traditionnel dans son déroulement : un professeur maladroit aide une jeune élève douée à préparer un concours de poésie, avant de vivre un retour de bâton qui met en évidence une pittoresque lutte des classes, qui m'a rappelé le cinéma italien des années 70.

C'est par son ton que Un poète se distingue. Simon Mesa Soto propose un essai tout à fait original qui donne au film des airs de faux documentaire tourné à la va-vite, caméra à l'épaule et 16mm au gros grain à l'écran.

L'autre point fort du film c'est la dégaine de l'acteur principal, non professionnel, l'impayable Ubeimar Rios, dôs voûté, dents de guingois et regard vide. Sa médiocrité criante, ses mauvais choix récurrents et son égarement congénital rendent le personnage d'Oscar à la fois attendrissant et grotesque : on prend un plaisir un peu coupable à suivre cette comédie humaine dans laquelle tout le monde semble mesquin et aimable à la fois.

Une belle surprise et un cinéaste à suivre.

 

2e

Voir les commentaires

Les voyages de Tereza

L'action de ce film se déroule dans un Brésil très légèrement dystopique, dans lequel les vieillards sont conviés à rejoindre une "colonie" dont on peut penser qu'ils ne reviennent jamais.

Lorsque Tereza, soixante-quatorze ans, est à son tour invitée à quitter sa simple baraque, elle se rebelle et décide de réaliser son rêve de toujours : voler dans les airs.

Vont s'en suivre un chapelet d'errances tour à tour poétiques et picaresques, marquées par de belles rencontres et de curieuses aventures.

Le film doit beaucoup d'une part à sa charismatique actrice principale, Denise Weinberg, et à la nature brésilienne d'autre part : on découvre une Amazonie rarement aussi bien filmée au cinéma, aquatique, industrielle et magique à la fois. On y croise aussi bien un escargot à la bave bleue que des combats à mort de poissons, sur lesquels on parie. 

La caméra de Gabriel Mascaro se révèle habile et caressante : elle rend à merveille le mélange de douceur et d'âpreté qui émane du personnage de Tereza, septuagénaire qui décide de commencer une nouvelle vie avec toute la force d'une deuxième jeunesse.

Un très beau film, qui n'a pas eu l'accueil qu'il aurait mérité dans les salles. 

 

3e

Voir les commentaires

Planètes

Il est rare de voir un film dont on se dit qu'il rebat les cartes de ce qu'est capable de produire l'art cinématographique.

C'est l'exploit que réalise pourtant l'étonnant Planètes de Momoko Seto. Imaginez : il s'agit de suivre l'odyssée de quatre akènes de pissenlit à travers le cosmos.

Le film est sans dialogue, et pourtant on ne s'ennuie pas une seule seconde. Les images sont d'abord parfois sidérantes, mélange de prises de vues réelles et d'animation. Le résultat est souvent féerique, donnant à voir la nature comme on ne l'envisage jamais : une limace filmée en gros plan apparaît ainsi comme le monstre le plus incroyable que l'imagination puisse nous proposer.

L'écriture du film est par ailleurs assez fine. Les quatre akènes ont ainsi chacun leur personnalité (c'est un jeu que d'apprendre à les identifier) et leurs aventures permet de conjuguer une progression d'ordre picaresque et la possibilité de quelques réflexions générales d'ordre écologiques qui, bien qu'un peu convenues, n'en restent pas moins pertinentes.

C'est un voyage poétique original que propose donc Planètes, qui mérite d'être découvert.

 

2e

Voir les commentaires

Pillion

Pillion est un film vertigineux, qui donne à voir une relation de domination / soumission épanouie (et sans violences physiques, il faut le signaler) dans le milieu des bikers gays britanniques.

Pour celui qui est totalement étranger à ce type d'attirance, le processus qui pousse à un tel niveau de servitude volontaire a quelque chose de profondément mystérieux. Disons-le, Pillion le donne à voir dans toute sa crudité, et plus d'un spectateur pourra être choqué par les scènes extrêmement crues de sexe - mention spéciale pour une scène de pique-nique mémorable.

