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Christoblog

L'age de glace 4

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/82/68/62/19632042.jpgChaque semaine, il est plus évident que les scénaristes hollywoodiens perdent les pédales, conduisent leur industrie à la catastrophe et la poule aux oeufs d'or à l'abattoir.

 

Leur imagination semble désormais avoir atteint le niveau le plus bas possible, que ce soit dans les l'épuisement ad nauseam des séries (cf Batman), dans le reboot inutile (The amazing spiderman) où comme ici dans la redite de recettes éprouvées.

 

Dans L'âge de glace : la dérive des continents, ce qui marque avant tout c'est donc l'extrême pauvreté des idées développées, qu'elles soient multi-répétées à l'intérieur du film (par exemple la fissure dans le sol ou la glissade façon bobsleigh) ou piquées dans d'autres opus et recyclées (la part grandissante de Scrat, running gag des premiers épisodes, lourd poncif ici).

 

On peine à trouver quoi que ce soit qui puisse sauver le film, tant celui-ci est un tissu étourdissant de bruit inutile, de grimaces éculées et de caricatures mêmes pas drôles (le langage pseudo-ado des mammouth prépubères : ridicule).

 

Ici l'émotion est comme annihilée, tuée, sacrifiée, sur l'autel d'un marketing aveugle et machiniste. Une catastrophe, qui semble liminaire à l'effondrement de tout un système.

 

1e

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Du vent dans mes mollets

De certains films on a presque honte de dire du mal.

Ainsi, Du vent dans mes mollets, le dernier film de Carine Tardieu, est bien mignon, et pétri de bons sentiments. Les couples désunis s'y réunissent après un léger trauma, les troubles de l'enfance y sont montrés avec sensibilité, et le sentiment tragique de la vie y est exposé avec légèreté et un certain sens du rythme.

Bref, le film n'est pas mauvais, et il faudrait être bien cruel (ou alors de retour de vacances, et mal luné) pour dire qu'il est aussi un peu maladroit, qu'il manque totalement d'unité stylistique et que le jeu des acteurs y est assez approximatif.

Comme ce n'est pas mon cas, je signalerai seulement que les petites filles sont extras, qu'Isabelle Carré est parfaite (mais peut-elle ne pas l'être ?).

Allez, vous ne raterez pas un moment crucial de l'histoire du cinéma en allant à la pêche plutôt qu'en allant voir ce film, mais vous ne vendrez pas non plus votre âme de cinéphile exigeant en y allant.

 

2e

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Le jour où le cochon est tombé dans le puits

Curieux de découvrir les premiers films de Hong Sang-Soo, je me suis procuré le coffret regroupant les 3 oeuvres qui le firent découvrir en Occident, à la fin des années 90.

Le premier de ces trois films, Le jour où le cochon est tombé dans le puits, contient déjà une grande partie de l'univers que Hong Sang-Soo va développer pendant plus de vingt films : étrangeté du monde, incommunicabilité entre êtres humains, frustrations masculines, alcool et artistes ratés, découpage du film en plusieurs séquences bien distinctes, complexité des rapports entre hommes et femmes.

Comme c'est souvent le cas, on a l'impression que le réalisateur a choisi de mettre toutes ses idées dans son premier film, quitte à risquer le trop-plein. Ce premier opus, même s'il est extrêmement maîtrisé dans sa construction globale, part ponctuellement dans tous les sens, au risque de perdre son spectateur. HSS multiplie les scènes qu'on ne peut pas raccrocher facilement au reste de l'histoire, et on est rapidement perdu dans les péripéties que vivent les personnages. Pour bien profiter de la richesse du Cochon, il faut voir le film au moins trois fois.

Le film diffère de la suite de sa filmographie sur un point : la traditionnelle ironie légère et grinçante, que l'on associe habituellement au cinéaste coréen, est ici absente. On voit par exemple de nombreuse scènes de sexe tristes et explicites, ainsi qu'une scène de crime sanglante, ce qui n'est pas dans ses habitudes.

Le film est long et assez lent. C'est comme si Hong Sang-Soo allait dans la suite de sa carrière travailler à épurer sans répit son propos, à sculpter la matière brute dont il a rempli son premier film.

La vision de Le jour où le cochon est tombé dans le puits procurera une certaine satisfaction intellectuelle au fin connaisseur de HSS. Je le déconseille toutefois au spectateur qui souhaiterait s'initier à l'oeuvre du coréen, son aspect sombre et sa construction labyrinthique le rendant plutôt au premier abord rébarbatif.

