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Christoblog

La bataille de Gaulle - partie 1 : L'âge de fer

On pouvait craindre beaucoup de choses à propos de ce film : qu'il soit une hagiographie éhontée, qu'il étouffe l'histoire au profit de l'anecdote, qu'il joue le spectaculaire ou la sensiblerie à l'excès, ou qu'il verse dans la caricature facile.

Le réalisateur Antonin Baudry évite à peu près tous ces pièges, construisant une oeuvre complète et ambitieuse, qui donne à voir la figure du Général sans l'embellir (son côté psycho-rigide est rendu à l'écran sans atténuation), tout en creusant la complexité de l'époque.

L'attitude de Churchill, tantôt romantique, tantôt froidement pragmatique, est ainsi restituée avec beaucoup de finesse, tout comme les innombrables trahisons qui parsemèrent la première partie de la guerre.

Le film alterne les passages plutôt intimistes (très bel arc narratif autour du personnage de Fernand) et les moments beaucoup plus spectaculaires, comme la bataille de Bir Hakeim, reconstituée avec une maestria assez rare dans le cinéma français.

Le tout est bien balancé, servi par une mise en scène qui n'hésite pas à se montrer parfois imaginative, et un casting quatre étoile, parmi lequel il faut mentionner la prestation de Simon Abkarian en De Gaulle, impeccable de sobriété.

J'ai été happé par ce film sans prétention, mais pas sans ambition, et n'ai qu'une hâte : voir le second opus.

 

3e

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Disclosure day

Qu'apporte Disclosure day à la filmographie de Spielberg, et plus globalement au sous-genre de la science-fiction qui nous parle des extra-terrestres ?

Eh bien, par grand-chose, et c'est là le problème du film, qui paraît par bien des aspects terriblement daté, comme d'un autre temps. 

Si le savoir-faire du maître sauve un peu les apparences, il faut dire qu'on s'ennuie un peu, perdu que l'on est parmi une myriade d'idées et de concepts tous plus éculés les uns que les autres : des artefacts qui sont capables de tout faire (de la cape d'invisibilité à la prise de contrôle d'un esprit à distance), des illuminations sublimes qui font parler en coréen couramment quand on ne l'a jamais appris, des extra-terrestres capables de se transformer en animaux, une poupée à la grosse tête façon ET, etc.

Tout cela a été vu mille fois, et la répétition énervante de certains gimmicks (les méchants arrivent toujours dans dix voitures noires avec gyrophare) rend l'expérience parfois très pesante.

Ce n'est donc vraiment pas très bon. Dernier point : le film semble involontairement donner des argument aux théories complotistes de type Rosswell, et cela pourra en choquer certains.

Josh O'Connor et Emily Blunt font leur maximum, mais cela ne suffit pas à extraire Disclosure day de sa gangue de médiocrité façon 80's.

 

2e

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Concours Justa : Gagnez 3 DVD (Terminé)

A l'occasion de la sortie en DVD chez Epicentre Films de Justa, je vous propose de gagner le DVD du film.

Pour ce faire :

 - Répondez aux questions suivantes:
1) Quel film de la réalisatrice a été présenté au festival de Cannes 1998 et l'a fait connaître ?
2) De quelle nationalité est la réalisatrice du film, Teresa Villaverde ?
 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 5 juillet, 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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Le grand Phuket

Ce premier film ne marquera certainement pas l'histoire récente du cinéma chinois, comme on pu le faire Black dog ou les films de Diao Yinan, mais il présente l'avantage de nous faire pénétrer dans la vie quotidienne chinoise contemporaine.

Le réalisateur Liu Yiaonan nous montre ainsi une famille pauvre résidant dans un immeuble destiné à être détruit au profit d'un projet immobilier pharaonique, ainsi que le fonctionnement d'une école chinoise permettant la mixité sociale.

L'originalité du film est de mettre en scène dans ce décor intéressant l'histoire somme toute classique d'un adolescent mal dans sa peau, découvrant l'amitié, l'amour et la complexité des relations sociales avec les adultes, tout en y adjoignant des parenthèses résolument fantastiques.

