Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

Un simple accident

Ceux et celles qui découvriront le cinéma iranien avec Un simple accident entreront dans cette belle maison lumineuse et accueillante par la grande porte.

On trouve en effet dans la Palme d'or 2025 tous les éléments qui rendent cette cinématographie si aimable : une extrême attention portée à la caractérisation de chacun des personnages, un suspense psychologique mené avec beaucoup de subtilité, un tableau de la vie quotidienne d'une grande acuité, un état de la situation sociale et politique décrite avec finesse.

A tous ces éléments, qu'on trouvent souvent dans les films de Farhadi, Rasoulov, Roustaee et bien d'autres, s'ajoute la spécificité du cinéma de Jafar Panahi : un sens de l'humour dévastateur, parfois mordant, parfois tendre, toujours teinté d'une sorte d'autodérision distante.

C'est comme si le réalisateur nous susurrait à travers son film un message d'espoir indéfectible : comme vous le voyez, le peuple iranien vit de grands drames, et les cicatrices seront longues à cicatriser, mais il aura la force de se relever quoi qu'il arrive, par la grâce de son humour et de son sens de la solidarité.

Ce message est servi ici par les immenses qualités qui font d'Un simple accident un joyau comme on en voit peu : scénario millimétré, mise en scène d'une aérienne élégance et direction d'acteur époustouflante.

Pour conclure le film, un dernier plan de toute beauté, trouvaille à la hauteur de ce qu'on a vu auparavant et parfaite synthèse de ce qui rend le film si précieux : une mise en scène inspirée qui sert un scénario brillantissime.

Probablement le chef d'oeuvre de Jafar Panahi.

Jafar Panahi sur Christoblog : Ceci n'est pas un film - 2011 (***) / Taxi Téhéran - 2015 (****) / Trois visages - 2018 (**) / Aucun ours - 2022 (***)

 

4e

Voir les commentaires

L'intérêt d'Adam

Une gentille infirmière se rebelle contre sa méchante hiérarchie pour aider une mère instable psychologiquement et son enfant.

Oui, vous avez raison, c'est une situation qu'on a l'impression d'avoir vu mille fois et qu'on verra mille fois supplémentaires encore, probablement filmée avec le même "sentiment de temps réel en milieu hospitalier" qu'on a découvert il y a trente ans déjà dans la série Urgences, et qui n'a vraiment plus rien d'original.

Le film de la Belge Laura Wandel ne cherche pas vraiment à dépasser ce portrait de bonne samaritaine tourné comme il se doit avec la caméra à l'épaule : l'auréole de sainteté qui semble étinceler au-dessus de la tête le Léa Drucker aurait pourtant méritée d'être challengée.

Son attitude n'est en effet pas exempte de critiques potentielles. Ne protège-t-elle pas injustement une mère toxique qui constitue une véritable menace pour son enfant (elle a déjà failli le tuer, et semble tout à fait prête à recommencer) ? N'outrepasse-t-elle pas allègrement les limites déontologiques de son métier ? Ne consacre-t-elle pas trop de temps à une seule patiente alors que beaucoup d'autres ont besoin d'elle ? Pourquoi prend-elle toutes ces décisions irrationnelles ? Ne devrait-elle pas confronter son opinion à celles de ses collègues, comme cela est préconisé en milieu hospitalier ?

En bref, il y avait sûrement beaucoup de films intéressants à faire autour de ce sujet, mais aucun de ceux-ci n'existe dans L'intérêt d'Adam, pâle décalque sur grand écran d'une collection de clichés usuels sur l'hôpital, qui ne prend à aucun moment la peine de caractériser psychologiquement ses personnages, ni d'installer une vraie tension dramatique.

Une grande déception.

 

1e

Voir les commentaires

Oui

Pour commencer, il me faut dire que Nadav Lapid est à la fois un cinéaste doué et un fin (et acide) observateur des évolutions de la société israélienne. 

On peut donc, si on regarde ses films comme des sortes de  témoignages, y trouver un intérêt.

Ces précautions étant prises, je dois avouer que Oui m'a profondément déplu. Le film m'est en effet apparu comme un fouillis peu maîtrisé, accumulant les effets, les tics, les essais approximatifs. Si Nadav Lapid n'était pas par ailleurs si réservé et humble, on pourrait juger cette manière extrêmement prétentieuse : on a l'impression qu'il s'agit d'en "mettre plein les yeux", plutôt que de prendre soin de son spectateur.