A noter également que mon DVD est d'une qualité atroce : son inaudible, image tremblotante. Je ne sais dire s'il s'agit de mon exemplaire ou de la qualité standard du coffret TF1 Video.

 

2e

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A perdre la raison

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/56/97/20137392.jpgBelle soirée avant-hier soir au Katorza. Le film projeté en avant-première n'était pas d'une gaieté folle (nous y reviendrons), mais sa densité en fait une oeuvre remarquable, portée par un trio d'acteurs au sommet de leur art.

Alors d'abord, si vous voulez sortir votre copain (copine) pour une bonne soirée ciné, évitez de lui dire : "on va aller voir un film qui retrace l'histoire vraie d'une mère qui a tué ses 4 enfants de moins de 6 ans au couteau", dites plutôt : "on va aller voir un thriller psychologique, chronique d'un enfermement progressif dans une relation perverse, servie par une actrice en état de grâce". Parce que le sujet du film est bien plutôt la dissection des rapports humains entre 3 personnes (un jeune marocain, sa femme, son bienfaiteur riche et âgé) que la chronique malsaine d'un fait divers. D'ailleurs en exposant dans les quelques scènes d'ouverture la conclusion du drame (d'une bien délicate façon) Joachim Lafosse expose son projet : de suspens quant à l'issue il n'y aura pas, donc préoccupons nous du cheminement qui aboutira à cette situation de tragédie absolue, une femme tuant ses enfants, une Médée contemporaine.

Quand on passe 45 minutes après le film à discuter avec un réalisateur (exercice auquel Joachim Lafosse s'est prêté de bonne grâce alors qu'un perturbant problème à l'oeil l'handicapait), on ne sait plus trop ce qui résulte de sa propre appréciation du film et de ce que nous a expliqué le réalisateur. Ceci dit, je vais essayer d'exprimer un ressenti qui ne dévoile pas trop l'intrigue du film. D'abord, il faut saluer l'exceptionnelle prestation d'Emilie Dequenne, servie par deux acteurs au meilleur de leur forme : Niels Arestrup égal à lui-même (glaçant, capable d'énoncer une vacherie ou un compliment avec le même air de ne pas y toucher) et Tahar Rahim que j'ai trouvé personnellement exceptionnel, capable de faire passer 4 ou 5 émotions dans un même plan, tout en retenue low-fi. On ne pense pas un instant à leur duo d'Un prophète, c'est dire.

Le film peut se prêter à tout un paquet d'exégèses de différents niveaux : historique (et en particulier colonial), psychanalytique, mythologique, sentimental, sociologique, psychologique... c'est sa richesse. Même si la progression est lente, et que le moment du déclic fatal n'est pas discernable (mais peut-il l'être ?), Joachim Lafosse parvient à maintenir une sorte de tension perpétuelle, de suspens psychologique (le médecin cache-t-il quelque chose ? comment l'irréparable va-t-il survenir ?) qui assure au film une structure interne solide, et qui évite l'ennui. Il utilise superbement pour l'aider des morceaux de musique baroque qui contribuent à sacraliser la narration. 

A perdre la raison n'est pas un feel good movie endiablé, vous l'avez compris, mais si vous aimez les thrillers psychologiques profonds et travaillés, je vous le conseille.

 

3e

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Laurence anyways

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/80/49/20129801.jpgPeu de films peuvent prétendre laisser un souvenir qui s'améliore à ce point avec le temps.

Disons-le tout net, pendant la projection, ce sont surtout les défauts du film qui m'ont sauté aux yeux : quelques hésitations des acteurs, des scènes qui s'étirent sans justification, des kitscheries à répétition, une narration qui s'emberlificote, une BO et une bande-son souvent poseuse.

Et puis, à l'usage, le temps passant, il faut bien reconnaître qu'on ressort marqué par le film et impressionné par le souffle romanesque qui le traverse. Le mérite en revient à l'interprétation incroyable de Suzanne Clément (prix d'interprétation à Un certain Regard cette année). L'actrice est sublime, tour à tour forte, faible, brisée, reconstruite, en colère, amoureuse : elle utilise un spectre d'une variété incroyable, tout en maintenant une densité de jeu exceptionnelle. Monia Chokri (sa soeur) est également très bonne, tout comme Nathalie Baye qui campe une mère capable d'une cruauté effarante.

