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Christoblog

Fuori

Ce nouveau film de Mario Martone raconte une partie de la vie de l'autrice du roman culte L'art de la joie, Goliarda Sapienza, à une époque où son roman était refusé partout.

Mais de cette histoire littéraire, le film ne dit rien. Il préfère raconter l'histoire d'un groupe de femme enfermées en prison et développant un grand élan de sororité.

Valeria Golino y joue une Goliarda très en retrait, presque invisible, dont on ne perçoit le talent et la violence intérieure que de loin en loin, comme si l'objet du film était de dessiner en creux le portrait d'un génie empêché et anesthésié. Sa relation d'amitié / amour avec Roberta (MAtilsa de Angelis) est très subtilement décrite.

La mise en scène de Martone est sobre et la photographie très agréable, il donne également à voir un tableau intéressant de l'Italie des années 80, avec une attention aux détails et au second plan remarquable. Le résultat est en dehors de tout canon narratif, ce qui semble avoir empêché Fuori d'atteindre la reconnaissance critique lors de sa présentation au festival de Cannes 2025, et c'est bien dommage.   

Mario Martone sur Christoblog : Nostalgia - 2023 (***)

 

3e

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Ce que cette nature te dit

C'est le vingt-deuxième film de Hong Sang-Soo que je critique sur ce blog, et il me faut constater que l'excitation du début se mue petit à petit en lassitude.

J'espérais, au vu des retours presse et de la longueur inhabituelle du film (1h48), que le réalisateur coréen retrouve l'ampleur narrative de ses débuts, ou au moins la vigueur des expérimentations formelle de son milieu de carrière.

Malheureusement, l'objet du film est très ténu (un jeune poète est présenté à sa belle famille) et si on retrouve par moment le sel du cinéma de HSS (des fissures dans les conversations qui semblent dévoiler d'insondables abysses), l'ensemble est plutôt ennuyeux et manque de relief.

Il reste la petite musique habituelle, toujours agréable à retrouver : les bouteilles d'alcool, la force de caractère des femmes, les glissements subtils de ton, les questions métaphysiques qui surgissent aux détours d'une phrase ou d'un souvenir.

La façon de filmer la nature est atone et on se demande ce que le titre peut bien vouloir dire. Quant aux essais formels, ils se traduisent ici à proposer progressivement une image de plus en plus floue aux spectateurs, procédé déjà utilisé par le cinéaste, mais qui ne me convainc pas.

Pour conclure, le film est plus dense que les derniers, ce qui laisse penser que l'état de santé de Hong Sang-Soo s'est amélioré - et c'est tant mieux, mais le résultat n'est pas totalement convaincant.

Hong Sang-Soo sur Christoblog : Le jour où le cochon est tombé dans le puits - 1996 (**) / Le pouvoir de la Province de Kangwon - 1998 (**) / La vierge mise à nu par ses prétendants - 2000 (***) / Turning gate - 2003 (***) / La femme est l'avenir de l'homme - 2003 (***) / Conte de cinéma - 2005 (**) / Les femmes de mes amis - 2009 (**) / HA HA HA - 2010 (***) / The day he arrives (Matins calmes à Séoul)  - 2011 (***) /  In another country - 2012 (***) / Sunhi - 2013 (***) / Haewon et les hommes - 2013 (**) / Hill of freedom - 2014 (***) / Un jour avec un jour sans - 2015 (**) / Yourself and yours - 2017 (**) / Le jour d'après - 2017 (**) / La caméra de Claire - 2017 (***) / Hotel by the river - 2020 (***) / Juste sous vos yeux - 2021 (***) / La romancière, le film et le heureux hasard - 2022 (**) / De nos jours - 2023 (**) / La voyageuse - 2024 (***)

 

2e

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Vie privée

Pas très facile de formuler un avis sur le dernier film de Rebecca Zlotowski.

D'un côté, l'intrigue est plutôt plaisante et le récit mené correctement (une psychanalyste dont une patiente s'est suicidée se demande si cette dernière n'a pas été assassinée).

Les acteurs sont plutôt solides, Judie Forster assez impressionnante en soixantenaire dont la libido se réveille, Daniel Auteuil parfait en ex sympa, Virginie Efira magnétique en objet du désir. Mathieu Amalric est un peu moins convaincant, semblant à plusieurs moments surjouer. Certaines astuces du scénario sont très plaisantes (l'hypnotiseuse), d'autres complètement barrées (les vies antérieures). 

D'un autre côté, le film ne parvient pas totalement à décoller dans le registre de thriller hitchcokien dans lequel il semble vouloir creuser son sillon, par manque de précision dans l'écriture et de manque d'ambition dans la mise en scène. Les ruptures de ton perpétuelles n'aident pas non plus à entrer dans le film. 

Au final, j'opte pour un avis légèrement positif, l'intérêt de la tentative l'emportant sur les imperfections de sa réalisation.

 

2e

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France, une histoire d'amour

Rien ne va dans ce film de Yann Arthus-Bertrand.

Ce n'est pas que les initiatives montrées partout à travers la France soient inintéressantes, mais on voit mal le rapport qu'elles entretiennent entre elles, des abattoirs mobiles aux employés de MacDo qui occupent leur restaurant, des maisons en bois aux bienfaits du contact des chevaux : l'accumulation sonnent comme un catalogue décousu de pratiques politiquement correctes (au sens des Carnets de campagne de France Inter).

Mais le plus gênant dans ce road-trip de la bienveillance, c'est la naïveté de ravi de la crèche qu'Arthus-Bertrand transporte d'un bout à l'autre de la France, s'extasiant devant tant de bonté et de grandeur d'âme, tout en manifestant une proximité exagérée avec ses interlocuteurs (accolade de rigueur), et en pratiquant une sorte de harcèlement paternaliste vis-à-vis de ses collaborateurs.

De cette auto-célébration pataude on ne retient donc pas grand-chose, si ce n'est peut-être que le "maître" devrait un peu plus réfléchir, et un peu moins considérer sa moustache comme digne d'être filmée.

 

1e

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Pompei, sotto le nuvole

Je pensais retrouver dans ce nouvel opus de Gianfranco Rosi, auréolé d'un Grand Prix à Venise, la poésie magique qui produisit autrefois Fuocoamarre, Ours d'or à Berlin.

Malheureusement, si les images sont toujours aussi somptueuses (ici un noir et blanc caverneux et menaçant) et les visions toujours aussi saisissantes (les processions religieuses, les chevaux sur la plage), il manque ici le petit plus qui fait que la mayonnaise prend et nous emporte vers les cimes de l'émotion.

Chaque partie du film se regarde avec un plus ou moins d'intérêt. Le travail des archéologues japonais a un côté décalé et vertigineux. Les errements dans les archives archéologiques se suivent sans grand frisson. Les cours sauvages dans l'arrière boutique du libraire sont mignons sans être renversants. 

Tout cela se suit sans déplaisir, mais le film semble globalement toujours sur le point de démarrer, les images du train napolitain circulant de ville en ville ne parvenant à faire de l'ensemble un tout véritablement convaincant qui fasse sens.

Gianfranco Rosi sur Christoblog : Fuocoammare - 2016 (****) / In viaggio - 2022 (**)

 

2e

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