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Christoblog

Plus fort que moi

Voilà bien le genre de film que seuls les Anglais savent produire à la perfection, mélange idéal de destin individuel, de tableau social, de comédie de moeurs et de feel-good movie. On pense à Billy Elliot, The full monty, La part des anges, Ali & Ava, Pride et tellement d'autres ....

On suit ici le destin de John Davidson, atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, de l'adolescence à l'âge adulte. Ses extrêmes difficultés (dans les années 80 la maladie n'est pas vraiment connue), le quasi-abandon de ses parents, ses heureuses rencontres et sa façon de finalement réussir da vie.

Le film de Kirk Jones est rondement mené, parfaitement écrit, monté avec un rythme très agréable, et bénéficie d'un double avantage décisif : un casting parfait (Robert Aramayo en tête, bluffant et ne donnant jamais l'impression de surjouer) et une belle reconstitution des différentes périodes traversées.

On oscille constamment entre larmes et rires, les deux arrivant parfois simultanément. Dans le genre du feel-good movie qui fait réfléchir avec ambition, c'est un must.

 

3e

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Une jeunesse indienne

Le Covid a inspiré quelques films en Occident, mais l'originalité de celui-ci est de donner à voir ce qu'a pu représenter l'épidémie dans un pays comme l'Inde, sur la base d'un récit à la fois picaresque et éprouvant, à la Dickens.

Mais avant que la maladie viennent percuter leur destinée, on commence par suivre deux amis dans leur rêve de d'ascension sociale. 

Cette première partie est intéressante par ce qu'elle montre de la société indienne (racisme, précarité, faible protection sociale), mais le film révèle tout son potentiel dans une deuxième partie qui réserve son lot de scènes sidérantes (quais de gare bondés, ostracisme sans pitié envers les malades). Les scènes se déroulant dans une usine textile où les ouvriers sont abandonnés à eux-mêmes en pleine épidémie sont impressionnantes.

Le réalisateur, Neeraj Ghaywan, montre ici un véritable talent pour raconter une histoire de façon romanesque, voire (un peu trop ?) mélodramatique, et pour rendre ses personnages attachants : il faudra suivre ses prochains films.

 

2e

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La corde au cou

Après sept ans d'absence, Gus Van Sant revient plutôt en forme avec cette histoire de pauvre gars un peu dérangé, preneur d'otage du courtier qui l'a ruiné.

Au rayon des qualités du film, il faut signaler la parfaite reconstitution de l'année 1977, le groove jazzy de la bande-son et du personnage d'animateur radio joué par Coleman Domingo, la réalisation classieuse qui s'ingénie entre autre à reconstituer les images télé d'époque, le sous-texte politique qui densifie le film et enfin l'interprétation parfaite de Bill Skasgård et Dacre Montgomery.

Du côté des faiblesses, j'ai trouvé que le film traînait un peu en longueur (pas beaucoup de vraie tension) et peinait à proposer une évolution psychologique des personnages (à l'exemple de la dispensable dernière scène dans le magasin de muffins).

Le résultat est toutefois convaincant, en particulier parce que l'issue de l'enlèvement n'est pas jouée d'avance et maintient un petit suspense jusqu'au bout. L'image est de toute beauté aussi.

 

2e

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Romería

Projeté (sans doute un peu brutalement) dans le feu ardent de la compétition à Cannes en 2025, ce joli film délicat de la Catalane Carla Simón est agréable à découvrir.

Le point de départ est séduisant : une jeune fille dont les parents sont morts du SIDA revient à Vigo pour obtenir un document attestant son ascendance.

Elle est accueillie par ses oncles et tantes, et des grands-parents odieux. Elle va découvrir petit à petit le sort de ses parents, et par le biais de très beaux passages oniriques, va même revivre à l'époque de ses parents. Romería est émaillé de trouvailles plaisantes et poétiques (une vengeance piquante, un carnet qui s'anime), mais il manque au film, en grande partie autobiographique, une dimension narrative plus accentuée.

La jeune actrice Llúcia Garcia, dont c'est le premier film, est formidable : elle ne peut empêcher son visage de rayonner, même quand elle tente de rester complètement impassible.

Une réalisatrice à suivre, qui a obtenu l'Ours d'or avec son film précédent, Nos soleils.  