Les thématiques se superposent dans le film sans se fondre entre elles (deuil des parents, difficulté de vivre en couple, d'être un artiste, culpabilité face aux destructions de Gaza, horreur du 7 octobre, nostalgie du passé). Tout cela ne fait pas un film, d'autant plus que les modalités choisies, en gros un montage épileptique et des situations grotesques, ne favorisent pas l'empathie.

Pour aller un peu plus loin, Oui comporte trois parties. Dans la première, La belle vie, on suit un couple danseuse/clown complètement déjanté faire leur travail dans des fêtes délirantes.  On pense à certaines scènes de La grande belleza, la démesure baroque et hédoniste en moins, la morbidité masochiste en plus. C'est long, lourd et insupportable de vacuité repue.

Dans la deuxième partie, Le chemin, il est question d'un amour d'enfance et de la mort d'une mère. Le film s'adoucit et devient légèrement plus intéressant. Dans la dernière partie, La nuit, onirique et sadique, on suit un magnat russe se faire lécher les chaussures par sa cour (entre autres choses).

J'ai déjà dit de Nadav Lapid qu'il était un brillant intellectuel et un cinéaste imaginatif, qui fait des films peu aimables sur des personnages antipathiques. C'est ici encore plus vrai, et Oui dure 2h30, qui m'ont parues très, très longues.

Je le déconseille donc fermement, sauf si vous prenez plaisir à souffrir et réfléchir en même temps.

Nadav Lapid sur Christoblog : L'institutrice - 2014 (**) / Synonymes - 2019 (**) / Le genou d'Ahed - 2021 (**)

 

1e

Voir les commentaires

La trilogie d'Oslo : Désir

Des trois opus de la trilogie d'Oslo, Désir est celui qui a reçu le moins bon accueil critique.

Il faut dire que sa forme est moins ample que celle des deux autres parties : Rêves offrait une variation polyphonique autour de la notion de réalité et Amour dessinait une vaste carte du tendre moderne.

Désir, lui, ne montre pratiquement que des dialogues ayant pour sujets deux évènements étonnants concernant deux amis ramoneurs (!) : le premier a eu une relation sexuelle avec un client (alors qu'il n'est pas homosexuel), et le second fait un rêve persistant dans lequel David Bowie le regarde comme une femme (!!).

Les deux amis échangent avec leur compagne respective sur ces sujets lors de longues conversations lors desquelles toute une variété de sentiments d'une étonnante profondeur se font jour. La mise en scène, qui pourrait être statique, se réinvente constamment, à l'image de la première scène lors de laquelle la caméra pivote doucement dans un somptueux mouvement.

Haugerud introduit également dans son récit de curieux évènements, qui apportent au film une tonalité d'étrangeté poétique : une maladie de peau erratique, un attrape-rêve suspendu, une thérapeute qui soliloque sur Hannah Arendt. Toutes choses qui semblent amplifier et faire résonner la sourde interrogation qui constitue l'épine dorsale du film : quelle est la véritable nature du désir, et plus largement peut-être, qu'est ce que la masculinité ?

Ainsi, ce qui ne paraît être de prime abord qu'une anecdote salace s'avère au final une profonde interrogation existentielle.

Une superbe conclusion à la trilogie, qui place Haugerud parmi les grands.

La trilogie d'Oslo sur Christoblog : Rêves - 2025 (**) / Amour - 2025 (***)

 

3e

Voir les commentaires

Left-handed girl

Pour ceux qui aiment le cinéma asiatique, ce premier film de la réalisatrice thaïlando-taïwananise Shih-Ching Tsou est immanquable.

Tout ici respire en effet l'Asie dans ce qu'elle produit de meilleur au cinéma : l'attention aux laissés pour compte (comme dans le cinéma chinois contemporain), les fines descriptions de relations familiales et un scénario retors (comme chez Kore-Eda), la plongée en apnée dans la vie de la rue (comme chez le Philippin Brillante Mendoza), une capacité à faire vibrer les enfants à l'écran (comme chez le génial Edward Yang).

La chronique du retour en ville de cette mère et de ses deux filles est palpitante dans la diversité de ses tonalités : chronique tendre, critique sociale impitoyable, tableau de la féminité à trois âges différents, thriller psychologique. J'ai été captivé par l'évolution de ces trois personnages, filmés par une caméra alerte et inspirée.

La réalisatrice étant la compagne et la collaboratrice de longue date de Sean Baker, on n'est pas étonné de retrouver dans Left-handed girl quelques qualités du réalisateur d'Anora (qui est ici aussi producteur) : une merveilleuse façon de s'intéresser aux femmes, un sens de l'humour aiguisé et une crudité sans tabou.

Un des meilleurs films à voir en ce moment.