J'ai été beaucoup moins convaincu par la prestation de Melvil Poupaud, dont la greffe québécoise tarde à prendre dans le film. J'ai eu beaucoup de mal à croire en son histoire, et j'ai trouvé son jeu parfois approximatif. Le film se déroulant, cette impression s'est heureusement progressivement estompée, au fur et à mesure que le personnage prend de l'assurance dans sa nouvelle vie.

Quant à la mise en scène de Xavier Dolan, j'en viens à penser qu'il faut la prendre dans son ensemble et l'aimer telle qu'elle est, en entier, ou pas. Après trois films, force est de constater que les mêmes tics se reproduisent de films en films : personnages filmés de derrière, ralentis, gros plans (en particulier sur les visages), incrustations bizarres, scènes oniriques, montage cut sur une BO jouée très fort, pluie d'objets, etc.

Après réflexion, j'ai décidé d'aimer son style, qui ici sert en plus habilement un propos à forte charge émotionnelle. Dolan devra chercher dans l'avenir à s'entourer de professionnels en qui il pourra avoir confiance : un vrai monteur professionnel l'aurait probablement aidé à construire son film de façon plus efficace. Il semble pour l'instant s'enfermer dans la posture d'une jeune artiste complet, démiurge omnipotent régnant sur son grand oeuvre.

Mises à part ces quelques réserves, Laurence anyways constitue le premier jalon d'une importance significative dans la carrière du jeune québécois, qu'on sent irrésistible.

Xavier Dolan sur Christoblog : J'ai tué ma mère / Les amours imaginaires

 

3e

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Summertime

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/07/94/20128370.jpgAlors d'abord, parlons du titre, une fois n'est pas coutume. Traduire le titre original,The dynamiter, par Summertime, il faut oser. Ceci dit, et pour une fois, il me semble plus logique que le film s'appelle Summertime que The dynamiter. Le film baigne en effet plus dans une atmosphère évoquant un été sudiste que dans une ambiance explosive.

 

Robbie a 14 ans. Son père a disparu, sa mère est partie en Californie. Robbie est donc l'homme de la maison, veillant sur sa grand-mère impotente, son chien, et un demi-frère un peu grassouillet. L'ordre des choses est un peu bouleversé quand le frère aîné, Lucas, est de retour. Feignant, beau gosse, et même un peu gigolo, il va à la fois déniaiser son jeune frère et pousser sa patience à bout.

 

Ce beau film, très typé Sundance, évoque irrésistiblement les plus belles réussites du cinéma US indépendant récent : une sorte de Winter's bone estival, de Bellflower assagi, de Take Shelter naturaliste, de Martha Marcy May Marlene campagnard, de Blue Valentine fraternel. Nous n'allons pas nous plaindre de ce revival américain qui nous offre des films aussi délicatement tramé que Summertime.

 

Matthew Gordon parvient à distiller une sorte d'optimisme forcené à travers son héros obstinément volontariste, qui oppose aux vicissitudes d'une vie de quasi-orphelin la volonté farouche de (s'en) sortir. Ses relations balbutiantes à l'autre sexe, en contraste avec sa relative maturité, apparaissent comme particulièrement touchantes. 

 

Le film est une ode élégiaque à cet entre-deux âges où l'ado n'est pas encore un homme et déjà plus un enfant.

 

3e

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Kill list

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/31/53/20013929.jpgDrôle de film que Kill list.

 

Au-delà du fait de l'aimer ou pas (j'hésite moi-même), l'oeuvre incite à saluer un réalisateur en train de naître, comme le confirme le film suivant de Ben Wheatley :  Touristes !

 

Kill list nous maintient de façon continue dans une zone d'inconfort. Sommes nous en train de voir un drame social à la Mike Leigh ? Un polar à la Tarantino ? Un film d'horreur version secte satanique ?

 

Un peu de tout ça.

 

Que le résultat soit intégralement réussi reste discutable, qu'il le soit fugitivement dans l'un ou l'autre style est évident. Je regrette personnellement que la note d'ambiance du début ne soit pas tenue sur la durée, et que le scénario perde peu à peu les pédales, même s'il y a un talent évident dans la réalisation et le montage.

 

A suivre...

 

2e

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Les enfants de Belle Ville

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/58/31/20133714.jpgL'immense succès français d'Une séparation nous vaut aujourd'hui une ressortie estivale d'un des premiers films de son auteur, Asghar Farhadi.

Si ce premier jet est loin de valoir son illustre successeur (il est bien moins vif et moins dense), il permet de détecter les qualités qui font de Farhadi un auteur hors pair. Le point saillant est d'abord son habileté à tisser des scénarios machiavéliques, aux airs de thrillers métaphysiques, qui rappelle les plus grands explorateurs de l'âme humaine : Bergman, Mankiewicz, Kieslowski...

