L'artiste et son modèle
Le dernier film de Fernando Trueba possède deux atouts de taille.
Le premier, c'est l'interprétation exceptionnelle de Jean Rochefort. D'abord taciturne et peu loquace, le vieil acteur (82 ans) devient brutalement souriant, puis expressif, puis amoureux, dans un tourbillon de signes à peine perceptibles. C'est peu de dire que le visage de Rochefort est un paysage : le moindre froncement de ride évoque des mondes de sentiments, le plus petit plissement de paupières soulève des tempêtes de sensations.
A ses côtés, la jeune et ô combien pulpeuse Aida Folchs remplit parfaitement son office. Bien en chair, belle, mais d'une singulière beauté, elle donne une réplique idéale au vieux sage, ce qui fait naître de très beaux moments, dont une scène sublime, lors de laquelle est commenté avec un brio incroyable un dessin de Rembrandt. Un grand moment de cinéma.
Le deuxième atout du film est sa photographie en noir et blanc, magnifique. On ne se lasse pas de la caresse du soleil sur la peau du modèle, de la façon dont la nature est filmée, des effets de flou et de profondeur de champ, de cette façon presque magique d'éclairer les différentes parties du cadre avec une égale délicatesse.
J'ai craint dans un premier temps que le scénario ne s'égare dans des lieux communs un peu vains (comme Renoir, par exemple, qui partage tant de points communs avec le film de Trueba), mais j'avais tort. La patte de Carrière pour construire du solide et intéressant (la visite de l'officier allemand par exemple) fait de nouvelle fois son oeuvre.
Le film est beau, sensible, parfois drôle, souvent touchant, et continûment stimulant. De la belle ouvrage.
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Je craignais que 20 ans d'écart soit une comédie nulle se contentant se surfer sur la mode des femmes de 40 ans (cougar, MILF, etc) flashant sur les petits jeunes de 20 ans.
Cloud Atlas est intellectuellement stimulant et plastiquement gratifiant.
Comme le film précédent de Derek Cianfrance (Blue Valentine), The
place beyond the pines souffre de beaucoup de défauts et de quelques qualités - qui sont parfois les mêmes, d'ailleurs.
Il arrive que je tombe sous le charme d'un film tout simple, qui ne se la pète
pas, et qui retrouve les basiques du cinéma : raconter une histoire le plus efficacement possible, se mettre au service des ses personnages en ayant en tête le plaisir et l'élévation du
spectateur.
Comment tourner une pub pour un parfum ?
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Rodriguez est un artiste américain qui enregistre 2 albums dans les années 70, puis disparait de la circulation, au point qu'on pense qu'il s'est suicidé. Pendant ce temps, ses chansons font de lui une star ... en Afrique du Sud, alors engluée dans l'appartheid. A l'insu de son plein de gré, si je puis dire.
Date de sortie inconnue
Fin du
C'était ma première fois à Deauville, et je dois dire que cela m'a
beaucoup plu. La salle du CID (1500 places) ressemble un peu au Grand Théâtre Lumière de Cannes (2300 places), en plus petit, sans dress code, et jamais complet. Le fait que les deux salles du
festival donnent directement sur la plage a quelque chose de magique, surtout quand le soleil est au rendez-vous comme c'était le cas samedi. De quoi donner envie de tenter l'aventure du festival
du film américain !
Lion d'Or du dernier festival de Venise. L'oeuvre est vertigineuse, dérangeante
(des vagues de spectateurs ont quitté la salle), séche, austère, mais terriblement prenante. La photographie, le jeu des acteurs et le scénario à rebondissement rendent ce thriller psychologique
exceptionnel à bien des égards. Un coup de coeur.
Il y a des films sur lesquels on n'a même pas envie de taper. Ils sont tellement médiocres, vides et immédiatement oubliables qu'écrire trop longtemps à leur sujet leur ferait trop d'honneur.
Spring breakers est un film pop, vous l'entendrez dire sur tous les tons.
Ce week-end, je me déplace à Deauville pour assouvir une de mes principales passions cinéphiliques : voir des films en provenance d'Asie.
Drôle d'impression que j'ai ressentie à la vision de Neige, le film de
Jean-Henri Roger et de Juliet Berto, l'égérie de Rivette. Le film, qui date de 1981, paraît vraiment d'un autre temps. Le monde qu'il décrit, peuplé de R12, paraît bien éloigné du nôtre, mais la
façon de le filmer aussi.
: Non, et non, et non !
: Mouais, pourquoi pas
: A découvrir