 

3e

Voir les commentaires

Libre échange

Le nouveau film de Michael Angelo Covino met en scène le même duo d'acteurs que son film précédent, à savoir lui-même et son alter ego mal dégrossi, Kyle Marvin.

Malheureusement, le ton de comédie douce amère qui faisait le charme de The climb est ici abandonné pour celui d'une pétaradante chronique qui frôle le burlesque, dopée par les prestations très physiques de Dakota Johnson et Adria Arjona.

Après un début plutôt drôle, Libre échange se mue en une chronique poussive de l'apprentissage de l'amour libre par deux couples américains bien sur eux : les choses ne vont pas se bien passer (quelle surprise !), la nature humaine, ou plutôt la jalousie masculine, reprenant vite le dessus sur les bonnes intentions libertaires.

Le film s'avère être une sorte de vaudeville épicé, dans lequel les péripéties s'accumulent sans vraiment imprimer notre mémoire, comme une sorte de codicille modernisé à tout un pan de la culture de l'adultère, de Marivaux à Woody Allen. La psychologie des personnages est ramenée à des sentiments basiques sans aucune profondeur.

On s'ennuie un peu, on ne rit pas beaucoup, et à la fin du film, dont une des qualités est tout de même d'être parfaitement rythmé, on oublie quasi instantanément ce qu'on vient de voir.

Michael Angelo Covino sur Christoblog : The climb - 2020 (***)

 

2e

Voir les commentaires

Renoir

Le cinéma de la réalisatrice japonaise Chie Hayakawa a quelque chose d'évanescent : son pointillisme teinté de fantastique crée de douces atmosphères vaporeuses, et parfois malsaines.

Renoir dresse ainsi le portrait de Fuki, petite fille de onze ans abandonnée à elle-même : son père est en train de mourrir, et sa mère est absente.

Fuki s'occupe comme elle peut, écrit des textes dans lesquels elle rêve de tuer ses parents, se fait des amis, tombe amoureuse d'un pédophile, et regarde la télé. Toutes ces activités sont placées sur un même plan, filmées avec sensibilité, mais sans relief, ne générant aucune empathie.

Vous l'avez compris, malgré d'indéniables qualité de mise en scène, je n'ai pas trop accroché à ce tableau vaporeux d'une époque peu avenante (les années 80 au Japon), desservi par une écriture approximative.

 

2e

Voir les commentaires

Nino

Ce premier film est aussi l'un des meilleurs films français de l'année à mes yeux.

Le sujet pourrait être dramatique. On peut le révéler car c'est l'objet de la première scène : Nino apprend qu'il est atteint d'une maladie grave, et qu'il doit commencer au plus tôt un lourd traitement qui va entraîner de lourdes conséquences.

A partir de ce point de départ pas très gai, la réalisatrice Pauline Loquès réussit un film étonnamment lumineux et apaisant. Il y a une sorte de magie dans sa façon de transformer les émotions en sentiments profonds et délicats, dans un Paris qu'on a l'impression de redécouvrir le temps d'un week-end, à travers l'oeil bienveillant de la caméra.

Pour réussir ce tour de force, il faut un acteur exceptionnel, et c'est peu dire que la prestation du Canadien Théodore Pellerin est ici renversante, empreinte de tout ce que le cinéma français d'auteur peut offrir de meilleur : de la délicatesse, des émotions, de la justesse, le tout baignant dans une sorte d'humour poétique.

Parmi les atouts du film, il faut également citer les belles prestations de Jeanne Balibar (la mère), de Mathieu Amalric qui fait une apparition délicieusement décalée, et surtout de William Lebghil, égal à lui-même dans le rôle "du meilleur pote qu'on puisse avoir".

Un film à voir absolument.

 

3e

Voir les commentaires

The insider

Passé relativement inaperçu lors de sa sortie en mars dernier, le dernier film de Steven Soderbergh rappelle combien ce dernier peut être un cinéaste élégant et efficace.

Il nous offre ici une sorte de Cluedo d'espionnage stylé : six personnes dont un couple, et un traitre parmi ces six personnes. Sur cette base minimaliste, le cinéaste américain tisse une intrigue aiguisée comme un rasoir, dans laquelle tout le monde soupçonnera tout le monde, et qui trouvera une résolution brillante et alambiquée, mitonnée par le scénariste David Koepp.

Dans ce jeu des ombres millimétré, le couple Cate Blanchett / Michael Fassbender fait merveille, affichant avec décontraction une classe imparable.