Ensuite une grande attention aux visages, à l'expression des sentiments, à la capture des moindres variations exprimées par les acteurs.

Et enfin une mise en scène solide, au service de la philosophie du film, qui prend des partis-pris résolus même s'ils sont discrets (des plans de face, une récurrence des plans à travers la fenêtre).

La mécanique de l'histoire développée par Les enfants de Belle Ville est redoutable (un jeune homme tente d'obtenir le pardon du père de la victime pour faire gracier son meilleur ami) et tient en haleine jusqu'au bout du film, dont la fin, surprenante, renverra chacun à ses propres réflexions.

Je conseille donc le film à ceux qui ont adoré Une séparation.

 

3e

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Mon top 6 de mi-2012

Pourquoi pas un top 10 ou un top 5 ? Hé hé hé : parce que personne ne fait de top 6 !

 

http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/98/39/20018456.jpg http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/19/04/20135961.jpg http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/64/21/20079610.jpg http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/16/45/20027717.jpg http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/84/98/20087993.jpg http://images.allocine.fr/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/00/61/20034881.jpg

 

N°1 : Oslo pourrait être le film d'une vie, glissando, vaporeux, ouaté, réel, désespéré, beau

N°2 : Holy motors pétille d'intelligence, il rend le spectateur plus beau (et inversement)

N°3 : Scout d'un jour, Anderson nous emmène danser le slow de notre enfance sur la plage de nos souvenirs

N°4 : Une caméra en état de grâce pour un casting qui semble tout droit issu du siècle

N°5 : De couille et de cros, de mouille et de mots, de douilles et de rots

N°6 : Un coup de fouet qui sonne très fort au-dessus de nos têtes, pour le plus beau dernier plan de l'année

 

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Gangs of Wasseypur

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/72/52/20160269.jpg

Parmi les expériences extrêmes de mon séjour à Cannes en 2012 (voir 5 films dans une journée, assister à la projection du dernier Miike de 0h30 à 3h du matin, voir des films à 8h30, aller au Cinéma de la Plage les doigts de pied dans le sable), les 6h de projection - avec entracte - du film indien Gangs of Wasseypur tient une place de choix.

Dans la file d’attente de la Quinzaine, je regarde avec circonspection mes coreligionnaires : ces gens sont-ils donc tous fous pour s’enfermer toute une après-midi au sous-sol de l’hôtel Mariott à regarder une sorte de Parrain indien, dont on ne sait rien ? Il semble bien que oui, même si ma voisine de file d’attente, une sympathique dame cannoise (c’est la première autochtone que je rencontre …) m’informe de sa stratégie : regarder la première partie de 2h40 le jour même, puis la seconde partie de 2h40 deux jours plus tard.

Toujours durant l’attente, l’équipe du film nous distribue de jolis foulards indiens rouges, frappés au titre du film, ainsi qu’un arbre généalogique des personnages, sur une feuille A4 photocopiée. Damned, ce volumineux éventail de plusieurs dizaines de personnages représentant 4 générations nous inquiète plus qu’il ne nous rassure.

Dans la salle, l’équipe du film, également pléthorique, occupe plusieurs rangs. Ils rigolent tous, visiblement ravis d’être à Cannes, et les filles sont habillées comme des princesses indiennes.

La projection commence enfin, avec un premier plan d’une redoutable efficacité : une scène bollywoodienne, qui s’avère être un leurre, issue d’une télé qui est subitement mitraillée sauvagement. S’en suit l’assaut pétaradant d’un immeuble dans lequel un parrain a trouvé refuge.

Suit un long flash-back de plusieurs heures retraçant la guerre de deux clans pour le contrôle des activités criminelles dans une région de l’Inde. Tard dans le film, on revivra cette introduction sous un autre angle, filmée avec la même efficacité.

A l’image de cet élément de scénario, le film est rudement malin, par moment extrêmement attachant, même si sur une telle durée on ne peut nier quelques passages un peu plus faibles.

S’il ne comporte aucun élément chanté proprement dit, le film présente par moment quelques relents bollywoodiens (tous les grands évènements familiaux du type mariage ou funérailles sont accompagnés par un incroyable chanteur payé par la famille) qui donne au film un caractère vif, coloré et plaisant. Les personnages ne sont pas binaires, les gentils s’avérant parfois plutôt méchants, et réciproquement. Ils sont sacrément attachants et on suit les péripéties de ces familles avec plaisir, dans une ambiance de violence larvée qui n’est pas sans rappeler d’illustres modèles : Scorsese, Coppola et Sergio Leone en particulier.