 

2e

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Concours Elle entend pas la moto : Gagnez 3 DVD (Terminé)

A l'occasion de la sortie en DVD chez Epicentre Films de Elle entend pas la moto, je vous propose de gagner le DVD du film.

Pour ce faire :

 - Répondez aux questions suivantes:
1) Pour quelle série d'émissions célèbre de la RTBF la réalisatrice Dominique Fischbach a-t-elle travaillé ?
2) Quelle est le prénom du personnage principal du film ?
 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 22 avril, 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des trois DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).

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Pris au piège

Le nouveau film de Darren Aronofsky est un agréable exercice de style.

Le principe du film est bien connu : un jeune (et beau) innocent se retrouve fortuitement en possession d'un objet très précieux que plusieurs gangs de méchants convoitent.

Le programme est donc attendu, et consiste comme prévu en une série de scènes d'action impressionnantes, ponctuée par de petites vignettes plus calmes, lors desquelles le spectateur attendri est appelé à découvrir que notre héros a aussi un coeur (c'est à dire une amoureuse, et une mère supportrice des Giants).

Aronofsky propose une mise en scène extrêmement effcicace et un montage à la fois nerveux et plaisant. Mais le véritable intérêt du film se trouve à mon avis dans le fait que la violence est ici montrée dans une crudité très réaliste : les personnages se font vraiment mal en se battant (au point par exemple de perdre un rein) et nous ressentons physiquement cette violence.

Les différents milieux new-yorkais décrits sont aussi très bien croqués, à l'image de ces Juifs orthodoxes sanguinaires.

Un bon moment pourvu qu'on aime les cavalcades folles et les gros calibres.

 

2e

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Fantastique

Il est rare qu'un documentaire, a fortiori sur un sujet qui concerne l'Afrique, trouve le chemin des salles françaises.

Il faut donc saluer la distribution de ce film de la Belge Marjolijn Prins, qui dresse le portrait de la petite Fanta, 14 ans et contorsioniste, tentée par l'aventure d'un spectacle avec le cirque Amoukanama.

Les images sont belles, la vie quotidienne en Guinée est bien rendue, les scènes domestiques avec la mère de Fanta sont assez jolies. Malheureusement le film n'a pas grand-chose à raconter et Fanta est tellement silencieuse qu'on ne sait jamais trop ce qu'elle pense : il faut donc meubler, même si le film ne dure que 1h et 11mn, ce qui amène la réalisatrice à insérer des images un peu ésotériques, flirtant avec le fantastique.

Du fait de sa pauvreté narrative, je n'ai pas été enthousiasmé par le film, qui de plus m'a laissé un doute désagréable sur le véritable libre-arbitre de la petite fille, à la fois vis à vis du cirque et du tournage.

A vous de voir, Fantastique semble plaire au public lorsqu'il est présenté en festival. 

 

2e

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Connemara

Dans Connemara, Alex Lutz applique toute une série de procédés de mise en scène, un peu artificiels.

En vrac : des effets de flous, de profondeurs de champ variables, d'image en partie masquée, de pensées intérieures en voix off, de sons issus d'autres scènes plaqués sur ce qu'on est en train de regarder, de superposition de musique extradiégétique et de dialogues à peine audibles. Bref, il fait oeuvre d'auteur (au pire sens du terme, celui qui veut impressionner), alors que le sujet lui-même requérait à mon sens la plus grande sobriété.  

En frimant ainsi pour raconter le retour d'une transfuge de classe dans les Vosges, Alex Lutz dénature son sujet : une modestie contenue aurait mieux servi son propos. En ce sens la comparaison avec le génial Partir un jour joue en nette défaveur de Connemara :  les deux films partagent ne nombreux points commun (une intellectuelle revient dans sa région natale et re-tombe amoureuse de son petit ami d'enfance, joué par Bastien Bouillon - avec une scène de patinoire), mais le film d'Amélie Bonnin semblait beaucoup plus respecter le milieu modeste qu'il décrivait que ne le fait celui d'Alex Lutz.

Même si Bastien Bouillon et Mélanie Thierry donnent de leur personne avec conviction (et avec une certaine sensualité), le film échoue curieusement à générer de véritables émotions. Tout y parait compassé et artificiel, sans relief et sans chair, peuplé de personnages creux et factices (le mari d'Hélène et ses filles, Christophe adolescent).

Un raté presque total.

 

1e

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