Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

L'Odyssée

Alors que j'ai été déçu par le dernier film de Christopher Nolan, je vais commencer par ce qui m'a plutôt plu.

Au rayon des satisfactions, il faut d'abord parler des décors naturels, de toute beauté. Les lieux de tournage (Sicile, Grèce, Maroc, Islande, Ecosse) sont bien choisis, et toujours en adéquation avec l'esprit de l'épisode qui s'y déroule.

L'absence de numérique à dose massive fait également du bien, et les effets spéciaux qui donnent vie aux monstres, géants et cyclopes, sont parfaits. Le rythme du film est également une de ses qualités : on ne s'ennuie (quasiment) pas durant les 2h53 du film.

L'impression générale que me laisse pourtant L'Odyssée est globalement négative. La raison principale en est certainement la façon dont Nolan transforme la puissance tellurique du texte homérique en clichés hollywoodiens, mal servi par un casting parfois peu convaincant.

Quelques exemples pour illustrer ce point de vue : Charlize Theron en Calypso ressemble a une James Bond girl qui émerge de la mer, Robert Pattinson semble jouer une dark romance à deux sous avec force roulements d'yeux pervers, Zendaya parait échappée de Dune en costume de fremen, elle est bien loin d'incarner la toute puissance intimidante d'Athéna.

Matt Damon lui même n'incarne pas, avec son physique body-buildé et sa moue permanente, toute l'ingéniosité vivace du toujours en mouvement Ulysse. 

Tout cette conformité finit par rendre le film du Britannique assez insipide, d'autant plus que Nolan, pour une fois, se contente d'une mise en scène extrêmement conventionnelle. 

Le résultat est un beau livre d'image qu'on a plaisir à feuilleter, mais dont la joliesse n'approche jamais en intensité la puissance du mythe et de ses réflexions quant à la guerre, l'amour, le temps.

Mieux vaut relire Homère.

 

2e

Voir les commentaires

La chaleur

J'aime beaucoup le cinéma de Stéphane Demoustier, aussi étais-je très impatient de découvrir son nouveau film.

Ce nouvel opus se situe quelque part entre le film de vacances (avec des clins d'oeil à Mektoub my love, la sensualité en moins) et le thriller psychologique versant culpabilité (on peut penser à Kieslowski), sans vraiment choisir sa voie.

Tout est ici esquissé, et on voit bien à la fois où Demoustier voudrait nous emmener, et la façon dont il rate son film : des facilités d'écriture, des personnages trop grossièrement dessinés, une intrigue qui se dilue vite (alors que le film ne dure que 1h33).

Restent tout de même d'évidentes qualités de direction d'acteurs (belle découverte de la jeune Martina la Manna) et la capacité qu'à Demoustier à tisser une atmosphère propre au film, ici de nature amère et cotonneuse.

A moitié réussi, à moitié raté : je vous laisse juge. 

 

2e

Voir les commentaires

La bataille de Gaulle - partie 2 : J'écris ton nom

Dans cette deuxième partie, on retrouve nombre des qualités de la première : des apports historiques passionnants, et parfois méconnus (le plan américain pour l'Europe d'après-guerre, par exemple), une intrigue qui englobe plusieurs destinées, des reconstitutions de guerre très réussies.

La particularité de cet opus est d'être plus politique. On entre ici dans le détail de la lutte entre les deux composantes françaises de résistance au nazisme : la France Libre de De Gaulle et les forces du général Giraud. Le rôle essentiel que joua Jean Moulin en faveur de De Gaulle, en créant le Conseil National de la Résistance, est très bien montré également.

On découvre aussi l'attitude de président Roosevelt (très bon Campbell Scott), pas franchement amène avec les résistants français, et dont l'attitude entre en résonance avec l'actualité.

Il faut saluer ici le travail du réalisateur Antonin Baudry, qui sera parvenu en cet été 2026 à amener plus de 2,5 millions de spectateurs en salle, pour se plonger dans une oeuvre de plus de cinq heures, complexe et (presque) sans pathos.

Il faudra aussi lui reconnaître une formidable capacité à diriger une brochette d'acteurs parfois aux antipodes de leurs rôles habituels, comme par exemple Thierry Lhermitte qui campe un Giraud formidable.

 

3e

Voir les commentaires

André is an idiot

Certains écrivent sur leur mort, d'autres font des films sur le sujet.

Avec l'aide du documentariste Anthony Benna, c'est ce qu'a décidé de faire André Ricciardi, publicitaire à succès et ado attardé, qui apprend qu'il est atteint d'un concert du colon, déjà généralisé.

La première partie du film est sidérante d'impertinence : André semble prendre son pronostic à la rigolade, et cela donne des séquences farcies d'humour noir, qui nous laissent indécis : faut-il rire de tout cela ou commencer à pleurer ? Tout cela est-il une blague et y a t'il un happy end caché ?

Eh bien non, il n'y en a pas : André est vraiment idiot de ne pas avoir fait sa coloscopie de contrôle, et il se dirige bel et bien vers une mort prochaine.

Dans son dernier tiers, lorsque la maladie devient génératrice de douleurs insupportables, la caméra s'éloigne évidemment d'André, donnant au film une tonalité bien différente, plus classique dans sa tristesse profonde, qui rend la début du film encore plus émouvant (la rencontre avec son épouse est par exemple rétrospectivement déchirante).

Une expérience hors du commun, pleine de trouvailles amusantes et originales, tels ses petits films d'animation qui parsèment le film : André is an idiot est un film dont on se souvient longtemps. Seul bémol au film le doublage en français (qui n'en est pas vraiment un puisque les voix françaises se superposent aux vois originales) gâche un peu le plaisir. 

 

2e

Voir les commentaires