La belle découverte d’un cinéma indien mainstream, ambitieux et grand public à la fois.

 

2e

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To Rome with love

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/84/59/20104463.jpgLe manque de prétention me rend indulgent.

Je peux donc sans trop d'état d'âme déclarer que le dernier Woody Allen ne vise pas très haut, mais est assez agréable à regarder.

Woody est clairement en mode touriste, multipliant les vues de la Ville Eternelle, au demeurant fort bien filmée. Il entrecroise quatre histoires sans rapport entre elles (ce n'est donc pas un film choral, mais plutôt un film à sketchs entrelacés) et d'intérêt divers.

Celle que j'ai clairement préféré montre un quidam devenir très célèbre sans qu'il sache pourquoi. Roberto Benigni y est parfaitement convaincant et l'affaire prend un tour surréaliste assez amusant.

Parmi le casting il faut noter encore une Ellen Page coupable d'une grosse performance, en tête à claque haut de gamme, démasquée par un Alec Baldwin ectoplasmique. Penelope Cruz est plus chaude qu'il est possible de l'être et Jesse Eisenberg s'avère toujours tributaire du même type de personnage.

On a donc l'impresssion d'être chez soi, de rencontrer des personnages et des situations à la fois bien connus et assez originaux. Ce n'est pas du grand art, mais sûrement un bon moment assez bien rythmé.

Woody Allen sur Christoblog : Scoop / Vicky Cristina Barcelona / Whatever works / Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu / Minuit à Paris

 

2e

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Paris Cinéma 2012

http://fr.web.img1.acsta.net/r_628_x/medias/nmedia/18/60/02/54/20129657.jpgAlors que le Festival Paris Cinéma connait quelques problèmes existentiels (cf l'article du Monde du 5 juillet et l'irruption dans le paysage du Champs-Elysées Film Festival), je ne peux malheureusement consacrer que quelques heures au Festival.

 

J'y vois d'abord Renoir, le dernier film de Gilles Bourdos, qui fut le film de cloture d'Un certain regard cette année. Je reviendrai sur le film dans une critique détaillée, mais je peux déjà dire que son académisme extrême en fait un objet de controverse. Un film étrange dont il faudra reparler.

 

Le Festival consacrant une large partie de sa programation à une rétrospective Hong-Kongaise, j'ai également vu Love unto waste. Dans le genre Aucun lecteur de ce blog n'a vu ou ne verra ce film, il se pose un peu là. La fiche Allociné existe, mais est réduite à sa plus simple expression.

 

Ce film de Stanley Kwan est pourtant étonnant : il paraît d'abord être une comédie sentimentale avec comme personnage principal Tony Leung (excusez du peu) et un trio de jeunes filles esseulées, dont deux jeunes taïwanaises. Il vire sans crier gare au drame sordide, en sautant la case thriller sur laquelle on l'attendait pourtant, avant de devenir une sorte de farce macabre, illuminée par le divin Chow Yun-Fat (encore une pointure !). Il emprunte également un détour intéressant du côté de la chronique sociale et du drame élégiaque.

 

Kwan propose une oeuvre dotée d'une vitalité et une capacité de se remettre en question qui dépasse donc largement le tout venant de notre production occidentale, avec en toile de fond une réflexion profonde sur l'impossibilité d'aimer, l'impermanence des choses et l'évanescence des sentiments. Remarquable à plus d'un titre, une très belle découverte.

 

Retour imprévu à Paris le samedi 7 juillet. J'en profite pour voir deux films : Queen of Montreuil de Solveig Anspach en avant-première mondiale, et Laurence Anyways de Xavier Dolan. Le premier est une délicieuse et délicate comédie portée par l'actrice Florence Loiret Caille, le second un film fleuve puissant, romanesque et parfois énervant, bénéficiant aussi d'une remarquable interprétation du principal personnage féminin : Suzanne Clément.

Les deux critiques dans les jours qui viennent sur Christoblog.

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La clinique de l'amour

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/39/89/20094929.jpgLa clinique de l'amour pourrait utilement être comparé à une bouteille d'eau minérale : sans saveur, sans couleur, transparente, on la consomme et puis on l'oublie.

 

J'ai vu le film il y a quelques jours et j'ai beaucoup de mal à me remémorer autre chose que cet ours ridicule qui orne l'affiche.