Pour rendre une telle histoire crédible, il faut des interprètes exceptionnels. Harry Melling en amoureux transi et soumis est formidable, mais c'est surtout Alexander Skarsgård qui crève l'écran, viking sculptural et mutique.

Le réalisateur Harry Lighton parvient habilement à nous intéresser à cette comédie romantique originale, qui nous montre que ce type de couple n'échappe pas à un certain nombre de poncifs concernant les couples en général (jalousie, présentation aux parents, délitement). Il conclut son film joliment, distillant une réflexion intéressante sur les relations entre sentiment et rôle joué dans la relation qui unit les deux personnages.

Une réussite, qui pourra choquer (à Cannes de nombreux spectateurs sont sortis de la salle pendant la projection).

 

2e

Voir les commentaires

Alter ego

Il y a un défi un peu fou au coeur du nouveau film de Bruno Lavaine et Nicolas Charlet : faire jouer à Laurent Lafitte deux rôles de sosies parfaits (un homme médiocre, un autre parfait) que personne ne reconnait comme tels dans le film.

Ce dispositif improbable crée une connivence avec le personnage d'Alex : seuls lui et nous spectateurs réalisons ce que la situation a de grotesque. 

Une fois le postulat posé, Alter ego est dans un premier temps un grand présentoir de toutes les mesquineries et grands travers de l'âme humaine (ou masculine ?) : jalousie, faiblesse, manipulation, tromperie, mensonge. Les situations s'enchaînent tambour battant, multipliant les grands moments de gênance (j'utilise à dessein de nouveau mot entré dans le petit Robert en 2023, qui décrit parfaitement ce qu'on ressens en voyant le film).

Et puis dans sa dernière partie, le scénario millimétré de Nicolas & Bruno se décale tout à coup dans un registre encore plus barré, proche des délires de Quentin Dupieux (en mieux) et flirtant avec le fantastique. 

On ne sait plus exactement ce qu'on est en train de regarder mais on se laisse entraîner dans un tourbillon de scènes surprenantes et choquantes, toujours servies par un art supérieur de l'écriture, jusqu'à la pirouette finale, délicieuse et improbable.

L'ensemble constitue un bon moment de cinéma pour peu qu'on apprécie les comédies stylisées et loufoques, et semble pousser tout droit Laurent Lafitte vers un deuxième César consécutif de meilleur acteur.

 

3e

Voir les commentaires

Le gâteau du président

Il nous parvient rarement des films des pays arabes du Moyen-Orient, mais lorsque c'est le cas (le saoudien Wadjda, le jordanien Inchallah un fils), ces films partagent souvent les mêmes caractéristiques : une grande finesse d'écriture, une attention délicate portée aux femmes et aux enfants, un tableau "en creux" de la société du pays concerné.

Dans le gâteau du président, on suit ainsi une petite fille adorable qui est tirée au sort pour confectionner un gâteau d'anniversaire pour Sadam Hussein. Elle est très pauvre, et n'a pas les moyens d'acheter les ingrédients nécessaires : va s'en suivre une épopée picaresque qui sera prétexte à décrire à la fois de beaux sentiments humains (un amour naissant, l'affection de la grand-mère qui se sent partir) et une société iraquienne des années 80 figée dans un culte de la personnalité atrocement omniprésent.

Malgré quelques maladresses d'interprétation, ce premier film de Hasan Hadi, Caméra d'or au dernier festival de Cannes, convainc par la beauté de ses images (fantastique décor lacustre au début et à la fin du film), la délicatesse de son écriture et la variété des sentiments qu'ils génèrent chez le spectateur (du rire à l'émotion, en passant par la surprise ou l'effroi).

Une très belle découverte.

 

3e

Voir les commentaires

Woman and child

Quelques mois après le formidable Un simple accident, revoilà le cinéma iranien sur nos écrans, avec le nouveau film de Saeed Roustaee, auteur du formidable Leïla et ses frères.

