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Christoblog

Fantastique

Il est rare qu'un documentaire, a fortiori sur un sujet qui concerne l'Afrique, trouve le chemin des salles françaises.

Il faut donc saluer la distribution de ce film de la Belge Marjolijn Prins, qui dresse le portrait de la petite Fanta, 14 ans et contorsioniste, tentée par l'aventure d'un spectacle avec le cirque Amoukanama.

Les images sont belles, la vie quotidienne en Guinée est bien rendue, les scènes domestiques avec la mère de Fanta sont assez jolies. Malheureusement le film n'a pas grand-chose à raconter et Fanta est tellement silencieuse qu'on ne sait jamais trop ce qu'elle pense : il faut donc meubler, même si le film ne dure que 1h et 11mn, ce qui amène la réalisatrice à insérer des images un peu ésotériques, flirtant avec le fantastique.

Du fait de sa pauvreté narrative, je n'ai pas été enthousiasmé par le film, qui de plus m'a laissé un doute désagréable sur le véritable libre-arbitre de la petite fille, à la fois vis à vis du cirque et du tournage.

A vous de voir, Fantastique semble plaire au public lorsqu'il est présenté en festival. 

 

2e

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Connemara

Rattrapage Canal+

Dans Connemara, Alex Lutz applique toute une série de procédés de mise en scène, un peu artificiels.

En vrac : des effets de flous, de profondeurs de champ variables, d'image en partie masquée, de pensées intérieures en voix off, de sons issus d'autres scènes plaqués sur ce qu'on est en train de regarder, de superposition de musique extradiégétique et de dialogues à peine audibles. Bref, il fait oeuvre d'auteur (au pire sens du terme, celui qui veut impressionner), alors que le sujet lui-même requérait à mon sens la plus grande sobriété.  

En frimant ainsi pour raconter le retour d'une transfuge de classe dans les Vosges, Alex Lutz dénature son sujet : une modestie contenue aurait mieux servi son propos. En ce sens la comparaison avec le génial Partir un jour joue en nette défaveur de Connemara :  les deux films partagent ne nombreux points commun (une intellectuelle revient dans sa région natale et re-tombe amoureuse de son petit ami d'enfance, joué par Bastien Bouillon - avec une scène de patinoire), mais le film d'Amélie Bonnin semblait beaucoup plus respecter le milieu modeste qu'il décrivait que ne le fait celui d'Alex Lutz.

Même si Bastien Bouillon et Mélanie Thierry donnent de leur personne avec conviction (et avec une certaine sensualité), le film échoue curieusement à générer de véritables émotions. Tout y parait compassé et artificiel, sans relief et sans chair, peuplé de personnages creux et factices (le mari d'Hélène et ses filles, Christophe adolescent).

Un raté presque total.

 

1e

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