 

Ce n'est pas que j'ai le souvenir d'avoir passé un mauvais moment, non, c'était même plutôt pas trop désagréable comme projection, même si plusieurs fois j'ai également pensé (soyons honnête) : qu'est-ce que je fous là ?

 

Sinon, le film est une sorte de parodie à base de caricatures, une bande dessinée hybride rassemblant les univers d'Urgences et de H dans une atmosphère d'aquarium. Chaque acteur y cabotine comme il peut, engoncé dans un rôle archi-typé. Tout cela ne serait pas si grave si on ne payait pas son entrée.

 

1e

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Holy motors

Probablement vaut-il mieux ne rien savoir d'Holy motors avant de le voir.

Je vais donc résister à la tentation de vous décrire brièvement de quoi il est question (ce qui aurait constitué de toute façon une gageure) pour vous parler des émotions que le film peut susciter.

Pour commencer, le film offre un fil conducteur complètement fou, mais montré comme s'il s'agissait d'un documentaire très réaliste. Un peu comme si vous appreniez que Dieu existait, et qu'un réalisateur vous montre son travail au quotidien, ses petits succès, ses corvées, ses rendez-vous. Ce contraste saisissant entre le rêve et la contingence, l'illusion et la routine, génère une auréole de merveilleux naturaliste qui illumine le film.

Holy motors propose également un chapelet de scènes inoubliables. Dans le domaine de la perfection visuelle, vous verrez des animaux électroniques s'accoupler dans un plan d'une beauté sidérante. Phénomène inhabituel chez Carax, vous rirez à la vue du personnage Merde dévorant deux doigts d'une attachée de presse qui aime mimer les guillements avec l'index et le majeur de chaque main. Intrigué, vous verrez un homme en tuer un autre, et réciproquement. L'imagination de Carax est une merveilleuse fête foraine qui vous offrira aussi un homme qui meurt, un joueur d'accordéon déchaîné, un sexe en érection, Kylie Minogue qui pousse la chansonnette, Eva Mendes recouvert d'une burka et des conversations entre limousines.

Le film est enfin admirablement servi par un Denis Lavant plus que jamais double de Carax à l'écran, et par une merveilleuse Edith Scob. Il fourmille de référence au cinéma de Carax lui-même et à d'autres cinéastes, Franju en particulier (Edith Scob fut l'héroïne de son film Les yeux sans visage).

Holy motors est une rêverie poétique d'une sensibilité extrême, une oeuvre fluide d'une maîtrise totale et sans conteste le film qui aurait mérité la Palme d'Or 2012.

 

4e 

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The amazing Spider-Man

Alors, alors, voyons un peu. Depuis que je me suis initié au film de super-héros, je ne m'arrête plus.

Celui-ci est un remake du film de Sam Raimi, qui donnait en 2002 un nouveau souffle au genre, et que j'avais bien aimé.

Les Américains inventent donc un nouveau concept : le recyclage décennal de la nouveauté. Ainsi, en 2022 vous pourrez peut-être voir un remake du film de Mark Webb, qui lui-même copiait Sam Raimi, qui d'ailleurs lui-même succédait à plusieurs films et feuilletons.

Et pour pousser le concept à son paroxysme, chacun de ces remakes de remake pourra enfanter de suites qui seront elles-mêmes des remakes de suites. Ou pas.

Bref, tout cela n'a aucun intérêt. Comme le film. Pourtant, je l'ai vu dans des conditions pratiquement optimales : en 2D et en VO. Ce qu'il y a d'incroyable dans ce type de produit (on renâcle à écrire oeuvre, ou même film) c'est l'apparente exigence d'éviter toute sorte d'originalité.

Le résultat est donc hyper-formaté, ne ménageant aucune surprise et ne présentant aucun intérêt. Ah si, il y a une scène de 34 secondes qui vaut le coup (le film dure 2h17) : un bibliothécaire écoute de la musique au casque dans un silence total quand un combat dantesque se déroule à l'arrière-plan.

A part ça, tout n'est que chemin déjà parcouru, clichés vus 1000 fois et redites pénibles. A fuir.

 

1e

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Starbuck

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/82/31/84/19956007.jpgLa réussite de Starbuck, c’est l’irrésistible drôlerie qu’arrive à installer très rapidement Ken Scott et son acteur Patrick Huard, drôlerie générée (en tout cas pour nous Français) par l’impayable accent québécois et ses idiotismes, mais aussi par le caractère droopiesque du personnage de Starbuck, loser de première bourre accumulant les échecs de tous ordres.