Le mélange ne fonctionne pas toujours, mais il est difficile de ne pas éprouver une certaine tendresse devant cette avalanche d'intentions, si typique des premiers films, dans lesquels les auteurs semblent toujours vouloir mettre l'intégralité de leur monde intérieur.

On suivra avec attention la suite de la carrière de Liu Yiaonan.

 

2e

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Kika

Voici un très beau deuxième film de la réalisatrice Alexe Poukine, qui nous donne à voir un magnifique personnage de jeune femme.

Kika (excellente Manon Clavel) quitte son compagnon qu'elle n'aime plus et dont elle a eu une fille, pour David, dont elle tombe enceinte.

David meurt soudainement, et Kika se retrouve complètement fauchée. C'est une des plus grandes qualités du film de montrer la précarité quotidienne d'une famille monoparentale : le retour (compliqué) chez les parents, les ami(e)s compatissant(e)s mais impuissant(e)s, les ersatz bout de chandelle. 

Et puis un jour, Kika découvre par hasard que vendre ses culottes sales peut lui rapporter beaucoup d'argent. De fil en aiguille, elle s'intègre dans le petit monde des hommes masochistes et finit par y gagner sa vie, ce qui permet à Alexe Poukine de dresser de très beaux portraits d'hommes à la fois désespérés et touchants.

Kika est un très beau film générationnel qui offre de très délicats instantanés, avec une spontanéité séduisante et une sensibilité à fleur de peau qui apparait comme unique dans le cinéma français.

Un film à découvrir.

 

3e

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ChaO

Sorti subrepticement en mai de cette année, ce beau film du studio japonais novateur Studio 4°C est un véritable bijou, susceptible de raviver chez les amateurs d'anime les frissons qu'ont provoqué les films des studios Ghibli.

Tout ici est original : la narration un peu punk, l'animation par moment baroque, le propos décalé. Le spectateur, suivant ses goûts et son habitude des productions japonaises, pourra être tour à tour intrigué, charmé, choqué et ému.

Pour ma part j'ai adoré le déferlement de couleurs au service d'une comédie romantique renversant le principe de La belle et la bête (un beau jeune homme se voit contraint un-e poisson extrêmement laid). La mise en scène est d'une rare intelligence, les trouvailles fourmillent.

Un film à découvrir.

 

3e

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L'objet du délit

A l'image de son titre bizarre, le nouveau film d'Agnès Jaoui semble chercher longtemps son "ton".

Lors d'une longue première partie, l'impression générale que donne le film est de renvoyer dos à dos deux groupes irréconciliables.

D'un côté les boomers blasés et en grande partie impuissants, qui ne comprennent pas les enjeux de la modernité, qui tremblent parfois de se voir rattraper par une affaire "MeToo opéra", très méprisants vis à vis des plus jeunes. D'un autre les jeunes woke, pour la plupart écervelé(e)s, érigeant leurs exigences sous forme de phallus dans le décor de la pièce. La jeune metteuse en scène, jouée par Claire Chust, est même ridiculisée.

On se dit à se moment-là que Jaoui n'aime vraiment pas ses personnages, et la vision du film est assez difficile à supporter, jusqu'à ce que point de vue change à l'occasion d'une agression sexuelle, qui n'en est d'ailleurs pas vraiment une.

Agnès Jaoui semble alors retrouver un regain d'énergie, jouant plusieurs partitions mineures de comédie romantique, de déclaration d'amour à l'art vivant et de comédie sociale. L'objet du délit redevient alors aimable, même s'il ne fait pas oublier qu'il ne traite en profondeur aucun des problèmes qu'il survole.

Un peu d'indulgence m'amène à dire qu'au final l'expérience n'était pas si désagréable, même si certains pourront reprocher à Agnès Jaoui sa manière de sous-estimer le sujet du harcèlement sexuel.

 

2e

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The plague

Rien de bien original dans le propos du premier film du jeune Américain Charlie Polinger, qui nous propose une histoire de harcèlement dans un groupe de jeunes garçons en stage de .... water-polo.

