Au-delà des collines
/image%2F0894743%2F20241113%2Fob_22a0a2_audelades.jpg)
Mungiu n'est pas un cinéaste rigolo.
Il aime les sujets difficiles et désagréables. Celui de l'avortement clandestin cinglait dans 4 mois 3 semaines 2 jours, sec comme un coup de fouet.
Dans Au-delà des collines Mungiu s'attaque à un certain obscurantisme religieux sur fond de critique sociale, à travers le portrait d'une jeune religieuse et de son amie, qui vient la rejoindre au couvent pour essayer de la convaincre de partir. Le film est long, assez lent, mais il place méthodiquement ses pions dans une escalade assez saisissante vers un final attendu mais impressionnant.
La mise en scène de Mungiu est superbe : longs travelings inspirés, photographie admirable, direction d'acteurs exigeante, utilisation savante des focales, composition de plans comme des tableaux de maîtres. Le film est d'une beauté plastique à couper le souffle et possède un peu de cette violence sourde et peu engageante qui suintait de 4 mois 3 semaines 2 jours.
On pourra juste regretter que la nervosité décharnée de ce dernier se mue un peu ici en un exercice de style souvent brillant (comme le travelling arrière sur le visage de l'héroïne principale vers la fin - quel regard !, ou les sidérantes scènes d'hôpital) mais parfois aussi un poil poseur, comme dans le plan final, définitivement "auteur".
Mungiu est clairement un cinéaste des tensions, et le film en est traversé de part en part : Dieu / diable, tentatives d'échappées / retour au monastère, amour terrestre / amour céleste, enfermement névrotique / plongée dans la réalité externe, tendresse du passé / promesse du futur, folie / raison.
De ce fait, Au-delà des collines est un film inconfortable, parfois ennuyeux et à d'autres moments littéralement transcendant. On songe à Bresson et à Nuri Bilge Ceylan, à un polar métaphysique teinté de naturalisme. Une oeuvre dense et complexe, servies par deux belles actrices qui n'ont pas volé leur Prix d'interprétation à Cannes.

/image%2F0894743%2F20140129%2Fob_3371b8_pas.jpg)
Disons-le tout net : je ne suis pas un grand fan de Breaking Bad, et je m'échine pourtant à regarder chaque nouvelle saison.
Difficile de dire précisément de quel genre relève cet élégant film iranien,
présenté à la Quinzaine des Réalisateurs cette année.
Lors de mon séjour cannois, je suis entré un peu par hasard dans la salle qui projetait le film de Rachid Djaïdani (je me suis gourré de séance, cela arrive dans la folie cannoise), et j'ai eu une excellente surprise.
Aux derniers Emmy awards, sortes d'Oscars pour les séries, Homeland a écrasé la concurrence (notamment Breaking bad, Mad men, Boardwalk Empire et Games of throne) en remportant les récompenses suprêmes dans les principales catégories : meilleure série, meilleur acteur et meilleure actrice.
Il y a quelque chose d'énervant à voir régulièrement les Américains pondre un film
bien écrit, bien réalisé, bien joué, dont on ne peut dire de mal qu'en se torturant les méninges (et encore).
C'est reparti pour l'institution nantaise que représente le Festival des 3 continents. Vous trouverez tous les détails sur le
Un film vaut pour trois choses : ce qu'il raconte, la façon dont il le raconte et l'adéquation entre les deux.
Difficile d’imaginer que le cinéaste du prodigieux Festen (un de mes films préférés des années 90) soit le même qui ait commis l’indigeste La Chasse.
Vu aux Utopiales 2012
Vu aux Utopiales 2011
9 novembre/image%2F0894743%2F20230122%2Fob_e5ee2d_looper.jpeg)

Le cinéma israelien est très prolifique et nous fournit régulièrement des films
intéressants et très diversifiés. Avec Sharqiya, c'est à ma connaissance la première fois qu'il nous emmène à la découverte des bédouins arabes.
Disons-le d'entrée, Into the abyss est un film magistral, et sa diffusion confidentielle (une salle seulement à Paris) est autant un scandale qu'un mystère insondable.
Christoblog sera présent et accrédité pour la troisième fois aux Utopiales, du 8 au 11 novembre, le plus grand festival européen consacré à la SF.
Contre tout attente, j'ai pris un énorme plaisir à regarder le nouveau film des
frères Taviani, cinéastes cultes rescapés du siècle dernier.

/image%2F0894743%2F20210113%2Fob_579857_thehole.jpg)
: Non, et non, et non !
: Mouais, pourquoi pas
: A découvrir