Le film est court (1h30), sec et hyper-stylé, doté d'une photographie étonnante et très typée (arrière-plans très flous, couleurs ternes, halos de lumières artificielles). L'ensemble est plaisant, ouvrant quelques fenêtres originales sur les thèmes préférés de Soderbergh, notamment celui des confessions sexuelles salées, déjà abordé dans son premier film, Sexe, mensonge et vidéo.    

Une bonne soirée.

 

2e

Voir les commentaires

La femme qui en savait trop

J'aime beaucoup le cinéma iranien, dont je ne rate pratiquement aucun film visible en France, et j'apprécie aussi beaucoup le talent de scénariste de Jafar Panahi.

J'étais donc conditionné à aimé le film de Nader Saeivar, habituel collaborateur de Panahi.

Malheureusement, malgré quelques qualités caractéristique des films iraniens (une attention aux détails de la vie quotidienne, une minutieuse exploration de la psychologie des personnages, un suspense autour d'un cas de conscience), j'ai trouvé qu'ici la sauce ne prenait pas, principalement par la faute d'un scénario "à trous", qui par ailleurs ne ménage aucune surprise. 

Il y a dans La femme qui en savait trop (un titre qui ne correspond pas vraiment au contenu du film) beaucoup de carences dans ce qui est raconté : que devient la fille après la mort de sa mère ? pourquoi est elle à l'hôpital ? pourquoi personne ne parle du corps de la femme ? peut on vraiment confondre le cadavre d'un homme et d'une femme ? ... je pourrais multiplier presque à l'infini les faiblesses d'une narration qui perd de ce fait finalement en intensité.

Restent un merveilleux portrait de femme (Maryam Boubani, très convaincante), le beau personnage du fils, impressionnant par sa densité de bêtise servile, et un tableau nécessaire de la précarité de la condition féminine en Iran.

Le dernier plan du film, outre le fait qu'on ne comprend pas ce la fille met dans la bouteille, est franchement maladroit par son onirisme benêt.

Une déception.

 

2e

Voir les commentaires

Fils de

Le premier film de Carlos Abascal Peiró, ancien journaliste, résonne curieusement avec l'actualité : il s'agit en effet dans le film de ... trouver un premier ministre !

Les candidats sont nombreux mais traînent tous plus ou moins une casserole (réelle ou montée de toute pièce par leurs adversaires) qui empêche leur nomination.

Le style du jeune cinéaste est sur-vitaminé, entraîné par une caméra sous acide et une succession de réparties bien senties et de gags dont beaucoup sont assez drôles.

On se n'ennuie pas une seconde, et fort heureusement le rythme effréné du début du film (une scène de fête tellement agitée que les dialogues en sont à peine audibles) se calme un peu pour ménager quelques jolies scènes dont François Cluzet est le centre, personnage plus doux que tous les autres.

On est ici dans le domaine de la parodie poussée à son extrême, les tares du monde politique étant exposées tour à tour, avec une acuité cruelle parfois délicieuse (je pense à l'allocution mielleuse de la candidate qui parsème ses propos d'un nombre incalculable de citations).

Un divertissement plaisant qui donne un coup de jeune à la comédie française.

 

2e

Voir les commentaires

Marco, l'énigme d'une vie

En visionnant Marco, l'énigme d'une vie, je n'ai pu m'empêcher de penser à un autre film espagnol récent, L'affaire Nevenka.

Les deux films ont en effet de nombreux points commun : ce sont des reconstitutions soignées de faits réels, se situant dans un passé proche, mettant en scène des personnages masculins peu reluisants, se développant sur le temps long, et sans effet de mise en scène particuliers.

Mais si Iciar Bollain nous faisait partager les épreuves traversées par Nevenka comme dans une palpitante fiction, les deux réalisateurs Aitor Arregi et Jon Garaño  ne parviennent pas ici à faire décoller vraiment leur film, qui jusqu'à la fin n'arrive pas à paraître autre chose qu'un documentaire-fiction scolaire, certes très bien fait mais ne générant aucune empathie.

Dans cette histoire incroyable d'un Espagnol ayant prétendu faussement avoir été déporté dans un camp de concentration, il nous manque quelques clés psychologiques pour que le film soit vraiment captivant : on ne comprendra jamais vraiment pourquoi Enric Marco a inventé cette histoire.

Reste tout de même l'intérêt documentaire de l'histoire à propos de la déportation de nombreux Espagnols durant la seconde guerre mondiale, qui justifie qu'on regarde tout de même Marco, l'énigme d'une vie.

 

2e

Voir les commentaires

Sirāt

Voici LE film que tout cinéphile attend de voir une fois dans sa vie : beau, puissant et par dessus tout imprévisible, ne ressemblant à rien de ce qui a été projeté dans une salle de cinéma jusqu'à ce jour. 