 

La première partie du film, qui flirte avec la cruauté dans sa description du « héros » et de son environnement de boucherie familiale, est donc très réussie.

 

Le sujet de la demande de lever du secret, pour les enfants issus de dons du sperme, entre d’autre part parfaitement en résonnance avec l’actualité récente, et on est franchement curieux du tour que le scénario va bien pouvoir donner au pitch initial assez bien vu. Malheureusement la réponse est : un tour convenu, rempli d’hyper-bons sentiments et au final un peu mièvre.

 

Les enfants de Starbuck s’avéreront donc bien gentils (et curieusement tous interchangeables, sans personnalité, comme s’ils constituaient encore une colonie de spermatozoïde indifférenciés). Les aspects les plus noirs ou cyniques de l’histoire seront gommés au profit d’une avalanche de gestes sublimes (le don du père) et de péripéties tire-larme (le nouvel enfant).

 

Les personnages secondaires ne seront pas suffisamment exploités (le copain avocat a pourtant du potentiel) et même ignorés (mais où sont les mères ?).

 

Le film passe donc en partie à côté de son sujet, à moins qu’on considère qu’il ne visait rien d’autre qu’à être un convenable feel good movie au sirop d’érable, ce qu’il réussit très bien.

 

2e

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La part des anges

La part des anges a été récompensé par le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes. De tout le palmarès, il me semble que c'est un des prix qui prête le moins à contestation.

Au milieu d'une sélection très atone, ou très sombre lorsque les films étaient de qualité, le dernier Ken Loach se distingue en effet par sa cohérence stylistique, l'intelligence de son scénario et sa joie de vivre revendiquée. Ce fut la bouffée de bonne humeur du Festival et à ce titre le film méritait d'être distingué.

Loach démarre en trombe avec une scène hilarante dans une gare : un alcoolique titube sur la voie ferrée alors qu'un train arrive, peinant à remonter sur le quai, alors que le chef de gare l'invective par l'intermédiaire du haut parleur permettant de faire les annonces. C'est à la fois drôle à en mourir (si je puis dire), affligeant, et subtilement porteur de messages (l'autorité est bonhomme, mais distante et impuissante). 

Notre ami porté sur la boisson se retrouve dans une équipe de jeunes délinquants, réunie pour des travaux d'intérêt général. Nous allons suivre tout ce petit monde et un des personnages en particulier : Robbie, joué par un jeune acteur peu connu mais excellent, Paul Brannigan.

La grande habileté de Loach est de bâtir la première partie de son film comme un drame social à l'anglaise (genre dans lequel il excelle), avant de le transformer en aventure picaresque de Pieds Nickelés scottish. Il nous égare ainsi entre émotion, inquiétude, sourire et francs éclats de rire, avec un talent de conteur retrouvé. Il y a dans ce film un peu de ce qui faisait le charme de Looking for Eric, et aussi un air de comédie italienne (le mélange farce et tableau d'une noire réalité sociale).

Un bon moment de détente - et de cinéma - qui fleure bon le pur malt.

 

3e

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The raid

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/95/62/20074884.jpgConnaissez-vous le silat ?

 

Il s'agit d'un art martial indonésien, qui peut être vu comme un croisement de catch et de savate (les puristes hurleront, mais les puristes m'importent peu).

 

Le silat est amusant de plusieurs points de vue. D'abord, il semble qu'on puisse y frapper autant de fois que l'on veut le visage de son adversaire avant d'y imprimer une petite marque. Conséquence : prendre l'ennemi par les pieds et lui fracasser le dos contre un mur, un balcon ou un parapet s'avérera plus efficace qu'une séance de pugilat interminable.

 

Il y a quelque chose de sexuel dans le silat. Les ahannements y sont chroniques et explicites. Et quand de guerre lasse on a fatigué son partenaire/adversaire jusqu'au seuil de la mort, on lui tord le coup langoureusement.

 

Voilà. Y'a-t-il un autre intérêt à The raid ?

 

La réponse est non, aucun.

 

1e

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Faust

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/88/83/19812591.jpgCi-dessous un courriel reçu à propos de Faust

 

Cher Christoblog

 

J'a appris que vous décerniez annuellement le Prix du Grand Film Con du Grand Auteur Qui Se La Pète.

 

Permettez-moi d'attirer aujourd'hui votre attention sur le dernier film d'Alexandr Sokurov, qui me semble un candidat idéal pour 2012.