On retrouve ici la patte du réalisateur : un effet choral, des dilemmes moraux (que serait le cinéma iranien sans cela ?), des rebondissements abondants (presque trop), un beau portrait de femme en lutte avec le patriarcat traditionnel et une réalisation nerveuse.

On est littéralement happé par le scénario, un peu plus fouillis que d'habitude chez ce réalisateur, mais qui ne révèle ici sa saveur que sur la longueur du film.

En accompagnant le parcours de cette femme blessée, le spectateur aura l'occasion d'explorer de nombreux sentiments, en même temps que les personnages du film : culpabilité, désir de vengeance, besoin de justice. Il aura aussi une bonne vision de la société iranienne contemporaine et de ses problèmes, corruption et patriarcat en tête de liste. 

Woman and child se termine sur un plan de toute beauté, ourdi de jeux de transparence et d'ouvertures, baignant dans une atmosphère (enfin) apaisée, dans laquelle la sororité apporte un peu de douceur.

 

3e

Voir les commentaires

Le son des souvenirs

Dans le projet du cinéaste sud-africain Oliver Hermanus, il y avait beaucoup de choses intéressantes : un duo d'acteurs au sommet de la hype (Paul Mescal / Josh O'Connor), un sujet touchant (une histoire d'amour gay sur le long terme dans l'Amérique du début du XXème siècle), une toile de fond passionnante (la collecte de chansons folkloriques traditionnelles).

Las ! L'assemblage final de tous ces bons ingrédients est insipide. On s'ennuie à suivre cette romance tout juste sortie de la naphtaline, qui ne parvient pas à donner de la profondeur aux interactions entre les deux personnages principaux.

L'aspect documentaire sur la recherche de chansons est de loin le point le plus intéressant du film, mais il ne parvient pas non plus à nous captiver, par manque d'approfondissement.

La réalisation est propre, les paysages magnifiques, et on se demande au final comment il est possible avec autant d'atouts d'arriver à ne générer aucune vraie émotion. Un coup de maître en matière de ratage.

 

2e

Voir les commentaires

Concours Un poète : Gagnez 3 DVD

A l'occasion de la sortie en DVD chez Epicentre Films de Un poète, je vous propose de gagner le DVD du film.

Pour ce faire :

 - Répondez aux questions suivantes:
1) Quelle est la nationalité du réalisateur ?
2) Quelle est le prénom de l'acteur jouant Oscar ?
 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 7 mars, 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

Voir les commentaires

Les dimanches

La réalisatrice espagnole Alauda Ruíz de Azúa (connue en France pour la série Querer), signe ici un très beau film, qui aborde un thème peu abordé dans le cinéma contemporain : la vocation religieuse d'une jeune fille de dix-sept ans qui décide de rejoindre une communauté de religieuses.

Le scénario du film décrit très finement l'environnement de la  jeune Ainara : un père veuf en grande difficulté financière qui voit d'un bon oeil sa fille embrasser une vocation qui ne lui coûte rien, une tante athée révulsée par la décision de sa nièce et qui trompe son compagnon (adorable par ailleurs), une grand-mère tolérante, un garçon séduisant qui pourrait devenir son petit ami.

La question de l'appel de Dieu (de toute façon difficilement matérialisable à l'écran) devient ainsi presque secondaire, et l'accent est mis sur les réactions familiales que la décision de la jeune fille entraîne.

Un autre point fort de Les dimanches est aussi de nous faire entrer dans la communauté religieuse en même temps qu'Ainara, et d'en éprouver à la fois la dureté et la spiritualité. Finalement le film ménage les convictions de chacun, et sa subtilité est probablement son grand intérêt.

La composition de la jeune actrice Blanca Soroa, dont c'est le premier film, est remarquable. La "sainteté" affleure souvent à la surface de son visage, induisant par moment chez le spectateur le curieux sentiment d'assister à un documentaire sur le sujet.

 

3e

Voir les commentaires