On ne comprend qu'approximativement ce qu'on voit (et entend !) dans un premier temps, et puis le film nous embarque dans une sorte d'aventure donquichottesque qui nous ravit, avant tout d'un coup d'imposer dans la salle une déflagration comme j'en ai peu vécu dans ma vie de spectateur.

A partir de ce moment, Sirāt devient une Odyssée onirique, hors du temps, dans un espace indéfini à l'ampleur vertigineuse, à la fois très loin de notre quotidien et tout à coup rattrapé par la plus cruelle des réalités (l'extrême fragilité de la vie), de celles qui nous font agripper l'accoudoir du fauteuil de la salle de cinéma comme on ne l'a jamais fait. 

J'ai conscience en écrivant ces lignes que je n'apporte rien de très éclairant à ceux qui n'ont pas vu le film, mais qu'ils me fassent confiance : sous ses atours de film "simple" sans morale, sans afféteries formelles, Sirat est une expérience de cinéma comme on en vit peu, entre nihilisme sensuel et cauchemar solaire.

Magnifique.

 

4e

Voir les commentaires

Concours Marco, l'énigme d'une vie : Gagnez 2 DVD (Terminé)

A l'occasion de la sortie en DVD chez Epicentre Films de Marco, l'énigme d'une vie, je vous propose de gagner le DVD du film.

Pour ce faire :

 - Répondez aux questions suivantes:
1) Quelle est la nationalité des deux réalisateurs ?
2) Quelle est le prénom de l'acteur jouant Marco ?
3) Dans quel grand festival le film a t il été présenté en compétition  ?
 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 7 septembre, 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

Voir les commentaires

Miroir N°3

Le cinéma de Christian Petzold n'est pas ma tasse de thé. Je n'accroche pratiquement jamais à sa façon de filmer froide et désincarnée, à la distance qu'il impose de toute force entre ses personnages et nous.

Mais si ces procédés m'exaspèrent quand ils s'appliquent à une dense matière romanesque (comme dans le dernier Ondine), je dois dire qu'ils se marient plutôt bien à la forme de conte minimaliste que prend Miroir N°3.

J'ai été d'abord plutôt charmé par la plate froideur du réalisateur allemand, qui donne à voir un mal-être qu'on devine pesant chez Laura. Malheureusement, à partir de l'accident, les incohérences manifestes du récit m'ont beaucoup gêné : pourquoi Laura ne prévient elle personne ? pourquoi ne s'étonne-t-elle pas quand son hôte l'appelle Yelena ? pourquoi à l'inverse pète-t-elle un plomb quand elle comprend pour qui on la prend - alors que la situation est évidente depuis le début pour tous ?

Le film déroule son programme cahin-caha vers une fin peu surprenante, dans une sorte d'atonie émotionnelle qui ne favorise pas l'empathie. Restent les points forts habituels de Petzold (jeu d'acteur intéressant, mise en scène élégante), mais qui ne parviennent pas à me convaincre complètement, une fois de plus.

Christian Petzold sur Christoblog : Barbara - 2012 (**) / Phoenix - 2014 (**) / Ondine - 2020 (*)

 

2e

Voir les commentaires

L'épreuve du feu

L'épreuve du feu est l'un des meilleurs films français que j'ai vu cette année.

Le sujet n'est pas si couramment traité au cinéma : que se passe-t-il si un garçon issu de la bourgeoisie ramène dans son groupe d'amis une fille pleine de verve, aux faux (et longs) ongles strassés, issue d'un milieu complètement différent du sien ?

Ce conflit de classe, auquel se heurtent violemment les sentiments, est traité ici d'une façon extrêmement subtile. Chaque personnage est finement dessiné avec ses contradictions et son passé (très touchant en ce qui concerne les deux principaux protagonistes), sans jamais être prisonnier de son déterminisme social.

On est donc surpris par l'évolution des évènements, absolument imprévisible, et touché par l'attitude des différents personnages. Il y a de la cruauté, mais aussi une grande empathie dans la façon dont Aurélien Peyre filme son petit groupe de jeunes.

La performance de l'actrice Anja Verderosa est prodigieuse, et m'a rappelé celle de Malou Khebizi dans l'excellent Diamant brut. Félix Lefebvre, que l'on a vu dans Rien à perdre en grand fils de Virginie Efira et surtout dans Eté 85, est lui aussi impeccable dans un rôle nuancé.

Une formidable découverte.

 

3e

Voir les commentaires