Christoblog

Sils Maria

Disons-le tout net : j'avais toutes les raisons de ne rien attendre de ce film. Je n'aime pas le cinéma d'Assayas, Juliette Binoche n'est pas mon actrice préférée et Kristen Stewart ne représente rien de plus que Twilight à mes yeux.

La surprise éprouvée lors de la vision du film à Cannes fut d'autant plus grande. Le film me ravit en tout point : finesse astucieuse du scénario, qualité de la photo exceptionnelle, actrices au top. 

Juliette Binoche est vraiment excellente en actrice qui réfléchit sur le passage du temps, à la fois superbe et marquée, alors que Kristen Stewart compose un personnage extrêmement intéressant, à la fois opaque et cristalline. Dans l'ombre de Binoche, star internationale, elle dessine au début du film le portrait d'une simple assistante, et se densifie progressivement en faisant émerger de nombreuses questions : qui est-elle vraiment ? Que veut-elle ? A la fois confidente intime et esclave moderne (elle doit demander la permission de s'absenter, même la nuit), Kristen Stewart impose une présence magnétique.

Assayas parvient à tisser autour de ce couple étrange un mystère passionant et troublant, qui mêle habilement de multiples jeux de miroirs et dessine une infinité de possibilités.

Alors que le film a déjà atteint des sommets, il est tout à coup troublé par l'apparition extrêmement convaincante de Chloé Grace Moretz. Il est aussi un tableau saisissant de l'emprise des NTIC sur notre vie quotidienne.

En ne résolvant pas totalement son intrigue, en échappant à la tentation du coup d'éclat et de la cruauté gratuite, Sils Maria se maintient sur le fil d'un rasoir mystérieux et aérien. Du grand art.

 

4e

Commenter cet article

Emilia 29/08/2014 21:05

Je viens de sortir du ciné, et franchement j'ai adoré ! Comme tu le dis, une photographie remarquable, des dialogues prenants et ces actrices.. Mention spéciale pour Kristen Stewart qui m'as vraiment étonnée dans ce film, elle est très loin l'actrice de Twilight !
SPOILER : Bon par contre, j'avoue que c'est assez déstabilisant de ne pas savoir ce qu'est devenu l'assistante après sa disparition dans les montagnes, j'ai attendu qu'elle revienne dans toute la suite du film pour avoir une explication, et rien ! Mais après tout, cela ne fait que rajouter plus de mystère au film et c'est peut être pour ça qu'il m'as autant plu.

Chris 30/09/2014 21:30

Je suis parfaitement d'accord avec toi, la disparition de l'assistante enrichit le film !

Bellin 29/08/2014 00:07

À quoi tient qu’on adhère ou non à un film ? En tout cas, pour moi, il ne s’est RIEN passé à la vision de ‘Sils Maria’, une œuvre ambitieuse et, disons-le, intello. Dès l'interminable 1ère séquence (dans le train), le ton est selon moi donné : ça va être long, bavard, surjoué, démonstratif et au total mortellement ennuyeux. Le pire dans la salle obscure (ce « traquenard voluptueux » selon Genet), c'est de se dire, navré, de ressentir très vite : je n'y crois pas, ça tourne à vide, les stars sont des pros mais ne transmettent pas de vibration vraie, pas d'émotion palpable, nul enjeu existentiel pour le spectateur. Franchement, quel spectateur lambda peut se sentir concerné par la ménopause (et les pauses) d’une comédienne surbookée ? D’ailleurs, parlant de son film, Assayas avait prévenu : « Après ‘Irma Vep’, je reprends ce schéma d’une comédienne à qui je fais jouer quasiment son propre rôle. (…) En réalité, au cinéma, on ne fait pas passer des idées, mais de la dialectique. » Précisément, tout au long de son film soporifique, je me disais : on est bien dans le schéma, l’artifice, la démonstration, une sorte de snobisme du 7ème Art. Pour moi, juste une (trop) habile dissertation en images. Même le décor nietzschéen sent le procédé : Sils Maria, c’est tellement chic et choc ! (Et comme par hasard le réalisateur a souvent passé ses vacances en Suisse, à Sils Maria, comme toi et moi, je suppose.) Seule surprise : le serpent nuageux de Maloja qui est photogénique (et interminablement… métaphorique !) mais qui m’a reposé tout de même quelques instants de tout ce laïus ping-pong sur le Temps, la Féminité, la Modernité, la Culture, le Théâtre bla bla bla. En résumé, pas de traquenard voluptueux ici, mais un piège tortueux autant que filandreux. Ce n’est évidemment qu’un avis personnel ! Je suis impatient de voir de quel côté vont pencher ici les autres commentaires…

Nicole 30/09/2014 20:33

Tout à fait d'accord avec vous. En plus, interminable.....
Juliette Binoche joue faux (ses rires !!!!!)
Et cette histoire de Papparrazzi qui arrive comme un cheveu sur la soupe à la fin du film...