Ce qui fait l'intérêt de cette première oeuvre, c'est l'incroyable maestria de la mise en scène, extrêmement précise, punchy et résolument moderne. 

Le montage, la direction d'acteur et l'élégance des mouvements de caméra rendent la proposition tout à fait plaisante à suivre, si l'on n'est pas gêné par le sadisme débonnaire de ces jeunes mâles qui chassent en meute.

Quelque part entre Sa majesté des mouches et Black Swan (les aspects presque fantastiques, les mutilations corporelles), The plague est un coup de maître qui place Polinger dans le club des cinéastes à suivre absolument.

A noter que le casting des ados, emmené par le magnétique Everett Blunk, contribue grandement à la qualité de ce film, à la fois sensoriel et cérébral.

A voir absolument si vous le pouvez.

 

3e

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L'être aimé

Il y a un an, au Festival de Cannes, un film mettait en scène une actrice pas très bien dans sa peau, à laquelle un père réalisateur, et jusque là absent, proposait un rôle. Il s'agissait de Valeur sentimentale, de Joachim Trier, qui séduisait par sa virtuosité et la variété des thèmes qu'il abordait.

Cette année, Rodrigo Sorogoyen propose pratiquement le même canevas pour son nouveau film L'être aimé : Javier Bardem est presque aussi désagréable que Stellan Skarsgård, et Victoria Luengo campe un personnage aussi instable que celui qu'interprétait Renate Reinsve.

Le niveau est pourtant bien plus faible dans le film espagnol, et c'est à mon avis dû aux manques de développement du scénario. Les personnages principaux sont figés dans leur posture (sourcils broussailleux et regard ombrageux pour Bardem), sans que leur relation soit véritablement l'enjeu d'un développement narratif. Les personnages secondaires sont sacrifiés, à l'image d'une Marina Foïs transparente, et les thématiques annexes juste esquissées.

Il manque à la fois un peu plus de chair et de profondeur à L'être aimé pour susciter un véritable intérêt. Le film est aussi beaucoup trop long, et ce ne sont pas ses inutiles coquetteries (quelques plans en noir et blanc) qui peuvent nous distraire. 

A noter que c'est le troisième film de la compétition de Cannes 2026 qui montre à la fois un créateur et sa création. Cette répétition excessive donne au final une impression d'entre-soi chichiteux. Autrement dit, on commence à en avoir marre des états d'âmes de ces artistes mal dans leur peau (et par ailleurs pleins aux as).

Pour être tout à fait juste, deux scènes méritent d'être sauvées : la première conversation, merveille de champ/contrechamp au plus proche des visages, et la scène de tournage du repas, qui donne une vue à mon avis assez juste de l'emprise harcelante que peut avoir un cinéaste sur son équipe.

 

2e

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Cocotte

Drôle de film que cet essai du Hongrois György Pálfi, qui tente la même prouesse que Jerzy Skolimowski dans EO : nous raconter les turpitudes de l'espèce humaine à travers un regard animal. Il s'agit ici d'une poule, alors que le Polonais donnait le premier rôle à un âne.

Le début du film est construit comme un survival. Notre valeureuse poule noire (c'est à sa couleur qu'elle doit à la fois sa survie et ses déboires) doit échapper à mille dangers une fois en liberté. Pêle-mêle : un renard, des véhicules lancés à pleine vitesse, une manifestation (!?), un marché, un chien. 

Alors qu'elle trouve refuge auprès d'un vieil homme dans une taverne grecque à l'abandon, elle doit alors subir une vicissitude de plus : le viol du coq de la basse-cour, symbole de l'oppression millénaire du patriarcat gallinacé (et pas seulement). 

Alors que le spectateur séduit, et en partie égaré, se demande où cette aimable fable va le conduire, le film prend une teinte dramatique à travers le sort de malheureux êtres humains, victimes d'un tragique concours de circonstances, initié par notre aimable volatile (joué par huit poulets différents, il faut le préciser).

Cocotte prend alors une tournure plus traditionnelle, et donc un peu moins intéressante, avant de virer à la tragédie grecque et de se terminer comme un film (très) noir.   

Une expérience intéressante et un film hors du commun.

 

2e

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