 

Le Grand Film Con se distingue d'abord par un maniérisme un peu pédant, et il se trouve que Faust cumule d'emblée plusieurs atouts : un écran presque carré (avec des coins arrondis, façon Instagram du riche) et déformations de l'image. Des procédés d'ailleurs curieusement utilisés par un autre prétendant : Post Tenebras Lux de Reygadas, présenté à Cannes, mais je m'égare.

 

Outre son aspect formel alambiqué et chichiteux, Faust écrasera probablement sa concurrence par une intensité de dialogues incompréhensibles et creux qu'aucune autre oeuvre récente, aussi bavarde et absconse soit-elle, n'est capable d'égaler à mes yeux.

 

Le public de la salle dans laquelle j'ai subi ma séance de torture de 2h14 a largement contribué à ma décision de vous soumettre ce film. En effet, j'ai pu constater de mes yeux tous les symptômes occasionés par un lauréat du GFCGAQSLP : asssoupissements plus ou moins volontaires, trépignements, ronflements, changement de fesse, oscillation d'avant en arrière, objets qui tombent (les actes manqués !), nettoyage intempestif de lunettes, téléphones portables qui vibrent opportunément, etc... A noter que contrairement à votre brillante théorie du Saut à l'élastique exposée dans votre article sur Le cheval de Turin, j'ai même assisté à un départ définitif.

 

Je sais que vous voyez beaucoup de films ennuyeux, cher Christoblog, et que votre connaissance dans le domaine des errements crypto-philosophiques est vaste et profonde, mais si mon plaidoyer ne vous a pas encore convaincu, je peux ajouter :

- des personnages et des costumes ridicules (le chapeau de la photo ci-dessus ne suffit-il pas à lui seul à décridibiliser tout le projet ?)

- une utilisation des animaux comme symbole systématique et ridicule (chats, chiens, rats, lapin, cigogne, cheval...)

- un décors final à mi-chemin entre Valhalla rising et la fin new age de The tree of life

- une voix off envahissante

.... et mille autre petites tartufferies prétentieuses.

 

Voilà. J'espère sincèrement que la dizaine de tranches de 5 secondes magnifiques visuellement ne fausseront pas votre jugement et que vous saurez reconnaître in fine le caractère à la fois Con, Grand et profondément Chiant de Faust. D'ailleurs, le film a obtenu le Lion d'Or à Venise et fait la couverture des Cahiers du Cinéma de ce mois : la caution intellectuelle pour l'intronisation de l'étron est donc avérée.

 

En vous remerciant pour votre action en faveur de la reconnaissance des plus grosses merdes ennuyeuses de l'histoire du cinéma, cinématographiquement vôtre.

 

1e

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The deep blue sea

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/87/37/55/20078814.jpgIncroyable film. Qu'on l'aime ou pas, il faut bien reconnaître la puissance du défi esthétique qu'il représente.

 

Terence Davies propose en effet une oeuvre qui semble d'un autre temps, à l'opposé de toute modernité, une oeuvre pour ainsi dire réactionnaire en terme de formalisme. Cela se traduit non seulement pas une certaine lenteur, des cadres très serrés, des décors qui sentent l'encaustique, mais aussi par un rythme à la fois fluide et pesant (?), une image sombre et légèrement ternie et une direction d'acteur qui semble inspirée par Balzac ou Maupassant.

 

L'histoire est celle d'une émancipation féminine : Hester quitte dans les années 50 son vieux mari, juge et haut personnage, pour un jeune homme qui a fait la guerre et qui la délaissera à son tour. Rien de bien extraordinaire donc dans le scénario, mais sous le pinceau ténébreux de Terence Davies, le propos devient tragique et on ne peut s'empêcher de songer constamment aux pièces classiques, alors que le film est tiré d'une oeuvre des années 50.

 

Le montage présente des caractéristiques virtuoses, avec des flashbacks imbriqués sur la base d'un rythme lancinant. La réalisation est étonnante, mélange de morceaux de bravoure et de poses un peu glaciales.

 

Si finalement je penche de justesse pour un avis positif, c'est principalement grâce à l'interprétation magistrale de Rachel Weisz, qui parvient parfaitement à donner corps à son personnage de femme luttant pour conquérir sa liberté.

 

L'aspect hyper-formel du film, certains de ses tics (les épouvantables violons du début), et l'ambiance réfrigérée et ralentie qui baigne toutes les scènes pourront aussi déplaire. Il subsiste toutefois après la vision du film l'impression étrange d'avoir assisté à un rêve éveillé.

 

A essayer.

 

2e

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